‹ Dictionaire abrégé des sciences médicalesChapitre 17 sur 101 · SAISISSEMENT 1G · texte numérisé non relu

SAISISSEMENT 1G

avantageux d'ouvrir la veine et de choisir un vaisseau ample.

La saignée jusqu'à défaillance a compté de nombreux partisans ; divers praticiens ne craignent pas d'y avoir recours; elle est avantageuse quand, pour que la syncope arrive , il n'est pas nécessaire de tirer une très-grande quantité de sang. La syncope étaut véritablement utile , on peut la provoquer encore plus facilement en saignant le sujet debout ou assis sur une chaise. On pense bien que nous n'entendons pas que l'on se fasse un jeu de tirer du sang jusqu'à la syncope , ni de réitérer une pareille saignée; mais, d'un autre côté, la crainte de provoquer, de nouveau, cet état ne doit pas arrêter quand la saignée est indiquée.

La saignée n'est pas seulement le plus efficace des antiphloffistiques , c'est aussi le plus puissant des moyens qui calment les douleurs aiguës, même celles qui sont réputées les plus directement nerveuses. Elle calme, comme par enchantement, les convulsions. Dans l'apoplexie, la saignée est le seul moyen sur lequel on puisse compter, puisque , sans elle, il est bien rare que les révulsifs soient de quelque utilité, et c'est ainsi • qu'elle s'est montrée efficace contre la paralysie. On en a obtenu les plus heureux effets même dans les hydropisies. C'est le plus sûr moyen pour faire cesser l'hémoptysie et souvent les hémorragies utérines. Stoll n'a pas craint de dire que la saignée et les anliphlogistiqucs étaient seuls capables d'améliorer l'état des phthisiques; mais, dans ce cas, il faut être très-réservé sur les émissions sanguines générales.

Nous bornons ici ce que nous avions h dire des avantages de la saignée , de peur de voir renouveler contre nous les sarcasmes qui ont été dirigés contre Hecquet, Chirac et Sylva. Pour nous résumer : nous dirons que la saignée, pour peu qu'on l'applique avec quelque discernement, fait presque toujours beaucoup de bien et rarement du mal.

On a surtout accusé la saignée de rendre les convalescences interminables; il aurait fallu s'assurer que les malades qui présentent ces longues convalescences ne seraient pas morts en peu de jours si on ne les eût pas saignes , ce qui sans doute est économique et fort expéditii, mais très-peu philantropiqoe.

Voyez SCARIFICATION , SANGSUE et VENTOUSE.

SAIGNEMENT, s. m.,Jluxus sanguineus, hemoirhagia , effusion de sang par suite de l'ouverture d'une veine ou d'une artère, ou par exhalation, par transsudation de ce liquide. Voyez BÉMORRHAGiE. Saignernent de nez , voyez épistaxis.

SAISISSEMENT, s. m. ; sensation vive et subite , causée par line impression inattendue sur un de nos organes. Le saisissement va souvent jusqu'à faire éprouver une douleur intolé-

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rable à l'épigastre, au devant du cœur, au dessus de l'ombilic, dans l'intérieur du crâne, ou a la matrice, et telle que la syncope en soit la suite. D'autres fois, celle-ci a lieu immédiatement, sans douleur, et même sans conscience de l'impression qui cause le saisissement, alors non perçue, mais non moins nuisible. Voyez douleur et syncope.

SAISON , s. f.; anni tempus; nom donné à chacune des divisions qui partagent l'année en quatre parties inégales, dont les limites sont déterminées en apparence par le retour du soleil à certains points de la roule annuelle qu'il semble parcourir, et en réalité par celui de la terre à certains points d'intersection du cercle qu'elle décrit en tournant sur ellemême, avec celui qu'elle décrit en tournant autour du soleil. Le renouvellement des saisons tient donc à l'inclinaison constante de l'axe de la terre sur le plan de l'orbe annuel.

Les quatre saisons portent le nom de printemps, été, automne et hiver. Leur durée est inégale , à cause des variatious qui ont lieu annuellement dans la vitesse de la terre et sa distance du soleil. L'hiver est la moins longue de toutes; le printemps est pins court que l'été, et plus long que l'automne.

Les variations que subit l'influence du so leil sur la surface de la terre, en- raison des diverses positions de notre planète

5ar rapport à lui, déterminent les différences qu'on observe ans la longueur relative des jours et des nuits , ainsi que dans le degré de température, et donnent lieu aux diverses phases périodiques qu'offrent les corps organisés, notamment ceux qui appartiennent au règne végétal.

SALEP, s. m., nom commercial des tubercules d'orchis qu'on nous envoie de Perse. Ces tubercules exhalent, lorsqu'on les casse et qu?on les humecte un peu, une odeur hircine, qui est moindre dans l'état de siccité de la subslauce, mais qui se développe désagréablement par la cuisson , malgré la grande quantité de liquide nécessaire pour dissoudre cette dernière. Le salep indigène, qu'on a voulu substituer à celui de Perse, ne fournit pas autant de matière gélatineuse, à volume égale, et cette matière y est même d'une qualité inférieure. Les propriétés alimentaires et médicales de cette substance ne diffèrent point de celles de toutes les fécules.

SALICAlIlE, S. f. , lythrum; genre de plantes de la dodécandrie monogynie, L. , et de la famille des Ivthrées, J., qui a pour caractères : calice cylindrique, strié , muni a son limbe de douze dents, dont six alternes, plus courtes et quelquefois nulles y six pétales insérés sur le calice, ainsi que les étamines, qui sont disposées sur deux rangs; capsule oblongnc, recouverte par le calice, à deux loges, a deux valves,

quelquefois bifides au sommet, à placenta central ad né à chaque côté de la cloison , qui est opposée aux valves.

La salicaîre commune , lythrUm salicaria , est très-commune dans les lieux humides et sur les bords des rivières. Ses feuilles ,ont une saveur herbacée, un peu mucilagineuse et légèrement astringente. S'il est vrai qu'elles soient utiles dans la diarrhée et la dysenterie , comme l'ont prétendu Dehaen et Gardane , c'est à leurs propriétés raucilagineuses qu'elles doivent cet avantage. On les administre en poudre, à la dose d'un gros à quatre scrupules, deux fois par jour, et en décoction jusqu'à celle d'une demi-once. Du reste, on les a toujours peu employées, et on ne s'en sert presque plus aujourd'hui.

SALIFIABLE, adj.; nom donne par les chimistes a tonte substance qui a la propriété de se combiner avec les acides, de les saturer, et de donner ainsi naissance à des composés nouveaux qu'on appelle sels.

On divise les bases salifiables en trois grandes classes, d'après les trois règnes de la nature : la première renferme tous les oxides métalliques, la seconde tous les alcalis organiques, et la troisième l'ammoniaque seulement.

SALIN, adj. et s. m., salinacius; qui contient du sel, ou qui a la nature du sel. On dit d'une substance qu'elle a le caractère salin, lorsqu'elle résulte de la combinaison d'un acide avec uu oxide ou avec l'ammoniaque ; et d'une eau, qu'elle est saline, quand elle contient en dissolution assez de sels neutres pour exercer, sur l'économie animale, une action marquée qui se caractérise presque toujours par un effet purgatif. On appelle aussi salin le produit desséché de l'évaporation des lessives de cendres de bois brûlé,. pour en extraire la potasse.

SALIVAIRE, adj. , salivaris; qui a rapport à la salive.

Les glandes salivaires, ou les organes destinés à sécréter la salive, sont les parotides , les sous-maxillaires , et les sublinguales.

On donne le nom de calculs salivaires à des concrétions formées de phosphate calcaire, qu'on rencontre quelquefois dans le canal de Sténon , dans ses radicules, dans l'épaisseur même de la parotide, dans les conduits de la glande sublinguale, mais plus souvent dans les conduits de la glande maxillaire. On a vu de ces calculs qui avaient atteint le volume d'un noyau d'olive, et même celui d'un œuf de pigeon. En général, cependant, leur grosseur ne dépasse guère celle d'un grain de millet, et reste même au dessous. La distension qu'ils occasioncnl dans le canal, surtout lorsqu'ils sont volumineux, devient souvent une cause de douleurs assez

vives. Quelquefois ils déterminent une augmentation considérable dé la sécrétion salivaire, une salivation abondante, une fièvre violente, et même rengorgeaient des glandes correspondantes. Mais, en général, ils ne donnent pas lieu fc.de graves accidens. 11 est très-facile de conslater leur présence, et aussi de les extraire. Tantôt la dilatation de l'orifice du canal suffit , et tantôt il faut inciser légèrement les bords de l'orifice. Le passage étant devenir libre, on saisit le calcul avec une pince, et on en pratique l'extraction. Le canal revient ensuite a ses dimensions naturelles; mais il n'est pas rare <jue la maladie récidive au bout de quelque temps.

Ces calculs, de même que les corps étrangers qui pénètrent quelquefois de la bouche dans le canal parolidien, et les tumeurs susceptibles de comprimer ce conduit de dehors en dedans . sont autant de causes qui gênent quelquefois le cours du liquide excrété, et déterminent la formation de tumeurs salivaires h la joue. Le canal de Stenon, incessamment dilate' derrière l'obstacle, s'élargit et peut se rompre de manière a donner lieu a la fistule. Dubois a observé sur un jeune sujet trois abcès successivement formés de celle manière a la joue. Une fistule s'établit à la suite du dernier , et le conduit de la parotide ayant été sondé , on y reconnut la présence d'une petite arête de poisson, dont l'extraction permit à l'ouverture anomale de se guérir. Dans les occasions de ce genre, l'indication carative consiste à combatre la cause de l'obstruction , afin de rétablir la liberté du cours de la salive. Ainsi, les corps étrangers seront repoussés vers l'orifice du conduit, ou extraits par l'intérieur de la joue. Les tumeurs fibreuses devront être attaquées par la même voie, si leur situation le permet. Dans les autres cas , ou pratiquera une incision à la peau, et, durant la dissection, on apportera le plus grand soin à ne pas dénuder le prolongement antérieur de la glande, ou à ménager le canal qui en part.

Il a déjà été question de l'écoulement anormal de la salive, produit par les plaies ou les ulcères de la glande parotide; il ne nous reste plus à traiter que des fistules salivaires du conduit excréicar de cette glande. Presque toujours déterminées par des plaies de joues , dans lesquelles le canal de Stenon a été blessé, les ouvertures de ce genre peuvent être aussi le résultat de contusions violentes, de gangrènes profondes, et quelquefois, ainsi que Nack et Ferrand en rapportent des exemples, par des inflammations phlegmoneuses et des abcès qui succèdent aux caries fies dents.

î^cs fistules salivaires du conduit de Stenon sont assez faciles à reconnaître : leur situation sur le trajet du conduit blessé,

l'écoulement continuel d'un liquide visqueux et limpide, dont la quantité augmente durant la mastication et l'exercice de la parole, sont autant de circonstances qui ne permettent pas de méconnaître la nature de la maladie. On la distingue des fistules pàrotidienncs, eu ce que celles-ci sont situées plus en arrière, au voisinage de l'oreille, et qu'elles fournissent de moindres quantités de liquide. Cependant, quelques fistules, placées près de l'origine du canal, vers le bord postérieur du muscle masse ter, peuvent être d'autant plus aisément confondues avec elles, que souvent aussi il ne s'en écoule que la moindre partie de la salive j mais alors le calhétérisme lève ordinairement tous les doutes , et le stylet , porté de la bouche à la fistule , ou de l'orifice de celle-ci jusque dans la cavité buccale, permet de constater positivement la lésion du canal.

Les procédés employés pour la guérisondes fistules saîivaires de la joue sont la cautérisation de l'ouverture anormale, la dilatation delà partie antérieure du conduit, la compression de la glande, et la pratique d'une fistule interne que l'on substitue à l'externe.

La cautérisation , d'abord blâmée, puis conseillée par Louis, ne peut réussir que dans les cas où la partie antérieure du canal est parfaitement libre, et lorsque le fistule ne donne issue qu'à une faible quantité de salive. Alors il est permis d'espérer qu'un caustique sec, susceptible de former à l'extérieur une escarre solide et long-temps persistante, pourra opposer à l'écoulement une digue assez puissante pour forcer le liquide à passer par les voies uaturelles , et donner lieu a une bonne cicatrice. Ce but est rarement atteint. Chez le plus grand nombre des sujets , les cautérisations successives agrandissent inutilement la plaie , et la salive reparaît à la chute des escarres, lors même qu'elle ne les ramollit pas , et ne détermine point leur séparation précipitée. La pierre infernale ou une pâte composée avec le sublimé corrosif, la croûte de pain pulvérisée et l'eau de guimauve, sont les caustiques dont ou fait alors le plus généralement usage. On doit placer nue fort petite quantité de cette pâte sur l'ouverture fistuleuse , et soutenir ensuite l'escarre au moyen de compresses épaisses , et d'un bandage qui s'oppose auxmouvemens étendus de la mâchoire. L'usage des al i mens solides et l'exercice de la parole seront interdits au malade pendant les dix on quinze premiers jours, afin de donner aux parties intérieures le temps de se cicatriser, sans que l'afflux de la salive y mette obstacle. Dieraerbroek , Nuck, et plus récemment Louis, Ferrand, Jourdain, Lallemand et Désormeaux de Tours ont cité des exemples à l'appui de ce moyen, qui ne doit être ni complètement rejeté, ni indistinctement appliqué à tous les cas.

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Loais et Morand se sont disputé l'honneur devoir inventé le procédé qui consiste à désobstruer ou à dilater la partie antérieure du canal parotidien. Cette opération exige le caihétérisrae préalable du conduit ouvert. Pour cela, la joue étant écartée des dents, et légèrement renversée en dehors, on porte dans L'orifice buccal du canal de Stenon l'extrémité d'un stylet aiguillé très-fin, comme celui d'Anel. Afin de faciliter sa pénétration, le doigt indicateur porté profondément tend la joue, et redresse ainsi le coude formé par le conduit parotidien, à l'instant où il traverse les fibres du muscle buccinateur. Cet obstacle étant franchi, la soude s'avance assez aisément jusqu'au voisinage de la fistule, à travers laquelle son extrémité sort quelquefois difficilement, a raison soit du peu d'étendue de l'érosion du canal , soit du défaut de coïncidence parfaite entre son ouverture et celle de la peau. Lorsque cependant elle paraît au dehors, on la saisit, et, achevant de retirer l'instrument, on entraîne dans le trajet qu'il a parcouru un fil solide dont on l'a d'abord armé. Un petit sélon , composé de deux brins de soie, est fixé le lendemain à l'extrémité du fil qui correspond a la fistule, et entraîné par lui dans le canal. On renouvelle chaque jour ce corps étranger, en augmentant graduellement son volume jusqu'à ce qu'enfin il ait ramené le conduit parotidien à son calibre normal , ou que même il lui ait communiqué un plus haut degré de dilatation. Lorsque cet effet est obtenu , on doit , suivant le conseil de Louis, conserver le sélon sans le renouveler jusqu'à ce que la cicatrice soit parvenue jusqu'autour du fil qui le soutient à l'extérieur. Arrivé à ce point, on coupe le fil lui-même au niveau de la peau, puis, tirant le séton de quelques lignes encore dans le canal, on permet à l'ouverture fistuleuse de se fermer entièrement. Le caustique, la compression , le silence et l'abstinence des alimens contribuent alors puissamment à hâter la guérison. Lorsque la laxité des parois du canal parotidien s'oppose à la marche du séton de l'extérieur vers la bouche, on doit y remédier en le tendant avec deux doigts portés à la fois autour de la joue, et qui , soulevant celte partie, la tirent du côté de l'oreille.

La dilatation est rarement employée; elle reste dans beaucoup de cas, insuffisante, ou lesguérisons qu'elle procure sont imparfaites et peu durables. Lorsque la partie antérieure du canal est le siège de phlegmasies qui ont diminué sa capacité, les dilatations n'ont presque jamais qu'un effet passager, et il faut recourir à des méthodes plus assurées.

La compression exercée sur le canal parotidien n'a d'autre effet, en la supposant portée très-loin, que de suspendre le passage de la salive, et de favoriser ainsi l'action des moyens

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directs, employés pour cicatriser la fistule. Lorsque Ton réfléchit h la densité des parois du conduit de Stcnon, à sa mobilité, à l'abondance du tissu cellulaire qui l'environne, au peu de solidité et de fixité du plan sur lequel il passe, ou conçoit combien il est difficile de le comprimer exactement pendant quinze à vingt jours, ainsi que le fit cependant avec succès Maisonneuve. Aussi ce moyen ne doit-il être considéré que comme un accessoire utilement ajouté aux autres procédés.

Desault, le premier et peut-être le seul de tous les prati- , ciens , tenta , en atrophiant la glande parotide , de tarir la source des fistules salivaires, et de procurer leur cicatrisation; mais il n'est pas vraisemblable qu'un tel but puisse être atteint : il faudrait une compression énorme et prolongée pendant fort longtemps pour anéantir en quelque sorte la glande parotide, et encore plusieurs portions de cet organe sur lesquelles il serait toujours impossible d'agir, conserveraient inévitablement leurs fonctions, et entretiendraient encore l'écoulement anormal. Tout porte à croire que, dans le cas rapporté par Desault, la compression a seulement suspendu la sécrétion salivaire , fermé temporairement les origines du canal excréteur , et donné ainsi le temps à la cicatrice de se former. Divers bandages mécaniques ont été imaginés pour exécuter celte compression ; mais les cas où ils peuvent être utiles sont si rares que leur description, consiguée dans les Mémoires de l'Académie royale de chirurgie, ne mérite pas d'être reproduite ici.

La dernière et la plus sûre des opérations opposées aux fistules salivaires de la' joue , consiste à remplacer par une ouverture anormale interne la plaie extérieure qui fournit l'écoulement. Leroy qui employa d'abord ce procédé , l'exécuta au moyen d'un fer rouge porté dans la fistule, et plongé d'arrière en avant et de dehors en dedans à travers toute l'épaisseur de la joue. Monro souleva et tendit la joue avec deux doigts portés dans la bouche; puis, avec une grosse alêne de cordonnier, ïl perfora cette partie, suivant une direction oblique en avant, en bas et en dedans; un cordon de soie, laissé dans la plaie, et dont les deux bouts étaient liés ensemble près de la commissure des lèvres , servit à établir solidement la nouvelle route ; on le supprima ensuite, et la plaie extérieure fut prornp- 1 tement cicatrisée. Duphénix se servit d'un moyen différent. Au lieu du cautère actuel de Leroy, ce chirurgien fit usage du bistouri, puis il plaça, dans la moitié interne de la plaie , une canule destinée à prévenir sa réunion, et à conduire la salive dans la bouche jusqu'à l'entière cicatrisation de la solution de coplinuité extérieure. Celle-ci ayant été avivée par l'excision de ses bords fut réunie au moyen de la suture; et,

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après sa guérison, il devint facile d'extraire le conducteur étranger par l'intérieur de Ja bouche. Bell , Siebold et Cheselden avaient recommande' le procédé de Monio. Desault fit usage d'un trois-quarts à hydrocèle. La canule de cet instrument servit à passer un fil dans la plaie, et ce fil à entraîner de dedans en dehors une mèche de charpie dont on augmenta chaque jour le volume, en ne le faisant porter que sur Ta moitié interne de l'épaisseur de la joue , la peau n'étant traversée que parle fil. Le quarantième jour, le sé ton fut supprimé , et le cinquantième , le fil qu'on avait laissé dans la plaie ayant été enlevé à son tour, la cicatrice s'opéra.

Dans un cas qui avait résisté à tous les moyens indiqués jusqu'ici, Déguise imagina de percer la joue à deux endroits, cl de passer clans cette double ouverture un fil de plomb recourbé, dont les deux extrémités étaient dans la bouche, et dont la partie moyenne et convexe, cachée dans l'épaisseur de la joue, correspondait à l'en droit même de la fistule. Un petit trois-quarts servit à exécuter cette opération. La joue fut traversée d'abord d'arrière en avant, puis d'avant en arrière, et les deux extrémités du fil, tordues sur elles-mêmes dans la bouche, ne purent éprouver de déplacement. La plaie extérieure ayant été réunie se cicatrisa, et quelque temps après le fil put être extrait sans que la guérison se démentît.

Cette opération présente l'inconvénient d'une plaie en sens opposé de la direction du canal salivaire , et qui devient inutile pour la guérison , tandis que l'autre ouverture, dirigée en avant, peut seule servir a l'écoulement de la salive dans la bouche. Afin de remédier à ce désavantage, Percy voulait que l'on ne fît à la joue qu'une seule ouverture, et que l'extrémité extérieure du fil de plomb fût enfoncée dans la partie postérieure du canal, jusqu'à ce que la cicatrisation de la fistule externe permît de le retirer. Une légère compresse suffit, suivant lui, pour maintenir le fil en place, et plusieurs succès ont couronné ce procédé. Béclard a employé le procédé de Déguise avec succès sur plusieurs malades, mais avec celte modification que les deux ouvertures faites par le trois-quarts furent dirigées dans le sens du conduit normal , et qu'on laissa le fil de plomb en place jusqu'à ce que, divisant le parlies comprises dans l'anse qu'il formait, il tombât dans la bouche, et réunît en un seul les deux canaux de la fistule interne. Ce moyen est le plus simple, et, suivant toute apparence, le plus efficace de tous ceux qui ont été imaginés.

SALIVATION, s. f., ptyalismus ; sécrétion de salive plus abondante que celle qui est nécessaire aux besoins de la parole, de la mastication et de la déglutition. On donne plus particu-

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lièrement ce nom, ou celui de plyalisme, aux cas dans lesquels la surabondance de la salive est excessive, et constitue un étal véritablement morbide.

La salive peut couler en plus grande quantité qu'a l'ordinaire sous l'influence d'une multitude d'excitaiioui intei-nes ou externes , sans que ce phénomène constitue un état pathologique; c'est ce qui a lieu quand la vue ou le désir des alimens stimule l'appétit, eu quand une substance irritante agit sur la paroi interne de la bouche ; mais alors le flux sali* vaire est toujours momentané. Il n'en est pas ainsi dans d'autres circonstances, quand il tient à une vive irritation fixée sur les glandes salivaires, où elle a été excitée par l'action sur l'économie de certaines substances, telles, par exemple, que la pyrètbre, les préparations d'or , et surtout les différens composés mercuriels. La salivation forme alors une véritable maladie , ou plutôt le symptôme le plus saillant d'une affection de la membrane muqueuse orale et des glandes qui y versent le produit de leur sécrétion.

La salivation déterminée par le mercure est celle dont on connaît le mieux les phénomènes , parce qu'elle 6e déclare souvent sans qu'on ait l'intention de l'exciter, et parce qu'on l'a, pendaut long -temps, provoquée h dessein, dans la persuasion où l'on était que .nulle autre méthode de traitement ne pouvait lui être comparée contre les maladies vénériennes. Lorsqu'elle commence , le malade éprouve un sentiment général de chaleur dans la bouche; les gencives se tuméfient; elles deviennent douloureuses, et blafardes, excepté vers le collet des dents, où elles sont rougeàtres; la langue et l'intérieur des joues s'enflamment , se boursoufflent, et il y a un besoin continuel de cracher; l'haleine acquiert une odeur fétide. Si la maladie fait des progrès ultérieurs, la tuméfaction de toutes les parties augmente, et la langue acquiert parfois un volume si considérable qu'elle ne peut plus être contenue dans la bouche, d'où elle sort de la longueur de quelques pouces. La matière que le malade rend par la bouche est épaisse et filante, ce qui annonce qu'elle est composée en grande partie de mucus sécrété en plus grande abondance par les follicules mucipares ; les gencives saignent au moindre contact, et commencent a s'ulcérer autour des dents, dont elles se détachent avec facilité. Ces dernières se couvrent, ainsi que la langue, d'un enduit jaunâtre , fort épais et très-fétide; bientôt le pouls devient fréquent et la tête douloureuse; l'appétit et les forces diminuent; le sommeil disparaît; le gonflement , qui gagne Tarrière-gorge, prend un accroissement et que le malade ne peut quelquefois ni entendre, ni parler, ni avaler. Toute la niem-

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branc muqueuse qui tapisse les gencives, les joues et la langue { se couvrent d'ulcères, d'où découle une suppuration sanieuse -, et qui sont accompagnées d'une douleur insupportable quand le malade parle, crache et avale. Ces ulcères font toujours des progrès ; ils se compliquent souvent de larges escarres gangreneuses etde nécroses des bords alvéolaires, ou même de portions considérables des deux mâchoires ; les dents s'ébranlent et tombent, et le malade marche à grands pas vers un état de marasme dont il devient difficile de le tirer. Ce marasme est la suite nécessaire de l'insomnie opiniâtre, de l'abstinence forcée, de l'intensité des douleurs , ae la perte excessive de salive qui s'élève ordinairement à quatre ou cinq livres et même plus par jour , enfin de l'ébranlement profond du moral.

Il est bien reconnu aujoun l'hui que la salivation est inutile pour la guérison des maladies vénériennes -t aussi n'épargne-t-on rien afin de la prévenir.

Trois méthodes principales ont été conseillées pour s'opposer à son développement. Elles consistent à mêler certaines substances avec le mercure , à préparer le malade avant de lui administrer ce métal , et à proportionner la dose de ce dernier d'après la susceptibilité du sujet. La première n'est d'aucune efficacité; l'expérience a montré que le camphre et le soufre, mêlés aux préparations mercurielles, notamment à l'onguent napolitain , étaient insuffisans pour prévenir la salivation, de manière qu'on y a généralement renoncé. La seconde n'est point à négliger, puisqu'elle a pour but de combattre les prédispositions, d'apaiser les irritations dont le canal alimentaire pourrait déjà être le siège, et que le mercure ne manquerait pas d'exaspérer; mais elle manque souvent son effet. La plus sûre de toutes est donc la troisième, qui consiste à observer attentivement les effets du mercure sur l'économie, à le suspendre dès qu'il irrite trop,etàne pas le prescrire machinalement aux mêmes doses et de la même manière chez tous les sujets. Quand on suit cette méthode , la salivation s'établit rarement, ou du moins si elle survient, elle ne s'élève jamais à un haut degré d'intensité.

Dès qu'elle se déclare', on doit donc cesser l'emploi du ruercure , et soumettre le malade à un traitement émollient. Les gargarismes toniques et astringeus qu'on a conseillés ne sont propres qu'à accroître les accideus. Le repos, l'abstinence, les délayans, les bains, parfois la saiguée , tels sont les moyens sur lesquels on doit compter, et qui ne manquent jamais leur effet. Si la salivation est très-intense, ce sont encore ëux qui présentent le plus de chances de succès. Les purgatifs qu'on a tant préconisés , et qui sont devenus un remède presque bannal,

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réussissent bien quelquefois, mais le plus souvent l'irritation, provoquée par eux, ne fait qu'agraver celle qui existait déjà. Les vésicatoires ne sont pas non plus à dédaigner , mais demandent toutefois a n'être mis en usage qu'avec circonspection , et ne conviennent point chez les sujets très-irritables. Que dire maintenant de tous les moyens qu'on a vantés d'après le préjugé qui, faisant attribuer la salivation à l'action du mercure en substance sur les organes salivaires, a suggéré l'idée de le neutraliser dans le corps par de nouvelles combinaisons? Le soufre, le sulfure de chaux, le sulfure de magnésie, le sousacétate de plomb liquide, ont été tour a tour employés dans cette intention, et abandonnés comme inutiles ou même nuisibles. Sous l'empire de ces moyens, tous plus ou moins irritans, 3a salivation s'accroît souvent, ou tout au moins se prolonge indéfiniment. Ceux qui les ont proposés oubliaient que les malades étaient des êtres vivans, et les maladies des réactions de l'organisme. Ici, comme partout ailleurs, c'est contre l'étal pathologique qu'il faut diriger les secours de l'art. En apaisant la plilogose par les antiphlogistiques, aidés parfois des dérivatifs, variés avec prudence, on parvient sûrement à arrêter la salivation , et à procurer assez prompte m; n i la cicatrisation des ulcères qui l'accompagnent presque toujours.

SALIVE, s. f., saliva; liquide qui humecte continuellement la bouche, et coule surtout en abondance pendant la mastication.

La salive est limpide, sans odeur, sans saveur, un peu plus pesante que l'eau, et visqueuse, ce qui fait qu'elle devient écumeuse quand on l'agite. Elle se compose de la réunion des divers fluides fournis par les six glandes salivaires, et par les glandes malaires, buccales, palatines, linguales et labiales. Les fluides que sécrètent tous ces organes ne se ressemblent pas. Celui des petites glandes muciparcs est visqueux, tandis que celui des glandes salivaires proprement dites est plus coulant. Kibes conjecture même que ces dernières donnent chacune une humeur différente. Aussi pense-t-il que Pou devrait s'occuper de nouvelles recherches sur la structure intime de tous ces organes, et d'une analyse nouvelle du liquide fourni par chacun d'eux. Ce travail offrirait certainement un grand intérêt.

La quantité de salive qui se sécrète dans le cours de la journée est très -considérable, mais on ne peut pas l'évaluer d'une manière même approximative. D'ailleurs, elle varie singulièrement suivant un grand nombre de circonstances relatives h Page, a la coustitution , au climat, a l'état de l'atmosphère, à l'époque du jour, à Piuflucnce de certains organes, notam-

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ment le cerveau et l'estomac, à l'action de certaines substances sur les parois de la bouche , etc.

Ce liquide est compose , suivant Bcrzelius, de 991,9 d'eau , 1,9 d'une matière animale particulière. 1,4 de mucus, 1,7 • d'hydrochlorates alcalins, 0,9 de Iactate de soude et de matière animale, et 0,2 de soude.

11 a pour usage d'imbiber les alimens pendant l'acte de la mastication, et probablement de leur imprimer un premier degré d'élaboration qui les dispose a êtee plus facilement attaques par l'action de l'estomac. C'est aussi par son moyen que les corps savoureux font impression sur l'organe du goût. On doit donc le regarder comme uue des humeurs les plus utiles de l'économie, et ce n'est jamais sans inconvénient qu'on le dissipe en pure perte. Les irritations chroniques de l'estomac sont la suite la plus ordinaire de la mauvaise habitude contractée de cracher trop souvent.

On a tenté d'appliquer la salive aux usages de la médecine. Depuis fort long-temps on l'emploie à l'extérieur comme un excellent détersif et résolutif. Mais on a beaucoup exagéré son utilité, qui se borne à celle qu'on doit attendre de tout liquide émollient.

La salive subit diverses altérations dans les maladies. Ces altérations, très-peu connues jusqu'à présent, sont relatives à sa quantité et à ses qualités : lorsqu'elle coule en trop grande abondance, elle constitue la maladie qu'on désigne sous le nom de salivation. Si , au contraire, sa quantité est diminuée de beaucoup, il en résulte diminution du goût, difficulté de la déglutition, et imperfection de la digestion. Il est probable que, dans tous ces cas, sa composition éprouve des ehungemens notables, correspondant à ceux qui ont lieu dans tous les organes chargés de contribuer en commun à la sécrétion.

SALSEPAREILLE, s. f., smilax; genre de plantes de la dioécic hexandrie, L, et de la famille des smilucées, qui a pour caractères : sexes séparés sur des pieds différens; fleurs mâles munies d'un calice en cloche, coloré, divisé très-profondément en six segmens ouverts, et renfermant six élamines, 8*us corolle: fleurs femelles avant un calice semblable, cauaque, qui entoure un germe ovale, surmonté de trois petits styles, à stigmates oblongs et réfléchis ; baie ronde, disperme.

Parmi les nombreuses espèces de ce genre, on distingue la salsepareille officinale, snrilax sarsaparilla, plante vivace qui croît au Pérou et au Brésil. On n'est pas certain que la salsepareille employée en médecine soit la racine de ce seul végétal, et il se pourrait très-bien qu'on y joignît, dans le pays, plusieurs autres espèces du même genre, comme il ne serait

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peut-être pas impossible de la remplacer par celle d'Europe , notamment par le smilax aspera, qui croît en Provence et en Gorse.

Quoi qu'il en soit , on distingue dans le commerce plusieurs sortes ou variétés de salsepareille : i° la salsepareille au Portugal, la plus chère et la plus eslimée, qui vient des établissemens Portugais de Para et de Marauham ; elle nous arrive en bottes longues de six à huit pieds, sur environ deux de tour, formées de racines entrelacées, grosses comme des plumes à écrire, pliantes, cannelées sur leur longueur, a écorce mince, et ordinairement privées de souche et de chevelure fibreuse; elle est rougeâtre ou d'un brun noirâtre à l'extérieur, et paraît blanche et farineuse à l'intérieur, quand on la coupe longitudinalement; elle n'a pas d'odeur, mais sa saveur est un peu amère : 2° la salsepareille de Honduras, qui vient de la baie du même nom et d'autres lieux adjacens ; son écorce est d'un brun s.de et quelquefois blanchâtre ; elle est garnie de ses souches, plus fibreuse que celle de Portugal, et possède plus de moelle dans l'écorce : 3# la salsepareille rouge) qui a la forme générale de la précédente. Comme elle, elle est garnie de ses souches, longue de six à sept pieds, raide et comprimée par la dessiccation ; mais elle est plus grêle et entièrement privée de terre. Elle se fend avec une grande facilité, et sans avoir besoin d'être ramollie par son exposition à l'humidité. L'épiderme est généralement d'un rouge orangé, mais souvent aussi il est d'un gris rougeâtre ou blanchâtre. L'écorce, moins nourrie que dans la salsepareille de Honduras, est quelquefois humide; alors elle paraît remplie d'un suc visqueux. Sa partie charnue est blanche. Lorsqu'on fait macérer celle salsepareille dans l'eau, l'épiderme se divise, et prend une couleur rouge ou rose ; la partie charnue se gonfle , devient blanche et demitransparente ; en la louchant avec la teinture d'iode, elle devient bleue. Cette variété arrive ordinairement mêlée en petite quantité dans les balles de Honduras. Quoiqu'elle soit peu eslimée et presque sans valeur, Guibourt pense qu'elle mérite la préférence sur toutes les autres variélés pour l'usage médicinal, parce qu'elle a une saveur bien plus forle, plus amère et plus aromatique, et une odeur plus marquée, que le froissement suffit pour rendre sensible. C'est aussi l'opinion de Pope, qui a reconnu qu'elle donne beaucoup plus de malière extractive.

Palolta a découvert dans ce végétal un nouvel alcali, qu'il désigne sous le nom de parigline, et qui est blanc, pulvérulent, inaltérable à l'air atmosphérique, d'une saveur amère, très-austère, peu aslringent et nauséeux, d'une odeur par-

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