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SÉREUX

lulaire, qu'on n'y aperçoit aucune trace de fibres, et qu'elles ne reçoivent pas de nerfs.

Deux opinions différentes ont été émises relativement à leur vascuUrilé. Les uns admettent qu'elles reçoivent peu de vaisseaux sanguins, et qu'elles sont presque uniquement composées d'un tissu de vaisseaux inhaians et absorbans. Les autres pensent, avec Ribes et Rudolphi, qu'aucun vaisseau sanguin ne les pénètre , et qu'elles sont formées uniquement de tissu cellulaire, dont elles constituent les limites aux surfaces libres. Cette dernière opinion paraît être la plus probable, celle qui se concilie le mieux avec les dissections et avec les faits pathologiques,

Il y a également dissidence à l'égard des fonctions remplies par les membranes séreuses. Suivant les uns, elles servent à l'absorption et à l'exhalation; elles forment, autour des parties qu'elles enveloppent, une barrière qui les isole. Selon Rudolphi, elles ne fournissent elles-mêmes aucune sécrétion, mais laissant seulement passer la perspiration fournie par le tissu cellulaire , par rapport auquel elles remplissent les mêmes fonctions que l'épidémie à l'égard du derme. Cette hypothèse se rattache a la précédente, et doit tomber ou se maintenir avec elle.

Les membranes séreuses jouissent à un haut degré de la faculté de s'étendre et de se resserrer sur elles-mêmes. C'est ce qui explique pourquoi on les trouve intactes, même lorsqu'elles ont été distendues autre mesure par une cause quelconque , comme dans les cas d'hydropisie ou de tumeurs volumineuses. Mais, en pareil cas, elles n'éprouvent pas une simple distension ; leurs plis se développent en partie, elles se déplacent un peu, a la faveur de la laxité du tissu cellulaire qui les unit aux parties voisines, et augmentent réellement de masse. Voila pourquoi, dans les hydropisics, au lieu d'être amincies en raisou de l'ampliation qu'elles ont acquise, elles pnt au contraire pris plus d'épaisseur. Mais ce qui prouve aussi qu'en pareille ciiconstance les changement qu'elles subissent dépendent en grande partie d'une extension forcée , c'est que leur cavité diminue d'une manière rapides*! un degré considérable lorsque la cause de leur distension vient à cesser, et qu'elles le font sans se rider ni se plisser.

Dépourvues de sensibilité, ou n'en ayant du moins qu'une extrêmement faible dans l'état de santé, elles en acquièrent une plus ou moins vive dans les maladies, et l'inflammation, lorsqu'elle y établit son siégé, devient la source de douleurs fort aiguës.

. Elles servent à isoler les organes qu'elles renferment, et à

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en rendre les mouvemens plus faciles par l'exhalation continuelle du fluide qui lubré6e leur surface.

Aux diverses ëpoaucs de la vie, elles présentent des différences qui roulent à la fois et sur leur configuration et sur leur texture. On ignore si elles ont, des Porigine, la forme de sacs sans ouverture -, mais tout porte à croire qu'elles ne sont pas au moins toutes dans ce cas, et que le péritoine, le péricarde, par exemple, sont d'aboi d ouverts. Quant à leur configuration , elles s'effacent sur quelques points et se développent sur d'autres, ce qui tient aux changemens survenus dans la situation des organes que leur cavité renferme. Leur nombre même, en les considérant comme autant de sacs distincts, varie aux diverses époques de la vie, et , pour n'en citer qu'nn seul exemple, on voit la tunique vaginale du testicule, qui se continue d'abord avec le péritoine, devenir distincte avec le temps, par l'oblitération de sa partie supérieure. Relativement à leur texture, elles ne varient guère qu'en ce que, à l'instar de tous les organes, elles sont d'abord unies aux parties voisines par des liens plus lâches, ce qui permet de les isoler, de les détacher plus facilement. Mais on n'observe celte disposition que dans leur feuillet externe, et elle ne s'applique point à l'interne. On doit présumer aussi qiïc le fluide qu'elles exhalent n'est pas le même a toutes les époques de la viej mais nous ne savons rien de positif à cet égard. Ce point important de doctrine ne pourra être éclairci qu'après de nombreuses analyses comparatives.

Les vices de conformation primitive des membranes séreuses sont assez rares, cl consistent presque toujours en des suspensions de développement , comme l'absence d'une portion de ces membranes, ou la communication anormale entre celles qui ne doivent être confondues ensemble que durant les premiers temps de l'existence. Mais on en rencontre d'autres encore, dont le plus remarquable est l'existence, dans l'intérieur du sac normal, d'un autre sac séreux qui communique avec lui par une ouverture plus ou moins étroite, renferme une partie des viscères libres chez la plupart des sujets, et les isole des autres. Cette disposition insolite n'a encore été observée que dans le péritoine.

Quant aux vices de conformation consécutifs ou acquis , les membranes séreuses y sont sujettes, puisqu'elles prennent part aux hernies, dans lesquelles une portion de leur étendue se détache des parois de la cavité, passe à travers un écartement de ces mêmes parois, et forme ainsi un sac appelé herniaire , dans lequel s'insinuent quelques-uns des viscères logés dans la cavité et tapissés par la membrane. Voyez hernie.

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Les au 1res altéra lions qui surviennent dans les membranes séreuses sont les conséquences d'états morbides antérieurs, comme leur distension, souvent énorme, par de la sérosité accumulée dans les diverses hydropisics , et leur dégénérescence produite -par l'inflammation. Sous ce rapport, nous devons faire observer (juc Cliaussicr, Ilibes et lludolphi soutiennent que l'inflammation u'a pas sou siège dans les membranes séreuses, mais dans les organes tapissés par elles, qu'elles ne peuvent pas plus s'enflammer quci'cpidernie, et que la pleurésie, la péiicardilc, la péritonite, etc., sont des phlegmasics de Ja surface des poumons, du cœur, des viscères abdominaux, etc. Si les inflammations dites séreuses uc sont en effet que des phlegmasies du tissu cellulaire sus-viscéral, on conçoit la rapidité , l'intensité, le danger de ces maladies, et l'abonilaUce des produits qu'elles fournissent. Quoi qu'il en soit, ces phlrgmasics ont une grande tendance à se terminer par des exsudations dans l'intérieur de la substance des membranes , qui ont pour résultat de produire leur épaississement, ou par des exsudations a leur surface, qui amènent l'adhérence mutuelle des faces correspondantes des deux sacs, sans qu'eu général la membrane ait été détruite auparavant par la suppuration. Ces adhérences varient beaucoup sous le rapport de l'étendue, de la solidité, de la structure et du nombre. Tantôt elles envahissent la surface entière de la membrane et des parties qu'elle enveloppe, de sorte qu'il devient presque impossible de distinguer ces dernières les unes des autres, et qu'on serait disposé à croire que le sac extérieur a disparu ; tantôt elles sont bornées a un seul point ou à un petit nombre de points du sac externe et du sac interne, de mauière qu'il n'y a que les organcs*silués en cet endroit qui soient devenus adhérens. Elles peuvent être très-intimes, tellement même que les parties réunies semblent n'eu plus faire qu'une seule , ou bien elles sont lâches et faciles à déchirer. Eulin, elles sont tantôt trèscourtes, taulôt plus ou moins longues. Dans ce dernier cas, elles donnent lieu à des cordons, des ligameus, des fausses membranes , dont la texture se rapproche plus ou moins de celle des membranes séreuses normales, et qui entraînent souvent des élranglemens internes mortels , lorsqu'ils se développent sur des joints où des parties très-mobiles peuvent se glisser dans lesauneaux qui en résultent.

Les membranes séreuses ont beaucoup de tendance à s'ossifier, et, sous ce point de vue, elles ne présentent pas moins de différences que sous celui des adhérences. En effet, tantôt c'est leur subsiance elle-même qui s'ossifie, et tantôt il se forme à leur surface des concrétions lisses, la plupart du

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temps arrondies, variables en nombre et en étendue, qui sont plus ou moins libics, et souvent se détachent tout à fait de la membrane, dans la cavité de laquelle elles llollent sans obstacle. En général , ces ossifications ont la forme de larges plaques, et fréquemment elles acquièrent dts dimensions assez considérables pour taire disparaître presqu'en totalité la substance de l'orgaue. C'est ce qu'on voit surtout à la raie.

Ces membranes sont un des tissus qui ont le plus de tendance à se répéter d'une manière anormale. Les membranes séreuses accidentelles out reçu le nom de kystes. Elles deviennent très souvent la base des autres formations insolites, parce qu'elles se développent avant ces dernières, et que ce sou t elles qui leur donuent ensuite naissance.

Ou a désigné sous le nom de maladies séreuses l'hydrocéphale, les tumeurs des genoux, les parotides, l'odontalgie , î'oialgie, l'amblyopie ab eluvie serosd, l'héniierauie , le vertige, le carus, la fièvre tierce comateuse, l'apoplexie légère , la léthargie périodique, Tépilepsie à colluvie-serosd ; la syucope mortelle, les palpitations de cœur, la toux , l'asthme , l'hydropisie du poumon, celle du thorax, les hydatides du poumou, la dyspnée tiès-grave, la pleurésie, ab illuvie se- . rosâ; la diarrhée, les douleurs du bas-ventre, l'ascite, l'hy- • dropisle du foie, de la rate, de l'utérus, les môles, Tischurie, l'hydrocèle à profluvie serosd; la goutta, la stupeur, la paralysie, l'anasarque , et les fièvres à diluvie serosd; en un mot, toutes les maladies des membranes séreuses et muqueuses.

Les véritables maladies séreuses sont celles des membranes de ce nom ; ce sont des phlegmasies de ces membranes et les hydropisies , ainsi que les épancliemens sanguins , milieux, purulens , etc. , qui s'y formeut.

SEROSITE, s. f. , serositas. On appelle ainsi toutes les humeurs du corps qui sont claires, transparentes, et plus ou moins Semblables à de l'eau.

On suppose, car rien ne le prouve, que, dans l'état sain, la sérosité s'exhale sous la forme de vapeur ou de rosée à 2a surface des membranes séreuses et dans l'intérieur du tissu cellulaire , et l'on regarde même cette exhalation comme la plus simple de toutes les sécrétions, parce qu'elle diffère peu de la partie séreuse du sang* Mais on ne sait absolument rien relativement a la manière dont elle est sécrétée, et il faut reléguer parmi les fables auatomiques tout ce qu'on a dit des vaisseaux exhalans nu séreux, toutes les hypothèses qu'on a bâties sur l'existence de ces vaisseaux, qu'il aurait fallu commencer par prouver.

Que la sérosité existe ou non dans l'état normal , ou la ren-

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