‹ Dictionaire abrégé des sciences médicalesChapitre 13 sur 101 · ROTULE 11S · texte numérisé non relu

ROTULE 11S

formation autour d'elle du cal provisoire qui doit précéder le cal définitif, et favoriser sa formation. Peut-être obtiendrait-on delanature l'ossification du tissu intermédiaire développé entre les fragmens, si l'on prolongeait de beaucoup l'application de l'appareil et le repos du malade au lit. Cette présomption est fortifiée en nous par l'observation d'un homme qui s'étant fracturé, dans une chute, la rotule comminutivemenl, en même temps que la partie supérieure du fémur et le crâne, fut obligé de rester près de cinq mois au lit. Après ce temps , la rotule , sur laquelle on avait appliqué un appareil contentif ordinaire , renouvelé aussi souvent que le relâchement des bandes l'exieait, était si solidement réunie que l'on ne pouvait sentir que es inégalités dures et solides à sa surface , dans les points où avaient existé les solutions de continuité , et que tout portait à croire qu'un cal osseux s'était organisé.

Malgré l'irritation qui accompagne toujours les fractures, même les plus simples, de la rotule, il faut immédiatement s'occuper de leur réunion : la marche de la nature, dans la guérison de celte lésion , est assez rapide pour qu'il ne convienne pas de perdre uu instant afin d'assurer le succès de ses efforts. Le membre sera donc mis au moins dans la position qu'il doit conserver pendant toute la durée du traitement ; c'est-à-dire qu'on l'étendra sur la cuisse, ét que des coussins convenablement disposés le maintiendront soulevé sur le bassin, lie plan sur lequtl il repose doit être solide, invariable , et ne permettre en aucun instant au membre de s'abaisser. Lorsque les saignées localesabondantes et les topiques émollicns ont ensuite dissipé la tension et la' douleur, on doit sans délai recourir à l'application du rèsle de l'appareil contentif»

Plusieurs bandages ont été imagines pour réunir les fractures de la rotule. Le plus ancien d'entre eux , le 8 de chifTre, se faisait avec une bande, longue de six à huit aunes, dont les jets, entrecroisés derrière le jarret , passaient alternativement au dessus et au dessous de l'os brisé. Des compresses épaisses, des lames de carton, appliquées immédiatement sur ( la peau , rendaient l'action de la bande plus forte, mais ne remédiaient ni au désavantage résultant de l'obliquité des jets

X'etle formait, ni a la compression des vaisseaux et des nerfs jarret, ni a l'engorgement de la jambe et du pied, ni enfin au relâchement de la toile f qui permettait bientôt aux fragment de se séparer. Aussi cet appareil est-il abandonné. On lui a substitué avec avantage le bandage unissant des plaies entravers, auquel on ajoute deux compresses longuettes, épaisses, placées au dessus et au dessous de la rotule, et qui vont s'entrecroiser derrière le jarret. Avant d'appliquer ces compresses et de tirer les deux parties du bandage Tune vers

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l'autre, il convient d'étendre avec soin la peau qui recouvre la rotule, afin qu'elle ne fasse pas de plis irréguliers susceptibles, dit-on, de s'interposer entre les fragmens, bien que la possibilité d'une semblable interposition ne semble pas démontrée. Une autre attention qu'il ne faut pas omettre consiste à entourer le pied et la partie inférieure de la jambe d'un bandage roulé qui prévienne leur gonflement œdémateux, lin fin , il faut visiter de temps à autre l'appareil, afin de le réappliquer aussi souvent qu'en se lelâcbant il perd une partie de l'intensité de son action.

Desault fit connaître les avantages que présente alors une large et forte attelle étendue du pli de la fesse au talon, et sur laquelle on fixe le membre. Ce moyen est toujours utile en rendant l'extension du membre plus assurée, et en prévenant les mouvemens involontaires que le malade pourrait exécuter. Un paillasson de balles d'avoine étant étendu le long de cette attelle, on placera dessus le membre déjà recouvert du bandage unissant, et on l'y fixera par des doloirs, prolongés du bas de la jambe à la partie supérieure de la cuisse. L'extrémité tout entière sera ensuite placée sur le plan incliné, de manière à ce que le talon soit beaucoup plus élevé que le genou et la cuisse.

Boyer, qui attache une très-grande importance à l'action du bandage dans la consolidation des fractures de la rotule, emploie depuis long-temps un appareil moins simple que celui dont nous venons de parler, mais qu'il croit beaucoup plus sûr dans son action* Les pièces qui le composent sont : i° une gouttière en bois assez longue pour s'étendre du milieu de la cuisse jusqu'au dessous du mollet, convenablement garnie eu dedans, et destinée à loger les deux tiers environ de l'épaisseur du membre j a° deux courroies, larges d'un pouce et longues de six à sept, composées à leur tiers moyen de cuir de buffle, garni en dedans de peau de chamois, et à leur extrémité de cuir de veau. Pour appliquer cet appareil, la cuisse et la jambe étendues sont placés dans la gouttière, dont on remplit ensuite les vides avec de la charpie, du coton, ou des compresses graduées, afin de rendre partout égale la compression qu'elle exerce. Ensuite, un aide rapproche les fragmens de la rotule, et tend en même temps la peau qui les recouvre; puis on place au dessus et au dessous de cet os les courroies, dont les extrémités, percées de trous, sont fixées à des clous qui sont implantés aux parties latérales de la gouttière. La dis-y position de ces courroies est telle, que l'inférieure est attachée plus haut que la supérieure , et qu'elles circonscrivent , par leur partie moyenne, un espace elliptique daus lequel la rotule est reçue et comprimée de bas en haut. On peut, s'il en est be-

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soin, recouvrir cet os de compresses résolutives, et un bandage roulé ou des liens de fil achèvent d'assurer la solidité de l'appareil.

On ne peut méconnaître, dans ce moyen contentif, l'avantage de laisser à découvert la région de la fracture, et de permettre à chaque instant d'observer l'état des parties, afin de relâcher ou de resserrer , suivant ie besoin, les lais qui les pressent. Mais , dans presque tous les cas , la gouttière de Boyer est inutile; la situation, le bandage unissant et l'attelle postérieure suffisent pour procurer des guérisons aussi exactes , achetées a moins de frais, et opérées avec des objets que l'on peut se procurer dans tous les lieux et dans tous les lcmp.«. La chirurgie doit chercher à s'affranchir du joug des machines compliquées, et non en multiplier le nombre sans une nécessité absolue.

Deux mois à deux mois et demi suffisent ordinairement pour la réunion des fractures de la rotule; dix à vingt jours de plus sont nécessaires chez les vieillards. Cependant, un séjour plus prolongé au lit*, et l'application plus continuée de l'appareil auraient alors pour effet l'organisation d'une cicatrice plus ferme et plus solide. La substance intermédiaire qui unit entre elles les portions brisées de la rotule, est de * même nature que le ligameut inférieur de cet os. Elle se cora-

Sosc de fibres blanches, fines, serrées, peu extensibles, étenues d'un fragment à l'autre, et moins prononcées que celles dont se composent les ligamens ordinaires. Celte substance est d'autant plus compacte, moins facile à s'allonger, et par conséquent plus propre k transmettre au ligament rolulien les efforts exercés par tesfmuscles extenseurs, qu'elle est plus courte, et que les fragmens ont été plus exactement maintenus rapprochés pendant le traitement. Dans ce cas, elle est tellement solide, que la force de l'articulation ne s'en trouve pas sensiblement diminuée. Lorsque les fragmens sont demeurés écartés, au contraire, elle est allongée, extensible, rare, presque entièrement cclluleuse, et le membre demeure affaibli, au point que, chez certains sujets, la marche est très-difficile, surtout sur les terrains inégaux, raboteux et en montant. Toutes choses d'ailleurs égales, la réunion est d'autant plus solide que les fibres aponévrotiques situées au devant de la rotule ont été plus ménagées pendant l'accident. Polt, Bell et Flajani pensaient qu'il y avait de l'avantage a obtenir un écartement considérable des fragmens de la rotule ; ils ont été jusqu'à recommander de fléchir à demi la jambe sur la cuisse pendant toute la durée du traitement; mais cette opinion est contredite par les faits , et universellement rejetée.

Ces praticiens, ainsi que beaucoup d'autres, ont prescrit

de faire exécuter à la jambe des mouvcmcns sur la cuisse aussitôt après la disparition des accidens inflammatoires, afin de prévenir l'ankylose du genou. Ce précepte, fondé sur ce qui a lieu au coude , n'est pas applicable à la fracture de la rotules Le genou, en effet, n'est pas aussi facilement le siège de rigidités morbides que l'articulation huméro-cubitale, et les mouvemens dont il s'agit, en écartant les fragmens de l'os rompu, nuiraient à sa réunion, et rendraient de plus en plus faible et lâche la substance intermédiaire qui s'organise entre eux. Une immobilité complète doit donc être prescrite, au moins durant les cinquante à soixante jours qui suivent l'accident. La roideur qui succède à ce traitement n'est jamais que passagère, et se dissipe dans un temps assez court, par l'emploi des bains, des émolliens, et ensuite d'exercices convenables.

Lorsque, à la suite des fractures de la rotule, la réunion s'est opérée si imparfaitement que le membre demeure très-affaibli , on peut le rendre en partie à ses fouclions au moyen de gouttières élastiques, dont le ressort principal a pour effet de ramener la jambe fléchie vers l'extension, et de suppléer ainsi l'action presque détruite des muscles de la partie antérieure de la cuisse.

ROUGEOLE, s. î^rubeoîa,morbilli^blactiœ ; inflammation de la peau caractérisée par des points, des boutons, des taches rouges à peu près circulaires , qui , peu a peu, s'étendent, se touchent) se confondent et forment des taches irrégulières , légèrement proéminentes, et se terminent par desquamation. Quand la maladie est légère , elle s'annonce par des signes d'irritation peu intense de la conjonctive, de la membrane piluitaire et des bronches ; il y a léger coryza, enchifrenement, enrouement , toux sèche , démangeaison et sentiment d'ardeur , de picotement aux yeux, rougeur de la conjonctive, et de plus somnolence et céphalalgie, soif légère, anorexie, nausées peu marquées, langue blanche, humide, frissonnement alternant avec la chaleur, agitation; le soir, ces symptômes augmentent d'intensité, le pouls est plus fréquent. Si, au contraire, la maladie est intense, un liquide irritant coule des yeux et des narines, l'étcrmiement se répète à chaque instant, la conjonctive est enflammée, la toux est presque continuelle, le malade se mouche sans cesse ; il éprouve une fatigue générale excessive , et des douleurs dans les membres. Sur la fin du troisième jour, les frissons se renouvellent, la chaleur et l'agitation augmentent; il survient même du délire et quelquefois des convulsions, et l'éruption parait; quelquefois elle ne se manifeste que le quateième , le cinquième et même le sixième jour ; toujours elle se compose de taches rouges analogues aux piqûres de puce , presque circulaires , de la grandeur des graines

de lin, un peu rudes au toucher , et légèrement proéminentes au dessus de la peau. Ces taches paraissent d'abord a la face et surtout au iront, parfois à la langue, puis au cou, a la poitrine et à l'abdomen , aux membres et surtout sur Je dos; au visage , elles sont étroites , coufluentes , rugueuses ; au tronc et aux membres , elles sont larges , moins saillantes , aussi rudes au toucher. Leur éruption se fait en quelques heures ou dans l'espace d'une nuit. Tantôt alors on observe une rémission , quoique la toux et l'enrouement persistent $ tantôt tous les symptômes sympathiques persistent avec la même intensité ; tantôt enfin, malgré l'apparition de l'éruption , Ta toux devient violente , la dyspnée excessive, l'ophthalmie intense, la somnolence extrême et le pouls plus vif, plus fréquent ; souvent les taches acquièrent une rougeur foncée ; elles s'agloraèrent, le sujet y ressent une vive chaleur ; la peau se gonfle, se tend , surtout au visage, les paupières s'engorgent et les yeux sont difficilement mis à découvert. Durant cet état de vigueur de la maladie, les symptômes d'irritation oculaire , pituitaire et bronchique sont intenses, l'accélération de la circulation redouble. Après deux ou trois jours passés dans cet état , les taches commencent à pâlir d'abord au front , aux joues , aux lèvres , au menton ; le visage s'affaisse, l'épidémie se soulève et la face est rude au toucher ; peu à peu les taches des autres parties pâlissent également dans le môme ordre que celui de. leur apparition; l'épiderrae tombe en écailles farineuses, et il ne reste plus guère de traces de la maladie le neuvième ou le onzième jour. Quelquefois les taches disparaissent sans laisser de desquamation à leur suite. La desquamation est quelquefois générale, et tout le corps est couvert d'une espèce de farine.

L'irritation de la conjonctive, de la membrane muqueuse des fosses nasales et des bronches a presque toujours lieu dans la rougeole; cependant il est des cas où elle se manifeste à peine. Nous avons observé cette phlegmasie de la peau dans sa plus grande simplicité , et sans aucun phénomène sympathique, en un mot, ce qu'on a nommé rubeola sine catarrho; mais les cas de ce genre sont rares. Tantôt l'ophthalmie , le coryaa,la bronchite qui compliquent la rougeole sont peu intenses, et tantôt elles parviennent au dernier degré de violence, la bronchite surtout. On voit trop fréquemment s'y joindre la péripneumonie. Dans d'autres cas, au lieu d'une irritation sympathique et légère de l'estomac et des intestins, il existe une véritable gastrite, ente'rite ou gastro-entérite; souvent la diarrhée survient , l'adynamie se manifeste. Dans des cas non moins graves, l'arachnoïde, le cerveau s'enflamment, et l'on voit survenir les phénomènes del'alaxie; c'est la ce qu'on a nommé rougeole putride , maligne ou nerveuse; elle a lieu dans les circonstances favorables au développement de la gastrite, de

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l'arachnoïdite, de l'encéphalite , et c'est dans ces cas seulement qu'on doit redouter la mort, car aultemcnt la rougeole est une maladie peu dangereuse.

Il importe d'entrer dans quelques détails relatifs à l'éruption, puisque c'est elle qui caractérise la rougeole. Les taches sont d'abord distinctes, d'un rouge-pourpre, circulaires, moins grandes que l'auréole des piqûres de puce j à mesure qu'elles augmentent en nombre, elles s'aglomèrent , forment des plaques irrégulièrement demi- circulaires ou en manière de croissans. Ces plaques sont entremêlées de taches isolées et d'interstices qui offrent la couleur ordinaire de la peau : des vésicules miliaires paraissent quelquefois sur le cou , la poitrine et les bras , et des boutons surviennent aux poignets, aux mains et aux doigts, quand l'éruption est parvenue au plus haut degré.

Une hémorragie nasale vient parfois se joindre à l'éruption \ et contribuer à l'amendement des symptômes j quelquefois l'écoulement du sang est excessif.

Sous le nom de rougeole noire, on a désigné les cas où les taches prennent tout à coup une teinte livide avec un mélange de jauuâtrc vers le septième ou huitième jour , changement sans inconvéuicns selon Willau, et d'un très-mauvais augure selon tous les autres auteurs.

La fièvre morbillci^se sans rougeole, morbilli sine morbHlïs, de quelques auteurs , n'était qu'une gastro-eutérite avec irritation de la conjonctive et de la membrane pi lui taire, survenue chez quelques sujets durant le cours d'une épidémie de rougeole.

La rougeole est toujours aiguë , mais souvent les irritations qui compliquent celle de la peau, persistent après clic, et passent à Tétât chronique; c'est ainsi qu'on voit trop souvent les enfans, qui viennent d'être affectés de la rougeole, conserver une ophlhalmie, une inflammation nasale, une bronchite, une pneumonie, une gastrite ou une entérite chronique, et tomber dans l'anasarque ou le marasme. Ces suites, si redoutables semblent se manifester de préférence chez les sujets qui n'ont éprouvé qu'une rougeole peu intense. On doit s*? tenir en garde sur l'état des viscères dans cette maladie, afin de ne pas abandonner le sujet à tant d'affections chroniques.

A l'ouverture des cadavres de ceux qui succombent aux complications de la rougeole, on trouve, selon Licutaud des taches morbilleuses sur les viscères; Frank ne les a point remarquées. J'ai observé, dit-il , les mêmes désordres qu'à îa suite des fièvres catarrhales, et principalement les traces d'une inflammation de la irachée-artere qui s'étendait au delà de la bifurcation bronchique, une matière puriforme qui recouvrait la surface interne des bronches, de la sérosité épanchée dans la cavité thoracique , les poumons gorgés de sang , parfois d'un

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rouge rosé à leur surface , jamais enflammés ou suppures , à moins qu'il n'y eût des tubercules. Ces observations coïncident avec celles de'Ledel, de Fabrice de Hilden et de "Willan. 11 esi aisé de voir combien il reste à faire pour l'auatoinie palho- Jogiquujie la rougeole; la peau ne devra pas moins que les autres tissus cire examinée avec attention..

La rougeole est, dit-on , produite par certaine condition inconnue de l'atmosphère qui arrive surtout à la lin de l'hiver , et au printemps; elle est piesque toujours épidémique ; plusieurs fails établissent qu'elle peut se propager par contagion; le suivant est authentique et concluant : Un artiste vétérinaire de l'armée françaûe arrive dans une vil e d'Italie, entre dans une maison, s'y loge; le lendemain, il entre dans la chambre de son hôtesse, s'approche d'un lit où se trouvait un enfant affecté de la rougeole, le découvre, le regarde , et le lendemain est pris de la même maladie , sans qu'elle fût répandue dans la ville, et sans qu'aucune personne de l'année française en eu tété affecté. Il y avait sans doute chez lui une prédisposition iinmiueole ; toutefois ou ne peut se refuser à penser que s'il ne fut pas entré dans cette chambre, et s'il ne se fût pas approché autant de ce malade, il n'aurait pas été silôr affecte d'une maladie qui le mil eu danger de perdre la vie. 11 est rare que Ton soil affecté de la rougeole plus d'une fois ; Roche dit cependant qu'on peut l'avoir jusqu'à trois fois. Jadis on confondait la rougeole el la scarlatine, de telle sorte que la rougeole paraissait plus commune qu'elle ne l'est réellement. Il est rare cependant qu'un médecin occupé ne l'observe pas chez un certain nombre de sujets chaque printemps. Nous avons vu la scarlatine survenir peu après la convalescence de la rougeole. Quelquefois la rougeole vient suspendre la marche de la variole ou celle de, la vaccine. C'est principalement une maladie de l'enfance ou de l'adolescence , .quoiqu'on l'observe quelquefois chez les adultes et même dans la vieillesse.. . . .. , . • • - *•

Le traitement de la rougeole simple se réduit à la diète, au repos et à Fusage d'une boisson rafraîchissante. Lorsque , comme c'est le plus ordinaire, il s'y joint une irritation de la conjonctive, un coryza et une bronchite, elle est plus intense; il ïaut alors prescrite la diète, le repos, les boissons mucilagincuses acidulés, les fumigations aqueuses dirigées vers la face pour hâter l'éruption ; s'il y a cîe la céphalalgie, ces fumigations ne doivent pas être prescrites; s'il y a de la somnolence, du délire et surtout des convulsions, des topiques froids, seront placés sur le derme chevelu, et des bains de pieds chauds seront administrés.

L'étal de la peau elle-même ne, réclame jamais l'application

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des sangsues ; celles-ci ne sont utiles que dans les cas où la bronchite, ta gastrite, ou la gastro-entérite se manifeste avec intensité, et lorsqu'il s'établit une arachnoïdite : dans le premier cas, il faut les appliquer au sternum; dans le second, à l'épigastre; dans le troisième, vers la partie douloureuse du l'abdomen ou bien à l'anus; dans le quatrième, nu tour des malléoles, et donner en même temps un pédiluve chaud. Si le poumon s'enflamme, il ne faut pas hésiter à ouvrir la veine, quelque peu avance que soit l'âge du sujet; si c'est la plèvre , il faut multiplier les sangsues autour du point douloureux du thorax; si c'est le péritoine, il n'y a pas de temps à perdre, il faut couvrir re ventre de sangsues.

Quand une phlegmasie intense vient compliquer la rougeole, il arrive, ou que l'éruption n'a pas lieu, ou qu'elle se fait incomplètement, ou qu'elle disparait, ou bien déjà elle a cessé. Dans le premier et le secoua cas, on est trop souvent dans l'usage de prodiguer a l'intérieur les liquides stimula ns , sudori tiques , excitans; malgré les remontrances des médecins habiles de tous les temps, cette pratique fait encore des victimes. Pour hâter l'éruption, il suffit de roanuluves, de pédi-. luves chauds, des bains chauds, des bains de vapeurs, et des ventouses sèches nombreuses. Quant a la faire reparaître, cela demande quelques réflexions , et d'abord on s'occupe beaucoup trop de faire reparaître une rougeole qui a cessé brusquement: cela arrive, soit parce qu'un viscère a été soumis k une cause directe d'excitation, soit parce que la peau a élé soumise à un refroidissement subit; dans le premier cas, c'est l'inflammation viscérale qu'il faut attaquer si l'on veut voir reparaître la rougeole; dans le second, il suffit des m ojcn s indiqués plus haut pour remplir cette indication; mais si nn viscère s'est sècondairemenl affecté, il faut diriger contre lui des antiphlogistiques. Les boissons aqueuses chaudes sont encore un fort bon moyen pour exciter la peau sans inconvénient quand l'estomac peut les supporter. 11 ne faut pas perdre de Vue que la peau est prédisposée a l'irritation chez les morbilleux, et que l'a révulsion sur ce tissu est facile dans tout cas de délitescence d'une phlegmasie cutanée.

L'usage dès vésicatoires comme révulsifs, dans la rougeole, nous paraît peu rationnel; ils occasionent une phlcgmasiè avec écoulement séreux , puis purulent, taudis que Celte maladie ne consiste que dans une phlegmasie avec desquamation de l'épidèrmé; quand on veut produire une heureuse ré- • vulsîon, il faut, autant que possible, que l'inflammation que l'on provoque ressemble parfaitement à celle que l'on veut déplacer, ou rappeler, ou renouveler.

En somme, le traitement de la rougeole se réduit à ï'ex-

™»*,™ Taiî. ' ,C 641 P*",""™" « sans Inflammation du poumon, de l'estomac ou de l'arachnoïde; dans le. cas de complication, tout le danger gît dan, |a phlegmasic visce! r»le par conséquent c'est d'elle qu'il faut sWuL ans oublier d. maintenir la peau dan? „„ état modéré d W

»i^',,1C' n*jdecin' 0,,t c™ q»*" «rail avantageux de dim.nuer, par de. moyen, direct,, l'état phlegmasioue 1 l, peau dan, la rougeole, et pour cela il, ont «mrfôX cm «al d'air frai, et le, lotion^ froide, = c'e,t une ^tiqu" fo» peu rationnelle , car il e,t de toute observation qu'il est dan-

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■uiigcni après tlle, doivent être traitées comme si elles nrnv« naient de toute autre cause. Mai, si elle, ,e mtnifS Xn, le. tube g,„ro-,„,e,.inal, ontre le, antiphlogislique. n3 nue T on exc.cra la peau par divers moyensfet c'est alor, aTlll vesicatoue, „>„« indi es. Si , r , . est a or. que le,

ou a la poitrine, outre la ncau il A,.,t£ „• , f * lé,e par de «Lux purgatifs! * ' " S,'rauler lcs ,n,esti"»

Tout en blâmant les courons d'air frais et h>« l<tir~. r. -j non, ne prétendons pas approuver c couve mre, n d"' •ou. laquelle, on étouffeTc. enfans affecté, de r^JET? faut qu'il, soi<nt uniformément, mai. léser™ Zl7, W manière qu'autour de lenr co p,, il Jth «"e ttlnJ de moyenne qui doit être au„i celle de fa chambre X'ilT meilleur moyen d'éviter la délitescence. 681,3 ,e

Le, narcotiques ne sont utile, que chet le, ,uîets t,i. „ veux que la toux fatigue beaucoup, sans donplr IfaS X

ne sont ind^e, que dan, le, ca, où la langue est très-

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uniformément et complètement couverte «l'un euduit épais; mais alors nous employons de préférence Jes laxatifs, tels que l'huile de ricin. La diarrhée modérée, surtout bilieuse, ne réclame aucun moyen particulier; on la provoque quelquefois utilement par le pelil-lait, le jus de pruneaux. L'épistaxis ne doit jamais être anêlé, à moins qu'il n'aille jusqu'à déterminer la syncope; mais alors il s'arrête spontanément , il ne faut s'occuper de le faire cesser que dans le cas où il recominencertil après le retour des sens.

Afin de préserver des accidens de la rougeole, Home a'eru qu'il serait utile de i'iuoculer comme ou le faisait autrefois pour la variole. N'ayant pu obtenir de virus , dit Robert Thomas, ni une quantité suffisante de débris d'épiderme au moment de la desquamation, il tira du sang de la veine la plus superficielle, dans l'endroit où l'éruption se manifestait le * mieux, et il en imbiba du coton, qu'il appliqua sur-le-champ au bras de l'iudividu qu'il voulait inoculer; il opéra ainsi sur douze personnes, et, chez toutes, l'éruption se manifesta; la fièvre d'éruption commença en général six jours après l'inoculation, et les symptômes eurent moins d'intensité que dans la rougeole naturelle; la fièvre fut moins vive, la toux plus douce ou entièrement nulle, l'inflammation des yeux légère, mais le larmoiement fut aussi fort, et les élernuemens furent aussi fréqueus que de coutume. Aucun accident ne troubla le cours de la maladie; aucune affection de poitrine n'en fut la suite. Home voulut pratiquer cette inoculation d'uue autre manière. Il plaça dans le nez d'un enfant bien portant un morceau de colon qui avait séjourné dans celui d'un enfant malade de la rougeole; cette expérience, répétée plusieurs fois, ne réussit pas. D'autres praticiens ont répété l'inoculation de la rougeole, et ils prétendent que la maladie, ainsi communiquée, est plus grave que lorsqu'elle survient naturellement. Nous n'en doutons pas moins de la possibilité de la transmission de la rougeole par un pareil moyen. * ROUGEUR, s. f., rubor. La rougeur des tissus organiques pourrait devenir le sujet d'un travail important que nous ne pouvons qu'esquisser dans cet ouvrage. Parmi ces tissus, les uns, tels que les muscles, sont rouges dans l'état normal; les autres ne le deviennent que dans l'étal d'excitation ou dans l'état pathologique : telles sont la plus grande partie de la peau et les membranes séreuses. Une grande question est de savoir si les membranes muqueuses dérobées à notre vue dans Tétat de vie sont rouges ou blanche0,. Nous sommes portés à penser qu'il en est pour elles connue pour la peau , qui est rouge en certains endroits et blanche dans d'autres: mais il resterait à déterminer dans quelles de leurs parties le blanc

ROUGEUR "53 domine. 11 résulte des recherches de Billard que la membrane muqueuse gastro-intestinale est blanche après la mort, et lorsque les sujets ont succombé à la suite d'uu accident; mais cela n'apprend rien sur la couleur de celle membrane pendant la vie. Les cas de plaie du tube digestif, examiné à l'instant même où il vieut d'être divisé, éclairciront seuls la question, et c'est avec raison que Cclse a donné cet examen des plaies comme un des moyens d'avancer l'anatomie et la connaissance des maladies internes.

Les tissus, devenus rouges ou plus rouges que dans l'état normal, sous l'empite d'une affection morbide, couserveutils toute celte coloration, ou bien la perdent-ils eu partie, ou même en totalité par la mon? Les choses se passent de ces trois manières selon les conditions, et, pour s'en assurer, il . suffit de remarquer ce qui a lieu pour les rougeurs morbides de la peau, de la conjonctive, des lèvres, de la membrane buccale et nasale, et des parties génitales. La rougeur est-elle superficielle, s'est-elle établie subitement, a-t-elle duré peu? elle cesse avec la vie, et il n'en resie aucune trace. Si , au contraire, la rougeur s'étend à toute l'épaisseur du tissu, dans une assez grande étendue, si elle a duré un certain temps, elle diminue avec la vie, mais elle ne cesse pas avec elle; seulement elle se rétrécit, s'éclaircit, et ne se conserve que dans les endroits où elle était le plus intense.

Les cas thérapeutiques où l'on provoque la rougeur dan» l'intention de remplir une indication, viennent a l'appui de ce que nous venons d'énoncer.

Une chose qu'il ne faut pas oublier, c'est que les rougeurs qu'on trouve dans les cadavres ne sont que les traces de celles qui avaient lieu pendant la vie; que, par conséquent , lorsqu'on trouve de faibles rougeurs dans un organe qui a donné des signes d'une vive inflammation pendant la vie, il ne faut rien en conclure, si ce n'est qu'un tissu mort contient moins de sang qu'un tissu vivant; et qu'il est absurde de dire : ce malade a péri avec tous les symptômes d'une violente gastro-entérite; je ne trouve dans l'estomac et les intestins que de légères rougeurs; donc il est mort d'une fièvre essentielle.

D'un autre côté, il ne paraît pas moins absurde de dire : ce malade n'a présenté, il est vrai, aucun symptôme caractéristique de gastro-entérite; voilà quelques rougeurs , très-légères à la vérité, dans l'estomac et les intestins; donc il est mort des suites de cette inflammation.

Les symptômes sont , pendant la vie , toul ce qu'ils peuvent être, tandis qu'après la mort on ne trouve que les restes des caractères morbides des organes.

La pathologie n'est fondée uniquement ni sur l'anatomie

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pathologique, ni sur la sjmptomatologie , mais sur l'union physiologique de ces deux branches de la phénoménologie animale. V oyez inflammation et fievbe.

ROUSSEUR, s. f., lentîgo; taches roussàtres de la grandeur d'une petite lentille qui survient à la peau chez les sujets jeunes qui oui ce tissu très-fin , très -sensible , ou qui s'exposent au soleil. Voyez, w»hélides.

ROUTINE, s. i. Les latins n'avaient pas de root équivalant à celui ci , qu'on a si souvent occasion d'appliquer en France. Qu'est-ce que la routine? La caricature de l'observation, du savoir, de l'expérience et de l'habileté. Ceux, dont elle fait tout le triste mérite lui donnent le nom ^expérience; ils se donnent modestement le titre de praticiens pour esquiver ce» lui de routiniers, La routine en médecine consiste à voir les symptômes d'une maladie sans en rechercher la nature et le siège, à la nommer d'après le phénoraèue le plus saillant, le plus grossier, à prescrire le remède que tel professeur, tel confrère, telle commère prescrivent en pareille circonstance, sans examiner si le cas est bien le même, et sans s'occuper des contre-indications. Le routinier affectionne certains remèdes, et les prescrit à la plupart de ses malades ; il leur ordonne les alimçns qu'il aime, les boissons qu'il préfère, les remèdes qui l'ont guéri. Le malade vient-ij a. sç rétablir , le routinier l'avait prévu : car il a toute confiance dans ses prescriptions. Le malade vient-il h mourir, le routinier ne s'en étonne pas, car il en a vu mourir tant d'autres eu pareil cas, et d'ailleurs il a fait ce que son expérience lui dictait; sa conscience est en repos. Quel heureux sort que. celui du routinier! il court, il s'agite il voit beaucoup de malades eu peu de temps; il est toujours sûr de son fait et toujours content de lui-même; le public le chérit à cause de sou assurance; il s'enrichit sans remords. Toutes réflexions faites , quand on. est médecin, il faut être ou plat routinier ou intiigauL audacieux , pour dormir tranquille.

RUBÉFACTION , s. f. , rubefacUo ; coloratjop dp la surface de la peau en rouge, avec douleur , mais sans soulèvement ni rupture de l'épidémie. La partie rubéfiée éprouve en même temps uiie légère élévation, upnt on s'aperçoit peu toutefois , parce' que la rubéfaction se fait généralement sur une sm face assez étendue, et qu'elle va en sVéteiguant d'une mauière insensible.

La rubéfaction est tantôt spontanée, comme dans la plupart des exanthèmes, les maladies érysipclaleuses et les phlegmons , sous-cutanés surtout; tantôt provoquée par l'art, dans le but. de détourner une irritation grave fixée sur un organe, important. Quoiqu'asscz fréquemment employée , c'est v un moyeu

RUE f&

assez faible, sur lequel il ne faut pas trop compter , et qu'il ne faut considérer que comme l'avant-coureur d'autres plus énergiques.

I/épiderme tombe ordinairement par écailles lorsque la rubéfaction se dissipe j mais cette desquamation n'a pas toujours lieu.

RUBÉFIANT, s. m. et adj., rubefaciens ; qui produit la rubéfaction , qui fait rougir la peau. On donne ce nom à des agens médicinaux qui ne diffèrent des épispastiques qu'en ce qu'ils sont moins énergiques, et ne soulèvent pas l'épidémie , mais se contentent d'appeler une plus grande quantité de sang dans les vaisseaux du derme. Le calorique, la compression long-temps continuée, les acides minéraux étendus d'une certaine quantité d'eau, les dissolutions salines, les alcalis a fiai blis, cl les corps qui renferment nn principe acre , telles sont les substances qu'on emploie le plus souvent à titre de rubéGan*.

RUE, s» f. , ruta; genre de plantes de la décandrie monogjnie, L. , qui sert de type à ta famille des rutacées, J. , et qui a pour caractères : calice persistant, à quatre ou cinq divisions; quatre ou cinq pétales onguiculés; huit h dix étamines ; ovaire muni à sa base de huit ou dix pores nectarifères ; capsules à quatre ou cinq loges polyspermes.

La rue commune , ruta graveolens , qui croît spontanément dans le midi de l'Europe, et qu'on cultive assez souvent dans les jardins , exhale une odeur forte et désagréable. Elle a une saveur âcre et amère. Ces deux qualités se dissipent en partie par la dessiccation. Les diverses parties de la plante, notamment ses graines , fournissent une buile volatile et une eau distillée, moins âcre et moins désagréable à l'odorat que la plante elle-même, tandis qu'au contraire l'extrait aqueux de cette dernière est très-acre et fort irritant. 11 suffit de froisser la rue entre les mains pour occasioner des démangeaisons , et son application, long-temps continuée, sur la peau , y produit un effet rubéfiant. Lorsqu'on la prend a l'intérieur, elle cause une vive excitation et un sentiment de chaleur. Orfila a reconnu qu'à haute dose elle peut déterminer l'inflammation des voies gastro-intestinales. Elle accélère le mouvement circulatoire, et paraît exercer souvent sur l'utérus une action marquée, qui s'annonce par des hémorragies ou l'apparition intempestive de l'écoulement menstruel ; de là vient l'emploi fréquent que les anciens et les modernes en ont fait contre l'aménorrhée. Quoiqu'elle ait réussi dans plusieurs cas, on ne saurait lui attribuer une propriété emtnénagogue spéciale, puisque tous les excitât» un peu énergiques du canal intestinal produisent fréquemment le même résultat. Les feuilles sont la partie la plus usitée. On les donne surtout en infusion, à ladose d'une pincée ou deux par pinte d'eau. Quelquefois on prescrit l'eau distillée à celle

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d'une ou deux onces, et l'huile essentielle, celle de deux à six outtes. On ne se sert plus aujourd'hui de la conserve , de extrait et de l'infusion acéteuse, jadis employées, non plus que de l'infusion huileuse, dont on faisait des cm broca lions suite ventre des eufans tourmentes par des vers. La rue entre dans le vinaigre des quatre voleurs.

RUGINE, s. f. , radula; instrument dont les chirurgiens se servent pour ratisser les os. 11 consiste en une épaisse plaque d'acier un peu tranchante sur les bords , dont le milieu d'une des faces reçoit une lige montée sur un inanche à facettes. Celte plaque reçoit différentes formes.

RUMINATION, s. f., ruminalio ; action de mâcher une seconde fois les alimens eu les ramenant de l'estomac dans la bouche. Ce phénomène singulier, qui appartient à tout un ordre de la classe des mammifères , est rare dans l'espèce humaine , quoi qu'aient pu dire les auteurs , Peyer entre autres.

Il ne diffère du vomissement que parce qu'il est inoins brusque , de sorle que les substances contenues dans l'estomac peuvent remonter en petite quantité à la fois dans la bouche , et y séjourner. Ce qui le rend surtout curieux , c'est que, comme on ne peut l'attribuer qu'à l'estomac, sans aucune intervention du diaphragme, ni d'aucun autre muscle, il prouve, contre l'opinion de certains physiologistes modernes, que le ventricule n'est point inerte et passif dans l'acte du vomissement.

Pcrcy a décrit de la manière suivante les phénomènes de la rumination chez l'homme. Quand le regorgement se prépare el devient imminent , la lêlc et le menton se portent en haut et en bas et contre le sternum ; un bruit sourd se fait d'abord entendre dans le pharynx, ensuite en survient un autre plus sonore et plus brusque, qu'on a nommé tic , et qui donnerait presque l'idée d'une soupape s'ouvrant tout à coup. Au milieu de ces raouvemens , l'œsophage éprouve des tractions , des succussions, qui sollicitent l'estomac, eten attirent plutôt qu'elles n'en font expulser une partie des matières que cet organe renferme. L'œsophage est agité sans cesse a sa moitié inférieure, et l'estomac ne reste jamais en repos; ils jouissent tous deux d'un mouvement péristaltique qui est plus sensible sur quelques points que sur d'autres. L'estomac éprouve en outre une sorte de flux et de reflux qui varient dans leur direction, et qui s'exercent localement et en tous sens , agissant sur toutes les matières qui correspondent à l'endroit où se passe cette agitation; c'est ce qui explique assez bien le choix singulier que cet organe fait souvent des substances spéciales dont le séjour dans sa cavité le tourmente, et le rejet qu'il en fait, sans aucune perturbation pour les autres.

La rumination diffère du vomissement en ce qu'elle n'est

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