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aucune façon les douleurs épigastriques. L'insomnie et l'agitation restèrent les mêmes. La faiblesse survint. Je fis usage des antispasmodiques, de l'opium et des ve'sicatoires sans plus de succès ; la malade tomba dans ia prostration, mais sans délire, et succomba à ses douleurs qui ne cessèrent qu'avec la vie. A l'ouverture du cadavre, nous trouvâmes les poumons et Jcs bronches dans l'état sain , et tous les organes du bas-ventre dans le meilleur e'tat. Voici seulement les particularités que nous présenta l'estomac. Il était distendu par une petite quantité de boissons, les vaisseaux qui rampent à sa surface étaient gorgés de sang. Toute la membrane était très-blauchc , pluf même que dans l'état naturel ; sa couleur se rapprochait assez de celle du lard. Elle n'offrait à sa surface aucun ride et était recouverte d'une mucosité filante , assez abondante et limpide. Tous les cryptes muqueux étaient très-apparens et représentaient comme autant de points enfoncés, garnis d'un bourrelet saillant. Le tissu de la membrane muqueuse était plus épais et gorgé de liquides qu'on ce le voit ordinairement. Quelle était celle maladie , qui n'a offert ni les caractères d'une fièvre essentielle , ni ceux d'une inflammation , ni ceux d'une maladie nerveuse simple, mais qui , comme on peut eu juger par la réunion des symptômes , se rapprochait beaucoup de la gastrite ? Je l'ignore , et je suis forcé de lu ranger dans la classe des incertœ sedis.
Du traitement de la gastrite aiguë en général. Pende maladies offrent , en apparence , un traitement plus simple. Au début de la maladie, quand elle n'est pas due à l'introduction dans l'estomac de substances vénéneuses , ou à une métastase d'affection cutanée , ou à une rétropulsion de la goutte, la méthode antiphlogistiquc est celle qui convient d'abord essentiellement ; les boissons mucilagiueuscs de guimauve , de graine de lin , de gomme , d'orge , les décoctions légères de poulet , de veau, simples ou émulsionnées , les potions huileuses avec l'eau de laitue , etc. , et les saignées générales ou locales , sont d'abord les premiers moyens à employer. L'état du pouls ne doit pas seul servir à fixer l'opinion du médecin sur la nécessité des saignées ; car le pouls est souvent assez petit , serré et faible au début des gastrites aiguës , surtout si les douleurs sont vives et les vomissemens très-fréquens. Il faut consulter l'ensemble des symptômes et les forces des malades. Quelques praticiens me paraissent trop timides sur l'usage des saiguées dans les gastrites. J'en ai presque toujours constamment observé de bons effets; mais il faut qu'elles soient faites prompment et répétées à de courts intervalles , comme dans toutes Jes inflammations aiguës commençantes. Les syncopes seules ne sont pas un motif suffisant pour éloigner les saignées quand
elles sont précédées de vives douleurs et de cardialgics. Le meilleur moyen de les faire cesser est au contraire alors de recourir à la saignée. Il est convenable , dans le debutde la maladie , d'appliquer , sur la région épigastrique , des fomentations émoifientes chaudes, du lait chaud dans une vessie , et de donner les boissons tièdes j mais lorsque les douleurs et les accidens inflammatoires ont été combattus avec quelques succès par les saignées , et que le malade surtout éprouve une chaleur incommode et brûlante dans l'estomac , les boissons froides sont préférables. On peut même , dans ce cas , recourir, avec beaucoup d'avantage, aux fomentations froides et même à l'application de la glace. C'est souvent le meilleur moyen à employer pour faire cesser les voraissemens et prévenir la terminaison gangréneuse. Ou trouve dans les auteurs plusieurs faits qui prouvent l'utilité de l'application de la glace dans certains cholcra-raorbus ; et Sarcone a préconisé , il y a déjà longtemps , l'emploi de ce moyen dans les hépatites , qui souvent , comme je l'ai déjà dit , ne sont que de véritables gastrites. L'application de la glace ne peut convenir dès le début de la maladie , surtout si les douleurs sont aiguës ; mais il ne faut
Ï>as attendre non plus qu'il survienne des sueurs froides et des i pot h v mie s qui annoncent l'épuisement complet des forces ; car alors l'application de la glace ne pourrait qu'accélérer la perte du malade : ce moyen serait aussi très-nuisible dans les gastrites par métastase.
Dans la seconde période de l'inflammation de l'estomac , quand les vomissemens ont beaucoup diminué et que la fièvre est tombée , il faut user des boissons mucilagineuses ou au moins les rendre un peu moins relâchantes, en y ajoutant des acides végétaux. Les acides les plus convenables , d'après les observations de M. Broussais , sont l'acide de citron , ensuite celui de l'orange , de la cerise , de la groseille. On pourra se servir aussi avec beaucoup de succès de l'acide tartareux édulcoré avec le miel ou le sucre. L'acide du vinaigre parait être ordinairement nuisible. Il m'a paru au reste que, dans les gastrites très-aiguës , il ne fallait pas trop se hâter de faire usage de limonade et des acides en général , à moins qu'il n'y ait en même temps turgescence bilieuse, ou queluucs signes d'embarras gastrique. Quand ou commence l'usage des acides, il est bon, pour tâter le degré de sensibilité de l'estomac , de les donner très-atfaiblis dans quelques boissons gommeuscs ou mucilagineuses.
Le traitement général que nous venons d'indiquer doit être au reste modifié suivant les différentes espèces de gastrites , et surtout d'après les nuances individuelles que cette maladie présente comme toutes les autres ; mais une des choses les
plus importantes dans le traitement général , est le re'gime relativement aux alimens. 11 ne faut permettre au malade aucune espèce de nourriture tant qu'il subsiste encore quelque irritation dans l'estomac On commencera d'abord par des bouillons de viandes très-légers , ou des décoctions de fécules très-claires , ou du lail ; et ou ne permettra des alimens plus solides que lorsque la digestion de ceux-ci se fera facilement. Les malades ne teront usage de vin que lorsque l'estomac sera habitue' par dcçré aux alimens solides. L'attention la plus scrupuleuse dans le re'gime est absolument indispensable pour le rétablissement des malades. Je citerai un exemple du danger des écarts du régime qui suffira pour faire scutir combien ce précepte est important. Une femme tres-forte, âgée de quarante ans environ , est prise de fièvre , de vomissemens , de douleurs aiguës dans la région de l'estomac, avec sentiment de constriction. Les saignées , les boissons relâchantes font cesser assez promp'tcment tous les symptômes de gastrite 'r le septième jour elle était sans fièvre , sans soif, sans douleur ; elle avait bien digéré les bouillons qu'elle avait pris. Je permis
Î>our le jour un peu de potage ; mais la malade mangea une imande frite , du pain , et but à peu près une demi-bouteille de vin. Une heure environ après ce repas, elle tut prise tout-àcoup de syncope avec nausées, roideur tétanique des mâchoires , de mouvemens.convulsifs et de sueurs froides.. Je la trouvai dans cet état presque sans pouls et sans connaissance. Dans l'impossibilité où j'étais de pouvoir lui taire avaler quelque chose, à cause du serrement des mâchoires , je me contentai de recommander l'application de deux sinapismes aux pieds. Quelques heures après , cet état convulsif cessa ; plusieurs vomissemens survinrent ; les douleurs d'estomac et la fièvre se renouvelèrent : des boissons acidulés, des fomentations et la diète firent encore de nouveau cesser les accidens ; mais la malade ne voulant s'astreindre à aucun régime , et se faisant apporter du vin en cachette de la surveillante de la salle , succomba enfui au bout de deux mois à une gastrite chronique.
chapitre v. Des caractères généraux de la çasiriie chronique. Lorsque la gastrite aiguë dépasse le terme de quinze à vingt jours , qui est celui de sa plus grande durée , elle devient alors chronique ; mais il n'arrive pas toujours que PinUammation chronique de l'estomac soit précédée d'une inflammation aiguë. Cette maladie débute souveut par des symptômes trèslégers , et affecte , dès le commencement , une marche lente. Souvent elle n'est point accompagnée de fièvre, ou ta fièvre est très- légère. Quand elle existe , les exacerbations oui ordinairement lieu vers le soir et dans la nuit. L'agitation et l'insomnie
GA.S 579 Taccompapnent presque toujours ; le malade se plaint d'un dégoût pour les aliment , d'une douleur transversale a la base de la poitrine , ou situe'e profondement dans l'e'pigaslrc. Elle est plus ou moins aiguë ou lancinante , quelquetois aceompagnée d'un sentiment de constriction. Elle augmente ordinairement par la pression. Très-souvent cette douleur ne se fait sentir que lorsque le malade a pris des alimens ; la langue esl couverte d'un enduit muqueux blanchâtre ; la salivation est quelquefois abondante ; d'autres fois la langue est sèche : dans certains cas, le malade éprouve , surtout le matin ou après le repas , une sorte de régurgitation de liquides glaireux sans saveur. Les vomissemens sont plus ou moins, fréquens ; ils ont lieu principalement peu de temps après que le malade a pris des alimens ou des boissons. S il n'y a pas de vomissemens , ce qui arrive quelquefois , les douleurs de l'e'pigastre et la soif augmentent d'une manière remarquable après que le malade a pris quelque le'gèrc nourriture ; il est alors tourmente de pesanteurs d'estomac , de rapports gazeux ou liquides, et quelquefois acides. Les digestions douloureuses et fatigantes sont accompagnées de fièvre, de chaleur à la paume des mains et dans la région épigastrique ; enfin , le malade n'est soulagé que lorsque les alimens ont franchi l'estomac. La gastrite chronique , même la plus légère , est toujours principalement caractérisée par une sorle de gaslrodynie qui augmente après l'ingestion de la plus petite quantité de nourriture , ou des boissons excitantes , et qui est ordinairement calmée par des boissons mucilagineuses ou acidulés. Cette douleur dans la région épigastrique n'est jamais accompagnée d'un sentiment de gonflement et de plénitude comme dans les embarras gastriques , et n'est jamais déchirante comme dans les gastrodynies purement nerveuses.
chapitre vi. Des altérations que présente l'estomac dans la gastrite chronique. L'estomac est le plus souvent contracté sur lui-même et rétréci comme'un intestin, surtout si le malade a été longtemps à la diète ; il est ordinairement garni intérieurement de rides nombreuses. La membrane muqueuse de l'estomac est dans diirérens étals ; tantôt elle est seulement rougeâtre , épaissie avec des plaques irrégulières presque blanches, d'un tissu plus dense que dans l'état naturel ; tantôt la plus grande partie de cette membrane est rouge avec des taches violettes plus foncées , comme dans les gastrites aignës. Souvent elle est généralement d'une couleur violette tirant sur le vineux. Quelquefois elle est garnie d'érosions , et même de véritables ulcères qui ont ordinairement leur siège vers l'orifice du pylore ou dans la grande courbure de l'estomac; c'est principalement dans les gastrites chroniques qui sont produites
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par les poisons caustiques , et dont l'action n'a pas été assez yiolenlc pour déterminer promptenicnt la mort , qu'on observe ce dernier genre d'alte'ration. Presque tous les auteurs ont aussi parle des transformations squirreuses ou cancéreuses des membranes de l'estomac à la suite des gastrites chroniques: on a même rapporté quelques Faits qui semblent venir à l'appui de cette opinion. Ainsi M. Quincieux , dans sa thèse sur la gastrite , donne une observation d'inflammation chronique de l'estomac , qui avait succède' à plusieurs accès de goutte aiguè , et qui fut termine'c par un e'iat squirreux des parois de l'estomac. Beaucoup de faits analogues donneraient sans doute un certain poids à l'opinion de ceux qui pensent que les gastrites peuvent se terminer par dessquirres ou des cancers de l'estomac ; mais quelques observations isolées ne signifient rien , et prouvent seulement que ces maladies , dont la marche est très- lente, peuvent quelquefois coïncider avec l'inflammation de l'estomac, ou se compliqutravccelle comme avec plusieurs autres maladies. Je suis donc loin de. regarder comme certaine cette terminaison squirreuse de la gastrite, quoiqu'elle soit admise par tous les auteurs.
Quant à la terminaison par suppuration , qui a e'te' aussi généralement admise , je ne sache pas qu'on ait jamais trouve' de véritable pus à la surface muqueuse de l'estomac, à moins qu'un abcès formé dans les parties environnantes n'ait ensuite perforé les membranes, pour s'ouvrir dans la cavité de cet organe. On n'observe dans les gastrites qui durent plusieurs mois , comme dans celles qui sont très-aigues, qu'un mucus plus ou moins épais, ressemblant à celui qui recouvre toutes les membranes muqueuses enflammées; mais le pus qui a été rejet* par le vomissement à la suite de certaines gastrites chroniques, ou qu'on a trouvé épanché dans l'estomac, avait toujours »on> foyer dans un ou plusieurs abcès formés entre les tuniques, de l'estomac , ou quelquefois hors de l'estomac lui-même , audessous du foie, ou dans les épiploons, comme les auteurs en citent des exemples. Les ulcères qu'on observe quelquefois sur les parois du bas-ventre et qui communiquent avec l'estomac, n'ont ordinairement pas d'autre origine.
chapitre vu. Des maladies avec lesquelles il est facile do confondre la gastrite chronique. Une des maladies avec lesquelles il est facile de confondre la gastrite chronique commençante , est l'embarras gastrique et muqueux. Ces maladies ne diffèrent souvent que par des nuances assez légères, et la différence essentielle ne consiste peut-être réellement au fond que dans le mode d'irritation de la membrane muqueuse qui n'est pas le même dans ces deux cas. Quoi qu'il en soit, on ne remarque pas dans la gastrite chronique ce sentiment de gon-
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flement et Je plénitude, qui est nn des caractères de l'embarras gastrique. Les vomissemens spontanés ou sollicites par l'art ne produisent pas un soulagement marqué, comme dans les embarras gastriques, et les accidens se renouvellent bientôt après, et souvent même augmentent, tandis que les vomitifs produisent en général uu effet constamment favorable dans les embarras d'estomac.
Certaines affections squirreuses de l'estomac, lorsqu'elles sont commençantes, offrent souvent plusieurs caractères de la gastrite chronique, surtout lorsque l'endurcissement des membranes a lieu dans une assez grande étendue , et sans offrir d'épaisseur très-remarquable. Alors , comme je l'ai observe* plusieurs fois, on ne peut reconnaître, en palpant la région épigastrique, aucune tumeur particulière , parce que les parois de l'estomac cèdent facilement à la pression ; mais , dans le squirre de l'estomac , l'appétit persiste ordinairement longtemps, quoique les fonctions de cet organe soient déjà dépravées; les digestions laborieuses, les régurgitations d'alimehs ou de liquides fades ou acides, le pyrosis précèdent toujours le second degré de la maladie dans lequel les vomissemens surviennent , tandis que dans la gastrite chronique l'anorexie se manifeste presque toujours dès le début de la maladie , et que le vomissement survient presque immédiatement après quand il a lieu. D'ailleurs , dans le premier cas , les alimens peuvent s'accumuler pendant plusieurs jours dans l'estomac avant d'être rejetés par le vomissement. Dans la gastrite, au contraire, la plus petite quantité de liquides ou de solides détermine ordinairement des douleurs et de prompts vomissemens quand ils doivent survenir.
Il est beaucoup plus difficile , dans certains cas , de à*istinguer l'inflammation chronique de l'estomac de l'hectique gastrique. Il survient, en effet, quelquefois dans cette dernière maladie , des cardialgies et des vomissemens qui pourraient faire croire à une phlegmasie de la membrane muqueuse de l'estomac. On en trouve un exemple dans les Avta naturoi curios. ; t. 9, obs. 5o , que M. Broussais a rapporté dans ses recherches sur la fièvre hectique ; et Hofmann nous en offre aussi plusieurs observations. Il faut souvent , dans ces circonstances, toute l'attention des médecins les plus éclairés pour bien distinguer les nuances légères qui existent entre la gastrite chronique et l'hectique gastrique , et encore le diagnostic est-il souvent impossible; c'est alors qu'il est nécessaire de rapprocher tous les caractères qui peuvent servir à l'éclairer; la connaissance du tempérament du malade , les causes qui ont pu donner naissance à la maladie , les signes précurseurs , etc. Mais si le diagnostic «st souveut obscur, la manière
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d'agir des remèdes l'éclairé , et alors en agissant avec prudeuce , Terreur ne peut jamais être bieu préjudiciable au malade. Les toniques sont ordinairemeut utiles dans l'hectique gastrique , quand elle n'est pas due à un embarras des voies digestives , et dans ce cas les vomitifs sont d'abord nécessaires. Dans les gastrites chroniques , au contraire , ces moyens sout le plus souvent nuisibles.
Quelques cas assez rares de vomissement , qu'on appelle nerveux , lorsque nous ne savons pas à quoi en attribuer la cause, peuvent encore en imposer pour dcsga»triti s chroniques, surtout lorsqu'ils sont accompagnés de fièvres. J'ai eu occasion d'observer plusieurs cas de ces vomissemens nerveux avec une espèce de fièvre hectique , et j'avoue que je les avais pris d'abord pour des gastrites. J'en rapporterai succinctement ici deux exemples qui, ayaut eutre eux les plus grands rapports, suffiront pour fixer l'attention sur ce genre de méprise. Deux femmes , et j'observerai ici en passant que cette maladie m'a paru principalement propre aux femmes , toutes deux grosses de deux à trois mois environ , furent prises de vomissemens bilieux avec symptômes d'embarras gastriime et fiovre; toutes deux furent d'abord traitées par des vomitifs et des purgatifs qui ne firent qu'exaspérer la maladie. Lorsque je les vis, plus d'un mois après l'invasion de la maladie , elles présentaient les symptômes suivans: toutes les boissons, de quelque nature' qu'elles fussent, étaient aussitôt rejetées par les vomissemens , et la plupart des matières vomies étaient très-vrrles. Les malades se plaignaient d'une doulenr constante et très-aigue à l'épigastre et à la partie postérieure du dos entre les deux épaules; leur langue était humide, couverte d'un enduit blanchâtre , la bouche continuellement remplie d'une salive abondante et écumeuse qui les sollicitait sans cesse à cracher. La constipation était opiniâtre , les urines peu abondantes et trèscolorées, comme dans les iuiJammatious. Le malades étaient tourmentées par la soif, le pouls battait cent viugl fois par minute, et était assez fort et roide. Llles étaient accablées parla fatigue et le besoiu du sommeil , mais pouvaient à peine dormir quelques instans ; elles étaient bieutôt éveillées par les hoquets , les nausées et les vomissemens. Ces deux malades fureut mises d'abord à l'usage des boissons mucilagiueuses et des fomentations émollientes. Chez la plus faible, je fis appliquer sur la région de l'estomac un emplâtre avec l'émétique , qui produisit comme à l'ordinaire une éruption de très-gros boutons. Ce moyen , secondé par l'usage des bains et du lait, calma chez elles les vomissemens; mais néanmoins la fièvre hectique continuait , le nouls était beaucoup p'us fréquent que daus l'état naturel ; les gencives étaient gonflées,
saignantes, les lèvres très-boursoufflées et douloureuses, et comme ulcérées à ta base des gencives La langue était encroûtée d'une mucosité épaisse qui se détachait par lambeaux. L'odeur qui s'exhalait de la bouche était tres-fétide j ou aurait pu croire que la in ilade était tourmentée d'uu ptyalisme mercuriel. Tous les renseignement que je pus prendre à cet égard ne m'apprirent rien. Quoi qu il en soit , je mis par degré cette femme à l'usage des totiiques , du vin , de la décoction de quinquina, etc. Mais tous ces moyens devinrent inutiles : la malade succomba à une espèce d'adynamic , près de deux moi* et demi après l'invasion des premiers symptômes. A l'ouverture ducadavre, nous trouvâmes la membrane muqueuse de l'estomac très- blanche dans toute son étendue , nu pou plus épaisse que dans l'état naturel , et recouverte d'une mucosité abondante , mais aucune trace d'altération ou de transformation de tissu. On remarquait seulement près du pylore une espèce d'excroissance pédicellée, molle , grosse comme une petite uoisette; elle paraissait formée par un développement du tissu cellulaire qui unit les membranes entre elles. Je suis convaincu, au reste, que cette tumeur ne pouvait être la cause du vomissement. J'ai vu de semblables tumeurs chez des individus qui n'étaient point sujets à des vomissemens. Tous les autres orgaucs du bas-ventre étaient parfaitement sains. La matrice couleuail un fœtus qui pouvait avoir quatre mois.
L'autre malade qui offrait des symptômes très-analogues à la première , éprouva quelques soulagemens d'abord des boissons à la glace , mais elle fut prise ensuite d'une affection catarrhale pulmonaire avec exacerbation de la fièvre, douleurs de poitrine et rougeur des pommettes, le ptyalisme continuant toujours d'ailleurs avec le boursou file ment des gencives. La malade se plaignait en outre d'une douleur constante daus la région de la matrice. Ces complications me déterminèrent à faire appliquer de nouveau les sangsues et sur la poitrine et à l'anus ; ces saignées locales diminuèrent les redoublemeus et les symptômes de l'affection catarrhale ; un vésicatoire placé sur la région épiga^trique » et qu'on laissa suppurer longtemps, parut, ainsi que les préparations d'opium . produire de bons effets , les vomissemens cessèrent pendaut quelques jours, la fièvre avait diminué , la malade commençait même à prendre un peu d'alimens , mais ces espérances ne furent pas de longue durée; la fièvre hectique, les vomissemens e% tous les accidens du catarrhe revinrent de nouveau , et précipitèrent la malade dans un état de marasme dont il fut impossible de la tirer; elle succomba trois mois environ après les premiers symptômes. Nous trouvâmes à l'ouverture du cadavre , les
poumons très-sains , les membranes des bronches ronges dans les premières ramifications et remplies d'uni mucus puiïformc ; l'estomac e'tait flasque, sa membrane muqueuse offrait seulement quelques petites taches rougeâtres, principalement vers la grande courbure; les intestins étaient dans l'état saiu. On remarquait sur les membranes du fœtus , qui pouvait avoir quatre mois et demi , quelques plaques blanches qui étaient les traces d'une légère iuflammation. Cette inflammation paraissait trop peu considérable pour qu'on pût la regarder comme la cause dts vomissemens , qui d'ailleurs avaient persisté presque jusqu'à la fin de la maladie , quoique les traces d'amuitis ne fussent pas récentes. Quantaux taches rouges qu'on remarquait dans l'estomac, cette légère phlogose était également trop peu considérable pour qu'on pût la regarder comme le résultat d'une complication de gastrite chronique , et je suis plus porté à croire qu elle était l'effet du vin, de l'opium et des autres excitant dont la malade faisait un grand usage dans le dernier temps de sa vie. Je ne puis donc considérer cet exemple et le précédent que comme appartenant à des vomtssemeus nerveux avec fièvre heetique. Dans la dernière observation seulement , la maladie principale était compliquée de catarrhe pulmonaire et d'amnitis. Ces maladies ont, comme on vient île le voir , présenté plusieurs caractères , d'abord de la gastrite aiguë , et ensuite de la gastrite chronique , mais l'absence completle des anxiétés , qui sont ordinairement inséparables des gastrites accompagnées d'une fièvre très- forte, l'opiniâtreté même desvomissemens et surtout de l'état fébrile qui , comme dans les hectiques essentielles, ne parait cédera aucun moyen, pourraient servir, ce me semble, à éclairer le diagnostic dans des cas analogues toujours très-embarrassanspour lemédecin.
II me serait facile , si je ne craignais pas de donner trop d'étendue à cet article, de citer aussi quelques cas de phlhisie pulmonaire commençante , simulant parfaitement les symptômes de la gastrite chronique : même douleur à l'épigastre , même vomissement , même agitation la nuit, avec «tic petite fièvre irrégulière ou continue ; mais un médecin attentif , en suivant la marche de la maladie et rapprochant l'ensemble des symptômes propres à chacune de ces affections, parviendra toujours à fixer son diagnostic d'une manière certaine , en supposant qu'il ait été quelque temps dans l'incertitude ou même dans l'erreur. Au reste , heureusement pour la pratique médfcale , la plupart de ces cas douteux requièrent presque toujours un traitement analogue au moins dans le début de la maladie.
chapitre vin. Du traitement de la gastrite chronique. Le médecin n'est pas toujours appelé dès les premitrs temps d'une
gastrite chronique, parce que c'est plutôt îa durée des symptômes qui fatigue les malades et les détermine à consulter , que leur intensité /aussi est-il rarement utile de recourir, dans celle maladie, à l'usage des saignées qui sont souvent si nécessaires dans les gastrites aiguës. Cependant, si l'état pléthorique de l'individu , ou des hémorragies habituelles supprimées pouvaient faire présumer que la maladie dépendit primitivement de ces causes, les saignées deviendraient alors nécessaires. Les boissons et les fomentations sur l'épigastre doivent être les mêmes que dan> la gastrite aiguë , et il faut astreindre les malades à un régime presque aussi sévère j enfin , le traitement des inflammations chroniques de l'estomac ne doit différer presque en rien de celui des gastrites aiguës lorsqu'elles sont arrivées au second degré. Si les vomissemens persistent , quoique la douleur et la fièvre soient dissipées, on peut essayer avec sucrés l'application de la glace chez certains individus , et tenter, chez ceux qui ne sont par trop irritables , les sinapismes , les épispastiques ou les emplâtres d'émélique , et même les moxa ou les sétons appliqués sur la région de l'est«mac. Dans certains cas, il faut au contraire appliquer des vésicatoires sur les extrémités pour produire une forte dérivation , ou à l'endroit même de la dartre ou de l'affection cutanée qui a été répercutée. Malgré l'opinion des praticiens qui rejettent ces moyens dans' le traitement de la gastrite , ils m'ont paru trèssouvent utiles, principalement dans les gastrites produites par des métastases.
L'emploi des narcotiques ne parait pas ici plus avantageux que dans le second temps des gastrites aiguës , à moins qu'il n'y ait beaucoup de douleur, et dans tous les cas il n'en faut faire usage qu'avec une extrême précaution, car l'opium «jui est en général sî précieux dans les différentes espèces d'inflammations de la membrane muqueuse des intestins, est presque toujours nuisible dans les gastrites.
Un des moyens de rétablir les fonctions de l'estomac quand les principaux symptômes d'inflammation sont calmés, consiste daus l'usage des eaux gaseuzes acidulées avec l'acide car- Lonique ; les eaux de Seltz ou de Spa coupées d'abord avec des décoctious mucilagineuses , et ensuite pures, sont préférables à toutes le» autres. C'est dans ce cas que les malades se trouvent parfaitement bieu des petites bière» légères. J'en ai éprouvé plusieurs fois de très-bons effets. J'ai vu des gastrites chroniques qu'on avait d'abord considérées comme des gastrody nies, et qu on avait imprudemment traitées par les amers et les narcotiques , céder assez facilement à la diète et à l'usage de la bière, tandis que le vin et les antres toniques sont presque toujours nuisibles.
Le lait pour unique nourriture est à la fois un des meilleur» remèdes et un des alimens les plus convenables qu'on puisse conseiller daus les cas de gastrite chronique, surtout lorsqu'elle est la suite d'un empoisonnement ; mais ce moyen peut-il guérir, comme on Ta prétendu , les gastrites accompagne'es d'érosions conside'rabîes de la membrane muqueuse ? C'est ce qu'il est impossible d'affirmer. '
section ii. Des différentes sortes de gastrites en particulier. Jusqu'ici nous avons considère la gastrite d'une manière générale et pour ainsi dire abstraite , sans fixer notre attention sur aucune des variétés nombreuses qu'elle présente. Nous avons, à la manière des naturalistes, étudié les caractères du genre sous les deux points de vue sous lesquels il s'offre ordinairement dans la pratique , soit sous l'apparence d'une maladie aiguë , soit au contraire sous l'aspect d'une maladie chronique; mais ces généralités ne suffisent pas pour le médecin - praticien ; il doit ensuite s'attacher aux différentes sortes de gastrites en particulier, à cause des modifications que le traitement doit subir suivant la nature des causes qui les produisent et les circonstances principales qui les accompagnent, en mettant alors de côté la distinction artificielle que nous avons établie dans nos généralités d'après la marche plus ou moins aiguë de l'inflammation. C'est véritablement dans l'étude des différentes espèces de chaque genre de maladie , que consiste la pathologie.
chapitre i. Des gastrites par empoisonnement . Une des causes les plus fréquentes et 1rs plus funestes des inflammations de l'estomac est sans contredit l'action des différentes substances vénéneuses , et particulièrement celle des poisons minéraux qu'on appelle corrosifs , et de ceux qu'on nomme Acres et narcotico-âcres. Dans la première section se trouvent la plupart des préparations arsénicales, antimoniales , cuivreuses et mercurielles , le muriale d'étain , le sulfate et l'oxide de zinc, le nitrate d'argent , le muriate d'or , les acides minéraux conec ntrés, les alkalis purs ou carbonates , et enfin parmi les poisons animaux , les cantharides. Les poisons acres , quoique moins actifs , sont aussi des irritans plus ou moins énergiques qui deviennent souvent des causes de gastrites, comme on en trouve plusieurs exemples dans les différeus ouvrages de médecine. Les principales substances qui appartiennent à la division des poisons âcres sont le nitrate de potasse à grande dose , leshuiles du ricin commun , les fruits du jalropha curcas , des euphorbes , les décoctions de plusieurs daphnés , les sucs des convolvulus scammonia , arveusis , celui de l'élatérium et des aconits napel et tne-lonp , les racines des ellébores , de l'anémone pulsalille, les bulbes de colchique. Daus les narcolico-
Outres se trouvent principalement la belladone , la jusquiamc , les ciguës et les diverses espèces de champignons véuéneux.
Il n'entre point dans mon objet de traiter de ces différentes substances vénéneuses en particulier et de leur manière d'agir sur l'économie vivante , ce sujet doit être considère' d'une manière spéciale. à l'article poison; je dois seulement considérer dans celui-ci les nuances particulières de la gastrite causée par les différentes substances vénéneuses. Beaucoup de ces substances d'ailleurs sont sans cesse mises en usage dans la pratique médicale pour produire différentes médications ; les charlatans les emploient comme les hommes de l'art , et malheureusement une foule de faits prouve que lorsque ces moyens énergiques sont mal administrés t ils excitent des inflammations de l'estomac tout aussi fâcheuses que lorsqu'elles sont produites par des substances vénéneuses. Les remèdes deviennent alors de véritables poisons entre les mains du charlatan et de l'ignorant, et même entre celles de l'homme instruit qui a le malheur de se tromper. C'est ainsi que les préparations arsénii aies dont on a souvent trop abusé dans le traitement des fièvres intermittentes , que les préparations antimonialcs , inconsidérément administrées comme vomitifs, et que les sels mercuriaux dans le traitement de la syphilis, ont été souvent la cause de gastrites aiguës ou chroniques mortelles. Les ouvrages des hommes de l'art contiennent beaucoup d'observations qui confirment celte triste vérité. La dissertation d'IIofmann sur l'inflammation de l'estomac renferme seule trois exemples de gastrites mortelles produites par l'émétiquc. Quel est le praticien qui n'a pas eu occasion d'observer des cas semblables ? et que de mal n'a pas causé la fausse application de ce dangereux précepte: vomi/us vomilu curaturt
Les différentes substances vénéneuses que nous avons citées n'agissent pas toiMcs de la même manière, mais elles se rapprochent toutes sous ce point de vue particulier, que lorsqu'elles sont introduites dans l'estomac à des doses assez considérables, elles déterminent à un degré plus ou moins prononcé la plupart des symptômes des gastrites , et par suite les altérations ' de tissu qui sont les conséquences ordinaires de cette inflammation ; au reste le plus souvent les poisons ne bornent pas leur action aux parois de l'estomac , leurs effets s'étendent suivant le trajet du canal intestinal, de sorte que cette espèce de gastrite est presqnc toujours compliquée d'entérite et quelquefois même de l'inflammation du péritoine.
L'énergie avec laquelle agissent les poisons sur l'estomac varie beaucoup suivant la nature de la substance vénéneuse , la dose à laquelle on l'a employée , et la forme sous laquelle ou l'a administrée. Les poisons corrosif* ont une activité bien plus
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grande que les poisons âcres ou narcotico-âcres ; mais en gé» «eral , quelle que soit la nature des poisons , pourvu que la dose soit assez considérable pour qu'ils agissent rapidement , ou distingue assez facilement la gastrite par empoisonnement de toutes les autres espèces aux caractères suivans : i». les vomissemens et les douleurs e'pigastriques ne sont point précédës par le frisson ou la fièvre, et la fièvre ne se manifeste ordinairement qu'après le début de la maladie , lorsque les douleurs deviennent aiguës. Le malade se plaint d'une ardeur particulière à la gorge et d'une constriclion dans If pharynx et l'œsrtphage; l'intérieur du pharynx est presque toujours rouge et enflammé. Indépendamment de ces caractères généraux et communs à toutes les gastrites produites par les substances vénéneuses, elles ofTrent ensuite des différences particulières suivant qu'elles sont ducs à l'action des poisons, corrosifs on àcres , ou narcotico-âcres.
Gastrites à la suite des poisons corrosifs. Dans les gastrites qui sont l'effet des poisons corrosifs , les vomissemen» et les cardialgies surviennent presque immédiatement après que le breuvage ou l'aliment empoisonné a été ingéré dans l'estomac. Le malade se plaint de douleurs plus ou moins vives , non-seulement dans la région épigasttique , mais en- 1 core dans toute l'étendue du canal digestif, depuis le pharynx jusqu'à l'anus. Il est tourmenté de nausées , de hoquets plus ou moins fréquens , et très-douloureux ; ces vomissemens sont souvent sanguinolens, les déjections deviennent aussi quelquefois sanguinolentes avec ou sansMénesmc ; ces accidens sont quelquefois accompagnés d'ischurie ou «le strangurie et de crampes et de douleurs dans tous les membres. La surface de la peau est souvent couverte de taches pouprées ; les lèvres sont violettes , le pouls est petit, faible , serré , Intermittent. Le malade se plaint d'une chaleur brûlante à l'intérieur , et de froid aux extrémités. La soif est ardente et inextinguible ; les traits de la face se décomposent , une sueur froide se répand sur tout le corps , les facutlés intellectuelles s'altèrent , et le malade tombe dans une prostration^extrême , ou il périt dans les convulsions. Il n'arrive pas toujours que les gastrites aiguës produites par les poisons caustiques soient accompagnées de violentes douleurs et de l'appareil de tous les symptômes que nous venons d'indiquer. Quand le poison agit très-rapidement et concentre son action principale sur l'estomac , la maladie devient promptement mortelle sans présenter des symptômes très-graves. C'est ce qu'on a observé plusieurs fois dans les gastrites produites par l'arsenic, et dans tous les cas d'empoisonnement avec complication d'ivresse ; car alors , comme les anciens l'avaient très- bien remarqué, ces empoisonnement
sont bien plus prompt ornent mortels. J'ai e'té moi-même témoin d'un cas semblable. Un individu s'était empoisonné avec de la poudre à mouche dans du vin après avoir fait un repas dans lequel il s'était déjà enivré. Il eut , en rentrant chez lui , un ou deux vomissemens , tomba ensuite dans un élat de somnolence , au milieu duquel il expira sans douleur au bout de trois à quatre heures. A l'ouverture du cadavre je reconnus que l'actiou du poison n'avait pas dépassé l'estomac et le commencement du duodénum , mais il y avait déjà inflammation et gangrène de la membrane muqueuse.
Quaud l'inflammation de l'estomac, causée par des poisons caustiques est portée à un très-haut degré , le malade périt
Quelquefois dans l'espace de quelques heures ou au plus tard eux à trois jours après. A l'ouverture du cadavre,on trouve que le système vasculaire gastrique est trcs-développé ; l'estomac est presque toujours resserré sur lui-même et garui de rides plus ou moins prononcées ; le pylore est fortement contracté , les liquides coutenus dans l'estomac sont rougeàtres ou sanguinoleus. La membrane muqueuse de cet organe et quelquefois celle d'une partie du canal intestinal sont d'un rouge foncé, avec des plaques violettes ou noires, et des escarres gangreneuses. Quelquefois même les membranes rausculcuse et péritonéale participent à l'inflammation et sont en partie détruites par la gangrène j mais il est très-rare qu'il y ait perforation compleltc et épanchement dans le bas-veutre. Dans l'empoisonnement par l'aride nitrique, l'œsophage et l'estomac même contiennent uue espèce de bouillie de couleur jaune, au milieu de laquelle, se trouvent des flocons semblables à du suif.
La gastrite déterminée par les poisons caustiques doit être traitée d'abord par l'eau chaude donnée en grande quantité , afin de faciliter des.vomissemcus abondans qui puissent entraîner au dehors la plus grande partie du poison ; plus l'estomac est plein de liquides , plus les vomissemens sont faciles , et moins les contractions sont douloureuses. S'il était impossible d'obtenir des vomissemens , comme ou l'observe chez certains individus, il faudrait alors recourir à l'introduction d'une de ces sondes de gomme élastique qu'on peut adapter ensuite à un corps de seringue pour pomper les liquides à mesure qu'on les aurait introduits dans l'estomac. Après avoir ainsi débarrassé cet organe de la plus grande quantité du poison qu'il contient , on insistera sur les boissons mucilagineuses, comme dans les gastrites aiguës. Quant aux huiles et aux corps gras , ils paraissent souvent nuisibles quand on les emploie immédiatement après que le poison a été avalé , parce qu'ils favoriseraientla dissolution des substances venéoeuscs minérales , et par suite leur-
action sur les autres organes et leur absorption. Les huiles ne y ourraient convenir que si elles favorisaient les vomissemens par le dégoût qu'elles inspirent à certaines personnes. C'est sous ce rapport que l'huile prise en très-grande quantité' peut être rrcommandable. Elle aoit être aussi employée dans les gastrites causées par les cantharides, parce qu'elle modère beaucoup l'activité de ce genre de poison ; mais il ne faut pas se servir de substances chimiques pour provoquer les vomissemens dans les gastrites cause'es par les poisons corrosifs , parce que . toutes 1rs substances qu'on pourrait employer ajouteraient encore à l'inflammation produite par le poison. Il faut aussi se garder de faire usage de la plupart des substances alkalines et des autres moyens qui ont c'te' conseillas d'après de simples idées chimiques, quand l'expérience et l'observation n'ont pas confirmé leur avantage. Cependant , en même temps qu on provoquera les vomissemens par l'eau chaude seulement ou l'irritation d'un plume ou de tout autre corps étranger introduit dans le pharynx , il sera très-important des'asssurer , s'il est possible , de la "nature de la substance corrosive qui est cause de l'inflammation , car les moyens neutralisans à employer doivent varier suivant les cas. Si ce sont des sels cuivreux ou du mnriatede mercure suroxidé , il faudra, en même temps qu'on «tonnera de l'eao chaude, faire prendre au malade das blancs d'œufs non cuits et simplement délayés dans l'eau ou des liquides contenant en dissolution de l'albumine, cette substance ayant la propriété de décomposer le sublimé et les sels cuivreux très-promptement. L'expérience prouve que, dans le cas d'inflammation causée par le vert -de-pris , l'eau sucrée et le sucre même pris en substance sont préférables à tous les autres moyens. Si l'empoisonnement est dû à l'acide arsénieux liquide, l'eau de chanx coupée avec le lait , comme l'avait conseillé Na- %ier, sera utile, parce qu'alors la chaux et l'acide le combinent facilement et forment un arsénite de chaux dont les propriétés vénéneuses sont beancoup plus faibles ; mais si, comme il arrive presque toujours , l'acide arsénieux a été avalé à l'étal solide , l'eau de chaux , d'après l'expérience de M. Orfiîa , devient inutile, parce qu'elle ne se combine pas avec l'arsenic solide. Dans l'empoisonnement par l'émétique, quand cette substance n'a pas été promptement rejetée au dehors par des vomissemens abondans, et qu'on les a sollicités en vain avec l'eau chaude et le titillemcnt du gosier , on pent employer de suite une forte décoction de quinquina ou de noix de galle échauffée à trente-six ou quarante degrés, pour décomposer l'émétique qui n'aurait pu être rejeté au dehors ; mais il faudrait bien se garder d'employer ce même moyen vingt-quatre heures après l'empoisonnement , parce qu'on ne
ferait qu'ajouter à l'inflammation sans diminuer l'action do l'émétique qui est toujours très-prompte, comme celle de tous les corrosif». Dans les empoisonnemens par le muriate d'étain, le lait, d'après les expériences de M. Orfila , paraît devoir être préfe're' à toutes les boissons mucilagincuses. Enfin, dans l'empoisonnement par les acides nitrique , sulfurique et muriatique, quand on est assez heureux pour être appelé au moment même, un gros de magnésie calcinée, délayée dans une boisson quelconque , neutralise le poison , ou au moins en affaiblit beaucoup l'effet ; l'eau de savon , dans un cas semblable , offre à peu près les mêmes avantages.
Tous les moyens que nous venons d'indiquer , comme convenables dans tel ou tel empoisonnement , tendent d'abord à affaiblir l'action de la cause vuluérante et à dimiuucr par conséquent l'intensité de la gastrite et de l'inflammation des intestins qui marchent si rapidement , dans ce cas, vers une terminaison fâcheuse. Mais si, malgré ces précautions, les caractères de l'inflammation de l'estomac persistent ou même se prononcent encore davantage , le traitement de cette maladie rentre en entier dans celui des gastrites ordinaires; cependant les saignées générales sont beaucoup moins nécessaires que dans les autres espèces , et souvent peuvent être nuisibles.
La gastrite , causée par les substances corrosives , n'a pas toujours une marche aiguë: ou voit beaucoup de cas dans lesquels elle dégénère promptement en maladie chronique , et n'en devient pas moins souvent mortelle. Quelquefois même, lorsque les substances vénéneuses ont été données à doses réfractées , la maladie affecte , dès son origine , une marche lente. C'est ce qu'on observe quelquefois à la suite du traitement de la syphilis par le muriate suroxidé de mercure , ou des fièvres intermittentes par l'arsenic , ou même à la suite d'empoisonnement volontaire. M. Quincieux , dans sa thèse sur la gastrite {Voyez la bibliographie , à la fin de V article) , rapporte que, dans la campagne de Pologne, il eut occasion de voir un grand nombre de gastrites produites par l'acide arsénieux dissous dans l'eau-de-vie camphrée, qu'un brasseur , qui se mêlait de médecine , avait administré à beaucoup de soldats pour les guérir des fièvres. Plusieurs périreut promptement ; mais, chez deux d'entre eux, la maladie ne devint mortelle qu'au bout de trois mois. Le docteur Tartra , dans sa thèse sur l'empoisonnement par l'acide nitrique , rapporte aussi plusieurs cas de gastrites chroniques , déterminées par l'effet de cet acide. Les caractèresde l'inflammation chronique de l'estomac , à la suite des substances vénéneuses corrosives , ne diffèrent pas beaucoup de ceux que nous avons assignés à la gastrite chronique en général. On observe seulement que
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la maladie est ordinairement beaucoup plus douloureuse. Les malades tombent dans le dernier degré' de marasme ; leur physionomie est altérée ; leur teint tire souvent sur la couleur jaune pâle ou olivâtre. La peau devient sèche, écail— leuse et comme terreuse, à peu près comme chez ceui qui sont affectés de cancer à Pestomac. Ils crachent souvent et salivent beaucoup à cause de l'irritation continuelle qui existe depuis la bouche jusque dans l'estomac j ils vomissent quelquefois des lambeaux de la membrane muqueuse. Enfin, la plupart sont tourmentés d'une diarrhée qui contribue encore a les épuiser. Après la mort de ces individus , on trouve que l'estomac est encore réduit à un plus pctilvolume que dans les autres gastrites chroniques. Les orifices du pylore et du cardia sont fortement resserrés ; les parois de l'estomac sont épaissies, et quelquefois comme squirreuses et adhérentes avec les parties voisines, par suite de l'inflammation qui s'était primitivement communiquée à toutes les membranes et aux parties environnantes. La membrane muqueuse est surtout particulièrement épaissie, rouge ou violette, parsemée, chez certains individus, de plaques lisses , blanchâtres ou vermeille», qui sont le résultat d'une altération particulière de tissu ou d'une espèce de cicatrice. Dans la plupart des cas , celte membrane est garnie d'ulcérations assez profondes à bords saillans et inégaux. Quelquefois , comme on l'a particulièrement observé à la suite d'une gastrite chronique produite par des cantharides , l'estomac et une partie du duodénum sont parsemés, à l'intérieur, de tubercules fongueux , de varices , d'érosions et de petits ulcères , à peu près comme on trouve le gros intestin à la suite de certaines dysenteries ( Voyez Recueil périodique de la Société de médecine de Paris, tome x, n°. 56) ; quant au traitement de la gastrite chronique produite par les substances vénéneuses corrosives , il ne diffère pas de celui de la gastrite chronique en général.
Gastrites à la suite de poisons deres* Les gastrites causées par les poisons âercs , sont beaucoup plus rares que les précédentes , parce que les substances qui appartiennent à cette division , telles que la- gomme - gutte , le suc d'euphorbe, la coloquinte , etc. , ne sont connues que des personnes qui se livrent à l'art de guérir ; et que celles qui sont entre les mains de tout le monde , telles que le nitrate de potasse , ne passent pas pour vénéneuses. Les poisons âcres sont des poisons moins e'nergiques que les corrosifs : ils ont aussi des modes d'acliou très-différens les uns des autres ; en général , ils produisent, pour la plupart , des effets beaucoup plus marqués lorsqu'ils sont injectés dans le tissu cellulaire ou les vaisseaux, que lorsqu'ils sont ingérés dans l'estomac. Néanmoins ils agissent vive-
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ment sur cet organe , et déterminent d'abord des symptômes analogues à ceux des autres gastrites ; mais bientôt la respira* lion est acce'le'rée , le pouls devient fréquent et fort, les faculte's intellectuelles sont altérées ; les malades éprouvent des vertiges ; les pupiles sont dilatées ; il survient des convulsions
Î>lus ou moins violentes , des roideurs dans les membres , et es malades expirent dans un état de prostration ou de somnolence. Après la mort, on observe que le canal de l'œsophage et l'estomac sont enflammés ; et, pour nous borner aux différences que présente Fctat particulier de ce dernier organe, ©n remarque ordinairement que la membrane muqueuse est parsemée de petites escarres noires et garnie de zones longitudinales d'un rouge foncé , formées par des espèces d'ecchymoses sur un fond d'un rouge plus clair.
Le traitement qui convient à cette espèce de< gastrite , se borne à faciliter d'abord les vomissemens avec l'eau chaude et les boissons mucilagineuses. S'il survient une stupéfaction du système nerveux , comme après l'empoisonnement par l'ellébore , on la combattra avec avantage avec l'infusion de café , le camphre et l'éther à petites doses; et si ces médicamens étaient rejetés par les vomissemens , on les donnerait en lavernens. Lorsque l'excitabilité est au contraire trop grande , on aura recours aux médicamens opiacés qui conviennent mieux dans celte espèce de gastro-entérite que dans la plupart des autres.
Gastrites à la suite des poisons naixodco- âcres. Les poisons qu'on a rangés dans la tfection des narcotico-âcres offrent entre eux des propriétés encore plus différentes que celles des poisons âcres. Leur action principale ne se borne plus presque exclusivement au canal intestinal , et surtout à l'estomac. Aux caractères de la gastrite , se joignent beaucoup d'autres symptômes qui prouvent avec quelle facilité ces poisons sont absorbés et agissent sur le système nerveux et circulatoire : c'est ce qu'on observe dans tous les empoisonnement par la belladone , le stramonium , les différentes espèces de ciguës , et les champignons vénéneux. Toutes ces substances ont une action beaucoup plus lente sur l'estomac que les poisons corrosifs , ou âcres. Les ciguës , les champignons surtout , ne produisent aucun effet remarquable que plusieurs heures après qu'ils ont été avalés. Quand ils commencent à agir sur I estomac , ils causent , comme tous les poisons , des cardialgies , des nausées , des vomissemens ; mais bientôt ces douleurs se répandent le long du trajet intestinal ; il survient des crampes , des convulsions générales ou partielles , des vertiges ; un délire tantôt furieux ou gai , tantôt tranquille , des lipothymies , une roideur tétanique des membres , des sueurs froides , et le
malade périt dans les convulsions ou dans un état léthargique. A l'ouverture des cadavres, on observe que le ventre est distendu , que l'estomac et les intestins sont enflammes , parsemés de taches gangreneuses ; les poumons sont gorgés de sang noir. Le sang contenu dans les ventricules du cœur et dans les veines est souvent coagulé, les vaisseaux veineux du cerveau et des méninges sont ordinairement très-ditatés et remplis «le sang.
Pour prévenir l'espèce de gastro-entérite causée par les poisons narcolico-âcres et les accidens consécutifs qui sent le résultat de cet empoisonnement , il faut administrer le plus promptemeut possible , le tartrate de potasse antimonié , et même les éméto-catharliques , pour déterminer l'évacuation de toutes les substances vénéneuses qui n'ont pas été rejetées dans les premiers vomissemens. Ces poisons étant presque toujours ingérés sous forme solide , la sonde adaptée à une seringue que nous avons conseillée dans le cas de poisons corrosifs , serait ici sans aucun effet , et les liquides chauds , pris en grande quantité , ne provoqueraient souvent pas des vomissemens assez prompts et assez copieux. Si cependant les boissous chaudes et le tilillement au pharynx suffisaient , il vaudrait mieux ne pas administrer l'éméttque, surtout s'il s'était écoulé beaucoup de temps depuis l'introduction des poisons dans l'estomac. Après avoir déterminé les vomissemens par un moyen quelconque , on donnera , avec succès , l'eau vinaigrée ou acidulée. Ce moyen serait nuisible si le poison n'avait pas été rejeté , et séjournait encore dans le canal intestinal , parce que le vinaigre , comme l'a prouvé M. Orfila , augmente alors les accidens en favorisant l'absorption de ces poisons. On cessera ensuite l'usage de l'eau vinaigrée pour employer des boissons mucilagineuses et émollientcs , et on combattra les symptômes inflammatoires consécutifs par les moyens appropriés. Voyez au reste les articles poisons en particulier , arsenic , belladone , champignon , ciguë , cuivre , etc. , et l'article poison en général , pour la manière d'agir de toutes les substances vénéneuses et les moyens propres à les combattre.
chapitre il. Gastrites par métastase. Je range sous le nom de gastrites métastatiques toutes celles qui sont ducs à la répercussion d'une affection cutanée , aiguë ou chronique , ou à la rétrocession de la goutte ou du rhumatisme. On trouve dans les auteurs quelques exemples de celte maladie , à la suite de la rétropulsion de la variole. Hofmann en rapporte une observation. Un jeune homme, d'un tempérament mélancolique , ayant été atteint de Ja variole , l'éruption se fit dans l'espace de temps ordinaire j mais les boutons ne parais-
saut prendre aucun accroissement et ne suppurant pas , le malade ressentit bientôt une douleur aiguë dans la région de l'estomac , accompagnée d'une anxiété extrême et de lassitude dans les membres. Ces premiers accidens furent suivis de ' hoquets , de convulsions , et enfin de la mort. A l'ouverture du cadavre , ou trouva le corps très-maigre, les muscles durs , la bile de la vésicule du fiel noire comme de la poix , et tout le fond de l'estoma" enflammé.
On lit dans la thèse de M. Bouchard {Essai sur V emploi des dérivatifs ) une observation de gastrite chronique causée par métastase , qui est d'autant plus curieuse , qu'elle couiirme d'une manière remarquable l'avantage des exutoires dans ce genre d'inflammation : je la rapporterai ici en entier. Un jeune homme , âgé de vingt ans , fils d'un fermier des environs de Meaux , était malade depuis deux ans; il avait d'abord éprouvé des coliques assez vives accompagnées de dévoiement. Ces douleurs changèrent bientôt de siège et se fixèrent sur l'estomac. Dès ce moment, sensibilité très-vive à la région épigastrique , qui augmentait encore par la présence desalimens dans l'estomac; vomissemens , d'aboçd peu fréquens, qui devinrent bientôt si considérables qu'ils firent tomber le malade dans le dernier degré de marasme et de langueur. Après deux ans de douleurs , après avoir inutilement employé les fondans et les antispasmodiques, ce malheureux jeune homme, accompagné de son père , vint à Paris pour consulter M. le professeur Bon relier. Sa situation était affreuse , la maigreur était extrême, les forces étaient épuisées, l'estomac ne pouvait supporter la
1>1us légère quantité de bouillon. M. Bourdier interroge le maade ; il apprend , i°. qu'il a eu un furoncle considérable à la
Ïtartie interne de la cuisse droite dont la marche a été trèsente ; 2°. que les coliques et les vomissemens avaient paru peu de temps après la cicatrisation de ce furoncle; 5°. que le malade avait été soulagé toutes les fois que de petits ulcères avaient paru entre les doigts des pieds ;4°. que les vomissemens avaient au contraire augmenté quand ils s'étaient cicatrisés. Fort de ces renseignemens , M. Bourdicr se tourna du côté du père : Vous seriez bien surpris , lui dit-il , que votre fils fut guéri dans vingt-quatre heures; il le sera. Aussitôt il ordonne qu'un vésicatoire soit placé sur le lieu même où avait existé le furoncle ; que de la moutarde soit mise entre les orteils. Douze heures après l'application de ces moyens , les vomissemens avaient cessé; le besoin de prendre des alimens se faisait sentir. On fit suppurer le vésicatoire. Deux mois s'étaient à peine écoulés, et déjà le jeune homme avait recouvré entièrement la santé et l'embonpoint.
Plusieurs auteurs parlent de l'inflammation de l'estomac à
)a suite de la répercussion de la rougeole et des dartres. J'ai eu moi - même occasion d'observer une gastrite chronique après la disparition d'une éruption dartreuse. Stoll admet aussi vue gastrite qu'il appelle rhumatica , rhumatismale , et qu'il attribue à la même cause que celle du rhumatisme.
Les gastrites causées par la rélropulsion de la goutte sont assez communes; elles sont quelquefois compliquées d'entérite et même de péritonite. Le profeseur Pinel rapporte daus sa Médecine clinique l'observation d'une femme de cinquantequatre ans , sujette à la goutte , qui , avant marché pieds nus , fut prise le soir même de frissons, d'anxiétés avec douleurs précordialcs, oppression et nausées; le deuxième et troisième jour , les symptômes gastriques étaient exaspérés , la langue brune , la respiration très - gênée , la malade était atïaissée. Des sinapismes aux deux pieds déterminèrent une douleur de goutte assez vive au pied droit, et , après une légère rechute, la malade recouvra la santé. Le docteur de Hahn donne avec beaucoup de détails , dans le sixième volume de la collée* tion des thèses de Haller , l'observation de la maladie du cardinal de SînzindorfT, qui péritd'unc gastrite arthritique. L'empereur Charles vu succomba aussi à une maladie analogue. iVlorgagni , dans sa lettre vingt-neuvième , article dix, rapporte l'observation d'une inflammation de l'estomac et du canal intestinal survenue chez un goutteux , à la suite d'un accès de colère. Enfin Musgrave, dans sa Dissertation sur la goutte s v m ptomatique, a consacré un chapitre entier aux affections de l'estomac causées par la goutte , et il rapporte sous ce titre plusieurs observations qui paraissent appartenir à des gastrites la plupart chroniques. A la vérité ces observations n'étant accompagnées d'aucune ouverture de cadavre, laissent toujours du vague et un peu d'incertitude dans l'esprit.
La gastrite arthritique aiguë , compliquée presque toujours d'entérite, est une des espèces les plus graves ; cependant elle s'annonce ordinairement par des symptômes assez légers en apparence ; les douleurs sont peu aiguës , 1rs voraissemens assez rares, le ventre est tendu et douloureux; il survient fré» quemment du délire. Cette maladie succède presque toujours à l'usage inconsidéré des topiques répercussifs que Sydenbam , Hofmann et tous les praticiens blâment avec raison. On l'observe aussi plus souvent encore après l'emploi des émétiques, des purgatifs et des excès de table qui provoquent en général les accès de goutte chez ceux qui sont affectés de cette maladie.
11 est difficile d'assigner un caractère particulier à la gastrite métastatique ; elle ne diffère essentiellement des antres que par la cause qui lui a donné naissance et qui ne peut être déterminée que d'après la connaissance des maladies antécédentes.
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t)u reste , elle offre une série de symptômes analogues et une marche tantôt aiguë , tantôt chronique. Il m'a paru uéanmoins
3u'elle était en général moins violente et moins grave dès son ébut que la plupart des autres gastrites , quelque prompte que pût être sa terminaison.
Les gastrites causées par métastase exigent d'abord une méthode antiphlogistique suivant les cas , mais on doit être en général beaucoup-plus réservé sur les saignées que dans les gastrites essentielles qui sont dues à une inflammation vraie. Si le pouls tombe , si le malade s'affaisse , il faut alors recourir promptement aux dérivatifs et aux exuloires , et que lquefois même seconder ces moyens par de légers excitans pris dans la classe de ceux qui favorisent l'action de la peau. Dans un cas de gastrite chronique , causée par la rétrocession d'une éruption darlreuse , les exutoires ayant été inutiles . j'obtins les plus grands succès des douches de Barrège sur la région épigastrique. Ce moyen me paraît un des plus puissans qu'on puisse employer dans ce genre d'inflammation quand il n'y a pas de lièvre. Dans le traitement de la gastrite arthritique, Musgrave et plusieurs autres auteurs vantent d'abord, et presque dans tous les cas , les heureux effets des purgatift composés, des diaphoniques , des électuaires caïmans; mais je n'ai jamais vu cette méthode réussir , surtout lorsqu'on l'employait dès le début de la maladie ; il m'a paru au contiaire qu'elle exaspérait les symptômes de gastrite et d'entérite. M. Pinel , dans l'observation de gastrite arthritique dont nous avons parlé , donne un modèle de traitement beaucoup plus simple et plus rationnel: il consiste dans des boissons mucilagineuses , une potion antispasmodique et des siuapismes. Il parait en effet qu'on doit dans la plupart des cas suivre pour ce genre de gastrite une méthode analogue , et après la •aignée , ce qui ett quelquefois nécessaire , insister sur les moyens irritant appliques aux extrémités. J'ai vu dans une gastro-entérite avec délire, causée par une répercussion de la goutte à la suite de l'usage des purgatifs , une saignée de pied produire un soulagement très -marqué et rappeler la goutte vers les extrémités inférieures. Lorsque la maladie suit une marche chronique , les rubéfians, les épispasliques et tous les moyens irritans connus , appliqués aux extrémités , tout encore bien plus nécessaires , tandis qu'on emploie d'ailleurs les autres remèdes convenables pour faire cesser l'inflammation de la membrane muqueuse de l'estomac.
chapitrs m. Des gastrites essentielles . Je donne le nom de gastrites essentielles à toutes celles qui ne sont pas déterminées par l'action immédiate d'un poison ou par la rétropulsion de la goutte ou d'une aûeclioo cutanée , aiguë ou chronique , et
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qu'on ne peut pas considérer comme symptomatiques d'autres maladies. C'est à cette division qu'il faut rapporter ieplus grand nombre des gastrites aiguës ou chroniques. Les gastrites essentielles peuvent être simples ou compliquées de beaucoup d'autres affections ; j'indiquerai seulement ici quelques - unc% des principales complications , après avoir parlé de la gastrite essentielle simple.
Gastrite essentielle simple. Celte variété est une de celles qu'on rencontre le plus fréquemment dans la pratique. Elle se présente avec diflerens degrés d'intensité : quelquefois elle est très-violente , et marche aussi rapidement vers une terminaison funeste que les gastrites par empoisonnement ; j'en citerai un seul exemple tiré de la thèse de M. Quincieux. Un rnaréchal-dcs-logis venant de porter une ordonnance pressée par une journée très-chaude , but d'un seul trait une bouteille de bière qui avait été plongée dans la glace. Six heures après, le malade éprouva uu violent frisson suivi de chaleur ; bientôt après une douleur vive, une chaleur sèche et un sentiment de tension se firent sentir dans la région épigaslriquc : le malade ne pouvait conserver dans l'estomac les boissons , même les plus doutes. Deux saignées et des lavemens émollieus ne calmèrent pas les accidens; l'anxiété était extrême; la soif ardente, le pouls fréquent , la respiration gênée; le quatrième jour prostration considérable des forces , pouls petit , déprimé , nouveau frisson , diminution subite de la douleur , face livide , hoquet. Mort le cinquième jour de la maladie. A l'ouverture du cadavre on vit que l'estomac contenait une matière noirâtre, semblable à celle qui avait été rendue dans les derniers vomissemens. La face interne de cet organe était très-enllammée et gangrenée dans plusieurs endroits, les orifices du cardia et du pylore étaient très-rouges.
Celte maladie n'est pas toujours aussi grave et aussi promptement mortelle ; j'ai observé plusieurs fois qu'elle se terminait favorablement du cinquième au neuvième jour , quoi-
Îu'clle s'annonçât avec un appareil de symptômes graves, ous les accidens cédaient à des saignées générales ou locales • que je réitérais deux , trois , quatre à cinq foi* , suivant les cas , et à des boissons et des fomentations émollicntes. La gastrite simple est souvent aussi une maladie chronique, et ne requiert alors que des remèdes beaucoup moins actifs. Voyez ci-dessus le Tmitement de la gastrite chivnique.
La gastrite qui succède aux excès de table et qu'on pourrait appeler par analogie avec certaine espèce de diarrhée, gastritis à crapuld , n'est souvent qu'une gastrite simple : oit en trouve un esemple dans l'ouvrage de M. Gastetlier, sur les spécifiques , troisième observ. , pag. 145. Quoique celle
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gastrite fût la suite d'un grand dîner , le malade fut traité par le petit-lait , les saignées et les bains ; et ce traitement fut suivi d'un prompt succès. La gastrite par excès de table peut être quelquefois accompagnée d'ivresse, et cette complication exige souvent qu'on combatte les symptômes nerveux quand ils sont portés à un très-haut degré, avant de remédier à ceux de la gastrite même. L'éther sulfurique est un remède qui agit dans ce cas presque d'une manière spécifique , et fait ordinairement cesser le délire , les convulsions ou l'état comateux dans lequel le malade est souvent plongé. On peut ensuite traiter la gastrite comme si elle était simple; mais cette espèce de gastrite , suite de l'ivresse , est presque toujours atonique et accompagnée de débilité , de sorte qu'elle exige rarement l'usage des saignées.
Gastrite avec catarrhe pulmonaire ou intestinal. La gastrite essentielle est quelquefois compliquée avec le catarrhe pulmonaire ou l'entéiite ; ces maladies se retrouvent souvent dans les mêmes circonstances * sont quelauefois produites par les mêmes causes ; cependant le catarrhe du poumon est moins fré-
2uent que celui des intestins. Dans le premier cas, une toux 'abord sèche , qui revient par quintes et qui ensuite^ s'humecte et est suivie d'une expectoration plus ou moins abondante , accompagne les caractères propres à la gastrite j dans le secoud cas , tantôt la maladie commence par les intestins et se propage à- l'estomac; tantôt, au contraire, la gastrite est primitive, et l'entérite survient ensuite. L'ouvrage de M. Broussais contient plusieurs observations relatives à cette dernière espèce de complication , et dans presque tous ces cas la diarrhée coïncide ave© les symptômes de l'inflammation de l'estomac. J'ai vu cependant plusieurs fois , et récemment encore , un cas de gastrite chronique devenue aiguë, et accompagnée d'ascarides lombricoïdes sans diarrhée, quoiqu'une grande partie du canal intestinal fut affectée d'inflammation et très-rouge, de sorte qu'il est souvent impossible de reconnaître la coïncidence de l'entérite. Au reste , quand on pourrait dans tous les cas déterminer à coup sùr ce degré de complication , il n'en résulterait aucun changement dans les moyens curatifs à employer.
Gastrite avec inflammation de toutes les membranes de Vestomac et des parties environnantes. Dans cette complication , qui est heureusement beaucoup plus rare que les autres, on observe tous les caractères que nous avons assignés à la gastrite portée au plus haut degré, et de plus une tension considérable de toute la région épigastrique qui est d'une sensibilité extrême au plus U ger atlouchemeut ; le ventre est souvent même très-proéminent et météorisé , de sorte que ies
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symptômes de péritonite se trouvent combines avec ceux de l'inflammation de l'estomac; dans ce cas la maladie est le plus souvent promplemcut mortelle, et on trouve à l'ouverture du cadavre non-seulement la membrane muqueuse de l'estomac enflammée , comme dans les gastrites vraies , mais encore toutes les membranes de l'estomac, et quelquefois même l'épiploon sont frappés de la même inflammation et même de gangrène. Il y a toujours alors dans la cavité abdominale un épanchement sanguinolent ou séro-purulent , comme daus la péritonite ( Voyez ce mot ). C'est principalement lorsque celte gastro-péritonite est produite par de fortes contusions extérieures qu'on observe tous ces désordres. M. Quiucicux rapporte dans sa thèse déjà citée un exemple d'une semblable terminaison chez un soldat qui fut frappé à l'épigastre d'un coup de pied de cheval ; il succomba le quatrième jour , après avoir présenté au plus haut degré les caractères de la gastropéritonite. On trouva l'estomac gangréné , surtout du côté du pylore, les intestins eux- mêmes gangrenés , et le péritoine bleuâtre. Dans quelques cas , la marche de la maladie est plus lente et chronique ; il se forme alors des abcès entre l'estomac et les épiploons, qui tantôt se font jour au dehors , tantôt pénétrent dans l'estomac, et laissent même quelquefois des ouvertures fistuleuses entre cet organe et les parois abdominales qui livrent passage aux alimens.
La terminaison de la gastro - péritonite n'est, pas toujours aussi fâcheuse. Un porteur d'eau , chargé de ses seaux , tomba dans un escalier sur la région épigastrique , et , selon l'usage , on lui donna , le jour même de sa chute et le lendemain , plusieurs verres d'une infusiou vulnéraire syiritueuse, quoique les douleurs augmentassent progressivement. Le surlendemain il est pris de frissons, de cardialgies , de vomissemens abondans et presque continuels : les matières rejelées étaient d'abord colorées par la bile , mais ensuite semblables aux boissons dont il faisait usage ; lorsque je l'examinai , le pouls était petit , serré et assez faible , les douleurs extrêmement aiguës et insupportables surtout lorsqu'on appliquait la main sur l'épigastre , qui était plus saillant que dans l'état ordinaire ; l'hjpocondre droit ne paraissait pas participer à la donleur épigastrique j les vomissemens se répétaient à chaque instant dès qu'on donnait à boire au malade, et les cardialgies se manifestaient dès qu'il buvait ; de sorte qu'il refusait de prendre toutes les boissous que je lui proposais : les vomissemens 'étaient suivis de syncopes et de sueurs froides ; néanmoius je lis saigner largement le malade sept fois dans l'espace de trois jours , quatre fois par la lancette et trois lois à l'aide de sangsues appliquées sur l'épigastre et à l'anus. Ces moyeas#*ecou-
tJcfs par des fomentations et des boissons c mol lien les et par une diète sévère , favorisèrent son rétablissement , #qui eut lien dans l'espace de dix jours. Peut-être le lobe gauche du foie était-il intéresse dans cette inflammation , je suis porte à le croire ; mais l'estomac était certainement l'organe principalement affecté, d'après les caractères des vomissemens qui se répétaient aussitôt que le malade buvait même en petite quantité. •
Gastrites avec typhus. Le typhus contagieux est quelque* fois compliqué avec l'inflammation de l'estomac. 11 ne faut pas confondre cette complication avec les vomisseraeus nerveux qui s'observent assez souvent dans le cours du typhus. Ces vomissemens symptomatiques , qui sont toujours d'un fâcheux augure, ne se manifestent ordinairement pas dès le début de la maladie , et sont toujours accompagnés d'autres symptômes ataxiques,au lieu que les vomissemens qui dépendent de l'inflammation de l'estomac se manifestent dans les premiers jours , sont de quelque durée et s'exaspèreut par l'usage des touiques et des excitans , ce qui n'a pas lieu pour les vomissemens simplement nerveux. La méthode tonique , employée trop tôt dans le traitement du typhus , détermine , même chez quelques sujets , l'inflammation de l'estomac. J'ai vu un médecin qui , dans une épidémie causée par cette maladie , s'était traité , dès l'invasion , par le vin et le quinquina , et qui s'était donné , par ce moyen , une véritable gastrite. Il vomissait toutes ses boissons , se plaignait y dans les premiers jours avant qu'il commençât à délirer , d'une chaleur incommode et d'un sentiment de constriction à l'épigastre ; et quoique ses confrères l'eussent promptement fait changer de méthode /cependant il fut , pendant tout le cours de la maladie, fatigué par des nausées continuelles et une régurgitation trèsabondante de mucosités qui remontaient de l'estomac jusque dans le pharynx. Ces derniers symptômes persistaient même encore au vingt-unième jour, lorsqu'il était déjà convalescent de la fièvre.
Les complications de la gastrite avec le typhus contagieux se rencontrent, au reste, assez souvent même dans l'étal naturel et sans qu'on ait provoqué cette inflammation par aucun remède excitant. C'est dans ce genre de fièvre , plus que dans un autre, qu'on remarque cette affection catarrhalc de l'estomac, comme celle de la plupart des membranes muqueuses. Ko général , cette complication forme même un des caractères particuliers du typhus contagieux épidémique chez l'homme et chez les animaux Voyez épizootik , tjrphus des bétes à cornes.
Gastrite compliquée de fièvre intermittente» Morgagni , 17. a6
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dans sa lettre xxx , sur les vomissemens , article 4 » avait déjà préscntç-.aux médecins un exemple de gastrite, avec fièvre double-tierce, qui bientôt devint quarte , et enfin fut terminée
{>ar des attaques de convulsions et de paralysie mortelles. A 'ouverture du cadavre, on trouva la muqueuse de l'estomac très-enflammée, et tous les vaisscaui capillaires de cette membrane gorgés de sang. Cette observation du célèbre médecin do l'adouc était oubliée , enfouie , avec beaucoup d'autres , dans son recueil précieux , et ne paraissait point avoir fixé l'attention des praticiens sur ce genre de complication. Tous les bons observateurs avaient bien remarqué , depuis longtemps , que certaines fièvres intermittentes s'exaspéraient lorsqu'on. persistait à les combattre par les toniques et le quinquina ; mais on n'avait que des idées obscures sur la cause principale de ce fait pratique. C'est à M. Broussais que nous devons les observations les plus importantes et les réflexions les plus lumineuses sur ce sujet. Il avait observé cjue plusieurs fièvres intermittentes devenaient bientôt continues lorsqu'on les traitait par les amers et le quinquina , et que les malades présentaient alors des symptômes plus ou moins prononcés de ia gastrite. L'un de ces malades ayant succombé , quoiqu'on remplaçât promptement les toniques par les adoucissans , l'examen de sou cadavre fit voir qu'il y avait une double inflammation du poumon et de l'estomac. Les autres se rétablirent par la méthode antipblogistiriue et l'usage des boissons acidulés. Ces résultats convainquirent M. Broussais de la réalité delà complication de la gastrite avec les fièvres intermittentes , et l'engagèrent à fixer plus particulièrement son attention sur les caractères qui peuvent l'indiquer. Il résulte de ses observations qu'on doit présumer qu'il existe une fièvre intermittente, compliquée d'inflammation de l'estomac, toutes les fois que les accès sont accompagnés de gastrodynies aiguës ou de cardialgie et de vomissemens sans symptômes bilieux , et toutes les fois que les excitans , donnes dans l'intervalle des accès , aggravent les symptômes , déterminent des vomissemens , on changent le type de la fièvre intermittente en continue.
La complication de la gastrite avec les fièvres intermittentes s'observe particulièrement dans les pays chauds, chez les individus qui viennent du nord , et qui , en passant d'un climat froid dans un plus doux , ebangeut de régime en changeant de température , et font un plus grand usage des excitans. C'était précisément les circonstances dans lesquelles se trouvaient les soldats sur lesquels M. Broussais a fait ses observalions. Ces militaires avaient passé du nord dans le Frioul , et abandonné l'usage de la bière pour celui du vin. Dans les complications de ia gastrite arec les fièvres inter-
G AS 4o5 nrittcntes , la méthode antiphlogistiquc , modifiée suivant les cas et les forces du malade , est essentiellement la .méthode ui convient. Les boissons émollicntes ou légèrement aciules et les bains sont les premiers moyens qui doivent être mis en usage : les saignées locales sont souvent utiles et même nécessaires. Quant aux vomitifs , ils sout presque toujours nuisibles, mais cependant encore moins dangereux que les excitans et les toniques. On ne doit employer ces médicamens que lorsque la fièvre intermittente persiste dans toute sa force», après qu'on a détruit la complication inflammatoire , et que le malade s'affaiblit d'une manière très-évidente. Si on se hâte d'administrer le quinquina , avant que la gastrite soit dissipée 9 on aggrave la maladie; les fonctions digeslives s'altèrent de plus en plus , et le malade tombe le plus souvent dans un état de cachexie , qu'on attribue ordinairement à de prétendues obstructions , mais qui souvent n'est dû qu'à une phlegmasie chronique d'une partie du canal intestinal. C'est presque toujours en effet , dans ce cas , que le quinquina est nuisible ; mais ce n'est pas au médicament lui-même qu'il faut attribuer les înconvéniens qui résultent de son usage , mais bien à l'ignorance de ceux qui l'emploient mal à propos.
Des gastrites latentes. Je rapproche sous cette désignation, générale les gastrites aiguës ou chroniques , dont les caractères, très-peu apuarens , ou même cachés , ne se dévoilent souvent qu'après la mort. C'est encore à M. Broussais , que j'ai déjà plusieurs fois cité , que nous sommes redevables des faits qui peuvent servir à éclairer cette partie, très-peu connue jusqu'à présent dans l'histoire de la gastrite. Il a fait voir que des inflammations de l'estomac , souvent très-graves et même mortelles , se présentent tantôt sous l'apparence d'une affection catarrhale pulmonaire, tantôt sous l'aspect d'une fièvre intermittente ataxique , quelquefois même sans aucun symptôme fébrile.
Dans le premier cas , les malades sont tourmentés d'une toux sèche très- fréquente , qui ne revient pas par quintes comme dans les affections catarrhales , mais qui est presque continuelle , surtout dans lesexacerbations. Celte toux cause une douleur déchirante dans la région épigastrique et dans toute la partie antérieure du thorax ; elle est accompagnée de dyspnée. Ces malades n'ont d'ailleurs ni nausées , m vomissemens ; cependant ils succombent dans l'espace de douze à quinze jours a une inflammation de la membrane muqueuse de l'estomac et quelquefois même des intestins , comme l'a prouvé l'ouverture des cadavres. A la vérité, M. Broussais n'indique pas, dans l'examen qu'il a fait des cadavres , dans quel état était la membrane muqueuse des bronches : mais en supposant
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qu'elle fût réellement enflammée , on ne pent pat attribuer à cette cause la terminaison fâcheuse de la maladie ; car, d'après l'histoire des symptômes qu'il a tracés , il est évident que les caractères qui semblaient indiquer une affection catarrhale pulmonaire , disparaissaient presque en entier dans la dernière période de la maladie ; que la toux diminuait beaucoup , et que les malades succomhaient sans offrir aucune gène dans la respiratiou ; ils ne mouraieut point par les poumons , pour me servir de l'expression de Bichat. M. Broussais avoue franchement qu'il a été trois fois dupe de cette espèce de toux gastrique qui masque certaines inHammations de l'estomac Quel est, au reste, le praticien qui pourrait assurer qu'il u'auiait pas commis la même erreur ? On pourra toute» fois en observant attentivement , dans ces cas dilhYiles et trèsobscurs , rapprocher quelques caractères qui mettront sur la voie de la vérité. La toux gastrique qui dépend d'une inflammation de l'estomac est presque toujours accompagnée d'un sentiment douloureux de constriclion à l'épigastre qui ne se remarque poiut dans les simples catarrhes ; elle ne passe pas par les dilférens degrés de la toux catarrhale , qui e$t d'abord sèche , et par quintes, et ensuite terminée par une expectoration plu- ou moins facile et abondante. Celle toux , très-analoçue à celle qui est produite parla présence des vers, ou par certains embarras gastriques ou muqueux , et qui cède asseï souvent , dans ce cas , à un vomitif ou à un purgatif, est , au contraire , exaspérée par tous ces moyens et par les plus légers excitans lorsqu'elle est symptomatique de la gastrite. Enfin, on remarque que les boissons acidulés calment plutôt la toux gastrique que toutes les autres , ce qui est précisément le contraire de ce qu'on observe dans la plupart des affections catarrhales.
Quant au seul cas dans lequel la gastrite s'est présentée sous des caractères encore plus insidieux , elle était masquée sous l'aspect d'une fièvre quotidienne ataxique ; c'est dans l'ouvrage même de M. Broussais qu'il faut s en faire une idée, en lisant l'observation qu'il rapporte. Le défaut de régime de la part du malade , et ensuite la manière d'agir des toniques qui semblaient d'abord indiqués pour combattre la périodicité ataxique , ont pu seuls développer les caractères de la gastrite et faire soupçonner cette maladie , qui , en effet , a été constatée par l'ouverture du cadavre.
Il n'est pas possible, au reste, de rapporter ici toutes les histoires particulières qui pourraient servir à éclairer le diagnostic très -difficile des gastrites latentes et insidieuses; je me contenterai de résumer les principaux caractères qui paraissent les plusconstans pour indiquer l'existence de celte ma-
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lndie. L'anorexie , l'appétence pour toutes les boissons froides et acidulés qui causent dans l'estomac un sentiment agréable de fraîcheur , la répugnance pour les boissons chaudes ; l'altération des traits de la face ; l'agitation continuelle des malades dans leur lit, surtout pendant la nuit , avec sécheresse de la peau et mouvement fébrile j des plaintes , des soupirs , et un besoin continuel de se découvrir la poitrine et l'cpigastre; enfin l'exaspération de tous ces symptômes par l'usage des alimens , du vin et de tous les toniques, même les plus légers. La plupart de ces caractères conviennent également , à la vérité , aux entérites masquées et insidieuses ; et lorsque la diarrhée ne se rencontre pas , ce qui arrive quelquefois, il est alors absolumeut impossible de reconnaître si le siège de l'inflammation a lieu dans l'estomac ou dans une autre partie du canal intestinal ; mais il su fli t , pour diriger convenablement les moyens curalifs, que le praticien ait pu découvrir les caractères de la phlegmasie dans un point quelconque des voies oigeslives.
chapitre iv. Des gastrites sjmptoma tiques. Chez un grand nombre d'individus affectés de maladie du cœur , particulièrement chez ceux qui sont atteints d'auévrismes actifs ou passifs des ventricules ou des oreillettes, et qui éprouvent beaucoup de pêne dans la respiration, ou sont eo proie à des crises de suffocation , ou d'angine de poitrine ; on observe ordinairement vers la seconde période de la maladie les caractères d'une véritable inflammation chronique de l'estomac , qui est alors symptomatiqueetcompliquée de l'affection catarrhale de la plupart des membranes muqueuses. En effet , indépendamment de la toux , qui est le symptôme principal du catarrhe pulmonaire , les malades sont tourmentés de cardialgics , de nausées , de vomissemens j ils se plaignent d'une certaine anxiété précordiale , et d'une sensibilité si grande de la région épigastrique , que la plus légère pression exercée sur cette partie détermine une douleur profonde et aiguë. A l'ouverture du cadavre , ou remarque que la plupart des membraucs muqueuses , celles delà trachée-artère et des bronches, du canal digestif, quelquefois même celles des voies urinaires et du vagin , mais particulièrement celle de l'estomac, sont dans un état remarquable d'inflammation. Les vaisseaux de l'estomac sont très-développés et gnrgés de sang , la membrane muqueuse de cet organe est d'une couleur d'un rouge violet presque uniforme dans toute son étendue. Elle est épaissie , gorgée de liquides cl recouverte d'une mucosité abondante ; tous les vaisseaux capillaires qui se ramifient à sa surface sont remplis d'un sang noir très-foncé ; de sorte qu'elle offre absolument le même aspect qnc dans les gastrites déterminées par les poisons , avec celte différence qu'on, n'y remarque aucune tache plus
foncée , ni aucune escarre gangreneuse. La ressemblance est même quelquefois si parfaite , que j'ai cru , les premières fois que j'ai fait cette observation , que les malades s'étaient empoisonnés pour mettre un terme à leur souffrance.
Quoi qu'il en soit, cette espèce d'inflammation de l'estomac est très-différente de toutes celles que nous avons examinées jusqu'à présent ; elle est due, dans ce cas , à une espèce d'engorgement passif plutôt qu'à une inflammation active. En) efl'et, toutes les maladies du cœur qui déterminent uue grande gêne dans la circulation pulmonaire , en s'opposant presque mécaniquement au retour du sang , provoquent nécessairement la dilatation du système capillaire vemeus et artériel , dans les endroits surtout où il est plus abondant , et naturellement plus lâcbe , comme dans toutes les membranes muqueuses et le tissu cutané de la face ; de sorte aue cette maladie , qui se rapproche des inflammations de l'estomac par certains caractères cl par l'altération des tissus qu'on observe «près la mort , n'est cependant due qu'à une espèce d'injection du système capillaire , provoquée par la gêue de la circulation ; et si l'asphyxie , par cause mécanique , pouvait arriver lentement et par degrés , il est probable qu'elle produirait la même altération.
Ce qui semble prouver cette assertion , c'est qu'on observe quelquefois la même rougeur dans l'estomac , chez des individus qui n'ont pas de maladies du cœur , mais qui ont succombé à des pneumonies latentes très-étendues , avec engorgement du système sanguin pulmonaire. J'ai vu particulièrement deux cas semblables qui simulaient parfaitement les maladies anévrismatiques du cœur. Ces malades éprouvaient , depuis quelque temps , une très-grande gêne dans la respiration ; ils ne pouvaient respirer qu'étant placés à leur séant ; les vaisseaux capillaires des lèvres et de la face étaient injectés ; les jambes œdémateuses , les cavités thoraciques étant percutées résonnaient mal , le pouls était peu fréquent et faible : je crus à un état anévrismatique du cœur ; mais , à ma grande surprise , je ne trouvai à l'ouverture des cadavres aucune maladie du cœur , ni aucun épanebement ; les poumons étaient en partie bépatisés , et la membrane muqueuse de l'estomac était rouge comme dans les gastrites chroniques. . L'inflammation syraptomatique de l'estomac , qui n'est , comme nous venons de le voir, qu'une sorte d'inflammation secondaire et consécutive à d'autres maladies , ou , si l'on veut , qu'une espèce d'injection morbide , très-différente de l'inflammation vraie , exige , par cette raison , un traitement un peu » différent de celui des gastrites proprement dites. Dans les maladies du cœur , comme celte gastrite est due principalement
;i une sorte de relâchement du tissu muqueux , à la suite d'une maladie qui a comnieucé depuis longtemps , et dans laquelle les forces s'épuisent par degrés , il faut employer un traitement lc'gèrement tonique et astringent, comme dans la plupart des inflammations atomques y c'est alors que les infusions un peu aromatiques de mélisse , d'byssope , de sauge; que les eaux minérales acidulés , telles que celles de Seltz et de Spa , sont spe'cialcmcnt indiquées pour soutenir les forces de l'estomac et diminuer l'engorgement des vaissaux capillaires de la membrane muqueuse intestinale et pulmonaire. Ces moyens ne sont , au reste , que de faibles palliatifs, puisque cette maladie est incurable comme celle dont elle dépend. Le. traitement général qui est employé pour retarder les progrès des maladies anévrismatiques du cœur , est celui qui convient pour la gastrite symplomalique qui n'en est qu'une consé-, quence.
Quant à celle qui est produite par une pneumouic latente , la méthode pour la combattre n'est pas diifércnle de celle qu'on doit employer contre la maladie principale, puisque la gastrite est , dans ce cas , comme dans le précédent , simple-* ment consécutive et svmplomatique.
II ne faut pas confondre avec la gastrite symptomatique , qui accompagne particulièrement les maladies du coeur, les inflammations de l'estomac qui sont indépendantes des affections morbides qui intéressent le priucipal organe de la circulation , mais qui peuvent se rencontrer en même temps cl les compliquer ; cette gastrite rentre alors dans la division de celles qui sont essentielles , et doit être combattue par le traitement qui leur convient. .le citerai seulement pour exemple de cette espèce de complication la maladie du célèbre Mirabeau , qui succomba à une péricardite, accompagnée de gastro-entérite.
HorMAX!» (Frédéric), De inflammatione ventriculi fnequenlUsimd ; Halœ, 170G.
Otte iTiMtt talion ne tronvé dans les œuvres d'Hofrnann, et contient un assez grand nombre de faits.
toL\ji , Dissertatio Je gastritide ; sligenlarali , 1771. MAYI14M (samucl) , Dissertatio de gastritide ; Jùlimbur^i , 1779.
Cette thèse ne roûcrtoc que <Jca dcGuiiions et de* divisions purement scljolastinurs.
code , Dissertatio de gastritide ; Gacttinga» , 1780.
k ri tenu, Diuertatio Je gastritide; Gmntngœ , 1787.
ekcp.lii art f Dissertatio de gastritide ; Lutulini, 1790.
jonsToy , Dissertatio Je gastritide ; Kdimburgi , 1700.
HACEN , Dissertatio de gastritide , Fruncojurli ad fïaJmm , 1799.
TAtmtK (Bernard) . Dissertation sur la gastrite ou l'inflammation de l'estomac,
Thèse soutenue h la Faculté de médecine d« Paris, août QVtKCltOX { Camille fteeior\ F.vni »or la grs'fïir ou l'inflammation de i'estomar,
Thèse soutenue a U Faculté de médecin: • de Fans , mars 181 1.
4o8 G AS
On trouYe dans cette tlicse plusieurs faits curirnx ; il faillira consulter m outre le second volume des phlcgousirs chronique» de M. Brous*ai«. . qni contient beaucoup plus d'obsenratious sur ce sujet que tous les autres ouvia^c* publiés jusqu'à ce jour.
(guersejt)
GASTROCELE. On a donne' ce nom à des tumeurs situées dans Pe'pigastre , et formées , dit- on , par la hernie de l'estomac à travers la partie supérieure de la ligne blanche ; mais un semblable déplacement est-il possible , et l'estomac que l'on a trouvé dans des hernies ombilicales , inguinales , crurales, etc. , s'est-il montré dans ces petites tumeurs qui quelquefois surviennent à la région épigastrique ? C'est ce dont il est permis de douter : en effet , aucune ouverture de cadavre n'établit celte possibilité. Au lieu de l'estomac , une dissection exacte de ces tumeurs n'a fait voir que des portions de l'arc du colon , ou ces pelotons graisseux qui, extérieurs au péritoine, se font jour au travers des fibres aponévrotiques écartées. L'estomac rempli d'alimens présente trop de volume et trop de surface ; ses tuniques sont dans un élat de tension qui ne leur permettrait point de s'engager dans une fente provenant d'un simple éraillement. Vide , celte poche est remontée der. rière la partie inférieure du sternum , et comme collée au diaphragme. Nous manquons absolument de faits aulhentiques qui établissent la réalité de la gastroccle. Les observations rapportées par Garengeot , dans le premier volume m-/|°. des Mémoires de l'Académie royale de Chirurgie j celles que Pipelet a insérées dans le tome quatrième du même recueil , sont loin d'être concluantes. Le bon Pipelet , chirurgien herniaire , et bandagiste de profession , est appelé pour voir une religieuse, tourmentée, depuis dix-liuit mois , par des vomissemens continuels. On avait soupçonna des obstructions à Vestomac; et , en conséquence , on l'avait fait saigner et purger plusieurs fois sans succès , etc. Par nu examen attentif, l'estomac lui parut pincé dans la ligne blanche et former une tumeur approchant de la grosseur d'un pois , en forme alongce : le bandage fit merveille. Une autre religieuse , de la même abbaye , digérant mal , se trouve également bien du bandage de M. Pipelet , qui, dans ces cas , et dans beaucoup d'autres, n'a jamais douté que ces tumeurs, situées près du cartilage xiphoïde , ne fussent formées par l'estomac retenu.
Sab.itier, dont la Médecine opératoire renferme un article très-érudit sur le sujet qui nous occupe , le termine par cet aveu fort remarquable : Peut - être les hernies que l'on croit être formées par l'estomac , ne sont-elles que des pincemens du colon. Quoi qu'il en soit, les petites tumeurs qui mrviruncnl à IVpigastrc , ver* !a partie supérieure de la ligue
GAS 4<>9 blanche , sur les côtés de l'appendice xiphoïde , doivent être traitées comme toutes les autres hernies j les réduire , s'il est possible ; les maintenir au moyen d'un centre élastique, garni d'une pelottc. Cette, réduction , la compression habituelle , opérée par le bandage , oui sulfi , dans beaucoup de cas , pour faire cesser les liraillcmens , les douleurs et autres troubles de la digestion que causaient ces hernies , soit qu'elles fussent formées par l'estomac , ce qui est presqu'impossible , sait qu'elles consistassent en de simples pelotons graisseux , ou en quelque portion de Tare du colon , ce qui est infiniment plus probable. L'estomac peut , à travers les fibres écartées du diaphragme , se porter dans la poitrine , comme J. L. Petit rn rapporte deux exemples. Il est bien difficile de juger aux déraugemens de la digestion , que l'estomac est contenu dans de semblables hernies, ou dans toute autre tumeur de ce genre , les désordres que cette fonction éprouve pouvant tenir aux sympathies des viscères autant qu'aux changemens qu'il aurait éprouvés dans sa situation. ( richccahd)
GASTKOCNÉMIENS , ou jumeaux, bifemoro-calcanicns du professeur Cbaussier. On appelle ainsi deux muscles assez semblables , ou plutôt un muscle divisé supérieurement en deux parties , qui se réunissent inféricurement à une aponévrose commune , laquelle se termine par un tendon qui coucourt à la formation du tendon d'Achille.
Les gastroenémiens sont situés à la partie supérieure de la jambe ; ils s'étendent des condyles du fémur à la partie supérieure du calcanéum. On les distingue en interne et externe. L'iuterne , plus volumineux que l'externe , forme la plus grande partie du relief du mollet, (.es muscles , ou plutôt ce muscle , est recouvert en arrière et supéricurcmeut à sa partie interne parle demi-membraneux; dans le reste de son étendue, il est recouvert par l'aponévrose commune de la jambe ; il recouvre en avant et en haut l'articulation du genou, l'attache du demi-membraneux , l'artère , le muscle poplité , le plantaire grêle et le muscle soléairc dans le reste de son étendue.
L'extrémité supérieure de ce muscle présente deux portious qui concourent par leur écartement à former le creux du jarret ; l'une , interne , épaisse et presque ronde , s'attache audessus de la partie supérieure du condyle interne du fémur , et à la partie postérieure de la lubérosité de ce condyle : l'autre , externe, moins volumineuse et plus aplatie, audessus de la partic postérieure du condyle interne du fémur, cl à la partie postérieure de la tubérosilé de ce condyle.
L'attache de ces deux portions du muscle a lieu par un tendon épai$pour l'interne , moins épais pour l'externe : ces deux tendons descendent sur la face postérieure du muscle où ils
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dégénèrent bientôt en une aponévrose qui s'épanouit sur cette face et la couvre iosqu'audessous de sa partie moyenne du côté interne , et plus bas encore du côté externe.
Infe'rieurement ce muscle se termine aodessous du milieu de la jambe à une aponévrose commune <jui s'épanouit sur sa face antérieure jusque près de son extrémité supérieure : cette aponévrose descend , se rétrécissant sur la face postérieure du muscle solcairc , marche unie & ce muscle par du tissu cellulaire d'abord ensuite elle s'y unit très- intimement beaucoup plutôt duco4é externe que de l'interne , et se termine en fournissant la partie postérieure du tendon d'Achille.
Les fibres charnues de ce muscle naissent de la face antérieure des deux tendons supérieurs , on plutôt de deux aponévroses qu'ils forment, et vieunent se terminer, sans se confondre , à la face postérieure de l'aponévrose commune.
L'usage des jumeaux est de tendre le pied sur la jambe et réciproquement ; il peut aussi fléchir la jarmbe sur la cuisse et la cuUse sur la jambe. Il joue uu grand rôle dans la station ; la course et le saut ; il est susceptible d'acquérir , cher, certains individus, un grand volume, que la répétition habituelle des mouvemens qu'il est destiné à produire contribue à augmenter. La force de ce muscle est très-grande , et se trouve ordinairement en rapport avec son volume. (petit )
GASTHO-COLIQUE , adj. , gastro-colicus ; nom donné par le professeur Chaussicr à la portion de la membrane épiploïque , qu'on appelait autrefois le grand épiploon . Cette espèce de sac, que différens anatomistes modernes ont comparé à la gibecière d'un chasseur , s'attache à la grande courbure de l'estomac , ainsi qu'à là convexité de Tare du colon , et descend plus ou moins bas , audessous de l'ombilic , sur le paquet de l'intestin grêle qu'il recouvre Voyez épiploon.
(j60fct>Av)
GASTRODYNIE, s. f . , gastrodjnia , dérivé de ^etflifp , estomac, ventre, et de oJWh , douleur î signifie proprement douleur de ventre ou d'estomac. Les nosologistcs désignent , sous ce nom , une névrose de la digestion , caractérisée par ua sentiment d'anxiété.et de constriction à l'épigastrc , sans fièvre et sans lipothymie.
Cette maladie a reçu une foule de dénominations diverses. Plater lui donne le nom de confis dohr; Bonet , celui de </olor veniriculi. Frédéric Hofmann en cite plusieurs exemples, sous le titre de dolor cardialgicus spasmodicus et flatulens. Les médecins français la désignent sous les noms de colique d'estomac , faiblesse d'estomac t pesanteur d'estomac. La dénomination de gastrodynia lui a été imposée par Sauvages et Sagar ; et celle de gastrodynie par le professeur Pinel.
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Beaucoup d'auteurs la confondent avec la cardialgic j Cullen , entre autres, ne la distingue point de cette dernière affection , ni de plusieurs autres maladies analogues , dont il traite sous le nom vague de dyspepsie.
La gastrodynie , en effet, offre beaucoup d'analogie avec ces deux affections, ainsi qu'avec le pyrosis; elles sont même tellement voisines l'une de l'autre, et présentent si peu de différence entre elles, qu'elles nous paraissent bien moins désaffections distinctes que des degrés différens ou de simples variétés de la même maladie. Par exemple, la syncope, que les nosologtstes présentent comme le signe caractéristique de la cardialgie, ne s'observe pas plus fréquemment dans cette affection que dans la gastrodynie, et ne suffit point, parconséquent, pour établir une différence réelle entre ces deux névroses. Considérée, d'ailleurs, comme maladie essentielle ou primitive, la gastrodynie pourrait bien n'être que le premier degré de l'hypocondrie, avec laquelle elle a beaucoup de rapports, La nature des causes qui y donnent lieu, et les phénomènes u'elle produit, semblent donner quelque apparence de fonement à cette opinion.
On ne peut confondre .la gastrodynie avec l'embarras des
Ï premières voies, dont la céphalalgie susorbitaire , l'enduit de a langue et les douleurs contusives des membres sont le caractère spécial ; ni avec la colique métallique , qui reconnaît constamment une cause particulière, dans laquelle le ventre est aplati, et qu'accompagne une douleur abdominale très-forte, et parfois intolérable. Il est encore plus facile de la distinguer de la gastrite , affection dans laquelle il y a toujours de la fièvre et une douleur qui augmente par la pression de l'épigastrc. Nous remarquerons , à ce sujet , que les mots qui tirent leur terminaison du grec ofvvn , comme pleurodynic , gastrodjrnie , etc. , dénotent, en général, une maladie chronique, irrégulièrc, de caractère nerveux ou rhumatismal, tandis que les dénominations terminées en ite , comme ce'phalite, gastrite, etc., indiquent des maladies de nature inflammatoire f de caractère généralement aigu, en un mot, de véritables plilegmasies.
On n'en finirait pas si l'on voulait rapporter toutes les maladies dans lesquelles la gastrodynie peut se manifester consécutivement , ou comme symptôme. Pour ne parler que de celles où on l'observe le plus souvent, nous citerons : les embarras gastriques, tes fièvres bilieuses, et certaines fièvres nerveuses ; l'inflammation soit aiguë , soit chronique de KeslOr mac ; l'empoisonnement par diverses substauecs corrosives ^ ècres et vireuscs ; les ulcérations , les squirres et le cancer tin pylore, du duodénum, du pancréas, du foie, de la
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rate, etc. j ta présence des vers, ou de certaines concrétions spontanément développées et retenues dans l'estomac et l'intestin grêle j celle de divers corps étrangers accidentellement ou imprudemment avalés , les métastases goutteuses, rhumatismales, psoriques, herpétiques, et autres; l'aménorrhée, la suppression des hémorroïdes ou d'uue héruorrhagie habituelle quelconque. Mais, de toutes les maladies qui donuent lieu à la gastrodvnie, celles dans lesquelles cette affection se manifeste le plus promptement sont, sans contredit, la chlorose et l'hypocondrie. Nous renvoyons le lecteur aux articles de ce Dictionaire qui traitent des maladies que nous venons d'énoncer, pour tout ce qui a rapport à la gastrodvnie secondaire. La gastrodyuic primitive ou idiopalhique , va seule ici nous occuper.
Tout le monde connaît cette douleur subite, violente, profonde et intolérable que produit instantanément une chute violente sur le ventre, ou un coup reçu à l'épigastre. L'étal inexprimable de souffrance qui la caractérise, l'anxiété extrême et insupportable qui l'accompagne , l'imminence de suffocation et le trouble profond qu'elle entraîne momentanément dans toutes nos fonctions, sont très-propres à donner l'idée d'une feaslrodynie portée au plus haut point de violence et d'intensité. Mais comme la cause qui y a donné lieu a agi d'une manière instantanée, celle 'douleur formidable et les phénomènes qui l'accompagnent, après avoir été rapidement portés au plus haut période , ne tardent pas à se dissiper : et quelques minutes suffisent, comme on sait, pour faire succéder le calme le plus parfait au sentiment le plus pénible et à l'anxiété peutêtre la plus violente qu'il soit possible de supporter.
Produite ordinairement par des causes qui agissent avec in* {miment moins de violence cl avec une grande lenteur, la gastrodynie est en général beaucoup plus modérée , beaucoup plus bénigne, mais aussi d'une beaucoup plus longue durée. En général, moins remarquable par sa violence et par sel dangers immédiats que par l'amertume qu'elle répand sur la vie de ceux qui en sont affectés, cette névrose est digne de toute notre attention, et demanderait à être observée plus attentivement et étudiée avec plus de soin qu'on ne l'a encore fait. Très-commune dans les grandes villes, où les hommes sont exposés, sans cesse, à une foule de causes débilitantes, la gastrodynie est en quelque sorte l'apanage des tempéramens nerveux et mélancoliques , des constitutions prèles et sèche», des sujets très-impressionnables , et des professions sédentaires. Les hommes paraissent y être plus sujets que les femmes. Elle se manifeste ordinairement dans la force de l'âge, ou pendant la virilité décroissante. Elle est beaucoup plus fréquente dans
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tes pays chauds et humides, et dans les saisons analogues que dans Tes conditions opposées. L'usage des alimens de mauvaise qualité', les eaux insalubres, les boissons non fermentées • l'abus des stimulans et des liqueurs alcooliques y disposent singulièrement, ainsi que les macérations et les longs jeûnes. L'abus des plaisirs e'nervans en est aussi très-souvent la causée prédisposante. Elle reconnaît , en outre , pour causes éloignées, le défaut d'exercice, les travaux excessifs du cabinet, des veilles prolongées , les méditations profondes , le chagrin et les affections tristes de l'amc. Mais de toutes les conditions de la vie sociale qui disposent à la gastrodynie , il n'en est pas de plus puissante que les débauches du luxe et de la mollesse, auxquelles s'abandonnent sans réserve les riches oisifs et les sybarites de nos grandes villes.
Lorsqu'une ou plusieurs de ces causes réunies on^ exercé, pendant un certain temps , leur action sur l'économie animale , il suffit d'une cause occasionellc très-légère pour déterminer la gastrodynie. Parmi ces causes, les plus communes sont : l'impression du froid ou de l'humidité sur quelque partie du corps ; une mauvaise digestion ; un excès d'intempérance quelconque. Une nouvelle affligeante , un événement malheureux et inattendu suffisent quelquefois pour l'occasionner, ou pour en déterminer le retour.
Elle s'annonce quelquefois d'avance par la diminution de l'appétit et la lenteur des digestions; d'autres fois, elle survient tout-à-coup sans aucun signe précurseur. Elle est caractérisée par un sentiment d'anxiété ou de malaise à l'épigastre , ou par une douleur vague , sourde et profonde, qui, de cette région , s'étend quelquefois par intervalles dans le reste de l'abdomen , et plus rarement jusque dans la poitrine. Cette douleur n'augmente point par la pression de l'épigastre ; elle est continue , avec des intervalles irréguliers d'augmentation et de diminution. 11 n'y a ni soif, ni chaleur, ni fièvre. Le malade est ordinairement très-constipé ; son ventre est considérablement tendu, surtout après le repas; il éprouve des borborygmes continuels , des éructations inodores, très-fréquentes , et assez souvent des bâillemcns et des pandiculations qui semblent diminuer ou suspendre momentanément ses souffrances. 11 y a rarement des nausées , beaucoup plus rarement encore des vomissemens, seulement la langue devient blanchâtre et la bouche pâteuse ; quelquefois l'appétit diminue, mais, d'autres fois , il n'éprouve presque aucune altération ; le pouls est en général un peu lent et rare; les malades deviennent plus seusibles à l'impression du froid. Cette sensation douloureuse et continue de l'épigastre, produit un mal-aise général inexprimable; on éprouve de la répugnance à se mouvoir, du déjjoùt pour se* occupations baJMuçlles ; on se fatigue prompte-
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meut ; on n'est capable d'aucune attention soutenue ; l'esprit devient lourd , paresseux , et ne peut s'appliquer à aucun objet ; enfin le sommeil est quelquefois interrompu.
Cet état , qui se manifeste avec plus ou moins d'intensité chez les differens individu* , peut ne durer que quelques semaines, disparaître même au bout de quelques jours, ou persister pendant plusieurs mois. Les changemens qu'il opère dans l'habitude extérieure du corps et dans l'embonpoint sont peu sensibles , et peu en rapport avec le trouble et le désordre des fonctions digestives , et avec l'affaiblissement des fonctions animales ou de relation.
La terminaison de la gastrodynie s'annonce quelquefois par la diminution des éructations, par la direction des boroorygmes vers l'hypogastre , par l'expulsion bruyante de gaz trèsfétides pA- l'anus, et dans certains cas aussi par le retour des selles. Dan3 certaines circonstances , une diarrhée spontanée a paru en être la crise. Mais, le plus souvent, elle disparait f sans qu'aucun de ces signes favorables ait annoncé sa terminaison.
Selon sa coutume , Sauvages a multiplié à l'excès les espèces de la gastrodynie. 11 a réuni sous cette dénomination générique une foule de maladies soit essentielles, soit symptomatiques, dont plusieurs n'ont pas le moindre rapport entre elles. Il en est même quelques-unes qui sont entièrement illusoires. Telle est, par exemple, la gastrodjnie produite par l'affaissement ou la luxation du cartilage xiphoïde. On peut admettre , jusqu'à un certain point , la possibilité de la luxation de ce cartilage , soit par une chute, soit par une violence extérieure exercée sur l'cpigastrc. Mais que cette luxation produise la gastrodynie , et entretienne pendant plusieurs mois , et même pendant plusieurs années , la douieur, les nausées , le mal-aise qui caractérisent cette névrose, et même des vomissemens , c'est ce qui parait très-douteux : il n'est pas plus raisonnable de croire à la disparition subite, et comme par enchantement , de tous les accidens de la maladie , au moyen d'une prétendue réduction de cette luxation, soit par les manœuvre? d'nn chirurgien , soit par l'application des ventouses ou des emplâtres attractifs. >
Lorsque la gastrodynie est symptomatique ou consécutive , son traitement n'exige aucune attention particulière ; le médecin doit donner tous ses soins à la maladie primitive dont elle n'est qu'un effet secondaire.
A l'égard de la gastrodynie idiopatiqoe ou essentielle , dont il est ici question , comme elle tient à un affaiblissement lent et plus ou moins considérable des fouctions digestives , tous les moyens qu'on emnloie pour la guérir doivent tendre à exciter, à rétablir l'action de l'estomac , à faire cesser l'état d'engour-
dissement du canal intestinal , à régulariser et à coordonner les importantes fonctions de ces organes. Sans doute l'observation sévère des lois salutaires de l'hygiène , les solides et puissans secours de la diététique sont bien plus propres à remplir ce double objet que d'élégantes et vaines formules , et doivent avoir sur celte affection , comme sur toutes les maladies nerveuses , une toute autre influence que cette longue série de toniques , de purgatifs , d'antispasmodiques et autres drogues les plus accréditées de la pharmacie. Toutefois les aromatiques , tels que la canelle , les gérofles , l'anis , le
Îioivrc, les toniques difïusibles , comme les préparations alcooiques , le vin , l'éther , les huiles volatiles convenablement étendues , ainsi que les préparations de fer , le quinquina , l'absinthe , le café et autres toniques amers, sont d'un trèsgrand secours dans le traitement de cette affection. On peut choisir parmi ces moyens ceux oui conviennent le mieux à l'idiosyncrasie du sujet , à l'état de la maladie et au degré de sensibilité de l'estomac. Il est même utile de les faire suc* céder les uns aux autres , et de les varier fréquemment pour ne pas dégoûter le malade.
Quoique l'indication principale de la gastrodvnie consiste à augmenter les forces digestives et à diminuer l'excitabilité nerveuse , soit générale , soit locale ; la susceptibilité de l'estomac est quelquefois tellement exaltée, que cet organe ne peut supporter aucun tonique. Dans ce cas , il faut associer les moyens précédens, soit aux opiatiques, soit aux adoucissans : quelquefois même il est nécessaire de s'en abstenir complètement , et de recourir aux délayans , aux adoucissans et aux mucilagineux. C'est ainsi que certains malades se trouvent soulages par l'emploi du petit-lait, des décoctions gélatineuses de poulet, de veau , etc. Le lait même qui, en général, augmente l'anxiété des individus atteints de gastrodynie, opère les effets les plus avantageux chez certains malades. Dans ces mêmes circonstances , les bains tièdes ont souvent le plus grand succès. Enfin , l'on sent que dans les cas où l'anxiété est extrême et rebelle à tous les autres moyens , on doit avoir recours aux préparations opiatiques. Les applications narcotiques sur l'épigastre , telles que les difTérens topiques dans lesquels entre l'opium, peuvent être employées quelquefois très-utilement dans la maladie qui nous occupe ; dans certains cas rebelles , on pourrait avoir recours à un moyen qui calme ces sortes de douleurs d'une manière presque sûre , et dont M. Villermé , dans un cas de cette nature , a constaté les heureux succès. Ce moyen consiste à enlever l'épidémie sur un point de l'énigastre au moyen d'un vésicatoirc , et à recouvrir la plaie d*un emplâtre fait avec l'opium.
Cerlaios symptômes de la maladie ciigent parfois une at~ tention spéciale» Par exemple , la coaslipation opiniâtre qui 1 accompagne ordinairement , réclame le fréquent nsage JcS iavemens ; elle exige même quelquefois l'emploi des purgatif» pour débarrasser l'intestin des matières dures et amoncelées, dont son état d'atonie ne lui permet pas de se délivrer. Ces purgatifs doivent être pris de préférence parmi ceux qui joignent une qualité tonique à leur vertu purgative. Le séné , la rhubarbe , le jalap , en poudre , ou leur extrait alcoolique , soit seuls, soit associés à quelque sel neutre, sont danscecas.
La diminution de l'appétit , les borborygme» , les éructations, et surtout la tension du ventre après les repas, indiquent assez la nécessité de manger peu , et de s'en tenir aux alimens faciles à digérer et qui contiennent beaucoup de matières nutritives sous peu de volume. Les potages bien aourrissans , les œufs , les crèmes de rix , d'orge , de sagou , de pomme de terre , convenablement aromatisées ; les gelées végétales et animales édulcorées avec le sucre et associées à quelques substances aromatiques ; les fruits cuits , les végétaux tendres , aqueux et sucrés , comme le scorsonère , la carotte , la pomme de terre , l'oignon j les viandes blanches , noires et rouges «les animaux adultes et très - exercés , comme le dinde, le chapon , la carpe, le brochet, le pigeon , le lièvre , la bécasse , le mouton , bouillis ou rôtis , sont en général les alimens auxquels le malade doit se borner. L'usage modéré du vin rouge vieux, abondant en arôme et en matière tannine, est extrêmement utile , mais peut être remplacé par de la bière bien fermentée , et, dans quelques cas, par une eau fraîche , très-pure , légère et bien aérée.
Du reste, comme cette maladie excite rarement la soif, l'usage de ces boissons abondantes dont on a parmi nous la mauvaise coutume de gorger les malades , ne pourrait qu'augmenter la tensîou du ventre et les flatuosités , et serait par conséquent plus nuisible qu'utile. Par cette même raison , il est nécessaire , dans cette affection , d'administrer les médicamens sous une forme rapprochée , comme la moins propre à exciter les dégoûts des malades.
Les causes de la gastrodyuie peuvent réclamer , dans certains cas , des modifications plus ou moins remarquables daus son traitement. C'est ainsi que celle qui est due à l'impression du froid sur quelque partie du corps , disparait quelquefois par l'action des diapborétiques ; tels que du thé ou autre infusion aromatique très-chaude, du vin sucré chaud , du punch , etc. Lorsque cette maladie est le résultat d'une indigestion causée , soit par l'intempérance , soit par des alimens réfractaircs , on la tait quelquefois avorter an moyen d'un
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émétique on d'un éméto-cathartique administre à propos. Si elle reconnaît pour cause des excès éncrvaus, on doit recourir en même temps aux toniques et aux analeptiques , et insister particulièrement sur ces derniers. Il faut spécialement compter sur les distractions , sur les voyages , et autres moyens susceptibles de produire une grande diversion dans les idées , lorsque cette névrose est produite par des chagrins , des passions concentrées , et autres affections pénibles de l'ame.
Quelque confiance que l'on ait dans la toute puissance des drogues de la pharmacie , on ne peut s'empêcher d'avouer que cette affection , après avoir résisté à tous les médicamens , disarait quelquefois d'une manière spontanée par les seuls efforts e la nature. Ce fait sans doute ne prouve point l'inefficacité' des médicamens , mais il atteste , de la manière la moins équivoque , la prééminence incontestable de la diététique et la nécessité d'y avoir recours dans cette affection , soit pour en opérer la guérison soit pour en prévenir les retours.
A toutes les règles d'hygiène sur l'observation desquelles on doit principalement insister dans le traitement des névroses et de la gastrodynie en particulier, telles que d'éviter l'humidité, les alirnens indigestes . les excès en tous genres , les contentions d'esprit, les passions violentes , etc. , de faire usage des frictions sèches , des bains , et des gilets de flanelle , etc. , etc. • nous ajouterons le conseil de se livrer aux douces distractions que fournissent une société choisie , des lectures philosophiques , la musique , la déclamation. Ces moyens , à la fois curatifs et prophylactiques, sont extrêmement utiles à ceux surtout qui sont privés de la grande ressource des voyages et de la campagne. Mais il n'en est pas de plus puissans ni de plus utiles que l'habitude d'un exercice journalier en plein air , à pied, à cheval, en voiture. Sous ce rapport , les promenades sur un terrain monlueux , la chasse , les voyages et les occupations du jardinage et de l'agriculture ont un avantage auquel rien ne peut suppléer. (chambeiet)
GASïRO-EPIPLOIQUE, adj. gastro-epiploicus ; qui appartient, quia rapport, qui sa distribue à l'estomac et à l'épiploon.
Les artères gastro-épiploîques , ainsi nommées à cause de leur position et de leur distribution , sont au nombre de deux , qu'on distingue en droite et eu gauche.
La droite tire son origine de l'artère hépatique , dont elle est la seconde et la plus grosse branche. Se dirig-ant d'abord audessous du pylore , elle passe à travers la sub 'an e de l'extrémité du pancréas , et fournit de «uile , tant, a < et'e glande qu'au duodénum , plusieurs gros rameaux qui s'anastomosent avec les artères que ces parties reçoivent de la splénique et de '7* 27
rëpiploon gastro-colique , jusqu'à une certaine <n*anceae la erande courbure de l'estomac , vers le milieu , a peu près , de laquelle elle s'anastomose avec la gastro-épiploique gauche. Dans tout sou trajet , audessous de cette grande courbure , elle donne un très-grand nombre de rameaux, distribués en deux rangées , dont Tune est supérieure et 1 autre inférieure ; ceux de la première , qui sont les plu. gros et \es plus abolidans , se répandent sur les deux faces de l estomac , ou ils communiquent avec les rameaux des artères pylorique et gastrioue Ceux de la seconde descendent dans 1 épaisseur du feuillet antérieur de l'cpiploon , et s'y anastomosent avec ceux mie le tronc de l'artère lui-môme fournit , sous le nom àepiploiaues, avant de parvenir audessous de la grande courbure de l'estomac , ainsi qu'avec les branches qui proviennent de la colique droite supérieure.
L'artère gastro-épiploique gauche naît de la splenique peu avant qu'elle se divise pour s'enfoncer dans la substance de la rate Elle a quelquefois un volume si considérable qu on pourrait à proprement parler, la considérer comme la contmuation'du tronc principal. Après avoir fourni quelques ramuscules au pancréas , elle se dirige de haut en bas et de gauche à droite vers la grande courbure de l'estomac , dont elle est a une assez grande distance , et marche ensuite le long de cette courbure , entre les deux lames du feuillet antérieur de 1 epiploon castro -colique, absolument comme la précédente, avec laquelle elle termine par s'anastomoser. Les rameaux quelle donne alors appartiennent de même , les uns a 1 epiploon e les autres à l'estomac. Les premiers , fort petits , se perdent dans le repli du péritoine; les seconds, eu bien p us grand nombre, et plus volumineux , se répandent sur les deux foces
de l'estomac. . , .
Les branches qui, au centre de l'cpiploon, naissent de II i reunioudes deux extrémités des artères gastro-épiploiques droite et gauche , ont reçu le nom de gastro-epiphiques moyennes.
Les veines gastro-épiplûïques , disposées de la même manière que les artères , et partagées aussi , en droite , gauche et moyennes, s'abouchent la première, dans X*™"?^ supérieure, et la seconde dans la splenique. Elles se reunissent toutes enfin dans le tronc de la veine porte.
Les eanzlwns lymphatiques gastro-epiploiques sont en irescrand nombre. On les observe dans l'épiploon gastro-colique, près de la grande courbure de l'estomac et le long des artères castro-épiploïques droite et gauche, ainsi que dans l'épiploon gastro- hépatique , le long de l'artère gastrique. (joea»*»)
GASTRO-HEPATIQUE, adj., gastro-hepaticus, ou hepaiogastricus; cnithètc par laquelle le professeur Chaussicr désigne la portion tfe l'épiploon qui s'étend du foie à l'estomac, el à laquelle les anciens donnaient le nom de petit e'ptploon. Elle sert, par l'écartement des deux lames dont elle se compose , à favoriser l'extension que l'estomac , dans son état de plénitude , éprouve du côté de la petite courbure , quoique cette extension soit moins apparente là que du côte oppose. En même temps , elle soutient les vaisseaux et les nerfs , qui , de la petite çourbure de l'estomac , se portent vers la face coucave du foie. Peut-être même prête-t-ellc aussi à la dilatation de la veine-porte hépatique, contenue dans l'épaisseur de son bord droit Voyez épiploon. (jocrdan)
GASTKO - HYSTÉIIOTOMIE, s . f., dérive de trois racines grecques , de y<tçrhp (venter), de orre/j* (utérus), et de Tofxn (sectio). L'expression d'opération césarienne a été employée jusqu'à ce jour pour désigner un procédé, où , pour extraire l'enfant, il faut inciser l'abdomen et la matrice. Mais désirant adopter une nomenclature basée sur l'anatomic , j'ai proposé de lui substituer celle de gastro-hystérolomic. Celte réforme dans le langage médical offre l'avantage d'indiquer d'une manière précise le lieu et les organes sur lesquels on pratique la section. Quelques modernes ont employé le mot Lystcrotomie en remplacement de celui d'opération césarienne qu'ils ont reconnu être vague. Mais cette dénomination signifiant seulement incision de Vutérus , n'exprime pas suffisamment l'étendue de l'opération compliquée que l'on pratique dans celte circonstance ; je la réserve pour désigner les cas où , à raison d'un vice de conformation du col de la matrice , ou d'une obliquité extrême de ce viscère à laquelle il aurait été impossible de remédier, on est obligé de porter un instrument tranchant à travers le vagin , tantôt sur le col , tantôt sur le corps de cet organe , pour faciliter l'accouchement , quoique le bassin soit bien conformé : un article particulier lui sera consacré dans ce dictionaire : tandis qu'on n'a recours à la gastro-hystérotomie sur la femme vivante que lorsque Pétroitesse du bassin s'oppose à la sortie de l'enfant renfermé dans la matrice.
On pratique cette opération dans deux circonstances bien différentes. Il est certain qu'elle a été en usage dans les temps les plus reculés pour extraire du sein de la mère qui était morte avant d'accoucher l'enfant que l'on présumait être encore vivant. On en trouve des traces dans les temps fabuleux : selon Pline , dans son Histoire naturelle , le nom de Jules -César a été donne à ce grand homme et à ses descendans , à raison du mode par lequel il est venu an monde : pri-
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musqué Ccesar a cœso matris utero dictus.^Dans le cas do décès de la mère, l'impossibilité physique d'extraire l'enfant par la voie naturelle , parce qu'il n'existe pas de dispositions favorables vers le col de l'utérus qui puissent permettre de terminer l'accouchement, soit en appliquant le forceps, soit en allant chercher les pieds , est la circonstance qui rend nécessaire la gastro- hystérotomie. Elle est la seule qui puisse donner la facilité d'extraire l'enfanl si la femme n'a pas succombé pendant le travail , et que l'orifice ne soit pas suffisamment dilaté ou susceptible de l'être facilement. Ici où , en la pratiquant, on se propose uniquement pour but de conserver l'enfant, c'est le moyen le plus sûr et le plus doux que l'on puisse employer: il est à l'abri de tout accident. Par cette opération , la sortie est plus facile et moins dangereuse que dans l'accouchement même naturel soit par la tête , soit par les membres abdominaux , où la violence du travail peut le faire périr.
Mais si par ce procédé on se propose en même temps de conserver la mère , la gastro - hystérotomie ne mérite plus les mêmes éloges , les auteurs même qui s'en sont déclarés les partisans le» plus ardens conviennent que des accidens graves qui la rendent souvent mortelle en sont la suite nécessaire. En traitant de la section du pubis ( Voyez symphyséotomie ), je prouverai qu'elle présente des avantages réels pour la mère qui a au moins autant de droit à la vie aue son enfant . et qu'elle doit être préférée toutes les fois qu'elle peut donner la facilité de l'extraire vivant. Elle donne bien plus d'espoir qu'on pourra la conserver . parce qu'on n'intéresse aucun organe essentiel à la vie et qui soit chargé de fonctions importantes à la suite des couches , comme cela a nécessairement lieu dans la gaslrohystérotomie.
Toutes les fois qu'une femme grosse vient à succomber, c'est donc par la gastro -hystérotomie que l'on doit extraire l'enfant s'H est impossible de l'entraîner nar la voie naturelle; on mériterait des reproches si on négligeait de s'assurer, avant d'y recourir, si le col présente des dispositions favorables pour la sortie de l'enfant , dans le cas où la femme n'aurait péri que pendant le travail. Il est si difficile de distinguer un état d'asphyxie , une forte syncope d'une mort réelle , qu'on pourrait croire la femme morte quoiqu'elle ne le fût pas. On en trouve un exemple bien frappant dans le fait communiqué par Ri-
Î;audeaux , chirurgien de Douai. Je m'abstiens d'en donner es détails parce qu'il est consigné dans tous les traités modernes d'accouchemens. Il rst bien propre à déterminer à ne jamais s'écarter de la conduite que je viens de tracer. Peu, célèbre accoucheur de Paris , fait l'aveu qu'il est tombé dans
une méprise semblable , -quoiqu'il eût tenté plusieurs épreuves pour s'assurer de la mort de la femme. Les annales de la médecine offriraient sans doute d'autres exemples de méprises aussi terribles, si ceux qui y sont tombés, animes d'une candeur égale à celle de Philippe Peu , avaient eu la franchise de les divulguer. On voit tous les jours des femmes hystériques , qui ne sont pas grosses, tomber dans des syncopes tellement prolongées , que des hommes instruits ont cru que la mort était réelle. Le célèbre anatomiste Vésale ne reconnut qu'il était tombé dans une erreur de cette espèce , que lorsque l'instrument tranchant destiné à la dissection commença à pénétrer. L'accouchement terminé par l'art , lorsque la femme est morte , ou pendant la durée d'une asphyxie ou d'une forte syncope , doit même présenter moins de difficultés. On n'est point gêné dans la manœuvre par les contractions de l'organe , ni intimidé par les souffrances et les cris de la mère. Quand ou aurait même l'espoir qu'on pourra parvenir à la ranimer, il vaudrait mieux la pratiquer pendant la durée de l'accident pour lui épargner des douleurs; car il est probable qu'elle serait également nécessaire par la suite.
On doit cependant excepter de cette règle générale , comme l'observe M. Marc , le cas où la tête d'un enfant présume vivant aurait franchi avec de grandes difficultés le détroit supérieur qui est resserré , et où elle ne pourrait traverser le détroit périuéal par le moyen du forceps. Si on pratiquait la gastro-hystérotomie dans cette circonstance , quoique la mort de la femme soit certaine , les efforts qu'il faudrait employer
Ï>our faire rétrograder la tête seraient plus dangereux pour c fœtus que l'application du forceps après la section du pubis. La syuchondrotomie serait exclusivement indiquée si le rétrécissement du détroit abdominal était porté à un degré qui s'opposât au refoulement de la tête sans exercer sur te tronc des tractions immodérées qui donneraient nécessairement la mort.
Quoiqu'on présume que la femme est morte , on doit pratiquer la gastro-hystérotomie avec les mêmes précautions que si elle était vivante. Dans le cas même où l'on doute si l'enfant est vivant , ou ne doit pas négliger d'opérer immédiatement après la mort de sa mère : puisqu'il n'y a aucun danger à courir pour les femmes , il vaut mieux en ouvrir infructueusement un grand nombre , que de laisser périr un seul enfant pour avoir négligé d'opérer , ou pour ne l'avoir pas fait à temps j car s'il était encore vivant, on pourrait imputèr sa mort à celui qui aurait omis de faire la gastro-hystérotomie dans cette occasion : quem dum potuisti servare , non seivasti , Muni occidisii. Ou compromet sou existence si , avant d'y recourir,
nu cherche à s'assurer de la realité du décès de la mère par diverses épreuves.
Il faut instruire le vulgaire que Ton doit ouvrir toutes les femmes qui meurent avant d'accoucher. Les préjugés dont sont imbus l'époux qui survit ainsi que les assistans, peut les porter à cacher la grossesse, ou à faire une fausse déclaration sur son terme, pour éviter l'ouverture du cadavre qui leur répugue. Si l'espoir de conserver l'enfant était le seul motif qui engage à pratiquer celte section, on ne devrait guère y recourir avant six mois révolus. On est généralement d'accord que cette époque est la première où l'on puisse admettre que le foetus est viable. Mais dans la religion chrétienne ce motif n'est pas le seul qui porte à ouvrir une femme enceinte qui vient de périr. On se propose encore , par celte opération , d'assurer le saUit éternel des enfans qui, sans cela , mourraient sans recevoir le baptême. Or le plus léger signe de vie , quels quesoient leur impe rfection et leur défaut de viabilité , suffit pour leur
f>rocurcr ce bienfait céleste. On ne peut pas non plus adopter 'opinion des médecins-légistes qui veulent que l'on n'ait pas recours à cette section avant que la mère ait été avertie de la vie de son enfant par des mouvemens sensibles. On voit tous les jours des enfans naître vivans, avant que la grossesse soit parvenue à mi- terme , et avant que la femme ait ressenti les mouvemens. La véritable date de la grossesse est souvent incertaine.
On doit donc opérer immédiatement après le décès des femmes qui sont présumées mortes avant d'accoucher , quel que soit le ternie de leur gestation. Car si l'enfant ne périt pas en même temps que sa mère , à raison de l'interruption de la circulation , il ne peut pas lui survivre longtemps s'il reste dans sou sein. Les exemples d'enfans trouvés vivans longtemps après le trépas de leur mère sont si rares qu'ils n'autorisent pas à différer celte section pour attendre les signes non équivoques de la mort , ou dans l'intention de tenter diverses épreuves pour s'assurer de la réalité du décès.
Cependant comme des faits bien avérés prouvent que des enfans ont survécu un grand nombre d'heures au trépas de l^ur mère , on doit y recourir quoique celle dernière ait succombé depuis longtemps. Je citerai seulement deux faits, mais très - propres à établir la nécessité de se conformer à ce précepte. Une femme fut assassinée par son mari à coups de couteau dont un pénétra dans la matrice et blessa le fœtus qui y était renfermé. Il fut retiré vivant par la gastro - hystérotomie qui ne fut pratiquée que quaraulc-huit heures après la mort de la more. Tout Paris ?ait que 1a malheureuse princesse Pauline de Schwarzeiubergpérit des suite: d'une brûlure survenue
dans une fête donnée chez l'ambassadeur d'Autriche , son beaufrère ; elle était enceinte , et l'enfant fut trouvé vivant quoiqu'elle n'eût été ouverte que le lendemain de l'accident.
Le resserrement du bassin porté au degré de refuser toute issue à l'enfant, est le cas le plus embarassant que l'on puisse renpontrer dans l'exercice de l'art des accouchcmens , si la mère et le fœtus sont vivans. Il est difficile de fixer, d'une manière précise , le dégrève rétrécissement où l'on doit regarder l'accouchement comme physiquement impossible par les voies naturelles. 11 n'est pas le même dans tous les cas. D'abord le volume de la tête qui présenle de très-grandes différences doit faire varier le degré où la cavité du bassin cesse de lui offrir une ouverture proportionnée : quoiqu'il soit certain qu'il existe une disproportion entre les dimensions de la tète et celles du bassin , on n'est pas encore autorisé à prononcer que l'accouchement ne pourra pas se faire sans un moyen extrême. La,mollesse de la tête peut lui permettre de s'affaisser ; le bassin défectueux est quelquefois susceptible de s'agrandir par une diduction survenue simultanément à toutes les symphyses : mais le plus ou moins de solidité- de la tête fait varier la réduction dont elle est susceptible : il est impossible de déterminer rigoureusement de combien peut s'agrandir la cavité du bassin pendant les efforts de l'accouchement par l'écartement des symphyses , parce qu'elles ne se relâchent pas toujours , ni de la même quantité quand cette diduction a lieu.
On est très-bien fondé à concevoir dos craintes sur la possibilité de l'açcouchement par la voie naturelle, tontes les fois que le bassin est réduit à trois pouces moins un quart. Quelques faits attestent cependant que des femme* ont pu s« délivrer quoique le rétrécissement fût porté à ce degré. On doit encore moins compter que l'accouchement pourra s'effectuer dans les cas où le bassin n'a que deux pouces et demi du pubis au sacrum , quoique des praticiens recommandnhles assurent que des femmes ont joui de ce bonheur. Quoiqu'une femme soit accouchée une fois en pareille circonstance , on ne doit pas en conclure qu'elle jouira nécessairement du même avantage dans une autre grossesse. La tête peut avoir plus de volume, plus de solidité dans un antre accouchement : les symphyses peuvent avoir éprouvé une diduction qui n'aura" pas lieu dans un accouchement suivant. Si l'on avait tenu un registre de la manière dont s'est terminé l'accouchement chez toutes les femmes dont le bassin n'offrait que deux pouces et d»*mi du pubis au sacrum , on verrait que le nombre de celles qui sont accouchées heureusement serait bien petit , compare? à celni des femmes chez lesquelles il a fallu morceler L'enfant
pour pouvoir l'extraire, ou pratiquer une incision à l'abdomen et à la matrice. Audessous de deux pouces et demi , ou doit regarder la sortie de l'enfant comme impossible, si la tète a le volumeordiuaire, quellesque soient l'augmentation que poisse recevoir le bassin par la diductinn de toutes les symphyses , et la diminution que puisse éprouver la tête, que je suppose en outre être située de la manière la plus favorable.
Pendant longtemps la gaslro - hystérotomie , qui consiste à ouvrir à l'enfant contenu dans le sein de sa mère une voie artificielle à travers l'abdomen et le tissu même de la matrice, a e'te' la seule ressource que possédassent les accoucheurs pour extraire l'enfant dans les rétrcVisscmens extrêmes. Le premier exemple bien avère de celte section pratiquée sur la femme vivante ne remonte même qu'à l'an i5oo. Avant cette époque , ils étaient réduits, pour parvenir à extraire le fœtus, à vider le crâne , et quelquefois même à morceler ses diverses parties. Les praticiens s'étant aperçus que cette opération était funeste :iu plus grand nombre des femmes chez lesquelles on la pratiquait, s'orcupèrent de trouver un moyen pour la leur épargner : Sevcrin Pineau conçut le projet d'agrandir le bassin en divisaut les os pubis dans la vue de faciliter l'accouchement ; Tbonucur de mettre à exécution cette idée hardie était réservé à Sigault. Aujourd'hui le médecin éclairé n'adopte pas exclusivement un de ces procédés; il reconnaît qu'il existe des circonstances où l'un des deux , quoique plus dangereux par lui-même que l'autre , est cependant évidemment iudispeusable pour extraire l'enfant.
Les auteur* qui ont parlé de la gaslro- hystérotomie pratiquée sur la femme vivante se sont forme des idées très - différentes sur ses effets. Les uns , avec Mauriceau , Denman , Delamotte , etc., l'ont regardée comme étant presque toujours mortelle; le dernier conseillait d'attendre la mort de la femme pour lui ouvrir le sein , tandis que Mauriceau préférait de sacrifier l'enfant pour sauver la mère. L'accoucheur anglais nt voulait qu'on y eut recours que lorsque le bassin est tellement vicié qu'il ne pourrait pas permettre l'issue du fœtus, même après avoir vidé le crâue : Ambroise Paré n'ayant vu de son temps que des suites fâcheuses toutes les fois que l'on avait pratiqué la gastro - hystérotomie , la fit rejeter par le Collège de Chirurgie. La Faculté de Médecine en fit autant. D'autres ont conçu une idée si avantageuse de cette opération, qu'ils ont établi qu'elle a été pratiquée avec succès sur moitié à peu près des femmes, eusorte qu'ils n'hésitent pas à lui accorder la préférence dans tous les cas sur la section du pubis qu'on a proposé de lui substituer.
Si , pour éviter de pratiquer la gastro-hystc'rotomic , on lais-
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sait , à l'imitation de Lamotte , périr la mère , avant d'y recourir , on aurait le regret de voir périr aussi l'enfant dont la mort devancerait le plus souvent la sienne. On verrait , comme je l'ai dit dans mon Traité d'accouchemens , périr les deux individus pour s'être refusé, sans motif, à l'emploi d'un procédé qui , en même temps qu'il aurait assuré les jours de l'un des deux , aurait pu les sauver tous deux. On n'est pas réduit à la triste nécessité de sacrifier l'enfant pour sauver la mère , comme le prétendait Mauriceau. En ayant recours à temps à la gastrohystérotomie , on peut quelquefois conserver les deux individus. D'ailleurs la femme périrait encore plus promptement et plus sûrement par la violence du travail, en ne la pratiquant pas quand elle devient nécessaire , que des suites de l'opération en y ayant recours dans le temps convenable.
Si l'on est forcé d'admettre que la gastro-hystérotomie a souvent des suites funestes , des exemples nombreux prouvent aussi que des femmes ont survécu à cette opération. Je ne rappellerai pas ici ceux communiqués par Tenon, par le docteur Michcll , par MM. Weidemann , de Dusseldorf, et Baudclocque, et que j'ai consignés dans mon ouvrage ; je me borne à citer quelques opérations qui ont été pratiquées avec succès depuis peu d'années , et pour ainsi dire sous nos yeux. Lauverjat a fait deux fois la gastro - hystérotomie avec succès. M. Baqua l'a pratiquée deux fois à Nantes sur la même femme. M. Lemaitre , chirurgien à Aix, département de la Haute- Vienne , M. Dariste aîné , de la Martinique , out aussi communiqué, en 18*7 , à la Société delà Faculté de Médecine , chacun une observation sur une opération césarienne pratiquée pour la seconde fois sur la même femme d'une manière heureuse.
Il ne suffit pas, pour proscrire la gastro-hystérotomie, de prouver que les femmes qui y ont été soumises succombent le plus souvent; il faudrait en outre trouver un procédé qui pût offrir une ressource dans tous les cas , et qui exposât la mère à des inconvc'niens moins graves. Or, ceux même qui prétendent que la symphyséotomie présente des avantages pour la mère dans les configurations vicieuses les plus ordinaires , et que par conséquent ou doit lui accorder la préférence , conviennent qu'il est des cas où l'opération césarienne est la seule qui puisse donner la facilité d'extraire l'enfant entier. Il est des cas où le bassin est tellement vicié qu'il ne pourrait pas permettre l'issue de l'enfant , même après avoir vidé le crâne. Il serait encore nécessaire de morceler l'enfant dans le sein de sa mère. Or, ce serait en pure perte que l'on aurait sacrifié l'enfant dans cette circonstance , puisque le morcellement de ses diverses parties peut avoir des suites aussi fâcheuses pour la mère que la gastro-hystérotomie.
Si on examine comparativement l'opération césarienne et la section du pubis, on est autorise' à e'tablir les trois propositions suivantes : i°. il est des circonstances où la gaslro-byste'rotomie peut seule donner la facilite' d'extraire l'enfant vivant , et où on doit la regarder comme nécessaire , quoique elle fut beaucoup plus dangereuse : 2°. il est des configurations , a vicieuses du bassin où la gastro-hystérotomic est impraticable :
5°. daus les cas où l'une ou l'autre de ces opérations pourraient «'gaiement faciliter la sortie de l'enfant , on doit accorder la préférence à la symplryséotomie , parce que ce dernier procédé doune plus d'espoir que l'on pourra conserver la mère. L'examen de cette dernière question trouvera plus naturellement sa place dans l'article qui sera consacre à fixer le jugement que l'on doit porter sur la séparation des os pubis , qui a été conseillée dans la vue de faciliter l'accouchement eu agrandissant le bassin. Ce point de pratique , sur lequel les accoucheurs sont encore partagés d'opinion , est sans contredit un des plus importans de l'art des accouchemens.
La gastro-hyslérotomie est accompagnée d'un si grand nombre d'accidens, qui en sont la suite ordinaire , qu'on ne doit pas hésiter à la proscrire , toutes les fois qu'un autre procédé pent donner la facilité d'extraire l'enfant vivant. Quand on considère les sécrétions qui doivent avoir lieu après les couches, on est plus étonné que quelques femmes survivent à celte opération, que de voir le plus grand nombre périr de ses suites. Dans quelque circonstance que l'on divise la matrice , son inflammation , ainsi que celle de la membrane séreuse qui enveloppe les viscères du bas-ventr% en sont la suite nécessaire. Si les lésions dont sont atteints l'utérus et l'abdomen sont toujours un accident grave , les dangers qu'elles font courir aux femme? , à la suite des couches, sont bien plus grands. En effet , l'inflammation de ces organes s'oppose à l'écoulement des lochies, et elle empêche la sécrétion du lait. Or, les médecins savent que toute suppression violente des lochies et de la sécrétion du lait fait courir à la femme les plus grands danger- H survient une inflammation à la membrane séreuse qui a été exposée au contact de l'air. Cette phlogose du péritoine donne lieu à une exudation à sa surface qui s'épanche dans le bas-ventre. Cette péritonite est d'autant plus fâcheuse qu'elle se manifeste à une époque où les dérangemens qui surviennent dans les sécrétions propres aux couches, contribuent à aggraver l'inflammation et à augmenter l'épanchement.
La gastro>hystérotomie peut seule être employée toutes les fois que la mauvaise conformation du bassin est extrême. Je prouverai à l'article symphyséotomie que, dans les cas les plus CavornMes , un rétrécissement porté à deux pouces est le uer-
nier terme où on puisse pratiquer la section du pubis. Mais on a vu des bassins qui n'avaient qu'un pouce trots-quarts, un pouce et demi, quelques-uns même six lignes seulement d'avant en arrière. Dans ces rétrécissemens extrêmes, l'enfant ne peut sortir que par la ponction pratiquée au crâne, et quelquefois seulement par le morcellement de ses diverses parties. Ix>rs même que l'enfant est mort , on doit toujours craindre de l'extraire par lambeaux , quoique le bassin soit tellement rétréci qu'il ne peut pas sortir entier. Mais s'il était vivant, et qu'il fût nécessaire de le morceler pour l'entraîner, on le sacrifierait sans aucun avantage pour la mère. Plusieurs auteurs pensent , avec assez de raison , qu'elle court au moins autant de danger lorsqu'on démembre l'enfaut dans son sein , que si l'on pratiquait la çastro-hystérotomic.
La céphalotomie expose à peine la mère à quelque inconvénient ; ensorte qu'on doit y recourir toutes les fois qu'elle peut suflire pour faciliter la sortie d'uu enfant mort. Mais elle ne peut pas offrir une ressource dans les rétrécissemens extrêmes dont il s'agit ici. Audessous de deux pouces et demi , lorsque la tête a le volume ordinaire , la ponction pratiquée au crâne ne peut pas favoriser sa sortie ; elle serait felcnue par la base qui est incompressible, et qui a depuis deux pouces et demi jusqu'à trois pouces de largeur. Quelque petite que soit la tête, un rétrécissement du bassin, porté à deux pouces, est le dernier terme où Ton puisse espérer d'entraîner l'enfant au moyen des crochets, après avoir ouvert le crâne. La tête, dont la plus petite largeur est de deux pouces et demi, ne sortirait même pas, si on n'avait pas l'attention de l'engager de manière que son centre , qui est la partie la plus épaisse , ne passe pas directement entre le pubis et le sacrum. Mais si on im-
firime à la base du crâne cette direction diagonale, comme on e pratique pour le casque osseux , elle peut franchir un bassin qui offrirait moins d'étendue que sa portion centrale.
Audessous de deux pouces et demi , lorsque la tête a le volume ordinaire, audessous de deux pouces pour les têtes les plus petites, pour triompher de la disproportion, il faut, outre la perforation du crâne , démembrer les diverses pièces qui forment sa base. Or , la séparation des diverses pièces de la base du crâne , faite au moyen de tenailles , serait peut-être plus dangereuse que la gastro-hystérotoraie. Si le bassin ne présente qu'un pouce et demi, il ne suffirait pas encore de mettre la base du crâne en pièces, il serait nécessaire de morceler le tronc pour pouvoir extraire» l'enfant. L'extraction du foetus par lambeaux a des suites si fâcheuses qu'elle est abandonnée par les praticiens sages. Dans ces rétrécissement extrêmes, la maio ne peut pas pénétrer pour diriger les iustru-
mens que Ton emploie. M. Giraud rapporte qu'il l'a vu pratiquer plusieurs fois par des praticiens distingués, et que, dans deux cas , il a aidé lui-même à la faire. « Les femmes , dit-fl , ayant péri peu d'heures après cette horrible manœuvre , on vit que , chez Tune , les intestins traversaient la matrice , et que , chez l'autre , le vagin et la partie postérieure de la matrice se trouvaient étrangement déchirés. »
Les collections de bassins difformes prouvent qu'il peut se développer à la base du sacrum une exostose. La gaslro-bystérotomie peut devenir nécessaire chez la femme qui la porte , quoiqu'elle fût déjà accouchée naturellement , si elle est assez considérable pour s'opposer à la «ortie de la tète que Ton aurait saisie avec le forceps. Un exemple, rapporté par M. Mole, apprend qu'une femme qui présentait une excroissance de cette espèce , succomba, aux environs de Brest , parce qu'elle refusa opiniâtrement de se soumettre à cette opération , dont on lui avait annonce la nécessité pour la sauver, ainsi que son enfant. • '
Si les ovaires devenus squirreux , ou une autre tumeur solide formée accidentellement, assez volumineuse pour s'opposer à la sortie de l'enfant . s'engagent en même temps que la tête du fœtus dans la cavité pelvienne, la gastro-hystérotomie est encore nécessaire. Plusieurs exemples attestent que des femmes n'ont pas pu accoucher à raison de complications semblables. 11 peut aussi se développer dans l'intérieur du vagin des tumeurs squirreuscs assez volumineuses pours'opposer à la sortie de l'enfant. L'rxistence de tumeurs semblables est prouvée par l'ouverture des cadavres. Si leur base était large , comme dans l'exemple communiqué par MM. Baudelocuue et Coutouly, si elles avaient des adhéreuces étendues avec le col de la vessie, la matrice ou l'intestin rectum , l'excision de ces tumeurs ferait peut-être plus courir de danger à la mère que la gastro-hyslérotomie. Un anévrisme qui remplirait la cavité pelvienne, au point de refuser le passage au fœtus, un calcul tres-volumineux contenu dans la vessie et poussé en avant par la tête, peuvent aussi nécessiter la section de l'abdomen et de l'utérus.
Elle serait encore évidemment la seule qui pût permettre l'extraction de l'enfant, quand on saurait qu'il est mort , si, dans le commencement d'une grossesse , la matrice s'était échappée par l'une des ouvertures naturelles de l'abdomen, ou si elle s'était engaeéc daus un écartement de la ligne blanche , de manière à pendre *ur les cuisses. Si on a négligé de faire la réduction de l'utérus daos le premier moment , il est impossible de la faire lorsque l'enfant a pris de l'accroissement. Ou connaît deux ou trou exemples ou une disposition sem-
blable a rendu l'accouchement par la voie naturelle impossible. Sennert en a rapporte' un , avec assez de détail pour lequel l'opération césarienne fut pratiquée.
Dans plusieurs cas de monstruosité de l'enfant , ne serait-il pas plus avantageux pour la mère de pratiquer la gastro-hystérotomie, qui peut seule convenir, plutôt que de chercher à le démembrer dans son sein ? Les monstruosités les plus fréquentes consistent dans des adhérences que les enfans jumeaux contractent ensemble. On trouve un grand nombre d'obsenvations semblables dans les fastes de la médecine. Les Actes des curieux de la nature, Haller, dans son Traité sur les monstres, les Transactions philosophiques , beaucoup de Traités d'accouchemens en citent des exemples. M. Chaussier a décrit deux fœtus doubles. On a trouvé quelquefois plusieurs têtes sur un même tronc , ou plusieurs troncs pour une seule tête.
Quelque nombreux que soieut les exemples de monstruosité que Ton a rencontrés , on" n'a pas encore pu en déduire des règles fixes pour éclairer la conduite que l'on doit tenir pour triompher des difficultés qu'ils doivent éprouver pour franchir le bassin et les parties de la génération. D'abord il est difficile de reconnaître la nature de ces monstruosités. On est encore plus embarrassé lorsqu'il s'agit de décider si la femme pourra se délivrer seule, ou si les secours de l'art seront nécessaires. Si la nature ne peut pas se passer des secours de l'art, je pense que l'on doit, dans plusieurs cas, préférer la gastrohystérotomic au morcellement de l'enfant dans le sein de la mère.
Je conviens qu'il doit répugner de la soumettre à une opération aussi dangereuse et aussi douloureuse , et de n'avoir ensuite à lui offrir en compensation qu'un enfant difforme , et dout l'existence est extrêmement précaire. Mais si on accorde qu'elle n'est pas plus dangereuse que le démembrement des enfans, il me semble qu'on doit la préférer toutes les fois qu'ils sont vivans, quoique conformés monstrueusement. Quand les enfans ne sont réunis que par la peau ou par des parties charnues, il est possible de les séparer après la naissance. Dans le cas où l'étendue ou bien la nature des adhérences s'opposeraient à leur séparation , ils ne meurent pas toujours peu d'heures ou peu de jours après leur naissance. Il existe un exemple des plus curieux , rapporté par Linnaeus dans son Systema naturœ , de deux filles nées à Tzoni , en Hongrie , en 1701, qui étaient unies par la région dorsale , et qui ont vécu jusqu'à vingtun ans.
Il me reste à prouver qu'il existe des configurations vicieuses du bassin, dans lesquelles la gastro-hystérotomie ne pourrait pas offrir une ressource pour extraire l'enfant vivant, i °. Elle est
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impraticable lorsque la tête d'un enfant vivant a franchi , avec de grandes difficultés, le détroit supérieur qui est resserre', et qu'elle ne peut pas traverser le détroit périuéal par les seuls efforts de la nature , ni nar le moyeu du forceps. L'obstacle peut dépendre de ce que les deux détroits sont en même temps rétrécis dans leur diamètre anléro-postéricur , ou bien de ce que , pendaut que le détroit supérieur est resserré , le rapprochement des tube'rosités ischiatiques est assez considérable pour rendre la sortie de la tête impossible, avant d'avoir diminué le volume du crâne par une ponction. On ne pourrait prendre le parti de sacrifier l'enfant , qu'autant qu'il n'y aurait point de moyen de l'extraire, sans exposer manifestement les jours de la mère. Mais si , dans ce vice de conformation, ainsi que dans ceux dont je vais faire mention , la gastro-byslérotomie est inadmissible , la section du pubis peut offrir une ressource , comme je le prouverai en traitant de cette opération.
On rencontre rarement, à la vérité, une disposition du bassin dans laquelle les deux détroits soient en même temps rétrécis dans leur diamètre antéro -postérieur : elle est néanmoins prouvée par l'ouverture des cadavres. On observe un rétrécissement dans le diamètre d'avant en arrière des dt'troits supérieur et inférieur, toutes les fois que le sacrum offre un excès de courbure dans l'excavation. Dans celte conformation particulière du bassin, la pointe du coccyx est tellement rapprochée de l'arcade du pubis , qu'il est impossible que la tète traverse le détroit périnéal lorsqu'elle viendra s'y présenter. La hauteur de l'arcade devenant moindre à raison du prolongement du sacrum , la tête se trouve arrêtée par cet obstacle , avant que l'occiput puisse s'engager.
On pratiquerait eu pure perte la gastro-hystérotomic dans l'un et l'autre de ces vices de conformation. En effet , pour qu'elle pût offrir une ressource da'ns cette circonstance, il faudrait que la tête put rétrograder. Or il est impossible de ia repousser audessus du détroit abdominal , lorsqu'elle n'est parvenue dans l'excavation qu'en éprouvant une réduction considérable entre les deux protubérances pariétales. Pendant son séjour dans l'excavation , elle reprend sa première épaisseur, parce qu'elle n'est plus comprimée sur les cotés. D'ailleurs, la pression qu'elle éprouve de la base au vertex, pendant les efforts auxquels se livre la femme pour la chasser hors du bassin , tend à lui restituer son épaisseur naturelle. Pour la remonter, il faudrait donc, par des efforts exercés par la main seule , la déprimer de nouveau de la même quantité entre les deux protubérances pariétales : or, la main seule ne saurait opérer une réduction semblable. Si, pour la forcer à s'affaisser , on exerce des tractions sur le tronc , il est évident
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que des tractions suffisantes pour produire cet effet donneraient la mort à l'enfant. Ou voit daus une observation rapportée par M. Baudelocque que , dans un cas semblable , un homme vigoureux tira de toutes ses forces sur le tronc , sans pouvoir réussir à remonter la tête.
S'il existait un enclavement de la tête, soit suivant sa longueur, soit suivant son épaisseur, assez considérable pour s'opposer à ce qu'on pût l'entraîner au moyen du forceps, ou la remonter audessus du détroit, la gastro-hystérotomie ne pourrait pas offrir une ressource pour extraire l'enfant vivant. La possibilité d'un enclavement aussi eiact est prouvée par l'observation. L'incision de l'abdomen et de la matrice procurerait seulement l'avantage de pouvoir saisir le tronc, et d'exercer dessus des tractions dans la vue de dégager la tète. Ou l'effort que l'on exercerait serait insuffisant pour produire cet effet, s'il était modéré, ou bien il donnerait nécessairement la mort à l'enfant , s'il était assez fort pour triompher de la résistance.
La gastro-hystérotomie est encore inadmissible, quoique le tronc soit au dehors, si la tête trouve, lorsqu'elle est parvenue dans l'excavation, un obstacle insurmontable à sa sortie dans l'étroitesse de l'un des diamètres du détroit périnéal. Dans cet cas , le détroit supérieur est censé suffisamment évasé pour ^ que la tête puisse aisément rétrograder. Dans cette circonstance, l'enfant serait très-probablement entièrement sorti delà matrice. Mais, dans l'hypothèse même où la tête serait encore enveloppée par le col qu'elle aurait entraîné avec elle , cette opération serait également contre-indiquée. 11 serait impossible de faire rentrer les épaules dans l'utérus. Ce serait en pure
Îerte que l'on aurait fait courir à la mère les dangers annexés cette section.
Quelques exemples prouvent qu'il peut aussi arriver, lorsque l'entant se présente par les pieds , que la tète s'engage assez étroitement entre le pubis cl le sacrum , pour qu'on ne puisse pas l'entraîner avec le forceps , ou la remonter, à l'aide de ce moyen , audessus de la marge du bassin. On ne réussirait pas davantage, après avoir incisé l'abdomen et l'utérus, à dégager la tête, dans un enclavement aussi exact que celui que j'admets ici avec la plupart des accoucheurs. Les difficultés seraient les mêmes , soit qu'il existât suivant la longueur de la tête , soit selon son épaisseur. Ici on ne pourrait pas s'aider de tractions exercées sur le tronc j il ne suffirait pas de parvenir à dégager la tête , il faudrait encore réussir à faire rentrer les épaules dans l'utérus. Outre que des tractions, assez fortes pour produire cet effet, donneraient nécessairement la mort à l'entant, que je suppose encore vivant , il est preque certain que les
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tentatives que Ton ferait seraient infructueuses, tant il est difficile d'agir sur la tète parvenue dans l'excavation. On déchirerait plutôt le col que de rentrer les épaules.
Si la tête se présente dans cette circonstance par la base du crâne , parce que l'enclavement a lieu suivant son épaisseur , on ne peut pas espérer de l'affaisser au moyen des iustrumens qu'on emploierait pour l'extraire. Celte partie est incompressible.
On ne peut même pas toujours , en serrant la base du crâne entre les serres du forceps , se promettre d'obtenir l'affaissement de la voûte osseuse nu niveau de la base. La tuméfaction de la tête produite par la ligature qu'exerce sur clic le détroit supérieur, augmente encore les obstacles dans cette circonstance. Aussi dans quelques cas on a pu réussir à déplacer la tète après la mort de l'enfant , tandis qu'on n'avait pas pu y parvenir pendant qu'il était vivant, parce que sa mort en avait procuré l'affaissement, et favorisé la dépression.
La perforation même du crâne serait insuffisante pour faire cesser les points de contact , si la base était étroitement enclavée. En effet , cette ponction produit uniquement l'aplatissement de la voûte. La disproportion qui existait entre le bassin et la base du crâne reste la même ; cette dernière qui n'est **»|)as réductible , résisterait encore aux efforts que l'on exercerait pour l'entraîner. Pour diminuer la largeur de la base il faudrait mettre en pièces ou désunir les parties qui la forment. N'aurait-on pas plus à craiudre pour la mère qu'elle ne périt victime.de cette manœuvre , que si on avait recours à la section du pubis pour faire cesser les points de contact ? Mais l'examen de cette question appartient à l'article sjmphyséolomie , auquel je renvoie le lecteur. ■
Le succès de la gastro-hystérotomie , lorsqu'on a reconnu sa nécessité , dépend beaucoup plus qu'on ne le pense du moment où on la pratique , et des précautions qu'on observe. Si on n'aperçoit aucune disposition dans la tête qui indique qu'elle doit se mouler à travers la filière rétrécic du bassin , le moment ieplus favorable pour y recourir serait celui où les douleurs sont assez fortes pour opérer l'expulsion du fœtus par les voies naturelles , si l'étrx>itcsse du bassin ne s'y opposait pas. On a deux écueils à éviter : opérer trop tôt , ou le faire trop tard. En différant trop , le secours que l'on administre peut être inutile à l'enfant qui est mort victime de la violence du travail. Les efforts auxquels se livre la femme peuvent l'épuiser, ou produire l'inflammation de la matrice et des viscères du bas-ventre : on lui faii courir les dangers d'une rupture de matrice. Si on attend, pour opérer, que la femme soit épuisée, on a à redouter une hémorragie grave , parce qu'il peut
G AS 455 arriver que la matrice ne se contracte pas après la section. En ope'rant trop de bonne heure , il pourrait arriver qu'on y eut recours dans des cas où les efforts de la nature auraient sufti pour mouler la tête.
Tous les auteurs conviennent que Ton doit attendre que le travail soit assez avancé pour que l'orifice, de la matrice soit suffisamment entrouvert pour permettre l'issue facile des écoulemens; on exige aussi, avec raison, que les douleurs aient acquis le degré d'intensité convenable pour l'expulsion du fœtus par les voies naturelles. A celte époque la matrice est plus disposée à revenir sur elle-même après l'extraction de l'enfant.
Mais une fois que la force et la continuité des douleurs ne permettent plus d'espérer que la tète pourra se mouler à travers la filière rétrécie du bassin , les auteurs ne sont plus d'ac» cord sur le temps où il convient d'opérer. L'opinion de ceux: qui veulent qu'on y procède avant 1 écoulement des eaux me paraît la mieux fondée. Si la poche des eaux est encore entière, on risque moins, en ouvrant la matrice, de blesser l'enfaut qu'elle renferme en opérant avant que les membranes «oient rompues ; on a moins à craindre qu'il survienne une hémorragie abondante, puisque l'incision que l'on fait sur le corps de la matrice intéresse un plus petit nombre de vaisseaux , que si on ne l'eût pratiquée que lorsque ce viscère aurait été iortement contracté sur le corps de l'enfant. La femme n'étant pas épuisée, puisqu'on a évité de trop différer, on n'a pas à craindre que la déplétion subite qui surviendra au moment de la division amène un état d'inertie propre à la favoriser.
On doit préalablement vider la vessie qui pourrait gener pendant l'opération , en cachant la matrice au devant de laquelle elle s'élèverait. Avant de soumettre la femme à celle opération , la saignée, les bains, peuvent être indiqués pour en assurer le succès , si elle est robuste.
L'appareil consiste dans deux bistouris dont un convexe sut le tranchant , et l'autre droit ou courbe , mais terminé par un bouton , dans une pince pour saisir les vaisseaux , et des aiguilles armées de fils cirés pour les lier , ou bien pour prati-
2uer la gastroraphie dans le cas où on la jugerait nécessaire; ans un crochet destiné à appliquer l'utérus contre la paroi interne de l'abdomen, afin d'éviter Pépanchement du sang et des eaux dans cette cavité. Les pièces d appareil destinées au pansement consistent dans une éponge fine , des eaux spiritueuses, des vases d'eau froide dans lesquels on doit mettre quelques gouttes d'eau vulnéraire ou de vinaigre , dans de la charpie ; des compresses et un bandage de corps.
Pour opérer, on place la ïemme sur un lit garni de matelas fermes ; et d'alèses pour la garantir des liquides qui 17 atf
s'écouleront pendant U seclion. Les alèses retirés , elle se trouve à sec , et on n'est pas obligé de la déplacer aussitôt après 1'opératiou. On élèvera le Lit proportionnellement à la hauteur de l'opérateur, pour qu'il ne soit pas gêné. On doit avoir l'attention , pour rendre l'abdomen plus saillant , de placer ou coussiu sons les lombes. La femme sera couchée sur le bord de son lit et horizontalement , les cuisses à derai-fléchics , la tête et ta poitrine médiocrement élevées.
Des aides sont nécessaires pour fixer les membres de la femme et le bassin ; un autre doit être employé à donner les insirumens à l'opérateur , et à placer les ligatures. Ceux qui tiennent les membres supérieurs fixeut d'une main l'utérus , et ceux qui tiennent les membres inférieurs fixent de l'autre le bassin.
Ou incise ensuite les tégumeos , les muscles et le péritoine dans une étendue de cinq à six pouces de long Mais les praticiens ne sont pas d'accord sur l'endroit de l'abdomen où il est le plus convenable de faire l'incision extérieure , et sur la direction qu'on doit lui donner. Trois modes principaux oui été proposés : on a donné le uom de section oblique et latérale à la méthode la plus antienne, dans laquelle l'incision se pratique sur les côtés du ventre , et dans nue direction oblique -9 on a désigné sous le nom de section à la ligne blanche , le procédé dans lequel , pour mettre l'utérus à découvert , oa incise l'abdomen en commençant audessous de l'ombilic jusque deux pouces audessus de la symphyse du pubis ; dans la troisième méthode , on incise l'abdomen sur l'un des côtés dans une direction transversale de cinq à sis pouces de long; on a donné le nom de Lauverjai à ce procédé , quoiqu'il n'en soit pas l'inventeur, parce qu'il Ta fort bien décrit et qu'il l'a érigé eu méthode. Il convient aue la seclion transversale a été pratiquée avec succès par plusieurs praticiens avant lui.
Pour décider quel est celui de ces modes de pratiquer la section des enveloppes du bas-ventre qui mérite la préférence f il faut avoir égard à la direction dans laquelle les parties ont été coupées. Quel que soit celui que l'on adopte, le succès de l'opération sera plus assuré si on opère pendant que l'utérue est encore distendu par les eaux.
De grands inconvéniens sont attachés à la section latérale et ohliaue de l'abdomen. On fait l'iucision , tantôi à droite , tantôt a gauche , mais toujours de préférence sur le côté du bas-ventre où le fond de l'utérus s'est incliné. Les trois muscles abdominaux et les aponévroses sont coupés en travers : d'où il résulte nécessairement que l'écartemeul des lèvres Je la plaie est plus considérable , et que la femme est plus sujette aux heruiçf co**ç'cuJÛvcs. J*es û>es divisées do y t la di-
GAS 455 rcction est différente tiennent , en se rétractant, la plaie beauté. Il peut survenir une hémorragie grave si on divise quelque* branches de l'artère épigaslrique , dont la section est difficile à éviter dans ce mode. L'utérus est incisé longiludinalement et près de sa ©artie inférieure , ce qui permet aux lochies de tomber dans I abdomen , parce qu'il ne reste plus en bas une cavité assez vaste pour les contenir : la rétraction de l'utérus après l'opération, augmente l'écarlement des lèvres de la plaie; ce qui contribue encore à faciliter Pépancheraent des lochies dans l'abdomen. Lorsqu'on incise l'utérus en long , on court les risques d'intéresser la trompe et l'ovaire , si on' n'a
ris l'attention d'amener sa face antérieure sous l'incision faite l'abdomen , dans le cas où, à raison de son obliquité, ce viscère aurait éprouvé une torsion qui aurait porté ses faces à droite ét à gauche, et ses bords , l'un en avant , et l'autre en arrière; dans ce cas l'incision porterait nécessairement sur un de ses bords , et exposerait la femme à une hémorragie grave parce qu'elle diviserait les troncs des vaisseaux qui arrosent cet organe.
La section à la ligne blanche, que quelques autéurs ont proposé de substituer à la section oblique et latérale de l'abdomen , expose la femme à une partie des accidens annexés a cette dernière méthode. Si la matrice est oblique , l'incision peut porter sur un de ses bords , et même diviser la trompe ou 1 ovaire , si on n'a pas l'attention d'amener la face antérieure de cetorçane sous l'ouverture faite à l'abdomen , comme lorsqu'on opère sur un des côtés du bas-ventre. La réduction de 1 utérus se faisant également de bas en haut , les bords de son incision n'ont pas plus de disposition à se rapprocher. La réunion des bords de la plaie faite aux tégumens, doit être plus difficile à obtenir, parce que lorsque les muscles larges au basventre se contractent, leur action se passe principalement sur la ligne blanche dont ils tendent à écarter les fibres.
Ceux qui accordent la préférence à cette méthode, se fondent sur ce qu'on a moins de parties à couper, et sur ce que l'utérus se présentant à découvert à l'ouverture, on peut ^inciser dans sa partie supérieure. En ouvrant la matrice dans sa partie la plus élevée , quoique la plaie reste béante , on a moins à craindre que les lochies s'épanchent dans le bas-ventre : la partie inférieure de ce viscère peut leur servir de réservoir jusqu'à ce qu'elles puissent s'échapper par le col. Pour inciser l'utérus à cette hauteur, on doit prolonger la plaie extérieure jusqu'à l'ombilic et même audessus, en le laissant à droite ou à gauche, selon l'espèce d'obliquité qui existe. Lorsqu'on iucisc la matrice près de son fond , son ouverture correspond un peu pins longtemps à celle des enveloppes extérieures. Mais , à mo'n<
qu'elle ne contracte avec elles des adhérences , elle ne tarde pas à se rapprocher du pubis , à mesure qu'elle se contracte. Dans toutes les méthodes, au bout de quelques jours, si la matrice n'a pas contracte' des adhérences avec l'abdomen , sa réduction est telle que l'on peut à peine la palper audessus du pubis. Dans la section de i'apone'vrose médiane, il reste un écarlemcnt conside'rable dans lequel s'engagent l'épiploou et les intestius qui donnent lieu à une hernie qu'on appelle eV<?ntration.
La section transversale me parait sujette à moins d'inconvéniens j je dois cependant avouer que les avantages qu'elle présente sont moins grands qu'on pourrait le croire d'abord , et qu'on a également obtenu des succès par les autres modes de pratiquer la gastro-hystérotomie. Dans cette méthode on fait, sur l'un des cotés de l'abdomen , uue incision transversale de cinq à six pouces de long , entre le muscle sterno-pubien et la colonne vertébrale , plus ou moins haut, selon l'élévation de l'utérus. On la pratique de préférence sur le côté où ce viscère s'est incliné , parce qu'on le met mieux à découvert. Dans ce troisième mode, les fibres du muscle transverse sont plutôt écartées que coupées ; les hernies doivent être moins fréquentes et moins volumineuses , parce que l'incision des enveloppes extérieures ne s'étend pas vers la partie inférieure de l'abdomen , où les intestins ont plus de tendance à se porter. Il est plus facile d'obtenir le rapprochement et la réunion des bords de la plaie extérieure, qui sont favorisés par la position qu'on donne à la femme après l'opération. En effet, les fibres divisées font peu d'effort pour s'écarter, tandis que lorsqu'on incise sur les côtés du ventre ou à la ligne blanche, les muscles divisés, tendent à se retirer. L'incision transversale favorise aussi le rapprochement des bords de la plaie de l'utérus , puisque ce viscère se contracte de bas en haut. Dans ce troisième mode, l'utérus étant incisé en travers , et dans sa partie supérieure, il reste audessous une cavité assez large pour recevoir les lochies , jusqu'à ce qu'elles puissent sortir par l'ouverture naturelle , dont on sollicite la dilatation au moyen du doigt. On ne court pas les risques de couper la trompe el l'ovaire , parce que , dans ce mode d'opérer, on incise audessus de leur origine. On a moins à craindre d'ouvrir les troncs des vaisseaux qui se trouvent sur les côtés j ce qui constitue une des choses les plus essentielles à éviter.
Quoique je vienne d'établir que la section transversale mérite la préférence, je conviens cependant qu'il est plus indifférent, que né le pensent plusieurs auteurs, d'inciser l'utérus dans' son fond ou dans la partie la plus déclive, en long ou en travers. Comme je l'ai dit dans mon ouvrage, de quelque ma-
GAS 4*7 wièrc que Von procède à l'ouverture de l'abdomen, et quel que soit le lieu où on la pratique , que l'on divise l'utérus dans son fond ou dans sa partie inférieure , on ne peut pas préserver la femme de l'inflammation de la matrice , et surtout de celle du péritoine, qui est la vraie cause des épancheraens puriformes qui se font dans l'abdomen. C'est à celle double phlogose que l'on doit attribuer tout le danger de la gaslro-hyslérotomie. Or, en ne peut le diminuer par aucun de ces procédés. Eu cherchant à décider quelle est la méthode opératoire qui mérite la préférence , j'ai admis , avec les auteurs , que les épancheinens que l'on trouve dans l'abdomen des femmes qui succombent a la suite de cette opération , sont fournis par les lochies qui passent dans cette cavité à travers l'incision de l'utérus qui reste béante. Cette opinion me parait peu fondée. On doit attribuer ces épanchemens à l'exudalion qui se fait à la surface de la membrane séreuse de l'abdomen qui est enflammée. Il n'y a point d'écoulement des lochies lorsqu'il existe une Inflammation de la matrice et du péritoine. C'est à ces deux accidens, que Ton ne peut pas prévenir, que l'on doit attribuer la mort de la femme, et nullement à l'épauchement des lochies dans le bas-ventre.
Une fois que la peau et le tissu cellulaire sont incises dans une éteudue de cinq à six pouces de long, quelle que soit la direction, que l'on ait jugé convenable de donner à la division extérieure, on doit percer la paroi abdominale vers un de ses angles. On doit préférer l'angle inférieur, parce qu'à mesure que l'on prolonge l'incision de bas en haut, les parties ne sont pas masquées par le san«;, et on n'a pas à craindre que les viscères viennent s'engager dans la plaie , comme cela arriverait si on incisait de haut en bas. On introduit ensuite , par cette ouverture , l'indicateur' gauche le long de la face palmaire duquel on fait glisser un bistouri boutonné pour inciser les* muscles et le péritoine dans la même étendue que les tégumens. L'opérateur doit préférer son doigt à une sonde canelee : il garantit plus sûrement l'utérus, l'épiploon et les intestins.
Cette incision pratiquée, on insinue la main gauche dans l'abdomen , afin d'écarter les viscères qui se trouvent au devant de l'utérus. Si cet organe a éprouvé une torsion , on a le soûl de la diriger de manière que la face antérieure réponde à l'ouverture faite à l'abdomen. On donne à la division de l'utérus une longueur et une direction correspondantes à celle de la plaie extérieure. Pour la pratiquer, l'opérateur doit fixer l'utérus dans sa régiou inférieure avec le pouce et l'iudicateur gauche.
En même temps l'aide, dont l'une des mains est placée au-
dessus de l'ombilic » pour fixer la matrice , doit exercer W1« pression pour rapprocher son fond de la; plaie extérieure. Qunnd on a cette attention , ainsi que celle oe prolonger davantage l'incision exte'ricure du côte' de l'ombilic que vers la symphyse du pubis , on peut l'ouvrir plus près de son l'end. Or, la plupart des auteurs regardent l'incision de la matrice daus sa partie supérieure comme la plus convenable pour prévenir l'épauchcment du sang dans l'abdomen. La plaie de l'utérus correspond plus longtemps à la plaie extérieure.
Le bistouri que l'on emploie doit être convexe. Lorsque l'incision a un pouce d'étendue environ , on doit porter l'indicateur entre l'utérus et les membranes, que l'on a la précaution de ne pas ouvrir. On l'agrandit ensuite en recourant an procédé que j'ai indiqué pour la section des muscles abdominaux et du péritoine.
Lorsqu'on aperçoit les membranes , on dok les diviser avec beaucoup de précaution pour ne pas blesser l'enfant. De* Welles sont ouvertes, on doit introduire sur-le-champ l'indca de la main gauche à travers la petite ouverture que l'on a pratiquée ; il sert à soulever l'utérus et a l'appliquer contre la paroi abdominale; il sert aussi à diriger le bistouri boutonné que l'on emploie pour terminer la section qui se fait alors de dedans en dehors. Afin d'éviter l'épancbement du sang et des eatrs dans l'abdomen après la section , on peut remplacer le doigt par on crochet mousse placé dans un acs angles de la plaie de l'utérus que l'on confie à un aide, que l'on charge de maintenir son ouverture de niveau avec la division extérieure.
Si le placenta adhère à la portion de la matrice que Ton ai incisée, on doit préférer de le détacher pour aller rompre les membranes, plutôt que de le diviser avec le bistouri. La manière dont on procède à l'extraction de l'enfant présente de légères différences , selon qu'il offre la téte , les fesses , ou qu'il est situé en travers. L'operateur a l'attention , dans fou» les cas , de tirer les grands diamètres du tronc , des épaules et de la tête, parallèlement à la longueur de la plaie. On délivre avec les mêmes précautions qu'on le ferait par la voie naturelle. Il est inutile de tracer des règles pour cette partie de l'opération.
Si la matrice se contracte après l'opération , il est rare qu'il survienne une hémorragie assez abondante pour inquiéter , à moins que l'incision n'ait été faite sur les côtés de l'utérus ; mais si on a attendu , pour opérer , que la femme fut épuisée, le sang coule abondamment , quoique l'incision ail été faite dans le milieu de la paroi antérieure , parce que la matrice reste molle et sans action. Pour ranimer l'action de cet organe, on doit porter la main dans l'intérieur pour l'agacer et retirer
G AS tfg
le* CâîlloU qui auraient pu se former dans* 5.1 Cavité. Il serait utile, comme le recommande M. Baudelocque, «fentroavrir ea même temps rorifice avec le doigt que l'on passe à travers. On facilite par là' l'issue du sang qui continuerait à s'amasser dans la cavité de l'utérus. Si l'hémorragie persévère et inspire* de l'inquiétude , on lave les lèvres de la plaie avec de I eau? froide rendue styptique par l'addition du viuaigre ou de l'eaU vulnéraire, éf ou injecte les mêmes liquides dans l'intérieur, comme on le pratique pour les perte* par inertie, qui surviennent anrès l'accouchement. La conduite à tenir serait \st thème si l'hémorragie ne se déclarait que quelque temps après* l'opération , comme on l'observe à la suite des couches.
Avant de s'occuper du pansement de la femme, on corn-» mence par réduire les partie» qui auraient pu sortir par fa» plaie , ou s'engager dans l'utérus ; on doit procurer l'issue du* sang et des eaux épanchés dans l'abdomen. Il est rare que la? situation que l'on donne à la femme suffise : des injections* adoucissantes sont très-convenables pour nettoyer la surface des* viscères.
Pour procurer la réunion de la plaie extérieure , doit-Urt rV borner à la situation que l'on donne à la femme , ou bien doiton pratiquer la gastroraphie ? Si on accorde la préférence à? l'incision transversale , la position seule suffit pour favoriser le* rapprochement des lèvres de la plaie. Il est important que , dans le premier moment, il ne soit pas trop exact. Une réunion trop prompte des lèvres de la plaie s'opposerait à l'issue du sang et des écoulemens fournis par la* matrice. Quoique , dans les incisions longitudinales, la position de la femme soit moins propre à favoriser la réunion des parties divisées, la gastroraphie n'est pas pour cela nécessaire. Il est utile que la plaie reste tant soit peu béante pour permettre l'issue des matières épanchées dans l'abdomen. Aussi la plupart des praticiens qui ont jugé convenable de pratiquer la suture , ont eu l'attention d'entretenir un écoulement, en plaçant une bandelette cfïilee au bas de la plaie. La gastroraphie augmente Ta' douleur, en pure perte j et lorsqu'on y a eu recours après la* gastro-hystérotomie, on a souvent été obligé de la détruire* , parce oHie les fils coupaient les bords de la plaie. H suffit de* recouvrir la plaie avec un plumaceau et des compresses qtiff Von maintient avec un bandage de corps. On doit enlever l'appareil plusieurs fois dans les vingt-quatre heures, sans quoi if s'opposerait à l'issue des écoulemens qui sont très-afcondans dans cet instant.
Le parallélisme qui existe* entre la plaie de l'abdomen et cellede l'utérus , avant l'ouverture des membranes , cesse bientôt après que les eaux sont écoulées. Pour qu'il puisse subsister ,
ou a conseille de favoriser les adhérences de la matrice avec les bords de la plaie. Outre l'avantage de s'opposer à un c'panchement dans 1 abdomen , on n'a pas à craindre , lorsqu'elles ont lieu, la formation des hernies. Je pense, au coutrairc, que les adhérences de la matrice avec cette partie, ou avec les intestins , seraient nuisibles. Elles s'opposeraient à ce qu'on, puisse faire des injections par la plaie , qui deviennent quelquefois nécessaires pour entraîner les matières putrides ; elles sont par la suite une source de douleurs pour la femme , toutes les fois qu'elle fait une chute, ou qu'elle c'prouve une secousse violente. Le poids seul de la matrice suffit pour occasionner des tiraillcmens douloureux Si la femme devient grosse de nouveau , ces adhe'rcnces se détruiront infailliblement , et donneront lieu à des hc'morragies. Il faut, à l'imitation de M. Bacqua , de Nantes, les détruire toutes les fois qu'elles tendent à se former : quand on a cette précaution , on a bien plus d'es-
5oir de sauver la femme, parce que rien ne s'oppose à l'issue es fluides épanchés.
Pour assurer le succès de la gastro-hystérotomie , quelques auteurs ont conseillé de tenir le col constamment ouvert. Cette dilatation procure, suivant eux, la facilité de faire dans l'utérus des injections adoucissantes et narcotiques; elles tout utiles pour faire cesser le spasme et l'érétisme dont cet organe est atteint, et pour favoriser l'écoulement des vidanges. Dans les
Sremicrs temps de l!opération, il serait plus facile et plus sage e les faire par la plaie de la matrice : outre la clôture de l'orifice , il serait difficile de l'atteindre et d'y insinuer le syphon de la seringue, s'il est déjetéen arrière. *
Pour se ménager la facilité de faire ces injections pendant toute la durée du traitement , Rousset et Ruleau , qui sont les premiers qui aient écrit sur cette opération, avaient conseillé d'introduire une sonde dans le col ne la matrice. Ce procédé, conseillé de nos jours, par M. Tarbés, de Toulouse, pour s'opposer à la clôture du col , me parait un moyen dangereux. Sa présence serait très-propre à augmenter le spasme et l'irritation de l'utérus qui sont la cause du défaut d'écoulemcns, plutôt que l'oblitération du col , qui d'ailleurs n'est que la suite de cet état pathologique. La bandelette effilée que Baudelocquc conseille de passer à travers le col serait moins dangereuse , mai* elle ne serait pas plus utile pour favoriser l'écoulement des lochies. Ceux à qui cette idée s'est présentée n'auraieut pas tardé à la rejeter s'ils avaient considéré que la cause qui produit le resserrement du col , s'oppose en même temps à cette sécrétion de la matrice ; en sorte qu'il ne suffirait pas d'entrouvrir le col pour obtenir l'écoulement des lochies; il fendrait en outre combattre l'inflammation de l'utérus, qui
s'oppose à ce qu'il ait lieu. Dans cette vue on doit employer un traitement antiphlogislique proportionné à la vigueur de la femme , et l'engager à donner le sein à son enfant. On détourne par là les humeurs de se porter en trop grande quantité vers le bas-ventre et la matrice. La femme doit porter par la suite un bandage, pour éviter les hernies consécutives.
(CAEOIEIf)
GASTRO-PYLORIQUE , adj. , gastro-pyloricus. On appelle ainsi , dans la nouvelle nomenclature anatomique , l'artère que les anciens manuels désignent sous le nom de pjlorique. Voyez ce mot. (joubdan)
GASTRORAPHIE , s. f. , gastroraphia ; formé de ya.(rhpt ventre , et de paçà , couture. Ce mot, dérivé du grec , signifie donc littéralement suture du^ ventre, ou de l'abdomen. On appelle, en effet , gastroraphie dans la langue des opérations de chirurgie , l'espèce de suture qu'on peut être appelé à pratiquer, pour la réunion de certaines plaies pénétrantes du ventre , qui intéressent les régions antérieures ou latérales de cette cavité.
Galien (Method. med. , lib. v, cap. 4; Charter., tom. x, p. 140 et 14O» Celse {De rc med. , lib. v , cap. 16); la plupart des anciens , et presque tous les chirurgiens des temps modernes, qui ont précédé l'époque de l'art, fixée par les travaux de l'Académie royale de Chirurgie , décrivent la gastroraphie, et la préconisent comme un moyen nécessaire, dans la plupart des plaies pénétrantes du bas-ventre. Mais, d'autre part , Pibrac (Mémoire sur Vabus des sutures , tom. m de9 Mémoires de l'Académie royale de Chirurgie , édit. in-/f. ) ; et Louis , dans ceux de ses mémoires , insérés tome îv du même recueil , se sont tellement élevés sur les inconvéniens généralement attachés à toutes les espèces desulurcs, quepeu s'en faut que la gastroraphie n'ait elle-même paru , depuis eux , devoir être bannie des procédés de la chirurgie; Lassus ( De la médecine opératoire , 1. 1 , p. 222 , m-8°. ; Paris , an 3) , tout en décrivant cette opération , semble avertir que ce n'est que par une sorte de condescendance pour ceux qui voudraient absolument la pratiquer
Observons , toutefois , touchant cette sorte de controverse a laquelle la gastivraphie parait avoir donné lieu , que , s'il est incontestable que les anciens en ont fait un grand abus , et
Su'il soit bien reconnu que l'on peut s'en passer, à l'avantage es malades , dans une foule de plaies pour lesquelles nos devanciers l'employaient , il est également vrai que certains cas en réclament indispeusablement l'usage j et qn'ainsi ce moyeu ne saurait être rejeté de la pratique chirurgicale. Rematquon seulement que les accidens , presqu'inséparables de toute es-
44* Cas
pèce de suturé ( Voyez ce mot) , e'tant communs à la gastroraphie, on ne se décidera à pratiquer cette ope'ration que dan 5 un petit nombre de cas particuliers ; et cela moins dans la vue que les points «Je sutnre qui traversent les lèvres de la plaie, puissent s'opposer aux forces organiquescoutrarliles qui tendent a écarter l'un de l'autre les bords de celle-ci , que comme un moyen de s'opposer à l'issue imminente des organes abdominaux , et aux îoconvéuicns plus ou moins graves «fui dépendent decctte circonstance. V f>7*ez abdomen et plaies du ventre.
On devra donc recourir à la gastroraphie dan» les plaies pénétrantes du ventre , énormes , très-étendues , et plus ou moins1 «régulières ou à lambeaux , dans lesquelles la situation qu'on donne au malade , les emplâtres agglutinatife et le bandage unissant , paraîtraient décidément insuffisans, pour s'opposer à ta sortie des organes contenus , et notamment à l'issue des intestins , qui ont , dans toute éventration • comme on sait , une tendance si marquée à s'engager; en manière de corn , entre les lèvres de la plaie. Un coup de corne de taureau, une* aile de moulin , un instrument tranchant , comme un sabre , sont les causes qui peuvent produire des plaies de cette espèce, et les seules qui puissent donner lieu à pratiquer la gastroraphie. On avait bien encore placé l'opération césarienné {Voyez césarienne, et surtout ityst êrotomie), parmi les circonstances qui exigeaient la suture du ventre; mais, suivant les remarques de Pibrac (mémoire cité) , et l'auteur de l'article* Césarienne de l'ancienne encyclopédie, les îneonvéniens qnr ont constamment accompagné la gastroraphie , pratiquée pour1 <fe cas , doivent engager les praticiens à* renoncer alors à son eniploi.
Les auteurs font connaître trois manières denraliqucr te gastroraphie : l'une porte le nom de suture de Galien. Nous ne ilous en occuperons pas , parce qu'elle est tombée en désuétude ; nous rappellerons seulement que son auteur ( Vofet Galien , loco citato) , lui attribuait l'avantage particulier de favoriser la réunion du péritoine avec le bord opposé de !a plaie des tégumens et dès muscles. Les deux autres sont connues sous les dénominations de suture entrecoupée et de j»tttre enchevillée ; toutes les deux ont l'avantage à peur près égal de favoriser la réunion de la plaie dans toute son épaisseur , ét par-là de donner à la cicatrice autant de consistance que possible , ce qui fait qu'elle résiste , avec plus ou moins d'efli^ cacité , à la formation de la hernie ventrale consécutive , affection à laquelle le malade est , comme on sait , communément expose en pareil cas.
Quelle que soil l'espèce de gastroraphie qu'on veuille pratiquer , le malade couche sur le dos , et rapproché dn bord de
s<$n Ht qm éorrespend à la pfcrie , sera placé de maniéré à ce que la paroi antérieure de son ventre soit dans le relâchement. On se sera motii et d aiguilles courbes d'nne grandeur convenable , tories , tranchantes et bien acérées, à cause de la grande résistance des parois abdominales ( Voyez aiguille et suture) , et d'autant de cordonnets , (ormes de plusieurs brins de fils cire's et accolés parallèlement les uns aux autres , que l'on se propose de pratiquer de points de suture y on se procuvera encore des compresses longuettes j et , de plu» , si l'on veut faire la suture encheviilée , Pou ajoutera à l'appareil des petits rouleaux de taffetas gommé ou d'emplâtre de diachylon gommé: cela posé, i*. s'agit-il de pratiquer la suture entrecoupée , nommée encore à points séparés, le chirurgien, après avoir armé d'une aiguille ks deux extrémités de chaque cordonnet dont il s'est muni , place dans la main droite Tune de ces aiguilles , qu'il tient fixement entre la paume de la main , le pouce et le doigt indicateur , de manière que la pulpe de ce dernier recouvre et dépasse un peu la pointe de l'aiguille ; tandis que , d'autre part , introduisant lé doigt indicateur de la main gauche dans la plaie , il soulève et pince le bord de celle-ci f qui lui est opposé , entre ce doigt et le ponce destiné à assu jétir les t eau mens sur lesquels il est appliqué : il porte alors t'aiguille, qu'il tient de la main droite , dans le ventre , sans crainte de bjesser les parties contenues dans cette cavité , et il engage sa pointe sous le péritoine à une distance convenable des anglesde la plaie et à six lignes environ de son bord , ce qui varie , d'ailleurs , en plus ou en moins , suivant l'épaisseur de la paroi abdominale. La pointe de l'aiguille étant une fois engagée r on retire un peu en arrière le doigt indicateur , qui lui a servi de conducteur , en môme temps qu'on le place en travers snr la convexité de cet instrument : pressant alors sur l'aiguille avec une force suffisante , et par un mouvement d'élévation de la totalité de la main sur le poignet , sa pointe traverse bientôt de dedans eu dehors le péritoine , les muscles et les tégument , alors même que son talon est déprimé par l'espèce de mouvement de bascule que subit l'instrument dans sa totalité. Il est quelquefois nécessaire d'employer nne force considérable pour faire surmonter à l'aiguille la résistance que lui opposent les parties qu'elle traverse; ou favorise d'ailleurs son action en appuyant avec le pouce de la main gauche sur les tégumens près du lieu par lequel cet instrument doit sortir : il va d'ailleurs sans dire que l'on veillera à- ce que l'aiguille traverse directement et sans obliquité , l'épaisseur de la paroi abdominale , résultat qu'on n'obtient qu'en dirigeant cet instrument bien perpendiculairement à la surface sur laquelle il agit. Aussitôt que la pointe de l'aiguille a franchi le niveau de la peau, la main gauche, qui s'en
saisit , la tire enhaut jusqu'à ce que toute l'aiguille et la partie dm cordonnpt quil a suit aient été dégagées. On enlève ensuite cette aiguille qui devient désormais sans objet. Portant alors de nouveau le doigt indicateur de la main gauche, tournée en
Îironation , dans la plaie , le chirurgien en soulève le bord qui c regarde ; puis ayant saisi la seconde aiguille , que traverse l'autre chef du cordonnet de fil, il porte cet instrument dans l'abdomen avec les mêmes précautions qui ont été déjà observées; et il perce, de la même manière , et toujours de dedans en dehors, toute l'épaisseur de la paroi abdominale, et cela à une distance du bord et des angles de la plaie, qui corresponde parfaitement à celle suivant laquelle on a dirigé la première aiguille sur le côté opposé. Il résulte de l'exécution de cette règle , que l'anse qui traverse les deux bords de la plaie , coupe celle-ci à angle droit j c'est-à-dire perpendiculairement à sa direction. On dégage enfin la seconde aiguille ; et , pour achever le point de suture , on noue ensemble , par un nœud simple qu'on assujétit à l'aide d'une double rosette, les déux extrémités du cordonnet. Pendant cette manœuvre , les mains d'un aide , placées sur les deux parties latérales de la plaie , agissent de manière à en rapprocher les bords. On a soin de ne pas trop serrer le nœud , et de placer celui-ci du côté de la plaie le plus relevé , afin d'éviter qu'il soit sali par le pus , et qu'on puisse ainsi trouver de la difficulté à le défaire , s'il devenait utile de relâcher le point de suture. Si la plaie n'est pas énorme , et qu'elle n'affecte , dans toutes ses parties , qu'une seule direction , on se contentera d'y faire un point de suture unique , et qui sera placé à sa partie moyenne. Mais si la plaie est trop considérable , pour qu'un seul point de suture puisse prévenir l'issue des intestins , ou bien que cette nlaie , à lambeau et très-inrégulière , change de direction dans les diverses parties de son étendue , on multipliera plus ou moins les points de suture , en prenant du reste pour pratiquer chacun d'eux en particulier les mêmes précautions que celles qui viennent d'être indiquées. Dans cette supposition , on devra passer tous les fils à travers les deux lèvres de la plaie avant de procéder au rapprochement de celles-ci et à la formation du nœud simple et de la rosette qui termiuent l'opération. Faisons remarquer ici , touchant le nombre des points de suture que peut admettre la gastroraphie , que , d'après l'observation de Celse , si fréquemment confirmée dans les temps modernes , sur les incon vémens qui naissent de la multiplicité et du trop grand rapprochement des points de suture , on devra se borner à ne faire strictement que ceux qui paraîtront indispensables au but qu'on se propose. Louis, au rapport de Pibrac {mémoire cité, page 414), a vu, à la vérité , très-bien guérir une grande
plaie du ventre , produite par un coup de corne de taureau , sur laquelle on avait jugé a propos de pratiquer jusqu'à dixsept points de suture; mais l'impunité qui suivit cette mauvaise pratique , ne saurait engager à suivre un pareil exemple.
Telle est la suture entrecoupée , qu'on a presque abandoniie'e pour lui substituer la suture enchevillée, qui paraît , en effet, généralement préférable. Or , ce mode de gastroraphie , que nous allons exposer, et qui a reçu sa dénomination des petites chevilles de bois , dont les anciens se servaient en la pratiquant , n'exige pas beaucoup de soins étrangers à ceux que nous venons deprtscrire. On aura toutefois l'attention de plier en double le cordonnet de fil qui servira à l'opération, de manière à ce que l'un de ses chefs présente une anse ou un culde-sac. Ce chef sera d'ailleurs engagé dans celle des deux aiguilles que l'on conduira du côté de la plaie , dont la situation sera la plus inférieure ; tandis que les deux chefs réunis , qui forment l'extrémité opposée du même cordonnet, engagés ensemble dans la seconde aiguille , seront dirigés à travers la lèvre la plus élevée de la plaie. Lorsque les aiguilles , que l'on conduira absolument comme dans la suture entrecoupée , auront été dégagées , le chirurgien , après avoir fait amener par un aide les lèvres de la plaie au contact, engagera dans l'anse du fil un des rouleaux de toile ou de taffetas gommé dont il s'est muni j alors il tirera à lui le bout opposé du cordonnet , jusqu'à ce que la cheville, engagée dans l'anse , soit suffisamment assujétie par la constriction que celle-ci exerce sur elle : écartant ensuite l'un de l'autre les deux chefs , réunis dans l'extrémité du cordonnet opposée à l'anse , il place dans le sommet de l'angle qui résulte de leur séparation une seconde cheville parallèle à la première et qui suit la direction même de la plaie. Il achève alors le point de suture en faisant, sur ce nouveau rouleau , un nœud simple qu'il assujétit par une rosette. Si l'on pratiquait plusieurs points de suture pour une plaie rectiligne , on n'emploierait que les deux mêmes chevilles , dont l'une correspondrait à toutes les anses des fils , tandis que l'autre recevrait les nœuds des chefs libres du cordonnet ; mais si la plaie avait une autre forme , il faudrait employer autant de rouleaux séparés que l'on ferait de points de suture.
On préférera la suture enchevillée à la suture entrecoupée 9 attendu qu'elle n'expose pas , comme celle-ci , les chairs à se couper sous les fils ; car l'efFort du cordonnet se passe exclusivement sur les chevilles ; et qu'elle a l'avantage de maintenir dans un contact immédiat les parties les plus profondes de l'épaisseur des lèvres de la plaie , ce qui donne et plus de consistance à la cicatrice , et plus de facilité pour l'écoulement du pus fourni par la plaie. On peut ajouter encore à ces nie-
tifs de préférence pour U suture enchevillée , que la suture entrecoupés , agissaut particulièrement sur les tégumens , qu'elle affronte exactement , favorise leur réunion ; tandis que la coalition des muscles , celle des parties subjacentes et du péritoine, n'a pas lieu ;or , une semblable disposition exposerait infailliblement à la formation d'une hernie ventrale consécutive.
Quelle que soit l'espèce de gastromphie à laquelle on ait eu recours , on aura la même attention à assurer les bous effets de celte opération , et à en prévenir les accidens. Ainsi , après avoir pansé la plaie à l'aide de compresses longuettes et d'un plumaceau de charpie , que l'on soutient par un bandage de corps uni à un scapulaire , on s'opposera , par tous les moyens possibles, à l'écartement des lèvres de la division. La flexion da corps en avant conviendra parfaitement, à cet elïVt , dans les plaies en travers j tandis que dans les plaies eu long on emploiera un bandage circulaire , divise! en plusieurs chefs , qu'on entrecroise , et qu'on tire ensuite en sens oppose'. Van Swictcn (Comment, in Boerh.aphorism. , §. 5o8) , recommande encore judicieusement que , jusqu'à ce que la coalition des lèvres de la plaie ait été opérée , le malade évite avec soin de faire aucun mouvement et garde un repos absolu. II veut , à ce sujet , qu'il s'abandonne entièrement à des hommes fort» cl intelligens , capables de le soulever et de le changer de position sans qu'il y prenne par lui-même la moindre part. Sa 1 0ie sera fléchie sur le col et soutenue par des oreillers ; tandis qu'un drap roulé , placé sous les jarrets , maintiendra les cuisses fléchies sur le bassin. Dans le but d'éloigner le besoin de l'excrétion stercorale , et de prévenir les efforts qu'elle entraîne , on ne donnera pour alimens que les meilleurs analeptiques , et l'on conseillera au malade d'attendre , pour satisfaire au besoin d'uriner , que celui-ci soit vif et que la vessie S^it remplie ; l'on préviendra enfin , du moins autant que possible , le rire , la toux et l'été mue m eut qui pourraient survenir.
Lorsqu'après quelques jours les pièces d'appareil seront humectées par les exsudations de la plaie , il conviendra de les renouveler et d'examiner avec soin si les borda de la plaie ne participent que de ce mode d'irritation salutaire qne comporte le travail de la cicatrisation j car , dans le cas où les chairs , plus ou moins enflammées , menacersient de se couper sous les points de suture , il faudrait se hâter de relâcher ces derniers ; et si l'on ne prenait ce soin d'assez bonne heure , la gravité des accidens pourrait contraindre à couper et à enlever entièrement ces mêmes points d'une manière prématurée.
L j cicatrisation des tfgumens étant opérée , comme il sera
facile de s'en convaincre par ratiention journalière dounée aux phénomènes de la plaie , on pourra raisonnablement penser que la coalition de toute l'épaisseur des lèvres de la division aura acquis, peu de jours après cette époque , as«ez de consistance pour rendre les points de suture inutiles: aussi devra-t-oa se déterminer à enlever les fils : or , on procède à cette partie de l'opération d'une manière uu peu différente pour chacun des deux modes de gastroraphie que nous avons décrits. Dans la suture entrecoupée , ou engage sous l'anse de fil gui forme chaque point de suture , soit une soude canelée , soit l'une des branches de ciseaux effilés , et l'on coupe ce fil le plus près possible de la peau , du côté opposé au uœud et à la rosette. Dans le premier cas , on conduit , à cet effet , la lame d'un bistouri , dont le tranchant regarde en haut , dans la gouttière de la sonde canelée ; et , dans le second , on rapproche l'une de l'autre les branches des cisaux avec une force suflitante. Lorsqu'il s'agit de la suture enchevillée , on coupe simplement l'anse du fil qui correspond à la lèvre inférieure de la plaie sur la cheville elle-même , à l'aide d'un bistouri qui divise le fil de cette anse , soit de dehors au dedans , soit de dedans au dehors. Cela fait , quelle que soit l'espèce de çastroraphie , on achève , de la même manière , l'enlèvement des points de suture , ce que l'on effectue à l'aide de la main droite qui entraîne la rosette un peu en haut , en la dirigeaut transversalement à la direction de la plaie, sur le bord de celleci qui regarde le chirurgien , en même temps que le doigt indicateur et le pouce de la main gauche , placés vis-à-vis l'un de l'autre sur les deux parties latérales de cette même plaie en rapprochent les bords de manière à prévenir leur décollement ou le tiraillemeut de leur cicatrice. Après cet enlèvement , qui s'exécute avec facilité, attendu que la suppuration a agrandi les trous qui correspondent aux fils , ces trous eux - mêmes» ne tardent point à se cicatriser. Le seul soin à avoir cousistc à les recouvrir d'un linge enduit d'une couche légère de « c rat.
On ne doit point oublier , comme une règle du traitement consécutif de la gastroraphie , qn'alors même que cette suture a le mieux réussi , la consistance de la cicatrice ne peut jamais être assez grande pour mettre le malade à l'abri de la formation d'une hernie ventrale. 11 sera donc utile de prévenir , à l'aide d'un bandage approprié , que le malade portera continuellement, durant le jour, la formation d'une incommodité aussi sssujélUsante. Un fait , qui est consigné dans le tome xxvi , page 558 de l'ancien Journal de médecine, et qui se trouve rapporté à l'article gastroraphie de l'Encyclopédie méthodique , pourrait peut-être faire concevoir l'espérance de préserver les malades de la formation de la hernie dont nous
parlons sans qu'ils fussent astreints à porter un bandage : il s'agit, en effet , d'une manière de pratiquer la gastroraphie , qui fut mise en usage , avec succès, par un chirurgien de Pondichéri. Cet opérateur sépara par la dissection les muscles des téguracns j et après avoir placé dans leur intervalle une plaque de plomb , il pratiqua la suture qui réussit bien. Le malade , sur qui cette opération fut faite, ayant été pendu quelque temps après, fut ouvert par un médecin, qui trouva la plaque de plomb , fermant exactement la plaie , assujétie et comme scellée entre les parties au milieu desquelles elle avait été placée. On sent suffisamment, au reste, que c'est à de nouveaux faits pratiques qu'il faut laisser le soin de décider jusqu'à quel point une semblable méthode serait praticable et pourrait être suivie de l'avantage que nous lui attribuons. (ruluer)
GASTROSE , s. f. , gaurosis , de yctcrtifi , estomac , ventre. Le professeur Baumes comprend sous ce titre les affections gastriques , mésentériques ou intestinales. La gastrose constitue le cinquième genre des désoxigénèses ( Voyez ce mot) , et se reconnaît aux caractères suivans : la bouche est mauvaise , l'haleine est désagréable , la langue est sale , les dents sont graisseuses , l'appétit est faible ou nul , il y a même quelquefois du dégoût ; les déjections sont mal lices ou fétides , et il y a généralement asthénie.
M. Baumes divise la gaslrosc en py relique et en apyrétique : il rapporte à la première la fièvre gastrique de Baillou et de Selle, la fièvre mésentérique de Baglivi, la fièvre putride de Fizes , la fièvre continue putride de Boerhaavc , les fièvres stercoralc et cathartique de Quesnay , etc.
La gastrose apyrétique offre six subdivisions : l'anorexie , l'adipsie, la nausée , le vomissement , la llatulence et la dyspepsie. Ce n'est nas. tout; la gastrose apyrétique peut se présenter sous des formes très-variées , dont les principales sont: la syncope arthritique de Sauvages, le tintouin saburral , S. , le cochemar stomacal , S. , le tétanos gastrique de Koucher , l'apoplexie suspirieuse , S. , l'épilepsie stomacale , S. , la phtisie gastrique d Eichhorn , la tympanitc ascitique , S., la jaunisse uéophytique , S. (Voyez Baumes , Fondement de la science méthodique des maladies , tom. 2 , 1B01 , page 76).
GASTRO-SPLÉNIQUE , adj. , gasiro-splenicus. "o'n appelle ainsi , dans la nouvelle nomenclature anatomique , un repli du péritoine qui fait partie de l'épiploon. 11 est attaché , en arrière , à la face concave de la rate , et , en avant , à l'estomac. Sa situation est oblique entre ces deux viscères. Semblable , pour la structure , au restant de l'épiploon , il se compose de deux lames , entre lesquelles rampent les vaisseaux
GAS 44g gastro-spléniques. Il forme, à la face postérieure de l'estomac , un petit prolongement qui se porte du coté de l 'œsophage. Sa disposition est telle , qu il oblige l'estomac , pendant son état de plénitude , à se porter en avant, de manière que ce viscère ne peut pas alors comprimer l'aorte et les gros vaisseaux situés au dessous de lui. On lui donne aussi l'épithele d'épiploon splcho-gas trique. Voyez épiploow.
Les vaisseaux gasiro-splcniques ou spleno-gastriques , autrefois appelés vaisseaux courts , sont d'assez grosses ramifications vasculaires , qui , de l'artère et de la veine splénique , se
Ejrteut sur la face externe de la grosse tubérosité de l'estomac, e professeur Portai pense que la compression éprouvée par ces vaisseaux lorsque la rate se gonfle trop, ou que l'estomac est trop fortement repoussé contre elle par les alimens qui le dilatent , ou par d'autres causes , supposant au libre écoulement du sang des artères dans ses veines , oblige le liquide à s'épancher dans la cavité de l'estomac , souvent avec beaucoup de lenteur , d'où résultent des déjections noires que les malades rendent par le vomissement ou par les selles , et qu'on a , pendant si longtemps , regardées comme de la bile noire ou de l'atrabile. Voyez mkl.t.xa, rite. (jol-bdah)
GASTROTOMIE , s. £ , en grec y&rt |o1 ofxttt , de yartnf , ventre, estomac, et de lop.ti , incision, qui dérive du verbe ItfjLve» , je coupe , j'incise ; ouverture que Von fait à l'abdomen par une incision qui pénètre dans sa capacité, soit pour y faire rentrer quelques parties , soit pour en extraire quelques corps. On a aussi entendu par gastrotomie , une ouverture faile à Testomac même pour retirer de la sorte un corps étranger descendu par l'œsophage dans ce viscère, et menaçant le malade d'une mort prochaine. Chez quelques auteurs le mol gastretomie est pris dans ce sens , tandis que la plupart des autres s'en servent pour désigner les diverses opérations dans lesquelles on incise les tégumens de l'abdomen , se fondant sur la double acception de y«trftfp, qui signifie également estomac , viscère et ventre , ou l'abdomen entier. C'est ainsi que Haller, Bibliotheca chirurgien, tom. 2, pag. 2Î, entend, par gastrotomie, l'opération de la hernie pour la réduction de I intestin. Cette espèce de gastrotomie, dans laquelle on incise les tégumens de 1 abdomen pour donner issue a un épanchemeut de sang dans le bas-ventre, à la suite des plaies pénétrantes de cette partie, a souvent été pratiquée avec succès, comme on en peut voir des exemples dans le premier volume des Mémoires de l'Académie royale de chirurgie. L'opération césarienne, la lithotomie par le haut appareil , l'entérotomie , sont aussi, dans cette acception , des espèces de gastrotomies , puisque, dans le premier cas, on fait une ouverture au bas-ventre
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pour inciser la matrice, afin d'en tirer un fœtus qui n'a pu passer par les voies naturelles j que, dans le second , on pénètre dans la vessie, au-dessus du pubis, pour en extraire un calcul qu'on ne peut retirer par une autre méthode; et qu'enfin, dans le dernier, on fait une incision à une partie quelconque des intestins pour enlever les corps qui y sont passés de l'estomac. Voyez tous ces mots.
La gastrotomie, toujours prise dans le sens d'une incision à l'abdomen , a été pratiquée assez récemment pour réduire le cartilage xiphoïde renversé en arrière. Ce cas très-rare est ainsi rapporté dans le Journal de médecine de M. Sédillot , tom. 22, pag. 265.
Un matelot, embarqué sur le vaisseau le Foudroyant, tomba de sa hauteur sur un des bancs du vaisseau. La région épigastrique seule supporta tout l'effort de la chute : il fut à l'instant atteint d'une violente douleur à l'estomac, d'une grande difficulté de respirer, et de vomissemeus avec perte de la parole pendant une heure. Du bouillon et du vin qu'on lui donna furent vomis aussitôt. Le premier examen ne fournit aucun indice sur la cause du vomissement; le malade se plai-
Î ruait seulement de douleur et de gêne à la région épigastrique : es sangsues, les vésicatoires, les caïmans furent employés sans succès. Plusieurs jours s'écoulèrent, et le malade ne pouvait garder une minute ses boissons, ni ses alimens. On découvrit enfiu une légère dépression à la région épigastrique , et l'on reconnut que l'appendice xiphoïde était renversé en dedans. Voici l'opération qui fut faite, à cette occasion , par M. Billard, chirurgien eu chef de l'hôpital de la marine, à Brest. Le malade étant placé dans son lit , le dos sur un coussin , pour faire saillir l'endroit où l'on devait opérer, l'on fit une incision cruciale d'une étendue suffisante. Les tégumens divisés , la ligne blanche à découvert , ou pratiqua , au côté droit de l'appendice xiphoïde , une incision pénétrante dans la capacité de fabdoraen , assez grande pour y introduire un crochet plat et mousse, qu'on porta au-dessous, et avec lequel on ramena cet appendice à sa direction naturelle. A l'instant, le malade s'écria qu'il éprouvait un soulagement, tel qu'il n'en avait point eu de pareil depuis sa chute. Une portion de l'estomac, de la grosseur d'une aveline, se présenta au-dchors de la capacité abdominale, mais dans un état sain, et la réduction n'en fut pas difficile. La plaie fut pansée avec de la charpie soutenue par des compresses, le bandage de corps et uu scapulaire. Le malade demandant avec instances des alimens , on lui fit prendre un peu de vin de Madère, qu'il ne vomit point. On augmenta la dose des alimens les jours suivans; et, le trentième jour après l'opération , il se trouva parfaitement rétabh*.
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On a aussi conseille la gastrotomie , ou l'ouverture des tégum en s .le l'abJoraen, comme un moyen auquel on pouvait avoir recours dans les cas de passion iliaque, occasionnée par un volvulus ou intus-susception de l'intestin. Quelques auteurs prescrivent alors d'inciser les parois de l'abdomen, de chercher la portion d'intestin affectée , de retirer celle qui se trouve engagée dans la partie supérieure ou inférieure de ce même canal , et de réunir les bords de la plaie après avoir replacé les intestins dans la cavité du bas-ventre. Cette opération parait aussi extraordinaire que périlleuse au plus grand nombre des maîtres de l'art. Quels dangers, s'écrient- ils , n'y aurait-il pas en parcourant et en développant toutes les circonvolutions des intestins pour découvrir le siège de la maladie chez un sujet vivant, d'autant plus qu'il serait très-diilicile de décider, en pareil cas, s'il y a un volvulus ou non, et , en supposant son existence, de déterminer sou siège ! D'ailleurs , de toutes les causes qui peuvent produire l'inilammation des intestins , le volvulus est sûrement la moins fréquente ; par conséquent , l'opération de la gastrotomie, qui ne peut s'appliquer qu'à ce seul cas, ne peut jamais être indiquée, étant fort incertaine , et , dans la plupart des cas , ne pouvant avoir que les suites les plus tunestcs. Mais ces objections nous paraissent plus spécieuses que solides, et nous sommes arrivés à une époque où la science chirurgicale , éclairée par le (lambeau de I anatomie et les progrès des connaissances humaines, ne doit plus se laisser arrêter par ces préjugés timides qui, si longtemps, enchaînèrent son essor. Confiée à des maius habiles , cette opération. n'ofTre pas plus de danger que toutes celles qu'on entreprend journellement sur les diverses parties du corps , et présente autant qu'elles toutes, des chances favorables au succès.
Les corps étrangers que l'on avale passent quelquefois avec assez de facilité par l'œsophage jusque dans l'estomac; mais Souvent ces corps, soit par leur volume trop gros, soit par quelque autre circonstance particulière, ne peuvent franchir le pylore pour entrer dans les intestins. Ce cas est un de ceux où le chirurgien doit avoir le courage de pratiquer des opé- • rations très-effrayantes , quand même le succès en serait douteux. On lit, dans l'Histoire de Prusse, qu'un paysan, se sentant des douleurs d'estomac , s'enfonça dans le gosier un manche de couteau, pour s'exciter à vomir. Ce couteau lui échappa des mains et glissa dans l'estomac. On résolut, pour
5 révenir les accidens fâcheux auxquels cet homme était exposé, e faire uue incision à l'estomac lui-même. Elle fut faite ; le couteau fut retiré , et le malade guérit en peu de temps. Ou voit encore, dit-on, dans la bibliothèque ac Kœnigsberg, le portrait de ce paysan , et le couteau qui fut sur le point de lui
donner la mort. T'oyez aussi, à ce sujet, les Mémoires de l'Académie royale de chirurgie, tom. i , pag. 5qo.
Les éphémérides d'Allemagne rapportent qu\iue femme eut le malhenr d'avaler un couteau de la longueur de sept ponces , qu'elle s'était introduit dans la gorge pour se faire vomir. La pointe, par* laquelle elle le tenait, lui glissa des doigts ; il s'enfonça dans le pharynx et tomba dans 1 estomac, où il resta trois jours , sans lui causer presque aucune douleur. Elle ressentit ensuite une douleur piquante, et , peu de temps après, la poiute du couteau se lit apercevoir an toucher du côté gauche. Les souffrances, qui augmentaient de plus en plus, déterminèrent cette femme à chercher du secours ; elle s'adressa au docteur Hubner de Ras tem bourg , qui lui fit, le onzième jour depuis son accident , une incision à lliypocondre gauche, vis-à-vis la pointe du couteau. On trouva que ce couteau avait déjà percé l'estomac, et qu'il avait excité une légère suppuration à la plaie de ce viscère. Le couteau fut tiré avec de petites pinces , et la guérison de la malade fut très-prompte, rqycz