‹ Dictionaire abrégé des sciences médicalesChapitre 49 sur 101 · SOIF · texte numérisé non relu

SOIF

celle qui ne tient qu'au simple désir de renouveler le plaisir de la secousse consécutive que l'usage de certains liquides produit sur le système nerveux cérébral.

Quel intérêt peuvent avoir les innombrables spéculations qu'on a e'tablies sur le siège, la cause et le inécauisroe de la soif? Les uns en ont place le siège à l'arrièrc-bouche ou à l'origine du pharynx, et les autres ont prétendu qu'il réside principalement dans l'estomac. Plusieurs, enfin, ont dit que, si le sentiment de la soif appartient particulièrement au pharynx, il est toutefois vraisemblable que l'estomac n'y demeure poiut étranger, surtout h la suite de l'alimentation. Quant a la cause, on a altiibué la soif à une détermination spontanée de l'âme, qui applique la notion du besoin des liquides aux substances capables d'y satisfaire; a la sécheresse des papilles nerveuses du pharynx, produite par la suppression des sécrétions salivaire et folliculaire ; a la diminution de l'élément aqueux ou de la sérosité du sang; à l'action du système lymphatique exerçant sur la substance de l'estomac son activité absorbante que rien n'alimente, etc. Toutes ces considérations, et autres semblables, sur lesquelles tant d'écrivains ont exerce à l'cnvi leur imagination, n'offrent aucun intérêt, parce quelles ne laissent aucune idée dans l'esprit. . Elles ne doivent plus trouver place que dans l'histoire des conjectures physiologiques, qui n'intéresse elle-même que connue monument de la folie ou de la suffisance des hommes. Nous ne pouvons pas plus expliquer la soif que tous les autres senlimens qui se lient d'une manière essentielle à notre organisation, et qu'on appelle, pour cette raison, instinctifs.

Dans l'état de maladie, la 6oif peut être augmentée, c'est la roLYDirsiEj diminuée, suspendue ou abolie, c'est la dipsie. On ne sait pas plus quelle en est Ja cause dans cet état que dans l'état de santé; peut-être, dans l'un et dans l'autre, provient-elle d'un besoiu des vaisseaux sanguins et notamment des veines.

La soif augmentée est un des phénomènes les plus frequens de l'état de fièvre. Elle a lieu , dans la plupart des inflammations de l'estomac et de l'intestin grêle; c'est même le signe paihognomonique de l'inflammation de ce dernier, et notamment du duodénum , selon Broussais. La soif a lieu chez les hydropiques et les phthisiques; mais elle n'annonce pas nécessairement alors la fièvre, ou du moins l'accélération du pouls; elle la précède même assez souvent. Dans le diabètes et après la purgation, surtout par les substances salines, ta la soif est excessive. 11 y a, dans tous les cas où la soif augmente, des degrés infinis entre le degré d'accroissement le plus léger et le plus intense ; portée au plus haut point , c'est une

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torture insupportable. Plus la soif est considérable, plus elle est d'un mauvais augure, alors même qu'il n'existe aucun autre symptôme, et nous avons très-souvent annoncé l'invasion plus ou moins prochaine de maladies aiguës ou chroniques , par cela seul qu une soif très-vive était ressentie par des sujets qui jouissaient d'ailleurs d'une bonne santé. La soif est trèssouvent le seul signe d'une gastrite, d'une hépatite ou d'une entérite chronique , surtout quand elle se manifeste quelque temps après le repas. Elle doit toujours faite craindre la persévérance d'une de ces inflammations h un degré obscur, quand elle continue dans la convalescence. Dans l'hydrophobie, c'est-à-dire réunie à l'impossibilité de boire, malgré un désir excessif, elle caractérise un état presque constamment funeste, et qui n'est pas encore expliqué. Landré-Beauvais a observé cette réunion de deux tendances si opposées chez un hypocondriaque qui parvint enfin à vaiucre sa répugnance pou r les liquides. Toute soif excessive dénote une irritation vive , sinon une phlegmasie.

La soif est nulle chez beaucoup de malades ; alors la langue est ordinairement pâle uniformément, et souvent couverte d'un enduit rouqueux. Il ne faut pas croire que l'état viscéral qui donne lieu a la soif n'existe pas chez un malade plongé dans la stupeur ou le délire, car souvent alors le besoin n'est pas senti ou n'est pas exprimé, quoiqu'il soit très-violent. Quand la langue est sèche, la soif a lieu presque toujours; lorsque le malade, ayant encore sa connaissance , répond alors qu'il n'a pas soif, il y a lieu de craindre un commencement d'affection cérébrale.

Dans quelque maladie que ce soit, il ne faut jamais c'tancher la soif par une grande quantité de liquide prise à la fois: peu et souvent, telle est la règle dont il ne faut pas s'écarter. Toutes les fois que la soif est considérable, il est absurde de donner des tisanes amères, des apozèmes, comme on ne le fait que trop souvent. 11 faut choisir les boissons mucilagincuses et acidulés, eduleorées cl fraîches, autant que le permet l'état du sujet.

On a proposé de laisser souffrir aux malades les tourmens de la soit dans l'hydropisie et le ramollissement de l'estomac; mais les tortures qui résultent de la non satisfaction de ce besoin , si impérieux dans l'état de santé, plus impérieux encore dans l'état de maladie, n'a jamais gnéri aucun hydropique ni aucun ramollissement de l'estomac : rien de plus contraire aux notions de la physiologie et de la pathologie la plus vu'gaire qu'une semblable prescription. La soif est le signal du besoin le plus urgent de l'organisme ; c'est pour cela que ses déraugemens sont d'un si mauvais augure.

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SOLAIRE, adj. , solarls. Les auatomistes nomment plexus solaire un culrelacement de filets nerveux situé dans le basveiilre, et qui est formé par les ganglions scmi-luuaires du grand sympathique.

SOLDANELLE, s. f. , convolvulus soldaneUa : plante assez coramune sur les plages sabloneuses de l'Océan cl de la Mé- ' diterrance , que Ton désigne aussi sous le nom vulgaire de chou marin. Ses raciues , grêles et blanchâtres, et ses leuilles, sont les seules parties qu'on ait employées, encore même assez rarement, en médecine. Planche a trouvé, dans les premières , de la résine verte , de l'extrait gommeux , de l'amidon, du ligneux, et plusieurs sels neutres. Toutes les parties de celte plante sont douées de la vertu purgative, dont on a cependant exagéré de beaucoup l'intensité , surtout dans les feuilles. Les effets de la racine se rapprochent beaucoup de ceux du jalap, d'après les expériences de Loiseleur-Dcslongchamps. 11 faut seulement en donner une dose un peu plus forte, c'est-à-dire depuis cinquante grains jusqu'à un gros, de la poudre, et, depuis quiuze jusqu'à vingt-quatre, de la résine, pour un adulte.

SOLEAIRE, s. m. et adj., solearis : nom d'un muscle qui occupe la partie postérieure de la jambe, et qui concourt à former le mollet.

Ce muscle, large et épais dans son milieu , rétréci à ses extrémités , est situé sous les jumeaux et au devant d'eux. Son bord supérieur, charnu, dentelé, et oblique de baul en bas . et de dehors en dedans, naît de la partie postérieure de la tête du péroné, du bord inférieur du muscle poplité et du bord postérieur du libia. L'inférieur, et une partie de sa face antérieure, proviennent d'une élendue considérable de la face postérieure du tibia, en haut, et du bord interne de cel os, en bas. Enfin, son bord externe dérive de la moitié supérieuie de la face postérieure et du bord externe du péroné. Ses faisceaux postérieurs et supérieurs marchent directement de haut en bas. Les antérieurs et inférieurs vont obliquement à la rencontre les uns des autres, eu bas, et s'attachent à la face antérieure du tendon d'Achille, dout ils couvrent la face antérieure, jusqu'à quelques pouces au dessus de son insertion, eu devenant peu à peu plus minces et plus étroits; d'où il résulte, par conséquent, que ce ventre occupe presque toute la longueur de la jambe, beaucoup au delà du milieu de laquelle il descend. Les tendons par lesquels les deux bords latéraux du muscle naissent du péroné et du tibia, s'élargissent peu à peu, descendent sur le bord antérieur, ainsi que sur la face postérieure, et ne s'arrêtent qu'à quelques pouces au dessus de l'extrémité inférieure du ventre charnu. De cette disposi-

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don, il résulte quo ce dernier so trouve renfermé entre deux expansions apouévroliques, dans la pins grande partie de son étendue.

Le muscle soldai re concourt, avec les jumeaux, à étendre le pied sur la jambe et la jambe sur le pied.

SOLIDlSME, s. m. Une physique grossière, et trop d*atteutiou accordée aux excrétions, avaient déjà fait jclcr les fondemeus de celle pathologie humorale qu'on voudrait nous imposer de nouveau, lorsque Thémison reconnut qu'on pouvait rapporter toutes les maladies à l'excès et au défaut de tension, des parties du corps, parce qu'en effet, quand on ne considère

Sue l'extérieur, on ne voit que constriction et relâchement ans les organes. C'était là sans doute une notion bien étroite et une généralisation bien hardie, et cependant elle s'est propagée jusqu'à nos jours, en subissant toutes les vicissitudes des théories de chaque siècle. Le rôle mieux connu des nerfs, et la découverte de la circulation du sang, ont fait attribuer aux solides du corps vivant une importance dont aucun des anciens ne s'était douté» Le calcul s'est introduit dans la physiologie et la pathologie. Les maladies ont été attribuées à des dérangcnicns dans l'action des solides, soit primitifs , soit consécutifs, aux altérations hu morales. Baglivi cl Hoffmann ont préparé la doctrine qui fait dépendre toutes les maladies des solides seulement. Brown a consommé la chute de l'humorisme par son dynamisme dichotomique, véritable principe de la bonne théorie médicale quand on le fond dans la doctrine de Bordeu et de Bichat.

Les argumen3 des solidistes se réduisent à ceci : ce sont les solides qui s'emparent des matériaux nutritifs, les élaborent, eu forment les liquides, et portent ceux-ci aux organes qui se les assimilent ; donc les liquides sont passifs et les solides sont seuls actifs, par conséquent seuls affectés, ou toujours primitivement affectés.

Les argumens des humoristes se réduisent à ceci : les humeurs servent à la nutrition des solides ; elles en composent le fond, elles concourent à l'élaboration des matériaux nutritifs ; les solides ne 6ont que des liquides solidifiés; donc les solides sont entièrement sous la dépendance et physiologique et pathologique des liquides.

Ou pourrait disputer ainsi pendant mille ans, sans parvenir à s'entendre sur un seul point.

Les altérations des solides sont-elles connues? Oui , du moins on en connaît un grand nombre, et plusieurs sont très bien connues.

Les altérations des liquides sont-elles connues? Non. On ne peut se contenter de dire, comme autrefois, qu'ils sont ténus,

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