SENSIBILITÉ
Magendie prétend que la rctiue n'est pas sensible , non plu* que le nerf optique; il en dit autant de tous les nerfs des quatre premiers sens externes; mais ses expériences prouvent seulement que chacun de ces nfffs n'est sensible qu'à l'excitant qui lui est approprie. La sensibilité est relative partout; la rctiue n'est point sensible à l'action d'un crochet de fer, mais elle Test, au plus haut degré, à celle d'un rayon de lumière un peu vive.
Sous le rapport de la sensibilité , on pourrait diviser les organes en habituellement sensibles et accidentellement sensibles. S'il était bon à quelque chose de diviser la sensibilité, il faudrait la diviser d'abord, comme nous l'avons dit, eu normale et anormale; puis en visuelle, olfactive, auditive, gustative et tactile. L'accidentelle serait oculaire, nasale , auriculaire, linguale, cutanée, laryngée, pharyngée, stomacale, intestinale, cardiaque, etc.; à quoi il faut ajouter la sensibilité sexuelle, la plus intermittente de toutes.
Dire qu'il n'y a qu'un sens, qu'il y en a cînq, qu'il y en a six et même sept, c'est donc trop restreindre le champ de la sensibilité ; ces divisions scolastiques disparaîtront comme tant d'autres.
On ne croit plus que l'exercice de la sensibilité dépende de la vibration ou du froncement des nerfs ; mais quelques personnes, et Lamarck surtout, pensent qu'elle résulte d'une modification du fluide nerveux, analogue au fluide impondéré électro magnétique. Ces conceptions ingénieuses reposent suides rapprochemens trop hardis pour qu'on les donne pour autre chose que des coujecturcs.
La mémoire, l'attention, la comparaison, le jugement, Je raisonnement, la volonté, etc., ne sont-ils que des modifications de la sensibilité ? Ou l'a dit, mais ou a prouvé seulement que ces divers actes intellectuels se succèdent, s'enchaûieul et se reproduisent les uns les autres. Il reste à déterminer si (e cerveau y participe dans son entier ou par certaines de se* parties pour chacun de ces actes. L'obscurité qui couvre ce point de contact de l'idéologie et de la physiologie est la cause de l'opposition qu'on remarque entre les conclusions tirées par les expérimentateurs de leurs recherches, alors même qu'elles ont donné les mêmes résultats.
Sous le point de vue moral , la sensibilité est cette aptitude de l'homme a souffrir intérieurement lorsqu'il éprouve une injustice, quand il essuie un outrage, quand il s'éloigne de sa. patrie, quand la mort lui ravit une personne qu'il aime, et quand il voit souffrir; c'est la faculté qui le rend susceptible d'AFFEcitoKs tristes ou agréables, de sentimens affectueux
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ou haineux, de passions louables oa rcprohcnsiblcf, dalla- , chementy de compassion , clc. A cet égard , voyez la Physiologie des scntimens moraux et des passions , par Althcrt.
SENSIBLE, adj. , sensilisy sensitivus, sensu prœditus : se dit de tout ce qui tombe sous les seus; des êtres doues de sensibilité^ des nerfs qui concourent aux sensations; des; organes et des tissus qui recèlent ces nerfs ; de l'encéphale où s'accom plissent les sensations; de la partie de l'encéphale où cet accomplissement a lieu spécialement; enfin de toute partie du corps dont la lésion détermine de la douleur. Voyez sensibilité.
SENSIT1F, adj., sensu prœditus , s en sus compos : se dit de l'appareil nerveux cutané qui concourt à l'exercice de la sensibilité , et d'une plante qui semble être douée de sensibilité.
SENTIMENT, s. m., sensus , sensio : perception d'une impression, exercice de la sensibilité; on distingue le senti* ment physique , qui n'est autre que l'accomplissement de la sensibilité visuelle, auditive, olfactive, gustative , tactile et sexuelle, du sentiment moral, qui comprend les affections, les penchons et les passions. 11 se prend aussi dans le sens de conscience. F~oyez sensibilité.
SEPT1QUE', adj., septiôus; épilhète donnée a toute substance qui, par son application sur une partie vivante, ou par son introduction dans l'économie, y provoque une irritation ayant pour résultat une inflammation dont les produits exhalent une odeur plus ou moins analogue a celle des corps en putréfaction. On supposait autrefois que les substances dites sepliques ont la propriété de faire naître une tendance à la putréfaction, ou même une putréfaction plus ou moins pronoucée dans les humeurs et les tissus. Cette hypothèse, fondée sur l'application des lois de la chimie ft la physique des corps vi vans, et sur l'appréciation grossière des phénomènes consécutifs a certaines phlegmasies, n'est ni admissible ni admise par aucun esprit juste aujourd'hui.
SEPTUM, s. m. ; mot latin, conserve en français, et dont les anatomistes 6e servent pour désigner certaines cloisous qui séparent deux cavités du corps. On ne l'emploie pourtant guère qu'à l'occasion de la cloison mince, tendue entre les deux ventricules latéraux de l'encéphale , qui porte le nom de septum lucidum.
SEQUESTRATION, s. f. , sequestratio. Esquirol se sert de cette expression pour désigner le placement des aliéné* dans une maison de santé, dans un hôpital spécial ayant pour but de les isoler non des malades de leur espèce, mais de leurs
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occupations, de leurs parens et des étrangers auxquels ils pourraient nuire, ou qui agravet aient leui état, et enfin de leur ôter le libre usage de leurs actions. Ce mode d'isolement a aussi pour but d'imprimer aux idées et aux affections de l'aliéné une nouvelle direction, en l'entourant d'impressions nouvelles, en le soustrayaut à ses habitudes, en changeant sa manière de vivre. On ne doit séquestrer que les aliénés dangereux , et, parmi ceux qui ne le sont pas , ceux auxquels l'isolement peut être avantageux. Esquirol ne dissimule pas qu'il y a parfois du danger à isoler trop proraptement, trop subitement, les aliénés de leurs alentours. Le délire, même furieux, n'est pas un motif suffisant, car il peut n'être que passager, a moins que déjà le sujet n'ait été aliéné. 11 n'y a point d'inconvénient à attendre quelques jours, en pareil cas , avant de prononcer sur la uécessité de la séquestration. Dans les aliénations bien caractérisées, il convient , autant que faire se peut , d'attendre un mois environ avant d'ordonner la séquestration , car souvent cette affection guérit dans cet espace de temps,, quand les circonstances sont favorables , et surtout si la cause a été accidentelle, telle qu'une frayeur. La séquestration peut encore être ajournée si les causes de la folie sont étrangères aux alentours du malade , si l'aliéné est extrêmement sensible, s'il se plaît dans sa maison , s'il a de longs intervalles lucides, s'il redoute l'isolement j mais les aliénés pauvres, les maniaques, les monomaniaques qui penchent au suicide, au meurtre, les filles imbécilles, idiotes, les riches, peuvent être séquestrés dans une maison de campagne ou dans leur propre maison.
Dès qu'un aliéné est séquestré, il ne faut permettre que lard et rarement les visites des parens, qui doivent toujours être fort courtes, à moins que la séquestration n'ait été commandée par la pauvreté seulement du malade , et que le sujet n'ait de longs intervalles lucides. L'isolement ne doit cesser, quand il était impérieusement indiqué, que lorsqu'on a toutes les preuves d'une guérison aussi solide que possible.
Les maisons, les hôpitaux où Ton isole les aliénés, doivent être attentivement surveillés par des commissaires, les uns médecins, les autres magistrats , les autres pris dans les classes les plus élevées de la société. Jamais l'isolement ne doit être opéré qu'après l'approbation de l'autorité judiciaire ou administrative, et conformément aux formes voulues par la loi. Quand les parens cachent l'état d'un aliéné, et le conservent dans leur maison , on n'a pas le droit de le leur enlever, aussi long-temps qu'ils l'entourent de tous les moyens de surveillance , et qu'il ne cause aucun accident préjudiciable a la société.