SAPIDITÉ
irréguliers a sa partie antérieure. Arrivée au condyle interne «lu genou, elle s'anastomose avec la seconde branche. Celle-ci , qui est la continuation du tronc, se trouve un peu en dedans de la précédente , et descend sous la peau, le long de la partie interne de la cuisse, h la face postérieure de laquelle elle envoie plusieurs rameaux. Parvenue nu genou, elle passe sur la partie postérieure et interne du condyle interne du fémur, et gagne la partie supérieure du tibia; purs elle descend le long de la partie antérieure et Interne de la jambe, et donne un grand nombre de branches qui se répandent sous les tégumens, où elles s'anastomosent avec celles de la saphène externe. A Ja partie inférieure de la jambe, la saphène passe au devant de la malléole interne, se porte sur le pied, et suit la partie interne du métatarse jusqu'aux orteils, en ré» paudant des rameaux irréguliers sur le dos du pied. Non loin des orteils, elle fournit un rameau qui se porte dans la même direction, le long du gros orteil, auquel il se distribue; puis elle se recourbe en dehors, et s'anastomose avec la petite saphène, en formant une arcade dont la convexité, tournée ert avant, donne un grand nombre de rameaux qui se répandent dans la peau de la face supérieure des orteils.
ha veine saphène externe , ou petite saphène , se détache de la poplitéc avant sa sortie du creux du jarret , descend ver», ticalcmcnt h côté du nerf tibial, qu'elle abandonne bientôt pour passer entre les tc'gumens et la réunion des muscles jumeaux, jusque vers le tiers inférieur de la jambe, endroit où elle se détourne un peu en dehors, descend obliquement h côlé du tendon d'Achille , passe au devant delà malléole externe, rl se rend sur le pied, dont elle suit le bord externe; vers l'extrémité postérieure des os du métatarse, elle se recourbe de dehors en dedans pour s'anastomer en arcade avec la sapnene interne.
SAPÎDE, adj., sapidus ; épithèle donnée aux corps qui font naître l'impression d'une saveur , quand ils qgissent sur l'organe du goût.
SAPIDITE, s. f. , propriété qu'ont certains corps de faire naître la sensation d'une saveur lorsqu'ils 6ont mis en contact avec l'organe du goût.
C'est par abus qu'on admet cette propriété dans les corps, car elle dépend uniquement de la manière dont l'organisme reçoit l'impression qu'ils font sur lui; de sorte qu'à proprement parler elle réside dans l'organe du goût. De là vient que la sapidité n'est jamais absolue, mais toujours relative.
SAPIN, s. m. ahieSy genre de plantes de la monoécic ruonadcîphie, L., et de la famille des conifères; qui a pour caractères distinctifs des pins et des mélèze* , ses concs solitaires
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et terminaux, formés par des écailles minces, régulières, imbriquées, et ses feuilles, solitaires, naissant toutes de différens points de la tige. Toutes les espèces de ce genre, parmi lesquelles figure le fameux cèdre du Liban , fournissent des produits résiueux, liquides ou solides. C'est da sapin commun, abies picea, qu'on retire la térébenthine dite de Strasbourg. Le baumier aV Amérique , abies balsamum, donne le baume blanc du Canada, qui ne diffère point de la térébenthine ordinaire. Le sapin pesse, abies excelsa, donne la poix de Bourgogne. Les bourgeons ou jeunes pousses de tous ces arbres, passent pour diurétiques vct sudorifiques. Certainement ils sout toniques, puisqu'ils communiquent une amertume très »prononcée a l'eau. On en prépare aussi une bière assez agréable , mais surtout très-salubre dans les voyages maritimes de long cours. Le liber du sapin pessè contient un principe muqueux nutritif, qu'on mêle quelquefois, dans le nord, avec la farine de seigle ou de sarrasin , pour en faire du pain.
SAPONAIRE, s. f. , saponaria ; genre de plantes de la décandrie digynie, L., et de la famille des caryophy liées, qui a pour caractères : calice persistant, tubuleux, nu à sa base, et découpé en cinq parties; cinq pétales, à onglets étroits, de la longueur du calice, à lames larges et obtuses; capsule uniloculaire , à cinq loges , s'ouvrant par le sommet, polysperme.
La saponaire officinale , saponaria officinalis , croît en Europe f. dans les buissons et au bord des champs. Toutes ses parties ont une saveur douceâtre et légèrement amère. Lorsqu'on les fait bouillir dans de l'eau, elles communiquent à ce
depuis long-temps d'une grande réputation, et où elle a pris place parmi les fondaus et les apéritifs. Son action émolliente la rend utile dans les irritations du canal alimentaire. Mais le vague qui règne dans les observations purement empiriques qui ont été recueillies sur elle jusqu'à présent, ne permet pas de déterminer, parmi les maladies innombrables contre lesquelles on l'a conseillée, celles dans lesquelles elle pourrait être plus particulièrement utile. Peut-être n'a«t-elle servi, dans beaucoup de cas, qu'en préservant les malades de préparations incendiaires, qui eussent exaspéré leur maladie. On la donne généralement a la dose de deux à quatre gros en décoction dans l'eau. 11 est rare qu'on fasse usage du suc exprimé de la plante fraîche , ou de l'extrait aqueux que préparent les pharmaciens.
SAPONIFICATION, s. f., formation d'un savon.
On a été long-temps k n'avoir que des idées fort imparfaites
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sur la théorie de la formation des savons. Les travaux impottaos de Chcvrcul et de Braconnot Font parfaitement éclaircie. On admet aujourd'hui que les alcalis cl les oxides métalliques agissent sur les corps gras, huiles ou graisses, de manière à séparer leurs principes constiluans, et à les réunir dans un nutre ordre de composition tel, qu'il en résulte trois produits nouveaux, savoir : le principe doux des huiles et deux hydracides, l'acide élaïque et l'acide stéarique. Ainsi les savons sont de véritables sels, des élaates et des stéarates, auxquels se trouve mêlé le principe doux, quand le composé a été préparé à froid.
SARCOCÊLE, s. m., sarcocèle; tumeur formée par le gonflement squirreux ou cancéreux du testicule. On a longtemps confondu, sous cette dénomination de simples iuduratiohs ou hcpatisalions de la substance testiculaire, ainsi que des épaississemens de la tunique vaginale, du scrotum, ou même du cordon des vaisseaux spermàtiques. Maintenant encore, que le titre de sarcocèle est exclusivement appliqué aux affections cancéreuses du les'icule, le diagnostic aes tumeurs de ce genre étant souvent obscur, on est exposé à les mécon* naître ou à prendre pour elles d'autres lésions des parties renfermées dans les bourses.
Quoi qu'il en soit, la maladie qui nous occupe doit êlrc considérée comme la suite ou le résultat des inflammations du testicule, passées à l'étal chronique. 11 est excessivement rare qu'elle naisse spontanément, c'est-à-dire sans avoir été précédée de tous les phénomènes de la phlegmasie sanguine aiguë. Si l'on parcourt les auteurs, on trouve rapportés, au nombre des causes les plus fréquentes du sarcocèle, les contusions et les froissemens du testicule, les métastases réitérées de l'urétrite sur cet organe, l'excès des plaisirs vénériens, et une foule d'autres circonstances analogues. Les partisans de l'essenlialité du cancer assurent qu'il y a une grande disproportion entre la faiblesse d'un grand nombre de ces causes, et les suites funestes qu'elles entraînent j mais qui ne sait combien les phlegmasies chroniques et les transformations des tissus sont faciles à se développer chez certains sujets? qui tiendra compte alors des effets du traitement excitant interne et externe, ordinairement mis en usage, précisément à l'époque où la maladie, commençant h diminuer d'intensité, a le plus de tendance à se perpétuer sous la forme chronique et à désorganiser les parties ?
Le sarcocèle est moins fréquent chez l'homme, que le cancer des mamelles chez la femme. On ne l'observe jamais chez les enfans, bien qu'ils soient cependant exposés aux engorgemens scrofuleux du testicule. La marche de celte affection est
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:i m s si variable que les modifications nombreuses produites par l'irritation dans les parties qu'elle envahit.
Presque toujours, elle ne consiste primitivement qu'en unsimple engorgement chronique du testicule. Alors la tumeur subsiste pendant un temps plus ou moins long sans gêner le malade autrement que par son poids; puis elle prend tout a coup 4e J'accroissemeui , devient le siège de douleurs, d'abord pus- «agères et peu durables, puis de plus eu plus vives et persistantes, en tin d'élancetnens douloureux qui la traversent dans toutes les directions. Un froissement nouveau, une chute, de violens efforts, des excès de table ou de plaisirs vénériens, telles sont les causes ordinaires de ces augmentations subites de l'intensité des phénomènes morbides. La forme du testicule, jusque là conservée, s'altère par gradation ; cet organe se transforme en une masse irrégulière, bosselée, ordinairement plus grosse en haut qu'en bas, et présentant h la partie antérieure de sa base une saillie irès-m arquée. Cette tumeur occasione un sentiment continuel de malaise; des tiraillemcns et des élancemens se font sentir dans les lombes et le long du cordon des vaisseaux spermatiques ; elle est moins douloureuse à la pression qu'après que cette action a été exercée. A mesure que la dégénérescence fait des progrès, le cordon des vaisseaux spermatiques s'engorge , se durcit, s*altère; des nodosités, puis des tumeurs considérables s'y font sentir, et s'étendent successivement, de bas en haut, jusque dans la cavité abdominale. La peau du scrotum est tendue sur la tumeur j les veines sous-cutanées se dilatent, et une chaleur vive se manifeste dans toute la partie. Après un temps plus ou moins long , les tégumcfis participent k l'irritation j ifs contractent des adhérences avec le sommet des bosselures du testicule, puis s'enflamment, s'ulcèrent, et deviennent le siège d'une érosion à bords renversés, d'un aspect hideux, d'où s'écoule une santé ichorense, et dont le fond se couvre souvent de végétations de mauvaise nature.
Malgré le peu de violence des symptômes, le peu de volume et l'isolement de la partie affectée , le sarcocèle entraîne des désordres sympathiques très-graves. L'irritation remontant le long des vaisseaux lymphatiques et des nerfs du cordon, détermine l'engorgement des ganglions iliaques et lombaires, et la formation, dans ces régions, de tumeurs volumineuses qui suffiraient seules pour entraîner la perte des malades. Ces tumeurs naissent dans les mêmes circonstances et de la même manière que les engorgemens de l'aisselle h la suite du cancer du sein, ou que tous les gooflcmciis ganglionnaires des régions auxquelles se rendent les vaisseaux lymphatiques des organes depuis long-temps irrités. Après un cec-
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tain temps, la présence du sarcocèlt? détermine on désordre profond dans les mouvemens vitaux : une fièvre lente, avec redoublement le soir, se manifeste; la peau devient sèche et pale, le teint plombé ; l'appétit cesse de se faire sentir, la digestion devient laborieuse, la maigreur fait des progrès; enfin, le
• marasme se déclare, et la mon survient, précédée de douleurs continuelles et insupportables, de diarrhée colliqualive, et de tous les signes de celte tillération des tissus, à laquelle on a donné le nom de cachexie cancéreuse.
Bien que , chez le plus grand nombre des sujets , la maladie débute, comme nous venons de le voir, par le corps même du testicule et de là s'étende à l'épididyme et au cordon des vaisseaux spermaliques , il n'est cependant pas très-rare de la voir commencer par l'une ou l'autre de ces dernières parties, et se propager ensuite à l'organe sécréteur du sperme. H est à remarquer que lorsque l'épididyme est affecté, il se confond prompt ement avec le teste de la tumeur, de minière à ne pouvoir plus en être distingué. Le volume du sarcocèle est très-variable. Quelquefois le testicule dégénéré conserve ses dimensions
j normales; Boyer cite même des cas où il avait diminue de grosseur en s endurcissant, et avait acquis la forme d'une grosse noix. Mais, dans les cas les plus nombrenx, l'organe acquiert un volume beaucoup plus grand que celui qui lui est ordinaire, sans cependant que ses dimensions deviennent jamais énorme. Les tumeurs de trente, quarante ou soixante livres, décrites par les auteurs sous le nom de sarcocèle n'étaient que des engorgemens et des dégénérescences cléphantiasiques des téguraens et du tissu cellulaire du scrotum. Lessarcocèles les plus volumineux dépassent rarement le volume des deux poings réunis. La pesanteur du testicule cancéreux est ordinairement augmentée. Chez la plupart des sujets, la tumeur, soulevée par la main , rappelle la sensation que l'on éprouverait en pesant une masse de plomb ou de toute autre substance analogue. Cependant ce phénomène n'est pas si constant qu'il n'éprouve de grandes variations, et l'on cite des cas où le testicule, transformé en une masse gélatineuse, n'avait pas un poids supérieur à celui d'un hydrocèle d'égale dimension.
L'ordre suivant lequel se développent les symptômes du sarcocèle, et la marche de cette maladie, ne sont pas susceptibles de variétés moins grandes que les caractères physiques, qu'elle imprime a l'organe affecté. Ainsi, le testicule demeure assez souvent, pendant plusieurs années, dur, squirreux, trèspesant, et en même temps indolent, sans occasioner d'autre gêne que celle qui résulte de son poids. Chez certains sujets, au contraire, à peine les symptômes de la phlegmasic aigué sont-ils dissipes, que le testicule resté engorgé présente les
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phénomènes de la dégénérescence cancéreuse. Dans quelque» occasions, heureusement assez rares, l'irritation se propage avec une extrême rapidité à toutes les parties du scrotum, les enflamme et y détermine en peu de temps un ulcère désorgatiisateur et fongueux. La plupart des sujets atteints de sarcocèle sont tourmentés de douleurs lancinantes souvent intolérables, et qui sollicitent en quelque sorte l'application des narcotiques les plus puissans; tandis que d'autres n'éprouvent que des élancemens peu incommodes, ou même ne resseulent aucune souffrance. Les douleurs tantôt naissent du testicule , tantôt se font sentir dans les lombes avant que l'organe principal semble encore profondément altéré. L'époque à laquelle le cordon des vaisseaux spermatiques s'engorge n'est pas moins variable. Quelquefois, cette complication se manifeste au début de la maladie; chez d'autres sujets, au contraire, elle n'est que la suite d'uue dégénérescence déjà ancienne et portée trèsloin. Ce dernier cas est beaucoup plus fréquent que l'autre. L'engorgement du cordon se borne, dans certaines circonstances, a la partie la plus voisine de l'organe; mais il s'étend plus fréquemment jusqu'au voisinage de l'anneau inguinal, ou même dans l'intérieur du ventre. Dans des cas, heureusement peu nombreux, la partie inférieure de cet organe reste saine, quoiqu'on sente plus haut, à travers les parois abdominales, des tumeurs dures et squirreuses sur son trajet. Boyer cite comme une circonstance très-fâcheuse la dilatation, même isolée, du canal déférent, et assure que tous les sujets sur lesquels il l'a rencontrée, et qui ont été opérés, sont morts ensuite d'affectious cancéreuses consécutives. Enfin, l'altération de la nutrition, la fièvre, la maigreur, et les autres effets sympathiques de la désorganisation du testicule, se manifestent plus ou moins promptement, suivant que le malade est déjà disposé ou non à les éprouver, et que sa constitution se rap-
5>roche plus ou moins de celle qui caractérise le tempérament ymphatique et nerveux.
Parmi les complications du sarcocèle, une des plus fréquentes et des plus propres à jeter de l'obscurité sur le diagnostic, est l'accumulation d'un liquide séreux ou sanguin dans la cavité de la tunique vaginale. Cette espèce d'hydropisie dépend de l'irritation propagée de l'organe glanduleux a la membrane séreuse qui l'enveloppe; elle est analogue à celle que déterminent dans !a cavité abdominale les inflamations chroniques du foie, de la rate , des intestins. On a donné a la maladie , ainsi compliquée, le nom d'hydro-sajeocèle ; mais celui de sarcohydrocèle lui convient mieux, parce que l'affection du testicule et Je sarcocèle en constituent la lésion primitive. Quant aux altérations que subit la substance du testicule cllc-
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même, elle présente les caractères les plus varies. Tanlôt l'organe est sépare par des cloisons membraneuses en un grand nombre de loges qui contiennent ou de la séroské, ou du pus, ou une matière sanieuse analogue à la lie de vin, ou une sorie de mucosité épaisse et gluante ; quelquefois ces collections se prononcent à l'extérieur, et peuvent faire croire à l'existence d'un abcès enkysté de la substance testiculaire. La tunique vaginale est souvent adhérente h l'organe qu'elle entoure. Le testicule présente ordinairement une matière squirreuse d'un blanc grisâtre , homogène et plus ou moins solide. Quelquefois le tissu fibreux y domine ; il n'est pas rare d'y rencontrer des transformations cartilagineuses et même des points osseux. Dans beaucoup de cas , on rencontre le tissu cérébriforme ou celle substance pultacée rougeâtre, nommée fongus médullaire
5ar les chirurgiens anglais. Assez souvent plusieurs de ces formes 'altération sont combinées et confondues entre elles encore comme si elles naissaient les unes des autres, et ne constituaient que des degrés différens d'un même travail pathologique qui produit dans son cours toutes les formes de dégénérescence dont les tissus vivat» sont susceptibles. r Lesarcocèlc avancé se distingue aisément des autres tumeurs dont le scrotum peut être le siège, à sa pesanteur, à sa forme, a sa dureté, aux douleurs dont il est le siège , et aux circonstances commémoratives, déduites de son ancienneté, des causes qui ont déterminé sa formation, et de la succession de ses progrès. Le chirurgien exercé ne le confondra jamais par conséquent avec I'hydrocèle simple, I'hématocéle, la hernie ingu in At EOSchéocèle. Dans les cas mêmes où la présence dans la tumeur vaginale d'un liquide séreux ou sanguinolent rend Je diagnostic incertain, la pesauteur totale de la tumeur est plus grande que si le sarcocèle n'existait pas; en pressant la parlie avec les doigts d'avant en arrière, on parvien» souvent à refouler le liquide sur les côtés , et à sentir le corps endurci du testicule ; en arrière, on touche celui-ci plus facilement encore. Lorsque le liquide, contenu dans la tunique vaginale est transparent, la tumeur examinée entre une lumière vive et l'œil, laisse voir le testicule gonflé qui en occupe la plus grande partie; enfin, dans le cas douteux, une opération étant indispensable, il faut commencer par pratiquer la ponction, et si aucun liquide ne s'écoule, recourir aussitôt a l'ablation de l'organe. Quant aux epaississemens de la tunique vaginale et aux a Itérations du tissu cellulaire et de la peau du scrotum, il est facile, avec de l'attention , de les distinguer de la dégénérescence du testicule. La fongosité et le cancer de la tunique albuginée sont au contraire presque impossibles a reconnaître; mais ces lésions, exigeant presque toujours , comme le sarcocèle lui-même , Tabla-
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tion de l'organe, ce poiut de diagnostic est assez indiffèrent à établir. V oyez testicule.
Autant il importerait de distinguer par l'examen extérieur les degrés divers, et la nature des dégénérescences dont Je testicule tuméfié peut-être atteint, autant l'ait est , sous ce point de vue, incertain dans sa marche. Les seuls signes de 1 existence de 1 altération cancéreuse se déduisent des douleurs que le sujet éprouve, de l'altération survenue dans la couleur de la peau, de la maigreur, et de la présence des tumeurs secondaires dans l'abdomen; mais alors, il est presque toujours trop tard pour opposer aucun traitement efficace à la maladie, et même pour tenter l'opération avec quelque probabilité de succès. Il faut donc s'en rapporter alors aux données approximatives qui résultent de l'ancienneté de la maladie, des phénomènes qui l'accompagnent, du degré de dureté et des inégalités de la tumeur.
Le pronostic du cancer dti testicule est d'autant plus grave que la maladie est plus ancienne, que le cordon des vaisseaux eperraatiques est affecté plus haut, que la constitution du sujet est plus altérée, enfiu, que le ventre paraît plus disposé à devenir le siège d'engorgemens qui reproduiront le mal.
L'opinion, généralement admise que le sarcocèle est, de sa nature, incurable, et nécessite absolument l'ablation prompte du testicule, est une des erreurs médicales qui ont entraîné les conséquences les plus graves , et fait le plus grand nombre de victimes. Il est actuellement démontré, et nous en avons été plusieurs fois témoins, que des tumeurs du testicule, que tout iaisait présumer de nature cancéreuse , ont été guéries par un traitement rationnel, alors encore qu'il existait déjà des douleurs lancinantes, et un engorgement commençant au cordon des vaisseaux spermatiques. Autant certains praticiens se bâtent, dans leur" aveuglement , de pratiquer la castration , autant la saine raison et les théories les plus judicieuses conseillent de temporiser et de chercher a prévenir la nécessité d'une aussi grave mutilatiou.
Parmi les moyens qui ont été conseillés contre le sarcocèle, les applications narcotiques , les fondans à l'intérieur, les préparations mercurielles , administrées jusqu'à produire la salivation , ne méritent aucune confiance. Pour quelques guérisons . obtenues à l'aide de ces médicamens , il serait facile de citer une fou4e de cas où elles ont non-seulement échoué, mais encore produit des résultats défavorables , et compliqué la maladie principale d'irritations graves des viscères. Les saignées locales, opérées avec des sangsues , placées tantôt sur le cordon testiculaire, tantôt sur le testicule lui-même en assez petit nombre pour permettre d'y revenir tous les deux ou trois jouis, constituent le moyen le plus assure de dissiper les engorgemens chroniques
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des lcsiiculcs.il faut absolument ajouter alors aux sangsues le régime sévère , le repos au lit , les cataplasmes émoi liens continués sur la tumeur , les bains . les boissons émollientes et des luvemens ou de doux )axalifs,afin d'entretenir la liberté du venli e. Gama emploie généialenieitl cette mélliode de traitement, et il est presque sans exemple que les saicoLeles dont les militaires sont si souvent affectés, aient résisté à son usage. Lorsque les testicules diminuent de volume, et que l'irritation s'y éttitn, ou hâte souvent la guérison en irritant le canal intestinal à l'aide de quelques purgatifs, lorsque l'état des viscères le permet. Ce n'est qu'après avoir reconnu Humilité de ces moyens, et lorsque, malgré leur emploi persévérant , la maladie continue de faire des progrès, que l'opération est proposable el doit être pratiquée.
Le degré d'altération et d'accroissement de volume du testicule n'apporte jamais d'obstacle à la castration; mais l'état du cordon des vaisseaux spermaliques, celui du ventre etl'aspect général du sujet, rnéiilent alors un sérieux examen ; l'engorgement dur et squirreux du cordon lesticulairc, lorsqu'il est prolongé jusqu'au dessus de l'anneau , de manière a ne pas permettre de couper les tissus et de lier les vaisseaux dans des parties saines, apporte un obstacle invincible à l'opération. Le Dran osa bien poursuivre une tumeur de ce genre jusque dans le ventre, en fendant le canal inguinal, de manière à couper le cordon dans la fosse iliaque; mats le sujet ne survécut point à cette opération, qu'il serait téméraire de tenter de nouveau. 11 est bien entendu que Ton ne doit confondre avec le tquirre du cordon ni la dilatation variqueuse des veines qui entrent dans sa composition, ni l'œdème du tissu cellulaire qui réunit ces diverses parties, ni le développement d'itydrocèles enkystées dans sou épaisseur, ni enfin i' hypertrophie de sa substance. Toutes ces lésions peuvent bien rendre l'opération plus laborieuse, mais elles ne s'opposent pas au succès que l'ou en doit attendre, et, par conséquent, ne doivent jamais arrêter le chirurgien.
Il importe beaucoup , avant d'entreprendre l'extirpation' du testicule devenu squirreux, d'explorer exactement toutes les parties de l'abdomen, et surtout ses régions iliaque et lombaire. Lorsqu'il y existe des points d'engorgement, la prudence conseille de s'abstenir d'une opération, après laquelle on voit presque toujours l'altération intérieure laire des progrès plus rapides, el entraîner laverie du malade. Ou doit donc se borner a4ors aux adoucissans, aux anliphlogisliques ci aux saignées locales, moyens susceptibles, ou de ralentir la marche de la maladie , ou iuêiuc de procurer la résolution des u meurs.
2o6 SARRIETTE
La nécessite de l'opération, et la possibilité de l'exécuter étant reconnues, il convient presque toujours d'y recourir le plus promptement possible, afin d éviter que la maladie fasse d'autres progrès, que des parties nouvelles s'affectent sympathiquement, et surtout que l'organisme ne contracte, sous l'influence du cancer local , un nouveau degré d'altération. Voyez
SARCOCOLLE , s. f. sarcocolla; substance gommo-sucrée, qui découle particulièrement du penaea sarcocolla , petit arbrisseau de cap de Bonne-Espérance. Elle est en petits grains irréguliers et inégaux , dont la grosseur varie depuis celle d'une tête d'épingle, jusqu'à celle d'un pois au plus. Ces grains sont anguleux, et les uns rouges, les autres jaunes, avec toutes les nuances intermédiaires. Ils sont en général demitransparens, quelquefois opaques ou tout à fait pellucides j ils n'ont pas d'odeur sensible , mais possèdent une saveur âcre et chaude, et excitent la sécrétion sa li va ire. Les anciens paraissent avoir employé la sarcocolle à l'intérieur comme purgatif; mais son âcreté annonce qu'elle doit prendre place parmi les drastiques, et qu'il ne faudrait l'administrer qu'avec la plus grande circonspection , comme l'euphorbe, sur la même ligne de laquelle elle peut être rangée. On peut la substituer h la sabine et h la rue pour ronger les chairs baveuses, car elle est bien plus active qu'elles; cependant on n'en fait presque point usage.
SARCOCOLLINE, s. f. ; principe immédiat des végétaux, qui est propre à la sarcocolle, dont il forme environ les deux tiers, et auquel Thomson donne pour caractères d'être insoluble , incristallisable , d'apparence gommeuse, d'une couleur brune, cassant, solublc dans l'eau et l'alcool, et doué d'une saveur sucrée suivie d'amertume.
SARCOME , s. m. , sarcoma; expression vague qu'on doit bannir du langage médical, parce qu'elle n'offre aucune idée précise à l'esprit. On s'en est servi pour désigner tantôt des loupes de consistance ferme et comme charnue, tantôt de véritables cancers.
SARDON 1 QUE , ad. , sardonicus. Le nom de rire sardonique a été donné à un spasme convulsif des muscles des lèvres et des joues, qui donne à la face l'expression- d'un ris effrayant qu'on a regardé comme un des signes de l'inflammation du diaphragme, et qui paraît accompagner souvent les phlegmasies de l'estomac.
SARRIETTE, s. f. , satureia ; genre de plantes de la didynamic gymnospermie, L. , et de' la famille des labiées, J. , qui a pour caractères : calice tubulé, strié ; corolle tubuleusc, biiabiée,à lèvre supérieure droite, obtuse et légèrement échan-
SATYRÏASIS 207
crée, a lèvre inférieure ouverte, et partagée en trois lobes obtus presque égaux.
La sarriette des jardins, satureia hortensis , qui croît natu- • rellement dans le midi de l'Europe, passait jadis pour stomachique, carminative , vermifuge et antispasmodique. Sou arôme annonce qu'elle doit jouir des mêmes propriétés que toutes les labiées aromatiques. Cependant les médecins n'en font aucun usage, et ils l'ont abandonnée aux cuisiniers qui l'emploient souvent a litre d'assaisonnement.
SASSAFRAS, s. m. , laurus sassafras ; espèce de laurier qui croît dans l'Amérique septentrionale, et dont on emploie en médecine le bois de la racine ou du voisinage des racines. Sous une écorce assez épaisse, graveleuse, ferrugineuse et parsemée de tubercules noirâtres, se trouve le bois, qui est grisâtre, peu compacte et marqué de veines concentriques. Son odeur - est aromatique, et sa saveur presque uulle. On préfère celui qui vient des provinces méridionales de l'Union, parce qu'il a un arôme bien prononcé.
Le sassafras complète, avec la salsepareille , le gayac et la ' squinc, la série des bois sudorifiques. 11 passe pour être inférieur à ceux-ci, ce qui n'est probablement pas exact, si l'on prend en considération son odeur bien prononcée , et l'huile volatile aromatique et pesante qu'il fournit parla distillation. On l'emploie en décoction depuis deux gros ou une demionce jusqu'à un? once ou deux par pinte d'eau, mais il est rare qu'on le prescrive seul. Mérat fait observer que la décoction lui ôle une grande partie de son action en faisant évaporer son atome , et qu'on doit avoir recours â l'infusion longtemps prolongée, si l'on ne veut avoir un médicament iuerte et insipide.
SATURATION, s. L,saturatio. Les chimistes expriment, par ce mot, l'équilibre des forces entre deux corps mis en présence l'un de l'autre. Ainsi on dit que l'eau est saturée de sel quand elle n'en peut plus dissoudre. La saturation diffère beaucoup de la neutralilé, qui a lieu quand l'a combinaison des deux corps est assez intime pour que l'un des deux ne domine pas sur l'autre.
SATYRIASïS, s. m., satyriasis, satyriasmos , tentigo. Hippocrale donnait le nom de salyriasme aux tumeurs glandulaires oblongues, situées près des oreilles, qu'on observe chez les enfans, tumeurs qui les font ressembler jusqu'à un certain point aux satyres que l'on repicsenlc -ayant des oreilles grandes et saillantes. On a désigné par la suite , sous le nom de satyriasis, cet état dans lequel on éprouve de violentes érections permanentes ou incessamment répétées de la verge, avec désir ardent et insatiable du coït cl possibilité' de le répéter un
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grand nombre de fois. Le satyriasis diffère du pria pis me précisément à cause de ce désir, et de l'aptitude au coït, qui n'ont pas lieu dans le priapisme , aussi Sauvages avait-il rangé celui-ci parmi les spasmes , et le satyriasis, uu nombre des morosités.
Il est des hommes chez lesquels le penchant au coït est un besoin non-seulement irrésistible, mais encore sans cesse tenaissaut, au point que fort souvent il leur est impossible de penser et de s'oeccuper à toute autre chose. Le même phénomène s'observe quelque-fois jusque chez les enfaus, et notamment »hrz ceux dont les organes génitaux sont très-prématurément développés. Chez ces eufans , la masturbation se développe même sans que l'exemple leur en soit donné ; chez d'uuttcs, l'érection et le désir, encore mal défini, sont l'effet d'une irritation habituelle des tégumens de la verge, du scrotum ou de la membrane mucoso-cuianéc du gland , siège d'une dartre ou cfe toute autre inflammation chronique. Dans ce cas, la masturbai iou est encore le résultat ordinaire de ces conditions organiques. La masturbation est a son tour une autre cause très-puissante du satyriasis; elle satisfait momentanément le besoin, mais elle le rend plus fréquent, et cela, chose remarquable, d'autant plus fréquent que la verge devient de moins eu moins susceptible d'érection.
L'irrilatiou , l'inflammation du gland , de l'urètre , l'excès do continence et la masturbation habituelle, sont autant de causes du satyriasis chez l'adulte; mais alors elles sont corroborées par l'habitude de se livrer à des pensées libidineuses, par la vue des nudités, des peintures, des sculptures non drapées, par les conversations et les lectures erotiques; ces causes sont si puissantes, qu'ë défaut des deux premières 7 elles provoquent le satyriasis ; mais , dans tous les cas dont nous venons de parler , il est modéré ou du moins tolérable ; H n'est très -intense que par intervalles généralement éloignés, et le coTt le calme au moins pour quelque temps. H est un autre cas plus fâcheux , c'est celui qu'Arctéc a désigné particulièrement sous le nom de satyriasis» Suivant lui, c'est une maladie aiguë qui fait périr le sujet en sept jours. Le sujet présente une ressemblance frappante avec les satyres ; le pouls bat avec violence et précipitation; en vain le malheureux répète le coït, il n'eri éprouve aucun soulagement; l'érection continue , clic est douloureuse; les cremasters se contractent avec une telle violence , que les gesticules , fortement appliqués contre les anneaux , font éprouver des élancemens très-vils et très-douloureux, souvent même insupportables; les parties génitales sont couvertes de sueur; cites sont rouges, chaudes, souvent enflammées ; la face est animée , l'œil ardent: le sujet fléchit le tronc sur le bassin afiu
SATYRIAS1S 109
«le diminuer les douleurs qu'il ressent dans les testicules; il est triste d'abord ; mais si le mal s'exaspère au lieu de se calmer, il devient furieux , sa passion oe connaît plus de frein 5 il profère des paroles obscènes, lâche des vents; il provoque au coït toutes les femmes dont il peut approcher, ou bien il se masturbe avec acharnement; le délire survient; la soif est excessive , les lèvres sont sèches ou écornantes; le vomissement se manifeste, une odeur forte et fétide s'exhale de sa peau; J'urine cesse d'abord découler, puis elle coule blanche et épaisse; les excrémeos sont expulsés; de la démangeaison se fait sentir au thorax aux ajssclles ; il n'y a pas d'appétit; l'idée, de manger rebute le malade; mais s'il saisit enfin des alimens, il les dévore avec avidité. Si la, mort n'arrive pas rapidement, il survient de l'enflure, le visage se boursoufle, les muscles entrent en contraction permanente, le pouls devient petit. 4 faible et irrégulier. Parfois la maladie cesse après une diarrhée ou un vomissement. Aiétée dit que cette maladie attaque principalement les jcuues gens portes aux plaisirs de l'amour, et au'elle les fait périr en sept jours, ttuttou a rapporté très au long le délire satyriasique éprouvé par un homme que des motifs religieux et une volonté très-énergique retenaient dans la continence.
Le saryriasis que nous venons de de'crire est fort rare; nous ne l'avons pas observé. Il eU plus commun de rencontrer des hommes d'un tempérament très-ardent qui , même dans un Age avancé, se livrent avec une insatiable avidité aux plaisirs sexuels. Ou s'accorde a penser que cette disposition provient de l'organisation, et qu'elle est seulement fortifiée par toutes les circonstances qui peuvent porter à penser habituellement au coït. Gall croit que ce penchant si prononcé pour le coït dépend d'uu développement relatif très considérable du cervelet. On objecte à cette opinion que des hommes remarquables par leur goût effréné pour le coït, et leur vigueur en ce genre, ont la région 6us-cérébelleuse peu développée , dans quelque direction que ce soit, et que des animaux , tels que les batraciens, qui éprouvent dans le coït une sorte d'extase telle, qu'à peine sentenl-ils qu'on leur coupe les pattes, ont, pour tout cervelet une petite languette nerveuse à peine visible. Nous ajouterons qu'il est des hommes doués d'un appétit vénérien sans cesse renaissant et de très-peu de pouvoir de l'assouvir. Le cervelet est-il chez eux le siège de ces deux états contradictoires?
Chcync a vu trois fois le salyriase chronique chez des vieillards infirmes, faibles, digérant mal, hypocondriaques, flatulens: les phénomènes avaient iieu la nuit; les sujets éprouvaicnlune vive irritation, une forte inflammation , une érection douloureuse de la verge, comme si on la leur eut arrachée. Les