‹ Dictionaire abrégé des sciences médicalesChapitre 31 sur 101 · SCROTUM · texte numérisé non relu

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cruel ennemi de l'espèce humaine ait c'te considère comme un remède salutaire? Si les opinions de quelques anciens et d'un plus grand nombre de modernes, trop dociles aux leçons de l'antiquité , n'étaient purement hypothétiques, l'art de guérir se réduirait à ceci : entretenir la fièvre chez les malades qui l'ont, la provoquer chez ceux qui ue l'ont pas.

Quand nu pense que l'on a recommande d'exciter la fièvre chez des sujets affectés d'inflammation chronique du poumon , parce qu'ils avaient la peau fine et très-blanche, les cheveux blonds et les yeux bleus, quand on se représente ces malheureux minés par un feu que leur médecin attisait innocemment , on est tenté d'avouer qué l'espèce humaine aurait gagné a ne point avoir de médecins. *

Si .RoTl JM , s. m. , scrotum ; espèce de bourse, plus largo in férieu rement que supérieurement , qui renferme les testicules. La peau qui recouvre celte poche est un repli des tégumens communs, qui descend' de la région inguinale, cl se perd entre la racine de la verge et le périnée. Ll le est d'une couleur plus foncée que le reste de la peau, parsemée de poils isolés j dépourvue de graisse, cl garnie , sur la ligne médiane, d'un étroit bourrelet peu saillant , qu'on appelle raphé.

• Les solutions de continuité du scrotum guérissent toujours avec facilité, à raison de la souplesse des tégumens de cette partie, de l'abondance du tissu cellulaire qu'ils recouvrent et de la grande quantité ne vaisseaux qui se distribuent aux enveloppes du testicule. La contusion dont le scrotum est fréquemment le siège, détermine presque toujours des extiavasations sanguines considérables, et des ecchymoses étendues. Lorsque le testicule lui-même n'a que peu ou pas souffert, ces lésions ne sont jamais graves. On doit, après qu'elles ont eu lieu, s'efforcer d'abord de prévenir l'inflammation à l'aide de topiques émoi liens et des saignées locales, puis recourir aux résolutifs, aûn de faciliter l'absorption dn liquide sorti de ses vaisseaux.

Le scrotum a été quelquefois le siège des pustules- gangreneuses qui caractérisent le charbon. Celte affection redoutable doit y être traitée comme dans toules les parties du corps,

N mais avec un surcroît d'énergie, parce que la texture des bourses rend leur destruction facile, et que la mortification pourrait aisément s'étendre jusqu'au testicule. Nous avons observé jadis l'inflammation gangreneuse du scrotum sur plusieurs sujets atteints de gastro-entérite, auxquelles on donnait le nom de fièvre adj'namique. Survenue ordinairement vers le dernier stade de la maladie , celte affection s'aunonçail par une phlogose érysipélateuse et bleuâtre' des tégumens de» bourses; bientôi de Pcngorgemcm survenait daus les parties

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plus prorondes j le scrolum augmentait considérablement de volume, puis des taches noiràires se développaient K sa surlace, et la gangrène, étendant au loin ses ravages, dépouillait de toutes parts les testicules et les laissait à découvert. Chez les sujets qui ne succombaient pas, et celte inflammation était considérée comme critique par le plus grand nombre de médecins, ou voyait, après la chûte des escarres, des bourgeon» celluleux et vasculaires s'élever des bords de la plaie, ainsi que de la surface externe de la tunique vaginale, et former uue sorte de scrotum anormal étroit, dont la surface délicate avait besoin d'être ensuite protégée par des suspensoirs,

11 est à remarquer que les inflammations dont il s'agit étaient nées sous l'influence de traitemens intérieurs tres-sàmulans, et qu'à leur apparition on -ne croyait pas trouver dans la pharmacie de substances assez énergiques pour détruire la faiblesse des parlics affectées, et prévenir la gangrène dont celte débilité excessive les menaçait. Aujourd'hui que la médecine suit d'autres voies, la gangrène du scrotum n'a plus lieu , et, si elle se manifestait, ou doit penser qu'un traitemeut antiphlogîstique local actif s'opposerait a ses progrès , et préviendrait la mortification des tissus.

Les crfvasses de l'urètre, vis à vis du scrotum, donnent lieu à des infiltrations urineuses, et souverrt à la gangrène de celle partie. L'histoire des lésions de ce genre se rattache de la manière la plus intime à celle des rétrécissemens de I'urètbe et des dépôts uriheux qui en sont fréquemment la 6uite.

Chez les sujets irritables, livrés a des travaux qui exigeai de longues marches ou de violens exercices d'équitation , chez ceux surtout dont les enveloppes des testicules sont molles, pendantes, habituellement baignées de sueur, il n'est pas rare de voir si* développer au scrotum des inflammations érysipélateuses, qui dégénèrent graduellement en dartres plus ou moins vives, boutonneuses ou disposées à l'ulcération» Les affections de ce genre sont fréquemment rapportées à la syphilis. Elles guérissent presque toujours par le repos, les déla vans, les bains et quelques excitans révulsifs à l'intérieur. Lorsque, sous l'influence de ces nroyens, l'irritation est calmée, quelques bains de Barréges sont utiles pour hàier la guérisou; le malade préviendra ensuite. la récidive en se livrant à des exercices plus modérés, en soutenant le scrotum avec un suspensoir, en entretenani la propreté de cette partie a l'aide de fréqueus lavages à l'eau froide, et en évitant l'abus des stimula us, qui souvent semblent une cause active de lu maladie qui nous occupe.

Chez certains sujets, les irritations prolongées du scrolum

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déterminent l'afflux du sang, l'hypertrophie des tissus, et enfin le développement de tumeurs qui sont quelquefois devenues énormes. Dionis, Walther, Chîseldeu, Morgagni, Imbert de JLormes , Lairey, Houx, Delpech, et plusieurs autres chirurgiens, ont rapporté des exemples plus ou moins extraordinaires d'affection de ce genre. La tumeur dont parle Dionis pesait environ soixante-trois livres; celle que portait Châtie» de Lacroix, et dont Imbert de Lorme a pratiqué rescision,

Sesait trente livres. On a pensé long-temps que le testicule égénéré était alors le siège du mal ; mais un examen plus attentif n'y a fait découvrir qu'un engorgement considérable , ou une désorganisation du tissu cellulaire sous-cutané du scrotum. Tantôt les tégumens étaient sains et on ne découvrait au dessous qu'une infiltration éuorme de sérosité, plus ou moins dense ou liquide, blanchâtre ou jaunâtre, facile a s'écouler par les incisions, ou doués de viscosité et adhérente aux lames celluleuses. Chez quelques sujets , les enveloppes des testicules étaient épaissies , lardacées, et les bourses transformées en une masse considérable d'un tissu blanc ou jaunâtre, a demi fibreux, homogène, contenant en divers endroits des foyers purulens ou des collections sanguines de dimensions variable^ On a remarqué que les tumeurs de ce genre ne dégénèrent jamais en cancer, et qu'elles peuvent acquérir le volume le plus considérable , et exister pendant un grand nombre d'années sans exercer d'influence défavorable sur la conslitutiou des sujets, sans gêner autrement que par leur présence entre les cuisses, et par leur poids.

On a cru pendant long-temps que les dégénérescences cléphantiasiques du scrotum devaient être respectées, et que toute tentative d'ablation faite sur elles ne pouvait que hâter la mort du sujet. De nouvelles observations, et les résultats d'une pratique plus hardie, ont démontré combien ces craintes sont chimériques. Les tumeurs les plus étendues ont été emportées par l'art sans qu'il en soit résulté ni aucune récidive de la maladie, ni aucune des affections des viscères, qui sont si communes après les extirpations du testicule devenu cancéreux. Les opérations de ce genre ne sauraient être soumises à aucune règle spéciale. Diviser les tégumens aux limites de la dégénérescence, lier les vaisseaux a mesure qu'ils sont ouverts, poursuivre la dissection jusqu'à l'entière ablation des' parties affectées, tels sont les préceptes généraux qui doivent servir de guide aux praticiens. Deux points importans méritent à juste titre de fixer son attention : l'un consiste a s'efforcer de découvrir et de dégager le testicule de la masse énorme qui l'enveloppe , afin de le confier a un aide , et de lo préserver de toute atteinte; l'autre a pour objet de ménager

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