SONDE
Un lissu fait au métier, en soie fine, et ayant la forme ainsi que les dimensions de l'instrument à construire, telle est la matière qu'il faut exclusivement employer pour faire les sondes urétrales. Ce tissu, renforcé à l'extrémité fermée de la canule qu'il représente, afin que le mandrin ne la perce point, doit cire déjà pourvu des ouvertures que Ton remarque à l'extrémité de la sonde. Le procédé qui consiste à percer les yeux de celle-ci avec un fer rouge, après qu'elle est déjà presque entièrement fabriquée, présente le grave inconvénient de détruire la continuité du tissu , de l'affaiblir, et de préparer la rupture du bec de l'instrument, accident d'autant plus facile à s'opérer que cette partie est iucessamment plongée dans la vessie et macérée par l'urine. Les ouvertures de la sonde doivent donc être faites d'abord sur le métier, et garnies, pour plus de solidité , d'un point en œillet à leur circonférence.
Ainsi préparé, le canevas de l'instrument est placé ensuite sur une tige ou mandrin de cuivre, et enduit d'une couche de caoutchouc, dissous d'abord, puis étendu dans ufte huile grasse. Avant d'être terminé, l'instrument doit avoir supporté trente à quarante couches de la matière élastique, et être autant de fois séché à l'étuve et passé à la pierre ponce. L'huile de lin épaissie, dont on s'est servi long -temps pour enduire les sondes, devient friable par la dessiccation , s'écaille avec le temps, se gerce, et laisse le tissu qu'elle recouvre exposé à l'action destructive des humidités au milieu desquelles il est plongé lorsqu'on en fait usage. Cette matière est donc inférieure, sous tous les rapports, h la dissolution de caoutchouc, dont les fabricans habiles, et entre autres Verdier, successeur de Fiburier, font exclusivement usage. Les bonnes sondes doivent être, à leur surface, lisses et d'un poli uniforme, plutôt doux que brillant. Il faut que Ton puisse les replier dans tous les sens, et même nouer leurs extrémités ensemble sans occasioner de rupture ou même de gerçures à leur surface. Leurs parois , sans être dures , doivent se soutenir avec assez de force pour résister à la pression de l'urètre, maintenir ce canal dilaté, et conserver toujours ouvert le tube qu'elles constituent, ï^es mandrins dont on garnit les sondes sont ordinairement en fer, et exposés à se couvrir d'une couche d'oxide qui les rend rugueux, et s'oppose à ce qu'on les entre ou les retire facilement. On évite cet inconvénient en n'employant que des mandrins recouverts d'une couche d'argent qui les conserve sans diminuer leur solidité, 'et dont Fiburier, ainsi que son successeur, ont répandu l'usage.
• Les sondes de gomme élastique sont graduées par quarts de ligne, depuis le n° i , qui a une ligne de diamètre , jusqu'au u° i3, qui en a quatre. En employant un lissu de la soie lu