RÉVULSION
moyens propres h déterminer une métastase d'humeurs. 1) y avait la révulsion de bas eu haut, de droite à gauche, d'avant en arrière, de l'intérieur à l'extérieur. La révulsion différait de la dérivation en ce que, dans celle-ci, on dirigeait les humeurs vers un point, sans avoir pour but de les enlever d'un autre point, tandis que, dans celle-là, c'était principalement pour débarrasser une partie qu'on les appelait vers une autre : ainsi l'on stimulait un organe afin d'en exciter un autre vers lequel on voulait faiie arriver le sang ; c'est ce qu'on appelait autrefois provoquer une excitation sympathique. On entend aujourd'hui par exciter une révulsion, la stimulation opérée sur un organe dans l'espoir de voir cesser l'irritation d'un autre organe; la révulsion est ce changement lui-même dans le siège de l'irritation. Les révulsifs sont toujours des excilans, des irritans, des phlegmasiques ou des escarrifrans.
Les préceptes relatifs à ia révulsion ont été rassemblés avec clarté par Goupil. On ne doit, dit-il, jamais employer les révulsifs tant que la phlegtnasie est accompagnée de fièvre ; on ne doit jamais les employer qu'après avoir mis en usage les émissions sanguines; ce n'est qu'au déclin des inflammations aiguës qu'on peut les employer; mais, à l'instant de l'invasion, ils peuvent être utiles, et prévenir le mal en le détournant vers un organe moins important que celui qu'il menaçait. En même temps qu'on applique les irritans à titre de révulsifs sur un point éloigné de l'organe malade, il faut agir sur celui-ci à l'aide des auliphlogistiques et des sédatifs. Dans les phlegmasies chroniques, les révulsifs ne doivent être employés que lorsqu'on est parvenu, à l'aide des anliphlogistiques, à faire cesser l'accélération sympathique du mouvement circulatoire. Quand on veut rétablir une phlegmasie qu'à fait cesser le développement d'uue.autre inflammation, il faut attaquer celle-ci par les antiphlogisliques avant de diriger contre celle-là des révulsifs. La révulsion manque ordinairement quand le sujet est pléthorique, l'irritation vive et ancienne; l'excitation que l'on provoque dans l'espoir d'opérer la révulsion ajoute alors à l'irritation qu'on a voulu faire cesser. Les inflammations superficielles ne sont pas plus susceptibles de révulsion que les inflammations profondes. L'irritation locale augmente, par l'emploi des révulsifs, chez les sujets dont les nerfs sont très-sensibles et les organes de la circulation faciles à émouvoir. Quand l'irritation provoquée pour en faire cesser une autre exaspère celle-ci, il faut diriger desanliphlogistiques contre l'une et l'autre. Quand un organe est enflammé et un autre sur le point de s'enflammer, toute tentative de révulsion est ou nulle ou dangereuse, et plus souvent dangereuse que nulle. Il y a beaucoup à craindre de l'application
9o RÉVULSION
des irrilans h titre de révulsifs, sur un organe important lié par son action à beaucoup d'autres; c'est pour cela qu'il est si dangereux do tenter une révulsion sur l'estomac et même sur les intestins. Toutes les fois qu'une surexcitation énergique, provoquée dans l'espoir d'opérer une révulsion , n'a pas ce résultat, elle accroît l'irrritalion qu'on voulait déplacer. Les révulsifs doivent être placés de préférence sur une partie qui soit l'antagoniste de la partie malade, ou qui la supplée dans quelque fonction. La révulsion de l'extérieur à l'intérieur est souvent funeste; celle qu'on provoque de l'intérieur h l'extérieur est au contraire toujours favorable, au moins a l'entretien de la vie, car elle peut être fort désagréable au sujet. 11 ne faut pas provoquer de révulsion sur un organe connu pour agir souvent sympalhiqueroent sur celui qu'on veut débarrasser d'une irritation. Quand une phlegmasic interne, venant à se développer, a fait cesser une phlegmasie externe, il faut appliquer les révulsifs sur le siège qu'occupait celte dernière.
Plus l'irritation est intense, et profonde, et plus on doit éloigner de l'organe qui en est le siège les révulsifs destinés a la déplacer. Pour opérer la révulsion d'une irritation sèche, d'une irritation avec flux séreux, muqueux , sanguin> purulent , il est bon de provoquer une irritation analogue dans Je lieu où l'on veut que se fasse la révulsion. Toutes les fois que les révulsifs ne produisent pas la cessation désirée de l'irritation, si du moins ils ne l'exaspèrent pas, il faut en continuer l'emploi. lies irritations nerveuses sont plus faciles a déplacer que toutes les autres. Les révulsifs font cesser l'irritation hémorragique, même sans provoquer un écoulement sanguin, mais souvent cet écoulement artificiel est indispensable. Les révulsifs sont souvent employés pour combattre seulement l'extrême susceptibilité d'un organe menacé d'inflammation. Avant de tarir une source de suppuration, il faut établir une irritation suppurative. Attendre la révulsion des simples efforts de la nature, c'est s'exposer a voir s'étendre et se multiplier la phlogmasic. Lorsque la révulsion s'opère naturellement, il faut la respecter, la favoriser si elle a lieu d'un organe important sur un Organe qui l'est peu; dans le cas contraire, il faut combattre activement, par les antiphlogisiiqucs, l'irritation qui s'établit secondairement, et rétablir par des irritant directs l'irritation primitive.
Les moyens révulsifs sont ou simples, tels que les sinapismes, les ventouses, les frictions, l'acupuncture,- ou avec tumeur et phiyclcnes, comme l'urticati on, la brûlure; avec écoulement de sérosité,1e5Vésicatoircs; depus,lessélons, les cautères, le moxa, le fer chauffé jusqu'au blanc ; de sang, les sangsues, les veit-
RHACADE 91
touscs scarifiées. L'excitation produite par les sangsues cl Ks ventouses scarifiées esl passagère, affaiblie par la sortie du sang , et tout à fait propre a combattre les hémorragies. Ces deux derniers moyens sont de la plus grande utilité dans le» phlegniasics près desquelles on peut les appliquer.
RHAGADE, s. f. , nom donné à tout ulcère qui a la forme d'une fente ou d'une crevasse.
On observe des rhagades à la paume des mains, à la plante des pieds, entre les orteils, à l'entrée des narines, 6ur les lèvres et a leurs commissures, aux paupières, au prépuce, aux grandes lèvres de la vulve et a l'anus. Celies qui bordent les orifices sont parallèles à Taxe des cavités dont ces derniers sont l'aboutissant. Les autres offrent des directions différentes, et relatives aux plicalures naturelles de la peau.
L'irritation produite par la sérosité qui coule au début des coryzas et des ophlhalmies, doit ulcérer les bords des parties que ce fluide touche. L'action d'un air sec et froid fendille 3a surface des lèvres. Le prépuce se déchire quand il est trop étroit pour céder a la pression qu'exerce sur lui le (*land grossi par l'érection. La crasse qui s'accumule entre les orteils, et qui s'y mêle à l'exhalation cutanée, peut irriter la peau par son séjour prolongé, et finir par l'ulcérer. La sortie de matières dures et inégales, ou l'introduction forcée d'un corps trop volumineux, produisent aussi des fissures dans lo sens de la distension. Enfin, la moindre cause suffit pour donner naissance à des rhagades lorsque la peau ou une» membrane muqueuse extérieure vient à être frappée d'iuflammation. Ce sont ces dernières qu'on désigne sous le nom de rhagades vénériennes, uniquement parce qu'elles surviennent chez des individus actuellement ou autrefois atteints de symptômes vénériens, car il n'existe pas d'autre signe auquel on puisse soupçonner leur prétendue origine vénérienne.
Les rhagades cutanées sont les plus simples et les moins * dangereuses. La propreté seule parvient a les guérir en peu de temps, cl les adoucissons calment bientôt les accidens inflammatoires dont elles sont quelquefois accompagnées. »Si elles durent depuis long-temps, presque toujours elles oui désorganisé les parties environnantes, et pénétré même jusqu'aux os, qui sont frappés de carie. C'est alors le cas d'insister sur les émoHîcns, jusqu'à ce que la plaie soit redevenuq simple, ce qui exige un temps plus ou moins long.
Le traitement des rhagades qui surviennent a Ventrée dés cavités revêtues d'une membrane muqueuse , ne présente au-i cune indication particulière, si ce n'est toutefois k l'anus, dont la distension , souvent répétée, devient une source puissante
tji RHODIUM
d'agra vemen t. Ces rhagades , qui prennent alors le nom de fissures, ont été décrites à l'article anus.
RHEUMIQUE, adj. $ nom donné par Henderson à un acide très-soluble dans l'eau, un peu déliquescent même, cristallisable en aiguilles très-blanches, qui dissout le mercure avec effervescence, et qui existe dans la rhubarbe, rheum palmatum. Lassaigne pense que c'est un mélange d'acide oxalique et d'un autre acide indéterminé.
RHODIUM , s. m. ; inétal ainsi appelé parce que ses sels communiquent une couleur rose à l'eau. On en doit la découverte à Wollastou. Il est d'un blanc brillant, cassant, et infusible au feu alimenté même par un coma ut d'oxigène. Sa pesanteur spécifique est de n. Comme on n'a pas encore pu l'obtenir en culot, on ignore s'il est malléable. L'air n'exerce aucune action sur lui. Les acides nitrique et chloro-nitrique ne l'attaquent poiut. 11 se combine difficilement avec l'oxigène j sou oxide est jaune et gélatineux quand il est hydraté. Ce métal existé datis le minerai de platine; il est sans usages.
RHOMBOÏDE , s. m. et adj. , rhomboïdes; nom d'un muscle pair, situé a la partie supérieure du dos et au bas du cou, ou il s'élend en travers, et de dehors en dedans, depuis la base de l'omoplate jusqu'à ia fin du ligament cervical postérieur, à la septième vertèbre du cou, et aux quatre ou cinq premières du dos. Dirigé de haut ,en bas, aplati et un peu recourbé d'arrière en avant , il a une figure à peu près rhoinboïdale, quoique son bord externe soit un peu plus court que l'interne. Recouvert par le trapèze , la peau et le grand dorsal, il couvre lui-même le petit dentelé postérieur et supérieur, le splénius du cou, le long dorsal, le sacro-lombaire, la troisième, la quatrième et la cinquième vraies cotes, et, dans leurs intervalles, les muscles intercostaux externes correspondais. Des fibres aponévrotiques, beaucoup plus longues en haut qu'en bas, le fixent à la colonne vertébrale , et d'autres plus courtes à l'interstice de la base de l'omoplate. Celles de ses fibres charnues supérieures qui s'attachent au dessus de la facette triangulaire de l'omoplate, forment un faisceau distinct, que plusieurs anatomistes ont appelé rhomboïde du cou, ou petit rhomboïde , tandis qu'ils ont appelé Ja portion inférieure grand rhomboïde ou rhomboïde du dos. Ce muscle élève l'omoplate en la tirant en arrière, et lui fait exécuter un léger mouvement de bascule qui porte son angle inférieur en arrière , le supérieur en avant, et l'antérieur en bas, avec l'épaule. S'il agit de concert avec le trapèze, qui empêche les mouvemens de bascule et de rotation de l'omoplate , il fixe directement cet os en arrière.