‹ Dictionaire des sciences médicalesChapitre 32 sur 43 · GAS 5<SÎ · texte numérisé non relu

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permission de consigner ici une réclamation qui n'intéresse que moi , mais que je ne dois point négliger de faire, parce qu'elle est commandée par ma délicatesse, m. Montègrc , l'un des auteurs du dictionaire des Sciences médicales, a lu , à l'Académie des Sciences , l'année dernière (181 5), une dissertation sur l'engastrimysme. L'article que j'ai fourni sur le même sujet dans le dictionaire ,a paru postérieurement , bien qu'il fût peut-être écrit avant celui de mon collègue. Plusieurs personnes ont avancé, comme un fait, que mon travail avait été composé d'après le mémoire déjà cité. Voici la vérité, et je ne crains point d invoquer, pour l'attester, le témoignage de M. Montègrc. Je n'ai lu son mémoire ni avant ni depuis la rédaction de mon article. Lorsqu'il eut appris que je m'occupais de cet objet pour le dictionaire , il me fit l'amitié de m'apporter son travail , afin que je pusse faire usage de ses recherches. Je lui montrai mon article déjà imprimé : il le lut , et me déclara que la lecture du sien ne m'aurait offert rien de neuf que je n'eusse déjà inséré dans le mien. Je suis bien éloigné de croire, et surtout de vouloir insinuer aux lecteurs, que M. Montègrc , que j'aime et que j'estime infiniment , ait pu faire son profit de mes idées , pour Ja dissertation qu'il lut , peu de temps après, à l'Institut. Mon unique désir, et c'est le seul objrt de cette note , est que l'on ne me soupçonne point de plagiat. tIl n'est pas étonnant qu'ayant puisé à peu près aux mêmes sources, nous ayons pa nous rencontrer • et qu'ayant observé des faits analogues, avant d'écrire , nous ayons indiqué des résultats semblables. Si j'avais emprunté quelque chose à mon estimable confrère, je me serais fait un devoir de le citer, et par esprit de justice , et par une suite naturelle de ma sincère afleclion pour M. Montègre. ff (fourmer)

GASTRIQUE, adj. , gastricus; qui a rapport ou qui appartient à l'estomac.

Vappendice gastrique de l'épîploou est un prolongement , en forme de frange , que le péritoine produit en débordant l'estomac à sa face externe et un peu postérieure. Il a une figure triangulaire, et adhère par sa base au viscère, tandis que son sommet est libre et flottant. T'oyez êpiploon.

L 'artère gastrique , connue dans l'ancienne nomenclature fluatomique , sous le nom de coronaire stomachique , est la plus petite des trois branches que fournit ordinairement le Ironc céliaqne ( npisto-gastrique , Ch. ) j elle monte obliquement derrière la grosse tubérositc de l'estomac , et , arrivée à la hauteur de l'orifice cardiaque du viscère, elle se courbe de gauche à droite pour marcher le long de la petite courbure jusqu'au pylore, 011 elle s'anastomose avec la pylorique. Dans, tout ce trajet, clic fournit d'abord quelques rameaux qui corn-

muniqucnt avec les vaisseaux courts (gastro-splénique , Ch.)» puis une branche qui remonte dans la poitrine le long de l'œsophage , et qui s'anastomose avec les artères œsophagiennes ; ensuite diverses ramifications qui circonscrivent l'orifice cardiaque, et enfin un grand nombre de branches qui se répandent sur les deux faces de l'estomac, marchent très-flexueuses entre les tuniques membraneuses et musculeuses , et s'anastomosent tant entre elles qu'avec les divisions des artères gastrocpiploïqucs droite et gauche. Chez certains individus , c'est l'artère gastrique qui fournit l'hépatique.

La veine gastrique, ou coronaire stomachique, qui est quelquefois double, suit exactement, dans sa distribution , la même marche que l'artère à laquelle elle correspond. Elle s'abouche dans la veine porte ventrale , au côté gauche de ce vaisseau , et près de l'extrémité droite du pancréas. Cependant elle se réunit quelquefois au tronc de la splénique.

Les nerfs gastriques sont deux cordons par lesquels la paire pneumo-gastrique se termine, et qui , descendant sur l'estomac, y distribuent leurs rameaux , dont ils couvrent ses deux faces.

Le plexus gastrique , ou coronaire stomachique , est un lacis nerveux forme par des filets qui émancut du plexus solaire. Il est assez considérable, entoure Tarière gastrique, et l'accompagne dans tout son trajet le long de la petite courbure de l'estomac. Ses filets communiquent avec ceux des deux cordons fournis par la paire pneumo-gastrique.

Parmi les nombreuses hypothèses imaginées pour expliquer les phénomènes de la digestion , il en est une qui attribue ces phénomènes à la dissolution des alimens par un suc particulier,, qui agit sur eux à la manière d'un véritable menstruc chimique , et qui reçut le nom décrie gastrique. Spallanzani , créateur de cette hypothèse , à laquelle son autorité donna pendant longtemps un grand poids, et dont on retrouve déjà, il est vrai , quelques traces daus lléaumur , et même dans Van Ilclmont, en conçut l'idée d'après ses recherches sur la digestion des oiseaux gallinacés. Ayant vu que les alimens éprouvent «ne véritable macération dans le gésier de ces animaux , s'y ramollissent sans s'y digérer, et ne font non plus qu'être broyés clans l'estomac ; il en conclut que le ramollissement et la trituration sont simplement des moyens auxiliaires , lesquels favorisent la digestion , mais ne l'effectuent pas , et que la seule cause efficace de cette fonction réside dans les sucs qui baignent le fond de l'estomac. Indiquer les belles expériences qui ïe conduisirent à établir ce principe général, ce serait répéter ici ce qui a déjà été dit , avec autant de clarté que ^e précision , à l'article digestion (Voyez ce mot). Suivant le savant italîeu , et les nombreux physiologistes qui adoptèrent sa ihco*

rie , le sue gastrique , produit par la réunion des fluides exhalatoires de l'estomac , avec la salive , s'accumule continu 1- 1 erncnt dans l'estomac , et il prësente une assez grande analogie chez tous les animaux , étant au moins partout antiseptique » et partout propre à dissoudre plus ou moins les alimens ordinaires. Les deux grandes propriétés attribuées à ce suc , celle de dissoudre et celle de retarder ou d'arrêter la putréfaction, suggérèrent l'idée de l'employer dans des vues thérapeutiques. On imagina d'abord qu'à raison de son identité presque absolue chez tous les animaux , il pourrait être avantageux d'en faire avaler aux personnes dont l'estomac n'en sécréterait pas une quantité suffisante : l'expérience dont Spallanzani avait le premier conçu la possibilité, fut réalisée à Pavic par un de ces élèves, le docteur Mongiardini , qui assura avoir fait avaler avec succès du suc gastrique de corneille à une personne qui digérait mal. On tenta aussi de mettre à profit la propriété antiseptique de cette liqueur , en la faisant servir à arroser la surface de certains ulcères cancéreux ou putrides, et les essais faits dans cette vue, par divers chirurgiens italiens, réussirent parfaitement. Enfin on attribua au suc gastrique la propriété de dissoudre les pierres de la vessie. Toutes ces assertions tombent d'elles-mêmes, ou s'expliquent naturellement depuis que les expériences curieuses de M. de Montègrc , et les recherches intéressantes de M. le professeur Chaussier, ont démontré qu'il n'existe point de suc gastrique, dans le sens où Spallanzani en admettait un , et que les liquides qui peuvent mériter ce nom , au lieu d'être versés continuellement dans l'estomac, au lieu d'être identiques ou à peu près dans tous les animaux, au lieu, enfin ," d'être des dissolvans , des menstrues chimiques, sont au contraire des dissolvans vitaux créés par l'estomac au moment seulement où il reçoit l'impression de» substances alimentaires , et dont la nature varie non-seulement suivant l'espèce d'animal , et, chez l'homme surtout, dans le même individu , selon une foule de circonstances , dont on peut toutefois réduire les principales aux qualités des alimens , aux affectious du moral , à l'état présent de la constitution et de la santé. (jourdah)

GASTRITE , s. f. , gastritis; mot employé d'abord par Galien , et ensuite adopté par Linné , Vogel, Sauvages, Cul Ion et Pinel , pour désigner l'inflammation de l'estomac , que Bocrhaave et d'autres auteurs ont décrite sous le nom d'mflammalio ventriculi.

Cette maladie est assez commune , et mérite d'autant plus de fixer l'attention des médecins qu'elle est encore très-peu connue. Malgré les faits rapportés par Morgagni , Hofmann cl quelques autres, nous avions très-peu de notions exactes

sur ce genre d'inflammation , excepte' dans les cas d'empoisonnement j il était réservé à M. Broussais d'éclairer par ses recherches cette partie obscure de la pathologie interne. Aussi c'est en profitant de son précieux travail, auquel j'ajouterai quelques observations particulières puisées dans d'autres ouvrages ou dans ma pratique , que j'essaierai d'ébaucher ce sujet important ; mais je ne puis dissimuler que je ne possède pas encore un assez grand nombre de faits pour le traiter aussi complètement que je l'aurais désiré.

première section. De la gastrite considérée en général. L'estomac étant recouvert en partie , et même environné de plusieurs organes avec lesquels il a des connexions plus ou moins immédiates , et étant en relation directe ou sympathique avec la plupart des principaux viscères, il est presque toujours primitivement ou secondairement affecté dans un grand nombre de maladies aiguës ou chroniques ; de sorte qu'il est quelquefois très-difficile de déterminer les cas où il est essentiellement malade, et surtout ceux où il est atteiut d'inflammation.

Plusieurs auteurs de nosologie, particulièrement Cullen et J. P. Frank , admettent deux espèces de gastrites; l'une qu'ils appellent étythémateuse , ou érysipélateuse , et qui n'intéresse que la membrane muqueuse de l'estomac ; l'autre à laquelle ils appliquent la dénomination de phlegmoneuseret qui, plus grave et plus profonde, comprend l'inflammation de ta membrane musculaire , et même celle du péritoine et des parties dépendantes de l'estomac , telles que les épiploons; mais cette inflammation de la membrane péri ton éale de l'estomac et des épiploons appartient à la classe des inflammations des membranes séreuses, et fait partie, suivant les auteurs modernes, de l'histoire de la péritonite en général, tandis que l'expression de gastrite propremeut dite ne doit s'appliquer , d'après les mêmes auteurs , qu'à l'inflammation de la membrane muqueuse de l'estomac. Nous adopterons cette classification pour ne pas nous éloigner du langage maintenant généralement adopté, quoiqu'il fût peut-être beaucoup plus convenable de consacrer le nom de gastrite à l'inflammation simultanée de toutes les parties qui composent le tissu de l'estomac , et de réserver celui de catarrhe gastriaue à l'inflammation de ta membrane muqueuse de cet organe j mais cette distinction n'étant pas généralement admise , nous serons forcés de considérer l'inflammation complette de l'estomac comme une complication de la gastrite avec la péritonite.

chapitre i. Des causes générales de la gastrite. On peut distinguer, dans les causes de l'inflammation de l'estomac, des causes prédisposantes constitutionnelles, des causes prédispo-

GAS 567 laotes placées bors de l'individu et dépendantes de l'air et du climat, et enfin des causes directement excitautes et agissante* sur l'organe de l'estomac lui-même.

Les causes prédisposantes, qui dépendent de l'idiosyncrasic des individus , tiennent à des différences d'organisation cachées, et qu'il est presque toujours impossible de reconnaître d'avance. On observe cette maladie dans tous les tempéramens, et particulièrement chez ceux qui sont nerveux , irascibles,

Slutôt maigres que gras. Mais pourquoi , parmi celte classe 'individus , en trouve - t - on plusieurs qui n'ont jamais éprouvé de gastrites dans le cours de leur vie, et d'autres qui en ont plusieurs fois ressenti les atteintes? Je confiais une dame qui a eu cette maladie deux fois dans l'espace de trois ans , et je donne des soins à une autre personne qui, depuis plusieurs années , est exposée à des accès d'inflammation d estomac

Î>rcsque tous les ans. A quoi tient cette susceptibilité particuière chez des individus qui suivent d'ailleurs un bon régime ? A quoi tient en général le retour fréquent des affections catarrhalcs chez tel sujet plutôt que chez tel autre ? C'est ce qu'il est impossible de déterminer; mais, quoi qu'il en soit, l'influence de la constitution individuelle n\?n est pas moins bien prononcée dans cette maladie comme dans toutes les autres.

La gastrite paraît être plus commune dans les pays chauds et tempérés qui sont également plus favorables au développement des fièvres gastriques et bilieuses. C'est aussi pendaut les saisons où on remarque particulièrement ces fièvres que les inflammations d'estomac se rencontrent plus fréquemment.

Les professions ont une influence bien marquée sur la production des gastrites. Les hommes qui , par état, sont plus exposés aux intempéries de l'atmosphère , qui sont surtout obligés de passer les nuits à l'air humide , tantôt chaud , tantôt froid , sont en général plus fréquemment atteints de catarrhe intestinal, et particulièrement de celui de l'estomac. M. Broussais a rencontré plus fréquemment cette maladie dans les hôpitaux militaires que nous ue l'observons en général dans les hôpitaux civils. Les inconvéniens répétés des bivouacs , des mauvais alimens, des privations et des excès attachés à la profession du soldat qui fait la guerre , sont sans doute , toutes choses égales d'ailleurs , les causes principales de cette différence.

Les causes prédisposlntes se confondent , au reste , le plus souvent avec les causes excitantes qui ont une action plus directe sur l'estomac ; car les répercussions répétées de la transpiration agissent sur l'estomac à la manière des métastases, et on ne peut se dissimuler que les rétropulsions de la gale, du rhumatisme et de certaines affections dartreuses et psoriques,

ne sont des causes déterminantes de gastrite. Les physiologistes ont même trouvé , dans cètte dérivation des affections cutanées et arthritiques vers le canal intestinal, une nouvelle preuve de la correspondance qui existe entre la peau et les membranes muqueuses des voies digestives.

L'usage habituel de certaines substances rangées dans la classe des ingesta prédispose à la gastrite, et leur excès devient une cause déterminante de cette maladie. L'habitude exclusive des alimens àcres, épicés, des viandes noires, des boissons spiritueuses, en produisant une excitation répétée et presque continuelle sur les membranes de l'estomac, dispose très-prochainement à l'inflammation de cet organe j et chez les individus qui suivent un semblable régime, les excès deviennent bieutôt une cause directement excitante. Sans doute , le régime stimulant , dont on fait tant abus dans les pays chauds, contribue au moins autant que le climat à rendre les inflammations de l'estomac plus fréquentes. Plusieurs exemples prouvent aussi que les boissons très-froides ou à la glace , prises surtout lorsqu'on est en sueur, peuvent directement provoquer la gastrite.

Les excès dans les alimens et les boissons chez les individus qui ne font usage que d'une nourriture grossière, comme chez ceux qui sont habitués à une table bien servie , produisent presque les mêmes effets sur les membranes muqueuses de l'estomac que les substances irritantes. Beaucoup de gastrites succèdent à des indigestions et sont provoquées par elle?. Les individus convalesccns et faibles qui prennent plus d'alimens qu'ils n'en peuvent digérer et qui succombeut à des indigestions, comme il arrive malheureusement trop souvent dans nos hôpitaux , meurent ordinairement avec les symptômes d'une gastrite, et en offrent presque toujours les traces sur le cadavre. Dans l'ivresse portée au plus haut degré, Kalcool, indépendamment de son action sur le cerveau , produit une véritable inflammation de la membrane muqueuse de Pestoraac ; il agit alors comme beaucoup d'autres poisons.

Aux causes physiques que nous venons d'énumérer, il faut encore joindre les contusions extérieures sur l'épigastre ; les auteurs en citent quctqucs exemples , et cette cause donne presque toujours lieu à une gastrite compliquée de péritonite.

Les affections morale*, comme la plupart des causes que nous venons d'examiner, sont tantôt simplement prédisposantes et tantôt eflicientes. Les affections concentrées et tristes dis-

5 osent seulement d'une manière éloignée aux inflammations e l'estomac. Un accès violent de colère peut en être la cause déterminante; plusieurs observations, rapportées par les auteurs constatent cette vérité.

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