COUPE EN CKISTAL DE ROCHE AVEC COUVERCLE EN ÉMAIL
(Cabiuet de Florence.)
émail. L’habile dessin qu’a fait pour la Gazelle M. Goutzwiller, d’après une photographie, nous dispense d’une description.
Mais l’attribution à Diane est-elle incontestable? Ne serait -ce pas un ouvrage de ce Valerio dei Belli de Vicence, si fréquemment employé par le Pape Clément Vil? La cassette de la Passion, datée de 1532 et payée deux mille écus d’or, qui a été donnée par le Pape à sa nièce Catherine, lors de son mariage avec le Dauphin, est maintenant au Cabinet de Florence, au moins depuis 1635 (Vasari de Lemonnier, Vil, 2 46). Il serait bien naturel que cette pièce exceptionnelle ne fût pas la seule donnée par le Pape à la Dauphine. Si nous avions l’émail du couvercle sous les yeux, il serait possible de reconnaître absolument s’il est ou non de travail français; le dessin est posé sur un fond clair, ce qui ne sent guère les habitudes de Limoges; il est aussi plus précis, plus mathématique, moins libre et moins à l’effet ; le croissant qui sert de bouton ne ressemble pas à ceux de France, toujours minces, très longs, « presque clos », comme on disait. En même temps que les deux deltas enlacés, l’un blanc et l’autre noir, peuvent aussi bien se rapporter à la devise royale qu’au prénom de la reine de la main gauche, les H D sont sommés de la couronne royale fermée, qui caractérise le roi ou la vraie reine officielle, mais eux seuls. Tout porterait donc à faire penser que la coupe est probablement entrée dans la collection des Grands Ducs avec la cassette. Dans ce cas Diane n’y serait pour rien.
J’accepterais plus volontiers le joli vase de marbre blanc de la collection Revoil, possédé parle Louvre. M. Sauzay ( Objets d'art du Moyen Age et de la Renaissance, 186â, B, n° 10) dit seulement que ses quatre parties, séparées par deux têtes de Méduse et par deux anses pleines, sont décorées du monogramme de Henri II, de l’arc, du carquois et du croissant. Mais il y a de doubles deltas, et surtout le croissant et la flèche sont plantés sur un tombeau; c’est le corps de la devise de veuve de Diane : Sola vivit in illo. Si ce mortier était plus grand, les deux petites rigoles latérales de son bord pourraient faire penser à une de ces mesures officielles pour les grains qui se faisaient si fréquemment en pierre et en bronze, pour servir soit de types dans les marchés, soit pour la livraison des redevances; mais sa petite dimension, — il n’a que neuf centimètres de haut sur treize de large — , ne permet pas de le croire. C’est bien un petit mortier, objet de luxe et d’apothicairerie ou de toilette, destiné à piler des cosmétiques ou des parfums.
Nous donnons ici le dessin d’un verrou qui doit provenir du château. 11 serait plus curieux encore de donner le dessin d’une belle clef authentique, en se rappelant l’amusant détail que je trouve encore dans le se-
cond volume de M. de Laborde. 11 s’agit de Saint-Germain, mais partout où le roi était, il était chez lui. Or le serrurier de Saint-Germain fait pour le roi une clef à passer partout; elle ouvre non seulement les portes de l’escalier à vis qui descend aux galeries et les quatre serrures de la chambre du roi, mais aussi — les comptes sont parfois bien indiscrets — « les trois serrures de la chambre de Madame la Grand-Séneschalle ». Voilà un passe-partout vraiment historique ; il manquait au Musée des souverains.
XVII. Dans les menus objets qui viennent bien authentiquement de Diane, j’en puis signaler un bien curieux. Trop souvent la confusion