LA DUCHESSE, GRANDIN, PAUL, MARGUERITE, DIANE
LA DUCHESSE
Bonjour, mon cherGrandin.
GRANDIN
De Grandin, s'il vous plaît, Madame. Je n'ensuis pas moins votre valet.
LA DUCHESSE
Je le crois. Depuis quand étes-vous gentilhomme?
rïRANDIN.
Depuis une heure au plus.
ACÏK V. 105
Qu'en va-t on dire a Rome?
GRANDIN
Je m*en mot^ue. Brutus redevient un pîed-plat, Dès rinstant que César a manqué le. sénat.
LA DUCHESSE
C'est vrai.
GRANDIN
Bonjour, fillette. Embrasse ton vieux père.
MARGUERITE, dans les bras de son pire.
Vous ne m*en voulez plus?
GRANDIN
Non pas, diantre ! au contraire.
Ton monsieur de Cruas n'était qu'un garnement... Toutefois il est mort, parlons»en décemment.
Le charbon le plus noir fait de la cendre blanche. J'ai d'ailleurs un parti plus propre dans ma manche.
BIARGUERITE.
Hélas î j'aime quelqu'un.
GRANDIN
Et si c'est celui-là Que je veux te donner?
MARGUERITE
bonheur ! — Le voilà...
Ah! ah \ monsieur est donc le baron de Mirmando?
PAUL
Oui, monsieur.
lOft DIANE.
GRAND IN, allaiit à Pinl.
Touchez là. Jamais je ne marchande, Je vous donne ma fille et trois cent mille écus. Voilà comme je suis*
PAUL
Monsieur, je suis confus...
GRANDIN
Et toi, mignonne, es-tu contente?
MARGUBRITÇ.
mon bon père !
GRANDIN
Je me conduis en vrai gentilhomme, j'espère.
LA DUCHBSSB.
Mais comment Têtes-vous?
MARGUERITE
Et comment savez-yous Notre amour?
Je ferai d'une pierre deux coups.
Notre grand cardinal, ce matin de bonne heure, M'a mandé par exprès dans sa noble demeure, a Grandin, s'écria-t-il du plus loin qu'il me vit, « Mon amitié pour vous à de Cruas survit, a Je veux vous le prouver. Demandez quelque chose, « Vous Taure?. — ^Monseigneur e«t trop bon, et je n'ose.. « — Quand je vous dis d'oser, reprit-il, osez donc ! « Je vous accorde tout... hormis le grand cordon. » Ma foi 1 je demandai des lettres de noblesse î « Ah! dit-il, en riant, c'est où le bât vous blesse?