‹ Dictionaire abrégé des sciences médicalesChapitre 86 sur 101 · SUINT · texte numérisé non relu

SUINT

porte de ne pas se tromper, car on pourrait hâter le moment d'un suicide non encore arrêté. Nous ayons vu un officier affecte d'un cancer de l'estomac, dire chaque jour, pendant plus d'un an, qu'il se tuerait, et ne se décider à le faire que parce que d'imprudens camarades l'avaient plaisanté sur le retard qu'il apportait à l'accomplissement de son dessein.

Lorsqu'un médecin sage et éclairé est appelé près d'un de ces infortunés que le monde a blessés vivement, ou qui n'y trouvent plus aucun charme, il doit lui représenter que le suicide n'est excusable que lorsqu'on ne peut plus accomplir aucun devoir d'humanité, d'amitié; que le suicide, surtout chez un homme capable , est un acte d'égoïsme et d'indolence ; que si les femmes se suicident plus rarement que les hommes, c'est parce qu'elles ont le courage de la douleur; et que, puisque le suicide réfléchi est un acte de la volonté, il est toujours possible h la volonté de se donner une autre direction, excepté dans le cas de folie.

Se suicider, c'est avoir le courage qui conduit le bras; suppoiter la vie, c'est avoir le courage de l'âme. Lorsque la pensée du suicide se présente a un homme doué d'un grand caractère et d'un esprit élevé, au Heu de se donner la mort, il se résigne à vivre; que celui qui n'a pas ce courage aille prodiguer sa vie pour les opprimés des deux hémisphères, enfin sortis de leur torpeur, et bientôt il sera réconcilié avec le monde, ou du moins il trouvera la fin de ses maux dans un trépas honorable : qui ne préférerait la mort de Bozzaris à celle de Castlcrcagh?

SUIF, s. m., sébum r nom vulgaire de la graisse de mouton, et en général de toutes celles qui ont beaucoup de consistance, et sont plus ou moins solides. Le suif de mouton entre dans la composition d'un certain nombre d'emplâtres, d'onguens cl de pommades.

SUINT, s. m.; matière graisseuse qui imprègne la laine des moutons. Beaucoup de praticiens emploient la laine imprégnée de suint, sous prétexte qu'elle est résolutive et calmante. Evidemment, elle ne peut agir que comme moyeu de conserver le calorique, ou par le corps gras qui l'humecte. Bans tous les cas, et sans nous arrêter ici à discuter l'utilité soit du calorique soit des applications de graisse sur une partie enflammée, il serait plus rationnel, et surtout moins dégoûtant, de recourir, soit à la laine lavée, dans l'une de ces deux circonstances, soit à des onctions huileuses dans l'autre. Mais tout ce qui paraît extraordinaire plaît au peuple de toutes les classes, et l'amour du merveilleux, ou de ce qui en a l'apparence, lui fait surmonter la répugnance et le dégoût.

SUINTEMENT, s. m. : écoulement lent d'un liquide qui soit goutte ^ goutte, Ou désigne assez souvent ainsi le fluide muqueux peu aboudaut qui accompagne l'urélrite chronique, surtout lorsqu'elle est compliquée d'altération orgauique des parois de l'urètre, c'est-à-dire de coarclations de ce canal.

SULFATE, s. m., sulfast sel formé par la conibjuaison de l'acide sulfui ique avec une base salifiabïe. Tous les sels de ce nom sont décomposés par le charbon rouge, qui les convertit en sulfures. L'hydrogène , le potassium et le sodium les décomposent aussi à une température un peu moins élevée. Un grand uouibrc d'entre eui servent dans les arts et en médecine.

Sulfate d'alumine et de potasse. Ce sel porte vulgairement le nom d'ALui*, article auquel il a été décrit. L'alun du commerce est i au tôt du sutfale d'alumine et de potasse , tantôt du sulfate d'alumine et d'ammouiaque, tantôt enfin dusursulfale soit d'alumine et de potasse, soit d'alumine et d'ammoniaque.

Sulfate de baryte. Blanc, insipide et insoluble dans l'eau , ce sel est très-répaudu dans la nature. Lorsqu'on le chauffe d'une manière brusque, il décrépite, phénomène qui tient à la vaporisation de sou eau de cristallisation. A une température plus élevée, il entre en fusion. En chauffant au rouge une . pâle faite avec ce sel, de la farine et de l'eau , on obtient le pliosphore fie Bologne, véritable sulfure de baryte, qui jouit de la propriété d'être lumineux dans l'obscurité. Le sulfate de baryte sert, eu Angleterre, comme tondant dans les fonderies de cuivre, et comme poison pour mettre h mort les rats. Pelletier a proposé de l'introduire eu méâecine, mais on a toujours préféré le chlorure de barium , d'ailleurs peu usité luimême.

Sulfate de chaux. Incolore , insipide et fusible à un feu violent, ce sel, qui existe en masses énormes dans la nature, absorbe l'humidité de l'air , sans toutefois être déliquescent. On le trouve dissous en plus ou moins grande quantité dans la plupart des eaux de puits , et c'est a sa présence que ces dernières doivent leur saveur fade, l'irritation qu'elles causent dans les voies digeslives, enfin la propriété qu'elles ont de ne pouvoir cuire les légumes , ni dissoudre le savon. Après avoir été calciné, le suifaie de chaux prend le nom de plâtre.

Sulfate de cuivbe. Connu sous les noms vulgaires de vilriol et couperose bleue^ ce sel affecte la forme de parallélépipèdes obliquaugles, passant quelquefois h l'octaèdre et au décaèdre, et dont les bords des bases sont souvent tronqués. H a une couleur bleue, et une saveur âcre et styptique. Solublc dans quinze parties d'eau , h la température de quinze degrés C. , et dans moitié moins à celle de quatre-vingt-huit, il s'effleurit légèrement à l'air, et s'y recouvre d'uuc poussière d'un gris

jaunâtre. L'action du feu , après lui avoir enlevé ton eau de cristallisation, le couverlil eu une poudre d'un bleu blanchâtre, puis en un oxide noir. 11 rougit les couleurs bleues végétale». Cuilen assure l'avoir douné avec succès dans l'épilepsie ei l'hystérie, eu commençant par la dose d'un quart de grain, ou d'un demi -grain, suivant l'âge du malade, dose qu'il réitérait deux lois par jour, cl qu'il augmentait par degrés, tant qu'elle ne déterminait pas de vomisssemens. 11 avait soin toutefois de la porter jusqu'au degré capable d'exciter du malaise et même des nausées. Chalmers prétend aussi avoir traité avec le plus grand succès des hypocondriaques et des hystériques par le moyeu d'une dissolution de sulfate acide de cuivre. Hofmann, Momo et Adair mêlaient ce sel avec la poudre de cannelle blanche ou l'extrait de quinquina sous forme pulvérulente, et ils disent avoir guéri par ce moyen des fièvres intermittentes et même rémittentes très-rebcl jes. La poudre tonique desSmiih n'est qu'un mélange de dix parties de sulfate de cuivre avec un gros de gomme kino et deux gros de gomme arabique. Alston et Hatmemann placent ce sel au rang des plus précieux émétiques. Hofmann l'administrait connue leJ dans du bouillon gras, d'autres le donnent en solution dans l'eau, de manière qu'une once de liquide contienne à peu près un grain de sel. Simous le recommande au commencement de certaines phthisies pulmonaires; il prescrit de boite d'abord une demi-pinte d'eau, et d'avaler immédiatement a près une solution de quelques graius de sulfate acide de cuivre; le tout est rejeté à l'instant , et on obtient encore uu vomissement en buvant un verre d'eau. Personne n'oserait, en France , employer uu pareil vomitif, qui paraît cependant être très-usité eu Amérique, surtout au début des phlhisies. Quoi qu'il eu soit, le sulfate de cuivre est un puissant excitant, vénéneux, même h petite dose, et qui partage tous les inconvenieus des autres préparations cuivreuses. Ou ne l'emploie guère que comme escarrolique.

Sulfate de cuivre et d'ammoniaque. Ce sel, appelé aussi cuivre ammoniacal , est le spécifique aniépilepliquc de Weisstnann, qui se trouve cependant indiqué déjà par Stissor. On dit en avoir obtenu de grands effets dans les leucorrées, les blennorrhagies , les céphalalgies chroniques et invétérées, mais surtout l'épilepsie. Ce sel paraît avoir opéré de nombreuses guérisons d'épileptiquesentre les mains de Winter, de Bail, de Duncan, de Cuilen, de Russel , d'Odier et Chaussier ; mais on aurait tort de le regarder comme infaillible , car il a souvent échoué. La manière de l'administrer est de commencer par uu quart de gaiu ou un demi- grain deux fois par jour,*et d'augmenter successivement la dose. On peut le dissoudre dans une ou deux cuillerées d'un liquide gommeux , ou le faire prendre en pi-

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Iules , telles qae celles de la jpha'rrnacofcée d'Edimbourg , qui ~ites avec seize grains de cuivré ammoniacal ^ et^juaire es de mie de m în HumeCte'e avec de l'ammoniaque, que l'o* divine eh treniè-deux piluIçL teUei est, un irritant très*-rWt , qtar bfdatifr parfois des vc^nissemens a U dose sculeutflrrtd'un dëmi-^în. 11 èftte^^'jey^I^

Sul**t^E d verte, doit Cess noms rhombes irartsporeirs ^

éprouverra* fusion athic'a'sé/ Dëcbmtiosc riar là clValeur ro

il donne de i oxigènc', nu gaz acide sulfureux, nu tiiipijue. de

fer, et un liquide très-deu«>c et très-acide , que fou dcsîcne sous

le nom dW/VA» shlfurique glacial. On l'en; ploie eu nieuecjae à

la dose de six, dix fet dotise grains par jour. Oivpeujf le fa^re

prendre en pôudic' ou. eri' pilujés | mais le pli^s souvent ou

l'administre dissous dàrtë'Peau. Le malade bo^t ,cctle eolutipu

pure, ou mieux i*noote la iinéle avec du vin pendant ses repas,.

Marc a fait prtetfdre avec succès fus^uà un gros de.ce^ej par

jour , dans une pinte d'eau J clans les , fièvres rcmiUenLes. . IJ,

importe!de ne pai laisser les' bbiiteilîcs a l'aî»}^ <Jon£ le contact.

découi pose la solution, lui' donné une cou le dr rouge ^ £$' Gty

précipite une poudre jaune dé sous-trito-suliaie^de fer. A ,,fç.

On appelle sel de màri de Rivière du 'sulfate de SuJ.r cf^sv;v

tallisc dans l'alcool, qùe: l'on d ônne a la dose de huit , à dix

crains dans la chlorose , les langueurs i d'csioWc . les némorracies. ' 1 • ' .^iti^K vS îtl Atù -

Ces'dcux préparations/ comme toutes' %^^%^i4Pî^ toniques, sont assujetties aux 'mêmes injdica't^ft çt centreindications que les autres substances douées Ùo* cette propriété. Voyez tonique. « J1 V'

Sulfate de MAGNEsiEi'Très-Vepandu da^is la nature, où on le rencontre nôn-sculemcnt en grande quantité dans les eaux de la mer , mais encore dans une foule d'eaux minérales , ce sel porte les noms de sel d'Angleterre , sel a^Epsom^ sel d'Agra, sel de Sedlitz, sel cathar tique amer. Il est blanc, en

Sristues à quatre pans terminés par un sommet dièdre. 11 s'efeurit à Pair, et entre en fusion par Faction du feu ; sa saveurest très-amere. On l'emploie , coraïuc purgatif , h la dose: d'une once ou même (ie deux, dans un véhicule approprié.

Sulfate de mercure. Ce sel peut exister sous cinq formes différentes. On ne s'en sert en médecine que sous celle de sou-sdeuto-sulfate , anciennement appelé turbith minéral. Ou l'ermploîc, mais rarement, en médecine, à la dose d'un à six grain;. , comme vomitif, anti vénérien et antipsorique. C'est un ageut

des plus violent, et qu'on doit, par celle raison, employer avec beaucoup de circonspection.

Sulfate de potasse. Autrefois connu sous les noms de sel de duobus , sel polychreste de Glaser et arcanurn duplication, ce sel est blanc, amer, et plus solublc dans l'eau bouillante que dans l'eau chaude. Il cristallise en prismes h. six pans terminés par des pyramides a nix ou h quatre laces. On le rencontre dans le» végétaux ligueux. Jadis très-usité en médecine, surtout dans les fièvres,, ta pierre et le scorbut, il est peu employé maintenant; cependant on le prescrit encore queU quefois aux nouvelles accouchées, pour leur faire passer le lait. La dose est de deux gros dans un véhicule, qu'on répète une "ou deux fois à quelques jours de distance. Aminislré à haute dose, il produit un effet purgatif.

Sulfate de soude. Ce sel , appelé aussi sel admirable de dauber, cristallise en prismes à six pans très-réguliers , transparens, et ordinairement canelcs. Sa saveur , de salée qu'elle est d'abord , devient bientôt d'une amertume désagrablc. Exposé à l'air, il tombe en efflorescence, et perd plus de moitié de son poids. C'est un des purgatifs dont ou se sert le plus souvent. On le donne à la dose d'une once, ou même de deux , dissous dans un véhicule. On l'emploie aussi, à celle de deux gros, comme simple excitant des voies digestives , ou , ainsi que l'on disait jadis, comme fondant et incisif.

Sulfate de zinc. Ce sel , qui porte aussi les noms de vilriol blanc et de couperose blanche, est blanc, et cristallise en

Îirismes à quatre pans terminés par des pyramides à quatre aces. Il a une saveur slyptinue , se dissout dans à peu près deux fois et demi son poids d'eau à quinze degrés , s'effleurit à l'air, ei éprouve la fusion aqueuse, quand on l'expose au feu. On le trouve, dans la nature, à l'état natif. 11 est fort rare qu'on l'emploie à l'intérieur, mais il sert fréquemment à l'extérieur en injections, lotion* ou collyres, dans les inflammations chroniques et même dans les phlegmasies aiguës des membranes muqueuses extérieures.

Sulfate de quinine. Ce sel , préparé d'abord par Pelletier et Caventou, est d'un usage très-répandu maintenant en medeciùe. 11 se présente sous la forme de cristaux blancs , solubles en totalité dans l'eau , peu dans la froide, mais davantage dans celle qui est bouillante, et suitout légèrement acidulée.. Exposé a Ja température de cent degrés, il devient lumiueux , surtout lorsqu'on le soumet a un léger frottement.

11 existe un autre sulfate de quinine qui , au lieu d'être alcalin , comme le précédent, est au contraire aride. Ce second sel, obtenu par Robiquet, cristallise en prismes quadrangulahes, aplatis , bien terminés, et solubles même à froid.

49H SULFITE

Le sulfate de quinine remplace maintenant le quinquina dans tous let cas où ce médicumcnl est indique. On le donne depuis un grain jusqu'il trois ou quatre comme tonique, ce depuis trois à quatre jusqu'à dix ou douze comme fébrifuge , dans vingt-quatre heurts. Quelques médecins ont de'passé de beaucoup celle dose, et font portée même jusqu'à trente-six grains en une seule fois; mais alors on a souvent remarqué qu'il produisait des accidetis assez graves , tels qu'une gastrite, une grande agitation avec une très-foi te excitation du cerveau et du système nerveux.

Ce sel a, sur le quinquina, l'avantage d'être, très-probablement, toujours doué de la même énergie, de pouvoir être dosé avec exactitude, d'entrer aisément dans toutes les préparations, quelle que soit leur forme , de répugner moins au malade que le quinquina en poudre, de moins soulever l'estomac, de proNoqucr rarement le vomissement. Les bons esprits ont dû , dans le premier temps de l'emploi de ce sel , se préserver de l'enthousiasme qu'il excita^ il était alors permis de douter que ce compose chimique jouît de toutes les vertus du quinquina, et n'offrît que peu de ses incon venions ; mais l'expérience a parlé. Le sulfate de quinine, employé à titre de tonique , agit comme le quinquina ; employé pour prévenir le retour des accès des maladies fébriles ou non fébriles1, intermittentes ou rémittentes, bénignes ou pernicieuses , il fcgit de la même manière <rue le quinquina; ii irrite ordinairement moins, mais il irrite quelquefois beaucoup, «tv comme le Quinquina , il provoque parfois des gastro-entérites ou les Exaspère. C'est un médicament très-eliicace et très-commode ,f qui peut remplacer tous les amers que l'oir fàit; entreil dans la composition des pilules, des potions, des sirfcfftU'Nfl'aîMïoiYis , il est contre-indiqué dans tous les cas ou icquâtoquiûaile serait

lui-même.

Sulfate de cincroihïie. TrèsMsoluMc 'dàtlsl VèaU , ce sel convient dans les mêmes cas que le sulfate tle* quinine ,< et l'on vient même tout récemment 'de pvét>endre qu'il lui était Supérieur en efficacité , du moins dans beaucoup de cas. II est à remarquer que «tous ceux qui se .sont occupés' d'une manière spéciale d'un médicament quelconque , n'Ont presque jamais manqué de lui attribuer des vertus supérieures à celles de tous $e$ congénères. La dose et le mode d'administration du sulfate de citichonine sont les mêmes que pour celui de quinine.

SULFITE , s. m., sulfis ; sel produit par la combinaison de l'acide sulfureux avec une base salifiable.

Tous les sulfites" ont une saveur âpre et sulfureuse. Mis èn contact avec la plupart des acides, ils font une effervescence très-vive, et répandent la même odeur que le soufre qui brûle.

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