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SENSIBILITÉ

organe» étaient sensibles. Il y avait deux ordres de sensation-, : des 6eusalioQs animales ordinairement perçues, des sensations organiques non perçues pour l'ordinaire, et des sensations percevantes. On ne se servait pas précisément de ces expressions, mais elles dérivaient nécessairement des idées répandues sur la sensibilité. En somme, la sensibilité est une qualité des êtres qui peuvent éprouver des sensations, des parties organiques qui en conduisent; c'est dans ce sens qwe Ton dit que r homme , les nerfs , les organes des sens , plusieurs viscères sont sensibles en totalité ou en partie. Hallcr est le premier qui ait fait des expériences positives sur la détermination des parties sensibles. I)e nos jours, les physiologistes ont cherché le siège de la sensibilité dans les diverses parties de l'encéphale. Autrefois, sous îc titre de recherche du siège de l'àme, on désignait la recherche d'une partie cérébrale présidant ù l'exercice de la sensibilité, de l'intelligence, de la volonlé , des affections et des penchans. Aujourd'hui, on recherche quel est le rôle de chaque organe, et notamment de chaque partie dn cerveau dans ces divers actes;

Selon Lamarck , la partie du système nerveux qui sert h la production du sentiment est distincte de celle qui est employée a l'excitation des muscles; dans les animaux veitébrés, c'est, dirll, a l'extrémité antérieure de la moelle épinière, dans la moelle allongée même, ou peut-être dans sa protubérance annulaire, qui paraît être le sensorium commune, c'est-à-dire le centre de rapport des nerfs qui exécutent le phénomène de la sensibilité.

Magendie prétend que ce n'est ni dans le cerveau proprement dit, ni dans le cervelet, que réside le siège principal de la sensibilité. Enlevez, dit-il, les hémisphères du cerveau et ceux du cervelet chez un mammifère, cherchez à vous assurer s'il peut éprouver des sensations, et vous reconnaîtrez facilement qu'il est sensible aux odeurs, aux saveurs, aux sons et aux impressions tactiles; mais il devient aveugle. Si Ton coupe les cordons postérieurs de la moelle épinière, la sensibilité générale du tronc est abolie. Si l'on coupe la cinquième paire avant sa sortie du crAne, ou sur les côtés du quatrième ventricule, toute la sensibilité de la face vst perdue. I» faut descendre au dessous du niveau de la première vertèbre cervicale, pour qu'une lésion latérale de la moelle ne soit pas suivie de la perte de la sensibilité générale et de celle des sens. €et expérimentateur présume qu'il y a continuité entre les cordons postérieurs de la moelle et l'origine de la cinquième paire.

A l'égard de la sensibilité visuelle , nous venons de dire

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qu'elle cesse quand on enlève les hémisphères ; elle cesse également quand on coupe la cinquième paire.

Les sensibilités visuelle, auditive, olfactive, gustative et tactile cessent également quand ou coupe, pour les quatre premières, la cinquième paire; pour la première, la seconde ; pour la seconde, la portion molle de la septième paire; pour la troisième, la première paire; pour la quatrième, la neuvième paire. Magcndie a ait qu'il serait possible que la première paire ne fût pas le nerf de l'odorat; c'est une erreur de son jugement; l'expérience qu'il a faite prouve contre sa conclusion.

Borde u a dit que le cerveau est partagé en autant de départemens qu'il y a d'organes. En conséquence, on a cherché , pjr la voie des expériences, ne pouvant y procéder par la disbection, puisqu'on perd la trace des nerfs dès qu'on les examine h l'endroit où ils se continuent avec l'encéphale , on a cherché, dis-je, si certaines parties du cerveau n'étaient pas départies à certaines sensibilités.

On vient de dire que les hémisphères font partie de l'appareil visuel, puisque l'ablation de ces parties abolit la vue, selon Rolando, Flourens et JVIagendie. Ce dernier a constaté que la blessure de la couche optique, chez les mammifères, est aussi suivie de la perte de ce sens pour l'oeil opposé. Flourens et lui affirment que la blessure du tubercule quadrijumcau antérieur altère la vue chez les oiseaux. Selon Flourens , le même effet a lieu chez les mammifères , ce que nie Magendic.

Ainsi, pour que la sensibilité visuelle s'exerce, il faut intégrité des hémisphères, des couches optiques r de la branche ophthalmiquc de la cinquième, et peut-être des tubercules quadri jumeaux antérieurs; tandis que, pour les autres , il ue faut intégrité que des rameaux de la cinquième , qui appartient à chaque sens, et du nerf propre a chacun; on ignore quelle partie de l'encéphale, a l'exception des cordons postérieurs de Ja moelle, doit être intacte pour que chacun d'eux s'exerce convenablement.

Selon Flourens, les lobes cérébraux sont le siège exclusif de la seusibilité, ainsi que des perceptions cl des volitions; organiquement, il confond ces trois facultés, comme Condiîlac les a confondues idéologiquement. Magendic, comme nous venons de le dire, nie que l'ablation des lobes du cerveau rende insensible aux odeurs, aux saveurs, aux sons et aux impressions tactiles. Lequel croire de ces deux expérimentateurs ?

On ue peut nier qu'il n'y ait une sensibilité autre que celle

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dont nous venons de parler, et qui peut être appelée animale , parce que les animaux en sont seuls pourvus. 11 agit de la sensibilité qui, durant cet état d'excitation vive, de passion, de maladie, nous fait#voir conscience de certaines impressions fortes ou douloureuses; de certaines actions qui ont Jieu dans les viscères ou toute autre partie du corps, où, dans Tétai normal, on ne distingue rien d'analogue. Nous proposons d'appeler cette sensibilité accidentelle ; elle a lieu quaud on éprouve une douleur, dans un os par exemple, ou bien une palpitation de cœur,, ou même seulement quand on sent battre ce viscère, sans que ce sentiment soit pénible. La sensibilité animale, faculté dont l'exercice est rare et toujours morbide en quelque chose, n'est pas l'exagération de la sensibilité organique ou nutritive, comme le voulaient Bichat et Puchcrand, car ce qui n'existe pas ne peut augmenter. 11 n'y a pas de sensibilité sans conscience.

Il est vrai que souvent des impressions sont reçues par les nerfs, et que ceux-ci agissent en conséquence sur le cerveau, sans que le sujet en ait conscience, et c'est ce qui arrive : i° quand on est tout entier à l'idée d'un autre objet; i° dans Je délire ; 3° dans le sommeil; 4° dans l'apoplexie: mais alors la sensibilité, ou, si l'on veut, l'activité cérébrale, est préoccupée, ou suspendue, ou abolie. On pourrait seulement exiger un autre mot que celui de sensation pour désigner ce qui se passe alors; c'est peut-être le cas de se servir de celui d'mnervalion, ou de tout autre plus convenable.

Relativement à la non perception de l'impression , l'homme est alors comme un animal privé de centre sensitif ; mais le cerveau n'en est pas moins affecté, quoique sans conscience, et, sous ce rapport, c'est le même cas que celui de l'action sans conscience, sinon démontrée, du moins très-probable, de tous les viscères sur l'encéphale, et de la réaction, également 6ans conscience, du cerveau sur les autres organes, qu'on ne peut non plus se dispenser d'admettre. 11 reste à démontrer positivement l'une et l'autre, à établir si elles sont continues ou périodiques , à dire enfin quelles en sont les lois.

On a. demandé si le grand sympathique jouissait de la sensibilité; il ne peut en jouir qu à la manière des nerfs pneumogastriques, c'est-à-dire passagèrement, quand les impressions sont fortes ou inaccoutumées , l'action violente, en un mot, l'état voisin de la douleuf, ou tout a fait douloureux. "Voilà pourquoi on enlève des ganglions nerveux cervicaux, et même thoraciques, sans douleur; que l'on commence d'abord par les irriter pendant quelques jours, qu'ensuite on les coupe, on les déchire, ejt alors on leur trouvera de la sensibilité.

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