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traste si cru qu'il présentait avec le roman chevaleresque, si cher encore au goût aristocratique de notre bourgeoisie lettrée, la partialité du critique et son désir même de frapper l'emportaient évidemment sur son devoir d’être équitable. Le feuilleton semble avoir fait quelque bruit, et Janin, accoutumé du reste à ces algarades, et qui, à propos de la grande actrice Rachel sur le talent de laquelle il avaït fait des réserves avait failli récemment se battre en duel avec Alfred de Musset, fut de nouveau pris à partie, mais cette fois par un Anglais, qui résolut de châtier lui-même l’impertinent. Dans un article paru dans The Fraser's Magazine dès le mois de mars 1842, et intitulé Dickens in France, on put lire en effet :
« Qui est Janin ? C’est le critique de la France. Jules Janin est l'homme qui écrit chaque semaine un feuilleton dans le Journal des Débats avec un éclat et un esprit sans pareil, avec un si heureux mélange d’effronterie, et d’honnêteté, et de poésie, et d’impudence, et de mensonge, et d’impertinence, et de bons sentiments. Eh bien, il vient de s’attaquer à Mr. Dickens, cet jépais moraliste français, il déclare Dickens ièmmodeste, et Jules ne peut pas jsouffrir l'immodestie ».
Après avoir cité en entier le feuilleton dont je vous ai lu un fragment tout-à-l’heure, notre Anglais continue :
« Voyez-vous, Jules Janin, il est temps que votre impertinence finisse. De quel droit, ignorantin stupide, prétendez-vous juger les Anglais et leurs ouvrages ? Vous pourriez aussi bien essayer de donner une série de conférences sur la littérature des Hottentots » (1).
Ce cinglant avocat, qui déclarait professer, par surcroît, « la plus grande admiration pour Mr. Dickens » n’était autre que l’auteur, peu connu encore il est vrai, des Yelowplush Papers. Nous l'avons rencontré déjà sur nos boulevards, en train de vitupérer cyniquement, dans les articles qu’il adressait au Frasers Magazine, tout ce qui était français. C’est le pseudo Mr. Samuel Titmarsh, le futur auteur de Vanity Fair,