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SOIF

répand un grand éclat. Inusité en médecine, il ne sert qu'aux chimistes pour opérer la décomposition de l'acide borique , et mettre ainsi le bore h nu.

SOIF, s. f. , sitis; sentiment indéfinissable comme toutes les autres sensations, surtout internes, qui consiste dans le simple désir ou dans le besoin des boissons.

La soif ne peut durer quelque temps sans devenir le plus difficile à supporter de tous les senlimens pénibles. A quelque degré même qu'elle existe, elle occasione constamment un certain malaise, et, sous ce rapport, elle diffère beaucoup de la faim, dont la première nuance se rallie aux sentimeus agréables, et qu'on peut détruire par mille moyens, sans recourir aux alimens pour l'apaiser. La soif ne procure jamais de plaisir qu'à l'instant où elle est satisfaite.

On a distingué trois espèces de soif, la soif proprement dite, celle d'alimentation, et la soif morbide. La première, qui revient d'une manière périodique, et qui se montre tantôt plus, tantôt moins pressante, a été considérée comme un

t>hcnomène purement seusitif, et appelée locale parce qu'on 'apaise facilement, et qu'il n'est pas même nécessaire de boire pour cela, puisqu'on peut la tromper au moyen de liquides ou de corps rafraîchissans mis en contact avec la bouche ou le pharynx. La seconde se rattache à l'introduction des alimens dans l'estomac, à leurs qualités plus ou moins stimulantes, a leur quantité, à leur degré d'humeelation; elle survient pendant le repas, ou plus ordinairement quelque temps après, et l'on ne peut l'étancher qu'en avalant des boissons plus ou moins abondantes. La troisième, enfin, précède et accompagne l'état de malaise général de tout l'organisme qui provient de l'abstinence absolue des boissons. Cette distinction est manifestement inutile. Dans tous les cas, les phénomènes et les effets de la soif sont les mêmes, à l'intensité lues, et leur cause directe ne peut manquer non plus d'être identique.

Chez un homme jouissant d'une bonne santé, la soif éclate d'elle-même a des intervalles variables , qui dépendent,' tantôt de Ja nature et de la quantité des alimens, tantôt du degré d'échauffement de l'atmosphère, et du plus ou moins d'intensité de la transpiration cutanée. Ce sentiment, toujours désagréable, ne tarde point, si on ne le satisfait pas bientôt, à se convertir en un désir pressant, qui devient lui-même, en peu de temps, un sentiment pénible, impérieux et insupportable; la bouche se dessèche, ainsi que la gorge, qui rougit et de* vient le siège d'un gonflement plus ou moins sensible. La sécrétion de la salive cl celle du mucus oral est diminuée ou même

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suspendue. Si la soif se prolonge, les lèvres, de plus en plus sèches, prennent une teinte rouge; le teint s'anime, les mouveiuens relatifs a la phonation s'exécutent avec difficulté, la respiration s'accélère , et l'espèce de tourment que ce besoin fatigant constitue se manifeste par une inquiétude plus ou moins vive , et par une mobilité marquée dans les membres.

La soif varie selon l'âge. Elle se renouvelle à chaque instant chez l'enfant, mais s'apaise avec la plus grande facilité; peut-être même est-elle, dans les premiers temps de la vie, le seul sentiment qui annonce le besoin de l'alimentation. On, peut le présumer, mais sans espérer néanmoins de savoir jamais rien de positif a cet égard. Encore sujette à se renouveler fréquemment chez les jeunes gens, elle diminue peu a peu dans l'âge adulte, a tel point qu'elle se fait rarement sentir et qu'elle n'a jamais une bien grande intensité chez les vieillards. Le sexe influe également sur sa manifestation. Elle est plus vive et plus fréquente chez la femme que chez l'homme. L'allaitement la développe, et l'on observe, chez la plupart des femmes, une exaltation régulière ttès-niarquce de la soif, aux approches et pendant toute la durée de chaque évacuation menstruelle. 11 existe encore une foule d'autres modifications, qui tiennent à des circonstances individuelles, difficiles ou même absolument impossibles à déterminer. Ainsi, l'on voit des individus qui sont tourmentés sans cesse par une soif très-vive, et qui boivent, pour ainsi dire, à chaque instant, tandis que d'autres n'ont jamais soif, et ne boivent presque jamais. Le genre de vie influe assurément beaucoup sur cette différence, au premier abord si singulière : une soif vive habituelle ne s'observe jamais chez un homme bien constitué et jouissant d'une bonne santé, qui vivra principalement de végétaux, d'alimens aqueux et peu stimulans, et qui s'abstiendra tout à fait des liqueurs fermentees, ou n'en usera qu'avec la plus grande modération.

Uadéjaétéditquc la chaleur ae l'air augmentait l'énergie delà soif, et en accélérait les retours périodiques. Le même effet dépend de la sécheresse de l'atmosphère. Tous les mouvemens, toutes les actions, amènent un résultat analogue, et l'homme adonné au repos boit beaucoup moins que celui qui mène une vie très active. La soif accompagne en outre la plupart des affections violentes de l'âme, qui la provoquent ou i entretiennent. L'habitude la modifie singulièrement, et peut la rendre rare ou presque continuelle, suivant que l'on s'accoutume à boire beaucoup , ou à boire peu et rarement. 11 faut toutefois bien distinguer l'action de boire ayant pour but de satisfaire un besoin réel, même excité par des habitudes vicieuses, de

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