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considérable de braves gens et de femmes honnêtes. Si les romans parisiens de Daudet, en tant qu’ils correspondent à l'une des préoccupations nouvelles de l’Angleterre littéraire des années 1890 à 1900 d’une part, en tant qu’ils choquent d'autre part une si large classe encore de vos lecteurs, continuent, presque jusqu’à la fin du règne de Victoria, de faire l’objet de maint débat animé, la discussion qui le concerne, néanmoins, demeure le plus souvent sympathique, même amicale. «Jusqu'à ces dernières années », écrivait Mr. A.-F. Davidson dans The Macmillans Magazine de juillet 1898 :
« Alphonse Daudet était presque le seul parmi les romanciers français contemporains que les gens convenables et respectables de ce pays avouassent connaître ».
Du naturalisme à l’esthétisme impressionniste, de l'art pour la science à l’art pour l’art, la distance est moins longue qu’elle le paraît, et un George Moore par exemple, dans le cours aventureux de ses pérégrinations intellectuelles, l’a bientôt parcourue. Parmi les accusations nombreuses, et d'ordre très divers, qu’on lance en effet contre le naturalisme, une des plus sérieuses, en France et en Angleterre également, est la grossièreté de ses sujets et de ses peintures, son manque total de finesse artistique, de culture, de style en un mot. « Ce que je reproche à Zola », déclarera bientôt George Moore, et dès le temps même de ses confessions juvéniles, « c’est qu’il n’a pas de style » (1). Sans doute l’esthétisme anglais, dans le même temps qu'il réagit contre le naturalisme, demeure-t-il tout imprégné de lui. L'exemple d’un Huysmans en France, avec le dégoût qu'apporte à notre écrivain l’observation de la laideur humaine, avec son symbolisme bizarre et sa religiosité subtile tout embrouillés, ne manque pas d’être attentivement remarqué de ce côté-ci du Détroit. Songez à Walter Pater,