‹ Dictionaire des sciences médicalesChapitre 14 sur 43 · I4B FUM · texte numérisé non relu

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corps, excepté la tête , deviennent, en provoquant des sueurs abondantes , un moyen efficace dans plusieurs affections. De là sans doute les avantages qu'on retire de leur usage dans les névralgies et les douleurs rhumatismales chroniques. Nous devons nous arrêter ici à celles de ces fumigations qui sont fournies par les vapeurs sulfureuses , parce qu'elles sont employées avec beaucoup de succès dans diverses circonstances , depuis que Jes appareils dans lesquels on les administre ont été perfectionnés.

C'est surtout dans la gale et les dartres que les avantages dos fumigations sulfureuses ont été recounus par de nouvelles et nombreuses observations. Le soufre en vapeur avait été à la vérité préconisé, dans ces maladies, par divers auteurs. Il avait été recommandé contre la gale par Glauber , dans un ouvrage publié en i65c), où l'on trouve la description d'une boîte fumigatoire. Le dictionaire encyclopédique de 1 755 , articlefumigations, indique les fumigations sulfureuses dansle traitement des maladies cutanées. Enfin, J. P. Frank, parmi les écrivains modernes, les recommande dans la gale ( De curandis hominummorbis epitome% lib. ivj Deimpetiginibus , p. 174 et 175). Mais il faut convenir que ce moyen était pour ainsi dire tombé dans l'oubli, lorsqu'en 1812 M. Gales, alors pharmacien en chef de l'hôpital Saint- Louis, y entreprit, du consentement du conseil d'administration, une série d expériences sur l'efficacité des fumigations sulfureuses dans la gale. Ses premiers essais sont consignés dans la thèse qu'il soutint à la Faculté de Médecine de Paris , le 2 1 août 1812, pour obtenir le grade de docteur ( Essai sur la gale , déjà cité). Ils eurent un succès complet , malgré l'imperfection de l'appareil qui fat employé. Les expériences furent continuées ; elfes appelèrent l'attention du conseil d'administration qui, dans sa séance du 1 7 mars 1 8 1 % nomma, pour en constater tous les effets, un jury médical composé de MM. les professeurs Pincl et Dubois, et de MM. les docteurs Esparron, Tarira et Bouilton-Lagrange. Ce jury employa près de deux mois à observer, avec soin et jour par jour, les effets des fumigations sulfureuses sur cinquante-huit malades sonmis aux expériences, et il fît son rapport le 18 mai 181 5. Les principales conclusions de ce rapport sont :

1*. Que les fumigations sulfureuses guérissent parfaitement toute espèce de gales , même les plus invétérées :

2°. Que le nombre des fumigations nécessaires pour obtenir la guérison de la gale varie depnis quatre jusqu'à vingt fumigations , suivant l'âge , le sexe , l'intensité , l'espèce et ta complication de ta maladie r

5*. Que les femmes et les en fans ont, toute» choses ê*galcs d'ailleurs, besoin d'un moindre nombre de fumigations que le»

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hommes adultes et surtout les vieillards; observation qui s'explique aisément par la différence de finesse et de perspirahilité de la peau , qui s'imprègne beaucoup mieux du gaz sulfureux chez les uns que chez les autres :

4*. Que les gales anciennes, invétérées, s'amortissent et s'éteignent proportionnellement plus vile par ce moyen que les gales récentes :

5°. Que la durée de chaque fumigation est ordinairement d'une demi-heure :

6». Que les malades peuvent prendre jusqu'à quatre fumigations par jour, suivant leur tempérament , leur loisir, leur désir d'arriver plus ou moins promptement à la guérîson :

7°. Que le traitement de la gale par les fumigations sulfureuses n'exige aucun traitement auxiliaire , soit intérieur, soit extérieur, m aucune sorte de régime particulier:

8". Que, comparé à tous les autres traitemens connus, même à ceux qui sont regardés comme les plus rationnels et les plus efficaces, le traitement par les vapeurs sulfureuses parait remporter de bcauroup sur tous les autres par sa simplicité, sa brièveté , son efficacité et son innocuité :

9°. Qu'il est aussi beaucoup moins coûteux et moins dispendieux qne tous les autres :

to#. Que diverses autres maladies cutanées , éruplives et chroniques , telles que les affections pédiculaires , les dartres , les pustules syphilitiques, le prurigo, la teigne, etc., même invétérées et regardées comme incurables , sont susceptibles de céder aux fumigations sulfureuses :

il4. Qu'en général les diverses maladies éruptives, chroniques , antres que la gale , exigent un plus grand nombre de fumigations ; mais que ce moyen doit au moins être regardé comme un auxiliaire dans le traitement de ces maladies :

!»• Qu'il importe de faire connaître les avantages de ces fumigations, de les propager, de les établir dans les hôpitaux, à bord des vaisseaux, dans les camps , à la suite des armées , dans les prisons, les casernes , etc. :

iV\ Qu'il est à désirer qu'il se forme des établissemens

Ïiublics pour l'administration de ce moyen , et pour que tous es particuliers puissent profiter de ses avantages.

Le rapport du jury ayant été transmis au ministre de l'intérieur par M. le préfet de la Seine , son excellence en donna communication à la Faculté de médecine, en l'invitant à lui présenter son avis motivé sur les avantages des fumigations sulfureuses dans le traitement des maladies cutanées.

Dans res eutrefaites, les boite* imparfaites dont s'était servi M. Gales, reçurent de M. d'Arcet lea améliorations dont nous •vous parlé dans le second paragraphe. Des appareils fumiga-

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toires furent établis, sur les meilleurs principes, a l'hospice de clinique interne, et un grand nombre de malades y furent soumis aux fumigations sulfureuses , sous les yeux ae M. le professeur Leroux , doyen de la Faculté'. Deux rapports ont ensuite été faits, sur la fin de ibi5, au nom de fa Faculté , par des commissaires pris dans son sein. Le premier de ces rapports e'tait signe* par MM. Perey, J. J. Leroux , Richerand eUDupuytrrn j et le second par MM. Hallé , A. Dubois, Pinel et Dupuytren. Ces deux rapports confirment entièrement le» conclusions de celui du jury; et l'on voit de plus, dans le dernier de ces e'erits : i°. que les fumigations sulfureuses , employées contre les maladies de la peau , se sont montrées, dan» plusieurs eas , plus efficaces que les moyens qui ont été employés jusqu'à préseul , tels que les sucs et les apozèmes, auxquels on a donné le nom de dépuratifs , le mercure à Tintérieur et à l'extérieur, les préparations d'antimoine, le soufre

λur pris à l'intérieur, et ses préparations usitées , comme les >ols , les pastilles , les bains sulfureux , naturels ou artificiels , les douches de même nature , elc. :

2°. Que, par les fumigations sulfureuses, on est parvenu à guérir des dartres héréditaires, ou qui, existant depuis le bas âge, semblaient être devenues, par leur ancienneté, tellement inhérentes à l'économie des malades , que Ton ne pouvait que désespérerde leur guérisou , maladies qui d'ailleurs avaient été infructueusement combattues par un grand nombre de moyens : 5°. Que des maladies de la peau, entées sur le virus vénérien , dont on n'avait pu obtenir la guérison par l'usage des Midorifiqucs et du mercure administré sous plusieurs formes . ont guéri promptementparun léger traitement antisyphilifique, lorsque les malades ont été soumis préalablement aux fumigations sulfureuses :

4°. Que les maladies cutanées chroniques ne sont pas les seules dans lesquelles les fumigations sulfureuses réussissent , et que l'on peut retirer des avantages de ce moyen dans plusieurs autres affections.

Les maladies autres que celles de la peau, qui ont été combattues avec succès par les fumigations sulfureuses , sont des névralgies , notamment les sciatiques , des douleurs arthritiques et rhumatismales qui avaient pris l'état chronique , des paralysies locales , et même des hémiplégies qui succédaient à une attaque d'apoplexie, enfin certains engorgemens atoniques du système lymphatique , tels que les engorgemens scrophuleux , dont les fumigations semblent favoriser la résolution , en excitant les vaisseaux des ganglions lymphatiques ou des autres parties qui en sont, le siège.

Les rapports que nous venons de citer sont appuyés d'«

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grand nombre d'observations de ces diverses maladies , dans lesquelles les fumigations ont produit des avantages plus ou moins marques, et nous-mêmes nous en avons obtenu des succès dans beaucoup de circonstances semblables.

Il faut cependant convenir que parmi les diverses espèces d'affections qui peuvent être combattues par les fumigations sulfureuses, on en rencontre qui résistent avec opiniâtreté à ce moyen, elles dartres sont souvent dans ce cas. Lorsque daus une maladie quelconque , où l'usage des fumigations sulfureuses paraît indiqué , on en a administre' un certain nombre , par exemple quinze à vingt , sans avoir obtenu aucune amélioration , il serait inutile d'insister davantage sur ce moyen.

Mais, lorsque après un nombre détermine' de fumigations V on a obtenu un avantage marqué , on est souvent forcé de les continuer longtemps pour soutenir cet avantage et compléter la guérison. Parmi les observations faites à l'hospice de la clinique interne, il en existe une de névralgie sciatique , qui a eitgé trente fumigations; une autre d'une hémiplégie du côte' gauche , avec un commencement d'aberration des facultés intellectuelles , pour laquelle le malade, après avoir pris cinquante-six fumigations , conservait dans les membres paralysés un état de faiblesse qui fut attribué à l'habitude de ta masturbation contractée depuis longtemps; enfin chez une' femme de cinquante ans , atteinte d'unè hémiplégie du côte droit , suite d'une apoplexie forte , qui avait été traitée par des saignées , des bains de pieds sinapisés , un vomitif, l'application de vésicatoires à la nuque et à la jambe drdite , un moia sur la région pariétale gauche , des frictions avec lè' liniment ammoniacal : le retour de tous les mouvemens n'eut lieu qu'après soixante-dix à quatre-vingt fumigations.

Quand les malades sont forcés de prendre un nombre un peu considérable de fumigations, ils ne peuvent guère eu prendre plus d'une par jour, et il est souvent nécessaire qu'ils aient un jour de repos , après quelques fumigations. Nous avons même vu des personnes qui ne pouvaient prendre , en raison de leur faiblesse et de la grande perspirabilité de leur peau , qu'une fumigation tous les deux jours.

I«a température intérieure de la boite fumigatoire doit être entretenue , pendant la fumigation , à environ trente, treute-

Suatre ou quarante degrés de Réaumur. On projette un peu e soufre en poudre sur la plaque supérieure du poêle, à mesure qu'il se consume. On n'use qu'environ deux gros ( huit grammes ) de soufre pour chaque fumigation.

Jl est le plus souvent préférable de rendre les fumigations sulfureuses humides par l'addition d'un filet d'eau que l'on fait

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tomber sur la plaque , que de les faire prendre sèches. Ces dernières agacent surtout , d'une manière pénible , l'organe cutané des personnes irritables. Il est aussi quelquefois utile de faire prendre alternativement une fumigation sulfureuse et un hajn de vapeur aqueuse.

Les fumigations mercurielles sont, parmi les fumigations excitautes, les seules dont il nous reste à parler. On les emploie exclusivement comme antisyphilitiques; mais les accidens qu'elles ont souvent occasionnés , et qui ont été exposés dans le troisième paragraphe t. eu avaient réduit l'usage , dès le xvie siècle , à quelques cas particuliers. Petronius (Alexandre- Trajan) ne les conseille , que dans les maladies vénérienne» invétérées qui présentent peu d'espoir de guérison : sujjumigia, ■nisi morho jam inyeterato , et Jermè jam dçsperatd saluie , i>irihus tamen constantibus , numquam administra ri debere. Nicolas. Massa douue a peu près le même précepte. En effet , après, avoir parlé des effets tâcheux occasionnés par ce mode ^'administrer le mercure, voici ce qu'il en dit : .... quarc non est administrandus , nisi in inveteratis et in'virtute Jbrti, cum

Quoique les aççidens «ccasionnes par les Fumigations mercunel|fs aient pu dépendre , comme nous l'avons vu , de l'imperfection, des appareils fumigatoires , de la do>c considérable de sulfure de merçure qu'on faisait entrer dans chaque fumigation, et du nombre des fumigations qu'on administrait dans lin court espace de temps , on a entièrement renoncé à ce moyçn dans, le traitemement général delà maladie vénérienne; et nous avons déjà dit que 1 ouvrage de M. Lalouette n'avait rendu aux fumigations mercurielles qu'une vogue éphémère. Aujourd'hui, en attendant de nouvelles expériences, leur usage est restreint au traitement local de quelques ulcères syphilitiques opiniâtres , de certaines pustules ou des exostoses dé-

Ïicodans du même virus. C'est surtout lorsque les chancres ont cur siège dans le fond de la gorgo , au palais, dans les cavités nasales, que les fumigations mercurielles sont d'un grand secours , soit qu'on se serve du sulfure- ou du sous-chlorure de mercure. On n'en fait entrer qu'une très-petite dose , par exemple, huit à dix grains dans chaque fumigation, que l'on dirige sur la partie affectée à l'aide d'un entonnoir. On fait une fumigatiop ou deux au plus par jour.

Quant aux fumigations qui, en même temps qu'elles excitent localement, ont sur le système nerveux une action sédative , comme les vapeurs éthérées , camphrées; celles que l'on dégage de la combustion de t'asphalte , du succin , des gommes résines fétides , surtout de l'asa-fœtida; celles de quelques huiles essentielles, des huiles empyreurnatiquçs; enfin le pro-

duit gazeux de la combustion du castorenm , des substances animales cornées et autres : toutes peuvent être administrées avec avantage dans les accès hystériques. On dirige pour cela ces vapeurs vers le nez el la bouche de la malade, et c'est ce que faisait Hipporrate , dans le cas de suffocatio-i hystérique {vviyf/ùt). (<es mêmes moyens peuvent aussi être employés pour c ombattre divers mouvemeus convulsifsqui appartiennent a d'autres névroses que l'hvstérie. Enfin on peut^ recourir dans les syncopes spasmodiques, etc.

Les considérations précédentes nous paraissent suffire pour faire connaître les indications curatives que l'oo peut remplir i l'aide des fumigations. On voit i°. que quelquefois elles produisent un effet relâchant , mais que le plus souvent elles agissent en excitant : 2*. que les fumigations excitantes* suivant qu'elles raniment spécialement la circulation capillaire et la tonicité des absorhans et des exhalansdes parties vers lesquelles on les dirige , ou qu'elles provoquent des excrétions abondantes y peuvent devenir résolutives, révulsives, dépuralives, calmantes : 3*. que les fumigations sulfureuses sont celles qui méritent le plus l'attention des méde.cins, en raison des succès qu'on en obtient dans diverses affections rebelles aux autres moyens, et surtout dans les maladies cutanées chroniques : 4*. que les fumigation» merrurîelles sont aussi quelquefois utiles , mais seulement comme antivéoérien local : 5°. que certaines fumigations produisent un effet antispasmodique. •cevoct , De balneis siccis ; lenœ , 1717.

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