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SUCRE

tiques, le sucre liquide ou incrislallisable et le sucre artificiel.

Le sucre proprement dit existe dans la canne k sucre, la bettera\e, le fruit du châtaignier, la sève de l'érable k sucre, et beaucoup d'autres végétaux. A l'état de pureté , il est blanc , solide, transparent, inodore , susceptible de cristalliser en prismes quadrilatères, que terminent des sommets dièdres. Il se dissout k poids égal dans l'eau froide , mais l'eau bouillante le dissout en toutes proportions; il est insoluble dans l'alcool et dans l'éther. La découverte du sucre de betteraves est due à Margraff. Guerrazi a fait, sur celui de châtaignes , des essais qui portent à croire qu'on pourrait se livrer avec quelque avantage k son extraction. Le sorgho , ou miliet de l'Iude, donne, suivant Arduino, un sucre qui ressemble a celui de la canne. Celui de l'érable passe pour être moins soluble et moins sucré. Peut-être en est-il de même à l'égard du sucre que Banon a retiré de la sève du noyer.

Le sucre des champignons a été appelé aussi setiforme, parce qu'il cristallise en aiguilles prismatiques , soyeuses et blanches ; sa saveur est faible; il répand une odeur âcre lorsqu'on le brûle. Braconnot et Yauquelin l'ont retiré de plusieurs espèces de champignons , telles que les agaricus volvaceus , acris et canlhareUus , les hydnum repandum et hybridum , le boletus juglandis et le lycoperdon truncatum.

Le sucre cristal loïde, que les raisins contiennent en abondance, surtout dans les pays méridionaux , se préseule, sous la forme de grains peu consistans , réunis en masses blanches ou poreuses , dont la saveur est fraîche et moins sucrée que celle du sucre de canne. Il est moins soluble aussi dans l'eau , tandis qu'il se dissout complètement dans l'alcool. La figue, l'abricot, la cerise, la groseille et quelques autres fruits en fournissent également un qui ne présente que des différences légères.

Les tiges du ntaïs, la pomme, le coing , la prune, la pèche » l'azerole et presque tous les fruits k pépins et k noyaux contiennent un sucre incrislallisable, que divers chimistes désignent sous le nom de mucoso-sucré. C'est un liquide jaune, peu concrescible, qui attire l'humidité de l'air, et qui est presque toujours associé au sucre cristallisable ou au sucre cristalloïde. En effet, il existe même dans la canne k sucre, et c'est lui qui constitue en grande partie les mélasses; peut-être parviendra-t-on a reconnaître que c'est une simple combinaison de sucre cristallisable avec un principe végétal.

L'urine des malades atteints du diabètes contient une substance sucrée, produite par l'action des reins, qui ressemble tantôt au sucre de canne, 1 an tôt, et plus souvent, k celui de raisin. »

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Enfin, l'action prolongée de l'acide sulfurique tics affaibli et chaud sur l'amidon, le sucre de lait, Je ligneux et autre* principes immédiats des corps organises, développe une substance sucrée qui ressemble au sucre de raisin , non-seulement par son aspect , tuais même encore par la proportion de ses élémens, selon Schwcigger. Cependant&irchoff l'a obtenu sous la forme de cristaux semblables à ceux de canne. 11 entre en fusion à la température de l'eau bouillante.

Dœberciuer assure que la seule pression exercée sur un mélange de gaz hydrogène carboné et d'acide caibonique , mis en contact avec du charbon, peut donner lieu a la formation d'ut* véritable sucre.

Personne u'ignore combien sont étendus et multipliés les usages du sucre. Sa saveur agréable , sa facile solubilité dans Peau , son abondance daus ha nature , la facilité de son extraction et de sa purification, le placent au nombre des substances dont on se sert le plus, à litre, soit d'aliment, soit d'assaisonnement, soit enfin de médicament. Depuis long-temps sa faculté nutritive est connue; ou l'a même singulièrement exagérée en disant, avec Rouelle, qu'il est le plus parlait des alimens, ou, avec Cullen, qu'il est le principe nourrissant par excellence. Ce-

Î tendant quelques écrivains lui ont refusé toute espèce dé quaité alimentaire , et ont même été jusqu'à lui attribuer une action véritablement nuisible sur l'économie. On l'a surtout

{>cint comme une substance très-échauffanie. Ce qu'il y a scucinent de vrai, dans ces assertions contradictoires, c est que le sucre, pris avec modération, ne nuit en rien à Pexcrfcice des fonctions de l'estomac, mais que, quand on en abuse, il rend la bouche pâteuse, excite la soif, augmente la chaleur générale, diminue les excrétions alvines, produit souvent des tiraiîlemens ou même des ardeurs d'estomac ou d'entrailles , en un mot , détermine tous les accidens qui résultent de la surexcitation de la membrane muqueuse gast»o-intcslinale. tles effets varient ensuite à l'infini suivant les individus ; mais ils suffisent pour autoriser h conclure que le sucre ne pourrait jamais, sans inconvénient, être pris long- temps à haute dose, et surtout comme aliment exclusif, résultat confirmé par les expérience* de Carmiuati et de Magendie sur des chiens. Cependant on doit bien se garder de trop généraliser ces dernières expériences, qui ont été faites sur des chiens, animaux essentiellement carnivores, auxquels , indépendamment du sucre pour tout aliment , . on ne donnait, pour unique boisson, que de Peau distillée. En effet, il n'est assurément pas un seul animal qu'uu pareil régime exclusif, associé a une boisson si inconvenante , ne conduisît en peu de- temps au tombeau, sans qu'on fût autorise à déduire de là nue le sucre et l'eau distillée ne peu veut

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point servir à l'alimentation. Au reste , on ne peut plus douter aujourd'hui que le sucre ne soit un excitant assez énergique, cl les expériences de Staik viennent confirmer, sous ce rapport, les résultats de celles de Magcndic; car ce médecin a vu son usage continu pendant plusieurs jours, a la dose de quatre, huit, dix, seize et vingt onces , avec (Je l'eau et du pain , occasioner des nausées , des ilatuosilés , faire naître de petits ulcères a l'intérieur de la bouche, rendre les gencives rouges, gonflées, saignantes ci les selles liquides. Mais on ne saurait croire, avec Magendic , que l'absence de l'azotu^cst la cause principale de ces phénomènes, car tout autre excitant en produirait de semblables avec plus ou moins de rapidité. Et repoussant l'hunioiisnic et ses romans, il faut bien se garder d'y substituer des doctrines chimiques qui font perdre de vue la réaction des tissus vivans sur les corps qui les louchent , et i'iuflueuce réciproque de tous ces tissus les uns sur les aunes.

Celte propriété stimulante du sucre peut servir a faire apprécier tout ce qu'on a dit de son emploi dans les maladies, et, sans aller aussi loin que Willis, qui lui attribuait la multiplication de scorbuts en Angleterre, il est bien permis de pensai' qu'à haute dose surtout, il ne convient pas toutes les fois que les voies gastriques sont frappées d'un degré plus ou moins intense de pnlcgmasic. Cettcméme propriété expliqueégulcmeut les bons effets qu'il produit dans les affections légères de la poitrine, où il agit comme un léger révulsif. Si l'on voulait le révoquer en doule, malgré tant de faits qui l'attestent hautement, il suffirait de rappeler l'action évidemment stimulante que le sucre exerce lorsqu'on l'applique sur une plaie , un ulcère ou une membrane muqueuse extérieure.

sucre de ijkiT j substance cristallisablc en parallélépipèdes réguliers et blancs , d'une saveur fade et terreuse, moins soluble dans l'eaufquc le sucre, insoluble dans l'alcool, décrépitant, se boursouflant au feu, cl exhalant une fumée blanche , avec une odeur de caramel, que l'on obtient en évaporant le sérum du lait jusqu'à consistance sirupeuse , et le faisant ensuite cristalliser. Traitée par l'acide nitrique, elle donne de l'acide rnucique. On fa conseillée dans les irritations des voies dig« s lives j mais elle n'a jamais joui d'un grand crédit, et elle est h peu près abandonnée aujourd'hui.

SUDORIFIQUE, s. m. et adj., sitdorificus : épithète donnée à toute substance qui augmente l'exhalation cutanée, couvre la peau d'un liquide sans cesse renouvelé, cl provoque ainsi le phénomène de la sueur.

Les nombreux agens que l'on réunit sous ce nom, et dont on faisait autrefois une classe distincte, font tous partie celle des excilans; car s'il en est quelques-uns que Ton doi\c

placer parmi les émolliens, lorsqu'on les considère en euxmêmes, ils ne contribuent point à la production de la sueur, quand ce phénomène arrive pendant leur administration, et 1 on ne peut accuser que l'influence excitante du ca/orique doHt est imprégné le véhicule qui lient leurs molécules en suspension. Aucune substance n'est douée spécialement de la propriété d'exciter la sueur. Tous les excilans qui agissent

Ïpielquefois ainsi le font par les irradiations sympathiques de a stimulation qu'ils exercent sur 1a membrane muqueuse des voies diges#ves , quand d'ailleurs la peau se trouve, individuellement ou accidentellement, dans les conditions favorables à la production du phénomène de la sueur. C'est pourquoi, à moins d'une prédisposition toute particulière, il est presque toujours nécessaire, pour provoquer celte dernière, d'associer à l'usage interne des médicamens réputés sudorifiques par excellence, l'application d'une chaleur artificielle à la peau, ou l'emploi de précautions propres à empêcher la soustraction de la chaleur naturelle, comme le séjour dans un lit bassiné et bien couvert. Un sudorifique peut exciter quelquefois des sueurs, mais on ne doit pas plu* compter sur cet effet de sa part, que sur l'accroissement des urines, la simple excitation des voies gastro-inlestinales. ou la provocation de déjections alvines, qu'il entre également dans sa manière d'agir de provoquer chez tels ou tels individus, dans telles ou telles circonstances données. Mais nous possédons toutefois, dans les bains de vapeurs et dans les étuves sèches, un sudorifique assuré, le seul sur lequel on doive compter, lorsqu'on croit avoir intérêt à augmenter l'action de la peau, et le seul par conséquent auquel on doive avoir recours alors, tant parce qu'il ne manque jamais son effet, que parce qu'il agit directement sur l'organe qu'on veut excite^, au lieu de le faire par l'intermède d'autres organes, dont les sympathies pourraient fort bien ne pas se prononcer par cette voie.

SUETTE, s. f., morbus sudatorius , febris miVaris sudaton'a, sudor anglicus : maladie observée en Angleterre, en Picardie et dans le Languedoc, dans le Berry , l'Alsace , en Auvergne, aux environs de Lyon, caractérisée, entre autres phénomènes, par des sueurs abondantes, répétées, prolongées, parfois avec éruption miliaire. Rayer a tracé une bonne histoire de cette affection; il n'osait pas se prononcer sur sa nature en 1822, pour des motifs qu'apparemment il n'avait plus en 1824, époque a laquelle il adopta les opinions de Broussais, de Boisseau et de Coulanceau, sur le siège et la nature des maladies appelées fièvres. L'épidémie de suclle, observée par ce médecin dans le département de l'Oise, offrait les caractères suivans, que nous empruntons textuelle-

ment h son ouvrage, ce dont nous avertissons, afin qu'on ne nous adresse pas le reproche qu'on lui a justement adressé pour des emprunts sans indication de source.

L'invasion de la maladie, dit-il, était quelquefois annoncée par un léger sentiment de lassitude, par une douleur au dessus des jeux, par la perle de l'appétit; souvent aussi l'invasion se faisait sans signes précurseurs. Plusieurs individus qui s'étaient couchés bien portans se sont réveillés atteints de la maladie, le corps inondé d'une sueur abondante, qui n'a cessé qu'à la mort ou à la convalescence. Quelquefois un mouvement fébrile à peine sensible, une chaleur brûlante, ou le sentiment d'une vapeur parcourant tous les membres , et presque toujours un resserrement à l'épigaslre , précédaient de plusieurs heures ou de quelques instans l'appaxition de la sueur, ou plutôt celle d'une vapeur chaude, qui , d'abord bornée à quelques parties du corps, se répandait ensuite sur toute sa surface. La bouche était pâteuse , la laugue couverte d'un enduit blauc sale, rarement jaunâtre ; la soif peu vive, le désir des alimens nul ou peu prononcé ; les urines offraient souvent leur couleur naturelle. Les malades étaient ordinairement constipés pendant toute la durée de la maladie. Le pouls était naturel dans bien des cas ; i! acquérait de la fréquence et de la plénitude lors de l'éruption. La respiration offrait celle espèce de gêne ou d'emnarras qu'on éprouve dans un lieu où la température de l'air est trop élevée. L'encéphale et ses dépendances, les organes des sens et ceux de la génération, restaient étrangers aux désordres et aux souffrances ressenties par les autres parties.

Cet état persistait, avec de légères variations, le deuxième, le troisième et le quatrième jours de la maladie. C'était dans l'un de ces trois jours, et ordinairement le troisième, que se faisait habituellement sur la peau , après dev légers picotemens, une éruption de boutons miliaires rouges et coniques , dont le sommet blanchissait quelque temps avant qu'ils s'affaissassent. Entre ces boutons rouges, ou sur d'autres parties du corps, presque jamais sur la totalité, paraissaient quelquefois de petits boutons perlés ou de petites vésicules arrondies et remplies d'une sérosité d'abord limpide. L'éruption était précédée de picotemens, de prurit ou de démangeaison a la peau. Elle ne durait pas plus de deux ou trois jours, à moins qu'elle ne se fît à la suite de paroxismes irréguliers et successifs. Quelquefois elle était suivie d'une desquamation assez considérable de l'épiderme. Dans d'autres circonstances moins fréquentes , soit que la marche de la maladie eût été intervertie ou modifiée par des médications plus ou moins actives,

Digitiz

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ou n'a point observé d'éruption ; cette absence de l'éruption a été e'galemcni remarquée lorsque la maladie avait clé abiudonnée à elle-même. Parmi les individus qui se trouvaient dans l'un ou l'autre cas, il en est, et c'est le plus grand nombre, qui se sont plaints d'un picotement incommode à la peau, que les autres n'ont point ressenti; il était tout à fait semblable a celui qui précédait l'éruption lorsqu'elle avait lieu. Tous ces phénomènes disparaissaient après avoir progressivement diminué ie septième, huitième, neuvième ou dixième jours.

Tels sont les symptômes le plus généralement observés, et dont l'ensemble, considéré d'une manière métaphysique, dit

Ïdaisamment Rayer, constituerait ce qu'on pourrait appeler 'espèce bénigne de la maladie. A ce tableau, il ajoute celui des variétés suivantes : •

Quelquefois un resserrement plus violent se faisait sentir h l'épigastrc; ce spasme s'étendait aux organes de la respiration , et donnait lieu aux plus pénibles anxiétés; les malades poussaient fréquemment de profonds soupirs ; ils se plaignaient d'un sentiment de pesanteur sur la poitrine; ils éprouvaient, outre la constriction K l'épigastrc, de nouvelles anxiétés, de l'étouffcnient, des battemens insolites et isochrones a ceux du pouls dans la région de l'estomac, et un malaise inappréciable qui leur suggérait les plus sinistres prcsscnlimens. Ces

Shénomèncs morbides apparaissaient quelquefois dès le début e la maladie, se renouvelaient plusieurs fois dans son cours, et se reproduisaient avec une nouvelle violence au moment qui précédait l'éruption générale ou partielle, c'est-a-dire du troisième, quatrième ou cinquième jour a dater de l'invasion. Parfois, dès le début, les malades , tourmentés de vertiges, en proie h une violente céphalalgie, éprouvaient des nausées, rejetaient les bôissons, et faisaient des efforts violens pour vomir. On a vu plus rarement d*s phénomènes morbides être produits par une lésion directe de l'encéphale ou de ses dépendances. Alors la face était vultucuse cl colorée , les yeux étaient saillans et rouges, les temporales battaient avec force, la pupille était contractée et immobile , et les malades succombaient en peu d'heures dans le coma, dans un délire furieux, ou frappés de paralysie. Dans d'autres circonstances, une douleur profonde dans la poitrine, le défaut de son dans une partie de sa cavité, la difficulté* de l'inspiration , qui était courte, anhélcuse, la fréquence et la plénitude du pouls, les crachats sanguinolens, attcslaicut évidemment une inflammation des poumons. Enfin, quelques malades se plaignaient de dysurir, de douleurs profondes à riiypogastic; phruo-

mènes qu'accompagnaient la coloration rouge, la rareté et l'excrétion douloureuse des urines.

« La durée de la maladie offrait de notables différences : tantôt mortelle dans vingt-quatre ou quarante-huit heures, tantôt se terminant à la lin du premier septénaire, plus souvent à la fia du second, elle se prolongeait quelquefois au delà du troisième. »

T^Je est la maladie que Rayer a nommé suette miliaire ; il u'a point ouvert de cadavres, mais, d'après Colson, Dubout, Tavernier et Villemain, lorsque l'agonie avait été précédée d'anxiété, d'épigastralgie , de vomissemens, de chaleur et d'ardeur à l'épigastre, et des symptômes d'une violente irritation gastrique, on trouvait la membrane muqueuse de l'estomac d'un rouge plus ou moins vif, et les vaisseaux capillaires injectés; cette rougeur se prolongeait dans le petit intestin, où elle était beaucoup moins apparente. Quand la mort avait été produite par des raptus funestes vers le cerveau, les vaisseaux sanguins de ce viscère étaient injectés, et il y avait plus ou moins de sérosité dans les ventricules. Lorsque les mêmes désordres étaient trouvés à la fois dans l'estomac et le cerveau, la mort était attribuée , principale» meut à la souffrance de ces deux organes, sans qu'on pût affirmer celle qui l'avait déterminée.

L'épidémie du département de l'Oise était évidemment, dans le plus grand nombre des cas, une gastro-enterite, quelquefois avec sympathie, et même inflammation cérébrale, toujours avec sueurs abondantes, souvent avec éruption miliaire.

Les sueurs, dit Rayer, étaient abondantes., aigres, d'une fétidité particulière, assez semblable à celle que dégage la paille pourrie; elles apparaissaient, dès le début de la maladie, et continuaient, sans interruption, à couler ou plutôt à s'exhaler sous la forme d'une vapeur épaisse pendant toute sa durée. Lorsque, dit-il, après avoir soulevé le drap et les couvertures des malades, ou les laissait retomber, ou était saisi par cette odeur, dont les malades étaient eux-mêmes infectés. Que l'affection fût bénigne ou mortelle, ces sucqrs étaient uniformes. Elles n'étaient pas accompagnées d'une très-grande chaleur à la peau avant l'éruption, à moins que la lésion d'un organe importaut ne vînt accidentellement augmenter la chaleur. Le picotement précédait toujours l'éruption, il se faisait sentir dans le cours de la maladie, lors même que l'éruption n'avait pas lieu; rarement les malades l'éprouvaient au début,

L'éruption miliaire paraissait ordinairement le troisième ou le quatrième jour, d'abord sur les côtés du cou, h la nuque, vers les aisselles, sous les mamelles, chez les femmes, ensuite

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au dos, à la face interne des bras, au bas-ventre, à la face interne des jambes et des cuisses, tantôt de haut en basset tantôt de bas en haut, sur ces diverses parties. Elle était tantôt générale et rapide,tantôt partielle et lente, circonscrite et ambulante., subite ou successive , discrète ou couflueiite. Celte éruption offrait ordinairement de petites granulations rouges, dures et coniques, qui rendaient la peau rude au loucher, d'aulrcs fois, de petites granulations perlées, diaphanes, qu'on ne pouvait* percevoir qu'en tendant la peau et la regardaut obliquement, mais sensibles au lacij plus rarement, de petites pli lyctènes couvexes ou aplaties, irrégulièi es , dont le volume égalait et surpassait même celui d'une lentille, que l'on remarquait sur la poitrine et les membres thoraciques ; enfin, de petits points opaques et jaunâtres, distincts à travers l'épidémie, dans les endroits où l'épiderme est dur et épais, comme à la face palmaire des mains et à la plante des pieds. Ces diverses variétés de l'éruption se retrouvaient quelquefois sur les mêmes sujets. Elle disparaissait parfois très-prompleraent et sans desquamation, ou bien les vésicules se crevaient ou se desséchaient et tombaient sous forme pulvérulente. L'inoculation de la manière contenue dans les vésicules miliaires fut pratiquée sur luimême quatre fois par Lcgrand. L'éruption disparaissait subitement quand un viscère s'affectait à un haut degré.

La mort survenait surtout le deuxième , troisième et quatrième jour, larement au delà; un seul mourut en quatorze heures; un autre, le neuvième jour.

Sur une population de trente mille neuf cent quatre-vingtun habitans, deux mille six cent cinquante-sept ont é(é affectés de l'épidémie, c'est-à-dire qu'il y eut un malade sur onze habitans environ.

L'enfance et l'extrême vieillesse furent plus épargnées que les autres âges; le plus grand nombre des malades avaient de onze à soixante-dix ans; les plus nombreux furent ceux de l'âge de vingt à quarante.

Cent seize malades succombèrent, autrement un sur vingtdeux, neuf dixièmes, ou un sur vingt-huit, sept dixièmes, pour les hommes, et uu sur treize, trois dixièmes, pour les femmes.

Sur plus de vingt médecins, aucun ne contracta la maladie; donc elle n'était transmissiblc ni par le contact ni par l'infection. Par conséquent, tout ce qu'on a dît des voyages de l'épidémie, à la faveur des voyages des habitans, est uue chimère.

La maladie régna depuis mai jusqu'en septembre; elle fut dans toute sa force en juillet et août. Dans une commune, il y eut uq malade sur deux habitans, et la maladie y régna

cent quatorze jcurs. Elle régna plue long-temps là où elk

Ï»arut le plus tôt. Eu somme , dit Kayer, ie nombre des niaades était d'autant plus considérable dans une commune, qu'elle était plus près de pelles où la maladie avait commencé à paraître, qu'elle était plus malsaine, et 'qu'elle contenait un plus grand nombre d'indigens. La plus grande mortalité eut lieu en juillet et août; elle fut plus considérable, relativement au nombie des malades, au début et à la fin de l'épidémie. Il péril, pat mi les matelassiers, un sur deux; les boulangers, un sur trois; les postillons et les tisserands, un sur quatre ; les gardes forestiers, un sur quatre et demi; les bonnetiers, un sur cinq; les maréchaux ferrans, un sur cinq un tiers; les charrons un sur sept; les vignerons, un sur treize; les agriculteurs, un sur trente-un; les indigens, un sur trente; les ouvriers en général, un sur trente-cinq.

La suetle mtliaire du département de l'Oise fut une épidémie irès'bénigne, même dans les communes où la moitié des habitans en fut atîeciée, car, a Ercuis, où cela eut lieu, il n'y eut qu'un mort sur environ vingt-neuf malades : ce qui explique comment il se fait que, les malades ayant été traités par les uns avec les vomitifs, par les autres avec les purgatifs, par d'autres avec les antiphlogisliques , tous les médecins se sont félicités du succès de la méthode qu'ils ont employée.

Pujol a donné d'ex ce liens préceptes sur le traitement de la suette, relativement à l'état de la peau dans cette maladie. J'eus soin, dit-il, de tenir mes malades propres, et de leur faire changer de linge toutes les fois qu'ils en avaient besoin; je les laissais daus leur lit, mais je ne leur permettais que des couvertures légères; je voulais que les rideaux des lits fussent ouverts, et que l'air des appartenons fut souvent renouvelé;

i'e redoutais le feu dans la chambro des malades, et vu la bree avec laquelle le sang se portait a la tête, j'avais 1'. mention de faire tenir cette partie très élevée. A l'intérieur, il donnait les boissons rafiaîehissantes; il saignait au bras ou au pied quand la maladie menaçait un viscère important. Il purgeait, et nous ne, craignons pas de dire que, dans la convalescence de plusieurs irritations pectorales ou céphaliques , accompagnées de sueurs abondantes et fétides, nous avons fait cesser cette évacuation de la peau eu provoquant celle des intestins. Eu cela nous n'avons fait qu'imiter Broussais, qui nous fit prendre un minoralif, dans un cas semblable, avec le succès le plus immédiat et le plus décisif. Nous avions eu une bronchite fort intense par suite d'un refroidissement subit de la peau, au sortir du lit, et nous étions accablé de sueurs fétides qui coulaient pendant quatorze, seize et même vingtheures chaque jour, lorsque cet habile médecin nous conseilla

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