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1er, ou une plasticité plus forte, une pesanleur spécifique moins considérable (1,049), et moins de capacité pour le calorique. Sa température est d'environ 32 degrés R.
Lorsqu'on examine le sang dans ses vaisseaux, a l'aide d'un verre grossissant , on aperçoit une quantité innombrable de petites molécules arrondies qui nagent dans un liquide séreux, et roulent les unes sur les autres. Ces globules, dont la décou* verte est due à Malpighi, existent dans le sang de tous les animaux. Prévost et Dumas ont reconnu que leur apparence et leur diamètre sont les mêmes au dedans et hors des vaisseaux, qu'ils ne sont pas doués d'un mouvement de rotaiion sur leur centre, comme l'avaient cru quelques observateurs, et qu'ils suivent tout simplement la direction du sang. Ces globales sont arrondis, aplatis, et composés d'uu noyau central reufermé dans un sac membraneux. Prévost et Dumas leur ont constamment trouvé un diamèlre d'un cent cinquantième de millimètre, sans pouvoir observer aucune différence qu'on pût rapporter à l'air, au sexe, ou à l'état morbide, quoique probablement il en existe que des recherches ultérieures apprendront h connaître. /
Si l'on examine l'un après l'autre les deux produits de la coagulation du sang veineux , le sérum et le caillot, on reconnaît qu'ils ont les propriétés suivantes :
Le sérum est transparent et légèrement jaunâtre. Sa saveur et son odeur rappellent celles du sang. Il a une alcalinité très- » prononcée. Exposé a une température de soixante-dix degrés, il se prend en masse comme l'albumine, et forme de nombreuses cellules qui contiennent une matière très-analogue au mucus. Il conserve même celte propriété de se coaguler en une seule masse, après avoir été étendu d'une grande quantité d'eau. Brandc le considère comme de l'albumine presque pure, maintenue à l'état liquide par de la soude. L'action de la pile vollaïque le coagule, et y développe des globules qui ont beaucoup d'analogie avec ceux du sang. 11 a parfois une teinte blanche et comme laiteuse, qu'il paraît devoir h de la graisse. Berzelius l'a trouvé composé : d'eau, 90^,0; albumine, 80,0; lactate de soude et matière extraclive, 00,4 ; hydrochlorale de soude et de potasse, 00,6; soude, matière animale et phosphate de soude, 00,4. Traill, ayant analysé celui d'un individu atteint d'une hépatite aiguë, y a reconnu : de l'eau r 78,9; de l'albumine, 1 5,7 ; de l'huile, 4i^; des hydrochlorates, 9,7 ; et des lactates, 0,2. Le sérum sur lequel il avait opéré ressemblait à une émulsion.
Le caillot est formé de fibrine et de matière colorante* Celte dernière est soluble dans l'eau. Lorsque, après l'avoir
SANG i83 desséchée, on la chauffe au contact de l'air, elle se fond, se bon i souille , brûle avec flamme , et doune un charbon trèsdifficile à incinérer, qui, dans la combustion, laisse dégager du gaz ammoniaque, et donne un centième de cendre composée d'oxide de fer, de phosphate de chaux , d'un peu de phosphate de magnésie, de chaux pure et d'acide carbonique.
Aucune des parties du sang ne contient ni gélatine ni phosphate de fer, comme on l'ayait pensé autrefois.
On n'a point encore déterminé avec précision le rapport respectif des quantités de sérum cl de caillot , de fibrine et de matière colorante. 11 paraît qu'elles varient suivant une foule de circonstances.
L'odeur du sang tient-elle à un principe particulier? On ne sait rien de positif à cet égard. Cependant il serajt essentiel qu on s'occupât de la source de cette odeur, qui influe probablement sur le rôle que le sang joue dans l'économie.
Indépendamment des matériaux qui vieunent d'être indiques, et qui appartiennent en propre au sang veineux, comme ce liquide reçoit immédiatement toutes les matières qui passent dans les intestins, dans le tissu cellulaire, à la surface des membranes séreuses, etc., sa composition doit varier en raison des substances que l'absorption y introduit. Ainsi on y trouve, dans diverses circonstances, de l'alcool, de l'étirer, du camphre, des sels qu'il ne contient pas habituellement, etc.
Nous ne possédons pas encore d'analyse comparative exacte du sanç veiueux et du sang artériel. Tout ce qu'on sait de positif, cest que ce dernier contient, toutes formées, la matière cérébrale, l'urée et la matière jaune'de la bile. Si l'on joint a cela Ja fibrine, l'albumine et les phosphates de chaux et de magnésie , on sera disposé à croire qu'il renferme les matières de tous les organes, dont l'analyse finira peut-être par y démontrer l'existence. Cependant il est à remarquer qu'on n'a pu, jusqu'à présent, y découvrir de gélatine.
Ou a beaucoup discuté la question de savoir si les deux sangs étaient partout identiques. Ce problème paraît cependant assez bien résolu aujourd'hui. Lorsque le poumon est sain, et que la respiration s'y exécute d'une manière complète, le sang artériel doit être le même dans les quatre veines pulmonaires, comme il l'est dans tout le coins de l'aorte; mais si l'un des poumons est malade en partie ou en totalité, de manière que la respiration ne s'y fasse pas du tout, ou n'y ait lieu que d'une manière incomplète, une portion du sang veineux n'éprouvera pas de transformation, et passera dans les cavités gauches du cœur avec le véritable sang artériel. Quant à la non identité du sang dans les veines, elle ne ppnt
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être douteuse depuis que l'absorption par ces vaisseaux est bien démontrée, et l'opinion de Legallois à cet égard se trouve confirmée par les expériences des physiologistes modernes. Le sang veineux ne peut être identique que dans l'artère pulmonaire ; parce que toutes les substances diverses qui le constituent ont éprouvé un mélange intime par l'action du cœur; mais jusque là il varie en raison des parties du corps d'où il revient, et des substances qui ont pu être mises naturellement ou accidentellement en contact avec ces parties. Le sang artériel doit aussi présenter de nombreuses modifications dans les vaisseaux capillaires.
Nous ne savons rien de positif sur la quantité de sang contenue dans ie système sanguin, si ce n'est qu'elle est très-considérable. Mais comme elle varie en raison d'un grand nombre de causes, on ne peut compter sur les évaluations qu'ont données quelques écrivains , non plus que sur les calculs qu'on a voulu établir relativement a la proportion respective des deux sangs. Il n'est pas douteux toutefois que le sang veineux,
Eris en totalité, ne l'emporte sur le sang artériel, parce que i capacité totale des veines est supérieure a celle des artères, et que le système veineux reçoit une foule de matériaux du dehors.
Les altérations que le sang peut subir dans les maladies sont inconnues. Les médecins en parlent souvent à la vérité , mais seulement pour complaire a des vues théoriques. L'expérience directe n'a encore rien appris à cet égard, et jusqu'à • ce qu'elle ait prononcé, toute théorie doit se taire, puisqu'elle tombe d'elle-même quand elle ne repose pas sur des faits précis et incontestables. 11 est à présumer seulement que ces altérations ont lieu dans beaucoup de cas, et pour le sang veineux, et même pour le sang artériel, quand la respiration se trouve dérangée de son rhythme normal.
SANG-DRAGON, s. m., sanguïs draconis) nom collectif de toutes les résines qui ont une couleur rouge, quels que soient les végétaux qui les fournissent.
Le sang-dragon existe dans le commerce sous trois formes différentes; en petits pains plats et cassans ; en masses pesant
Î'usqu'à trente livres, et qu'on casse en morceaux de divers voumes ; en morceaux arrondis , de la grosseur d'une noix h peu
Srès, qu'enveloppent des feuilles de roseau, nouées au dessous 'eux. Cette dernière sorte est la plus estimée, et la première celle qu'on recherche le moins.
Les pterocarpus draeo et santalinus , le dracœna draco , le calamus draco, le dalbergia monetaria et quelques au lies plantes, fournissent des résines rouges qu'on appelle toutes
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également sang-dragon , quoiqu'on ne soit pas certain d'une parfaite identité entre elles.
Le sang-diagon pur est en masses légères, parseme'es de points brillans, friables, inodores, insipides, d'un rouge brunr et inflammables. 11 ne se dissout pas dans l'eau ni dans la salive, mais bien dans l'alcool et les huiles. La pulvérisation avive sa couleur, et lui donne une teinte plus éclatante. Il exhale une odeur aromatique el brûlante.
Nous ne possédons pas encore d'analyse exacte de cette substance, qui paraît contenir beaucoup de résine, avec du tannin et une petite quantité de mucilage. La ressemblance qu'elle a, sous le rapport de la couleur, avec l'oxide rouge de fer, lui a fait attribuer des propriétés astringentes très-prononcées $ mais l'expérience a démontré qu'on avait beaucoup exagéré sa vertu astringente, de sorte qu'on ne l'emploie presque plus aujourd'hui, quoiqu'elle ait été singulièrement vantée jadis dans tous les flux excessifs, sanguins ou autres, et même pour la guérison des ulcères. On la prescrivait en pilules, à la dose d'un demi-gros et plus. On l'administrait aussi en teinture alcoolique. Maintenant, elle ne sert plus guère qu'à préparer de beaux vernis rouges.
SANGLOT, s. m., singultuS ; phénomène respiratoire qui consiste en une expiration entrecoupée, produite par des alternatives brusques de contraction et de relâchement du diaphragme et des autres muscles de la poitrine, et qui se manifeste souvent a l'occasion d'un excès de douleur ou de joie.
Le sanglot diffère du hoquet en ce que les niouvemens qui le caractérisent sont moins brusques, moins convulsifs, non douloureux et plus rapproches.
SANGSUE, s. f. , Jùrudo. Bien que les sangsues puissent être appliquées sur tous les points de la surface du corps , on observe qu'elles s'attachent plus promptement aux régions dont la peau fine et délicate leur oppose le moins de résistance, et semble plus perméable au liquide dont elles sont affamées. Il convient, excepté dans les cas urgens, de les éloigner des orifices du nez, des oreilles, du rectum et du vagin dans la crainte qu'elles ne pénètrent dans ces parties, et y demeurent attachées sans qu'on le sache. Les régions garnies d'un tissu cellulaire lamincux et lâche , comme les paupières et le scrotum , sont exposées, à la suite des applications de sangsues, a devenir le siège d'ecchymoses considérables qu'il convient d'éviter , en n'y plaçant pas ces animaux sans nécessité. Il importe enfin, surtout chez les enfans dont la peau est très-délicate, de ne jamais placer les sangsues sur le trajet des nerfs, des grosses veines ou des artères superfi-
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cielles, parce qu'elles pourraieut atteindre ces parties, et occasioner des accidens graves. Vitet avait déjà note les dangers attachés à une pratique contraire; Dupuytren a vu une fois la veine jugulaire ouverte; et la piqûre de Tarière temporale a donné lieu, dans ce cas ra pporté par flicherand, à une hémorragie qui faillit devenir mortelle. On doit attribuer les douleurs excessives et les mouvemens presque convulsifs que déterminent les sangsues chez certains sujets, à la lésion de quelques filets nerveux sous-cutanés.
Les parties , sur lesquelles on se propose d'appliquer les sangsues doivent être rasées avec soin, puis lavées, afin de les dépouiller de toutes les matières susceptibles d'en écarter ces animaux. Lorsque les sangsues refusent de prendre , on parvient fréquemment à les y déterminer en frottant la peau, et en y appelant le sang; le lait semble propre aussi à exciter . leur appétit. 11 est rare que les sangsues, bien vivantes, qui n'ont pas sucé depuis long-temps, et qui sont dans l'état de santé, ne prennent pas sans difficulté, aussitôt qu'elles sont
Ï .lacées sur les parties. On les y dispose cependant encore en es tenant hors de l'eau une ou deux heures avant d'en faire usage.
Quelques personnes, pour les placer, les saisissent par le milieu du corps , et les présentent successivement à la peau; mais ce procédé entraîne des longueurs interminables, et souvent les sangsues , ainsi pressées, tendent beaucoup plus à se dégager d'entre les doigts, qu'à piquer les tégumens auxquels elles s'attachent. Un autre moyen plus simple et plus rapide consiste à mettre les sangsues dans un verre que l'on renverse ensuite sur la région du corps où l'on désire les faire prendre. On n'a point alors a craindre de les voir s'échapper, et il est rare qu'elles tardent beaucoup h mordre; cependant, quelquesunes d'entre elles restent assez souvent fixées au fond du vase , d'où l'on est obligé de les détacher pour les faire descendre sur la partie. Le moyen que nous employons ne présente aucun de ces inconvéniens ; il consiste à mettre les sangsues au milieu d'une compresse épaisse , et a les appliquer ainsi immédiatement sur la peau ; les mains placées convenablement les empêchent toujours de s'écaler et d'aller prendre ailleurs. Maintenues en contact avec les tégumens, et soumises h une douce chaleur, ainsi qu'à une compression légère, elles adhèrent presque toujours avec facilité; mais ce procédé ne convient que dans les cas où Ton agit sur de larges surfaces. Si l'on était obligé de placer les sangsues dans des endroits étroits, enfoncés, comme aux gencives, dans les narines, à la face interne des paupières ou au col de l'utérus, il faudrait user de moyens plus exacts.
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Loefler voulait que Ton enfermât Jes sangsues dans un étui longitudinalement fendu en deux parties , dont une extrémité était fermée par une culasse et l'autre libre. Celle-ci, à laquelle devrait correspondre la tête de l'animal , était placée sur la partie à laquelle il devait s'attacher. La carte roulée de Schwilgué et le tuyau de plume conseillé par d'autics personnes sont d'autant plus propres à remplacer l'étui deLœficr, que la sangsue que l'on y renferme peut être poussée avec uu stylet vers les tissus contre lesquels ou applique la portion opposée de l'instrument.
Une fois attachées, les sangsues se gorgent de sang avec plus ou moins de rapidité, puis tombent d'elles-mêmes, lorsqu'elles sont assez remplies. Quelquefois cependant elles continuent de rester adhérentes , bien qu'elles cessent d'attirer du sang, cl l'on est oblige de provoquer leur chute. Quelques graius de muriatc de soude ou de tabac en poudre suffisent toujours pour produire cet effet. Dans les cas contraires, lorsqu'on veut piolonger l'action des sangsues, on peut, à l'instant où elles sont à peu près gorgées rie sang, retrancher d'un coup de ciseaux leur partie postérieure. Celte opération ne les fait pas tomber; elles se vident en partie, et les bords de la plaie, se fronçant bientôt, semblent se resserrer comme par l'effet d'un sphincter. L'animal continue de tirer du sang; et, à mesure qu'il se gonfle trop, le surplus s'écoule par la plaie. Nous avons ainsi prolongé , pendant plus de deux heures , l'action de sangsues bien vivantes, et opéré une évacuation beaucoup plus abondante qu'on ne l'aurait obtenue sans ce moyen.
L'écoulement qui a lieu par les piqûres a la suite de la chute des sangsues, a presque constamment besoin d'être entretenu et rendu plus abondant, afin de remplir les indications thérapeutiques. On obtient ce but en lavant plusieurs fois les parties avec de l'eau chaude, afin de détacher les caillots des plaies, et de mettre à nu les orifices ouverts des vaisseaux. Si la disposition des parties le permet, 011 peut, avec avantage, ou plonger dans l'eau la région piquée, ou l'exposer à la vapeur de l'eau bouillante. Des ventouses, appliquées plusieurs fois sur les piqûres , augmentent beaucoup la quantité de sang qu'elles fournissent, et peuvent prolonger leur écoulement autant qu'on le juge convenable.
Quelquefois cependant l'hémorragie, qui succède h la chute des sangsues, devient trop considérable, et il importe d'y mettre uu terme : des lotions fioides et styptiques réussissent moins bien alors que l'application , sur chaque piqûre, d'un morceau d'agaric que l'on soutient avec le doigt jusqu'à ce qu'un caillot solide soit formé. Lorsque l'écoulement est opi-
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niàtre, il faut substituer à ce procède, qui devient insuffisant f la cautérisation avec le nitrate d'argent, le sulfate de cuivre, l'acide nitrique ou le fer incandescent. Nous avons toujours réussi, en couvrant la région piquée d'une serviette pliée en plusieurs doubles, chauffée, au point d'être rendue brûlante, et maintenue serrée contre la peau pendant quelques minutes. La chaleur coagule alors le sang, et détermine la formation des caillots entre les bords des plaies. Lorsque les parties ne se prêtent pas à l'emploi de ce moyen , nous plaçons sur chaque piqûre un morceau de linge' replié sur lui-même, et nous le soutenons avec l'extrémité fortement échauffée d'une spatule, jusqu'à ce que Je caillot se soit formé. Toutes les fois que des sangsues sont appliquées, on ne doit quitter le malade qu'après l'entière cessation de l'écoulement sanguin. On a vu des accidens graves, et même la mort, résulter d'une négligence qui avait fait abandouucr , comme peu importans, des suintemens qui, prolongés pendant douze à quinze heures, ont entraîné l'affaiblissement extrême ou l'extinction des actions vitales.
L'irritation locale qui succède à l'application des sangsues , ne réclame , lorsqu'elle est modérée, aucun traitement particulier; mais lorsque desérysipèles, des phlegmons, des furoncles ou des abcès sous-culanés surviennent, les applications émollicntes sont indispensables, et ces maladies doivent être traitées comme si elles dépendaient de toute autre cause. 11 est presque inutile de répéter que ces inflammations sont ducs a la disposition du sujet, et non à des qualités vénimeusesque les sangsues ne possèdent jamais. Lorsque quelque sangsue a pénétré dans une des cavités des membranes muqueuses ouvertes a l'extérieur , il suffît, pour les détacher, d'y pousse» quelques injections d'eau vinaigrée ou salée. Ce moyen est celui dont il conviendrait de faire usage chez les sujets qui auraient avalé quelques sangsues, en buvant dans les sources ou aux bords des ruisseaux. Larrey a observé en Egypte plusieurs faits de ce genre : les sangsues fixées a l'a mère-bouche , y provoquaient une hémorragie continuelle que leur chute seule pouvait faire cesser. Il 6uffit d'être averti de la possibilité d'un semblable accident pour le reconnaître et y porter immédiatement remède.
L'usage des sangsues, en médecine, n'est pas nouveau ; Galien l'a préconisé. Rhazès , Zacutus Lusilanus , Baverius, Bruelus, Capivaccius , Gariopontus , Forcest , Alexandre Bencdelti, Fabrice de Hilden, Fontanus, Riranides, Houllier, Paré , Strobelberger , Arnauld de Villeneuve, Hennius, Ramper, ont recommandé l'application des sangsues dans la teigne, les pustules invétérées de la face, la phrénésie, l'épilepsie, la»
céphalalgie, la glossite, la couperose, le furoncle, l'angine, la mélancolie, le vertige, la paralysie, l'apoplexie, l'ophthal- -îuie, l'odontalgie, les scrofules, l'hémoptysie, la tuméfaction de la rate. Stahl considérait ce mode d'évacuation sanguine comme non moins propre que la phlébotomie et les ventouses scarifiées a combattre la pléthore. 11 préférait les sangsues aux ventouses, non-seulement parce qu'elles aspirent plus fortement et attirent mieux Je sang, mais encore parce qu'après qu'elles sont tombées l'écoulement du saug continue. Il leur assignait pour usage principal de provoquer les hémorroïdes, ce que ne peuvent faire les ventouses ni la saignée. Un de ses disciples disait en 1723 : Il serait à désirer que cet emploi des sangsues fût justement apprécié des médecins et des chirurgiens; c'est par la que ce moyen produit des effets si admirables dans les douleurs hypocondriaques , rhumatismales , ischia tiques, hystériques, asthmatiques, goutteuses, néphrétiques, dans les varices, la chorée, la stupeur, la paralysie; certes, ajoute-t-il, s'il y a un moyen spécifique pour provoquer les hémorroïdes, c'est dans les sangsues qu'on peut le tiouvcr. Le même écrivain dit encore : S'il est à regretter que plusieurs auteurs n'aient pas fait mention des sangsues, il n'en faut pas moins blâmer l'abus que d'autres en font dans les cas où l'usage en est le moins indiqué. 11 convient, ajoute-t-il, de réserver cet agent thérapeutique pour les cas où l'emploi en est formellement indiqué, et d'y joindre l'usage de tous les autres moyens de l'art. Ces réflexions sont fort sages, et quoiqu'elles aient cent ans de date, elles ont aujourd'hui tout le mérite de l'à-propos.
L'application des sangsues est aujourd'hui en France le remède auquel on a le plus souvent recours; sa vogue égale celle dont a joui naguère Fémétiquc, et dont jouirent jadis les purgatifs. Pour les partisans aveugles des nouvelles théories, la pratique de la médecine se réduit à prescrire la diète, et l'application des sangsues, le plus près possible du lieu auquel le malade rapporte la douleur qu'il éprouve. Ces hommes, privés de jugement, ne connaissent guère d'autre mode d'émissions sanguines. Nous avons dit à l'article saignée quels sont les avantages de l'ouverture des vaisseaux. Nous allons parler ici de ceux de l'ouverture des capillaires par les sangsues.
Dès que la solution de continuité et la succion ont lieu, on voit se développer, autour de la partie de la peau cachée par la tête implantée de la sangsue, une auréole rouge plus ou moins étendue, plus ou moins manifeste; le sujet éprouve un sentiment de piqûre qui redouble par intervalle, et qui alors lui arrache quelquefois des plaintes, lorsqu'il est très-sen-
siblc. Cette douleur se prolonge parfois dans la dir ction de la partie, si c'csl ua membre , ou bien elle irradie, si elle a lieu daus tout autre point du corps. Lorsque les sangsues ont piqué très-près Tune de l'autre, l'auréole de chaque piqûre se confond avec celle des piqûres environnantes, et il s'opère ainsi une véritable rubéfaction plus ou moins étendue de la peau. Lorsqu'on procure la chute des sangsues à l'aide d'une poudre irritante, avant qu'elles aient cessé de sucer la plaie qu'elles ont faite, et lorsqu'on arrête de suite l'écoulement du sang, cette rubéfaction persiste quelque temps, et ne s'évanouit que par degrés; le tissu cellulaire sous-jacent se tuméfie, la peau elle-même semble avoir augmenté d'épaisseur; les bords des petites plaies, effets de chaque piqûre, sont trèstu méfiés, noirâtres, et ne lardent pas à s'entourer d'une auréole lie-de-vin , puis bleuâtre , ensuite jaunâtre, et qui ne cesse pas avant plusieurs jours.
Si, au contraire, les piqûres sont éloignées les unes des autres d'au moins un demi-pouce, si on laisse couler le sang jusqu'à ce qu'il s'arrête naturellement, et surtout si on en favo- ' rise l'écoulement par le lavage ou les embrocatious chaudes , l'auréole de chaque piqûre s'efface promptement, les bords des piqûres sont h peine élevés au dessus du niveau de la peau, l'ecchymose de chacune est très-circonscritc, le tissu cellulaire sous-jacent se gonfle à peine.
De quelque manière qu'on procède, presque toujours les piqûres de sangsues s'enflamment le lendemain, ce qui ajoute alors a leur eftet dérivatif.
Dans le premier cas, il y a légère émission sanguiue, stimulation assez vive et durable de la peau; dans le second, il y a émission sanguine abondante, stimulation assez vive, niais passagère de la peau.
L'application des ventouses par dessus les piqûres des sangsues, quand l'écoulement du sang se ralentit, s'établit difficilement ou bien est insuffisant, ajoute beaucoup à leur utilité comme moyen évacuatif du sang : cette pratique n'est pas assez employée.
L'application d un sinapisme, d un vesicatoirc, sur les piqûres encore récentes, est un moyen dérivatif violent et dont il faut user avec réserve.
Il v a donc, dans l'application des sangsues une émission sanguine et une stimulation plus ou moins passagère ou durable. L'émission sanguiue est toujours lente; elle n'est abondante que lorsqu'on favorise l'écoulement du sang; clic désemplit directement les ramuscules artériels, les radicules veineuses de la partie sur laquelle on applique les sangsues, et de
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pioche eu pioche ceux, des parties voisines. C'est ainsi que la plèvre costale, le périloiue pariétal, la membrane muqueuse du larynx , se trouveut soulages du sang qui s'y porte en trop grande abondance, par l'application des sangsues au thorax, à l'abdomen , au cou. Mais comment se fait-il qu'une application de sangsues à l'épigastre, par exemple, favorise la résolution d'une inflammation de la membiane muqueuse de l'estomac? ceci ne peut se concevoir qu'eu se rappelant d'abord l'étroite sympathie qui existe cntie la peau de l'abdomen et les viscères abdominaux, puis la possibilité du dégorgement de proche en proche par le péritoine, et enfiu l'influence de toute émission sanguine un peu abondante sur tout l'organisme, ou plutôt sur le cœur, sans l'exaltation de l'action duquel il n'y a pas de fièvre et point d'inflammation aiguë intense avec réaction manifeste. N est-il pas d'ailleurs bien plus étonnant de voir l'application des sangsues a l'anus, aux malléoles, se montrer parfois plus efficace que leur application aux tempes dans la céphalalgie?
Voyous ce que l'expérience a démontré, relativement au lieu d'application des sangsues. On les applique sur la partie enflammée d'un tissu, ou bien autour de cette partie , ou sur uu tissu analogue voisin, continu à celui qui est enflammé, ou sur un tissu non continu, au moins immédiatement, et plus ou moins éloigné.'
Lorsqu'on applique les sangsues sur la partie enflammée elle-même, si elles sont en assez grand nombre, si le sang coule en suffisante quantité et long-temps, l'inflammation diminue, c'est-à-dire que le tissu phlogosé pâlit, se rafraîchit, et perd son excès de sensibilité. Dans les cas contraires, l'afflux du sang augmente, la tuméfaction s'accroît, la rougeur devient foncée, la douleur augmente , et il peut en résulter tous les inconvéniens d'une phlegmasie portée au plus haut degré. Cependant, il ne paraît pas que ces inconvéniens surviennent très-souvent, car on guérit la bléphaiite en appliquant des sangsues à la face interne des paupiè.es, l'inflammation des gencives, des parois de la bouche, de la membrane palatine , des amygdales, de la langue, du gland, des grandes lèvres, de l'anus , par l'application des sangsues à ces diverses parties; on guérit l'érysipèle par cette application faite a la peau, au centre même de la partie phlogoséc. Toutefois , ce mode d'application n'étant pas exempt de danger, il vaut mieux recourir au second, qui n'en offre aucun.
Lorsqu'on applique les sangsues autour de la partie enflammée, sur le tissu malade lui-même, on a tous les avantages du mode précédent sans en avoir les inconvéniens; mais
cela n'est pas possible quand le tissu enflammé est fort peu étendu ou enflammé dans toute sa stirface ; il faut alors courir les chances du premier mode d'application, ou recourir au troisième.
Lorsqu'on applique les sangsues sur un tissu continu au tissu enflammé, il faut toujours les placer le plus près possible du mal; il n'y a, dans cette pratique , aucun inconvénient à craindre, et il y a toujours beaucoup d'avantages. On opère très-rarement l'extension de la phlegtnasie, toujours on diminue l'afflux du sang vers la partie enflammée, et l'on détermine une stimulation et un afflux véritablement dérivatifs dans la partie voisine, quand on applique le nombre de sangsues nécessaires, lorsqu'on fait suffisamment couler le sang, et c'est là surtout que l'inflammation des piqûres produit une véritable dérivation. Quelquefois, cependant, on en applique en petit nombre, et l'on fait promptement cesser l'écoulement : c'est lorsqu'on veut diminuer la douleur et éviter en même temps la délitescence, comme dans la goutte, par exemple.
Lorsqu'on ne peut appliquer les sangsues sur le lieu affecté, ni autour, ni sur un tissu continu voisin, il faut choisir au moins le lieu le plus rapproché, et c'est presque toujours la peau qui recouvre la région de la partie enflammée ; en cela , il faut tirer parti de celle remarque d'Hippocrate, qui dit que là où est la sueur, là est le mal. On a prétendu que l'anus était plus près de l'estomac que l'épigaslre; cette erreur singulière est inexplicable. Néanmoins, il y a souvent de l'avantage à faire l'application des sangsues à l'anus , quand surtout il s'agit de diminuer l'irritation qui sévit à la fois sur un organe abdominal et sur l'encéphale, quitte à les appliquer ensuite à l'épigastre et aux tempes.
L'application des sangsues se fait aux tempes, derrière les oreilles et au cou, lorsqu'il s'agit de combattre l'irritation d'une partie située dans le crâne. Chacun de ces trois endroits est préféré aux deux autres par certains praticiens; mais il faut suivre à cet égard l'indication, et appliquer les sangsues ' aux tempes si la douleur est antérieure ou latérale, derrière les oreilles si elle est occipitale. L'application est plus commode aux tempes, par conséquent on doit préférer cette place quand il n'y a pas de motif pour choisir plutôt la région post-auriculaire. L'application des sangsues au cou, le long du trajet des jugulaires, est remplacée par l'ouverture de ces veines; mais elle est préférable à l'application aux tempes et derrière les oreilles quand il s'agit de tirer beaucoup de sang, parce qu'il y a plus de place pour mettre beaucoup de sang •
sucs, el une plus grande abondance de parties molles. Aussi préfère- t-on cette place dans l'apoplexie, qui d'aillours est plus efficacement combattue par l'ouverture de la jugulaire, et par la saignée de la saphène , ainsi que par l'artcrioloniie temporale*
Les sangsues sont appliquées le long du rachis quand on veut faire cesser l'irritation de la moelle épinière ou de ses membranes; mais il faut avouer que ce moyen est assez peu efficace, au moins tel qu'où l'a employé jusqu'à ce jour. C'est là sans doute qu'il faut les appliquer dans les convulsions qui laissent les facultés intellectuelles intactes; mais alors la saignée est plus puissante*
On applique les sangsues aux tempes pour combattre Pophthalmie; il serait peut être préférable de les placer à la paupière inférieure. On \ proposé de les placer à l'entrée des narines pour faire cesser les congestions cérébrales. On les "met sous la mâchoire inférieure pour combattre l'angine ; à la partie antérieure du cou pour faire cesser le croup, la laryngite, l'cesophagite, la trachéite, et pour dissiper la tuméfaction inflammatoire des ganglions lymphatiques voisins. Dans la bronchite» les sangsues sont appliquées sur le sternum ; il vaudrait peut-être mieux les placer au dessus de l'extrémité interne des clavicules. Dans la pleurésie, on poursuit le point douloureux en les mettant pailout où il se fait sentir. Dans la péricardite, .il faut les appliquer là^où frappent les pulsations du cœur, et notamment à l'endroit où frappe ce viscère. Dans la pneumonie, l'application des sangsues au thorax est un palliatif perfide, en ce qu'il détourne ceux qui s'y conûent de l'emploi de la saignée, laquelle est alors seule indiquée, à moins qu'il n'y ait pleuropneumooie.
L'application des sangsues h l'abdomen doit varier pour l'endroit précis, en raison de la-situation du viscère enflammé. On les place aux lombes dans la néphrite et le lumbago. Nous avons parlé de leur apposition à l'anus; nous avons dit qu'elle avait l'avantage d'agir et sur l'abdomen et sur la tête; nous ajouterons que ce mode d'application doit être préféré à tout autre chez les hémorroïdaires, mais il faut alors, et même toujours, que l'évacuation sanguine soit abondante. Les stuhliens ont attribué trop d'efficacité à l'application des sangsues à l'anus; les bpoussaisiens y recourent trop rarement, et seulement dans les cas de colite ou inflammation du gros intestin.
L'application des sangsues aux grandes lèvres blesse la pudeur des femmes, et n'est pas exempte d'inconvénieus de plusieurs sortes; il ne faut po>ut la ptescrire aux jeunes filles ,
i9{ SANGUINOLENT
car clic détermine un prurit qui peut conduire à la masturbation ; sauf toutefois le cas de nécessité absolue. ' Le périnée est l'endroit où l'on applique les sangsues dans la cystite, la prostalitc, l'urétrite, et même la métrile ; mais, pour ces deux dernières, il vaut mieux les placer Je long de la verge chez l'homme, et aux graudes lèvres ou même au museau de tanche chez la femme mariée.
Au scrotum, les sangsues ne sont appliquées que pour les cas d'orchitc ou d'épididymile, c'est-à-dire d'inflammation du testicule ou de l'épididyme. A la région inguinale, on les applique pour combattre les inflammations des ganglions de Faine, et dans les cas où les ligamens de l'utérus, la matrice ou l'ovaire sont enflammés.
11 est plusieurs médecins qui croient fort utile d'appliquer des sangsues à la partie interne et supérieure des cuisses; pouf que celte application soit efficace, il faut que l'on obtienne beaucoup de saug. L'expérience nous a prouvé que l'application des sangsues autour des malléoles est plus puissante, parce qu'on peut faire prenuVe un bain local avant de les apposer, et un autre après leur chute; de cette manière , on déterniiue un afflux considérable, une sorte de courant de haut en bas, une émission sanguine abondante, et une dérivation énergique. C'est un moyen puissant dans les inflammations cérébrales, notamment dans celle des méninges. Chirac en avait pressenti les avantages, car il faisait alors saigner du pied, et laissait couler le sang goutte à goutte.
L'application successive d'un petit nombre de sangsues de de cinq à dix par exemple, que l'on remplace à mesure qu'elles tombent, est d'une grande utilité pour combattre les inflammations aiguës tenaces, et les inflammations chroniques. Gama s'est avantageusement servi de ce moyeu dans le traitement des plaies de tête. Voyez saignée.
S ANGU IN , ad j. ; se dit du système organique vasculairc qui récèle le sang , du tempérament dans lequel le sang paraît en quelque sorte surabondant, des sujets- doués de ce tempérament, des maladies auxquelles il prédispose, et qui se manifestent sous l'influence de causes dont les effets se prononcent surtout dans le système circulatoire. C'est dans ce sens qu'on dit système, tempérament, sujet sanguin, constitution, prédisposition, diathèse, maladie sanguine.
SANGUINOLENT, adj., sanguinéus; qui ressemble au sang par la couleur , ou qui récèle du sang : ainsi on dit crachats, pus sanguinolent ^^urine sanguinolente. Les liquides morbides striés de. rouge contiennent en effet du sang; mais l'urine dont la teinte est rouge- n'cn'renfernie pas toujours.
SANTALINE i95
SANICLE, s. f., sanicula; genre de plantes de la pentandrie digynie, L. , et de la famille des ombellifères, JL, qui a pour caractères ; ombei Iules ramassées en tête ; fleurs presque sessiles; celles du centre mâles; calice presque entier; cinq pétales entiers; deux semences ovales , aiguës, acuminées , hérissées, et réunies.
La sanicle d Europe , sanicula Europœa , assez commune dans les bois, a une saveur a mère et austère, mêlée d'un peu. d'acre té , qui se fait surtout sentir dans Tarrière-gorge. On lui attribuait autrefois des vertus presque miraculeuses, et on la regardait comme une sorte de panacée universelle, ce qui lui a valu le nom qu 'elle porte. C'était principalement comme vulnérant qu'on l'employait, soit à l'intérieur, soit à l'extérieur. Aujourd'hui, on ne s'en sert plus. Elle fait l'un des principaux iugrédiens du vulnéraire suisse.
SA NIE, s. f. , sanies ; matière liquide, d'un aspect sale, qui remplace le pus, et souvent alterne avec lui, à la surface des ulcères, a l'orifice des fistules. C'est, dit-on, du pus de mauvaise nature; cette assertion n'est pas exacte, car le pus des os est toujours sanicux, et n'est pas pour cela moins bien élaboré que celui du tissu cellulaire. Le mot sanie, étant trèsvague, doit être rejeté.
SANTAL, s. m.; nom donné par les pharmaciens à trois sortes de bois qui nous viennent des Indes, et qu'on distingue, d'après leur couleur, en blanc, citrin et rouge.
Le santal blanc , qui est l'aubier du santalum album , arbre du, royaume de Siam, ressemble beaucoup au bois de hêtre pour le grain. 11 est en morceaux coupés sur leur longueur , assez pesant, et recouvert d'une écorce gris-noirâtre, un peu raboteuse. Le bois est d'un blanc jaunâtre. 11 a une odeur faiblement aromatique. Sa saveur est presque nulle.
Le santal citrin, qui est le cceur du bois du même arbre, a un grain plus fin et une teinte jaunâtre plus décidée. Il est plus léger et plus cassant. 11 a une odeur très-aromatique, mais presque point de saveur.
Le santal rouge est le cœur du bois du plerocarpus santalinus, arbre qui croît a la côte de Coromandel. Il nous arrive en morceaux plus ou moins gros , coupés sur la longueur du bois, dépourvus d'écorce, d'un beau rouge, d'une odeur aromatique assez marquée , et d'une saveur un peu résineuse.
Ces trois bois étaieut regardés jadis comme de précieux alexipharmaques et cordiaux. Ou ne s'en sert presque plus aujourd'hui. Les deux premiers sont légèrement toniques, le rouge passe pour être en outre astringent. * •'''«
SANTALINE, s. f. ; substance colorante particulière, que Pelletier a découverte dans le bois de santal rouge. Elle est iu«
ryG SAPHÈNE
solublc dans l'eau, très-tolubie dans l'alcool, l 1 i î i r et les alcalis, insoluble dans les huiles fixes, soluble dans les huile» volatiles et l'acide acétique. L'acide suliurique la décompose. L'acide nitrique la convertit en uue matière résinoïde et eu acide oxalique. Elle précipite la gélatine à la manière des substances aitni génies.
SANTÉ, s. i. , sanitas. On appelle ainsi l'exercice régulier et facile de toutes les lonclions de l'économie animale, l'harmonie entre les actions exécutées par tous les organes. Celle parfaite régularité est fort rare, et la santé, considérée dans un seus absolu, peut être mise au nombre des êtres de raison , car il y a toujours un ou plusieurs organes qui l'emportent sur les autres. Mais tant que cette prédominance ne devient pas excessive, les fonctions des parties voisines ou éloignées ne sont point troublées au point d'amener l'état de maladie, et le corps jouit d'une santé moyenne, qui est le bien le pins désirable, puisqu'on ne peut guère se flatter d'obtenir l'autre, réservé à un très-petit nombre d'êtres privilégiés.
SANTOLINE, s. f. , santolina; genre de niantes de la syngénésie polygamie égale, .L., et de la famille des corymbilèrcs, J., qui a pour caractères : calice hémisphérique, imbriqué d'écaillés oblougues, dentées et inégales; réceptacle garni de paillettes, et chargé de fleurons, tous uniformes et hermaphrodites; graines nues.
La seule espèce de ce genre dont on se serve en médecine , est la citronelle^ santolina ckamœcyparissias , qui croit dans les parties méridionales de l'Europe. Sa saveur très-amère et sa forte odeur annoucent en elle des propriétés toniques énergiques, auxquelles on n'a toutefois recours que très-raremeut aujourd'hui, quoiqu'elle fût assez usitée chez les anciens.
SAPA, s. m., mot latin , conservé en français, dont on se sert pour désiguer le moût de raisin, évaporé jusqu'à consistance sirupeuse.
SAPHENE, s. m. et f. et adj., saphœnus; nom donné par les anatomistes à deux nerfs et à deux veines.
Les nerfs saphènes sont aussi appelés poplités.
La veine saphène interne , ou grande saphène, née de la partie antérieure et interne de la fémorale, au dessous du ligament de Fallope , perce aussitôt l'aponévrose fascia-lata , et donne les houleuses externes, qui gagnent les parties génitales, ainsi que plusieurs rameaux sous-cutanés, qui remontent entre la peau et les muscles de l'abdomen. Elle se divise ensuite elle-même en deux branches, assez volumineuses l'une que l'autre. La première, placée entre la peau et le tissu adipeux souscutané, descend obliquement le long de la partie interne de la cuisse, eu répandant des rameaux nombreux et