‹ Dictionaire abrégé des sciences médicalesChapitre 81 sur 101 · SUEUR · texte numérisé non relu

SUEUR

les divers individus, mais encore suivant les re'gions du corps. Elle a une odeur tantôt fade, tantôt acide, toujours aromatique, quelquefois agréable, le plus souvent repoussante, surtout celle des pieds chez certaines personnes. Plus abondante aux aisselles, aux aines, à la marge de l'anus, entre les cuisses t aux jarrets, à la tcle, que partout ailleurs, elle acquiert une odeur spéciale sous l'influence de quelques alimens, tels, par exemple que les végétaux alliacés. Voyez

Dans l'état de maladie, la sueur est ou nulle ou abondante, générale ou partielle, froide ou chaude, aigre, fétide, ou douceâtre à l'odorat.

Il est quelques personnes qui ne suent jamais que dans l'état de maladie; il en est d'autres qui, dans cet état comme dans celui de santé, ne suent que d'une seule partie du corps ; par exemple , nous avons en ce moment sous les yeux un jeune homme qui n'a jamais sué que de la tclc^u cou, des bras et des mains ; jamais la sueur ne s'est manifestée chez lui au dessous du diaphragme. Schrnidt et Frank ont observé des sueurs unilatérales. 11 est très-commun d'observer de la sueur aux pieds ou aux mains seulement.

On a vu la sueur se manifester pendant des jours, des mois, sans interruption, notamment chez des femmes, après la cessation des menstrues ; l'action de la peau semblait , dans ce cas, suppléer à l'inaction de l'utérus, et la sueur remplacer le sang.

Les écrits des observateurs renferment plusieurs cas de sueurs périodiques quotidiennes et même tierces ou quartes j nous en avons vu de mensuelles dans les cas dont nous venons de parler.

La sueur est le plus souvent supprimée dans les maladies aiguës; elle est au contraire très-souvent augmentée dans les maladies chroniques; mais il y a de nombreuses exceptions à celle règle. En général, les maladies inflammatoires aiguës de l'appareil digestif la tarissent, tandis que celles des appareils respiratoire et circulatoire l'augmentent. Aux approches de la cessation de toute irritation aiguë très-intense et passagère, il y a souvent une sueur abondante. Il est moins commun de la voir commencer , continuer avec une irritation intense, et ne finir qu'avec elle. A l'instant de l'agonie , on observe une sueur froide partielle qui se rassemble en goutclctles, et sous t laquelle la peau est encore légèrement chaude.

La sueur accompagne très-souvent \v.s irritations céphaliques et thoraciques, plus rarement celles de l'abdomen, et notamment celles de l'estomac et des intestins, excepté au déclin de leurs accès , et vers la fin de leur durée.

Page 1