SOURCIL
n'insiste pas outre mesure sur son emploi ', et que Kon sache s'arrêter à temps. En un mot, tous les préceptes relatifs à l'emploi des excitans cl à la révulsion lui sont applicables.
On emploie le soufre à l'état solide , ou sous la forme de vapeurs, c'esl-a-dire en fumigations.
Pour l'usage interne, on le fait sublimer, a6n de le débarrasser de toutes les substances étrangères; après quoi on le fait bouillir à diverses reprises dans de l'eau, qui enlève l'acide sulfureux dont la volatilisation le laisse toujours imprégné. Ainsi préparé , on l'administre a la dose de quatre à douze grains, répétée une ou deux fois par jour, soit simplement en poudre ou délayé dans un liquide , soit en pilules ou en pastilles.
Quant à son emploi extérieur, outre ses vapeurs, on le prescrit encore, incorporé dans de l'axonge, sous la forme d'onguent ou de pommade. Cette dernière porte le nom de pommade antipsorique. Elle contient presque toujours d'au^ très substances que le soufre, soit du chlorure de sodium, soit du sous-carbonate de potasse, etc,, en proportions diverses. Le cérat soufré est aussi fort usité. Les baumes de soufre, qu'on obtient en faisant dissoudre cette substance dans différentes huiles, sont presque totalement inusités aujourd'hui.
SOUPIR, s. ni., suspirium : inspiration lente, longue et profonde, à laquelle succède une expiration assez prompte. Le soupir, expression de la gêne et de la douleur physique, de la douleur morale et du désir, paraît dépendre de l'accumulation du sang dans les cavités droites du cœur, et avoir pour but de faciliter son passade a travers le poumon : telle est du moins la théorie qu'en donne lîichal . Ou peut toujours le considérer comme volontaire , en ce sens qu'il est exécuté par des muscles soumis à l'empire de la volonté ; mais le plus souvent il est purement instinctif, et en quelque sorte automatique.
SOURCIL, s. m., superciUum : on donne ce nom à deux éminences demi-circulaires, allongées transversalement, et arquées de haut en bas, qui terminent le front et surmontent les yeux.
Les sourcils sont formés par l'arcade orbitaire de l'os coronal, qui en fait la base, par le muscle sourcilier, un peu par l'occipito-frontal, et par un tissu cellulaire plus ou moins chargé de graisse. Leur grandeur varie suivant l'âge et les individus. En général , ils sont plus larges et plus longs chez les bruns que chez les blonds. Leur extrémité interne , appelée tête, est plus épaisse que l'externe, qu'on appelle queue, et qui se termine en pointe. Un intervalle dépourvu de poils, et
m SOURCIL
appelé glabelle, les sépare ordinairement l'un Je l'autre; inais quelquefois aussi ils su touchent et se confondent ensemble. Les< poils qui ies garnissent sont pl«s forts et plus raides que les cheveux,» et offrent toujours Jtf^ème cotlteur , quoiqu'on possède quelques exemples du contrah>e.l(ïës poils s'inclinent ea dehors , et sont couches à plal les nus sur les autres : ceux 4e l'extrémité interne sont les pins loijgr, et, à J'cndroit ou 1; sourcil commence à se cdurtoi^ horizontalement , ils acquièrent , chez certains sujets, une longueur double ou triple de celle «les autres. Leur nombre vurie^n raison de l'épaisseur des sourcils, mais on en compte toujoui s moins du côté de la tempe que vers le ne». Ils sont plus abondans et plus longs chez l'homme que chez la femme, et leur louguear .devient quelquefois si considérable, wians la vieillesse, qu'on est obligé deJes couper de «temps* en- temps.,
Les sourcils contribuent a donner de l'âme à la physionomie, et de la grâce au visage, tirais souvent aussi ils en rendent l'expression dure et lajouche. 1\4 n'exécutent que deux ivjouvemens, l'un qui les élève,4 l'autre jqub Je» fronce et les abaisse, en les rapprochant l'un de l'autre. Leur violente contraction fait redresser les poils. De la diversité de leurs mouvemens, résultent des différences bien marquées dans la physionomie. Les partisans des causes finales leur ont assigné pour usage d'empêcher que la sueur tic coule du front sur le globe oculaire, et' de modérer l'action d'une lumière trop vive, en diminuant la masse des rayons qui viennent frapper ce dernier. * »• •
Il est assez rare d'y observer des vices de conformation. La chute des poils dont ils sont garnis, et qui petit elfe la suite de diverses maladies exanlhématiques, constitue uribjdiflbrmité que l'art cosmétique efface aisément, soit en appliquant des sourcils artificiels, soit en noircissant la place qu'ils doivent occuper avec de l'encre ou toute autre matière colorante. . i
Les plaies faites aux sourcils par un instrument tranchant sont très-faciles à réunir. Les emplâtres agglulinalifs suffisent toujours, même quand la solution de continuité pénètre jusqu'à l'os, à cause du point d'appui que lui prête ce dernier; mais, avant de les appliquer, il faut avoir soin de raser les poils. Les piqûres sont ordinairement simples; quelquefois cepeudant, le cuir chevelu s'enflamme et se tuméfie plus ou moins, ce qu'on attribue à la lésion de quelque filet du nerf ophthalmique de Willis. C'est le cas d'employer les émolliens, et de recourir même aux sangsues , si l'irritation se montrait intense ou durait trflp long-temps. On a vu des contusions simples des sourcils donner lieu à la cécité, à des
SOURCiLIER 36g
convulsions, au délire, à un assoupissement comateux. Les auteurs ne s'accordent pas au sujel de l'explication qu'ils donnent de ces phénomènes morbides. *Oo peut présumer que les uns tiennent à la commotion ou à la lésion du cerveau, et les autres à la lésion du nerf sourcilier , qui se transmet à la rétine par le mOyeu des atiasietnose* qui unissent les divers nerf* oculaires. Dans tons- les cas, cesMsortes de contusions exigent beaucoup de soin*r i»«amment de* applications fréquentes de sangsues, et une lattenttwi soutenue aux aecidens qui pourraient surveoiri du de ' l'organe encéphalique. Les plaies contuses ne présentent aucune indication particulière; on les réunit si l'état des parties Je permet; dans le cas contraire,- on se comporte comme à i>égard de toutes les plaies suppurâmes, à cela près seulement que, pour éviter' ou diminuer la difformité, on doit chercher à en réunir les lèvres des que l'inflammation commence à s'apaiser.
Les tumeurs des sourcils ne présentent rien de particulier. Divers insectes se multiplient facilement dans les poils qui recouvrent- ces parties; ils y produisent des démangeaisons intolérables, des irritations permanentes, et souvent des éruptions dont la cause est assez difficile à distinguer pour des yeux peu exercés. Quelques frictions avec l'onguent raercuriel suffisent pour détruire les animaux qui déterminent les accideus de ce genre. Lorsque les éruptions des sourcils sont de nature dartreuse , ou quand elles ne consistent que dans l'extension de la teigne à ces parties, elles exigent l'emploi de moyens thérapeutiques opposés par la médecine aux affections dont elles semblent le résultat.
SOURCILIER, adject., supercitiaris ; qui a rapport au sourcil.
Les arcades sourcilières sont deux éminenecs presque demicirculaires, obliques de haut en bas et de dedans eu dehors, un peu plus étroites dans ce dernier sens que dans l'autre, qui se dessinent à la face externe de la portion frontale de l'os coronal, immédiatement au dessus des arcades orbitaires et au dessous des bosses frontales. Jolies forment la paroi antérieure des sinus frontaux : de là vient qu'elles sont à peine Visibles dans l'enfance, et qu'elles deviennent de plus en plus saillantes par les progrès de l'âge.
L'artère sourcîlière est une branche de l'ophthalmiquc.
Les échancrures sourcilières, situées vers l'cxlrcmi té interne des arcades orbitaires, sont converties, par le moyen d'un petit ligament, en nn conduit qui sert de passage à 1 artère, à la veiiie et au nerf frontaux. Lorsqu'une production osseuse les ferme complètement , ce qni arrive quelquefois, on les désigne sous le nom de tious sowrcitiers.