‹ Dictionaire abrégé des sciences médicalesChapitre 88 sur 101 · SURDITÉ · texte numérisé non relu

SURDITÉ

ce que la société mimique que forme l'Institution csl plus avancée qu'elle ne l'était jadis»

Le traitement de la surdité congéniale ou du bas-àgc ne diffère en rien de celui de la surdité accidentelle de l'âge adulte; elle est seulement toujours encore plus rebelle que celle-ci aux moyens qu'on emploie, parce que, lor&qu'ou est parvenu à la reconnaître, elle est déjà ancienne, et parce qu'il est très-rarement possible de savoir à quelle cause organique on doit l'attribuer, faute de renseigneruens sulfisans, même de la part des parens. La surdi-mutilé est incurable quand l'enfant est devenu sourd après avoir épiouvé des convulsions, des symptômes cérébraux, tels que le coma , après une contusion violente sur la tète ; lorsqu'il a marche fort tard, et qu'il n'y a aujflfte cause apparente de surdité; enfin, quand il existe dans la famille quelque autre sourd-muet ou un idiot de naissance. Elle est susceptible de guérison si elle n'est pas complète, si elle est tantôt plus, tantôt moins intense, si la surdité est venue après la naissance, à la suite de quelque éruption, si les moyens de traitement déjà employés ont été de quelque utilité, ou si le mal s'est amélioré spontanément, si enfin on parvient à pénétrer la cause organique de la surdité, et qu'elle soit du nombre de celles qui ne sont pas incurables. Les cautères à la région mastoïdienne , l'usage d'une calotte de laine, recouverte d'une calotte de toile cirée, sur la tête, des injections irritantes poussées dans la trompe d'Eustaclie, de fréquens vomitifs, des amers et des ferrugineux, sont indiqués quand l'enfant entend mieux dans les temps chauds, quand il transpire, lorsqu'il est affecté de coryza, à la suite d'uue diarrhée ou après un purgatif. On doit recourir principalement aux toniques, aux frictions sèches sur la tête, aux rubéfians derrière les oreilles et sur les tempes , et aux vaporisations de ther dans le conduit auditif externe, si l'enfant, faible et délicat, entend d'autant mieux qu'il se porte mieux, si la surdité est moins intense après les repas et dans les temps secs, Itard , après avoir t racé ces préceptes, conseille de ne pas dédaigner les moyens empiriques, attendu l'ignorance où l'on est le plus souvent sur la nature de la cause organique du mal. C'est ainsi que , après avoir constaté les bons effets de l'eau de mer et de l'iuiile essentielle de rose dans la surdité, il fut conduit à employer une décoction de racine d'azaret, deux gros; roses de Provins, une pincée; raifort sauvage, un gros; perce-pierre, une pincée : le tout dans huit onces de vin blanc, jusqu'à réduction de moitié, à laquelle on ajoutait deux gros de sel marin. Sur un très-grand nombre de sourds-muets présumés n'avoir perdu l'ouïe qu'après la naissance , on en instillait une goutte cha-

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que matin dans le conduit auditif, et Ton empêchait qu'elle ne sortît, au moyen d'un peu de coton. Une seule fois, ce remède réussit complètement entre les mains d'Itard, après avoir déterminé dans les oreilles une inflammation peu intense. L'inventeur du remède avait obtenu deux guérisons bien constatées. Dans ce cas, comme dans beaucoup d'autres, le moyen, empirique détermina une révulsion sur une partie très-peu. éloignée du siège du ma! , et elle fut salutaire. Il résulte de là que le médecin n'est moins heureux que le charlatan que parce que celui-ci est plus hardi , parce qu'il ignore le danger des moyens qu'il emploie, ou les brave dans l'espoir de s'enrichir par quelques cures brillantes.

La cautérisation avec un bouton de feu -d'abord sur une région mastoïdienne, puis sur l'autre, eojMbyée treize fois par Itard, n'a réussi qu'une fois, et le sujet resta dans la classe des demi-sourds qui ne saisissent pas le mécanisme de la phrase.

Dans un cas où la surdité dépendait d'une phlegmasie chronique avec engouement de la caisse, Itard réussit à rétablir l'ouïe chez un sourd-muet de treize ans. Une grande quantité de cérumen engouait le conduit auditif externe -y il y avait une légère ophthalmie chronique ; la conjonctive était boursouflée , et les ailes du nez épaissies. L'élixir amer , le mercure doux répété, un vésicaloire, deux fois appliqué sur toute l'étendue du pavillon de l'oreille , puis un morceau de potasse caustique placé entre la branche de la mâchoire et l'apophyse mastoïdienne , rétablirent complètement l'ouïe. Un cautère permanent fut établi à la nuque, et dut n'être ôté que vers la douzième ou quinzième année.

Itard a rendu l'ouïe à un jeune sourd-muet, âgé de quinze ans, par la perforation de la membrane du tympan des deux côtés , et des injections portées dans la caisse à travers l'ouverture de cette membrane. La mort de ce jeune homme, affecté déjà d'une fièvre lente nerveuse, l'empêcha de jouir complètement du bienfait du sens qui lui était rendu ou plutôt donné. Itard a répété cette perforation sur treize enfans sourds-muels, dont un seul, qui n'était pas complètement sourd , jouit momentanément de l'avantage d'ouïr beaucoup mieux pendant quelques jours.

L'éducation des sourds est un bienfait de la civilisation moderne. L'Espagnol Pierre Ponce, s'en occupa le premier ; après lui, Paul Bonet et Pereira , ses compatriotes, cultivèrent cet art en cachant leur méthode. Avant Pereira, J. C. Ammann, en Hollande , et Wallis , en Angîelerre, s'étudièrent à exercer les organes de la parole chez les sourds-muets , et furent plus généreux que le moine espaguol , car ils rendirent public leur

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procédé. En France , l'abbe" de l'Epée inventa l'art d'instruire les sourds-muels, qui fut agrandi et développé par l'abbé Sicard, dont il faut lire, sur ce point , le Cours d'instruction d'un sourd-muet , et la théorie des signes.

Sous le nom d'éducation physiologique, Itard a créé l'art de cultiver, développer le sens de l'ouïe chez les sourds-muels des trois premières classes, lesquels n'en sont pas complètement privés, assez sourds pour cire muets, mais poinl assez pour ne pas distinguer la voix humaine et même quelques-uns la parole;. il a constaté la possibilité de les ramener dans la classe des êlres qui entendent et qui parlent. L'idée de ce traitement physiologique lui fut suggéré non par le hasard , comme il le dit trop modestement, mais par des observations pleines de sagacité. La première classe des sourds-muels n'a nul besoin de cette éducation; elle ne peut rien sur les deux dernières , mais on doit en espérer beaucoup pour la deuxième et la troisième qui se composent de sourds qui ne sont muets que parce que , chez eux, l'ouïe seulement faible n'a pas été suffisamment cultivée et développée par la méthode maternelle.

La méthode dTtard se compose en partie de l'éducation du sourd-muet, et en partie de celle de l'enfant parlant. Ou enseigne d'abord au sujet les élémens du discours et la syntaxe à J'aide des signes j ensuite le maître instruit par les signes, et interroge par la parole, et ce n'est qu'au bout d'un certain temps que le langage des signes devra être abandonné. Pour la culture du sens de l'ouïe, on excite la sensibilité de l'organe de ce sens par le son des iusirumens sonores les plus analogues à la voix humaine , tels que la flûte ; ensuite on fait entendre les sons vocaux, d'abord dans leur état de simplicité, hauts et directs, puis combinés avec des consonnes et sur des tons moins élevés : pour être sûr qu'ils sont nettement perçus, on exige qu'ils soient répétés par l'élève. A ces exercices, on associe ceux qui oui pour objet de mettre en jeu les organes de la parole ; alors Je sens auditif devient le précepleur de l'organe vocal,, les sons nettement entendus sont toujours nettement répétés. L'organe auditif éprouve successivement des améliorations graduées , mais diverses; tantôt Je sens n'acquiert que plus de netteté dans la perception, tantôt il gagne en étendue; ainsi, la surdité peut diminuer d'un ou deux degrés. L'intelligence vient accYoître le résultat de cette éducation en permettant à l'élève de deviner, d'après le son qu'il entend, celui qui lui échappe. On peut espérer de parvenir par ce moyeu a placer le sourd de naissance, précisément dans la position de celui qui est devenu sourd par accident. Ce mode d'instruction est plus long que l'cnseigucmcnt par signes seulement ; il fallait trois personnes

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«u moins pour donner la parole à douze sourds-muets en développant fouie clic l eux. Les tentatives d'1 tard , sur six sujets qui ont été présentée par lui à la Faculté de médecine de Paris, autorisaient a concevoir les espérances les plus eocoufageantes. Il ue paraît pas qu'on ait cherché à réaliser la grande pensée de ce philantrope. Une mère, un père, un maître zélé doivent recourir h sa méthode toutes les fois que l'occasion s'en présente. C'est, selon nous, la plus importante application de la méthode de l'abbé de l'Epée, plus la découverte des véri tables principes de l'éducation diiecte des sens. Pourquoi, un jour , n'étendrai ton pat cette méthode au traitement de la

• myopie, et de beaucoup d'autres lésions des sens, avec les modifications relatives à ce sens ?

SUREAU, s. m., sumbucus: genre de plantes de la pentaudrie liigyuie, L., et de la famille des caprifoliacées, J., qui a pour caractère! : calice a cinq divisions , corolle eu roue et à cinq lobes, trois stigmates sessiles, baie trisperme.

Le sureau commun, sambneus nigra, arbre très- commun clans nos climats, et connu de tout le monde, exhale une odeur iorteet désagréable de toutes ses parties, qui , dans l'état frais, jouissent de la propriété émé tique et purgative à un degré assez prononcé. Mais celle propriété est surtout marquée dans Je liber, dont la saveur, d'abord douoeâtre, ne larde pas à devenir âcre, amère et nauséabonde ; ce qui Ta fait recommander dans les hydropisies t contre lesquelles Sydcuham en faisait un grand cas. Elle s'administre ordinairement en décoction, à la dose de deux gros à une once par pinte <J*eau ou de laît. Les fleurs, également purgatives dans l'élat frais, ne sont plus qu'excitantes après avoir été desséchées. On les cousidère alors comme un des sudorifiques les plus efficaces, quoiqu'elles soient fort éloignées de provoquer toujours la sueur ; et on les prescrit en infusion , à la dose de deux ou trois pincées par pinte de liquide. Le rob préparé avec les baies , est purgntif à haute dose; pris en quantité moins considérable, il n'agit plus que comme excitant des voies gastriques. Ou l'a range' également parmi les sudorifiques, et c'est surtout contre 3e rhumatisme qu'il a été préconisé.

SUREXCIT ABILITE, s. f. , sttperexchabilitas. Quand les organes les plus sensibles, pourvus de beaucoup de nerfs, sont soumis* à des excitations vives et répétées, souvent, alors même qu'elles ne soit pas assez fortes pour déterminer un état caractérisé de maladie, il en résulte pour eux une plus grande aptitude a s'irriter sous l'empire d'un excitant énergique ou* permanent. Quand il existe dans l'organisme un point d'irritation intense, lors même qu'il est latent, tous les autres, et surtout ceux qui sympathisent davantage avec

SURRÉNAL Si 9

loi, ressentent vivement la moindre excitation tant soit peu vive, tant «soit peu durable. Dans ces deux cas, il y a sut excitabilité, excès d'aptitude a entrer en action sous l'influence des ageus extérieurs ou* des organes les uns sur les autres. C'est l'état qui a été désigné sous les noms de mobilité nerveuse , susceptibilité) eréthisme du système nerveux, diathèse inflammatoire, quand elle était portée tort loin* Elle n'est jamais N générale : tantôt elle domine dans tes parties les plus* sanguines, tantôt dans les plus nerveuses. Quand elle s'étend à plusieurs organes, toujours ik en sont inégalement affectés. 11 tant lui attribuer beaucoup des effets que Ton prétend ôtre causés par la pléthore. Quand on l'observe , il faut prescrire les émissions sanguines modérées, le régime, les bains, les boissons adoucissantes, afin do prévenir ou de retarder l'invasion des inflammations qui n'en sont que trop sou veut la suite.

SUREXCITATION, s. f., superexcitatio , irritado , hypers taenia : action des modificateurs qui excitent l'action nutritive ou fonctionnelle des organes au delà do degré suffisant pour le maintien de la vie; modification de la structure et de l'action des organes soumis à leur influence. Voyez mbitation.

SURRÉNAL, ad}. , supra -renalis: qui est placé au dessus des reius.

Les capsules surrénales ou atrabilaires sont deux petits corps aplatis et triangulaires., qui reposent immédiatement sur les reins, auxquels les unit un tûsu cellulaire très-miuce, et dont ils occupent l'extrémité supérieure, ainsi que le sommet 'du bord antérieur. Plus longues que larges, ces capsules n'ont guère qu'une ligne d'épaisseur. Leur face externe offre des sillons par lesquels entrent et sortent des vaisseaux sanguins. Leur consistance est assez ferme ; leur couleur d'un brun jaunâtre a l'extérieur, d'un rouge brun foncé en dedans. On y distingue deux substances différentes , Tune extérieure, jaunâtre, l'autre interne, brunâtre et plus molle. La première est formée de fibres perpendiculaires , dirigées de dehors en dedans; on parvient plus ou moins facilement à la partager en lobes arrondis, divisibles* eux-mêmes en lobules, et que con^p tient une membrane très -adhérente. Meckel pense que la ca- \itc, admise dans leur intérieur par beaucoup d'ana touristes , n'existe pas, qu'elle ne se forme qu'après la mort. Elles n'ont pas non plus de conduits sécréteurs. On ne sait rien touchait t leurs fonctions. C'est seulement sous forme de conjecture qu'où a dit quelles contribuaient peut être , d'une manière indirecte, au peifeclionnemeut de l'hématose , hypothèse qui repose sur leur grand développement dans le fœtus , leur libre communication avec le système veiifeux, et leur voisinage de la

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veine cave. Elles se rident et disparaissent même- quelquefois tout à fait dans la vicillcsee.

SURVIE, s. f. ; survivance d'une personne a une autre dans un accident commun, d'après l'échelle de circonstances et de l'activité vitale. «•■• »

Toutes les fois que la loi prononce, la médecine doit respecter ses décisions, et • s'abstenir de commentaires inutiles, surtout lorsqu'ils ne pourraient tout au plus que faire ressortir son insuffisance pour la solution du problème. C'est ce qui a lieu au sujet de la question de survie, qui est décidée d'une manière positive par le Code civil, dans les termes suivans : si ceux qui ont péri ensemble avaient moins de quinze ans, le

£is âgé sera présumé avoir survécu ; s'ils étaient très au dessus soixante ans, le moins âgé sera présumé avoir survécu ; si les uns avaient moins de quinze ans, et les autres plus de soixante, les premiers seront présumés avoir survécu ; si ceux qui ont péri ensemble avaient quinze ans accomplis , et moins de soixante , le mâle est toujours présumé avoir survécu lorsqu'il y a égalité d'âge , ou si la différence qui existe n'excède pas une année; s'ils étaient du même sexe, la présomption de survie doit être admise; ainsi , le plus jeune est présumé avoir survécu au plus âgé.

La loi n'a donc pas prévu, suivant la remarque de Chabot, le cas où l'une des personnes mises au tombeau par le même événement , avait moins de quinze ans , et l'autre plus de quinze, mais moins de soixante; or, celte dernière doit être présumée avoir survécu, parce qu'elle avait plus de force, qu'aux termes de la loi la présomption de survie doit être déterminée par la force de l'âge, et que c'est ce motif qui a fait admettre les distinctions rapportées précédemment.

De quelle utilité est- il que le médecin s'égare, sur les pas de Eodéré, dans un dédale d'hypothèses et de conjectures , à l'occasion d'un problême sur lequel la précision de la lot ne met jamais le juge dans la nécessité de s'adresser a lui? Ne vaut-il pas mieux, comme l'ont fait Bell oc et Mahon , garder lesilence , que de prétendre mal à propos éclairer le magistrat par des conjectures vagues qu'il ne sollicite pas , et auxquelles il ne voudra ni ne pourra avoir égard ?

SUS-ÀCROMIEN , adj. , supra-acromialis : qui est situé au dessus de l'acromion.

Le plexus cervical fournit des filets appelés nerfs sus-acromiensy qui se dirigent le long du bord supérieur du muscle trapèze , auquel ils envoient quelques rarauscules, et gagnent la partie supérieure de l'acromion, où ils se subdivisent à mesure qu'ils s'avancent sur le deltoïde , dont ils recouvrent le cpté externe. i

SUSPENSOIRE 5a i

. SUS-CLAVICULÀ1RE, ad j., supra-clavièularis : qui est situé au dessus de la clavicule.

Les nerfs sus-claviculaires, émanes du plexus cervical, comme les précédons, descendent sous le muscle peaucier, le long de la partie latérale du cou , et se partagent en une multitude de filets dont les uns vont se jeter dans les tégumens de la poitrine et les mamelles , tandis que les autres se ramifient dans la peau du moignon de l'çpaule et de la partie externe et supérieure du bras.

SUS-ÉPINEUX , s. m. et adj., supra-spinatus ; qui est situé au dessus de Tépine.

La fosse sus-épineuse , de forme triangulaire, occupe la partie de l'omoplate située au dessus de l'épine de cet os.

Le muscle sus-e'pineuœ , qui remplit cette cavité , est triangulaire, dirigé d'arrière en avant, de dedans en dehors et de Las en haut. Il naît de toute la fosse sùs-épinensc, de la partie du bord postérieur de l'omoplate située au dessus de l'épine , de la partie postérieure du bord supérieur de cette épine % et de la face supérieure. A mesure qu'il se rapproche de l'acromion , il diminue d'épaisseur ; arrivé à celte apophyse , il se convertit, immédiatement au dessous des grands ligamens propres de l'omoplate, en un court et fort tendon qui passe sur le ligament capsulaire de l'articulation ,^ct va s'attacher à la partie supérieure et interne de la tubérosité externe de l'humérus. Il tourne le bras en dehors, el l'élève.

SUS-ORB1TA1RE, adj., supra-orbtiaris ; qui est placé au dessus de l'orbite. On donne cetle épilhète à un trou situé, vers le tiers interne du rebord orbitaire de l'os frontal , ainsi qu'à Tarière et au nerf qui le traversent.

SUSPENSOIRE, s. m. et adj. Les anatomistes emploient quelquefois ce mot comme syrçonyme de suspenseur", c'est ainsi qu'ils disent ligament suspensoire du foie , de la verge»

On appelle suspensoire une espèce de poche en toile, en tricot, en peau ou en futaine, qui sert à soutenir le scrotum, et ui doit être proportionnée au volume de cette bourse. La pièce c toile avec laquelle on fait ce bandage, doit avoir six ou huit pouces en carré, et être pliée en deux parties égales. Ou la coupe d'un côté depuis le milieu jusqu'à la réunion de cette extrémité , en décrivant une ligne cojirbe , et l'on coud l'endroit coupé , ce qui produit une sorte de poche. On pratique, à la partie supérieure de cette dernière, un trou destiné au passage de la verge; ensuite, on coud un bout de bande à chacun des quatre angles. Les deux supérieurs s'attachent autour du corps en manière de ceinture, et les autres, après avoir croisé chaque cuisse, passent au dessous de la fesse pour aller se

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fixer aux cotés, de la ceinture, l'un à droite , l'attire à gauche.

SUSP1HILUX , adj. , luctuostts , se dit de la respira non qui fait entendre un broit analogue à celui d'un soupir , signe de la méningite aigoii selon quelques observateurs.

SUS-SCAPU LAIRlf-, adj. , supra-scapularis : qui est situé au dessus de l'omoplate.

Le nerf de ce nom , qui provient du plexus brachial , se porte vers la base de l'apophyse coracoïde, passe sous le ligament qui complète l'échancrure située en cet endroit, traverse obliquement l'extrémité de la fosse sus-épineuse , et descend par l'échancrure placée sous la base de l'acromion dans la fosse sous-épineuse , où il se partage en filets destinés aux musc ! es sous-épineux et petit rond. ^

SUTURE, s. f., sutura; opération qui a pour otyet de rapprochci à l'aide d'une sorle de couture , et de maintenir en contact les bords sanglaus des plaies récentes, jusqu'à* ce que le travail organique en ait achevé la. réunion. Ou distinguait autrefois la suture en suture sèche et suture sanglante. La première consistait dans l'application des emplâtres agglutinants, et l'autre dans l'emploi des fils et des aiguilles. Celte dernière est la seule qui ait conservé et qui mérite effectivement le nom de suture. On se souvient à peine que cette opération a été diviseï en unilive^ réntàveet suppressive, tant ces classifications scolastiques sont déjà loin de nous.

Les procédés suivant lesquels on exécute la suture sont trèsnombreux; plusieurs ont été décrits dans d'autres articles de cet ouvrage; tels sont : i# la suture enchevillée dont il est question au mot gastbobaphie ; *° la suture de Pelletier ; 3° la suture à points passés; .et 49 la suture a anses, que l'on ne pratique jamais qu'a l'occasion de* plaies de Pestomac ou des inTKs-rifcs; 5° enfin, la suture entortillée donj l'application est presque exclusivement bornée aux cas d« bec-de-lièvhe' ou de plaies de parties molles et isolées, comme la lèvre , les joues, la paupière, et d'autres parties analogues. ,Jl ne nous reste donc plus, pour achever ta description des opérations qui portent le nom de suture , qu'à traiter ici de la sutare entrecoupée, la seule qui convienne à toutes les parties du corps, et dont les anciens recommandaient l'usage dans le plus graoefr nombre de plates. *

Lrsinstrumens nécessaires pourexécuterla sutureenlrecoupée sont des aiguilles et des fils cirés. Geux-ci doivent être aplatis, formés de plusieurs brins de fil accollés ensemble et formant, au moyeu de la cire , un cordonnet d'autant plus large que les parties à réunir sont plus épaisses' et ont une tendance plus grande à s'écatlei les unes des autres. Les aiguilles sont

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aplaties , demi-circulaires , terminées d'un côté par une pointe acérée, tranchante sur les bords et assez large pour que le reste de l'instrument et le fil qu'il entraîne puissent passer sans difficulté dans la plaie qu'elle a faite. L'extrémité opposée à la pointe présente un châ* transversal, aussi large que le comporte la force de l'aiguille et dont le bord sur lequel doit se replier le fil est aminci , afin que son épaisseur ne soit pas augmentée par la ligature et que celle-ci n'y forme point un bourrelet susceptible d'arrêter la marche de l'instrument et de contondre les tissus. Les aiguilles dont il s'agit sont dues aux méditations de Boyer et de Larrcy. On les a généralement substituées aux anciennes, sur lesquelles elles out l'avantage immense de présenter une courbure régulière; oui permet K tout l'instrument de passer sans obstacle dans la plaie faite par sa pointe, en même temps que sa largeur ést calculée de manière à former une plaie dans laquelle la ligature puisse facilement s'engager. On fait usage d'aiguilles d'autant plus grandes et plus fortes, qu'elles doivent traverser des parties plus denses et pénétrer de plus grandes profondeurs.

Afin d'exécuter l'opération de la suture entrecoupée, le chirurgien ayant armé d'un fil ciré le châs de l'aiguille, saisit celle-ci avec la main droite, dont le pouce doit correspondre à la face concave , et les deux doigts qui suivent a la surface convexe de l'instrument, vers le milieu de sa longueur. La pointe de l'aiguille e6t alors présentée aux parties, dans une direction perpendiculaire au plan qu'elles constituent. Elle doit être enfoncée jusqu'à ce que le chirurgien pense qu'elle apnjpche du fond de la plaie; alors il incline le châs en bas, et continuant de pousser l'instrument auquel il imprime un mouvement de bascule, il le lait ressortir sur le bord opposé de la plaie, vis-à-vis du lieu de son entrée, et à une distance égale de la surface saignante. Le pouce et le doigt indicateur de la main gauche, placés sur les côtés du point à travers lequel va sortir l'aiguille , y soutiennent la ] *eau , favorisent sa division et s'opposent au tiraillement que l'instrument ne manquerait pas de lui faire éprouver. L'aiguille doit décrire dans les parties un trajel dcmi-circulai re dout le milieu corresponde au fond de la division; elle marche d'abord de dehors en dedans pour traverser le bord de la plaie dans lequel on l'enfonce, et remonte ensuite de dedans en dehors a travers le bord opposé. Il est évident qu'avant d'opérer, les parties doivent être affrontées et maintenues par un aide, dans la situation que l'on se propose de leur donner en pratiquant la suture. Lpi première ligature étant placée, une seconde aiguille sert à en introduire un autre, et si la plaie est fort étendue ou très-anguleuse , une troisième peut devenir nécessaire. Uu in-

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tervalle de douze à dix-huit lignes doit séparer les points de suture les. uns des autres, et des angles de la plaie. Il ne faut, en général , recourir a cette opération qu'autant que la solution de continuité exige l'emploi de deux ligatures au moins. Lorsqu'il existe des lambeaux à demi détachés , il convient presque toujours de placer un point de suture à leur sommet, afin de les maintenir plus exactement appliqués. La même règle convient à toutes les parties saillantes des plaies irrégulières, dont la réunion exacte est toujours difficile à obtenir. Enfin, les aiguilles doivent pénétrer et sortir d'autant plus loin des bords de la division, que celle-ci est plus profonde et que de plus grands efforts ont besoin d'être exécutés pour les maintenir en contact.

Tous les fils nécessaires a la réunion étant placés , les lèvres opposées de la plaie doivent être rapprochées avec exactitude; puis on noue les extrémités de chaque ligature par un nœud simple, surmonté d'une rosette. La suture doit être maintenue fort lâche , afin de permettre aux tissus de se tuméfier sans obstacle, et d'éviter qu'ils ne se coupent sous l'action des fils qui les étreignent. Il convient également de placer les nœuds sur le bord de la plaie le moins déclive, afin d'éviter que le pus ne les imbibe et ne rende leur relâchement impossible, si l'état. des parties obligeait d'y recourir. Un plumasseau léger enduit de cérat , quelques compresses et un bandage approprié constituent le reste de l'appareil.

Lorsque, du sixème au dixième jour, la réunion des parties divisées a eu lieu, et que la cicatrice paraît assez forte pour se passer du secours des fils, le chirurgien doit procéder a / l'extraction de ces corps étrangers, qui entretiendraient dès lors sans utilité une irritation plus ou moins vive dans les rissus qu'ils traversent. 11 faut, pour cela, couper chaque fil près de la partie la plus déclive de la plaie, saisir ensuite le nœud de la ligature, et retirer celle-ci avec précaution, en l'inclinant vers la solution de continuité. Les doigts de la main gauche, placés sur les parties malades, les soutiennent, empêchent les fils de tirailler ces parties, et s'opposent à l'écarteraent , dont la destruction des moyens de synthèse pourrait être suivie. Des emplâtres agglutinatifs doivent constamment remplacer alors les fils cirés, et maintenir la réunion jusqu'à ce que la cicatrice, déjà commencée, ait acquis toute la perfection désirable.

La suture fut employée à la réunion de presque toutes les plaies faites par des instrnmens tranchans, jusqu'à la fin du siècle dernier, où Pibrac et Louis démontrèrent si bien ses incon* véniens , que l'académie de chirurgie crut devoir user de toute sou autorité pour en proscrire l'usage. Celte opération est eu

SUTURE 5a£

effet constamment accompagnée d'une douleur très-vive; les ouvertures faites par les aiguilles, et dans lesquelles les fils cirés demeurent engagés, s'enflamment, suppurent, s'agrandissent, et souvent se confondent avec la division principale. Dans tous les cas, il en résulte une augmentation, considérable de l'irritation locale; et quelles que soient les précautions employées, les tissus traversés par les ligatures se tuméfient chez beaucoup de sujets , au point que celles-ci deviennent trop • étroites, gênent leur développement, et les coupent avec d'autant plus de facilité , que la phlogose les a rendus éminemment friables; On a observé ces résultats défavorables sur toutes les régions du corps, et alors même que la peau, les lames celluleuscs sous-cutances et des parties moins contractiles étaient seules comprises dans les anses des fils; mais ils sont plus graves, et se manifestent plus souvent encore lorsque Ja suture aiteint des muscles épais et forts. Dans ces occasions, les fibres charnues sont violemment irritées, leurs contractions deviennent permanentes, la plaie est le siège de douleurs intolérables, et les parties, tiraillant les fils cirés, se coupent bientôt sur eux de manière à faire complètement échouer l'opération, en même temps que la plaie est devenue plus étendue, plus compliquée, et qu'un temps précieux pour la guérison a été perdu.

On prévient jusqu'à un certain point ces accidens, ou du moins on les rend moins formidaltics, en ajoutant à la suture une. situation convenable des parties blessées, l'application d'un bandage unissant méthodiquement placé; enfin, en surveillant l'action des fils cirés, de manière a les relâcher aussitôt que la tuméfaction des tissus qu'ils embrassent en impose l'obligation. Des fomentations émollientes, et même d<s saignées locales répétées, seraient certainement, dans ces occasions, d'une grande utilité. Avec toutes ces précautions , on peut sans doute rendre la suture supportable, et même assurer le succès de son emploi ; mais il est à remarquer que les moyens auxiliaires dont on fait usage pour aider à son action , tels que les emplâtres, la situation et le bandage, suffisent dans presque tous les cas, sans elle, pour maintenir en contact les bords des plaies les plus étendues et les plus profondes. On obtient avec ces seuls agens des guérisons plus sûres, plus faciles, plus promptes, et achetées par moins, de douleui9 que quand la suture est pratiquée. En chirurgie, les procèdes les plus doux, ceux qui éludent et font cesser les obstacles^iu lieu de les combattre de vive force, doivent être préfères à tous les autres. La suture, considérée comme un des moyens d'obtenir la réunion des plaies ordinaires, compte à peine aujourd'hui quelques partisans. Elle est presque entièrement

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bannie du domaine de l'art, et, excepte les plaies pénétrâmes étendues de l'abdomen, les divisions des intestins, les déchirures d« la fourchette et de la cloison vagino-rcctalc, quelques solutions de continuité du visage et du crâne , le bec de r lièvre et la bifurcation du voile du palais, il est très-rare que l'on y ait eucore recours. Les cas de* ce genre se réduisent presque ious à des divisions dans lesquelles des lambeaux étendus et minces ne pourraient que difficilement être réappliques contre les parties sous-jacentes, si un point d'aiguille n'y fixait leur sommet d'une manière convenable et solide. Alors il faut épargner autant que possible les sutures, et, après en avoir place aux parties les plus anguleuses de la plaie, les bords de celle-ci doivent être réunis au moyen des emplâtres agglutinatifs, de la situation et du bandage. Voyez plaie.

sutube, s. f., 'sutura; sorte d'articuiatiou immobile qui consiste en ce que les deux os s'assemblent au moyen de dentelures et d'enioiicemens qui se reçoivent mutuctlement. La plupart des os du crâne en fournissent des exemples.

SYMETRIE, s. î^symnielria; proportion, c'est-a-dire rapport de nombre, de figure et de graudeur entre les parties d'un corps.

11 existe, entre les divers organes, et surtout entre les diverses régions du corps humain, une analogie poussée quelquefois jusqu'au point de devenir une similitude presque parfaite. On a cherché des tracté de cette symétrie, en comparant ensemble les côtés droit et gauche, les laces antérieure et, postérieure, enim les deux moitiés supérieure et inférieure du corps, et l'on en a trouvé partout de plus ou moins sensibles. Seulement on peut établir en thèse générale, non-seulement que l'analogie n'est jamais parfaite, et qu'ordinairement une extrémité l'emporte plus ou moins sur l'autre, mais encore que la symétrie n'est jamais également prononcée, ni dans tous les sens, ni entre les diverses régions correspondantes.

La symétrie d'un côté à l'autre est la plus parfaite de toutes. Elle s'exprime surtout d'une manière évidente a la surface du corps et dans sa forme extérieure ou sa configuration. En effet, le corps semble résulter de l'assemblage de deux moitiés latérales, la plupart des organes étant doubles, et ceux qui sont simples se trouvant placés sur la ligne médiane. Lorsque ces derniers sont placés entre deux cavités, on les nomme des cloisons, tandis qu'on les appelle des commissures quand ils sont si Lues entre deux parties qui se correspondent, et qu'ils lieTu l'une avec l'autre. On peut même dire qu'il règne , tout le long du corps, une commissure plus ou moins prononcée, quoique souvent interrompue, et que l'on désigne sous le nom de ligne médiane. Ainsi , comme l'a fort bien dit Meckel , on

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