SOUFRE
Le soufre pur est très-employé en médecine. On a beaucoup disserte sur sa manière d'agir, mais il paraît certain aujourd'hui qu'on doit le ranger parmi les excilans. A dose faible, celle par exemple de quatre a six grains, il stimule légèrement les facultés digestives, sans y apporter de trouble sensible; mais à celle de dix-huit grains, un demi-gros, un gros et plus, il fait éprouver une sensation désagréable à la région épigastrique , détermine parfois aussi des coliques, et provoque des déjections alvines plus ou moins abondantes. En même temps, il donne lieu à des rapports nidoreux , et fait rendre beaucoup de gaz d'une grande fétidité. Si Ton ne force pas autant la dose , l'excitation de la membrane muqueuse est moins vive, mais elle réagit sur les autres appareils organiques, la chaleur augmente, le pouls devient plus fréqueut, et Ja transpiration cutanée plus abondante. Si, enfin , Ton prend trois ou quatre doses de soufre pendant douze ou quinze jours, l'excitation vasculaire arrive parfois au point de provoquer des hémorragies, des crachemens de sang. De là le précepte de s'en abstenir , ou du moins de le prescrire avec ménagement, chez les sujets pléthoriques, quand les voies gastriques sont déjà le siège d'une irritation chronique, qu'il ne manquerait pas d'exaspérer, et enfiu dans les maladies décidément inflammatoires.
Cette action excitante, si prononcée qu'on ne conçoit pas comment on a pu la mettre eu doute, explique les bons et mauvais effets que le soufic produit dans les maladies de poitrine, suivant les circonstances, quoiqu'on ait vanté son efficacité dans les affections chroniques, surtout de l'organe pulmonaire, h tel point que divers auteurs l'appelaient autrefois -le baume des poumons. Il n'est utile alors que quand l'estomac ne se trouve pas déjà irrite, et quand on en ménage assez la dose pour qu'il ne produise pas un effet purgatif, c'est-à-dire une trop forte stimulation. En parlant de ces principes, on c%\\-' çoit facilement quelles sont les circonstances dans lesquelles il peut être avantageux dans les affections rhumatismales et goutteuses , contre lesquelles on l'a recommandé aussi. C'est toujours comme révulsif qu'il agit alors, de même que dans les maladies de la peau, dans lesquelles on l'a présenté comme une sorte de pansicée ou de remède universel, quoiqu'il n échoue pas moins souveut, soit à l'intérieur, soit à l'extérieur, que tous les autres excitans , et qu'on puisse très-bien le rem
applique a 1 extérieur, uaus «.-a « ».«™.~- .
il active les phlegmasies chroniques du tissu de la peau, et excite ainsi une secousse favorable à la guérison , pourvu qu on