‹ Dictionaire abrégé des sciences médicalesChapitre 11 sur 101 · ROTULE · texte numérisé non relu

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genou , et recouverte seulement d'une peau mince et mobile , n'est pas plus souvent fracturée qu'on ue l'observe , il faut attribuer une telle particularité à ce que cet os est à la fois court , • épais, spongieux et susceptible par conséqueut d'opposer une grande résistance à l'action des corps extérieurs. Un grand nombre de fractures de la rotule sont rapportées à d<s chutes faites sur les genoux j mais personne n*a remarqué qu'alors le poids du tronc et des parties supérieures porte presque entièrement sur lasailliedutibiaâ laquelle s'attache le ligament rotulien. Parla flexion de la jambe à angle droit, cette espèce de lubérosile frappe la première le sol , et reçoit tout le choc , tandis que la rotule , . retenue en haut par le muscle droit antérieur de la cuisse , et conservant en grande partie sa situation verticale , ne peut loucher le plan sur lequel appuie le genou que par son extrémité inférieure. Pour que la théorie des auteurs fut exacte, il faudrait que cet os , devenu horizontal, se plaçât au dessous du genou, et pût être écrasé eulre le sol et le poids du corps : or, c'est ce qui ne saurait avoir lieu dans les cas ordinaires» ainsi qu'on peut s'en assurer par la plus simple obesrvation. Les chutes sur les genoux sont donc presque toujours le résuliat et non la cause des fractures de la rotule ; c'est parce que celle ci s'est rompue que l'homme est tombé, et non pendant sa chute que la rupture a eu lieu.

Les fractures de la rotule peuvent être produites ou par les efforts musculaires, ou par des chocs directs dirigés sur cet os. Les premières sont beaucoup moins rares que les autres. Il n'est pas nécessaire, pour que la rotule soit rompue, que la force musculaire soit augmentée ou rendue plus intense : on possède des exemples d'accidens de ce genre survenus pendant l'action de sauter, de donner uu coup de pied , de prévenir une chute imminente eu arrière, etc. Dans toutes ces occasions , la rotule n'appuie que par un point de sa surface postérieure contre la partie antérieure des condyles fémoraux, en même temps le membre abdominal étant à demi-fléchi ? que son ligameut inférieur, ainsi que le tendon des extenseurs tirent en arrière ses extrémités* Durant l'effort qui a lieu alors , le fémur sert de point d'appui aux puissances appliquées en haut et en bas sur l'os, et la continuité de celui-ci se rompt en procédant de sa face antérieure vers la postérieure. Il est à remaïquer, contre le sentiment d'un grand nombre de praticiens , que les danseurs ne sont pas plus exposés que les autres personnes aux fractures de la rotule , a raison sans doute de ce que les puissances appliquées aux extrémités de cet os, durant l'action de s'élever en sautant, ou de retomber sur le sol , agissent toujours avec d'autant moins de force que la flexion delà jambe sur la cuisse est plus considérable. En effet, pour sauter verticalement, les

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muscles extenseurs se contractent avec d'autant plus d'intensité que la cuisse s'étend davantage sur la jambe , et que la rotule devient, par conséquent, plus difficile à rompre; et, réciproquement , en revenant sur le sol , les muscles exteuseurs • se relâchent graduellement pour permettre aux articulations de se fléchir, et perdent de leur force d'action à mesure qu'ils pourraient plus facilement occasioner la rupture de l'os. Duraut les chutes imminentes en arrière, le contraire a Jieu, car l'effort, pour retenir le tronedans sa rectitude, devient incessamment plus énergique à mesure que Ton sent le corps perdre l'équilibre; et il est parvenu au plus haut degré de violence à l'instant où les membres se fléchissant, la rotule se trouve pressée de la manière la plus défavorable contre l'extrémité antérieure du fémur. La rupture de cet os est presque impossible, lorsque la jambe est dans l'extension, et que son tissu se trouve simplement allongé par les muscles extenseurs. On possède cependant un exemple de fracture survenue dans ce cas chez un sujet couché horizontalement sur le dos; mais l'état convulsif des muscles, et l'augmentation de force qui en résultait, expliquent assez alors la puissance prodigieuse qu'ils ont dû déployer pour opérer une semblable lésion.

Les corps tranchons ou contondans, dirigés sur les genoux, peuvent briser la rotule eu un plus ou moins grand nombre de fragmens. Lorsque cet accident a lieu dans les chutes, ce qui est fort rare, il faut que la jambe ait été fortement fléchie sur le genou, et que les inégalités du sol aient frappé la rotule ; encore , dans ces cas , l'action musculaire entrc-t-cllc pour beaucoup dans la production de l'accident. Le plus léger choc exercé sur le genou suffit pour exciter les contractions du droit antérieur, qui n'a point alors besoin d'une très-grande force pour opérer la rupture des fibres osseuses ; et c'est parce que la fracture s'opère suivant ce mécanisme , qu'elle a souvent lieu transversalement, môme chez les sujets où elle résulte du choc du genou contre le sol.

Il existe de notables différences entre les fractures de la rotule produites par les efforts musculaires, et celles qui sont les résultats de percussions directes exercées sur le genou. Les premières, toujours transversales et simples, ne se compliquent ni de contusions, ni de déchirures aux parties molles ou à l'articulation, excepté dans les cas où, après la fracture, le sujet est tombé rudement sur la régiou malade ; les secondes , au contraire, sont sou vent obliques ou longitudinales, et accompagnées de désordres étendus dans les tissus environnons; quelquefois la rotule est comme écrasée, et réduite en un grand nombre de fragmens qui s'écartent dans toutes les directions en même temps que la capsule articulaire est ouverte , ou que du sang

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occupe sa cavité. Ces circonstances rendent ordinairement trèsgraves les suites de la maladie principale. La conservation et la destruction de la couebe fibreuse qui recouvre la rotule, en s'étendant du tendon des muscles extenseurs à son ligament tibial , entraînent aussi une différence assez grande dans la facilité avec laquelle on peut maintenir les fragmens en rapport , et dans la solidité des parties après la guérison. Cette couche fibreuse forme alors une sorte de gaîne qui relient les portions brisées , s'oppose a leur écartement trop considérable , et sert en quelque sorte de base à la substance qui doitles réunir. On conçoit dès lors avec quelle attention il faut la ménager , et éviter les mouvemens étendus que Ton se permet trop souvent, dans l'intention de.s'assurer de l'existence des solutions de continuité de l'os qu'elle protège.

Les fractures de la rotule sont ordinairement faciles à reconnaître. Lorsque cet os est brisé transversalement, si le sujet était debout, il tombe aussitôt, et alors , de même que, dans les circonstances où la lésion est le résultat de la chute, il ne peut se relever, ou s'il essaie de le faire, il s'aperçoit bientôt que le membre a perdu sa force et sa solidité. La marche devient impossible , et le blessé ne peut que se traîner à reculons, la jambe étendue, en se servant du membre opposé. Ces circonstances indiquent déjà l'existence de la fracture ; mais . en examinant le genou, on le trouve déformé, aplati; et, en portant les doigts sur la rotule, il est aisé de sentir l'écartément qui existe entre les fragmens de cet os. Le supérieur est entraîné en haut par les muscles dont il reçoit le tendon , tandis que l'inférieur est retenu dans le lieu qu'il occupe par son ligament inférieur. En étendant fortement la jambe , et en élevant la totalité du membre sur le bassin, on relâche leurs muscles de la partie antérieure de la cuisse, et presque tout J 'écartement qui existait entre les deux pièces opposées de l'os, disparaît. Eu saisissant alors les fragmens , et en les frottant l'un contre l'autre en sens contraire, il en résulte une crépitation, sensible au tact et quelquefois à l'ouïe, qui achève de caractériser la lésion que l'on a souslcs yeux. L'engorgement survenu au genou n'oppose presque jamais d'obstacles considérables à l'établissement du diagnostic , parce que le peu d'épaisseur des parties et la mollesse de la tumeur dont elles sont le siège , permettent ordinairement d'arriver encore, sans trop de difficulté, jusqu'à la rotule, et de reconnaître la solution de continuité qu'elle présente. D'ailleurs, dans le cas même où les doigts ne pourraient être d'aucun secours, la manière dont l'accident est arrivé , l'impossibilité subite de se tenir sur le membre affecté, et de le soulever dans sa totalité, la jambe étant étendue, seraient encore des signes suffisans pour ne

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