CHAPITRE QUAT0RZ1È)JE
La femme et le mari.
Nous avons laissé la mère de Sabine en présence de Diicouineau. A Faspect de son mari, qu'elle était si loin de croire retrouver à une telle heure et en ce sinistre lieu, Diane, on s'en souvient, était tombée privée de sentiment.
Aux paroles que lui répétèrent ceux qui l'avaient arrêtée sur le pont, il devina que Diane savait le secret de sa négociation avec le comte de Maulévrierj aussi, redoutant qu'à son retour à la vie madame Ducourneau ne laissât échapper quelque mot imprudent, qui aurait pu compromettre devant ses subordonnés sa dignité de père et de mari, il profita de l'évanouissement pour dire aux assistans étonnés :
— Oui, mes chers amis, cette femme c'est la mienne. En vérité, c'est une faveur du ciel qu'elle ait pu tomber entre vos mains, et surtout se rappeler le nom de son marij car bien souvent, hélas ! la pauvre folle n'a pas assez de mémoire pour cela. Vous voyez comme elle est frappée dans sa raison; il y a déjà longtemps qu'un pareil malheur m'afflige. Et si je l'ai lu, même à mes plus intimes connais-
sances, c'est qu'on m'obligerait sans doute à la placer dans une maison de santé, et je ne veux pas me séparer d'elle. D'ailleurs, sa folie n'est pas dangereuse; elle n'a besoin que d'être surveillée , et à l'avenir, je vous en réponds, elle le sera si bien , qu'un pareil événement ne se renouvellera plus.
C'était en prenant lui-mémet grande part aux soins que l'on prodiguait à sa femme, que Ducourneau parlait de la sorte. Grâce à celte déclaration |)ublique de la soit-disant foliede le pauvre mère, il s'assurait de nombreux témoignagespréts à l'innocenter plus tard, s'il en était besoin.
Dès qu'il vit que Diane reprenait ses sens, et avant de lui donner le temps de recouvrer la parole, il lit avancer devant le bureau de
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la police permanente, une voiture qui stationnait dans la cour, pour le service des agens supérieurs. Avec l'aide de deux de ses acolytes, Ducourneau plaça sa femme dans cette voiture, il y monta à côté d'elle et se fit conduire chez lui.
Ainsi la folle , comme l'appelait l'agent de police, fut r^ienée au logis par son terrible mari •
Agent de police! en toute autre circonstance cette découverte eut accablé Diane de confusion et de douleur; mais en ce moment elle oubliait même que Ducourneau était sou époux, pour se souvenirseulement que Sabine était sa fille. La femme s'effaçait pour faire place à la mère.
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Lorsqu'ils furent seuls dans le fond de leur appartement , elle osa l'interroger.
— Qu'avez-vous fait de mon enfant, où est elle? répondez-moi, ^fonsieur, répondezmoi!
Tels furent les cris déchirans qui s'échappèrent de ce cœur en délire.
Ducourneau, lui, que les sentimens les plus tendres trouvaient réfractaire, demeura impassible et comme étranger à cette désolation, qui continuait à l'invoquer avec tout ce que la prière a de plus éloquent.
Froid, muet, inexorable,il semblait se faire une joie du spectacle de ce désespoir , et il se gardait bien de répondre, car le profond dépit qu'il ressentait encore de sa défaite k Palai-
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seau aurait pu le trahir. Si la colère le dévorait, elle ne l'aveuglait pas. Dans son intention féroce, il comprit "que laisser paraître sa propre incertitude sur le sort de Sabine, c'était calmer celle de Diane, c'était dire: Je suis vaincu , votre fille a été arrachée de mes mains ; c'était enfin donner une consolation à la malheureuse femme, et Ducourneau n'était nullement disposé à la pitié envers elle.
Supposant que Diane avait participé d'une façon indirecte peut être , à l'enlèvement de Sabine, il se surprenait, en la regardant, des transports meurtriers.
Maltraiter sa femme , la broyer sous les coups, la martyriser , la tuer même, c'était là autant de conseils que lui soufflait sa rage; mais une idée de vengeance plus raffî-
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née, plus cruelle, lui inspira le besoin d'être clément, si torture morale c'est clémence.
— Que je la frappe, qu'elle meure sous mes coups, elle souffrira moin'S, pensa-t-il. Il pensait juste; car en ce moment l'ignoble brutalité du mari eût été considérée comme un bienfait par la mère. La douce victime aurait été heureuse de se voir en butte aux lâches insultes de cet homme, puisque alors elle aurait pu se dire :
— Merci , ô mon Dieu ! je bénis mon supplice, mes souffrances me révèlent mon bonheur. Pour que le misérable me torture ainsi, il faut que sa proie lui ait échappé; il faut que Sabine ait été sauvée par Gilbert.
Mais au lieu de laisser lire dans le sombre
feu de ses regards les secrets de son âme, s'il II. 10
est vrai qu'il eut une âme, Ducourneau dissimula sa colère sous les apparences d'une hypocrite satisfaction, et s'adressant à sa femme avec une commisération affectée :
— Ma chère Diane, lui dit-il, calmez-vous, revenez à la raison. Je ne comprends pas vos angoisses maternelles ; vous êtes folle , ma honne amie.
— Oui, s'écria-t-elle en se dressant tout à coup de courbée qu'elle était sous la douleur, oui, vous me rendez folle en vous taisant. Par pitié, soyez généreux une fois dans votrevie, soyez généreux à votre manière , Richard. Tuez-moi si vous le voulez ; mais avant répondez : ma fille, qu'est-elle devenue ?
Et en suppliant de la sorte, Diane tordait
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avec désespoir ses bras jadis si beaux , et elle se traînait aux pieds de l'infâine.
Ducourneau la contemplait avec un sourire de hyène, et ses ongles crochus jouaient machinalement comme s'ils se fussent enfoncés dans le cœur que son silence torturait.
— Oh! s'éciia Diane (#u ne voix suffoquée par les sanglots, oh ! votre joie me dit votre affreux triomphe; mais il faut que je sache où est Sabine; j'en ai le droit, je suis s^ mère. Mais songez-y donc à ce droit, monsieur, il est sacré. Tout le monde comprend cela ; il n'y a que vous qui refusiez de le comprendre. Quel m«l vous ai-je jamais fait pour m'accabler ainsi? Laissez-vous attendrir, monsieur, rien qu'un mot, par grâce un seul mol !
Toute cruauté eut fléchi devant ces paro- ^
les, (levant ces supplications. T>ucourneau continua son jeu atroce; puis se débarrassant de l'étreinte de la femme qui cherchait à le retenir, il dit d'un accent de pitié cafarde :
— Allons , ma pauvre amie , voilà encore que votre démence vous reprend. On voudrait vous parler , qu'il n'y aurait pas moyen de raisonner avec vou^ Allez prendre du repos, Madame, tachez de dormir, le sommeil vous fera du bien ; nous causerons plus tard, quand votre accès sera passé.
— Non ! cria Diane , eu accrochant ses mains aux vêtemens de l'agent de police, non, vous ne me quitterez pas aimi avant que je sache la vérité. Je m'attache à vous, monsieur, je ne vous laisse pas partir.
— Ah ! c'est sur ce ton que vous le prenez,
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ma chère; mais pour me parler avec tant de véhémence, il faut donc que vous soyez plus malade que je ne le croyais. N'importe! je saurai bien me défendre contre votre folie. Laissez-moi, Diane; encore une fois , laissezmoi donc !
En même temps il repoussa d'un geste violent la mère de Sabine, et d'un coup de pied il l'envoya toute meurtrie au milieu de la chambre.
— Voyez, dit-il , comme s'il se fût reproché cet acte de violence, voyez comme votre résistance m'expose à être sévère envers vous; mais il fallait bien vous calmer. Maintenant, vous voilà plus raisonnable ; je vous le répète, ma chère, vous avez besoin de repos; dormez, bonne nuit et à domain.
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Cela dit, Ducourneau sortit de la cliambre, il ferma la porte à double tour de clé , et laissa la pauvre femme en proie à son horrible incertitude.
La nuit se passa sans autre scène entre les deux époux ; mais si , d'une part , Diane compta toutes les secondes de cette nuit par ses larmes ; de son côté, Ducourneau non plus ne dormit pas. Dans son insomnie, il se reprochait d'avoir usé d'indulgence envers une coupable mère qui avait eu l'audace de lulter mystérieusement contre lui pour sauver son enfant ; s'indignant de la trahison de sa femme , il voulait l'en punir cruellement et sur l'heure. Le cœur plein des plus sinistres intentions, il se leva enfin pieds nus, et fermant les poings , — quan4 elle devrait ne pas survivre à ma colère , se disait-il, j'ai des témoins qui alflrmeront qu'on Ta vue
assez folle celte nuit pour qu'elle ait pu attenter à sa vie. Ce qui s'est passé à la Préfecture me met à l'abri du soupçon. — Résolu à pousser la vengeance aussi loin que le démon du meurtre le lui inspirerait , il s'approcha alors de la chambre à coucher de Diane j là il s'arrêta , prêtant l'oreille, et il entendit les sanglots incessans de sa victime.
— J'aurais tort de la troubler, reprit-il intérieurement ; elle a l'air de souffrir un peu , c'est bien. Sans doute il m'en coûte beaucoup de me taire; mais enfin ses larmes me paient assez généreusement mon silence. Patience donc , elle n'a pas encore assez pleuré .
Et il retourna à son lit.
Le jour parut enfin. La lumière est une consolation : elle distrait de la douleur.
Madame Ducourneau sentit un allégement à son désespoir. Avec le jour allaient finir, non pas ses souffrances , mais ses intolérables incertitudes.
" Ce n'est que pour le soir qu'elle a annoncé la veille sa visite a Gilbert; il est à peine six heures du matin, et déjà elle n'y lient plus : il faut qu'elle le voie. La violence du mer* tyre la trouverait forte; mais ce supplice lent et continu qui ^'appelle l'attente, elle ne peut le sr.pporter plus longtemps. Cependant, au grand jour Gilbert reconnaîtra celle qui ne s'est pas crue assez assurée contre ses regards par le seul voile de la nuit ; il ^ura que la mère de Sabine c'est cette même iTiane qu'il a tant aimée à Turin. \i\i bien, oui, que Gil-
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bertla voie, que Gilbert la reconnaisse, qu'importent à madame Ducourneau toutes les considérations qui la faisaient se voiler devant lui hier, toutes ces froides convenances qu'elle respectait. Diane de la Frenays ne veut qu'une chose, contre tout événement, malgré tout le monde : elle veut savoir quel est le sort de sa hlle.
Dans sa tête bouleversée, les plus étranges idées s'entrechoquaient ; par malheur, cela seul dont elle ne doutait pas, c'est que la généreuse assistance du maître d'études n'eût échoué. Mais comment ? Son émissaire si dévoué était-il arrivé trop tard ? ou bien , vaincu dans une lutte inégale , s'était-il vu contraint d'abandonner Sabine aux mains de l'homme que celle-ci nommait son père ?
Dian«* voulait tout savoir ; et , pour cela , elle était prête à tout braver.
Cet espoir bien triste ranima cependant son visage décoloré , et rappela une étincelle dans ses yeux obscurcis par les larmes.
— Je serai bientôt libre, pensait elle; bientôt la porte de ma chambre va s'ouvrir. M. Ducourneau , ignorant mon dessein , ne s'y opposera pas , et alors , maîtresse de mes actions et hors d'ici, que je retrouve ma fille, pure encore ou flétrie, je l'emmènerai si loin, mais si loin, que notre persécuteur ne pourra plus nous atteindre.
Comme elle s'abandonnait à ces réflexions, elle entendit une clé tourner dans la serrure; la porte s'ouvrit, et Ducourneau parut.
Le misérable examina lentement sa femme, il interrogea scrupuleusement la physionomie de celle-ci , comme pour ne laisser
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échapper a sa vue aucun des ravages de la douleur. Après celte lente inspection, il fronça les sourcils sous, l'expression d'un vif mécontentement.
Il pensait ceci :
— Diane a pleuré toutes ses larmes ; son désespoir s'est usé de lui-même ; je n'ai donc plus aucun intérêt à me taire.
Comme le bourreau , instrument d'une impitoyable vengeance , qui chercherait sur le patient palpitant devant lui, une place encore épargnée par la torture, et voudrait trouver chair fraîche pour la douleur, en ce moment Ducourneau supputait tout ce que son silence lui avait rapporté, et comme il vil bien qu'il ne pouvait plus rien lui rendre, il songea àoffrir un nouvel aliment à la faim inassouvie de
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sa haine. Il avait assez déchiré l'âme, il voulut tourmenter le corps.
Diane ne soupçonna pas le farouche dessein qui injectait de sang la face de cet homme ; car, bien qu'elle l'eut entendu venir, bien qu'elle le sût près d'elle , elle n'avait pas levé les yeux sur lui.
Muette et résignée, elle attendit l'explosion: l'approche de son mari lui annonçait toujours quelque chose de sinistre , et involontairement , d'ordinaire , elle tremblait devant lui. Combien plus ce jour-là elle avait raison de trembler. Cependant, la dernière résolution qu'elle avait prise, l'espoir qu'elle avait conçu de retrouver Sabine et de s'enfuir avec elle soutint si bien son courage , que Ducourneau ne la vit pas frissonner.
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L'agent de police prit raJeinout Diane par son frêle poignet, et, l'attirant vers lui , bien face à face, il lui jeta ironiquement ces mots au visage :
— Eh bien, madame, est-ce assez de comédie comme cela ? Vous avez fait semblant de pleurnicher pour qu'on vous plaigne , pour qu'on ait pitié de vous j niais je ne me laisse pas prendre aux grimaces, moi; et, sachez-le, Diane, c'est pour tout de bon que je vous ferai pleurer.
La mère de Sabine ne répondit rien ; seulement un faible cri lui fut arraché par la douleur de l'étreinte.
— C'est cela, poursuivit son mari dans un grincement de dents; c'est cela, dites que je V0U8 ai fait mal, que je vous ai blessée, peut-
être ; poussez les hauts cris pour qu'on m'accuse d'être votre bourreau. Il vous serait bien doux, n'est-ce pas, de me savoir haï par tous les autres, comme vous avez appris à votre enfant à me haïr ; votre enfant ! Malheureuse créature, il vous convient bien de m'en parler, à moi qui ne suis pas son père !
Comme il continuait à lui briser le poignet, Diane, cédant à la torture , s'écria :
— Mais pourquoi donc , vous-même , me haïssez-vous?
— La question est curieuse, vraiment ; ce n'est pas a moi qu'il faut l'adresser, mais à ceux-là qui ont trompé toutes mes espérances. Ton père , d'abord, ce général , ce baron de l'empire, qui me doit ta dot , et qui se fait luer 8ur le champ de bataille après s'être
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ruiné au jeu. Et l'autre! continua t-il, l'autre, comme il m'a abusé I mais il n'a pas ma quittance, celui-là!
— De qui voulez- vous parler ? demanda madame Ducourneau.
— Elle m'interroge , je crois ? reprit son mari en avivant la douleur sous une pression plus cruelle encore.
— De la pitié ! je souffre trop.
— C'est juste, vous n'êtes qu'une femme, vous ; une faible femme , si faible, en vérité, qu'elle a besoin d'un complice , d'un officieux défenseur , son amant , peut-être ! pour le jeter à la traverse de mes desseins , pour l'opposer à ma volonté ! Yoyons , trêve de mensonge , madame , à genoux , demandezmoi pardon à genoux de votre odieuse con-
duile d'Iiier,^ .et à votre tour , dites-moi où est votre fille et quel est cet homme par qui vous l'avez fait enlever ?
En proférant ces paroles menaçantes , Ducourneau saisit Diane des deux mains et , de vive force , il la prosterna à terre. Les jambes de la pauvre femme et ses genoux, en se heurtant au parquet , rendirent un son mat et sourd. Malgré cet atroce supplice , Diane, ne songeant qu'au reproche que venait de lui adresser son mari , comprit qu'il n'avait fait qu'une vaine tentative à Palaiseau , et que Gilbert était arrivé à temps pour protéger Sabine. Alors elle ne s'étonna plus de la cruauté de Ducourneau envers elle , alors la digne mère , loin de s'en plaindre , s'écria avec une exaltation fébrile : celle de l'apôtre à l'heure du martyre :
— Oh ! mon Dieu ! merci de ta colère ,
merci , ma fille est sauvée. Le ciel s'ouvre pour moi; je suis heureuse; qu'il me tue maintenant; oui, monsieur, vous pouvez me tuer , répéta-t-olle, en levant un front calme et un regard assuré vers Ducourneau , ajoutez à la torture , je ne sentirai rien ; mon bonheur sera toujours plus grand que mon supplice.
Ducourneau , que cette sorte de bravade exaspérait de plus en plus, ploya Diane sous sa main de fer et pressa contre le parquet la tête écheveléc de la malheureuse femme.
— Vous voulez entrer en lutte contre moi! s'écria-t-il , en essayant d'écraser cette charmante tête sous son infernale pression , vous me bravez encore, madame; mais vous ne sentez donc pas que votre dernière heure est
venue! Le nom de cet homme ou la vie! le n. M
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nom de ce misérable, dites-le moi ; dites-moi en quel endroit il a conduit votre fille ; j^ai le droit de le savoir.
— ' Et moi , répondit-elle d'une voix défaillante , j'ai celui de mourir.
— Ce nom! répéta Ducourneau avec un accent sourd mais terrible , qui trahissait, mieux que ses paroles, la résolutionqu'il avait prise de finir par un dernier coup Tagonie de sa femme.
««Ce nom, vous ne le saurez ja mais! répctatelle avec fermeté, dans un suprême effort de courage .
— Jamais! dit le monstre, bondissant de rage. Ah! c'est maintenant que vous êtes folle , madame. Avoir l'audace de me résister f à moi ! vous ne me connaissez donc pas ,
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insensée que vous êtes. Ah ! vous avez osé me dire : jamais , et vous ne vous étonnez pas de vivre encore. Vous voulez donc que je vous broie dans mes mains, que je vous écrase soui mes pieds !
Et joignant le fait à la menace, le lâche tourmenteur de Diane la rejeta agonisante sur le parquet et se fit un marchepied du corps de Éa victime.
Quant à la pauvre martyre , elle pleurait, mais au milieu des sanglots et des soupirs de douleur , ce n'était pas des reproches qui s'exhalaient de ses lèvres : elle bénissait le ciel et balbutiait le nom de sa fille.