SEVRAGE
une fois avec succès aux grandes lèvres , dans une affection chronique de l'utérus ; on l'établit au scrotum , dans l'hydrocèle et le1 sarcoccle. C'est le plus puissant des révulsifs suppuratifs; sous ce rapport, il est très-supérieur au cautère, et, à plus forte raison, au vésicatoire. On ne l'emploie pas assez souvent, et l'ou borne trop les lieux où l'on en tait l'application. Il n'est pas de parties où l'on ne puisse le pratiquer. Dans les endroits où l'on ne peut pincer la peau, il suffît de faire avec le bistouri deux incisions de cinq à six lignes d'étendue, a un, deux ou trois pouces de distance l'une de l'autre, et de les faire communiquer à l'aide d'une aiguille à séton triangulaire, légèrement courbée, qui sert à poser la bandelette. Ce moyen nous paraît devoir être trèsefficace dans les rhumatismes chroniques.
SEVRAGE, s. m.j action d'enlever a un enfant le lait de sa nourrice pour le soumettre à une alimentation plus substantielle.
Il est absolument impossible d'établir aucune règle générale sous le rapport de l'âge auquel on doit sevrer les enfans , car tous ne sauraient l'être h la même époque. L'état de Ja mère ou de la nourrice, celui de son lait en particulier, la constitution de l'enfant , et la précocité plus ou moins grande du travail delà dentition, apportent un grand nombre de variétés a cet égard. Sous le rapport de la nourrice, il est utile de lui ôter l'enfant, quand elle jouit d'une mauvaise santé, et que son lait exerce une action irritante sur le nourrisson; mieux vaut alors sevrer celui-ci, à moins qu'on ne lui trouve une autre nourrice. Relativement a l'enfant, il vaut mieux, en général, attendre que l'éruption des premières dents ait eu lieu, puisque c'est là le signal que la nature elle-même donne pour commencer l'usage d'une nourriture plus solide; mais, comme la première dentition est quelquefois très-tardive, on peut quelquefois, lorsque tout annonce qu'elle le sera , sevrer l'enfant par degrés, dès que l'on jugera qu'il peut commencer à se passer du lait de sa mère, quoiqu'il n'ait point encore de dents. Mais il faudra bien se garder de lui retirer le sein pendant le travail de la deutition, qu'accompagne un état constant d'irritation , quelquefois très-vive, dans tout le canal digestif, qu'un changement dans la manière d'être nourri ne manquerait pas d'exaspérer. Cela est si vrai, qu'alors les enfans eux-mêmes refusent toute autre espèce d'aliment que le lait. Cependant, il est rare que les circonstances obligent à prolonger la lactation au bout d'un an ; mais il est faux que si , à cette époque, on nourrissait l'enfant presque exclusivement au te ton , il en résulterait un état de débilite qui le disposerait aux scrofules. Ces dernières ne proviennent
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p.is Je la débilite, mais bien de l'irritai ion des membranes muqueuses et des glandes lymphatiques qui y aboutissent immédiatement, et le lait seul ne saurait produire cel effet.
Le sevrage ne doit pas, autant que possible, avoir lieu d'une manière brusque. Il ta m accoutumer peu à peu l'estomac de l'enfant à la nouvelle nourriture qui va être mise en rapport avec lui. Telle est du moin9 la^marchc que nous présent la nature Ainsi, on éloigue de plus eu plus les époques auxquelles on présente le sein à l'enfant, auquel on donne eu même temps du lait.coupé avec de l'eau d'orge ou de gruau , de la panade, des soupes préparées avec 1rs fécules; il convient dedulcorcr toutes ces substances, le sucre étant une de celles vers lesquelles un instinct naturel dirige plus particulièrement l'appétit des enfans. Il importe d'user avec la plus grande modératiou des alimens tirés du règne animal , et surtout des boissons vineuses. La plupart des maladies de l'enfance dérivent de la funeste habitude qu'on a de leur prodiguer des alimens trop irritant j ou qui exercent trop l'activité de leurs organes digestifs. Une autre règle non moins essentielle, est celle de leur donner des alimens toutes les fois que le besoin réel de !a faim se fait sentir chez eux, ce qui arrive trèsfréquemment. Rien n'est plus absurde que de vouloir assujettir les jeunes enfaut au régime régulier et méthodique des adultes, qu'une longue habitude peut seule empêcher de porter préjudice à la sauté. L'cn(ant a besoin de manger trèssouvent ; il faut lui donner des alimens chaque fois qu'il le demande , mais en petite quantité, et sans s'astreindre jamais a aucune régularité, à aucune règle fixe , ni sous le rapport de cette quantité , ni sous celle de l'heure des repas.
SEXE, s. m., sexus; différence qui existe entre les maies et les femelles chez un trçs-graud nombre de corps organisés. Cette différence, chez beaucoup d'animaux, en particulier chez l'homme , s'exprime non-seulement dans l'appareil des organes destinés à la reproduction de l'espèce , mais même dans tout l'ensemble de l'organisation. Dire ensuite, comme on l'a fait, que les parties sexuelles sont le centre des êtres organisés, que ceux-ci ne sont nés que pour engendrer, qu'ils doivent périr lorsque la faculté génératrice s'éteint en eux , et qu'ils existent plutôt pour l'espèce que pour eux-mêmes , c'est établir une série d'absurdités que l'observation, ^raisonnement , et jusqu'au simple bon seus, réfutent sans peine.
SEXTANE, adj.; se dit des maladies dont les accès reviennent chaque sixième jour.
SIALALOGUE, s. cl adj., sialagogus t se dit de toutes les substances qui, mises en contact avec la membrane buccale, excitent un écoulement aboudaut de salive. Toute substance
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acide, âerc, saline, amère, piquante, jouit de celte propriété prétendue spécifique, surtout si on ordonné de la mâcher. Ou indiquait autrefois les racines d'impérutoirc, d'angélique, d'iris de, Florence, les feuilles de tabac, de sarriette, les semences de moutarde, de staphysaigre , de roquette, le poivre, la canelle, le gingembre, la pyrèthre, la pipe fumée avec le tabac, la sauge, la béloine, le bouillon blanc. Le mercure est le plus puissant des sialagogues j il est étonnant qu'on n'ait
Ï>as en conséquence rangé la syphilis parmi lcs; altérations de a salive.
SIDERATION, s. f. , sideratio. Les anciens ayant attribué h l'influence des astres ou de la colère divine certaines maladies qui arrivent subitement, et jettent repouvante dans l'âme des spectateurs, donnèrent ce nom à l'apoplexie, à la paralysie subite. On en a étendu l'usage à la gangrène, à la mortification, au sphaccle, puis on a cessé, avec raison, de s'en servir.
S1BBENS, s. m. Les écossais nomment ainsi, ou siwin, une maladie autrefois assez commune dans leurs montagues, surtout dans les provinces d'Aisliire et de Galloway.
Au début de celte maladie, le sujet se plaint, souvent pendant plusieurs semaines , d'une grande difficulté d'uriner et d'un enrouement continuel, sans que les parties, avec quelqu'attention qu'on les examine, présentent autre chose qu'une légère irritation accompagnée d'une rougeur érysipélateuse des amygdales, de la luette et du voile du palais. Il finit par se former, sur ces parties, des ulcères qui s'étendent avec rapidité , et détruisent quelquefois entièrement la luette et les tonsillcs en peu de jours, d'où il résulte, pour le reste de la vie, un enrouement et la perte de la voix. Les ulcérations envahissent surtout les parties internes du nez, et provoquent la nécrose des cornets, qui tombAit par petites parcelles entraînées avec uue sauie purulente d'une fétidité extrême. Par leurs progrès continuels, elles gagnent les os propres du nez, et enfin la plus grande partie de la face. La maladie éclate aussi aux organes de la génération, aux alentours de l'anus, aux parties antérieures des cuisses et des jambes, au bas de l'abdomen, h la poitrine, aux brasj aux doigts des pieds et des mains, enfin au cuir chevelu, où elle fait naître un nombre infini de petites pustules qui causent de grandes démaugeaisons. D'autres fois, cette éruption paraît sous la forme d'une dartre rougeâtre, qui, dès qu'elle quitte une partie, se jette su» uue autre. Chez certains malades, il s'élève, sur la face, les bras et la poitriue, de petits tubercules durs, de couleur rouge ou cuivrée, et accompagnés d'une chaleur douloureuse. Ces tumeurs s'élargissent peu à peu, et rendeut une
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matière visqueuse et fétide, qui se transforme en croàtcs, après la chute desquelles les parties qu'elles recouvraient paraissent rouges, seusibles, et, sont dans certains cas ulcérées. Quelques malades oui, au lieu de cette éruption, des petites pustules inflammatoires qui ne suppurent pas facilement, mais restent fort long-temps dures el d'une couleur de cuivre, et rendent enfin uue sérosité ténue et sanguinolente.
Mais ce qui distingue surtout le sibbens, ce sont des excroissances molles, spongieuses, de la grosseur et de la couleur d'une framboise ordinaire, qui se forment, en général , sur toutes les parties ulcérées ou attaquées d'une éruption quelconque. Ces tumeurs s'élèveut beaucoup dans certains cas, el aucun escarrotique ordinaire ne peut les réprimer, car, à peine sont-elles détruites, qu'elles renaissent et deviennent plus larges qu'auparavant. Oa ies rencontre sur toutes les parties du corps, mais principalement sur celles qui sout devenues sensibles par quelque éruption précédente, ou parla séparation et la chute partielle de l'épidémie.
Les ulcères ne produisent pas communément des bubons, quoiqu'on en voie quelquefois, et les os sont rarement attaqués. La maladie ne se déclare jamais à la suite du coit, et s il survient des ulcérations aux parties génitales, ce qui se voit parfois, ces parties ne sont pas affectées avec plus de prédilection que ies autres. Ou les contracte, en général, en mangeant ou buvant dans les mêmes vases, el elles régnent presque uniquement parmi le bas peuple.
Quoique le sibbens ait été décrit d'une manière très-peu méthodique, on ne peut méconnaître, dans le tableau imparfait qui en a été tracé, une inflammation chronique de Ja membrane muqueuse des, voies alimentaires, qui se complique de phlegmasies, d'ulcérations, de végétations, tant a la peau que dans les tissus fibreux et osseux, et dans le cours de laquelle l'exhalation liquide ou vaporeuse fournie par la surface «ie la membrane muqueuse, jouit de la propriété de faire naître une affection analogue chez les personnes saines qui sont soumises à son contact, et qui 6'y trouvent d'ailleurs prédisposées par l'influeucc de diverses circonstances occasionelles, au premier rang parmi lesquelles il faut placer la malpropreté , l'influence d'un mauvais régime, el celle d'un air froid el humide. On assure que cette maladie est susceptible de se transmettre des pareus au fœtus renfermé dans la matrice, et qu'elle est fréquemment une cause d'avortement. On en a dit autant de beaucoup d'autres affections, et cela sans aucun fondement, ou du moins sur celui-ci seulement, que les parens qui en sont atteints mettent parfois au monde des enfans qui ont été en proie à des maladies aiguës durant le cours de leur