‹ dickens et la franceChapitre 19 sur 41 · RATE · texte numérisé non relu

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viez, en un sens, tant de vous-mêmes, mais qui était bien plutôt un poète provençal, l’un des plus subtils et des plus charmants artistes de lettres de la France contemporaine.

Alors que Dickens accourait en France si souvent, et s’y sentait tellement à l’aise, l'Angleterre demeurera toujours pour Alphonse Daudet une île étrangère. Il n’y est venu qu’une fois, en mai 1895, et pour un peu moins de deux semaines. Ce séjour, dont il n’a point manqué, à son habitude, de noter les impressions dans un carnet (1), ressemble à tous les séjours que font,

dans une capitale amie, les personnalités d’une nation voisine

qui y sont conviées. Deux parts dans l'emploi du temps : l’une, toute privée, où le voyageur parcourt la ville à sa fantaisie, et y découvre mille merveilles ; l’autre, publique si je puis dire, où l’étranger rend visite à des confrères qu'il ne connaît encore qu’à travers leurs œuvres, et se rend aux invitations qu'ils se sont empressés de lui adresser à son hôtel.

C’est ainsi que Daudet, qui vient d’avoir soixante-cinq ans, et pour qui, depuis longtemps déjà, la marche est devenue un douloureux effort, commence par visiter en voiture, avec sa femme et ses fils, les principaux quartiers de Londres. La première impression de notre Méridional désinvolte a été, comme il dit, « rébarbative » (2). Il a été frappé, dès sa sortie de Victoria Station, de l’uniformité et de l’alignement des maisons, de «leur visage muet et clos », de leurs fenêtres hermétiquement abaissées. Il traverse les parcs, longe les quais de la Tamise, entre, une fin d'après-midi, dans l'Abbaye de Westminster dont la grandeur l’émeut, dont le « spectacle admirable » lui est cependant « gâté par la vue des comédiens inhumés là, pêle-mêle », si près des tombesdes rois etdes reines. I! va à Windsor et à Eton, vient, en compagnie de Henry

l'aise &

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