SCILLE
inférieur, qui se comporte en partie comme le précédent, et en partie aussi se répand dans te ligament capsulaire de l'articulation du genou, il se partage en deux branches, l'une interne, le nerf tibial, l'autre externe, plus petite, le nerf péromer. Cette scission a lieu ordinairement à la partie moyenne de la cuisse, assez souvent néanmoins plus haut, et même quelquefois au dessus de la tubérosilé scia tique, en 6orte que les deux branches, séparées alors par le muscle pyramidal, descendent, l'externe derrière, et l'interne devant lui.
Le plexus scialique ou sacré est situé dans l'excavation du bassin, en arrière et sur les côtés, devant le muscle pyramidal, derrière les vaisseaux hypogastriques. 11 doit naissance à la branche antérieure du cinquième nerf lombaire et à celles des quatre premières paires sacrées. En dehors, il se continue avec le nerf scialique, car les branches qui le constituent, au lieu de s'envoyer réciproquement des rameaux, et de constituer ainsi une espèce de réseau, se joignent immédiatement Jes unes aux autres, de manière à donner naissance à un gros tronc nerveux. Ce plexus fournit un assez, grand nombre de branches, dont les antérieures portent Je nom de nerfs hémorroïdaux, ve'sicaux, utérins et vaginaux, et les postérieures celui de nerfs fessier inférieur et honteux,
La lubérosité sciatique est une grosse éminence, arrondie et très-épaisse, que présente la partie inférieure de l'os des îles, qui donne attache à plusieurs muscles , et sur laquelle le corps repose quand on est assis.
Sciatique, s. f., coxœ dolor, dolor ischiaticus , malum coxendicum , morbus coxdrius^ ischias, ischias nervosa , nevraigia scialica. Sous le nom de douleur sciatique ou seulement de sciatique y on désignait jadis et la douleur causée par l'inflammation de l'articulation coxo fémorale , et celle qui est due à l'affection des nerfs scialique et crural, connue aujourd'hui sous les noms de névralgie fe'moro-poplitée et névralgie Jemoro-prétibiale. Voyez wévr algie.
SCILLE, s. f. , scilla; genre de plantes de l'hexandrie monogynie, L. , et de la famille. des liliacées, J., qui a pour caractères : corolle à six pétales ouverts et caducs; capsule presque ronde, h trois valves, à trois loges et polysperme.
La scille maritime , scilla marima, belle plante qui croît sur les bords de la mer, dans les parties méridionales de l'Europe, jouit d'une réputation colossale en médecine, où l'on emploie de temps immémorial son oignon. Cet oignon, dont le volume égale souvent celui de la tete d'un enfant , est pyriforme et couvert à l'extérieur de plusieurs tuniques minces, sèches et papyracées. Qn trouve au dessous des écailles ovales, charnues, le plus souvent rouges, quelquefois blau-
a5o SCILL1T1NE
chcs , et d'au tant plus épaisses qu'elles sont plus profondés. Il exhale une odeur piquante , qui irrite les yeux et le nez. Sa saveur, d'abord mucilagineusc , ne tarde pas à devenir aiucre et assez désagréable; son suc excite du prurit aux mains.
Vogel, qui en a fait une analyse très-exacte , y a trouvé un principe àcre et volatil , qui se décompose à la chaleur de l'eau bouillante, de la gomme, un principe amer et visqueux
Î>articulier, la scillitine, du tanuin , du citrate de chaux et de a matière sucrée.
Une foule de faits se réunissent pour constater l'énergie puissante avec laquelle la scillc agit sur l'économie. Les animaux qui en mangent ne tardent pas k périr, et Orfila a reconnu qu'il suffit, pour leur donner la mort , de l'appliquer à l'extérieur, dans l'épaisseur des chairs. On connaît aussi plusieurs exemples de personnes qui ont été empoisonnées par de trop grandes doses de cette substance, et après la moi t desquelles on trouva l'estomac enflammé. Elle agit donc en irritant avec fotee les tissus , et de cela seul on doit conclure qu'elle ne convient jamais quand il y a un état d'irritation ou d'inflammation, qu'elle ne manquerait pas d'exaspérer.
On l'a surtout préconisée comme béchique et diurétique. Il est de fait qu'elle augmente en général l'expectoration , et que presque toujours elle active la sécrétion uriuaire , même lorsqu'on l'administre k l'extérieur en frictions ; aussi l'a-t-on conseillée dans tous les genres d'hvdropisies, où elle a parfois réussi.
L'administration de la sciJIe demande beaucoup de prudence; car, pour peu qu'on en donne trop, elle excite des nausées et des vomissemens; elle produit souvent aussi un effet purgatif, même à faible dose.
On l'administre de différentes manières. La poudre se prescrit à la dose d'un demi-grain à un grain et demi, qu'on peut répéter une ou deux fois dans les vingt-quatre heures. L'infusion acéteuse sert k préparer l'oximel scilli tique , médicament fort employé, k la dose d'un gros k deux par verre de tisanne , répétée uuc a deux fois par jour , ou k celle d'une once dans des potions destinées à être prises d'heure en heure par cuillerées. L'infusion vineuse se donne aussi intérieurement, h la dose d'une cuillerée k bouche chaque matin; on l'emploie également en frictions, quoique la teinture alcoolique soit préférée pour ce dernier usage , auquel on n'en doit consacrer qu'un gros ou deux k la fois, dans la crainte de produire des accidens semblables k ceux qui éclateraient si la scille avait été introduite dans l'estomac.
SCILLITINE, s. f. ; nom donné par Vogel k une substance blanchâtre, transparente, k cassure résineuse, excessivement amère , soluble dans l'eau , qu'elle rend visqueuse , soluble aussi
SCLÉRÈME
dans le vinaigre , cl ne donnant pas d'acide mucique quand on la traite par l'acide nitrique, qui existe dans la scille, dont elle forme environ les trente-cinq centièmes. Fouquier la regarde comme le principe le plus efficace de ce bulbe.
SCISSURE, s. £ . ; nom donné par les anatomislcs à tout enfoncement et à toute fente d'un organe qui livre passage à des vaisseaux ou à des nerfs.
La scissure de G laser est une fente étroite de la cavité glénoïde de l'os temporal qui pénètre dans la caisse du tympan.
La scissure de Sylvius est un enfoncement considérable qui sépare l'un de l'autre les lobes antérieur et moyen du cerveau.
SCLÉRÈME , s. m. , scleremia , induratio iextûs cellularis ; maladie des enfans nouveau-nés, qui consiste dans l'endurcissement du tissu cellulaire. Elle commence, le premier ou le second, rarement le troisième jour après la naissance, par le refroidissement qui, des joues, s'étend aux membres inférieurs et supérieurs, puis au bas-ventre et souvent à tout le corps. Les parties affectées sont tellement dures qu'elles résistent à l'impression du doigt, presque comme le ferait du bois. La pression ne cause aucune douleur; la peau adhère tellement aux parties sous-jacentes , et fait tellement corps avec elles, qu'on ne peut la piucer ni la soulever ; elle est épaissie surtout aux extrémités inférieures; les articulations sont mobiles, la mâchoire inférieure peut être abaissée; reniant pousse des cris languissans; il tête faiblement et avale avec difficulté ; la peau est froide, ou bien elle n'a que la température que lui communique le lit; elle est livide, excepté à la piaule des pieds et aux cuisses, où elle est légèrement rêuge ; les excrémens et l'urine sont expulsés , mais en petite quantité ; le pouls, est faible, ni fréquent, ni vile. Vers le troisième ou quatrième jour, le plus grand nombre des sujets affectés de cetta maladie périssent. A l'ouverture du cadavre , après avoir divisé la peau, une grande quantité de sérosité jaunâtre et trouble s'écoule; on trouve des granulations sèches dans le tissu cellulaire ; les vaisseaux et les ganglions lymphatiques sont augmentés de volume; le foie est plus gros que de coutume, et gorgé de sang noir, ainsi que les vaisseaux ombilicaux et le poumon, qui ne paraît pas avoir été distendu par l'air, comme il convient qu'il le soit. J. Frank remarque que personne n'a suffisamment examiné le cœur à la suite de celle maladie.
Le sclérème se distingue de l'érysipèle, qui est si commun chez les nouveau-nés, eu ce qu'il ne survient jamais après le troisième jour ; il commence par la face , ne cause aucune douleur, et n'est accompagné d'aucune fièvre. Il diffère du tétanos en ce que les articulations sont mobiles, notamment celles de la mâchoire inférieure.
a5î SCLÉRÈME
Od a parle d' une induration cornée, tantôt générale, tantôt partielle, du lissu cellulaire , encore à peine connue.
Le sclérèruc a lieu chez les enfans grêles, jumeaux , nc's de mères affectées de maux vénériens, phthisiques, hydropiques , adonnées à l'ivrognerie. On l'observe principalement dans les hôpitaux d'orphelins en hiver et dans l'automne. On l'attribue à l'action du froid, à l'air malsain des hôpitaux, au défaut d'une nourriture ou plutôt d'un lait approprié ; on lut a assigné pour cause l'érysipèlc, le vice lépreux, le spasme, un défaut d'oxigénation du sang et de développement de la chaleur animale. Dans celte dernière hypothèse, le sclérème a été rapproché de l'asphyxie. Audry et Ghelis croient à sa complication avec la syphilis, et lui attribuent alors un caractère chronique.
On doit à Libcrali diverses remarques importantes sur le sclérème; le dos et la plante des pieds sont convexes; cette dernière est d'un rouge pourpre ; la rougeur s'étend assez souvent aux jambes, aux cuisses, au bas-ventre, et même au reste du corps. Si on approche les parties endurcies du feu , elles se réchauffent, mais seulement pour un inslaut. Quand l'endurcissement s'étend au tissu cellulaire qui avoisine les muscles élévateursde la mâchoire inférieure, la déglutition est fort gênée ; les convulsions terminent ordinairement la vie du malade. Plusieurs ne meurent que le seizième , dix-huitième , vingtième et même cinquantième jour. Doublet a même vu le sclérème se développer le quinzième jour, et n'être guéri que le quarantième. Selon Denman, malgré la dureté des parties, elles sont encore cedcmatLi scs , et la peau offre un aspect blanchâtre, semblable à celui de la cire.
Cette maladie est presque toujours mortelle. On a conseillé les bains tièdes^ans la décoction de sauge, les bains sinapiscs, les vésicatoires aux cuisses, les douces frictions, les eaux aromatiques à l'intérieur, avec les antimouiaux, les lavemens avec l'infusion de camomille, le vin à la dose de quelques petites cuillerées. J. Frank pense que l'on doit principalement diriger le traitement sur le poumon , et peut-être il a raison ; mais il ne dit pas de quelle manière on doit remplir cette vue.
Sur soixante-dix enfans que Liberali a vus périr a la suite d'endurcissement du tissu cellulaire, la plupart moururent avant le huitième jour depuis la naissance; un seul avait atteint le cinquante-septième; un autre, le cinquantième; un, le trentequatrième; deux, le vingtième; un, le dix-huitième; deux, le seizième. Ces enfans avaicut la peau parsemée de taches d'un rouge pourpre plus ou moins foncé; le tissu cellulaire souscutané, condensé comme une écorce, laissait rarement suinter uu peu de sérosité quand on le comprimait. On rencontrait
SCLÉRÈME i53
sous les os de la pommelle un noyau de graisse quî, lorsque la maladie était très-avancée, avait l'apparence d'un coids homogène , sébacé et flottant au milieu d'une graisse blanctiâtre. Quand l'endurcissement était moindre, ce corps était divisé en deux parties inférieurement , et même en quatre dans un cadavre. En général, on découvrait des traces d'inflammation plus ou moins intense dans les viscères. Les vaisseaux cérébraux étaient presque constamment distendus par le sang; il y avait du sang dans les ventricules du cerveau ; les plexus choroïdes étaient déchirés, la substance cérébrale injectée, les lobes du poumon enflammés, noirs et hépatisés, le cœur plus ou moins engorgé, l'oreillette droite dilatée, chez tous les sujets. Parfois, l'inflammation affectait le tube alimentaire, et l'estomac paraissait enflammé intérieurement, parseméde points gangreneux et d'aphthes qui se propageaient au reste du canal intestinal. Cependant, plusieurs fois Liberali reconnaît avoir trouve le sclérème sans traces d'inflammation des poumons, ni des organes digestifs; en conséquence, il conteste a Hulme que l'induration du tissu cellulaire dépende de l'inflammation pulmonaire, d'autant plus que l'endurcissement du premier n'est pas toujours en rapport avec la phlcgmasie de l'organe respiratoire, lorsqu'il y a coïncidence de ces deux états pathologiques. Il ne croit pas non plus que, comme le prétend Underwood , l'entérite soit la cause du sclérème , et par les mêmes raisons, c'est-a-diie, parce qu'il n'a trouvé la phlcgmasie des intestins que chez le plus petit nombre. La moitié au moins des enfans dont il a ouvert les cadavres, étaient nés de parens aisés, n'avaient respiré qu'un air pur. Il résulte de ses calculs que le froid suffit pour produire cette lésion du tissu cellulaire, lors même qu'aucune autre cause ne s'y joint; avec Paul d'Egine, il voit par conséquent dans le sclérème une sorte de congélation du tissu cutané et sous- cutané, et il pense que l'inflammation des poumons surtout, et moins souvent celle des , intestins, en sont la suite et non la cause, selon que l'enfant est disposé à l'inflammation de tel viscère plutôt que de tel autre. Celte théorie nous paraît tout à fait plausible, parce qu'elle se rapproche des faits.
Liberali ne s'est pas montré moins judicieux à l'égard du traitement du sclérème. On doit se proposer, dit-il , d'éteindre les inflammations internes quel qu'en soit le siège, d'amollir le tissu cellulaire, et de raviver la circulation. Le siège de l'inflammation interne, s'il en existe, étant déterminé, on appliquera quelques sangsues au thorax ou h l'épigastre; on
1>raliqucra ensuite des frictions avec l'eau-dc-vie camphrée ou 'alcool ; le corps de l'enfant sera couvert de linges chauds. Ces moyens opèrent des prodiges, quand la maladie du tissu