‹ Dictionaire abrégé des sciences médicalesChapitre 84 sur 101 · SUICIDE · texte numérisé non relu

SUICIDE

synonyme d'asphyxie , d'apnée. Il résulte d'une expérience de bourdon que Ja suffocation a pu être volontaire, qu'un homme a pu se faire périr en arrêtant volontairement le mouvement respiratoire, comme on dit que le fît celui des aruspices d'Etruric qui annonça la perle prochaine de la liberté de Home. Le sentiment de suffocation existe , avec plus ou moins d'intensité , dans les cas où la circulation est violemment accélérée, dans l'asthme, dans plusieurs maladies du ccfcir et des gros vaisseaux, dans les hydropisies thoraciques, Ja pneumonie chronique, le cauchemar, l'asphyxie imminente, etc. C'est alors le plus haut degré de la gene de la respiration. 11 serait difficile de dire par quelle série d'idées les anciens étaient arrivés à désigner l'hystérie sous le nom de suffocation utérine ou de la matrice, à moins que par là ils n'aient voulu indiquer que la gêne de la respiration partait de ce viscère. V oyez dyspnée.

SUFFU5ION , s. f. , siiffiisio ; synonyme d'épanchement. Ce mot, peu usité, a servi principalement à désigner toute coloration insolite ou accidentelle de la peau, ou d'une membrane muqueuse extérieure, qui dépend ou qu'on regarde comme l'effet d'un épanchement, et quelquefois la cataracte.

SUGILLATION,s. i,ysugillatio. On appelle ainsi des taches livides, violettes, brunes ou noires, qu'on aperçoit sur les cadavres, plus ou moins long temps après la mort, et qui, souvent même , se manifestent dans les derniers instans de la vie.

Ce mot, admis seulement par les auteurs de médecine légale, leur sert pour désigner les ecchymoses produites par une' cause interne. 11 est évidemment inutile d'admettre deux dénominations pour un phénomène, dès que la différence qu'on assigne ne porte que sur ia cause. Il ne l'est pas moins de réfuter l'opinion deFodéré, qui attribue les sugillations à un commencement de putréfaction ; cette idée n'est pas du siècle;

SUICIDE, t. m. , suicidium , autochiria : acte de l'homme qui se lue, meurtre de soi-même. La religion chrétienne condamne le suicide, la philosophie le blâme , le recommande ou flotte incertaine, plusieurs législations cherchent à le prévenir, et même essaient de le punir. C'est le plus souvent le résultat d'une faiblesse d'âme qui ne peut plus supporter la douleur physique ou morale; c'est quelquefois un acte du plus sublime dévouement, et par conséquent du plus grand courage; c'est fréquemment l'effet d'un délire instantané, aigu ou chronique; c'est tantôt une action convulsive instinctive , tantôt le résultat de méditations profondes et d'une volonté réfléchie.

L'espoir de servir la patrie, *m parent, un ami, en mourant, et le respect pour Ja foi j-urec, pour les lois ^ des croyances

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religieuses, des dogmes politiques , des principes philosophiques, des préjugés, des usages; la douleur, le chagrin, l'ennui, l'impuissance; le délire des passions, celui des maladies aiguës, la folie : tels sont les motifs et les causes du suicide. Il n'y a point de suicide sans cause, sans motif , quoi qu'en ait dit Montesquieu; Esquirol et Coste ont réfuté celle erreur. Le suicide n'est pas toujours l'effet du délire, quoique l'acte lui-même soit pour l'ordinaire un effort. Mâis il y a toujours exaltation dans le suicide le plus froid en apparence, autrement, un acte si contraire à l'instinct de conservation ne s'accomplirait jamais. Un mélange de courage physique et de lâcheté morale est la cause combinée d'un bien grand nombre de suicides. C'est faute d'avoir fait cette distinction qu'on a dit trop généralement que le suicide était un acte de lâcheté selon les uns^ ou un acte de courage selon les autres.

Le suicide résulte toujours d'une sensation à laquelle on veut se soustraire, ou du dégoût de toutes les sensations que l'on peut se procurer, ou de l'impossibilité de se procurer certaines sensations, ou eufin d'une illusion des sens.

Le suicide est forcé, involontaire, instinctif, irréfléchi, quand il s'accomplit a l'instant même où la cause qui le détermine vient d'agir : telle une mère, voyant son enfant expirer, se jette par une fenêtre; tel un fils, voyant son père tomber mort à ses cotés, s'élance sur des baïonnettes ; tel un maniaque se lue dans son aveugle fureur, sans avoir conscience de son aclion.

Le suicide est libre, volontaire, raisonné, réfléchi, ouand un certain temps s'écoule entre l'événement, et lorsqu il est le résultat d'une délibération, d'un choix : tel un militaire, déshonoré sans l'avoir mérité , forme le projet de se tuer après la bataille qui doit avoir lieu, se bat, étonne par sa bravoure, échappe à tous les dangers, et se tue après que le combat a cessé ; tel un maniaque, s'îmaginant entendre une voix qui lui dit sans cesse qu'il a mérité la mort, finit par se la donner , après avoir médité avec soin le moyen d'y parvenir.

Les temps modernes ont vu des suicides dont l'antiquité n'avait aucune idée. L'homme, dit Esquirol , a besoin de chan-

§er ses impressions; il a besoin de désifer, ou bien il tombe ans l'ennui ; mais s'il a épuisé sa sensibilité par l'habitude des émotions trop vives, par l'abus des plaisirs; si, ayant tari toutes les sources du bonheur, il n'est plus rien qui puisse lui faire sentir qu'il vit, tous les objets extérieurs lui sont indifférons; plus il a eu de moyens pour se satisfaire, moius il rencontre d'objets nouveaux propres à exciter ses désirs; l'homme reste alors dans un vide affreux ; il tombe, de la sa-

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