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SACRUM

des points où il n'y a pas de jonction entre les véritables vertèbres. C'est ce qui fait qu'au lieu d'apophyses épineuses simples, on trouve des épines, tantôt séparées et en nombre égal à celui des pièces du sacrum , tantôt soudées toutes ou plusieurs ensemble, de manière à produire une crête.

A la place des apophyses articulaires, qui sont soudées , on voit des éminences, quelquefois à peine sensibles. Les deux, supérieures et les deux inférieures sont cependant très-marquées. On les connaît sous le nom de cornes du sacrum. La plus souvent, au lieu des larges surfaces articulaires libres et encroûtées de cartilage^ que présentent les autres vertèbres , on ne trouve que des bords tranchans et peu saillans j mais il n'est pas rare néanmoins que les apophyses articulaires inférieures de la première pièce du sacrum portent aussi , comme les autres vertèbres, des surfaces articulaires distinctes et libres. -

Les ouvertures qui livrent passage aux derniers nerfs spinaux, forment de chaque côté deux séries, l'une antérieure, l'autre* postérieure. Les trous supérieurs sont beaucoup plus grands que les inférieurs.

La face antérieure du sacrum est plus ou moins concave , et la postérieure plus ou moins convexe , suivant le sexe. La première est plus lisse que la seconde; ou y aperçoit seulement quatre élévations transversales, placées chacune entre deux paires de trous sacrés, et qui sont les traces de la séparation primitive des cinq vertèbres. On y voit aussi les quatre paires de trous antérieurs. La postérieure offre cinq rangées d'éininences j une moyenne, impaire, formée par les apophyses épineuses, et qu'on appelle crête sacrée; une seconde, de chaque côté, qui doit naissance à la soudure des apophyses articulaires; et, en dehors, une troisième, qui est la trace de celle des apophyses transverscs. Les quatre trous sacrés postérieurs se trouvent entre ces deux séries d'éininences paires.

La face latérale du sacrum, très- large et épaisse dans sa moitié supérieure, est fort mince et réduite a un simple bord intérieurement. En haut, sa partie antérieure est lisse et couvei te de cartilage , tandis que la postérieure est chargée d'aspérités.

Vers le quatrième mois de la grossesse, paraissent d'abord les corps, puis les paities latérales des vertèbres sacrées. Les parties latérales ne sont pas formées partout du même nombre de noyaux osseux, car il y en a deux de chaque côté dans les trois pièces supérieures, tandis qu'on n'en compte qu'uu seul dans les deux inférieures. De ces deux noyaux, l'un, qui forme une moitié de l'arc, se trouve en arrière, e» l'autre en

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devant; tous deux se soudent avec le corps. Les faces poste'* îieures des parties latérales de chaque vertèbre se développent long-temps avec les antérieures , qui fournissent presque entièrement les surfaces articulaires du sacrum pour les os coxaux. 11 se forme donc ainsi peu à peu vingt-un noyaux osseux, dont le sacrum est composé dans le fœtus à terme. Chacune des trois premières fausses vertèbres en contient cinq, et chacune des deux inférieures, trois. Toutes présentent une pièce moyenne plus considérable, qui est le corps. Les deux inférieures n'offrent, de chaque côté, qu'une moitié d'arc, qui se compose, dans les trois supérieurs, ^le deux germes osseux , l'un, antérieur, recourbé en devant, l'autre, postérieur, recourbé en arrière. Cette séparation subsite jusqu'à l'âge de trois ans. Cependant les extrémités des deux moitiés d'arc qui sont tournées en arrière, en dedans et Tune vers l'autre, prennent du développement, aussi bien que celles des vertèbres inférieures, qui, dans le fœtus à terme, se portent encore directement d'avant en arrière. "Vers l'âge de trois ans, les trois pièces des vertèbres inférieures commencent à se souder, puis il en arrive autant aux pièces supérieures et antérieures des parties latérales des trois supérieures. Enfin, ces parties latérales se réunissent elles-mêmes avec le corps. 11 n'est pas rare qu'on trouve encore, chez des sujels âgés de cinq ans , la première vertèbre composée de ses cinq pièces , et qu'à sept même on rencontre encore des vestiges de cette ancienne séparation. Beaucoup plus tard, et seulement après que l'accroissement est termine, les corps et les apophyses transverses des diverses vertèbres se soudent ensemble, ainsi que les extrémités postérieures des deux moitiés d'arc de . chacune.

Le sacrum, avant qu'il ait pris tout son accroissement, a la plus grande analogie avec les autres vertèbres, parce que ses pièces ne sont point encore soudées ensemble. Celles-ci ressemblent aux vertèbres proprement dites, sous le rapport du mode de développement , en ce qu'elles sont composées d'un corps et de parties latérales. A la vérité, le nombre de ces parties latérales diffère, dans les supérieures, de celui qu'on observe dans la plupart des vertèbres -, mais, parmi les cervicales, il s'en trouve quelques-unes qui doivent également naissance à la réunion de plusieurs pièces. 13 ne différence importante consiste dans l'époque à laquelle ces pièces osseuses se développent et se soudent les unes avec les autres. Ce sont les parties latérales qui paraissent les premières dans les vraies vertèbres, tandis que ce sont les corps qu'on aperçoit d'abord dans les fausses. Dans les premières, les extrémités postérieures des parties latérales se soudent entre elles avant que

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les antérieures s'unissent au corps; daus les autres, leur soudure avec le corps précède de beaucoup icur union entre elles.

Le sternum s'articule en haut avec le corps de la derniète vertèbre lombaire et les apophyses articulaires inférieures; sur les côtés avec l'os iliaque ; en bas avec la première

Î)ièce du coccyx. Enclavé entre les deux os des îles, il forme a paroi postérieure du bassin, et supporte tout le poids de la colonne vertébrale. Cependant il s'écarte beaucoup de la direction du rachis en arrière, ce qui fait qu'à l'endroit de sa jonction avec la dernière vertèbre lombaire, on remarque tin angle fort saillant, désigné sous le nom de promontoire. Cet angle est beaucoup plus saillant chez la femme que l'homme. Du reste, le sacrum de la femme est lui-même plus lar^e, plus court, plus droit, beaucoup moins courbé et moins étendu en arrière.

L'épaisseur considérable du sacrum, et le sens avantageux suivant lequel il supporte, dans les chutes, le poids du corps, sont les circonstances qui, malgré la situation superficielle de cet os, :endent ses fractures très- rares. Il ne faut rien moins que l'action de causes directes très-violentes pour produire de semblables lésions. Elles entraînent presque toujours la paralysie du rectum , de la vessie et des membres abdominaux. On les reconnaît à ces signes, ainsi qu'au désordre dont les parties sont le siège, et à la nature de la cause vulnérantc. Lorsque la fracture a lieu en haut, ou le sacrum est très-épais et solidement fixé aux os coxaux, aucun déplacement ne l'accompagne; mais, chez les sujets où la lésion est voisine du coccyx, cet os, et le fragment inférieur peuvent être enfoncés ou entraînés par l'action musculaire, vers le rectum, et déterminer une difformité considérable. Les blessures de ce genre sont presque constamment mortelles, à raison, cl de la lésion de la fin de la moelle épinière elle-même, et de l'ébranlement qu'ont reçu les viscères contenus dans le bassin , et du trouble que la paralysie apporte à l'exercice des fonctions de la vessie et du rectum. Maintenir le sujet dans tiu état de repos absolu, combattre l'inflammation locale au moyen d'évacuations sanguines générales et capillaires, placer à demeure une sonde dans la vessie, afin de livrer de temps à autre une issue à l'urine, tels sont les principaux moyens de traitement qu'il convient d'opposer à une lésion aussi grave.

SAFRAN, s. m., crocus; genre de plantes de la triandiie monogynie, L. , et de la famille des iridées, J. , qui a pour caractères : corolle monopétale, longuement tubulée, divisée en six segmens profonds; trois étamincs, trois stigmates j capsule trigone, à trois valves, et à trois loges polyspermes.

Le safran ordinaire y crocus salis'iis, est cultivé dans près-

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que i ou tes les contrées de l'Europe , eu raison de ses stigmates, qui sont la seule partie dont ou fasse usage dans les arts et en médecine. Ces stigmates, lorsqu'ils sont secs, ont une couleur d'un beau rouge, et une odeur forte, aromatique. Cette odeur est tellement péne'trante qu'elle suffit pour causer des céphalalgies violentes en quelques instans. Leur saveur est amère, aromatique, nullement désagréable. Us colorent la salive en jaune lorsqu'on les mâche pendant quelques instans.

Bouillon-Lagrange et V ogel ont découvert dans le safran un principe colorant particulier, désigné par eux sous le nom de poljchro'ùe, et auquel ils attribuent les propriétés tinctoriales et médicinales de la plante. Celte substance y entre pour so:xante-cinq centièmes; le reste se compose d'eau, de gomme, d'albumine, de matière cireuse, de débris du végétal, et d'une quantité indéterminée d'huile volatile.

Le safran exerce une action tonique très-marquée sur l'organisme. H peut, à forte dose, selon Murray, produire la stupeur, la somnolence, une sorte de narcolisme, et même la mort. C'est principalement comme emménagogue et antispasmodique qu'on l'emploie en médecine. La première de ces deux propriétés l'a même mis en telle réputation, qu'il est presque devenu un remède, populaire et domestique. On Ta conseillé dans l'hystérie, les spasmes, la coqueluche, l'asthme. En. général, son administration n'a é^e' réglée jusqu'ici que par l'empirisme. La vertu tonique qu'il possède a un haut degré doit servir de règle pour son applicatiou , et non tous les pompeux éloges que la routine lui prodigue dans les cas les plus opposés.

Il est rare qu'on le donne en poudre. On l'administre presque toujours en infusion aqueuse. Cependant on se sert aussi de son extrait et de sa teinture spiritueuse. On en fait un sirop; on l'associe à d'autres médicamens lorsqu'on en compose des poudres , des pilules, des opiats , etc. Enfin, il entre dans la composition d'une multitude de médicamens officinaux. , SAGAPENUM, s. m., gomme-résine qui nous vient de l'Orient, où Ton ignore quel végétal la produit. Assez semblable à la cire jaune, elle est d'un jaune rougeâtre, demi-transparente, plutôt en masses qu'en larmes. Sa cassure est un peu grisâtre et comme filandreuse; son odeur alliacée; sa saveur résineuse, nauséeuse, un peu amère et aromatique. La salive la blanchit, et elle adhère aux dents. La chaleur la ramollit. Pelletier, en l'analysant, y a trouvé : résine, 54,^6; gomme, 3i,g4; bassorine, 1,60; matières étrangères, o,4o; huile volatile, eau et perte, i!,8o. Cette substance ne jouit pas de proptiétés. bien remarquables, quoiqu'il soit probable que, a vfr l'instar des autres gommes-résines, elle exerce une action lé-

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gèremcnt Ionique fur l'économie animale. On la regarde comme apérilive, fondante et tin peu purgative. Auliefois, on la prescrivait, à la dose de vingl-quaire grains jusqu'à un gros, dans les obstructions, t'est-a-dire dans les phlegmasies chroniques des viscères du bas-ventre. On ne s'en sert presque plus aujourd'hui, et elle n'entre guère que dans les préparations officinales.

SAGITTALE, adj., sagittalis; épithète donnc'e par les anâtomistes à la suture qui unit les deux pariétaux, et qui aboutit, eu devant, à la partie moyenne de la suture coronalc , et en arrière au sommet de la lambdoïdc.

SAGOU, s. m., sago; fécule qui se trouve dans la lige de plusieurs palmiers, ou plutôt dont toutes les plantes de celte famille, l'arec excepté, fournissent une quantité plus ou moins notable.

Cette fécule, qu'on recueille dans les Indes, nous arrive en petits grains arrondis, irréguliers, plus gros que des tètes d'épingle, et parfois aglomércs deux ensemble. Ces petits grains sont roses, mais blanchissent avec le temps et par une longue exposition au soleil. Ils sont inodores, insipides, trèsdurs, cl comme cornés, surtout au centre. Plongés dans l'eau , ils se gonflent et se rammollisseut, mais conservent toujours un noyau dur dans le milieu, à moins que l'immersion n'ait été très -prolongée. Le liquide que dissout cette fécule acquiert une consistance de gelée et une couleur louche. Elle a la précieuse qualité de se conserver un temps considérable sans s'altérer., et les insectes l'attaquent difficilement à cause de sa dureté.

Des peuplades entières vivent de sagou dans les Moluques ; on l'emploie aussi, en Europe, à une foule d'usages culinaires. Ses propriétés analeptiques le font souvent prescrire parles médecins, dans tous les cas où il faut un aliment trèsrestaurant et de facile digestion. Sa solution aqueuse, peu chargée, peut servir, en boisson, dans toutes les affections irrita tives du canal digestif, mais on préfère les fécules indigènes, dont le prix est moins élevé,, et qui jouissent de la même efficacité.

SAIGjNEE, s. f. , missio sanguinis , phlebolomia, arlcnotornia; action de tirer du sang.

L'opération de la saignée est, sinon une des plus difficiles de la chirurgie, du moins une de celles qui exigent, pour être méthodiquement exécutées, les soins les plus minutieux , et souvent une grande habitude , unie a beaucoup de dextérité. On la divise en artériolomie et en phlébotomie ; cette dernière constitue la saignée proprement dite.

La situation des artères du crâne, superficiellement placées,

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d'un médiocre volume, et derrière lesquelles on trouve un plan sol ide , sur lequel il est facile de les comprimer, les rend presque exclusivement propres à être ouvertes sans danger par les instrument chirurgicaux. Parmi elles, l'artère temporale est celle que Ton préfère, à raison de la peau fine et moins solide que celle du reste du crâne sous laquelle elle rampe. Une forte lancette ou un bistouri sont les instrumens dont on fait usage pour cette opération ; une compresse Carrée épaisse , et une bande, longue de deux ou trois aunes, et roulée à un cylindre, composent, avec des alèses, un vase pour recevoir le sang, un gouttière et de l'eau, leà objets accessoires dont on a besoin.

Le sujet peut être assis ou couebé j la région temporale doit avoir été rasée avec soin, et se trouver exposée à la lumière ; les alèses étant placées sur le malade ou sur son lit, le chirurgien s'assure avec le doigt indicateur de la situation et du trajet de l'artère. Si les pulsations de celle-ci ne sont pas visibles à l'œil , il marque avec l'ongle l'endroit où il se propose de l'ouvrir, puis il y fait, avec l'instrument dont il a fait choix, une incision longue de quelques lignes, transversale à la direction du vaisseau, et qui doit le diviser entièrement; le sang forme rarement un jet saccade au dehors j il heurte contre la lèvre de la plaie opposée k celle qui le fournit, et coule ensuite en nape sur les tégumens. Si Tonne peut, en tirant celle partie de la division, de manière à la renverser un peu en dehors, diriger le sang dans le vase, il faut appliquer la gouttière , et recevoir ainsi le liquide qui est assez lentement fourni , à raisou de la ténuité souvent très-grande de l'artérioleouverte.

Lorsqu'enfiu on a procuré une évacuation sanguine assez considérable, il faut laver la partie, rapprocher , en les eom- ' primant, les lèvres de la plaie , appliquer sur elles les compresses, et les soutenir au moyen de tours de bande assez serrés, qui environnent la lêle, et dont on prévient le déplacement au moyen d'une mentonnière dont les extrémités s'attachent au bandage devant des oreilles. Les chirurgiens des siècles précédens usaient de précautions beaucoup plus grandes; ils avaient recours au nœud d 'emballeur , bandage fait avec une bande longue de cinq à six aunes, roulée a deux cylindres, et qui consistait a entourer la tête de jels alternativement circulaires et verticaux, en croisant chaque fois les cylindres de manière à former sur la région temporale un nœud saillant et dur. Ce baudage avait le grave inconvénient d'entourer et de presser fortement la tête dans tous les sens, et d'exercer inutilement sur la partie opérée une compression inégale et douloureuse. Beaucoup de sujets ne pouvaient supporter son action, et il est actuellement abandonné. L'appareil plus simple dont on fait usage peut ôire levé le troisième

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jour; on trouve alors la plaie réunie et par première intention , et l'artère oblitérée à l'endroit de l'opération.

Aucun accident ne résulte ordinairement de la saignée de la temporale. Les auteurs parlent cependant de filets nerveux atteints quelquefois par l'instrument, et donnant Heu h de vives douleurs; si un semblable accident survenait, il faudrait agrandir la plaie afin de diviser entièrement le rameau imparfaitement coupé. Lorsque , malgré tous les soins apportés à l'opération , il est impossible d'obtenir une quantité assez grande de sang , la saignée de la jugulaire est celle qui peut le mieux suppléer à l'artériotomie, et à laquelle on doit immédiatement avoir recours.

La phlébotomie peut être pratiquée sur toute les veines superficielles; cependant on l'exécute plus spécialement au bras, au pied et au cou. Les règles relatives à ces trois variétés dç l'opération suffisent pour diriger le chirurgien dans la pratique de celle que la situation des maladies ou les indications spéciales que l'on se propose de remplir, peuvent reudre nécessaires.

i° La saignée du bras , celle a laquelle on a le plus souvent recours, est presque toujours faite au pli du coude. A cet endroit , existent quatre veines assez volumineuses, superficiellement placées et faciles à ouvrir; ce sont, de dedans en dehors, la* cubitale, la basilique, la médiane et la radiale. Celle-ci est située, tout à fait en dehors de la région antérieure de l'avant-bras; un tissu cellulaire abondant l'environne, et des filets nerveux multipliés', dont la situation varie à l'infini , forment autour d'elle des entrecroisemens dont il est impossible d'éviter sûrement la lésion. La médiane, oblique de haut en ba^> et de dehors en dedans, est plus apparente, plus volumineuse; mais des filets nerveux l'envirouneul; et , a sa partie la plus inférieure, à l'endroit où elle s'unit à la basilique , elle correspond h l'artère brachiale. La basilique, dans son trajet oblique de bas en haut, et de dehors en dedans, repose^ presque entièrement sur l'artère brachiale, dont un tissu cellulaire peu épais la sépare, et qui lui communique même ses mouvemens. Knfin , la cubitale, entourée de moins de nerfs, plus rapprochée du milieu du membre, et plus apparente que la radiale, est aussi plus facile a ouvrir, et n'expose pas au danger deblesser l'artère brachiale. Le chirurgien doit donc choisir celte dernière veine, toute les fois qu'elle semble assez volumineuse pour fournir la quantité de sang demandée; après elle, vient la médiane dont il convient cependant d'éviter la partie inférieure; la radiale ou céphalique présente à peu près les mêmes avantages; mais la basilique ne doit être ouverte que dans les cas d'absolue nécessité, et seulemcflt alors que î'hnbiludc a rendu celte opération familière.

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L'appareil, pour la saignée du bras, consiste en une lancette dont la pointe doit être d'autant plus acérée que le vaisseau est plus petit et plus profondément situé; une compresse carrée pliée en plusieurs doubles; une bande longue d'une aune et demie, déroulée ; un vase destiné à recevoir le sang ; des serviettes, de l'eau, du vinaigre ou d'autres substances odorantes dont on fait usage en cas de syncope. Si le sujet est fort on le fait assoir sur une chaise; dans le cas contraire, ou s'il s'agit de saigner une personne craintive, indocile, disposée aux défaillances, il convient de la laisser dans sou lit. Tout étant ensuite convenablement disposé, lechirurgieu doit examiner la dis-

Csition des veines entre lesquelles il a à choisir pour opérer, i situation de Tarière exige une attention spéciale; il faut sentir exactement ses pulsations , s'assurer qu elle rampe le long du côté interne du tendon du biceps, derrière la basilique, et qu'elle n'envoie aucun rameau dans les environs des autres veines. Chez les sujets dont l'artère brachiale se biffurque treshaut, la branche externe de ce vaisseau se trouve souveut en dehors, derrière la partie moyenne de la médiane, cl, par conséquent, exposée à être blessée. Une bande , servant de ligature , est ensuite placée à la partie inférieure du bras , à trois travers de doigts au dessus de l'endroit où l'on se propose de piquer le vaisseau. On applique sa partie moyenne au devant du membre; puis, portant les chefs en arrière, on les entrecroise, et on les ramène à la région externe, afin de les nouer

Ï>ar uu nœud à rosette simple. La ligature est assez serrée , orsque, sous son action, les veines se gonflent et se durcissent, en fnême temps que le pouls continue à se faire sentir au poignet. Trop lâche, elle laisserait le sang remonter, et ne l'accumulerait pas dans les vaisseaux ; trop serrée , elle empêcherait son abord dans le membre, et la saignée s'arrêterait brusquement aussitôt que celui dont les veines sont remplies serait sorti. Le degré de constriction de la ligature influe plus qu'on ne le pense généralement sur le succès de la saignée.

Lorsque les veines sont devenues apparentes , le chirurgien se place entre le corps du malade et le bras sur lequel il va opérer, c'est-à-dire à la partie interne de ce dernier. La lancette ouverte est placée dans sa bouche, le talon tourné du côte de la main

Î[ui doit la saisir; si c'est sur le bras droit que la saignée est aile, le membre étant étendu, le chirurgien en saisit l'extrémité entre la poitrine et le bras gauche, en même temps que la main de ce côlé embrasse et maintienl solidement la partie postérieure du coude, afin de prévenir ses mouvemeus et sa brusque flexion ; le pouce de celle main , demeuré libre, s'applique sur le vaisseau à ouvrir, et y retietit le sang , lorsque , après trois ou quatre frictions, dirigée.* de bas en haut avec le dos

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de la main droiîe, on a augmenté la quantité de ce liquide qui le remplissait; le pouce, ainsi placé un peu au dessous de l'endroit de la piqûre, prévient le roulement de la veine sous la pointe de la lancette, cl rend son ouverture plus assurée. Enliu,les doigts en dedans, et la paume de la main en dehors, doivent tendre transversalement la peau, tandis que le pouce, en la portant eu bas, achève de la rendre plus facile à diviser par l'instrument. La lancette est alors saisie entre le pouce et l'indicateur de la main droite, la châsse tournée en haut, et de manière à ce que la moitié environ de la lame dépasse les doigts; ceux-ci sont à demi fléchis , tandis que le médius, l'annulaire et le petit doigt, étendus, prennent un point d'appui contre la partie interne du membre , et assurent le mouvement de la main. La pointe de la lancette est eufin présentée aux parties, et doit être plongée obliquement de bas en haut jusque dans l'intérieur de la veine. Lorsque sa pointe y a pénétré, on relève l<- poignet et, avec lui , le tranchant supérieur de la lame, afin d'agrandir l'ouverture des tégumens, et de la rendre uu peu plus longue que celle du vaisseau. Ces deux temps de l'opération sont connus sous les noms de ponctioncl d'élévation. La veine étant ouverte, le sang jaillit aussitôt, et Ton en dirige le jet dans le vase préparé h cet effei. La lancette, fermée avec la main droite, doit être quittée, et cette main, devenue libre, sert a soutenir l'avant-bras que l'on fléchit légèrement pendant toute la durée de l'écoulement du sang. Afin de* rendre la sortie de celui-ci rapide, et le jet qu'il forme plus étendu , on place ordinairement dans la main du malade le lancetier, ou tout autre corps analogue, qu'il tourne entre ses doigts. Ce mouvement a plutôt pour effet de hâter la circulation dans le membre que de faire passer, ainsi qu'on le dit généralement, le sang dans les veines sous-culances qui l'environnent.

Les grosses veiuespcuvenlêtre incisées en long ; les moyennes doivent l'être obliquement , et les petites en travers. Lorsque , derrière le vaisseau, existe un organe important, il importe de n'enfoncer que très-peu la lancette, en la tenant presque couchée, et d'ouvrir la veine, comme le conseillent les auteurs, en labourant.

La quantité de sang , dont l'évacuation est réclamée par l'état du pujet étant sortie, ce qu'on estime ou par le noi'.ibre de soucoupes ou de poiletics que l'on a remplies, ou à l'œil, d'après l'habitude que l'on acquiert, lorsque le liquide a été reçu dans un plus grand vase, il convient d'ôter la ligature; le jet cesse aussitôt, et le pouce, placé au dessous de l'ouverture de la veine, arrête entièrement l'écoulement; on lave ensuite la partie , on l'essuie avec un linge sec, et, rapprochant les lèvres

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de la plaie, on la recouvre d'une mouche de taffetas gommé. Ce simple appareil suffirait pour prévenir la sortie nouvelle du sangj mais on y ajoute, pour plus de sûreté, une compresse et un bandage approprié ; l'avant-bras étant tenu avec la main droite dont les doigts appuient sur la compresse , tandis que le pouce est place en arrière, la bande est jetée sur le pli du coude, de telle sorte que le chef le plus court pende en dehors sur l'avant- bras , tandis que le reste passe obliquement sur la compresse pour gagner la partie inférieure du bras ; on la porte ensuite devrière le bras, en dehors, puis sur la compresse , et enfin derrière l'avant-bras, de manière à recoin» mencer ces jets obliques, et h les croiser au devant du coude y on réitère ces louçs de bande jusqu'à ce que celle-ci étant épuisée , on en arrête les extrémités avec une épingle ou en les nouant. Ce bandage doit n'être que très-médiocrement serré , et laisser h la circulation veineuse toute sa liberté; il convient que Je sujet laisse pendant douze à vingt-quatre heures son bras en repos ; après cette époque, les lèvres de la plaie sont presque toujours cicatrisées.

Toutes les manœuvres que nous venons de décrire doivent être exécutées avec les mains opposées, lorsque l'on saigne sur le bras gauche : alors la main gauche doit saisir la lancette, pratiquer l'incision, etc. La saignée est une des opérations qui exigeut le plus impérieusement que le sujet soit ambidextre.

Lorsque l'on se propose de réitérer la saignée dans les vingtquatre heures qui vont suivre la première évacuation, il convient de réunir moins exactement les lèvres de la plaie, de supprimer la mouche de taffetas gommé , et de recouvrir la compressecarrée, de cérat ou de tout autre corps gras qui, s'interposant entre les bords de la division, prévient leur agglutination immédiate. 11 est rare qu'avec ces précautions la ligature, étant replacée, le sang ne jaillisse pas de nouveau par la plaie, aussitôt que le plus léger effort est exercé pour en écarter les lèvres.

La saignée du bras csV celle a l'occasion de laquelle on rencontre le plus souvent les difficultés que comportent Jcs opérations de ce genre , et qui exposent au plus grand nombre des accidens dont elles peuvent être suivies. C'est donc à son occasion que ces accidens et ces difficultés doivent être spécialement décrits.

Lorsque les veines sont très-petites et inaperccvablcs , il importe d'y accumuler autant de sang que possible, afin de leur donner tout le développement dont elles sont susceptibles. Ainsi, la ligature sera placée avec le plus gi and soin : on fera plonger le bras dans Fcau chaude ; des frictions, seront pratiquées à la surface du mcmbte, et l'on provoquera

SAIGNÉE i57 la contraction des muscles qui le composent. Chez les sujets oh, malgré ces î.ioycns, les veiues ne peuvent êlie ouvertes au bras avec sûreté, il faut chercher à piquer une de celles qui entourent le poignet, ou qui rampent à la surface dorsale de la main. On trouve assez ordinairement au côté externe de la partie inférieure de l'avant-bras , une veine volumineuse dont les radicules viennent du pouce, de l'indicateur et du médius; elle forme le commencement de la radiale, et porte le nom de céphalique du pouce; elle ne présente que Pinconvéhient d'être entourée d'une multitude de ramifications nerveuses.

La mobilité extrême des veines superficielles que l'on observe , chez les sujets maigres, dont le tissu cellulaire est lâche et filamenteux, exige que le pouce de la main , destiné à soutenir le vaisseau , soit placé très-près de l'endroit où l'on va plonger l'instrument. Celui-ci doit être porté ?» peu près en travers, et enfoncé de manière à ce que, si le vaisseau roule, ce soit en avant, et qu'il ne puisse échapper au mouvement qui continue l'incision.

Les veines dont les parois ont été plusieurs fois divise'es, présentent à l'endroit des cicatrices , des inégalités et des rélrécissemens qu'il convient d'éviter, en ouvrant toujours le vaisseau au dessous de l'obstacle qui en résulte, ou en choisissant d'autres veines lorsque 1% disposition des parties le permet.

L'embonpoint du bras , assez considérable chez le plus grand nombre des femmes, uni au peu de volume des veines, constitue l'obstacle qui s'oppose le plus fréquemment à l'exécutioh de la saignée. Dans ce cas, le toucher, plus que la vue, doit guider le chirurgien. Alors même, en effet, que nulle saillie n'indique la- présence du vaisseau; alors que l'on ne découvre aucun de ces lignes bleuâtres , par lesquels s'annoncent Jcs canaux sanguins chez les femmes dont les tégumeos sont trèsminces, il est rare que le doigt, promené avec attention sur les points où les veines existent, ne les découvre pas. Elles se manifestentsous la forme de cordons arrondis, rénitens, faciles à distinguer au milieu du tissu cellulaire; la colonne de liquide qui les remplit se gonfle, et fait effort pour soulever le doigt qui les presse, ou lui transmet les vibrations qu'elle éprouve lorsque l'on ramène le sang de bas en haut, au moyen de légères frictions , ou que l'on percute la veine au dessous du point exploré. 11 est rare que ces caractères trompent le chirurgien exercé ; et la finesse que l'habitude communique au tact rend pour lui faciles les saignées qui , au premier abord, semblent ne pouvoir être exécutées, à raison de l'impossibilité de découvrir directement les vaisseaux. •

La pusillanimité des malades est souvent la cause d'acci-

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dcns ou de la non réussite de la saigue'e , en ce qu'elle leur fail exécuter des mouvemens involontaires par lesquels la lancette est écarle'c ou dérangée de sa roule. Dans ces cas, il faut, d'une part, se bien assurer du bras du sujet, et le tenir fortement; de l'autre , l'engager à porter les yeux du côte opposé , afin qu'il ne soit averti de la pratique de l'incision qu'à l'instant où elle est terminée. On peut aussi essayer de distraire son esprit en le fixant sur quelque sujet intéressant , comme on le fait avec tant d'avantage lorsque l'on pratique la réduction des luxations. ,

Enfin , l'interposition des paquets graisseux entre les lèvresde la plaie exige ou que l'on déprime ces petites tumeurs dan» les parties avec l'extrémité d'un stylet, ou qu'on les excise au moyen des ciseaux, ou que l'on agrandisse l'ouverture de» tégumens, ou enfin que l'on pratique ailleurs une saignée nouvelle.

C'est à ces obstacles qu'il faut attribuer, plus souvent qu'à l'inhabileté du chirurgien, les imperfections de la saignée. Ainsi, lorsque la veine a été manquée par l'instrument, et que l'on a fait, ainsi qu'on le dit, une saignée blanche , cela dépend quelquefois de l'erreur du praticien qui n'a pas exactement reconnu la situation du vaisseau; mais, plus souvent encore, ou de l'extrême profondeur à laquelle celui-ci est placé, ou de sa trop grande mobilité, ou des mouvemens inconsidérés du malade. Lorsque, après une ponction, en apparence bien dirigée, le sang ne paraît pas, il faut examiner de nouveau, avec attention, la situation delà veine. Quelquefois, trop profondément située, elle se fait sentir au fond de la plaie, ou même s'y décèle par sa couleur bleuâtre : on doit alors porter de nouveau l'instrument dans les parties, et faire en deux temps ce qui aurait pu être exécuté en un seul. Dans les cas où la veine a fui sous l'action de la lancette, il convient de s'assurer de quel côté de la plaie elle s'est portée, afin de l'y atteindre. En général , on évite les saignées blanches en ne piquant jamais au hasard, eu ne portant l'instrument dans les tissus qu'après s'être «positivement assuré de l'existence du vaisseau à l'endroit où l'on incise, et avoir pris toutes les précautions indiquées pour le fixer.

11 arrive quelquefois que le sang, après avoir jailli de la plaie, s'arrête tout à coup, et ne coule plus qu'en bavant le long de la peau du bras. Cette légère imperfection dépend quelquefois de ce que la ligature est trop serrée ou trop lâche. Dans le premier cas, le pouls ne se fait pas sentir, et il faut relâcher le lien; dans le second, il est aussi libre que si aucune contraction n'était exercée, et l'on doit resserrer la bande. Lorsqu'une syncope a suspendu ou ralenti le mouvement cir-

SAIGNÉE i5g

culaloirc, il faut, ou arrêter définitivement la saignée, ou, si la maladie exige absolument l'évacuation de plus de sanç, mettre le doigt sur la plaie, et ne laisser s'écouler le liquide que quand le sujet est entièrement ranimé. L'immobilité des muscles du bras en laissant la circulation du bras languir, peut aussi être une cause de la cessation du jet du sang; ou doit alors encourager le sujet a remuer les doigts, et à tourner le corps solide placé dans sa main. Enfin, il se peut que l'ouverture de la peau ait cessé d'être parallèle avec celle de la veine, et que le liquide, obligé de parcourir un trajet sinueux , ne parvienne que difficilement au dehors. On remédie à cette disposition en tirant les téguraens de manière à ce que le parallélisme se rétablisse.

Lorsque l'ouverture de la saignée est petite, relativement au volume de la veine, le jet de sang se montre plus roide, et se détache mieux que quand elle est étendue : cette circonstance s'explique facilement par la théorie du cours des liquides. Mais quelquefois l'ouverture est tellement resserrée que l'on ne peut en obtenir la quantité de sang désirée. Cela arrive surtout lorsqu'on s'est servi d'une lancette trop aiguë, et que le second temps de l'opération n'a pas été bien exécute'. Il est alors indispensable de reporter l'instrumentdans la plaie, et d'agrandir la plaie en haut, en incisant les parties de dedans en dehors.

Des accidens nombreux peuvent accompagner les saignées, même les mieux faites. Parmi eux, on doit placer au premier rang une douleur vive, intense, qui se propage le long du membre, persiste après l'opération, et dépend de la lésion de quelques filets nerveux placés au devant où sur les côtés du vaisseau ouvert. Les anciens attribuaient ce phénomène ii la piqûre des tendons, du périoste, ou des lames aponévrotiques; mais cette hypothèse est réfutée par les faits les mieux constatés de la physiologie moderne. Les applications émoilientes et narcotiques doivent être d'abord opposées à la douleur qui nous occupe, et suffisent presque toujours pour la faire cesser. Si elle persistait , cependant, et devenait la cause d'accidens graves, on serait obligé de porter de nouveau la lancette dans la plaie, afin d'agrandir celle-ci, et de rendre complète la section du cordon nerveux piqué. Celte légère opération doit. être préférée aux caustiques, dont nos prédécesseurs ont conseillé l'usage, et surtout a l'huile bouillante , qu'employa Ambroise Parc dans un cas semblable.

L'infiltration du sang dans le tissu cellulaire sous-culanc constitue l'ecchymose et le trombus, dont tous les auteurs ont parlé. Ce léger accident est le résultat ordinaire, soit du défaut de parallélisme entre l'ouverture du vaisseau et celle des

i6o SAIGNÉE

tcgumens, soit de l'étendue trop peu considérable de cette dernière, le sang sortant de la veine en plus grande quantité que ne le comporte la plaie extérieure. Une compresse trempée dans l'eau froide, et une compression un peu forte, suffisent pour hâter la résorption du liquide extravasé.

L'écoulement du sang après l'opération , et malgré la présence du bandage , dépend toujours , ou des elïors imprudens auxquels se livre le sujet , ou de ce que, les tours de bande étant trop serrés, surtout au dessus de la plaie ,# le retour du liquide vers le cœur est empêché. Replacer l'appareil d'une manière plus convenable, et recommander au sujet de maintenir son bras à demi fléchi et en repos , tels sont les moyens de remédier à cette hémorragie consécutive.

La blessure de l'artère brachiale est incontestablement l'accident le plus grave qui puisse résulter de la saignée "du bras. Nous osons assurer qu'en observant avec attention les règles indiquées plus haut, et en s' écartant des veines placées au devant de l'artère , on évite constamment les lésions de ce genre. On reconnaît que l'artère est ouverte, à la brusque sortie par la plaie d'un sang rouge et écumeux, qui forme un jet saccadé en rapport avec les mouvemens du pouls. Ce jet, loin de s'arrêter, devient plus fort par la compression exercée au dessous de la plaie; la pression exercée au dessus le fait tomber au contraire. Ces caractères doivent être présens à l'esprit du chirurgien , afin qu'il évite des méprises toujours désagréables et souvent dangereuses. Les* mouvemens communiqués à la veine ouverte par une artère sous-jacente, donnent quelquefois au jet une irrégularité qui, jointe à la couleur rouge du sang vers la fin de l'opération, pourrait en imposer , pour l'accident qui nous occupe. D'un autre côté, on a vu des chirurgiens, méconnaissant l'ouverture de l'artère, appliquer sur le bras l'appareil ordinairement employé, et laisser le 6ujcl exposé à une hémorragie grave. On a conseillé divers moyens

Ï>our tromper alors le malade et sauver l'amour-propre de 'opérateur j mats ces raénagemens puérils son indignes d'une âme élevée : lorsque l'on a eu le malheur d'ouvrir l'artère pendant la saignée, il faut recourir de suite, et sans hésitation, aux moyens les plus efficaces pour y remédier. Une compression provisoire sera d'abord exercée sur la plaie, et l'on s'occupera ensuite de préparer tout ce qui est nécessaire pour pratiquer sans retard la ligature du vaisseau. Poyez artère,

BRACHIAL et HÉMORRAGIE.

Les inflammations qui succèdent quelquefois à la saignée ont souvent leur siege dans le tissu veineux, et constituent des phlébites plus ou moins étendues et intenses. Chez d'autres sujets, elles sont de nature érysipclateusc ou érysi-

Saignée 161

pélato-phlegmoneuse. Sans contester qu'an instrumentémoussé ou imprégné de matières étrangères ne puisse déterminer ces accidens consécutifs, il est cependant démontré que Ton doit surtout attribuer leur développement à la disposition que certains sujets ont a l'inflammation : c'est ainsi que les sangsues , les ventouses et souvent même des causes beaucoup plus légères , sont suivies de l'apparition de phlogoses étendues et profondes. Dans tous les cas analogues, ces lésions réclament Je même traitement que si elles étaient nées dans d'autres circonstances. .

2°. La saignée du pied est celle que l'on pratique sur les veines saphènes, placées au voisinage des malléoles, ou, à leur défaut, sur quelques-unes des veines qui rampent à la face dorsale du pied. La saphène interne est la plus volumineuse et la plus apparente des deux. Ces vaisseaux sont toujours beaucoup plus mobiles que les veines du bras, à raison de Ja rareté du tissu cellulaire qui les enveloppe , et de l'absence de la graisse dans les mailles qu'il forme. Four exécuter la saignée du pied , il est presque toujours nécessaire d'avoir un vase rempli d'eau chaude, dans lequel on plonge le membre, afin d'augmenter le développement de ses vaisseaux. La ligature doit être d'abord placée soit au dessous du genou, soit, ce qui est préférable à trois travers de doigt au dessus des malléoles. Le chirurgien, assis devant le malade, s'étant assuré du gonflement des veines , place sur son genou , garni d'un drap plié en alèse, le talon du pied sur lequel il doit opérer, puis exécute l'ouverture de la veine, en suivant les règles établies plus haut. On doit se servir de la main droite pour ouvrir la saphène interne droite, ou l'externe gauche, et réciproquement. La veine étant ouverte , si le sang coule par un jet continu, on peut le recueillir dans un vase à la manière ordinaire; mais si sa sortie est lenle ou difficile, il convient de replonger le pied dans l'eau chaude, et de l'y laisser jusqu'à ce que la teinte du liquide , et l'étendue du temps écoulé annoncent que l'évacuation sanguine est portée assez loin ; alors la ligature doû'être ôtée, le pied replacé sur le genou et convenablement essuyé ; puis on couvre la plaie d'une compresse épaisse que soutient le bandage en étrier.

Les accidens sont moins communs après la saignée du pied, qu'à la suite de celle dubras. Cependant , l'ouverluredes saphènes, etsurtoul de la saphène interne , expose à la lésion des hlets nerveux de ce nom ; elle expose aussi h (a piqûre du périosteet au développement d'inflammation s intenses le long du membre. L'aponévrose mince et peu marquée qui recouvre la saphène interne , complique quelquefois d'étranglement l'inflammation

1 ii

i6i. SAIGNÉE

développée an tour de ce vaisseau , et doit alors être largement incisée; le reste du traitement ne diffère pas de celui que réclament toutes les autres inflammations.

3°. La saignée du cou est la plus fréquemment mise en usage après celles dont il vient d'être question. On la pratique sur les veines jugulaires externes , troncs assez volumineux qui recouvrent le muscle peaucier , et qui environnent les filets nombreux du plexus cervical superficiel. Ces veines sont presque toujours flasques, molles et affaissées; elles semblent trop larges pour la colonne de sang qui les parcourt, et ne se dessinent bien que pendant les efforts, les cris et toutes les actions qui, suspendant le mouvement respiratoire, gênent le retour du sang veineux. On choisit presque toujours pour les ouvrir la région moyenne du cou; afin de les rendre plus apparentes et plus faciles à ouvrir, on applique sur la partie inférieure de leur trajet, une compresse carrée très-épaisse, surmontée d'une bande dont les deux extrémités, ramenées en avant, et confiées à un aide , sont tirées de manière à comprimer le vais^ seau, en laissant libre la trachee-aricre ou le larynx. Ce moyen, aidé de mouvemens que l'on recommande au malade d'exécuter avec la mâchoire inférieure, occasioae presque toujours une distension assez considérable de la veine. Alors le chirurgien, assis ou debout à côté du malade, plonge la lancette dans le vaisseau , et le divise suivant une direction perpendiculaire à celle des fibres du muscle peaucier, c'est-a-dire , presque transversalement, et en même temps de bas en haut et d'avant en arrière. 11 est rare que le sang sorte alors par jet ; ordinairement il coule eu glissant sur la peau , et l'on est obligé de le recueillir sur une gouttière qui le conduit dans le vase destiné à le recevoir. Des mouvemens continuels de mastication , ainsi que des frictions exercées de haut en bas sur le cou, favorisent sa sortie, et le rendent plus abondant. Il s'arrête de lui-même aussitôt que la compression est enlevée , et il suffît d'une mouche 4e taffetas gommé pour réunir les lèvres de la plaie. Ou doit cependant recommander au malade de ne pas trop parler , et d'éviter tous les efforts susceptibles d'occasioner le gonflement des veines de la tête. 11 est très-rare que celte opération soit suivie d'accident.

Les saignées des autres veines, telles que celles du front, de l'angle de l'œil et de la langue, sont presque constamment remplacées par celle de la jugulaire. On conçoit cependant que, dans l'ophthalmie, l'ouverture de la veine placée au grand angle de l'œil agirait plus immédiatement sur cet organe, que celle du tronc dans lequel elle va se rendre comme toutes les autres branches qui entourent la tête.

SAIGNÉE 163 Janson a obtenu de bons effets de cette ouverture des veines dont les radicules naissent immédiatement des organes enflammés» Presque toujours elles sont gonflées et rendues apparentes par la grande quantité de sang que l'irritation appelle dans les parties irritées d'où elles proviennent, et leur ouverture agit à la manière des saignées locales. Ce procédé peut, en beaucoup de circonstances, remplacer avantageusement les sangsues, et rendre ainsi moins considérable la consommation déjà effrayante de ces animaux*

Le soulagement que fait souvent éprouver une hémorragie, les opinions théoriques, et notamment celles oui furent la conséquence de la découverte d* la circulation "du sang , ont donné l'idée de la saignée, et rendu cette opération aussi commune qu'on la voit de nos jours; mais, de tout temps, parmi les médecins et les malades , certains ont redouté la saignée au point de ne jamais la prescrire et de ne jamais s'y soumettre, tandis que d'autres l'ont regardée comme une panacée, et s'y sont soumis avec empressement même a litre de remède de précaution. Jadis on u beaucoup discuté sur les avantages et les inconvéniens de la saignée du pied et de celle du bras, sur le choix de la veine à piquer; aujourd'hui, les uns préfèrent la saignée par la lancette; les autres, la saignée

Sar les sangsues. Qu'y a-t-il donc de vrai, d'incontestable et e généralement adopté relativement a la saignée en général? C'est ce que nous allons rechercher.

Malgré les clameurs de quelques esprits mal instruits ou préoccupés, rien n'est plus avéré que l'utilité des émissions sanguines dans les inflammations, dans les hémorragies etmême dans les névroses. Le premier, le plus puissant des antiphlogistiques, est, sans contredit la soustraction d'une certaine quantité de sang. ,

On reproche aux émissions sanguines d'affaiblir le sujet , d'empêcher la résolution , de s'opposer aux évacuations, de troubler les crises, de favoriser l'etigorgement de l'organe, de provoquer la gangrène , d'entraîner l'hydropisie. Mais , pour guérir une inflammation , il est avantageux de diminuer les forces; et la preuve , s'il en faut, c'est qu'à la suite d'une inflammation guérie spontanément, le sujet est toujours affaibli. La résolution s'opère d'autant mieux, que l'on diminue la quantité du sang qui traverse l'organe enflammé , puisque ce liquide est le plus puUsaiit des excitans , et , si l'on peut s'exprimer ainsi , le soutien de l'inflammation. La résolution n'est rien autre chose que la diminution successive du mal ; par conséquent, pour l'obtenir , il importe de mettre en usage le moyen qui atténue le plus directement celui-ci. Par la même

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raison , on s'est trompé en reprochant aux émissions sanguines de causer l'engorgement de l'organe enflammé ; et d'ailleurs à qui persuaderat-on qu'en diminuant la masse du liquide circulant dans des canaux, on peut en augmenter la quantité sur un point ; cette assertion n'est vraie que dans une théorie qui n'est nullement en rapport avec celle de l'engorgement. Les évacuations ne sont prévenues par les émissions sanguines, que po« ce que celles-ci empêchent l'inflammation d'arriver au degré qui aurait provoqué ces évacuations, et alors quel inconvénient pourrait-il y avoir? Ne vaut-il pas mieux prévenir les crises en prévenant l'augmentation du mal , ou en guérissant celui-ci, qu'attendre les crises au risque de voir le mal augmenter et ne pas guérir? Quant à la gangrène, jamais les émissions sanguines ne la provoquent , à moins qu'elles ne soient portées outre mesure. Si jamais l'hydropisic a paru être l'effet des émissions sanguines, c'est que l'inflammation qui avait nécessité celles-ci n'avait pas été arrêtée dans sa marche , ou hien parce que le sujet étant disposé par cette inflammation et par saprédominenec lymphatique à l'hydropisie, des émissions sanguines trop abondantes ou trop répétées ont -corroboré cette disposition.

Aucun des reproches faits aux émissions sanguines n'est fondé , que lorsqu'on les dirige contre les évacuations de sang trop abondantes, provoquées après que l'inflammation a cessé, ou lorsqu'une inflammation peu intense, survenue chez un sujet d'une mauvaise constitution , est combattue par des saignées excessives. L'abus des meilleures choses est nuisible;* làut-il pour cela en proscrire l'usage ?

Toutes les fois qu'une émission sanguine est indiquée , il faut examiner les contre-indications s'il en existe, et peser les avantages et les inconveniens ; jamais on ne doit alors oublier le précepte de Stoll, que chaque fois que l'inflammation est compliquée d'une autre maladie , c'est surtout l'inflammation qu'il faut combattre.

Un fait certain, c'est que les émissions sanguines nuisent rarement même dans la période de froid des inflammations , qu'elles sont très-efficaces dans les progrès et l'état de l'inflammation, et qu'elles ne nuisent que lorsque la désorganisation aiguë ou chronique est à son comble; alors, en effet, elles hâtent l'issue funeste qui est d'ailleurs inévitable.

11 s'agit maintenant d'examiner les cas où il faut préférer la saignée, ceux qui exigent les sangsues, ceux dans lesquels il faut appliquer des ventouses scarifiées, et enfin les cas qui réclament de simples mouchetures ou de profondes incisions.

Toutes les fois qu'il s'agit de tirer en peu de temps une assez

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grande quantité de sang, d'opérer un vide considérable et subit, la phlébotomie est préférable. C'est avec raison que Barlhez a dit qu'il fallait y avoir recours dans beaucoup de cas, avant d'user des émissions sanguines locales.

Précisément parce que la phlébotomie lire beaucoup de sang et en peu de temps , c'est surtout à elle qu'on a reproché de produire tous les iuconvéniens dont nous venons de parler; il est certain que c'est le mode le plus puissant d'émission sanguine , et celui dont les iuconvéniens doivent être le plus prononcés. Cependant, on a beaucoup exagéré même ceux des saignées générales abondantes et souvent répétées.

L'artériotomic serait certainement la manière la plus efficace de diminuer la surexcitation du système circulatoire; mais on en use rarement, parce qu'elle est peu commode a pratiquer, parce qu'on n'y parvient pas toujours même avec de l'adresse ; ensuite à cause des inconvéniens de la compression nécessaire pour oblitérer le vaisseau et des petits anévrysmes, ainsi que des abcès qui en sont assez souvent les suites. On devrait rechercher s'il n'est pas à la face, par exemple, quelque rameau artériel qui puisse être plus facilement ouvert, et plus aisément fermé que l'artère temporale.

La phlébotomie de la jugulaire a l'avantage de dégager instantanément la tête; mais il faut que la saignée soit abondante, et que Ton place en même temps les pieds dans l'eau chaude, que l'on rubéfie les extrémités inférieures eu même temps que l'on ralîraîchit le derme, pour retirer de cette saignée tout l'avantage possible.

La phlébotomie du pied dégage très-bien la tête, produit souvent la syncope, et elle est par la souvent efficace ; mais la routine de nos jours empêche qu'on y ait recours aussi souvent que cela est nécessaire; on préfère pourtant à cette opération la saignée du bras et l'applicatiou des sangsues à l'anus ou aux tempes. Elle est de la plus haute importance dans les inflammations encéphaliques.

La phlébotomie du bras est celle que l'on pratique le plus communément sans qu'on sache trop pourquoi; il" est même singulier que l'on brave le danger redoutable de 4a piqûre de l'artère sans aucun avantage évident. Cependant , il est plusieurs praticiens qui non-seulement préfèrent cette saigiïée a toute autre, mais encore qui veulent que l'on saigne du coté affecté, quand la poitrine est enflammée. Rien ne justifie cette préférence si ce n'est dans le rhumatisme du bras ; encore reste*t-il à déterminer s'il n'y a pas plus d'avantage alors à tirer du sang au loin, plutôt que de la partie malade elle-même. Nous partageons l'opinion qu'il vaut mieux extraire le sang du bras dont les articulations sont enflammées.

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il convient de tirer du sang du membre sain , c'est qu'il importe de ne pas en ôter a celui dont les muscles ont déjà perdu l'excitation nerveuse.

Quelle quautité de sang doit- ou tirer par la veine ? à quoi bon une saignée surabondante? faut-il ouvrir largement la veine? quel danger dans une très-copieuse saignée? faut-il saigner jusqu'à défaillance? faut-il répéter souvent les saignées? les inflammations sont-elles les seules maladies dans lesquelles il faille saigner? doit-on le faire dans les vives douleurs , l'apoplexie , les paralysies , les hémorragies , la phthisie ?

Il est difficile d'établir sur tous ces poiuts des généralités* satisfaisantes, et surtout qui soient aisément et utilement applicables aux cas particuliers. Une saignée d'une palette n'est rien chez un adulte; il ue faut pas en tirer moins de deux ; trois est la quantité nécessaire dans le plus gwnd nombre des cas ; il faut souvent aller jusqu'à quatre pour peu que le sujet soit fort, rouge, gros, rousculeux.

Une saignée peu abondante est plus nuisible qu'utile , et c'est ainsi qu'il faut entendre ce qu'on a dit de la saignée en général dans les inflammations asthéniques, malignes , ataxiques, indépendamment des conditions où s'est trouvé le sujet jusqu'à l'invasion de la maladie. Une saignée copieuse n'a qu'un inconvénient passager, celui de produire une syncope1, de favoriser momentanément la concentration; mais, pour peu qu'on excite aussitôt le mouvement de la circonférence au centre par les boissons chaudes, les frictions , les applications excitantes, la chaleur, etc., l'équilibre se rétablit aux dépens du sang trop abondant de la partie euflamraée.

Quand on prévoit au'il faudra réitérer la saignée , il vaut mieux en tirer d'abord quatre palettes, puis deux , et revenir à trois si l'on est obligé de la renouveler encore.

11 est des sujets chez lesquels deux, trois saignées de quatre palettes en deux jours sont nécessaires pour abattre l'impétuosité du mouvement circulatoire, et surtout pour rendre au poumon la perméabilité au sang. C'est surtout dans les inflammations de cet organe que la saignée doit être large , abondante et répétée. Immédiatement après, sous ce rapport, vient l'utérus. 11 est impossible de déterminer jusqu'à quel nombre de saignées on peut aller dans une maladie; quatre, cinq, six, sept, huit, et même davantage sont parfois nécessaires, tant, chez beaucoup de sujets, le sang se répare avec promptitude, et la disposition inflammatoire est opiniâtre.

Quand on veut obtenir beaucoup de sang, il est toujours

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