‹ Dictionaire abrégé des sciences médicalesChapitre 5 sur 101 · RÉSECTION · texte numérisé non relu

RÉSECTION

pièces qu'il a frappées. Ce procédé .1 déjà clc applique* avec succès par Percy, Sabatier, Larrey, Willaumc, aux fracas étendus de la tête de l'humérus ; pourquoi n'eu ferait- ou pas usage dans les blessures également étendues et graves du genou, du coude et peut-être de la, hanche? Si les caries de ces parties peuvent être guéries par la résection, pourquoi cette opération ne réussirait-elle pas dans des lésions instantanées, et lorsqu'elle serait pratiquée au milieu des parties saines, et disposées à la cicatrisation?

On a élevé toutefois des craintes sur le succès et les résultats des opérations qui nous occupent. Boyer a- pensé que l'état ordinairement lardacé des chairs qui environnent les articulations cariées devait rendre la suppuration de mauvaise nature , s'opposer à la cicatrisation des plaies, et peut-être reproduire la carie , ou du moins s'oppostfr à la réunion des os rapprochés; mais l'expérience a démontré que le foyer du mai étant

- détruit, les tissus secondairement altérés reviennent assez facilement a leur état normal, fournissent un pus louable, et se cicatrisent sans grandes difficultés. Chaussier ayant tenté des expériences de résection sur les chiens, a constate que les os rapprochés, ne se consolident pas, et que les membres demeurent flottans sous l'animal sans pouvoir servir à la station ou à la progression. Cet habile physiologiste redoutait aussi le peu d'épaisseur des lambeaux qu'il faut pratiquer, et la mortification dont ils peuvent devenir le siège. Ici encore les faits sont venus détruire des appréhensions non fondées. En effet, les membres grêles et maigres des animaux ne peuvent être comparés à ceux de l'homme sous le rapport de l'abondance des tissus et des ressources vitales. Il est bien* vrai que les portions réunies des membres, après les résections articulaires, ne se réunissent ordinairement qu'au moyen d'un tissu ccllulo-fibreux accidentel; mais ca tissu , lorsque les parties sont maintenues longtemps immobiles et rapprochées, peut acquérir une épaisseur assez considérable et une assez grande solidité pour

- maintenir les os en rapport, et ne permettre entre eux que des mouvemens obscurs et bornés. On observe alors ce qui est si remarquable après les fractures de la rotule, où les fragmens peuvent même être réunis par un cal osseux, lorsque leur coaptation est exacte et prolongée. D'ailleurs, les succès obtenus par Parck et Moreaû de Bar attestent que le membre abdominal, même apros les résections complètes du genou, peut encore conserver une assez grande solidité.

Cependant, il ne faut pas dissimuler que les résections constituent toujours des opérations longues, laborieuses, diificiles , et qui occas rouent , soit immédiatement, soit consécutivement, des douleurs plus multipliées que les amputations des mem-

brcs. Des accidcns nombreux, lels que de vives inflammations, la prolongation de la suppuration et les exfolialions des os leur succèdent fréquemment, et retardent la guérison. Après la cicatrisation des plaies , le membre reste enfin déformé , raccourci, quelquefois peu solide et, par conséquent, peu ulile au malade. Cependant, on ne croit pas avoir trop chèrement acheté la conservation d'une partie considérable du corps, el presque tous les sujets préfèrent à un membre artificiel celui qu'ils ont reçu de la nature, quelque défectueux que la maladie Tait rendu. Ainsi donc, considérées d'une manière géne'rale, les résections seront substituées a\ec avantage, dans un grand nombre de cas, aux amputations des membres. La conservation de la main , du bras et de l'avant- bras , est d'un prix inestimable; ces parties, quoique affaiblies cl mutilées, peuvent rendre, daus tous les cas, plus de services réels que les machines les plus ingénieuses; mais en est-il de même pour les membres abdominaux? Ici, la stabilité et la force sont les qualités fondamentales j ces parties ne servent qu'à la station et à la progression; un homme sera plus solide, et marchera moins difficilement sur une jambe de bois bien faite, que sur un membre raccourci et devenu vacillant par l'extirpation du genou ou de l'articulation tibio-tarsienne. Nous ne croyons donc pas qu'appliquées aux extrémités pelviennes, les résections soient aussi favorables, aussi avantageuses, que quand on les pratique sur les membres thoraciques. Autant leur utilité est évidente dans ce dernier cas, autant il faut apporter de circonspection pour y recourir dans les autres.

RESINE, s. f. , résina; nom collectif qui sert à désigner des substances solides naturellement cassantes, à cassure vitreuse, un peu transparentes, el ordinairement de couleur jaune, qui ont une saveur plus ou moins âcre, n'exhalent aucune odeur lorsqu'elles sont pures, ont une pesanteur spécifique supérieure à celle de l'eau, s,'éleclrisent d'une manière négative par le frottement, et conduisent mal le calorique. Ces substances braient avec facilité, en répandant une flamme forte et jaune, et laissant dégager une abondante fuliginosité. Insolubles daus l'eau, soi: à froid, soit à chaud, elles se dissolvent plus ou moins complètement dans l'alcool et les éihers. L'eau versée dans la liqueur, qui est presque toujours transparente, la trouble et la rend laiteuse; la résine se précipite ensuite sous la forme d'une poudre blanche. Les huiles fixes, et surtout les siccatives, dissolvent aussi les résines, de même que les huiles volatiles et les lessives alcalines. Les acides les dissolvent, mais après les avoir altérées plus ou moins. Ainsi l'acide sulfurique les charbonne, et le nitrique les convertit peu à peu en tannin artificiel.

La plupart des résines soûl fournies par le règne végétal, et exsudent spontanément des plantes ,ou en découlent à l'aide d'incisions qu'on y pratique. Plusieurs existent dans le lègue animal, mais ceilcs-ci diffèrent à ccitains égards des précédentes. D'autres enfin se rcncontVent dans le sein de la terre. Quelle que soit leur origine, elles ne sont jamais pures, et contiennent toujours des substances étrangères eu plus ou moins grande quantité.

Les résines actuellement connues sont : la résine d'acajou, l'alouchi, l'animée, le baume du Canada, celui de Copahu, celui de Carpathic, celui de Hongrie, celui de judée, celui de Backasira, le baume sucrier, le baume vert, la résine de Botany-Bay , celle de Cachibou, la caragne, la résine de cèdre, le copal, la résine du cyprès^ Pèlerai, l'cllaich, la guayacinc | l'highgalc, la résine de jalap, la laque, le ladauum, la résine du lierre, le mastic, la résine du molle, l'olampi, la gomme d'olivier, la résine du peuplier noir, celle du pistachier, la sandaraque, le sang-dragon, le succiu, la résine de sumac, le tacamahaca, la résine de lurbith, la résine verte et la térébenthine.

La plupart de ces substances sont employées en médecine, ri exercent une action stimulai! le, irritante même, très-marquée , sur les voies digestives. >

RÉSOLUTIF, s. m. et adj., resolvens; se dit de tous les moyens propies h faire disparaître une inflammation, une tumeur, sans suppuration ni aucune autre altération de texture que celle qui constitue le premier temps de l'inflammation, ou a faire cesser, en général, une maladie quelconque.

RESOLUTION, s. f., resolulio. Ce moi à deux significations très-différentes eu médecine; ordinairement, il indique la cessation d'une maladie, et notamment de l'inflammation, par simple diminution, et sans qu'il survienne aucune nouvelle modification morbide dans la partie, telle qu'unécoulement, la suppuration, l'ulcération, etc. Quelquefois le mot résolution signifie impossibilité de mouvoir uu ou plusieurs membres , paralysie.

RESPIRABLE, adj.; épithète donnée à tout fluide qu'on peut respirer sans danger, ou, pour parler plus exactement, qui peut servir à l'accomplissement de Pacte de la respiration. Il xi y a que l'air atmosphérique qui soit rcspirablc, et les diverses proportions de ses principes constituant lui donnent divers degrés de respirabililé.

RESPIRATION, s. f. , respimlio; ce mot a été pris dans

Î plusieurs acceptions différentes. On s'en sert dans la pbysioogic générale, pour désigner l'application de l'air atmosphérique aux corps vivaus, et Texpomion des changemens fine

leur fluide uutrilif éprouve de la part de cet air. Dans la physiologie spéciale, au contraire, cl en particulier dans relie de l'homme, on n'admet de respira lionque lorsque l'application de l'air a lieu d'une manière évidente, et qu'elle se fait dans un organe destiné spécialement à celte Jonction , c iù le liquide nu mut' vient, de son côté, chercher l'influence du fluide atmosphérique. C'est en raison de celle double acception du mol qu'on dil tantôt que tous les êtres vivons respirent, parce qu'aucun d'eux ne peut se passer d'air, cl taniol qu'il n'y a de véritable inspiration que chez ceux qui possèdent un organe destiné à recevoir cet air et a l'appliquer au sang. Ainsi, chez l'homme, la respiration est une fonction qui a pour but d'introduire une certaine quantité d'air almosphéiiquc dans le poumon, cl de l'y faire concourir à l'acte important de la sanguification.

La respiration a été fort ingénieusement comparée a la digestion. C'est, comme celle dernière, une fonction de nutrition, ou, en d'autres ternies, qui concourt h la conservation cl au renouvellement du matériel de notre corps. Comme elle aussi, elle est très-complexe, cl nécessite le concours d'un agent extérieur, comparable a l'aliment, dont elle n'emploie non plus qu'une portion, rejetant le reste au dehors. Il doit doit donc y avoir beaucoup de 1 apport entre les phénomènes des deux fonctions, qui se distinguent principalement l'une de l'autre par la rapidité avec laquelle ces phénomènes s'exécutent et se succèdent, et par la différence du laps de temps durant lequel elles peuvent être suspendues sans nuire à l'organisme.

Les phénomènes respiratoires peuvent être distribues en trois grandes séries, suivant qu'ils sont relatifs a l'introduction de l'air dans le poumon, aux changemens qu'il fait subir aux fluides du corps dans cet organe, et a son expulsion après qu'il a exercé son influence. La promptitude avec laquelle ces trois séries d'actes s'accomplissent, et la grande disproportion qui existe entre l'importance des considérations dont chacun d'eux fournit le sujet, fait que les physiologistes ont coutume de ne pas les examiner dans l'ordre naturel de leur succession, mais de réunir l'histoire de la préhension de l'air à celle de son expulsion, et de s'occuper ensuite du rôle qu'il joue dans le poumon, c'est-à-dire de la respiration pioprcnicnt dite» Quoique cet ordre soit peu naturel, sa commodité pour l'élude l'a fait généralement adopter.

L'introduction de l'air dans l'organe pulmonaire est désignée sous le nom d'inspiration. Elle a lieu en conséquence d'une sensation spéciale, et s'effectue h l'aide do certaines actions musculaires.

La sensation du besoin de faire pénétrer l'air dans le poumon, quoique aussi réelle que la faim, a été négligée par la plupart des physiologistes. Sans elle cependant, rien ne nous déterminerait à accomplir les actions necessanes pour établir entre nous et l'air extérieur un rapport qui est laisse a la disposition de noire libre arbitre, et qui ne dépend pas comme on l'a cru pendant long-temps , de la seule position des pariics. Celte sensation indciiuissablc, mais bien distincte , qui, de même qui lous nos autres besoins , prend ie caractère du plaisir quand on cède à ce, qu'elle exige, et celui de la douleur quand ou ne la salifait pas, éclate aussitôt que 1 air introduit dans le poumon a élé consommé. Il parait que le plus ou moins d'activité du poumon, et les qualités de 1 air , apportent quelques variations, suivant les individus et les circonstances , dans la fréquence avec laquelle elle revient. Mais, quoique soumise a la volonté, elle la subjugue trop promptcment lorsqu'on la contrarie, cl entraîne des conséquences „ ,1 ~« U naolioA npudnnt emelnue temps,

faite, il eu découle une série d'accideus qu on désigne sous ie nom d'asphyxie. Mais, malgré la coïncidence de ces deux ordres de phénomènes, il n'y a point entre eux relation de cause ii effet, car le besoin de lespirer annonce seulement la disposition de l'organe à agir, tandis que les résultats de 1 asphyxie 'tiennent a ce que le rapport auquel ce besoin invite na pas clé effectué, et à ce que, par conséquent, la série des mouveraens nutritifs s'est trouvée interrompue. A 1 égard du siège de cette sensation, ou, pour parier plus exactement, de 1 organe qui développe l'impression, on a tour a tour accuse le diaphragme, le eccur et le .poumon. Mais comme c est dans ce dermer que pénètre le corps extérieur que reclame celle sensation, il est tout naturel de penser quelle réside en Jui. Ouant a la partie du viscère qui la développe , on ne peut guère douter non plus que ce ne soit la membrane muqueuse bronchique, puisqu'elle seule entre en contact avec 1 air, et mie, bailleurs, dans une multitude de circonstances ^notamment dans Tétat pathologique ou voisin de la maladie, elle naraîi régler le mode des mouvemens respirateurs, et déterminer, par ses irritations, le jeu des puissances locomotrices du thorax. L'esprit de subtilité peut seul avoir inspire : des incertitudes a cet égard. Mais il n'en est pas de même de la nature de l'impression - le mouvement dans lequel elle consiste est trop moléculaire pour que nos sens puissent le saisir, et on ne le connaît que par son résultat. Les ncrls, dans un

chaudement inconnu d'état desquels elle consiste sans Joule, Ja transmettent au cerveau, qui la perçoit. On a prétendu que ce changement d'état était causé par le contact d'un air non respirable et privé d'oxigène. Celte assertion est évidemment fausse , puisque Ja sensation éclate de même quand il n'y a plus d'air dans le poumon. Mieux vaut avouer son ignorance que se coulenler d'hypothèses gratuites, qu'on s'habitue ensuite à prendre pour des explication légitimes.

Une fois excitée, la sensation du besoin de respirer corn • mande et décide le jeu -des puissances musculaires, qui doivent agir pour agivudir la poitrine, et déterminer l'air à entrer dans le poumon.

Des muscles plus ou moins nombreux peuvent concourir à cette dilatation du thorax, ce qui apporte de grandes variétés dans le mécanisme de l'inspiration.

L'ampliation de Ja poitrine se fait le plus souvent de Iraut en bas. Alors le diaphragme seul est chargé de l'accomplir. Ell se contractant, ce muscle se rapproche de Ja direction horizontale, et agrandit ainsi le diamètre perpendiculaire de la cavité thoracique. Dans le même temps, les viscères abdominaux sont refoulés en dedans et en avaul, par l'effet de l'inclinaison oblique en dedans de ses parties latérales, et de l'inclinaison oblique en arrière de son centre aponévrotique et de ses piliers.

L'agrandissement du thorax peut aussi avoir lieu dans le sens de ses diamètres antci o-postérieur et transverse. 11 dépend alors du soulèvement des côtes et du sternum. Mais les opinions diffèrent à l'égard de la manière dont s'effectue le mouvement de ces pièces osseuses. Ha lier regardait la première cote comme un point fixe et immobile, ou du moins très-peu mobile, vers lequel toutes les autres sont successivement élevées, lille fournit ainsi une sorte de point d'appui sur lequel se iixent les muscles intercostaux qui la séparent de la seconde, et qui agissent pour élever un peu celle-ci. La seconde côte, ayant obéi jusqu'à un certain point au mouvement d'élévation, {devient un point d'appui pour les plans musculettx qui la sépareut de la troisième, laquelle se trouve ensuite élevée par leur contraction. Le même phénomène se répètejusqu'à la dernière côte, chacune devenant successivement point d'appui cl point mobile, et leurs mouveincns étant d'autant plus étendus qu'elles sont plus inférieures» Ces os étant tous élevés ainsi, comme ils son* situés obliquement sut4 la colonne vertébrale, leur partie moyenne se porte en dehors , et l'antérieure en devaut, les cartilages slerno-coslaux éprouvent une sorte de torsion , cl le sternum effectue une espèce dti bascule qui l'éloigné du racbis. De tous ces effets réunis, il

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résulte un agrandissement des deux diamètres transversc ei antéro-postérieur du thorax, plus considérable en bas qu'en haut, mais inférieur h celui que le diamètre perpendiculaire éprouve par le jeu du diaphragme. Ainsi, d'après Haller, ia poitrine ne s'élève pas en totalité, mais d'une manière successive , cl il pensait en outre que l$s espaces intercostaux ne sont nullement agrandis. Quant aux puissances musculaires chargées d'opérer celle élévation , ce sont , suivant lui , d'abord le* deux plans des muscles intercostaux, qui agissent sur la côte comme un levier du troisième genre, mais dont l'insertion presque perpendiculaire compense le désavantage de celle disposition; puis les surcostaux qui, se fixant sur les apophyses transverscs des vertèbres, soulèvent, ou du moins soutiennent les côtes, et doivent surtout agir a la partie inférieure du thorax, où lis sont plus volumineux; enfin, dans certains cas d'inspiialion forcée, divers muscles, attachés d'une part au cou, a la tète et à l'épaule, de l'autre à la poitrine, qui, changeant alors le point lixe ordinaire de leurs inouvemeus, agissetil sur les côtes cl les soulèvent, comme le slcrno cléido -mastoïdien, le petit pectoral, une portion du grand, et le grand dentelé, surtout ses digilations inférieures* Cette théorie de Haller fut vivement contestée. On reconnut d'abord qu'il s'étail trompé en disant que les espaces intercostaux ne varient pas, car ces espaces s'agrandissent réellement, d'autant plus même que la côte est plus inféricuic, ce qui dépend du surcroît de longueur, de mobilité et 'd'obliquité que ces os présentent eu descendant. D'un autre côté, Hamburger soutint que les deux plans de muscles intercostaux ne remplissent pas le même office, que les externes seuls sont , inspirateurs, et que les internes produisent l'expiration. Il alléguait, à l'appui de celte opinion, la direction des fibres des muscles externes , qui, étant obliques d'avant en arrière et de haut en bas, oui leur insertion trop près du point d'appui pour qu'on puisse les considérer comme inspirateurs, objection à laquelle il répondit en disaul d'aboid que, si l'on met h découvert, sur un animal vivant, les muscles intercostaux ex tentes d'un côté, et les internes de l'autre, on les voit agir également au moment de l'inspiration ; ensuite, que la disposition cllégucc par Hamberger ne privait pas les externes de toute leur force, quoiqu'elle leur en enlevât réellement une partie, mais qu'elle se trouvait compensée, jusqu'à un certain point, par la plus grande hxité des côtes supérieures. l'Ius tard , Sabaticr prétendit que, durant l'inspiration, les côies sui v eut des directions différences en raisoji.de leur hauteur y que les supérieures se portent en liau!, les inférieures eu bas, cl le* moyennes en dehors, mouvement qu'il expliquait par

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la disposition des surfaces articulaires des apophyses liansverscs, et dont il disait d'ailleurs s'être assure par les vivisections, et par le jeu de la poitrine chez des phthisiques très-maigres. Enfin, Magcnd'c a soutenu, dans ces derniers temps, que toutes les cô es s'élèvent à la fois, que la première est la plus mobile de toutes, que les autres le sont de moins en moins, h mesure qu'elles deviennent plus inférieures, et que ces dernières paraissant se mouvoir plus que h s autres , on doit en chercher la raison dans leur longueur plus considérable. Magendic ajoute que les muscles sous-claviers, les scalèncs, et ceux étendus du cou au sternum, soulèvent la première côte , que les autres le sont par les muscles indiqués par Ilallcr, que la contraction du diaphragme concourt aussi un peu h élever le steinum et les côtes, et que l'articulation de )a pièce supérieure du sternum avec la suivante est assez mobile pour permettre à cette pièce de se porter en avant avec la partie supérieure de la poitrine.

Ces deux modes de dilatation du thorax existent communément ensemble; mais, dans l'inspiration ordinaire, la poitrine s'élève peu, et son ampliation dépend tout entière du diaphragme. Il faut une grande inspiration pour que la cage thoracique éprouve une élévation évidente , en outre de rabaissement du diaphragme, et une gène extrême de la respiration, ou le besoin d'une inspiration tiès-piolonde et prolongée, pour que les muscles du cou, de la tôle cl du bras soient appelés à y concourir.

A mesure que la poitrine s'agrandit, par le jeu des puissances musculaires, le poumon qu'elle renferme, et qui est conligu h sa paroi interne, l'accompagne dans ce mouvement, et se dilate aussi. L'air qu'il contient se raréfie et ne fait plus équilibre à celui du dehors. Ce dernier s'y précipite par l'orifice de la trachée-artère. En effet, au moment de l'inspiration, la glotte s'ouvre d'elle-même par le jeu des muscles atyténoïdiens, ainsi que l'ont démontré les expériences de Legollois. De son côié, la bouche s'ouvre, et le voile du palais se relève pour lui permettre de communiquer avec la glotte, ou bien la bouche demeure fermée, et le voile palatin s'abaisse pour laisser un passage libre a l'air, qui s'introduit alors par l'ouverture toujours béante des narines.

L'air entre donc dans le poumon par le même mécanisme qu'il se précipite dans un soufflet dont on écarte les branches. L'organe lui-même ne parait prendre aucune part au mouvement inspira loi; c Quelques physiologistes admettent cependant une dilatation active. des btonches, due aux fibres musculaires qu'ils ont cru reconnaître dans les parois do ces canaux. Cette opinion n'a réuni qu'un petit nombre de inf-

frages, car il est bien évident (jue toute plaie pénétrante de la poitrine, lorsqu'elle est très-étendue, prive le poumon de la faculté de se dilater, en permettant l'entrée de l'air extérieur, qui pèfe s'sr sa surface et le comprime.

On ignore jusqu'où l'air qui descend par la trachée pénètre dans l'organe pulmonaire. Ce qu'il y a de positif, c'est qu'il ne s'insinue pas sur-le-champ jusqu'aux dernières ramifications des bronches , puisque celles-ci en retiennent toujours une certaine quantité, et qu'au sortir du vide, ou après l'asphyxie, il faut plusieurs inspirations successives pour faire cesser tout à fait les angoisses. A l'article poumon, on trouveia l'exposé des diverses opinions qui ont été émises relativement à la quantité d'air qui s'y précipite dans l'inspiration, et à la capacité absolue de cet organe* Nous ajouterons seulement que cette quantité varie selon les individus, puisqu'elle dépend delà conformation de la poitrine, qui n'est pas la même partout , et suivant les circonstances de la vie , puisque ; étant soumise à l'action delà volonté, elle peut être effectuée en mille degrés différais, selon les cas et le besoin. Non-seulement, en effet, l'inspiration présente des variétés infinies quand on l'applique à des fonctions autres que la respiration, comme l'odorat, les efforts, la locomotion, etc., mais elle en offre encore de non moins nombreuses sous le rapport de la respiration elle-même ; car son but étant d'introduire, dans le poumon la quantité d'air nécessaire pour hémaloser le sang veineux qui existe alors dans le viscère, elle doit être plus ou moins profonde , en raison du plus ou moins de pureté de l'air,' et de la quantité plus ou moins considérable de sang veineux qui afflue dans l'organe pulmonaire, deux conditions qu'une multitude de circonstances font varier à l'infini. Lu général, cependant, elle se renouvelle de Seize à vingt fois par minute.

Une fois entré dans le poumon, l'air fait, sur la membrane muqueuse de cet organe, une impression agréable ou pénible suivant sa qualité, mais qui n'est pas ordinairement perçue, parce que l'habitude rémousse, et qu elle s'affaiblit d'ailleurs à mesure que Pair pénètre a une plus grande profondeur. 11 sollicite le poumon à ajjir. Quand cette action est accomplie, ou quand lui-même est impropre a la respiration , il détermine l'organe à l'expulser.

Cette expulsion de l'air porte le nom tY expiration. De même que l'acte précédent , elle est la conséquence d'une sensation particulière, et le résultat d'une action exercée, tant par l'organe respiratoire, que «par les puissances musculaires qui l'entourent.

La sensation du besoin d'expirer, tout aussi indéfinissable

que celle du besoin d'inspirer , mais non moins incontestable , se développe dès que l'air qui avail été introduit dans le poumon a perdu ses qualités respirables. Elle offre les mêmes caractères que la précédente, avec laquelle elle se confond d'ailleurs , tant le laps de temps qui les sépare est court. Comme elle aussi, elle a son siège dans 1» membrane muqueuse, rt commande d'une manière d'autant plus impérieuse, que le rapport qu'elle tend à établir est absolument nécessaire.

Quant à l'expiration elle-même, le poumon n'y joue pas un rôle aussi passif que dans l'inspiration. Elle dépend à la fois, et de l'action du thorax , et du retour élastique des canaux aériens sur cux-riRmes.

Ce dernier phénomène , conséquence nécessaire de la dilatation que les bronches avaient éprouvée précédemment , est bien prouvé par les expériences, qui font voir que l'expiration a lieu de même chez un animal vivant, quoiqu'on lui ait ouvert l'abdomen, et que l'air poussé dans la trachée-artère d'un cadavre sort par la seule force élastique des tissus , dès que le piston de. la seringue cesse d'agir. Carson a essayé d'évaluer cette force; et. s'il n'y est pas parvenu , du moins l'a-t-il mise entièrement hors de doute.

A l'égard du rôle que la poitrine joue dans l'expiration, il peut être actif ou passif; mais il est bien plus souvent passif, ce qui fini aussi que l'expiration est plus courte et plus mécanique que l'inspiration.

Dans ce dernier cas , les puissances qui avaient opéré l'inspiration cessant d'agir, sans que d'autres entrent en jeu, le thorax et sa cavité reviennent à leurs dimensions premières d'une manière purement mécanique. Ainsi , que le diaphragme se relâche ou que les muscles qui élèvent les côtes cessent de se contracter, le premier se relève dans la poitrine, dont il rétrécit i'étendue de haut en bas, les autres permettent aux côtes de revenir à leur place en vertu de la seule élasticité dont sont doués les cartilages qui les unissent au sternum.

L'expiration active, au contraire, exige le concours de certains muscles, qui, «baissant le sternum et 1rs côtes, contribuent à diminuer la capacité de la poitrine. Ces muscles sont : le triangulaire du sternum, les larges de l'abdomen , le grand dorsal , le sacro-lombaire et le petit dentelé postérieur et inférieur. Hallcr prétendait qu'il se passait ici une action inverse de celle qui a lieu dans l'inspiration, c'est-à-dire que les côtes sont successivement abaissées vers la dernière , laquelle est fixée et rendue immobile par les muscles abdominaux et le carré des lombes; après quoi toutes les autres se trouvent ramenées vers elle par l'action des muscles intercostaux qu'il considérait, d'ajtrès cela, comwc jouant tour à tour le rôle

d'inspirateurs et celui d'expirateurs , suivant qu'ils prennent leur point d'appui en haut ou en bas. Celle théorie a été aussi attaquée par Magendie.

Le rétrécissement du thorax ne peut avoir lieu sans que le poumon , qui suit tous les mouvemens de cette cage osseuse, ne soit comprimé, et l'air en sort comme il est exprime d'un soufflet dont on rapproche les branches. M passe par la glotte, dont l'ouverture est moins bcaule que durant l'inspiration , à cause de la contraction des muscles arylénoïdiens, et sort par les fosses nasales ou la bouche, en se rapprochant de la température extérieure à mesure qu'il sort de l'organe, se refroidissant par degrés, et abandonnant ainsi • sérosité qu'il a dissoute.

L'cxpiraliou , qui est liée d'une manière indissoluble à l'inspiration, varie comme 'elle, non-seulement quand clic est effectuée pour servir à d'autres fonctions qu'à la respiration, mais encore d'après le but même qu'elle remplit dans cette dernière, et qui consite à chasser l'air épuisé , afin de préparer un libre accès au fluide nouveau que la sa ngui fi cation réclame. De là vient qu'elle est plus ou moins prolongée, plus ou moins facile, et qu'on peut la distinguer, de même que l'inspiration , en ordinaire, grande et forcée, selon qu'elle dépend du relâchement du diaphragme seulement, de celui des muscles élévateurs des côtes , et d'une légère action des muscles directement expiraleurs, enfin d'une action aussi énergique que possible de la part de ces derniers. Parmi les modifications dont elle est susceptible, plusieurs, telles que l'anhélation, le rire, le soupir, le bâillement, l'éleruuement , la toux, ont reçu des noms particuliers.

Après avoir fait connaître la manière dont l'air s'introduit dans le poumon , et celle dont il en est expulsé, il reste à examiner la partie ia plus importante de la fonction, c'est-h-tlire les changemens que ce fluide imprime aux liquides qui affluent vers l'organe, c'est-à-dire au chyle, au sang veineux et à la lymphe, que les ramifications de l'artère pulmonaire distribuent dans son parenchyme. En effet, personne ne met en doute aujourd'hui que le but de la respiration ne soit de produire le sang artériel; il serait parfaitement inutile de s'arrêter à réfuter l'opinion des anciens, renouvelée par Helvélius , qui la croyaient destinée à rafraîchir, par le contact de Vair froid qu'elle introduit h chaque instant dans le poumon, le sang rue les frottemens ont échauffé dans les longues routes de la circulation, ou à combattre l'hypohèse de ceux qui Inr attribuaient pour usage de déplisser les vaisseaux pulmonaires, et de faciliter ainsi le passage du sang des cavités droites du cœur à ses cavités gauches, passagequ'on supposait

impossible , hors du temps de I* inspiration, à causede l'affaissement et de l'excessive fleiuosiié de ces vaisseaux.

Une question se présente d'abord : c'est celle de savoir si les deux fluides que le poumon est destine à mettre eu rapport mutuel, l'aérien d'une part et le sanguin de l'autre, éprouvent, dans le trajet qu'ils parcourent avant de se trouver en présence, une élaboration préliminaire, et eu quoique sorte préparatoire de celles qu'ils doivent subir dans l'organe pulmonaire. •

Pour ce qui concerne le fluide atmosphérique, Chaussicr petite qu'en traversant les voies aériennes, où la succession continuelle des inspirations et des expirations le bal jusqu'à un certain point avec l'exhalation perspiraloirc et la sécrétion folliculaire fournies parla membrane muqueuse, il éprouve une espèce d'élaboration pareille à celle que les alimens subissent dans le trajet de la bouche h l'estomac. Cette conjecture est peu probable, d'un côté parce que l'air ne doit servir qu'en raison de l'oxigène qu'il contient, et qu'on ne conçoit pas trop quelles mutations il pourrait éprouver dans l'intérieur du canal bronchique; en second lieu-, parce qu'étant sous la forme de gaz, il ne semble pas avoir besoin des changement préparatoires qui surviennent dans les alimens, et qui ne paraissent avoir pour but que de modifier la forme de ces derniers, que d'influer sur leurs «propriétés purement physiques.

À l'égard du fluide qui doit subir l'action de l'air, Légal lois admettait que la lymphe, le chyle et le sang veineux, c'està-dire les trois fluides à artérialiser , sont tellement calculés l'un par rapport à l'autre , dans le lieu de leur réunion, les veines sous-clavières, tant à l'égard de leurs quantités et qualités respectives, qu'en raison de la vitesse avec laquelle ils affluent l'un vers l'autre, que le nouveau produit doit se former presqu'à l'instant même, -et parle seul fait de leur réunion. Il supposait donc que le liavail de l'hématose commence dès le lieu où se réunissent les trois liquides qui en fournissent les matériaux, qu'il a même son siège principal dans cet endroit, et qu'il ne fait que s'achever, se compléter, dans le poumon. Les principaux argumens sur lesquels il fondait son opinion sont : i° que le sang artériel est évidemment fait au sortir du poumon, et que les trois liquides, en le traversant, ont trop peu acquis ou perdu pour qu'il soit possible de croire qu'un changement si notable se soit opéré tout a coup,, et n'ait pas commence avant; i° que ces fluides, en tombant dans les cavités droites du cœur, y éprouvent une agitation qui les dispose mieux à s'artérialiser. Mais celte hypothèse n'est pas plus admissible que la précédente, car l'artéi ialisalion se fait. d'une manière instantanée, et elle n'a pas lieu

toutes les fois que la respiration se trouve interrompue, \c fluide circulatoire sortant alors du poumon revêtu des mêmes qualités qu'il avait avant d'y pénétrer. D'ailleurs, il est sans exemple, dans l'organisme, qu'aucun fluide se forme par le fait seul de la réunion des principes qui le constituent, et sa roducliou exige constamment le concours d'un organe éiaorateur. L'afflux des trois liquides dans les cavités droites du cœur ne peut que favoriser leur mélange, sans rien changer a leur nature. •

L'air et le fluide circulatoire ne paraissent donc point éprouver d'élaboration préliminaire avant d'être mis en rapport l'un avec l'autre dans le parenchyme du poumon. Mais une fois ce rapport établi , il s'opère tout h coup des changeinens considérables dans tous deux. En ce qui concerne l'air, sa composition se trouve modifiée, il perd une partie de son oxigèue, peut-être même de son azote, et quelquefois des substances étrangères qu'il tenait en suspension ; après quoi il sort, entraînant, avec un peu de sérosité animale, uuc quantité d'acide carbonique supérieure à celle qu'il contenait auparavant. A l'égard du fluide circulatoire, il a changé d'aspect et pris les caractères de sang artériel.

La perle d'oxigène qu'éprouve l'air est un des faits les mieux coustatés de la physique moderne. Mille expériences directes et de nombreuses aualyses rétablissent d'une manière incontestable. L'air qui sort du poumon contient moins d'oxigène qu'auparavant, et, s'il vient à être réintroduit dans l'organe, il se dépouille de plus en plus de ce principe jusqu'à ce qu'enfin il n'en contienne plus assez pour être respirable, ou plutôt sort chargé d'une quantité trop considérable d'acide carbonique, qui est, par lui-même, contraire à la vie; car il est probable que, si l'on parvenait à neutraliser ce gaz après chaque expiration, on pourrait respirer le même air jusqu'à ce qu'il fût totalement privé de son oxigène. Ce qu'il y a de remarquable dans cette perte d'oxigène, c'est qu'elle paraît ne se faire qu'en proportion déterminée, et que, quand bien même Y air contiendrait plus de cet élément qu'il n'en entre dans sa composition, il ne .s'en dépouillerait pas d'une plus grande quantité à chaque inspiration. Relativement il cette quantité en elle-même, elle varie suivant les individus, et, chez le même sujet, selon les circonstances au milieu desquelles il vil. De là vient que tous ceux qui ont voulu la déterminer sont arrivés à des résultats différeus. En effet, chaque inspiration enlève treize des dix-huit parties d'oxigène ue l'air contient en volume, selon Goodwyn, un peu moins u quart, selon Menzics, et deux ou troi* parties seulement, d'après Gay-Lussae et Davy.

Quant à l'azote, on est encore dans le doute de savoir si l'air en perd, du moins toujours. Les uns en ont trouve plus, les autres moins, et certains une même quantité qu'avant l'inspiration. Edwards explique ces dissidences îemarquables en disant qu'on peut obsciver tour à tour l'un ou l'autre de ces trois phénomènes, parce que la surface interne du poumon esta Ja fois le siège d'une absorption et celui d'une exhalation dans le produit de laquelle il y a de l'azote. 11 se fonde sur des expciieuces curieuses d'Allen et Pepvs, répétées par lui, qui établissent que lu quantité d'azote paraît rester la même quand on fait respirer de l'air atmosphérique à un animal; tjuc, si l'on s'est servi d'oxigène presque pur, ne contenant qu'un vingtième d'azote, l'air expiré en contient davantage; enfin que, si l'on emploie un mélange d'oxigène et d'hydrogène dans les mêmes proportions que les deux éléniens de l'air, le fluide expiré contient encore beaucoup d'azote. Ces deux dernières expériences prouvent que le poumon exhale de l'azote.

Des expériences dès -multipliées ont également établi que l'air expiré, outre qu'il est moins riche en oxigène, contient beaucoup plus d'acide carbonique, indépendamment d'un peu de sérosité animale. La quantité de celle dernière est de deux grains par minute, selon Menzies, et de douze suivant d'autres. Celle de l'acide est portée à onze centièmes par Goodwin, un vingtième par Menzies, et trois ou quatre centièmes par Gay-Lussac et Davy. L'une et l'autre varient beaucoup en raison du degré d'éuergie vitale du poumon.

L'absorption des mat'ères étrangères tenues en suspension dans l'air n'est pas douteuse non plus; une foule de phénomènes physiologiques et pathologiques la mettent à l'abri de toute contestation. Mais, considérée sous le point de vue du but final de la respiration ou de l'hématose, elle est purement accidentelle.

A l'égard du fluide circulatoire, au sortir du poumon, il est vermeil, rutilant, écumeuxs plus léger que le sang veineux , plus chaud que lui de deux degrés, et surtout seul propre à nourrir Jes parties. L'instantanéité du changement qu'il éprouve est démontrée par une expérience de Goodwin, ingénieusement modifiée par Bichal. Si, après avoir adapté un robinet a la trachée-artère d'un animal, cl un autre à l'une des carotides, on ouvre le premier, ce qui permet a la respiration de s'exécuter, le sang sort rouge de la carotide, tandis que, quand on le ferme, ce qui arrête la respiration, le sang sort par l'autre, rouge encore pendant quelques secondes, puis noir, et d'autant plus que l'expérience se prolonge davantage; mais il suffit alors d'ouvrir le robinet trachéal, pour que, la

respiration se rétablissant, l'artère fournisse soudain du sang rouge, après l'écouleracut de la petite quantité de sang noir qui existait entre elle et le poumon, au moment où la respiration a été rétablie.

11 resterait maintenant a déterminer quels rapports existent, d'une part, entre les perles et acquisitions qu'a fuites l'a h; et Parlcrialisalion du sang; de l'autre, entre la perle que cet air a faite de son oxigenc , et ses acquisitions en gaz acide carbonique et en sérosité animale; par conséquent a déterminer s'il y a connexiié entre ces deuk ordres de phénomènes, et si le second est lie d'une manière aussi nécessaire que Pautic à la respiration. Mais, auparavant, il importe d'établir, quel tôle le poumon joue dans celte fonction.

Les uns ont supposé que le poumon est purement passif, et qu'il sert lout au plus de récipient aux substances qui se combinent. Les autres pensent, au contraire, qu'il joue un rôle actif, que c'est par son œuvre que s'exécute la fonction, qu'il saisit dans l'air inspiré l'oxigèue nécessaire a Parlcrialisalion du sang, et que cette artérialisation elle-même s'effectue dans sou parenchyme profond. Cette dernière théorie, la seule qu'on puisse admettre, repose sur les argumens suivans :

i° Partout, dans l'économie, il faut l'intervention d'un organe pour donner naissance a un fluide quelconque, qui ne se l'orme jamais par le fait seul de la réunion de ses principes composant.

a° La quantité d'oxigène soustraite à l'air dans chaque inspiration est toujours a peu près la même, quelle que soit celle que cet air contient. Lu pareil phénomène ne saurait avoir lieu si l'oxigènc ne se combinait avec \e sang qu'en vertu de son affinité intrinsèque pour lui.

3° La proportion dans laquelle l'oxigène est enlevé à Pair varie suivant les conditions de vitalité du poumon, qui ne sont pas toujours les mêmes durant le cours de -fa vie, car elles présentent des différences notables suivant l'âge, le sexe, la constitution et l'état de santé ou de maladie. Ainsi Ldwards a reconnu que l'adulte consomme plus d'oxigïnc que l'enfant, et que, chez les animaux, la différence d'un individu à l'autre peut aller jusqu'au tiers, ce qui autorise à en admettre une semblable, ou du moins analogue, dans l'espèce humaine. Nyslen a cherché aussi à démontrer que les altérations éprouvées par Pair daus la respiration, sont un peu différentes dans l'état de sauté et dans celui de maladie. En effet, aux approches de la mort, l'air sort du poumon tel à pou près qu'il y était eotré, sans avoir été dépouillé de son oxigène. N

4° L'artcrialisalion du sang se trouve d'abord affaiblie, puis ariêléc complètement , par la ligature ou la section des

nerfs de la huitième paire. Celte expérience a été' faite un grand nombre de fois; mais Dupuytren lui a donne le premier le degré de précision nécessaire, en étudiant les phénomènes qu'on observe après la section de ceux seulement des rameaux nerveux qui vont se rendre au poumon. Il reconnut qu'alors l'hématose ne se fait plus, ou qu'au moins elle n'a lieu que fort imparfaitement, paicc que le tissu de l'organe est paralysé, et que, si elle continue d'avoir lieu pendant quelque temps encore, c'est que l'influence nerveuse ne s'éteint pas sur-le-champ, celte influence, dans un organe isolé, tarissant d'une manière d'autant plus tardive, que l'organe est ' chargé d'une fonction moins animale, comme aussi le système nerveux d'un oiganc est d'autant moins sous la dépendance du cerveau, que cet organe est chargé d'une fonction moins animale. ^

5° La section de ces nerfs n'influe pas moins sur les changemens que l'air éprouve, comme l'a constaté Provençal. Ot expérimentateur a reconnu que l'air inspiré perd moins d'oxigêne, que l'air expiré contient moins d'acide carbonique, et tfue la chaleur animale diminue. Ses observations et celles de Dupuytren ont été répétées et confirmées par Legallois et Magendie.

6° Enfin, ou ne peut, en poussant de ï'oxigène dans le poumon d'un cadavre, parvenir à artérialiser le sang qui s'jr trouve contenu, ainsi que Dupuy s'en est assure.

Le poumon agit donc dans la respiration. Mais quelle est son action? On l'a tour à tour supposée mécanique, chimique et vitale.

Là première théorie n'a réuni qu'un bien petil nombre de partisans. Des auteurs pensent que l'ariérialisation du fluide produit par le mélange du sang veineux, de la lymphe et du chyle est la suite des altérations comminutives que ces trois liquides éprouvent en traversant les vaisseaux capillaires du poumon. Une pareille doctrine ne mérite pas qu'on la réfute, puisque, d'un côté, elle rendrait les altérations de l'air inutiles, et que, de l'autre, elle ne supposerait, entre le sang veineux et artériel, d'autres différences que dans la forme et l'état , au lieu des différences de nature qui existent entre eux.

La théorie chimique de la respiration mérite on plus sérieux examen, parce qu'elle a réuni pendant long-temps tous les suffrages, et que, bien qu'abandonnée aujourd'hui par la plupart des physiologistes , elle compte encore des partisans parmi des hommes du premier mérite. Cette théorie tend a établir que l'ariérialisation est une transformation de matière qui se fait de molécule à molécule, et qui reconnaît pour cause les lois générales de la chimie. Quoique développée surtout dans les temps modernes, elle a cependant une origine assez

8o RESPIRATION

ancienne, car elle remonte jusqu'à Mayow qui pensait qu'une partie de Pair, appelée par lui esprit nitro-aérien , et correspondant a notre oxigène, s'unit, dans la respiration, aux parties sulfureuses du sang, afin d'en débarrasser ce liquide et de lui fournir les molécules dont il a besoin pour se mouvoir, et que c'est par suite de cette combinaison eutre une partie de l'air et certaines parties du saug veineux que celui-ci se trouve arlérialisc. Telle est encore, à peu de chose près, la doctrine des chimistes de nos jours.

. En effet, ils admettent que l'oxigène enlevé à l'air atmosphérique, se combine avec quelques parties constituantes du sang veineux, avec du caibone et de l'hydrogène de ce fluide, qu'il résulte de celte combinaison de l'acide carbonique et de l'eau qu'on retrouve dans l'air expiré, que le sang veineux s'ariérialisc par le seul fait de la soustraction de sou carbone et de son hydrogène, et que toutes ces combinaisons laissent dégager assez de calorique pour entretenir le corps a sa température propre.

Ainsi, les chimistes supposent que la production d'acidecarbonique et de sérosité se rattache nécessairement à la soustractiou d'oxigène, et que les phénomènes de la respiration . sont parfaitement semblables à ceux de la combustion. Il y a effectivement un rapport remarquable entre ces deux opérations, puisque toutes deux exigent le contact de l'air, consument une partie de l'oxigène de celui dans lequel elles se passent, ne peuvent avoir lieu que quand l'oxigène est cédé facilement, exigent, pour se continuer, qUe l'air soit renouvelé, s'arrêtent ïbientôt lorsque ce renouvellement ne s'exécute pas, cessent néanmoins avant que tout l'oxigène de l'air soit épuisé, et cela à cause de l'acide carbonique qu'elles dégagent, se prolongent plus long-temps dans le gaz oxigène pur, enfin sont accompagnées d'une émission de calorique.

Mais cette théorie a subi de nombreuses modifications.

Lavoisicr supposa d'abord que l'oxigène qui disparaît dans l'air inspiré se partage en deux portions, dont l'une traverse la membrane muqueuse des bronches, se porte sur lo sang veineux, et en brûle le caibone, d'où résulte l'acide carbonique contenu dans l'air expiré; taudis que l'autre, traversant aussi la membrane, pénètre en nature dans le sang, circule avec lui , et en brûle le carbone, chemin faisant. Le départ de l'oxigène en deux portions lui avait paru nécessaire , afin d'expliquer pourquoi l'acide carbonique expiré ne contenait pas autant de ce gaz que l'air inspiré eu avait perdu. Au reste, l'auaîogie de la respiration avec la combustion ne fut pas le seu,l argument qu'il allégua en faveur de sa théorie; il se fonda aussi sur les expéricuces de Cigna, Pricstley et Goodwiu, qui, avant mis du sang veineux en cou-

contact avec de l'oxigène sous une cloche, remarquèrent que le sang rougit, et que Ja cloche se trouva contenir de l'acide carbonique. Il se fonda aussi sur celle d'Hassenfratz, qui avait obtenu les mêmes résultats en plaçant une vessie pleine de sang veineux sous une cloche remplie de gaz oxigène. Enfin, il invoqua le rapport constant qu'on observe, dans la série des animaux , entre la température du corps et l'étendue de la respiration.

Cependant, ou contesta plus tard la présence de l'oxigène dans le sang. Lavoisier fut dès lors contraint de modifier sa théorie première, et de chercher une autre cause pour rendre raison de la disparition de la portion d'oxigène excédant celle employée à la confection de l'acide carbonique. En conséquence, de concert avec Laplace, voyant que, indépendamment de ce dernier gaz, l'air expiré contenait de la sérosité, il imagina que la production de cette dernière avait lieu par Je même acte, et" qu'elle était le résultat de la combinaison de l'oxigène de l'air avec l'hydrogène du sang veineux. Ce fut alors seulement que la respiration se trouva entièrement assimilée à la combustion.

Mais comme il répugnait aux physiologistes d'admettre cette pénétration mécanique de l'oxigène à travers la membrane moqueuse bronchique , les chimistes prétendirent que les dernières ramifications de l'artère pulmonaire exhalent dans les bronches du gaz hydrogène carboné sur lequel porte l'action de l'oxigène inspiré.

D'un autre côté , Lagrange fit observer que les décompositions continuelles qu'on admettaildans l'intérieur du poumon, devraient produire un dégagement de calorique assez considérable pour le désorganiser et le brûler, tandis que cet organe n'a pas même une chaleur supérieure à celle des autres. On cessa donc de placer le siège de la combustion dans le poumon, al on le transporta dans les voies circulatoires. On admit que l'oxigène est simplement absorbé dans le poumon, qu'il s'introduit en nature dans le sang veineux , circule avec ce fluide , en brûle , chemin faisant, le carbone et l'hydrogène, et produit ainsi de l'acide carbonique et de l'eau, qui continuent h circuler jusqu'à ce qu'enfin ils viennent s'exbaler dans le poumon.

D'autres supposèrent bien aussi qu'une portion de l'oxigèue atmosphérique est absorbée pour aller brûler le carbone et l'hydrogène du sang veineux dans le torrent delà circulation; ruais ils admirent en même temps que la combustion de ces deux principes se faisait à moitié seulement, qu'il résulte de là de l'oxide de carbone et de l'oxide d'hydrogène, dont l'un donne au sang veineux sa couleur noire, et l'autre sa plus grande fluidité , que ces deux produits viennent s'exhaler dans

8a RESPIRATION

le poumon, et que la combustion s'achève dans cet organe, au moyeu du reste de l'oxigène inspiré.

Quelques-uns enfin, qui continuèrent de considérer le poumon comme le siège de la combustion, établirent que le san^ artériel, ayant uue capacité , pour le calorique, supérieure à celle du sang veineux, s'empare, à mesure qu'il se trouve libre, do tout le calorique dégagé, en sorte que ce dernier ne peut plus dès lors exercer une action sensible sur le poumon, et

Su'il devient beaucoup plus facile de concevoir le phénomène c la chaleur animale , le calorique , dont le sang artériel s'est chargé, ne se dégageant de ce fluide que quand, disséminé dans les organes, il y change de nature , et redevient veineux: en accomplissant les actes de la nutiiiion et des diverses sécrétions.

Jusqu'ici il n'a été question que de la conversion du sarrç* veineux en sang artériel; mais les chimistes se sont occupés aussi de celle du chyle et de la lymphe en sang. La grande analogie qui existe entre ces trois liquide! les porta à conclure que les deux premiers ne différent du sang qu'en ce que leur fibrine n'est pas aussi annualisée, et en ce que leur matière colorante tient à uu phosphate de fer au minimum d'oxidaliou et de couleur blanche, tandis que celle du. sang dépend d'un phosphate de fer au maximum d'oxidaliou et de cou leur, rouge. Eu parlant de ces données, ils conclurent que la sanguification du chyle tenait à une action qui annualise davantage sa fibrine, et suroxide son phosphate de fer. Or , suivant eux, l'oxigènc de l'air inspiré se combine avec une grande partie du carbone de ce chyle , cl forme de l'acide carbonique, que la respiration entraîne; le liquide étant ainsi d< carbonisé, et l'azote y étant devenu prédominant, sa fibrine se trouve annualisée davantage, puisque toute . matière animale quelconque a d'autanl plus le caractère de l'animalité , qu'elle contient une plus grande quantité d'azote. D'un autre côdé, au moment où le chyle arrive dans le sang veineux, la soude que contient ce dernier s'empare d'une petite quantité de l'acide de sou phosphate, et met à nu de l'oxide de fer; Foxigène de l'air inspire se combine avec cet oxide et le suroxkfc , de telle sorie que, de blanc qu'il était, d'abord le phosphate ferrugineux se trouve devenu rouge.

Quclqu'ingénicuscs que soient ces diverses théories chimiques de la respiration, il est impossible de les adopter. Les aigumens suivans sont les principaux parmi ceux qui s'élèvent contre elles.

l°. Elles réduisent le poumon à jouer le rôle passif d'un simple récipient dans lequel s'opèrent les combinaisons, puisqu'elles n'atliibuent qu'à la seule affinité intitiiisèquc. de l'osi-

RESPIRATION ^3 gène son application au gang veineux cl son enlèvement a l'air respire ij quel <me soit te mode selon lequel il concourt a la sanguification. Or, on a vu précédemment qu'il n'est pas possible d'admettre celte passhcîé du poumon , et cjue lOus les phénomènes de l'hématose résultent de son mode de vitalité.

aw. Elles supposent le passage purement mécanique de l'oxigène ht Iravers les parois de la membrane muqueuse des bronches • mais, outre que ce mode de pénétration répugne à touici les lois connues de la physiologie, on ne peut le concilier avec les faits nombreux attestant que c'est la vitalité du poumon qui règle la mesure dans laquelle l'oxigène est employé.

3°. Elles admettent que l'acide carbonique et la sérosité animale ont été formés de toutes pièces par la combinaison de l'oxigène inspiré avec quelques paities du sang veineux. Rien ne prouve que les choses so passent aimi , et beaucoup de faits portent à croire qu'elles ont lieu tout différemment. En effet, l'acide carbonique et la sérosité existent dans tout air inspiré quelconque, même danscelui qu'on rend après avoir respiré un airqui ne contenait pas d'oxfgènc; c'est ce que prouvent les observations de Spallanzani , Coutanceau, Nystcn et Edwards. Spallauzani a vu que des animaux plonges dans du gaz azote ou dans du gaz hydrogène, expiraient cependant de l'acide carbonique,- Coutanceau et Nystcn sont arrives au même Résultat eri faisant respirer de l'azote pur à des chiens ; enfin Edwards ta reconnu qu'une grenouille , du poumon de laquelle il avait préalablement extrait l'air, a expiré, après huit heures de séjour dans l'hydrogène, nnc quantité d'acide carboniqrm supérieure a son volume, et qu'il eu était de même porjr les poissons et pour les1 mammifères; d'où il résnlte que l'exhalation d'acide carbonique et de sérosité est tout h fait indépendante de l'enlèvement d'oxigène a l'air, qu'elle dépend d'une excrétion vitale du poumon, fournie même par l'artère bronchique, selon Contanceau , et non par les ramifications de la pulmonaire.

4°. Plusieurs supposent que l'actiofr de l'oxigène sur le sang se pàsse^ dù inoins en partie, dans les voies circulatoires; mais l'expérience de Bichat, citée plus haut, ne permet pas de douter que ht signification ne soit instantanée, et surtout quelle ne soit Opérée daus le poumon , ce qui implique contradiction avec l'idée d'une combustion progressive dans les voies circulatoires.

5°. Quant a la théorie chimique de la sanguification du cïryle, sans compter qu'on peut reproduire contre elle toutes lès difficultés précédentes , et "lai reprocher d'accumuler suppositions sur suppositions, nous dirons seulement qu'il ne pa* raît pas que laf matière colorante du sang soit un sel à base de

fer, comme l'ont dit Fourcroy et Vauquelin, car les travaux recens de Brande et Berzelius tendent à établir que c'est une matière animale particulière.

Ainsi , l'action élaboratrice qui a lieu dans le poumon n'est ni mécanique, ni chimique; elle est toute organique, toute vitale, et, par cela même, couverte pour nous d'un mystère profond, puisqu'elle ne tombe sous aucuu de nos sens, et qu'il ne nous est pas possible d'en saisir l'essence.

Il s'agirait maintenant de déterminer comment l'oxigène, sans lequel la sanguitication n'aurait pas lieu, pénètre le poumon, se met en contact avec le sang veineux et agit sur lui. Sous tous ces rapports, on ne peut établir que des conjectures quin'aboutUseut a aucun résultatsalisfaisant. A l'égard du premier point, la seule chose qui paraisse certaiue, c'est que la pénétration de l'oxigènese fait par absorption, mais sans qu'on sache dans quelle partie de parenchyme pulmonaire, ni comment; quant au second, ou a la manière dont l'oxigèneseit à l'hématose, il faut avouer que nous l'ignorons complètement ; seulement nous ne pouvons pas admettre que ce soit par sa seule application au sang veineux, puisque ce serait retomber dans les théories chimiques dont nous venons de faire voir lé défaut de fondement.

Considérée sous le rapport pathologique, la respiration fournit d'importantes considérations, mais qui se rapportent aux diverses actions organiques que ce mot représente. Les lésions de la respiration, considérée comme fonction, sont : I'anhélation , I' asthme, la dyspnée, I'ohthopnée, la respiralion convulsive, 1' asphyxie ou apnée. On connaît peu la respiration convulsive; elle mérite d'être étudiée.

Considérée comme source d'indications ou de signes pronostiques, en un mot comme phénomène morbide , la respiration est grande ou petite, obscure, nulle, rare ou fréquente, vile ou lente, costale ou abdominale, égale ou inégale, intermittente ou entrecoupée, libre ou gênée. Ces mots s'entendent assez. La respiration costale est celle daus laquelle les côtes s'élèvent fortement, le diaphragme s'abaissant fort peu dans l'inspiration; dans la respiration abdominale, au contraire, les côtes se meuvent à peine, et le diaphragme fait à peu près seul les frais de l'ampliaiion de la poitrine dans l'inspiration. On appelle respiration suspirieuse , celle qui est accompagnée, dans l expiration, d'un bruit analogue à celui du soupir; luctueuse, celle qui est accompagnée d'un bruit plaintif, d'un gémissement; stertoreuse , celle qui fait entendre une sorte de bouillonnement dans l'inspiration et l'expiration; ronflante , quand elle s'accompagne d'un bruit dans la partie la plus reculée des fosses nasales; bruissante, quand un bruissement

semble avoir lieu dans la poitrine; râlante, quand elle est accompagnée de râle; sifflante, quand elle est accompagnée de sifflement; fétide, quand l'air expiré exhale une odeur désagréable; douceâtre, quand l'air expiré présente ce caractère à l'odorat; sublime , quand elle est grande et rare tout à la fois. Colin veut qu'on appelle respiration grande , non pas celle dans laquelle beaucoup d'air est inspire, mais celle dans laquelle, k une expiration entière parfaite, succède une inspiration, soit lente , soit vite, qu'accompagne un grand développement de la poitrine ; et qu'on appelle respiration petite celle dans laquelle il y a peu d'air inspiré. Nous ne voyons pas qu'il y ait de différence entre ces deux manières d'entendre ces dénominations. Colin appelle respiration complète celle qui a lieu par l'action des deux côtés du thorax ; et incomplète, celle qui a lieu par l'action d'un seul côté des parois de cette cavité.

Pour explorer l'état de la respiration , on observe avec l'œil les mouvemens du thorax; avec la main, la température de l'air expiré; le nez donne la sensatiou de l'odeur de cet air; la main sert encore à pratiquer la percussion; on procède k 1' auscultation des bruits qui ont lieu dans le poumon, la plèvre, les bronches, la trachée et le larynx, k l'aide de l'oreille appliquée sur la portion armée du stéthoscope. On secoue quelquefois le thorax, afin de reconnaître l'existence d'un liquide par le flot qu'il produit , quand , outre le liquide, il y a de l'air; c'est la succussion.

RESPIRATOIRE, adj. C. Bell donne cette épithète aux nerfs diaphragmalique, glosso-pharyngien, facial, pneumogastrique et accessoire de Willis, ainsi qu'à une branche inférieure du plexus cervical qui 6e porte aux muscles extérieurs des côtes , parce que ces nerfs sontunisensemble par des connexions sympathiques très-intimes, nécessaires pour maintenir l'accord entre les nerfs nombreux qui concourent aux mouvemensd'inspirationetd'expiration,etqui doivent agir de concert dans les respirations difficiles, notamment dans les actes qui en dépendent, tels que la toux et l'éternuement. En coupant successivement chacun de ces nerfs , Bell est parvenu k diminuer successivement aussi les puissances respiratrices d'un animal, tout en laissant aux muscles, paralysés sous le rapport delà respiration, l'aptitude à exécuter d autres mouvemens. Quoiqu'ils ne forment pas un faisceau unique k leur origine , ils sont distribués sur une ligne appartenant k une colonne distincte de la moelle épinière , savoir h une bandelette médullaire assez renflée , située derrière le corps olivaire et devant le corps restiforme, qu'on suit, sur le cordon rachûlien, entre les sillons qui donnent naissance aux racines antérieures

et postérieures des nerfs ôpiûaùx. Celte bandelette, e'irojtç en haut , s'élargit sous le pout de Yaiole , et , redevenant ensuiie étroite, descend sur les parties latérales de la moelle épinière. Elle donne naissance successivement , et de haut en bas, aux nerfs facial, glossp -pharyngien , pneuroo-gastrique, accessoire et diaphragmaûquef probablement aussi, elle donne eu bas les nerfs intercostaux et lombaires qui influencent les muscles des côtes et de l'abdomen.

RLSTIFOttME, adj., restiformis. On donne le nom de corps restiformes aux pédoncules du cervelet, qui naissent de chacune dos parties latérales de la moelle epinière, k côté de l'endroit où doivent paraître dans la suite les éminences olivaies., et vont produire le cervelet.

IIÉXICULAÎRE, adj., reticularis} qui a l'aspect d'un reU seau. On a donne celte épithète à la choroïde, que plusieurs anatomistes appellent membrane réticulaire, au corps muqueux de Malpighi interposé entre le derme et l'épiderme, et au tissu spongieux des os, lorsqu'il est filamenteux, comme dans la cavité médullaire des os longs,

BETINEs s. f. , relina; nom de la troisième des membranes propres de l'œil y ainsi appelée a cause de sa texture e'roinemt ment vasculcuse el réliculaire. C'est une expansion molle et pulpeuse, qui double toute la cavité do la choroïde , qui se continue avec le nerf optique, et qui se termine, antérieure-* ment, h l'extrémité postéricuro du. corps ciliaire, par un bord droit, plus ou moins sensiblement renflé, entre lequel et la capsule cristalline il n'existe aucune connexion.

La rétine est blanche,, molle, mince, homogène, sans trace de libres, et d'une égale épaisseur partout, à l'exception d'un jteui point de son étendue en arrière. Elle est formée de deux feuillets, l'un exierne médullaire, l'autre interne , compose de tissu cellulaire et de vaisseaux. Ce dernier sépare Pcxpan* «ion nerveuse du corps vitré. Ou ne peut parvenir à isoler ces deux lames Tune de l'autre, de manière a obtenir l'externe seule, quoique l'interne se présente sous la fotme d'uue membrane liée et adhérente, lorsque la putréfaction a détruit la couche nerveuse* -D'ôù il. résulte qu'on ne saurait considérer la rétine comme le produit d'un assemblage de deux mcuit branes particulières et distinctes l'une de l'autre. Mais ou trouve réellement, sur sa face externe, une membrane très^ mince , fort analogue aux séreuses, dont la découverte est duc à l'anglais Jacob, et qui paraît être le siège des ossifications qu'on rencontre quelquefois entre la rétine et la choroïde.

Etendue sur le corps vitré, la rétine n'y forme aucun pli, si ce «Jést dans un petit point de sa partie postérieure, h quel*, qne dislance de l'entrée du noif optique ,'ct au côté exierne

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de celte entrée. Là, se remarque effectivement un pli, une tacbe jaune, et une place ronde où la membrane est trèsnsince. Le pli est dirigé transversalement de dehors en dedans. Il commence à quelque distance ou immédiatement à côte de l'entrée du nerf optique, par une petite pointe, et se termine par une extrémité obtuse/ Il a en général une ligne et demie ou deux lignes de long. Ordinairement il est simpte, mais quelquefois aussi il est bifide. On ne le rencontre point chez certains sujets. Home assure même qu'il est toujours un produit de Tari, et que sa formation tient à l'union, plus intime que partout ailleurs, qui existe en cet endroit entre la rétine et la membrane hyaloïde. Mais ce qui prouve que cet anatomiste se trompe, c'est qu'on aperçoit le pli, lors même que les connexions entre les deux membranes n'ont point été allérées le moins du monde, et qu'il est beaucoup plus sensible dans la jeunesse que dans les périodes subséquentes de la vie.

Au même endroit, la rétine offre un tache jaune, de figure circulaire et de même grandeur. Celte tache est plus foncée au centre qu'a la circonférence. Elle a en général une ligne de haut sur une ligne et demie à deux lignes de large. Mais sou étendue et sou degré de coloration ne sont pas les mêmes partout. Ces deux particularités ne paraissent toutefois pas être nécessairement cn'rappoit avec la faculté visuelle.

La rétine est beaucoup plus mince en cet endroit que dans le reste de son étendue. Elle l'est surioul dans le milieu de ia tache jaune, où. les uns admettent l'existence d'un trou, tandis que les autres pensent qu'il y a seulement 1111c place presque entièrement dépourvue de substance médullaire, qui a de même une forme ovale, et qui est entourée de bords lisses, nclîcmeni tranchés. Cette place amincie ne devient bien apparente que quand on comprime le corps vitré pour repousser le pli en dehors et l'effacer.

Martegiani admet entre le corps vitré et la rétine un espace vide dont l'artère centrale occupe le milieu, et qu'il nomme area Martegiani, en l'honneur de son pete. J. Cloquct semble croire à l'existence de ce vide, ear il dit que la membrane hyaloïde se réfléchit sur elle-même au niveau de l'entrée du nerf optique dans l'œil, pour former un canal, qu'if propose d'appeler hyaloïdien, et qui traverse le corps vitré directement d'arrière en avant.

La rétine est l'organe immédiat de la vue. Mngcndie ayant reconnu qu'une aiguille portée sur clic ne produit qu'une sensation très-faible, que, même en la broyant, on n'excite qu'une douleur médiocre, et qui ne peut être comparée h celle qui survient quand on pique la surface de l'œil, conclut de là

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