SATYRIASIS
malades , chez lesquels Cheync a observé ces phénomènes , u'éprouvuienL aucun désir de se livrer au coït. Nous avons observé des faits de ce genre chez des adultes encore jeunes ; mais, au commencement et k la fin de chaque accès, le désir vénérien se faisait sentir; il ne cessait que dans le moment où l'érection allait jusqu'à lu douleur, autrement ce n'eût été qu'un priapisme , et la maladie dout parle Chcjne ne nous paraît pas être autre chose.
L'usage iutérieur des substances qui irritent la vessie, et les cantharides ne sont pas seules dans ce cas , produit parfois un satyriasis très-intense, témoin l'homme dont parle Cabrol , et qui se livra plus de soixante fois au coït, et mourut peu après.
Par quels moyens peut-on espérer anéantir ou du moins refréner le penchant vénérien quand il dépasse les bornes ordinaires? Outre l eloignement des femmes et de tout objet, de toute lecture, de toute couversation susceptible d'en rappeler l'idée, il faut prescrire un travail opiniâtre et fatigant, tel que le jardinage ou la marche, et de plus un régime sévère tout végétal et réfrigérant ; mais ce ne sont là que des palliatifs. Il n'y a pas de moyens de guérisou en ce genre , à moins d'exténuer le ■ sujet par des saignées, habituellement répéter ce qu'on appelait autrefois minuere monachum. L'eau distillée cohobée trois fois de laurier-cerise, et les boissons dans lesquelles on la fait entrer, passcut pour calmer l'excitabilité génitale.
Quand le satyriasis est au plus haut degré, accompagné de délire érotique, de fureur, il ne faut pas hésiter à saigner largement, plonger les pieds du sujet dans l'eau chaude, appliquer de la glace sur la région lombaire et sur la partie antérieure de l'abdomeu, prescrire en même temps la diète la plus sévère et les boissous à la glace.
Nous sommes porté à croire que le satyriasis décrit par Arétée était uu délire érotique causé par quelque aphrodisiaque , tel que les cantharides , et connu sous le nom de philtre. Ce n'est que par là qu'on peut expliquer la rareté de cette maladie aujourd'hui, et sa fréquence dans le temps où cet auteur écrivait. On ne peut non plus expliquer autrement la mortalité en sept jours, qui, de notre temps, n'a été observée qu'à la suite de breuvrages incendiaires donnés ou pris dans l'intention d'accroîlre l'aptitude au coït.
Les sujets disposés au satyriasis par leur organisation finissent par se livrer à toutes sortes d'actes de libertinage, et cet objet est un de ceux sur lesquels le médecin peut être consulté par les tribunaux. Quel que soit notre respect pour la liberté individuelle, nous pensons que l'homme de l'art peut, en pareil cas , opiner en qualité d'expert pour la nécessité de placer le sujet dans uue inaisou d'aliénés, à temps ou k perpétuité,