‹ Dictionaire des sciences médicalesChapitre 18 sur 43 · FUS · texte numérisé non relu

FUS

corps de se liquéfier, en se combinant avec le calorique. On observe une différence très-rem arquaMe, dans le degré de fusibilité des corps. Par eierople , le mercure se fond à — 4°° cen" tigrades ; et le platine exige une température de + I2858* os «4- 17©° du pvromètre de >#"edgwooa.

Certaines substances se liquéfient tout-à-coup; tels sont les métaux. D'autres, comme la cire, le suif, etc. , se ramollissent d'abord , et passent successivement à l'état liquide. Le point de fusion de ces dernières se détermine avec moins d'exactitude que celui des premières. Le docteur W. Henry ( Elément de chimie expérimentale , tome 11 , page 564 de la traduction française) a indiqué de la manière suivante le point de fusion de plusieurs corps , d'après ses propres expériences et d'après celles de quelques autres chimistes dont il cite les noms. *

— 40,0 mercure.

0,0 eau.

+ 2,22 huile d'olive.

4~ 56, 1 1 graisse ( Nicholson ).

-j- 37,22 phosphore ( Pelletier).

4- 44,44 hlanc de baleine (Bostock). -f- 52,78 suif ( Nicholson ), 33,33 (Thomson ). -i- 65,o cire jaune.

68,33 cire blanche.

n3,o soufre(Hope), loo(Fourcroy) , 85(Kirwan). l5i,5o camphre.

996,0 étaiu ( Chrichton ) , 279,50 ( Irvine ). 3 1 4,55 bismuth ( Irvine ).

5g6,o plomb (Chrichton), 386(Irvine), 356(Newton). 445,o zinc.

£07,0 antimoine.

255o,o cuivre.

2602,0 argent.

2891,0 or.

9969,0 cobalt.

11411,0 nickel.

12001,0 fer.

-4- i2i56,o manganèse.

4. i2858,o platine, tungstène, raoljbdène, urane, titane, etc.

(VAIDT)

FUSION, s. î.,fusio : liquéfaction d'un corps solide par l'action du calorique ; elle est ignée ou aqueuse , suivant qu'elle est produite par l'action immédiate du feu on par l'intermède de l'eau.

GAINE, s. f. , vagina; nom fréquemment employé' par les □natomistes, et qu'ils appliquent à un grand nombre de parties différentes, mais qui ont toutes pour usage d'en contenir d'autres , et de les renfermer en manière d'enveloppes. Ainsi , par exemple , Bertin a appelé gaine de V apophyse styloide, ou apophyse vaginale , 1 espèce de bourrelet alongé qui se remarque à la base de l'apopHyse longue , grêle , arrondie et pointue de la face infe'rieure et extérieure du rocher. De même la membrane celluleuse qui accompagne toutes les ramifications de la veine porte dans la substance du foie , a reçu de Bartholin et de divers autres l'épithète de gaine de la veine porte. Mais on ne se sert plus guère aujourd'hui du mot gaine que pour désigner , i*. les enveloppes fibreuses qui entourent les grandes masses charnues , notamment celles des extrémités inférieures ( Voyez aponeurose) ; a*, les prolongemens celluleux qui séparent les différens muscles, s'enfoncent eutre leurs trousseaux , et revêtent même chacune de leurs fibres charnues (Voyez muscle); enfin les membranes séreuses qui tapissent la surface des tendons. Ces dernières ont pour usage non-seulement de s'opposer au déplacement des parties qu'elles enveloppent, mais encore d'entretenir une exhalation halitueuse et muqueuse qui facilite leur glissement. C'est à leur surface surtout que se répandent les vaisseaux qui arrivent aux tendons , daus l'intérieur desquels on en voit fort peu pénétrer. Les gaines tendineuses sont sujettes à diverses maladies dont on trouvera l'exposition à l'article tendon. V oyez ce mot.

( jouaoïa )

GALACTIRRHÉE , s. f. Cette expression , créée par les modernes pour désigner l'exubérance ou l'excès du lait, dérive de deux racines grecques, de pfe», je coule, et de y&h&KToç, génitif de yctA*, lait. On pourrait aussi tirer son etymologic des verbes ya.\AKTico , jcthdLKTiA* , lacté abundo. La sécrétion trop abondante du lait s'observe chez les femmes dont l'organe mammaire jouit de trop d'action , soit naturellement , soit parce qu'elles sont sucées par un enfant avide , qui irrite fortement

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le mamelon. Chez ces dernières, le lait qui est sécrété en trop grande quantité coule dans l'intervalle de la lactation, et ne tarde pas à les jeter dans le marasme si on continue l'allaitement. Le suintement du lait par le bout du mamelon peut aussi arriver à la suite des couches , quoique le stimulus produit par la bouche de l'enfant n'agisse pas sur lui. En effet , on voit chez quelques femmes qui n'allaitent pas, le lait couler pendant plusieurs mois après l'accouchement , ou après le sevrage lorsqu'elles ont nourri. Cette sécrétion trop abondante et trop prolongée peut produire la fièvre hectique. Cet accident, que les anciens connaissaient sous le nom de tabès lactea, fait craindre aux femmes de tomber dans la phlhisie. En effet, elles ressentent, dans ce cas, des symptômes qui ont la plus grande ressemblance avec ceux déterminés par cette maladie. Elles se plaignent de tiraillemens, d'ardeur dans la poitrine ; elles sont tourmentées de toux et d'une expectoration en apparence puriforme , comme si elles étaient prédisposées à la phlhisie. Tous ces accidens cessent dès que la sécrétion du lait est tarie.

L'excitation immodérée de l'organe mammaire qui tient le mamelon dans un état continuel d'érection, étant la cause de celte exubérance laiteuse, on doit conseiller, pour la diminuer, des tnovens propres à en modérer l'action. C'est dans cette vue que les auteurs ont proposé de stupéfier les mamelles par des applications narcotiques, ou de s'opposer à l'abord des fluides vers elles en y appliquant, ou bien dessous les aisselles, de i'oxicrat, des solutions alumincuses , des cataplasmes avec le son cuit dans le vinaigre. L'emploi des astringens trop actifs pourrait en occasionner l'engorgement et l'inflammation. Les révulsifs employés pour tarir la source du lait seraient dangereux si , pour parvenir a détourner les fluides des mamelles , ils devaient procurer des évacuations succédanées abondantes. Les sudorifiques , ies diurétiques, les laxatifs prolongeraient et aggraveraient l'épuisement. C'est en vain que Ton aurait recours dans cette circonstance, pour modérer la sécrétion du lait, aux substances vantées comme anti-laiteuses, accréditées par l'usage , telles que le sulfate et le carbonate neutre de potasse , les décoctious de canne de Provence , etc. Il est inutile de répéter ici ce que j'ai dit sur l'inefficacité de ces moyens à l'article anti-laiteux. ( oardiex )

GALACTOPHAGE, s. m. , galactophagusfàey*.KtL, lait, et de <çky<* , je mange , qui ne vit que de lait ou qui se nourrit principalement de lait. Les anciens peuples pasteurs étaient lac in pliages; et, de nos jours, on voit les pâtres des Aines et d'autres montagnes se nourrir presque exclusivement de lait et

G AL 1G9 de pain. Haller rapporte dans sa grande Physiologie ( tome vi, page 198 ) beaucoup d'exemples de personnes qui , pendant nombre d'années, n'ont pris que du lait pour toute nourriture. J'ai connu moi-même une dame qui a vécu exclusivement de lait pendant quinze ans, pour se soulager de douleurs goutteuses auxquelles elle était sujette. Ce régime convient parfaitement aux personnes qui sont disposées à la phthisie pulmonaire ; il calme très-bien certaines irritations nerveuses ; et l'expérience prouve que le lait pris exclusivement est une nourriture suffisante à la réparation , surtout lorsque le corps fait peu d'exercice et qu'il perd peu par les diverses évacuations. (RYSTEIÎt)

GALACTOPHORE , adj. , qui porte du lait. Ce terme est grec , et formé du mot y&kctKTot , génitif de y&Ktt , lac, lait , et de Çfpo» je porte. On a donné le nom de conduits galactaphores aux vaisseaux qui reçoivent le lait sécrété dans la glande mammaire, et au moyen desquels il s'échappe au dehors, soit spontanément, soit lorsqu'une irritation est appliquée au mamelon. Ce n'est, pour l'ordinaire, qu'à l'époque où elle sort de son état de repos, et qu'elle devient le siège d'un travail particulier, que l'on peut suivre le trajet de ces vaisseaux lactifëres. Ils sont au nombre de quinze à dix-huit, et ils aboutissent aux ouvertures correspondantes dont est percée l'extrémité du mamelon. Quelques auteurs de matière médicale ont aussi donne ce nom aux médicamens auxquels ils attribuaient la propriété d'augmenter la quantité du lait. Pris dans ce sens, ce terme est impropre, et il a été admis sans fondement, parce qu'il n'existe aucun médicament qui jouisse de la vertu de déterminer la production d'une plus grande quantité de lait vers les mamelles. C'est à juste titre que les remèdes connus des anciens sous ce nom, ou sous celui de lactrgènes , sont tombés dans le discrédit : le praticien instruit sait qu'ils doivent varier suivant le tempérament des femmes , et selon les causes qui diminuent la sécrétion du lait. La propriété attribuée par Tabernaemontanus à la pimprenelle placée quelques heures seulement sur le sein , Je favoriser la sécrétion du lait d'une manière si prodigieuse, qu'on est obligé de l'enlever pour en

f>révenir l'engorgement, n'est pas fondée sur l'observation. Si e manque de lait est produit par la faiblesse de la femme, des alimens succulens seraient les seuls moyens propres à en augmenter la quantité sans inconvéniens ; mais, dans ce cas,

mliou.

Les modernes ont donne' par extension le nom de gaîaetophore à un instrument qui a été' proposé pour faciliter l'allaitement, lorsque la conformation vicieuse du mamelon qui est trop court, et comme enfoncé dans l'aréole, s'oppose à ce que l'enfant puisse le prendre. Dans le cas même où il vient à bout de le saisir après plusieurs tentatives , il s'échappe à chaque instant, parce qu'il éprouve la plus grande peine a le fixer avec 6es lèvres dans la bouche, pendant le temps suffisant, pour que le vide se forme. Pendant les efforts qu'il fait pour le maintenir dans l'espèce de canal que doit former la langue pour que la succion puisse s'opérer d'une manière convenable , la pression des lèvres et des gencives y détermine de la douleur, de l'inflammation et des crevasses. La douleur vive qu'éprouvent les femmes les force souvent de renoncer à cette fonction. Lorsque les mères, entraînées par leur courage, s'obstinent à allaiter) nonobstant leurs souffrances, on voit fréquemment survenir des dépôts aux seins. La sensibilité extrême du mamelon suffit quelquefois seule pour rendre l'allaitement impossible aux mères les plus courageuses. Cet obstacle est le plus difficile à surmonter. Chez quelques femmes, le sein luimême devient le siège d'une sensibilité tellement exaltée dans les premiers temps des couches, que les femmes y éprouvent de violens élancemens à chaque succion.

Les modernes ont reconnu que , pour faciliter l'allaitement , soit que l'obstacle dépendit du défaut de longueur du mamelon ou de son extrême sensibilité, il fallait trouver un procédé au moyen duquel l'enfant pût attirer le lait de sa mère sans exercer une pression immédiate sur le mamelon. Les pis de vache préparés, imaginés par les Anglais, et dont la pratique a été introduite en France par MM. Desgranges, de Lyon , et Freteau , de Nantes , ont atteint en partie ce but. Seulement l'allaitement en devient plus lent et un peu plus difficile. On estime qu'il faut à l'enfant le double de temps pour vider le sein. Le mamelon artificiel, proposé depuis par M. Martin, de Lyon, me parait préférable aux pis de vaches qui présentent plusieurs inconvéniens, sans parler de la répugnance qu'ils inspirent à beaucoup de femmes. Leur volume est plus considérable que celui du mamelon de la nourrice ; tandis que l'artiste peut donner au mamelon en gomme élasliquc la forme, le volume et la longueur que l'on juge les plus convenables. 11 est difficile de maintenir les pis de vache propres; la mollesse de leur tissu oblige de les renouveler souvent. On ne peut les conserver qu'en les mettant dans l'esprit de vin ; si , malgré les lotions réitérées que l'on doit employer avant de s'en servir, il reste dedans une partie d'alcool , il enflamme la bouche des cnTans,

et occasionne assez souvent des aphtes et des tranchées Dans le temps des chaleurs , l'assujétissement devient plus grand j car on est obligé, si on veut éviter leur décomposition putride, de les remettre dans l'esprit de vin après chaque allaitement.

Le mamelon artificiel formé avec le caoutchouc pur, indique par M. Martin , ne présente aucun de ces inconvéniens. Le même peut servira plusieurs allaitemens successifs, parce que ni le lait ni la salive n'ont aucune action sur cette matière. A un certain degré de chaleur, il se ramollit au point de pouvoir être pétri entre les dents, ce qui doit porter, avant de s'en servir, à le tremper pendant quelques minutes dans l'eau bouillante. Les en fans le prennent plus facilement quand on a cette précaution : il est aussi utile de l'enduire avec du miel.

Le mamelon artificiel doit être de forme conique comme le mamelon naturel j pour s'en servir, on le fixe, au moyen d'un fil , sur la rainure circulaire d'une espèce de chapeau concave en dedans, de deux pouces de diamètre environ, qui s'applique immédiatement sur le sein. Ce chapeau se fait avec uue matière métallique. La partie libre de ce mamelon doit avoir au moins un pouce de longueur , et sou extrémité doit être percée de plusieurs trous pour donner passage au lait.

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