‹ Dictionaire abrégé des sciences médicalesChapitre 32 sur 101 · SCROTUM · texte numérisé non relu

SCROTUM

autant que possible les tégumens, çt d'ui former des lambeaux susceptibles de recouvrir la plaie, et de rendre la cicatrisation moins difficile. Il ne faut pas oublier qu'une partie de la peau des caisses , de l'hypogastre , de la verge et du période a été déplacée par la tumeur attirée en bas par son poids, et qu'elle doit reprendre sa place après l'opération. La verge surtout, presque entièrement effacée, a besoin que ses tégu ■ mens lui soient rendus, afin de revenir a son état normal, et de reprendre ses fonctions. Les lambeaux ne doivent donc jamais paraître alors trop étendus, et l'on ne saurait trop s'attacher à respecter même la portion de tégumens qui semblerait la plus exubérante. Des bandelettes agglutinalivet, ou , suivant le besoin, quelques points de suture, servent ensuite à rapprocher les lèvres de la division, à recouvrir les testicules dépouillés de leur enveloppe, et quelques plumasseaux de charpie , des compresses, et un bandage approprié coniplè'.cnt et affermissent l'appareil.

On peut rapprocher de la maladie précédente l'affection du scrotum que Pott et Earle ont décrit sous le nom de cancer du ramoneur. Comme la première, celle-ci est manifestement le résultat d'une irritation devenue habituelle de la partie qui en est le siège. On ne l'observe presque jamais avant la puberté; les exemples les plus nombreux que Ton en possède appartiennent à des hommes de trente à quarante ans. Cette affection semble exclusive a l'Angleterre; les praticiens de ce pays l'attribuent à l'impression faite sur les tégumens par la suie provenant du charbon de terre qui garnit les cheminées. Le cancer du ramoneur n'affecte pas seulement le scrotum , ainsi qu'on pourrait le penser d'après la notice de Pott , Earle en a observé des exemples rares sur d'autres parties du corps , et en particulier sur le poignet et au visage.

Une excroissance verruqueuse, rougeâlre, donnant lieu à un sentiment de brûlure, et, fournissant un matière ichorense très-àcre, Annonce le développement de la maladie. Cette tumeur, qui reste quelquefois pendant long-temps stationnaire t et que les ramoneurs nomment bouton de la suie, s'ulcère enfin à sou centre. Les bords de l'érosion deviennent durs, calleux, se renversent en dehors, et prennent l'aspect du cancer, en même temps que des végétations fongueuses s'élèvent et fournissent une suppuration âcre et fétide, qui excorie les tégumens voisins. Les dégénérescences et la phlogose rie se bornent pas à la peau et au tissu cellulaire sous-jacent; la tunique vaginale, et ensuite le testicule, en ressèment les atteintes. Cet organe se tuméfie, contracte des adhérences avec la base de l'engorgement ulcéré extérieur 7 et se confond graduellement avec lui. C'est ainsi qu'un simple bouton , mobile et circonscrit , ordinairement placé à la partie la plus inférieure

SCUTELLAIRK

site formt

pénètre jusque dans la substance propre de i organe, rapides progrès, et des ravages aussi étendus, ne sauraient avoir lieu sans altérer la santé généra le j aussi les malades , tourmentés par la continuité des douleurs et le manque de sommeil, maigrissent-ils promptementj ils présentent en un, temps fort court un teint plombé et un aspect particulier, qui, pour les chirurgiens habiles font aisément reconnaître le caractère de la maladie. Suivant Earle, la transpiration est alors fort abondante, et exhale une odeur ammoniacale qu'on reconnaîtra toujours après l'avoir sentie.

L'érosion cancéreuse du scrotum ne cède, dit-on, h aucun traitement interne ou externe. Le feu seul peut en débarrasser le malade. Les mercuriaux, souveut prodigués alors par les médecius, qui attribuent la maladie à la syphilis, produisent constamment de mauvais effets, et hâtent la destruction des parties. Si, au début de l'ulcération, les malades étaient éloignés de leurs travaux soumis à l'action de bains mucilagineux répètes, à l'usage de boissons délayantes, condamnés a un repos prolongé au lit j si surtout on ajoutait à ces moyens les applications émollientes sur le scrotum , les saignées locales répétées, et toute la rigueur du traitement débilitant, il est permis de croire que l'on obtiendrait alors des succès que le caloinelas et les excilans , décorés du titre d'anlicancéreux,

présente

et plus expéditif d'emporter les tissus malades avec le bistouri, que de combattre, au moyen de traitemens toujours longs et incertains, l'irritaliou dont elles sont lé siège. Lorsque cette opération est pratiquée avant que le testicule soit affecte, elle réussit toujours, et les exemples de la récidive du cancer sont excessivement rares; On conçoit cependant que les causes qui l'ont produit une première fois puissent, si les sujets s'exposent de nouveau à leur action, en déterminer le renouvellement. Aussi convient-il de prescrire alors au malade d'abandonner sa profession , ou de prendre les soins de propreté qui peuvent seuls les rendre moins insalubres.

SCUTELLMRE, s. f. , scutellaria ; geure de plantes de la didynamie gyinnôspermie L., et de la famille des labiées , J., qui a pour caractères : calice très-court, bilabié, à lèvres entières, avec une saillie squamiforme, concave, oibicu-

SÉBACIQUE • 299

ïaire et penchée sur la supérieure; corolle bilabiée, à lèvre supérieure voûtée et munie de deux dénis a sa base, à lèvre intérieure plus large et échancrée.

Le scutellaria laierifolia, plante des Étals-Unis, a élé, dans ces derniers temps , préconisé par Aymau comme un remède assuré contre l'hydrophobic. Une critique lumineuse des assertions de ce médecin par Cbaussier et Mérat, a démontré qu'elles ne méritent aucune confiance, et qu'il faudrait au moins que les essais fusserit répélés d'une manière plus méthodique, car tous les faits rapportés par le tnédecin américain laissent un champ vaste au doute et à l'incertitude.

SEBACE, adj., sebaceus : épilhète donnée à certaines sécrétions onctueuses et îubréfiantes, dont l'aspect se rapproche de celui du suif ou de la graisse , et aux organes qui les four* nissent.

Les organes que les anatomîstes désignent sous le nom de follicules, cryptes ou glandes sébacés, sont désignés par eitx comme existant au cuir chevelu , aux aines, sous les aisselles, autour des ailes du nez, dans l'intervalle des orteils, aux sourcils, au bord des paupières, aux oreilles, au dessous de la lèvre inférieure, au scrotum, au pli des fesses, h la marge . de l'anus, et autour de la couronne du gland. Mais les fluides qu'ils fournissent sont si éloignés d'avoir des caractères univoques qu'on les a distingués eux-mêmes en muqueux, sébacés, unguineux, cérumincux, butyreux, caséeux, suivant leurs apparences, d'après lesquelleson croyait pouvoir juger de leur véritable nature. Quoique la chimie animale ne nous ait encore fourni que très-peu de lumières à leur égard, il paraît certain néanmoins que toutes ces épilhètes sont mal appliquées, qu'aucune des sécrétions qui les portent ne se rapproche ni du suif, ni de la graisse ou des huiles, et que la plupart sont véritablement muqueuses ou albumineuses. Il reste a la vérité les sécrétions graisseuses qui semblent enduire Ja peau de certaines personnes, et qui abondent surtout au cuir chevelu et au nez; mais on ne connaît pas encore les organes qui les fournissent, et peut-être doi(-on les rapporter à l'exhalation , comme a fait De Lens. Il reste encore d'importantes recherches a faire sous ce rappoit, comme en général à l'égard de toutes les sécrétions.

SEBACIQUE, adj.; nom d'un acide qui se forme en distillant la graisse ou le suif. Cet acide cristallise en petites aiguilles blanches. Il n'a ni saveur ni odeur, et se dissout dans l'eau, surtout à l'aide de la chaleur. Il est soluble aussi dans l'àlcool, et fusible à la manière des graisses. Il se vaporise et se décompose en partie par l'action île la chaleur. L'argent , le mercure et le plomb sont précipités par luiMc leurs disso-

3oo % SÉCRÉTION

Jutions. Berzelius le considère comme de l'acide beiuuïquc dont un corps gras masque les propriétés. Les sels qu'il forme portent le nom de sébates.

SEBESTE, s. f . ; fruit du cordia myxat arbre de la famille des borraginées, qui croît dans le Levant. C'est un drupe rougeâlre, à chair sucrée, fade et très-mucilagineuse, qui couvre un assez gros noyau biloculaire. Les Orientaux mangent les sebestes, qu'on employait autrefois en médecine, comme adoucissantes et pectorales, de telle sorte qu'on les faisait entrer dans les tisanes prescrites aux malades atteints d'affections irritatives de la poitrine. Mais elles sont totalement inusitées aujourd'hui s el l'on n'en trouve même plus dans le commerce.

SECOND1NES, s. f. pl., secundinœ; nom donné quelquefois aux dépendances du fœtus, parce qu'elles ne sortent ordinairement de la matrice qu'après l'expulsion de ce dernier. La dénomination d'arrière- faix est plus usitée. Voyez délivbauce,

SÉCRÉTION , s.f., secretio; fonction en vertu de laquelle certains organes fabriquent un fluide particulier avec le sang qu'ils reçoivent.

On admet , chez l'homme, deux sortes d'organes sécréteurs , les uns exhalans et les antres glandulaires.

Les premiers sont, à ce que l'on prétend, des organes ayant une forme spongieuse ou vasculeuse, qui versent, par des orifices librement ouverts à leur surface, le liquide que leur travail sécrétoire a créé. 11 faudrait de très-longs détails pour reproduire toutes les hypothèses à l'aide desquelles on a cru expliquer cette exhalation, et les systèmes sans nombre qu'on a construits sur des vaisseaux exhalans que personne u'a jamais pu apercevoir. Tout ce que nous savons sous ce rapport se réduit à ce que certains organes membraneux, dont le tissu cellulaire fait la base, exhalent à leur surface des fluides divers selon leur mode respectif de texture. Comment ensuite s'opère la formation de ces fluides? c'est ce que nous ignorons complètement. On a supposé que ces liquides s'échappaient par les pores des derniers vaisseaux capillaires; mais toute discussion sur un point d'organisation trop obscur pour que nous ayons aucune notion certaine à son sujet, est évidemment oiseuse, et doit être bannie d'une physiologie dtns laquelle on ne veut donner place qu'à des faits positifs , ou tout au plus à des inductions probables.

Les organes glandulaires sont distingués en follicules et en GLAimES, qui, ayant fait l'objet d organes spéciaux, ne doivent plus nous occuper ici.

Nos connaissances sur le mécanisme des sécrétions en gc-

SÉDATIF Soi

lierai se réduisent à de bien f .-tildes données. Nous gavons seulement que les organes chargés de les exécuter reçoivent un j^rand nombre de vaisseaux sanguins, et que ie fluide qu'ils produisent est souvent repris par d'autres vaisseaux d'un ordre spécial avant d'arriver au dehors. Mais nous ignorons complètement en quoi cousiste l'aciion de ces organes, c'est-à-dire quelle est la îuauière dont ils agissent sur le sang, s'ils le convertissent en des humeurs nouvelles, en imprimant de nouveaux modes de combinaison à ses molécules, ou s'ils font, parmi ces derniers, un choix de celles qui correspondent à leur mode spécial de sensibilité. Les deux hypothèses ont été soutenues avec une égale chaleur, et quoique la première ait semblé, pendant quelque temps, l'emporter sur la seconde, quelques laits recueillis depuis peu paraissent militer en faveur de celle-ci, et lui donner un certain degré de probabilité. Mais, quoiqu'il soit bien démontré que certains matériaux du sang passent directement dans quelques fluides sécrétés, il ne l'est pas, et il u'est même point probable que tous se trouvent dans le même cas , que les organes sécréteurs n'aient point la * faculté de modifier, de changer la composition du liquide sanguin qui y afflue. Dans une action toute moléculaire , qui ne tombe sous aucun de nos sens, et dont il nous est impossible de saisir l'essence, nous sommes réduits à de vagues conjectures, toutes les fois que nous voulons nous élever au delà de ces deux données incontestables, savoir que le sang fournit, directement ou indirectement, les matériaux de toutes les sécrétions, et que celles-ci sont le résultat de l'activité spéciale de chaque organe sécréteur.

Dans l'état pathologique, les sécrétions sont ou augmentées ou diminuées; parfois on remarque dans le liquide sécrété des qualités qu'il n'a point dans l'état de santé; on ignore si les organes sécréteurs fournissent , dans l'état pathologique , des liquides entièrement morbides, autres que ceux qu'ils donneut dans l'état de santé ou mêlés à ceux-ci. De la les suppressions, les flux, les virus, les venins et les miasmes.

SEDATIF, adj. et s., sedativus ; se dit de tout ce qui calme, apaise, diminue ou fait cesser la douleur, et plus généralement l'action organique. Les sédatifs de l'action fibriU laire ont été appelés débilitons, atoniques , émolliens, ceux de la circulation, réfrigérons y tempérons , ceux de l'action cérébrale, narcotiques , ceux de l'action nerveuse en général , antispasmodiques. Les laxatifs seraient-ils des sédatif si Les Italiens de l'école de Rasori et de Toramasini rangent parmi les sédatifs, qu'ils appellent contre - stimulons , le nitrate de Dotasse , la crème de tartre, ï'émulsion de semences froides, l'infusion d'oseille, la décoction d'orge, I'cî^j pure largement

3o2 SEDATIF

bac, les acide* sulfurique, citrique, oxalique, et le vinaigre i étendu dVau, l'alun, le sucre de Saturne, l'extrait de pru- | nier épineux, la gomme kino , Je mimosa calevlw, l'ecorce de grenade, la racine d'ipécacuanha , la digitale pourprée, l'eau distillée de laurier-cerise, le tajcnS oaccala, le safran, la scillc, le fer, le colchique, les immersions momentanées dans l'eau froide, et les affusions, les lavcmcns d'eau froide ou à la température commune, la cawe, les tamarins, le sulfate de soude ou de magnésie, l'acétate de potasse, le tartre stibié à la dose de six a vingt-quatre grains dans quatre ou six onces d'eau donnée par cuillerée jusqu'à •provoquer, non le vomissement, mais le dégoût qui précède la nausée, les poudres de jalap et de calomélas à la dose drastique, la gomme gulle, la scammonée, le diagrède, l'arnica , l'extrait de jusquiamc, les antimoniaux â doses petites et lé- • pétées, les extraits d'aconit, de ciguë, l'oxide de zinc, la

noix vomique, la strychuiue , le rhus radicaus, le cuivre ammoniacal, le mercure, les frictions stibiées, la racine de va- # lérianc, l'extrait de strainoinc, la racine d'ellébore noir, les feuilles de belladonne, l'extrait anémone pratensis y de pulsatille nigricans, le vin stibié, Je kermès minéral, l'oximel scillilique, la gomme ammoniaque, l'huile de ricin , la manne, les saignées, les sangsues, le rauriate de baryte, la racine de polygala, le lichen d'Islande, le phcllaudrium aquaticum, la décoction de calaguala, l'eau seconde de chaux, la nryrrhe , les ileurs de soufre, le séné, l'huile de crolon tiglium, la coloquinte, l'aloès , le tabac en lavement, les trochisques Alhandal, la rhubarbe, la laitue vircusc, Pangusture , les gouttes arsénicales de Fowler, la magnésie, le simarouba , )cs eaux ferrugineuses, la racine de colombo, le quassia amara , la Sabine, l'uvaursi, legaïac, l'elaterium, l'ivraie, la salsepareille, la camomille, le daphne mezereum, l'acide nitrique étendu , les bains de sulfure de potasse, de savon.

N'est-i! pas évident que le pays où Brouss'ais a découvert le rôle que la gastrite joue dans un si grand nombre de maladies est celui où l'on a le plus méconnu celte inflammation ? Il semblerait, d'après ce qu'on vient de lire, que nos voisins d'au-delà des Alpes ne reconnaissent que des contre-slimulans dans la matière médicale, mais ce sepait une erreur. Us regardent comme slimulans : le vin et la gélatine animale , le punch d'Italie, Peau de canellc composée, le vin de canelle, l'éther sulfurique, l'alcool aromatisé, Palkermès liquide, le r-bum, l'ammoniaque , l'opium, le laudanum liquide, la thériaque, le sucre imbibé d'huile de gérofle, le musc, la pyrethre , l'électricité, les frictions et la pile de Voltal

A l'occasion des sédatifs , il se présente une question impoi>

SEBON 3o3

tante; nous parlons non pas de ceux des Italiens, mais des nôtres : il s'agit de savoir si les sédatifs ne calment qu'en stimulant moins que ne le font les ex ci uns, ou bien en déprimant directement l'action organique ; s'il en était de celte dernière manière, ce seraient de véritables contre-stimulans. Il y a lieu de croire que les sédatifs agissent Jes uns en déprimant en effet l'action organique, et ce sont les moins connus; les autics, parce qu'ils stimulent moins que les excitans ordinaires ou précédons , et ce sont les mieux connus ; ]cs autres engourdissent la partie à force d'augmenter la douleur, ce sont les plus dangereux; les autres enfin excitent une vive stimulation loin de l'organe affecté, et ce sont les

RfcVULS'FS.

SEDIMENT, s. m., sedimentum ; dépôt que certains liquides, quand on les laisse reposer , forment au fond des vases qui les contiennent. Les médecins donnaient autrefois a ces dépôts le nom à'hypostase^ qu'on retrouve encore daus quelques livres modernes.

SEDON, s. nié, seduni*, genre de plantes de la décandric penlagjnie, L. , et de la famille des crassulécs, J., qui a pour caractères î calice à cinq divisions; cinq pétales; dix examines; cinq ovaires et cinq capsules polysperrnes.

Onomploie en médecine deux espèces de ce genre, également communes dans nos climats. L'une est l'orpin, et l'autre la vermiculaire brûlante.

Les feuilles de l'orpin, qui sont inodores, et qui ont une saveur herbacée, légèrement ' mucilagineusc , passaient autrefois, on ignore à quel litre, pour astringentes, et par conséquent aussi pour vulnéraires. Réduites en pulpe, eîics fournissent des cataplasmes émolliens qu'on peut employer avec avantage sur les tumeurs inflammatoires et les hémorroïdes douloureuses. C'est probablement à leurs propriétés ctnoU lientes qu'elles doivent la réputation dont elles jouissent dans le vulgaire, de hâter la cicatrisation des coupures; d'où sont venus h la plante les noms de reprise et ftherbe aux charpentiers. Elles entrent dans l'onguent populéum.

Toutes les parties de la vermiculaire biûlanle ont, au contraire, une saveur âcre et piquante, et laissent dans la bouche, quand on les mâche quelques instans, une impression brûlaule, très-désagréable, qui se conserve pendant quelque temps. Le suc des feuilles et des tiges est fortement émélique et purgatif, à la dose d'une demi-once h une once. Or fi la a constaté, par ses expériences, qu'à une certaine dose , il devient un véritable poison pour les chiens, a l'ouverture desquels on a trouvé l'estomac fortement enflammé. Cependant ou a conseillé et vanté la décoction de cette plante comme au-

3i>4 SEL

\i scorbutique. Pet ers a présenté aussi sa poudre comme un excellent moyen contre l'épilepsje, mais seulement d'après des observations incomplètes, qui 11*0111 été répelées par per t»onne depuis. A l'extérieur, la vcrmiculaire a été préconisée comme uu excellent moyen curât if des affections cancéreuses; les assertions de Marquet, à cet égard, n'ont été confirmée» par aucun de ceux qui ont voulu en vérifier l'exactitude.

SEIGLE, ». m., secale; genre de plante de la triandrie digynie , L. , et de la famille des graminées, J. , qui a pour cametères : calice à deux glumes droite», acuminées, linéaires, biflores, plus courtes que les fleurs; celles-ci à deux bâtes, dont l'intérieure mulique, et l'extérieure terminée par une longue arête.

Ce genre ne renferme qu'un petit nombre d'espèces, dont uue seule présente de l'intérêt. C'est le seigle commun, secale céréale, qu'on cultive dans une grande partie de l'Europe, et qui, après le froment, est la céréale la plus utile à l'homme. Ou l'emploie seul, ou mêlé avec du froment, pour faire du pain; ce dernier, moins nourrissauttquc celui de froment, et dont la saveur agréable plaît à tout le moude , passe pour être rafraîchissant et même un peu laxatif. La farine de seigle sert à faire des cataplasmes émolliens; c'est à tort toutefois qu'on a considéré ceux-ci comme étant plus propres qu'aucun autre à Mler la formation du pus.

Le seigle est sujet à une maladie appelée ergot, et produit alors sur l'économie animale des effets qui ont été déetils ailleurs.

SEL, s, m. Dans le langage vulgaire, ce terme désigne le chlorure de sodium, l'un des corps les plus répandus daus la nature. Aujourd'hui on donne le nom de sel à toute combinaison d'un acide avec l'ammoniaque, avec un oxide métallique, ou avec quelqu'une des substances, nouvellement découvertes, qu'on appelle alcalis organiques ou alcaloïdes.

On dislingue les sels en trois cl isses, par rapport aux proportions respectives de leurs principes constitua ns. Ainsi, on les appelle acides , acidulés ou sur-sels, lorsqu'ils contiennent un excès d'acide; sous-sels, quand la base y est en excès; et neutres, quand la base et l'acide se neutralisent parfaitement l'un l'autre. Les sur-sels ont aussi reçu de Thomson le nom de bisels , parce que, la plupart du temps, la proportion d'acide y est précisément double de celle qu'on rencontre dans les sels neutres.

Relativement au nombre des bases qu'ils contiennent, les sels ont été distingués en simples , doubles et triples.

Quelques acides se combinent avec plusieurs oxides difféleusd'uu même métal. On exprime alors le degré d'oxidalion

SÉLÉNIUM 3o5

de la base, et faisant précéder la dénomination générique du sel de la particuie prolo, deuto, trito ou per.

Le nombre des sels connus est immense j mais il s'en faut de beaucoup que tous intéressent le médecin, et beaucoup même onl a peine été étudiés par les chimistes. Us forment autant de genres que d'acides, comprenant chacun un plus ou moins grand nombre d'espèces.

Berzelius a découvert une des plus belles lois de la chimie moderne, celle de la composition des sels, qui consiste en ce que l'oxide de tous ceux d'un même eeure renferme une quantité d'oxigène proportionnée a celle d'acide avec laquelle il est uni, ou h celle d'oxigène de cet acide. Cependant, selon M. Thomson , cette règle, qui ne souffre aucune exception quand la base est un protoxide, n'est pas constante lorsqu'il s'agit d'un deutoxide ou d'un peroxide.

il est presque impossible de fixer aucune généralité a l'égard des sels. La plupart sont solides, cristallins et inodores. Cependant il y en a beaucoup qui sont liquides ou pulvéruleus. On en compte aussi de gazeux, et quelques-uns odorans. Leur sapidité est presque toujours en raison de leur solubilité, propriété qu'ils ne possèdent pas tous au même degré, et dont même un grand nombre d'entre eux sont dépourvus.

SÉLÉNIATE, s. m.j sel formé par la combinaison de l'acide séiénique avec une base salifiablc. Aucun de oes sels n'est usité.

SÉLLNIQUE, adj.; nom d'un acide qui résulte de la combinaison du sélénium avec une certaine proportion d'oxigène. Cet acide, volatilisable en vapeurs d'un jaune fonce, se sublime sous la forme de tétraèdres allongés, qui jouissent d'un éclat particulier. Il attire l'humidité de l'air, se dissout facilement dans l'eau froide, et en toute proportion daus l'eau chaude, d'où il se précipite, par un refroidissement lent, sous la forme de prismes allongés. Il est solublc aussi dans J'alcaol. :••>;•:• " « .

SELENIUM, s. m.; métal découvert en 1817 par Berzelius, et qui existe dans la mine de cuivre de Fahlun, en Dalécarîie. 11 a une couleur grise, avec un grand éclat métallique. Sa «assure est vitreuse. Quoique dur et friable, il est cependant assez tendre pour qu'on puisse le rayer avec un couteau, et le réduire facilement eti une poudre d'un rouge foncé: Mauvais conducteur de l'électricité ét du calorique, il se ramollit quand on l'expose a la chaleur, devient demi-liquide à la température de l'eau bouillante, se fond complètement a quelques degrés au dessus, et finit par se réduire en une vapeur rouge et inodore, qui, dirigée sur la flamme

3o6 SiiMINAL

d'une chandelle, se colore en bleu, et répand une forte odeur métallique. Celle vapeur se condense eu uue masse rouge, à laquelle la fusion fait reprendre sa tciulc grise et son aspect métallique.

Le sélénium s'uuit h l'oxigcne , d'où résultent d'abord un oxide gazeux, de couleur azurée, répandant une odeur de choux pourris, et très-peu soluble dans l'eau, puis un acide appelé sélcnique. 11 se combine aussi avec l'oxigène, et forme ainsi l'acide hydrosélenique,

SELENIUllE, s. m.; combinaison du sélénium avec un corps simple , métallique ou non.

SÉMEIOT1QUE, s. f., semeiolica, semeiologia ; partie de Ja science médicale relative aux signes,, étudiés sous le rapport du diagnostic et du pronostic. La semeiotique, créée par Hip-

Socrate, cultivée par Aretée, Cœlius Aurelianus, Aicxaudie c Tralles, Galicn, puis Duret , Vallès, Prosper Alpino, Ficnu», Lommius, Leroy, Pczold, Freina1, Colpe, Aubry, Gruuer, Danz et Sprcngel , et enfin Double et Landré Beauvais , a spécialement été étudiée par ces auteurs sous le point de vue du pronostic; sous le rapport du diagnostic, elle a été l'objet des travaux de tous les médecins observateurs, depuis Hippocrate jusqu'à nos jours. Foyez signe, diagnostic et

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