SAUT
mens de projection amour de leur centre, qui le déterminent à tourner, par ses extrémités, autour d'un centre variable, de sorte que, ue se mouvant plus autour d'un point fixe, il peut suivre le mouvement qui résulte de ceux qui lui ont clé imprimés, et se détacher ainsi du sol. Dans cette hypothèse , le saut ne dépend pas uniquement de la résistance du sol , comme dans celle de Borelli , mais une force centrifuge agit sur le tronc au moment où la moitié supérieure du corps , consécutivement à l'extension de ses articulations, roule sur les tètes des fémurs, et un mouvement de projection lui est aussi imprimé au moment où le jeu des articulations du genou cl du talon vient changer Je point d'appui sur lequel se faisait préalablement son mouvement. Les bras, quoique ne faisaut pas partie du levier vertical, ne sont cependant point inaclifs dans la production du saut; car, rapprochés du corps au moment de sa flexion , i Is s'en écartent , lors de son déploiement , comme pour l'élever avec eux, et concourir à le détacher du sol.
Quoi qu'il en soit de ces deux théories, la résistance du sol est une condition indispensable au saut, puisqu'on ne peut sauter sur un sable mouvant, et qu'un sol élastique accroît beaucoup l'étendue du mouvement de projection. En exécutant ce mouvement, le corps se trouve placé entre deux puissances, l'une passive, qui résulte de sa propre pesanteur, l'autre active, qui dépend du redressement brusque de ses articulations. Cette dernière a d'abord l'avantage, et produit l'ascension du corps; mais l'autre lui fait bientôt équilibre, et enfin elle remporte sur elle, de sorte que le corps retombe au point d'où il s'était élevé. Pendant toute la durée de sa station en l'air, il n'exerce aucune influence sur le mouvement qui l'entraîne, soit dans un sens, soit dans l'autre ? et il ne fait qu'obéir d'abord à la force d'ascension qui lui a été imprimée, ensuite à sa propre gravitation , et les mouvemens divers qu'il peut exécuter alors ne contribuent en rien à retarder ou à accélérer sa chute.
Au reste, le mécanisme du saut varie suivant qu'il est vertical ou horizontal, et, dans ce dernier cas, suivant qu'il; s'exécute en avant, en arrière, ou de côté.
Dans le saut vertical, Je corps s'infléchit et se redresse presque perpendiculairement sur lui-même. La flexion de la cuisse en avant sur le bassin, de la jambe en arrière sur la cuisse, et du pied en avant sur la jambe, fait qu'il occupe moins d'espace qu'auparavant, c'est-à-dire qu'il se raccourcit, et qu'au moment de l'extension il reçoit une impulsion moyenne à celle de ces diverses inflexions, par conséquent correspondante à son propre axe.
Dans le saut horizontal, iL faut non-seulement que le jeu
ai4 SAVON
des diverses articulations se combine de manière à élever Je corps , ei à le porter dans le même temps en avant, en arrière ou de côte, mais encore que le tronc s'incline dans le sens suivant lequel on veut le porter, aGn d'ajouter à l'impulsion qu'il a reçue. De la résulte que le corps décrit une parabole / dans son mouvement total. Dans le saut de côté, outre que le tronc s'incline, les membres pelviens agissent inégalement, et leur jeu se trouve combiné de manière que le membre opposé au côté vers lequel on veut sauter agisse plus que l'autre, qui se porte lui-même dans l'abduction, tant pour agrandir la base de sustentation dans le sens selon lequel le corps s'incline, que pour rendre l'autre membre plus oblique par rapport au tronc, et plus capable de l'ébrauler.
SAVEUR, s. f., sapor; sensation particulière que les corps sapides exercent sur l'organe du goût. On donne aussi fort improprement ce nom a la propriété spéciale en vertu de laquelle ils produisent celle impression, et c'est même dans ce dernier sens que le mot est employé le plus souvent.
Le nombre des saveurs est immense, et varie a l'infini, selon les individus. Aussi toutes les classifications qu'on en a données sont-elles insuffisantes. Les deux plus connues sont celles de Haller et de Linné. Le premier admettait douze saveurs, le fade, le doux, l'amer, l'acide, l'acerbe, l'âcre, le salé, l'urineux, le spiritueux , l'aromatique, le nauséeux et Je putride; le second dix seulement, le doux, l'àcre, le gras, le styptique, l'amer, l'acide, le muqueux, le salé, l'aqueux et le sec. Ces distinctions, et toutes les autres analogues, sont aussi arbitraires qu'inutiles. La seule admissible est celle des saveurs en agréables et désagréables; encore même ne peuton rien fixer de général à cet égard, puisque le rapport d'agrément ou de désagrément que présente une saveur donnée, ne doit jamais s'entendre que de tel ou tel individu, et même de cet individu dans telle ou telle circonstance, parce que toute saveur dépend de la manière dont les organes de celui qui la ressent réagissent sur l'impression produite par les corps qui la font naître.
SAVON, s. m., sapo; combinaison d'une huile fixe ou d'une graisse avec un oxide métallique ou l'ammoniaque. Les savons sont des élaates et des stéarates de la base employée. On les distingue eu alcalins, terreux et métalliques.
Les savons alcalins sont solides ou mous. On ne peut obtenir les premiers qu'avec les graisses , les huiles siccatives et celles qui se congèlent à diverses températures. On ne les prépare même qu'avec la soude, car la potasse et l'ammoniaque ne donnent que des savons mous. Parmi les savous solides, on distingue celui qui porte le nom de médicinal , et dans lequel