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la fiole sur un fourneau , et ou chauffe peu à peu. Bientôt le gaz se dégage; après en avoir laissé perdre les premières portions , on le reçoit dans des flacons pleins de mercure. Dans cette opération , lu tluate de chaux est décomposé par l'acide sulfurique ; il en résulte du sulfate de chaux et de l'acide fluorique qui se combine avec la silice , et forme le gaz fluorique silice.
Le gaz acide fluorique silicé est incolore ; son odeur est très-piquante et aualoguc à celle de l'acide hjdro-cb torique ; sa saveur est forterneut acide. Sa pesanteur spécifique, com-
Îiarée à celle de l'air prise pour unité, est de 3,574; il éteint es corps en combustion , et rougit fortement la teinture de tournesol.
Ce guz n'est point décomposé par la chaleur rouge ; car on peut lui faire traverser uu tube de fer porté à cette température , sans l'altérer: mis en contact avec l'air à la température ordinaire, il en absorbe l'eau et y produit des vapeurs blanches
très-épaisses.
Si Ion fait passer le gaz fluorique silicé dans l'eau , il se forme un tiuate acidulé qui est insoluble et se précipite à l'état de gelée, et un fluate beaucoup plus acide que le gaz et qui reste en dissolution. A la température de 55*, et sous la pression de 0,774 millimètres, l'eau peut en dissoudre environ deux ceut soixante-cinq fois son volume.
Aucuu corps combustible ne le décompose, soit à froid, soit à chaud. Lorsqu'ou met du potassium ou du sodium en contact avec le gaz acide fluorique silicé à une température élevée , bien'» tôt le métal se fond , le gaz est absorbé , et il en résulte une matière solide d'un bruu chocolat.
Ce gaz absorbe le double de son volume de gaz ammoniac, et forme un sel qui se volatilise entièrement audessous de la chaleur rouge.
Il est formé, d'après M. Davy ,de 61,4 de silice , et de 58,6 d'acide fluorique.
Le gaz acide fluorique silicé est très-irritant ; il est même corrosif, et désorganise promptement les parties vivantes qu'il touche , surtout lorsqu'il est encore chaud.
Il n'est d'aucun usage en thérapeutique.
Gaz aa'Je fluo-borique. On ne le rencontre dans la nature, ni libre, ni combiné. On l'obtient en traitant par l'acide sulfuriquc , et à l'aide de la chaleur, un mélange de deux parties de tluate de chaux pur, réduit en poudre , et d'une partie d'acide borique vitrifié. On introduit ce mélange dans nue fiole; on y verse douze à quinze parties d'acide snlfurique concentré ; puis on adapte au roi de la fiole un tube recourbé , qu'on fait plonger dans un bain de mercure : alors on place la fîolç sur un fourneau , et on élève pea à peu la température >
bientôt le gaz se dégage ; et , après en avoir laisse' perdre quelques parties qui e'taient mêle'es avec l'air des vases , on le reçoit dans des flacons pleins de mercure. On reconnaît qu'il est parfaitement pur, quand il est subitement et complètement absorbe' par l'eau.
Ce gaz est incolore , d'une odeur piquante , analogue à celle de l'acide rauriatique. Sa pesanteur spécifique est de 2,3? « » l'air étant pris pour unité : il éteint les corps en combustion ; il rougit fortement la teinture de tournesol.
Le gaz acide fluo-borique n'a aucune action sur le verre. II attaque les matières animales et végétales avec autant de force <|ue l'acide sulfuriquc concentré , et parait agir , sur ces matières, selon M. Tbénard , en déterminant une formation d'eau; car il les cliarbonne : cependant ou peut le toucher sans être brûlé.
La plus haute température ne le décompose pas. Il se condense par le froid sans changer d'état. Le gaz oxigène n'a pas " d'action sur lui , soit à froid , soit à chaud : il en est de même de l'air ; seulement le gaz acide fluo-borique s'empare , à la température ordiuaire, de l'humidité que ces gaz peuvent contenir , et donne naissance à des vapeurs très-épaisses. Il se comporte de la même manière avec tous les gaz qui contiennent de l'eau hygrométrique. On peut donc l'employer avec avantage pour reconnaître si un gaz est sec ou humide.
Aucun corps combustible uon métallique , soit simple , soit composé , n'attaque le gaz acide fluo-borique.
Parmi les métaux , le potassium et le sodium sont les seuls avec lesquels on en ait , jusqu'à présent , opéré la décomposé tion. Ces deux métaux brûlent, à l'aide de la chaleur, dans le gaz acide fluo-borique , presque comme dans le gaz oxigène ; le sodium absorbe une plus grande quantité de ce gaz acide que le potassium : du bore et du fluat c de potasse ou de soude sont les produits de celte décomposition.
Les proportions d'acide borique et d'acide fluorique qui constituent le gaz acide fluo-borique ne sont pas encoreconnues.
Ce gaz agirait sur l'économie animale comme un très-puissant corrosif.
Il est sans usage.
Gaz acide hydhodique. Ce gaz ne se rencontre pas dans la nature ; on le retire du phosphure d'iode de la manière suivante : on introduit ce phosphure dans uue petite cornue de verre ; on y verse de l'acide hydriodique liquide en quantité sufQsantc pour humecter lephosphure ; on adapte au col de la cornue un tube recourbé propre à recevoir les gaz; alors on chauffe légèrement , et bientôt le gaz se dégage : on le reçoit, dans des Uacotis pleins de mercure , ou mieux , à cause de som
action sur le métal , dans des flacons pleins d'eau , à la partie supérieure desquels se trouve un tube pour permettre la sortie de ce fluide à mesure que le gaz y arnve.
Ce gaz est sans couleur ; son odeur et sa saveur sont trèsfortes ; sa pesanteur spécifique est inconnue ; il éteint les corps en combustion qu'on y plonge 5 il rougit la teinlure de tournesol. Il répand des vapeurs dans l'air en s'emparant de l'humidité qu'il y rencontre. Il est donc très-avide d'eau , et se dissout promptement dans ce liquide.
11 se décompose en partie à une forte température.
Le gaz oxieene,à l'aide de la chaleur, le décompose complètement ; il y a formation d'eau , et l'iode est mis à nu. Le chlore a la propriété de décomposer ce gaz à la température ordinaire ; I iode parait sous forme de vapeurs violettes qui se précipitent, et le chlore passe à l'état de gaz acide hydrochloriquc.
Les acides sulfurique et nitrique concentrés précipitent à l'instant l'iode du gaz acide hydriodique dissous dans l'eau.
Le potassium , le zinc , le fer , le mercure , et quelques autres métaux , en opèrent la décomposition , même à la température ordinaire; Piode se combine avec les métaux , et l'hydrogène est mis en liberté. 11 résulte de la décomposition complette de ce gaz un volume de gaz hydrogène égal à la moitié du volume du gaz employé.
L'action du gaz acide hydriodique sur l'économie animale n'a pas été examinée. On sait seulement que ce gaz est trèsirritant.
quatrième section. Des gaz délétères. Cette section ne comprend que trois gaz , qui sont les plus pernicieux de tous. Leur action sur l'économie animale n'est pas essentiellement bornée à «ne irritation locale , comme celle que déterminent les gaz de la section précédente. Quelle que soit la partie du corps sur laquelle on les applique , ils sont absorbés et vont porter une atteinte profonde à la vie de tous les organes.
Les trois gaz de cette division sont , i°. le gaz deutoxide d'azote; 20. le gaz hydrogène sulfuré j 5°. le gaz hydrogène arséniqué.
§. 1. Deutoxide d'azote (gaz nitreux). On obtient ce gaz en traitant de la tournure de cuivre par l'acide nitrique de la manière suivante. On introduit , dans un flacon à deux tubulures , 5o à 60 grammes de tournure de cuivre : on adapte à l'une de ces tubulures un tube recourbé qu'on fait plonger daus la cuve bydro-pneumatique , à l'autre , un tube droit surmonté d'un petit entonnoir ; on verse , par ce dernier tube , environ quatre-vingts à cent grammes d'acide nitrique à 170 ou 18* Mtegrés de l'aréomètre de Baumé : bientôt la réaction a lieu ;
GAZ fe7
il se dégage «l'une part du deutoxide d'azote , et de l'autre il se forme du deuto-nitrate de cuivre qui est bleu , et reste en dissolution dans le flacon. On commence seulement à recueillir le gaz, lorsque le dégagement des vapeurs rouges, qui sont de Tacide nitreux , a cesse ; alors on le reçoit dans des flacons pleins d'eau.
Le deutoxide d'azote est loujours gazeux , sans couleur , probablement sans odeur. Sa pesanteur spécifique est de i,o388/ Il est sans action sur la teinture de tournesol : il éteint les corps en combustion.
Ce gaz est indécomposable par la chaleur.
Lorsqu'on le met en contact avec le gaz oxigène audessous de la température rouge . ces deux gaz se combinent constamment dans le rapport de 3 à 1 , donnent naissance à la moitié de leur volume d'un gaz très-rouge, qui est le gaz acide nitreux , et à un dégagement très-sensible de calorique. Voici comment on fait cette expérience. On prend un ballon de cristal dont la capacité est connue , et au col duquel se trouve adapté un robinet lui-même en cristal : on fait le vide dans ce ballon , et on le visse sur le robinet d'une cloche graduée , pleine de mercure; alors, au moyen de cette cloche, on introduit d'abord dans ce ballon la moitié de son volume de gaz oxigène ; ensuite, après avoir fermé les robinets et avoir introduit dans cette cloche deux ou trois fois autant de deutoxide d'azote qu'en peut contenir le ballon , on ouvre les robinets d'une très-petite quantité ; puis, lorsque le mercure ne monte plus dans la cloche , on les ferme : le ballon étant revenu à la température de l'air ambiant , on les ouvre de nouveau. On mesure le deutoxide d'azote restant dans la cloche , et l'on voit qu'il en est passé dans le ballon environ une fois et demie son volume. Pour «jue l'expérience ait un plein succès, il faut que les gaz soient bien secs , parce que l'acide nitreux est soluble dans l'eau : par conséquent, on ne doit pas faire l'expérience sur l'eau. Il faut aussi éviter le contact du cuivre, de la résine, etc., dont l'action sur l'acide nitreux'cst très-grande : c'est pourquoi l'on ne se sert pas d'un ballon ordinaire.
En toutes autres proportions que celles que nous venons d'indiquer, la combinaison des deux gaz ne se ferait pas entièrement. On obtiendrait un mélange de gaz acide nitreux et de deutoxide d'azote ou d'oxigène, suivant celui de ces deux derniers gaz qui serait prédomiuant. Dans le premier cas , on pourrait séparer le gaz acide nitreux du dentoxide d'azote, par le moyen de l'eau ; mais, dans le deuxième , on ne le pourrait pas , parce que le gaz acide nitreux et le gaz oxigène , qui seuls ne se combinent pas ensemble, se combineraient par le contact de l'eau.
Il est présumable qu'à une haute température le gaz oxigène ne se combinerait pas avec le deutoxide d'azote ; il en est de même de l'air qui n'agit sur ce gaz que par l'oiigène qu'il contient.
Quand , au lieu de mettre le deutoxide d'azote en contact avec l'oxigène dans des vases vides , on les met en contact sur l'eau , si l'oxigèue est eu excès , le deutoxide d'azote en absorbe la moitié de sou volume, et forme de l'acide nitrique qui se combine avec l'eau. Si le deutoxide est, au contraire , en excès, il n'absorbe que le tiers de son volume d'oxigène, comme dans les vases vides , et, par couse'qucnt , donne lieu à de l'acide nitreux; mais cet acide, au lieu de restera l'état de gaz, se dissout dans l'eau ; d'où il suit quef dans les deux cas , l'absorption sera considérable : dans le premier, elle sera de i5o parties , en supposant qu'il y ait 100 parties de deutoxide d'azote et plus de 5o parties d'oxigène ; et , dans le deuxième, de 1 55,55 , en supposant qu'il y ait 33,55 d'oxiçcne et plus de 100 parties d'azote. De là résulte un moyen très- simple de faire l'analyse de l'air avec le deutoxide d'azote. Voyez eudiometre.
Le deutoxide d'azote n'^st décompose' , à la tempe'rature ordinaire, par aucun corps combustible; mais beaucoup de ces corps le décomposât à uue chaleur rouge. L'oxigène est absorbe' , et l'azote est mis en liberté. Si on met, par exemple, du phosphore enflamme en contact avec le deutoxide d'azote, celui-ci est décomposé , et il en résulte de l'acide phosphorique et de l'azote phosphore'. Si , au lieu de phosphore , on y plonge un charbon incandescent , il s'éteint promplcmcut ; cependant , si l'on fait passer le deutoxide d'«>zote daus un tube de porcelaine chauffé au rouge et contenant du charbon , par le moyen de deux vessies adaptées à .ses deux extrémités , le gaz se décompose , et il en résulte du gaz azote et du gaz acide carbouique ou du gaz oxide de carbone.
L'hydrogène parait être sans action sur le deutoxide d'azote ; car un mélange de ces deux gaz n'est pas altéré par l'électricité, ni par la chaleur rouge cerise. Il en est de même du soufre; car, si on l'introduit enflammé dans le deutoxide d'azote, il s'y éteint tout-à-coup. Le gaz azote est aussi sans action sur le deutoxide d'azote.
Le deutoxide d'azote est décomposé par le potassium , à l'aide de la chaleur, et il en résulte des produits diflerens, suivant que l'un ou l'autre de ces corps est en quautité plus ou rnoiDs grande. Si le potassium est en excès, il se forme du protor.ide de ce métal et du gaz azote; si c'est le deutoxide qui prédomine , on obtient du gaz azote et du peroxide de potassium , qui absorbe l'azote à mesure que la température diminue ; d'où il résulte
un nilrile de potasse qui est blanc. Celte expérience se fait sur le mercure dans une petite cloche courbe.
Le sodium n'opère pas la décomposition du deutoxide d'azote à la chaleur de la lampe ; il est probable qu'il le ferait à la chaleur rouge.
Le fer, mis en contact à une chaleur rouge avec le deutoxide d'azote , en opère la décomposition. On fait celle expérience en faisant passer, à travers un tube de porcelaine porté au rouge et contenant du fil de fer, du deutoxide d'azote, par le moyen d'une vessie adaptée à une extrémité de ce tube , tandis qu'à l'autre se trouve un tube de verre qui va se rendre sous des flacons destinés à recevoir le gaz. L'oxigèue du deutoxide se combine avec le fer, et l'azote est mis en liberté. Il est possible, en ménageant la chaleur, de faire passer le deuloxide'à l'état de protoxide. Il est probable que le ziuc , le manganèse , l'étain et quelques autres métaux , sont aussi susceptibles de décomposer le deutoxide d'azote par le concours de la chaleur.
Le deutoxide d'azote est formé en poids , selon M. Davy , de ioo parties d'azote et de 127,01 d'oxigèue ; et , selon M. Gay- Lussac , de 100 d'azote et de 1 r6,56 d'oxigèue, ou , ce qui est la même chose, d'après la pesanteur spécifique de ces deux gaz, de parties égales en volume de l'un et de l'autre.
Les animaux qu'on plonge dans le deutoxide d'azote , y crissent sur-le-champ. S'il pénétrait dans les poumons de homme, en quantité un peu considérable, mail insuffisante pour déterminer subitement la mort , ses effets n'en seraient pas moins funestes. On a rapporté, à l'article asphyxie , un exemple de cet accident malheureux ; et il existe un rapport parfait entre les effets observés dans cette espèce d'asphyxie et les résultats de mes expériences.
Il snlllt d'injecicr des quantités tres-modérées de ce gaz , soit dans les veines, soif dans la plèvre, soit dans le tissu cellulaire des animaux vivant , pour les faire périr plus ou moins promptement. Dans tous ces cas, la mort est précédée d'un grand, embarras dans la respiration , de la petitesse et de la dépression dupouls, d'un affaissement général. Si l'animal survit quelques heures à l'introduction du gaz ; avant de cesser de vivre, sou corps se refroidit d'une manière marquée. Si l'on examine % pendant qu'il respire encore , son sang artériel , on voit qu'il est très-brun, et qu'il conserve cette teinte malgré son exposition au contact de l'air. Ce phénomène s'observe également à la suite de la respiration du même gaz.
il est évident, d'après ces expériences , que l'action délétère du deutoxide d'azote, soit respiré, soit injecté dans le système veineux , ou sur uue surface absorbante, dépend de l'alléraliou
qu'il détermine dans le sang , dont il change tellement \c§ qualités, que ce liquide ne peut plus , dans l'acte de la respiration , reprendre la couleur vermeille propre au sang artériel : ainsi altéré dans sa nature, c'est en vain qu'il circule pour porter aux organes l'influence stimulante et les molécules nutritives dont ils ont besoin ; leur vie s*éteint par le défaut du seul principe qui puisse l'entretenir, l'oxigène. Tous les phénomèucs qui précèdent la mort sont dus à l'absence «les qualités vivifiantes du sang artériel. C'est à cette cause que l'on doit rapporter la faiblesse et la petitesse du pouls , et la faiblesse musculaire j c'est parce que le sang n'est plus propre à exciter ni le cœur, ni le poumon , que la force du premier de ces organes va en s'affaiblissant progressivement, et que le second se laisse engorger de sang et de mucosités. C'est à la même cause qu'on doit attribuer l'atonie des muscles locomoteurs et le refroidissement remarquable qu'on observe quelquefois avant la mort , lorsque celle-ci n'arrive pas très promptement.
On peut donc considérer la mort déterminée par le ga* deutoxide d'azote, dans les cas cités, comme unevraie asphyxie qui est prompte , quand une quantité un peu considérable de ce gaz a été respirée ou absorbée, ou mise immédiatement en contact avec le sang veineux , et plus on moins lente quand le gaz n'a été introduit dans les organes qu'en quantité modérée. En effet, dans le premier cas, toute ta masse du sang est bientôt altérée dans sa nature; et si quelques molécules de ce liquide échappent à l'action de ce puissant délétère, elles vont
Sromptement , au moyen de la circulation , occuper les aréoles e quelques tissus ; et toutes celles qui restent n'étant plus propres à remplir les vues de la nature , la vie ne tarde pas à s'éteindre , faute de stimulus et d'aliment. Dans le second cas , c'est-à-dire quand le gaz n'a été introduit dans l'économie animale qu'en quantité modérée, un plus grand nombre de molécules du sang échappant à l'action du gaz , il faut un temps plus long pour les consommer : dans ce cas , les phénomènes chimiques de la respiration continuent , mais d'une manière incomplelte , jusqu'à ce qu'il ne passe plus par les poumons que du sang altéré dans sa nature, et dès-lors l'asphyxie a lien, et elle n'en est pas moins mortelle.
Cependant , lorsqu'une tres-petite quantité de gaz deutoxide d'azote a été respirée ou absorbée par les surfaces séreuses ou cellulaires, ou enfin injectée dans les veines, il peut arriver que le nombre des molécules du sang avec lesquelles le deutoxide d'azote s'est combiné , soit de beaucoup moindre que celui des molécules non altérées, et que celles-ci suffisent pour entretenir la vie jusqu'à ce qu'il en arrive de nouvelles par Pbématose; alors
on conçoit que rien ne doit empêcher les fonctions des organes de se rétablir, J'ai prouvé ces faits par des expériences concluantes , dont le détail est consigné dans mes Recherclies de physiologie et de chimie pathologique.
Le gaz deutoxide d'azote n'est employé que comme moyen eudiométrique. Voyez eudiometre.
§. il. Gaz hydrogène sulfure', ou gaz acide hydro-sulfurique. Ce corps se trouve combiné en petite quantité avec la potasse ou la soude dans les eaux sulfureuses, telles que celles de Barrège , d'Aix-la-Chapelle , de Plombières. Les matières animales et végétales en dégagent à l'état gazeux parla décomposition putride. Il s'en dégage aussi spontanément à cet état dans les fosses d'aisance. On se procure le gaz hydrogène sulfuré artificiellement, en traitant le sulfure d antimoine par une dissolution d'acide hydro-chlorique dans l'eau. Pour cela, on introduit dans un matras une partie de sulfure d'antimoine eu
Eoudre. On adapte au col de ce matras, par le moyen d'un ouchon , deux tubes, l'un propre à recevoir le gaz, qu'on fait plonger dans l'appareil hydro-pneumatique , ou dans une cuve a mercure; J'autre droit, surmonté d'un petit entonnoir. On verse, par celui-ci, dans le matras, cinq à six parties d'acide by dro-chloriqne concentré ; puis on place le matras sur un fourneau et l'on chauffe légèrement : le gaz ne tarde pas à se dégager, et on le recueille dans des flacons pleins d'eau ou de mercure j lorsque l'action se ralentit , on verse de nouveau de l'acide: Dans cette opération, l'eau de l'acide est décomposée ; son hydrogène se combine avec le soufre du sulfure pour former le gaz hydrogène sulfuré , et son oxigène forme , avec l'antimoine , un oxide de ce métal , qui devient un hydro-chlorate d'antimoine , en se combinant avec l'acide hydro-chlorique.
Le gaz hydrogène sulfuré est sans couleur; sa saveur et son odeur sont insupportables , et analogues à celle de l'œuf pourri. Sa pesanteur spécifique , comparée à celle de l'air prise pour uuité , est de 1,1912. Quoiqu'il ne contienne pas a'oxigene , il rougit la teinture de tournesol , et jouit de la plupart des propriétés des acides ; il éteint les corps eu combustion qu'on y plonge.
Ce gaz est susceptible de se décomposer en partie aune température rouge j peut-être même se décomposerait-il entièrement si la chaleur était très-forte. On coustatc l'action de la chaleur sur ce corps, en le faisant passer à travers un tube de porcelaine incandescent , par le moyen de deux vessies adaptées aux extrémités de ce tube. L'action de l'électricité sur ce gaz est encore inconnue.
Le gaz oxigène ne parait avoir aucuuc action sur l'hydrogène sulfuré, à ta température ordinaire , mais à une température
rouge il le décompose cooslamment , et il en résulte de l'eau . du gaz acide sulfureux , et un dégagement de calorique et de lumière. On fait cette expérience dans un eudiomètre à mercure.
L'air atmosphérique agit sur l'hydrogène sulfure' comme l'oxiçène, seulement son action est moins vive; et outre l'hydrogène et l'acide sulfureux , on obtient toujours un peu de soufre solide , qui se dépose sur les parois de l'eudiometre.
Le potassium et le sodium de'composcnt l'hydrogène sulfure'. A froid , leur action est faible ; mais à chaud , elle est très-forte j aussitôt que le métal est fondu, il devient lumineux j il se forme une combinaison de soufre, d'hydrogène sulfure, de potassium ou de sodium , et il y a un dégagement d'hydrogène qui formerait de l'eau avec la quantité d'oxigène nécessaire pour faire passer le métal à l'état de deutoxide. Ce dernier phénomène est constant. Celte expérience se fait sur * le mercure, dans une petite cloche courbe.
La plupart des autres métaux ont aussi la propriété de décomposer l'hydrogène sulfuré à l'aide de la chaleur ; mais ils ne s^emparent que du soufre, et laissent l'hydrogène en liberté'.
Cent parties de gaz hydrogène sulfure sont formées de 9>,853 de soufre, et de(),i/f5 d'hydrogène.
L'action du gaz hydrogène sulfuré sur l'économie animale est des plus dangereuses, quelle que soit la partie du corps avec laquelle il est mis en contact. Les propriétés délétères de ce gaz ont été prouvées , depuis longtemps , par les expériences du professeur Chaussier. Respiré pur, il tue sur-le-champ ; et, s'il est mêlé avec l'air, il peut encore déterminer sur-le-champ la mort , ou occasionner des accidens consécutifs plus ou moins graves, suivant les proportions des gaz mélangés. En général, il faut des proportions d'autant moins grandes de gaz hydrogène sulfuré pour asphyxier mortellement les animaux, que ceux-ci sont plus petits.
D'après les expériences de MM. Dupuytrcn etThénard, l'air qui contient de gaz hydrogène sulfuré tue sur-le-champ les oiseaux qu'on y plonge. Les chiens peuvent le respirer a des doses plus fortes, et sont mortellement asphyxiés lorsque Pair en contient de -~ à suivant la grosseur et la force de l'animal ; et il parait que les chevaux peuvent respirer des doses de ce gaz beaucoup plus fortes que les chiens.
C'est à l'action du eaz hydrogène sulfuré qu'est due principalement l'asphyxie des fosses d'aisance, connue des vidangeurs sous le nom de plomb. Voyez asphyxie. f Lorsque le gaz hydrogène sulfuré a été respiré à doses insullisantes pour déterminer subitement la mort , les accidens consécutifs qu'il occasionne peuvent devenir plus ou moins
promptcment funestes. La respiration, après avoir été suspendue, se rétablit peu à peu ; mais elle reste pendant quelque temps laborieuse. Les mouvemens du cœur se raniment avec ceux des poumons ; mais le pouls reste extrêmement petit et faible. La contraclilité des organes musculaires est considérablement affaiblie : il y a stupeur et suspension plus ou moins complctte des fonctions cérébrales \ et, si le malade revient à la santé , ses forces ne se recouvrent qu'avec peine. Si la maladie
S rend une terminaison funeste, il succombe à l'état adynamique e tous ses organes.
C'est souvent ainsi que se termine l'asphyxie des fosses d'aisance, lorsqu'elle n'a pas été primitivement mortelle. Mais l'article ma'^hilisme , auquel nous renvoyons , contiendra des détails ultérieurs à cet égard. Ceux que nous venons de donner suffisent pour démontrer dans le gaz hydrogène sulfuré une propriété essentiellement débilitante ; et ce lait est encore confirmé par la nature de l'épidémie dont furent attaqués, pendant l'été de i8o*5, tous les ouvriers d'une galerie, d.ms une mine de charbon de terre, près Valcnciennes. Eq effet, celte affection , qui était évidemment due à l'influence du gaz hydrogène sulfuré dont l'air de la galerie élait infecté , avait pour caractère un e'tat d'atonie très-prononcé de tous les organes et de leurs fonctions, comme on peut en juger p;ir la description qu'en a donnée M. Halle d.ms le rapport qu'il a fait à la Faculté de médecine. Voyez Bibliothèque médicale y tom. vi , pap; ig5 et 542, et tom. vu , pag. 297.
Les altérations qu'on remarque après la mort , occasionné»; par la respiration du gaz hydrogène sulfuré, ont clé décrites par M. le professeur Chaussier. Vùyez asphyxie.
Le même savant a prouvé que le gaz hydrogène sulfuré était également délétère lorsqu'il était insufflé dans le tissu cellulaire , dans l'estomac et dans les gros intestins. J'ai répété une partie de ces expériences, et j'ai de plus injecté le gaz hydrogène sulfuré dans les veines et dans la plèvre des animaux vivans. Or , le çaz hydrogène sulfuré , injecté dans les veines en très-petite quantité, c'est-à-dire a dose insuffisante pour déterminer la mort, donne constamment lieu à une prostration générale des forces , ce qui est conforme aux efTets qui résultent de la respiration d'un air infecté par une petite proportion de ce gaz ; et il suffit que ce môme gaz soit injecté dans le système veineux en quantité très-moderée pour devenir promptement funeste. Il faut cependant, d'après mes expériences, beaucoup plus de gaz hydrogène sulfuré que de deutoxide d'azote pour tuer un auimal de celte manière -, celte différence dépend sans doute de ce que le premier de ces gaz agit plutôt sur les propriétés vitales des organes que fur le
sang dont il n'altère que momentanément la couleur , taudis que le deutoxide d'azote le dénature entièrement.
On observe les mêmes phénomènes à la suite de l'injection du gaz hydrogène sulfuré dans la plèvre. Injecté eu petite quantité , par exemple , à la dose de vingt centimètres cubes dans la plèvre d'un chien de moyenne taille , il n'en résulte qu'un état advnamique qui peut se dissiper plus ou moins prompte* " ment : en quantité plus considérable , il détermine la mort.
Des diverses expériences sur l'action du gaz hydrogène sulfuré, la plus remarquable est celle qui constate son action délétère , lors même qu'il agit exclusivement sur l'organe cutané ; pour que cette expérience réussisse , il faut plonger le corps de l'animal, excepté la tête, dans une vessie pleine de ce gaz. J'ai indiqué dans mes Recherches de physiologie les précautions nécessaires pour éviter que l'animal soumis à l'expérience ne respire en même temps le gazj et , avec ces précautions , c'est exclusivement sur l'organe cutaué qu'il agit. Le gaz hydrogène sulfuré est absorbé dans ce cas par les bouches inhalantes du derme ; et il est absorbe' en entier, c'està-dire sans déposer une portion de son soufre; car il ne se précipite pas un atome de ce corps ni sur les parois de la vessie , ai à Textérieur des animaux qu'on fait périr de cette manière. Il résulte de là que la peau , qui remplit habituellement une fonction analogue à celle des poumons , en portant au dehors une portion du carbone du corps , se rapproche encore de ces organes par sa faculté d'absorber les substances gazeuses. Mais le gaz hydrogène sulfuré est absorbé beaucoup plus lentement' lorsqu'il est mis en contact avec la peau, que lorsqu'il est introduit dans les organes respiratoires , dans une cavité séreuse ou dans le tissu cellulaire j et c'est lorsque ce même gaz n'agit qu'à la surface de la peau qu'il fait périr le plus lentement. Il paraît que , dans ce dernier cas , son action est d'autant plus énergique que les animaux sont d'un plus petit volume ; et on peut en couclure que le corps de l'homme , exposé extérieurement à son influence , ne pourrait en devenir la victime qu'au bout d'un temps assez loug , pourvu que ce gaz n'entrât pas dans les poumons.
L'application extérieure de l'hydrogène sulfuré . lorsqu'il est dissous dans l'eau , ne produit pas les mêmes effets qu'à l'état gazeux. Car les eaux minérales sulfureuses, dont on fait un si grand usage en bains , et qui contiennent de l'hydrogène sulfuré en dissolution, se bornent à exciter l'action de la peau et à la modifier dans certains exanthèmes où leur efficacité est reconnue par l'expérience. Voyez eaux minérales.
L'hydrogène sulfuré à l'état gazeux n'est d'aucun usage en thérapeutique. Comme il a la propriété de précipiter les me-
taux de leurs dissolutions , on s'en sert souvent pour reconnaître si les liquides dans lesquels on soupçonne la présence de quelques substances me'lalliqucs pernicieuses , teltes que l'arsenic , le mercure, le plomb , en contiennent réellement.
§. m . Gaz hydrogène arseniqué. On ne le rencontre pas dans la nature. On l'obtient en traitant par l'acide hydro-chlorique liquide et concentré, un alliage de trois parties d'étain et d'une d'arsenic. On introduit dans une fiole une certaine quantité de cet alliage pulvérisé, sur lequel on verse cinq à six fois son volume d'acide hydro-chlorique. On adapte au col de la fiole un tube conducteur : on chauffe légèrement , et le gaz se dégage bientôt ; on le recueille dans des (laçons pleins d'eau ou de mercure. Dans cette opération l'eau de l'acide hydro-chlorique se décompose : son hydrogène se combine avec l'arsenic pour former le gaz hydrogène arseniqué , et son oxigène forme , avec l'étain , uu protoxide d'étain qui se combine avec l'acide hydro-chlorique, et se convertit eu hydro-chlorate de protoxide d'étain , qui reste dans la fiole. On ne peut pas combiner directement l'hydrogène avec l'arsenic.
Le gaz hydrogène arseniqué est sans couleur ; son odeur est nauséabonde ; on n'a pas encore déterminé sa pesanteur spécifique. D'après M. Davy , un décimètre cube de ce gaz pèse 0,9714 grammes.
Il ne se décompose pas à la température ordinaire. Si on le faisait passer, par le moyen de deux vessies, à travers un tube incandescent , il est probable qu'il se décomposerait et donnerait lieu à du çaz hydrogène mêlé avec une certaine quantité d'arsenic , et a de l'hydrure d'arsenic. C'est du moins le résultat qu'on obtient quand on le décompose par le moyen d'étincelles électriques. Suivant Stromeyer, il se liquéfie à une température de 5o° audessous de o.
11 n'est décomposé par le gaz oxigènequ'à l'aide de la chaleur; il en résulte de l'eau et un hydrurc ou un oxide d'arsenic, suivant que la quantité d'oxigène employé est plus ou moins
Srande. Dans tous les cas il y a un dégagement de calorique et e lumière. Pour que la décomposition soitcomplette , il faut employer deux fois autant d'oxigène en volume que d'hydrogène arseniqué. Cette expérience s'opère dans uu eudiomètre sur l'eau ou sur le mercure.
L'air atmosphérique agit sur ce gaz comme l'oxigène , excepté qu'il ne orùle que très-difficilement l'arsenic, et que celui-ci restant uni à l'hydrogène, il ne se forme le plus souvent que de l'hydrure d'arsenic.
Le soufre, le potassium, le sodium et l'étain décomposent le gaz hydrogène arseniqué à une température élevée. Celle décomposition opérée par le soufre , donne lieu à du sulfure 17. 35
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d'arsenic j lorsqu'elle est déterminée par les métaux , il en résulte un alliage compose' d'arsenic et du métal employé.
Cent* parties de gaz hydrogène arseniqué en volume, contiennent cent quarante parties de gaz hydrogène. Pour le prouver , on chauffe jusqu'au rouge cerise cent parties de ce gaz avec un excès d'étain , dans une petite cloche courbe, placée sur le mercure. Le gaz se décompose , l'arsenic se combine avec l'étain , et ce qui reste dan* la cloche est la quantité de gaz hydrogène qui entrait dans la composition du gaz hydrogène arseniqué. •
Le gaz hydrogène arseniqué ne pourrait être respiré pur, sans déterminer promptement la mort. Quoique l'expérience n'ait pas encore reconnu à quel degré il est délétère, on peut assurer , d'après les effets connus de l'arsenic sur l'économie animale, que ce gaz ne peut produire sur l'organisation que des eflets funestes.
En terminant les considérations dans lesquelles nous avons cru devoir entrer sur les différentes espèces de gaz , nous devons prévenir que les ouvrages «le M. Thomson et de M. Thenard nous ont été d'un grand secours pour la détermination des propriétés chimiques de ces fluides aériformes. Quant * l'ordre que nous avons suivi dans leur distribution, quoiqu'il semble établi pnr nos propres recherches, il sera sans doute modifié à mesure qu'on connaîtra mieux la manière d'agir des gaz sur l'économie animale. Si nous n'avons pas placé , avec la plupart des physiologistes, les gaz oxide de carbone et hydrogène carboné , parmi les gaz délétères , nous en avons donné la raison -f c'est que les accidens qu'ils déterminent, abstraction faite des phénomènes dus à leur non respirabilité t ne nous ont pas paru assez graves pour faire ranger ces gaz à côté du deutoxide d'azote et des gaz hydrogène sulfuré et hydrogène arseniqué. Enfin , quoique le chlore et le gaz ammoniac puissent être regardés comme délétères , nous les avons rangés parmi les gaz irritans , parce que c'est surtout en irritant qu'ils agissent sur nos organes. (wtstew)
GÉANT, s. m., çtgas , y(y&ç , et en hébreu nophel 'au pluriel nephilim) , c'est-à-dire un monstre, un homme violent ou terrible , un ogre comme les Cyclope* , les Lcstrygons anthropophages , dépeints dans l'Odyssée d'Homère. La croyance qu'il existe ou qu'il a pu exister des géans se forme naturellement dès l'enfance, parmi toutes les nations de la terre; car les enlans se voyant petits et faibles, au milieu des hommes adultes et forts , leur imagination frappée de terreur , exagère ordinairement la taille et la violence , ou les qualités qui leur imposent le pins.
Cependant les diversités de taille ou de stature parmi tous
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les individus du genre humain , comme dans la plupart des espèces d'animaux cl de plantes , résultent de diverses causes qu'il devient intéressant de rechercher , et qui nous offriront plusieurs vérité'* précieuses à recueillir.
§. 1. Considérations sur la diverse, grandeur de la taille des êtres organises. Les matières brutes étant formées par l'aggrégation extérieure ou la superposition de leurs molécules, peuvent s'accumuler en masse illimitée , et l'on voit des cristaux de quartz hyalin , d'alun ou de tout autre sel , depuis la grosseur d'une épingle, parvenir jusqu'à la plus énorme dimension. Il u'y a point de bornes à la cristallisation ou l'agglomération des minéraux , et toute notre planète pourrait n'être qu'un grouppe de roches granitiques ou autres, dans sou noyau central , comme on l'a supposé.
Il n'en est point de même chez les végétaux et les animaux ; leurs espèces ue parviennent d'ordinaire que jusqu'à une limite, plus ou moins variable à la vérité, selon certaines circonstances, mais qu'elles ne peuvent cependant pas dépasser de beaucoup en- deçà, comme au-delà. On en peut donner une raison générale; car, comme il faut un concours unique et central , pour maintenir la vie dans Y individu , pour rattacher au même système les molécules de diverse nature, qui composent le corps organise', cette unité , ce concours i,e pourraient pas subsister dans des masses trop considérables 9 trop éloignées du loyer de la vie et du mouvement. L'accroissement t l'assimilation des alimens à un corps vivant . doivent donc se limiter au point où cessera la sphère du mouvement vital , daus sa plus grande extension possible. L'activité , la durée de cette vie, déterminée selon la nature des espèces, formera des individus d'une taille proportionnée à ces facultés. En général , lesanimaux et les végétaux qui n'ont qu'une courte existence, dont la tenture est serrée et compacte, ne parviendront point à d'aussi vastes dimeusious que les espèces douces d'une longue vie et d'une organisation à mailles plus lâches < u plus extensibles. Ainsi les animaux et les végétaux annuels ou bisannuels , comme les insectes , les menus herbages , n'égnleront pas la stature des grands quadrupèdes , des arbres. Enfin , c'est à cause de cette limitation de la taille et de la durée de la vie , que la génération ou la reproduction devient un attribut nécessaire de toute créature organisée.
Ç. 11. Influence des climats et des diverses habitations sur la taille de l'homme et des autres espèces vivantes» Il est généralement reconnu que le froid très-vif, comme une chaleur sèche , s'opposent au développement complet de la taille chez toutes les créatures , tandis qu'une chaleur douce ou tempérée et humide la favorise considérablement.
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Près des pôles, par exemple au Spitzberg, au Groenland , clans la Laponie et au Kamtschatka , etc. , la terre n'est couverte nue de mousses, de petits buissons de bouleaux naius on d'autres arbres rabougris, resserres étonnamment par la froidure continuelle qui glace toutes les extrémités des branches, pour peu qu'elles s'alongeut. De même les hommes de ces contrées polaires , les Lapons , les Samoicdes , les Ostiaqucs 9 les Tsutchis, les Koriaques , les Kamtschadales , les Esquimaux, etc., sont ramassés, concentrés en une très-courta Mature , de quatre pieds et au-dessous , par la rigueur excessive de ces climats.
Dès l'Ecosse , le Norlbwales , comme en Suède , en OEIande , les chevaux sont déjà plus petits que nos ânes; les bœufs et les vaches sont également de petite taille , blancs et sans cornes.
Mais à mesure qu'on redescend vers des régions moins rudes , les mêmes animaux , les mêmes espèces d arbres et de plantes s'agrandissent , s'alongent sans peine par une douce chaleur ; les hommes prennent également une plus haute et plus belle taille, d'autantplus que l'humidité prédominante de ces contrées rendant leurs corps blancs et blonds, leur texture molle se prête à l'extension ; ils végètent donc facilement en une procérité remarquable.
C'est en elîct sous les parallèles des contrées modérément froides et humides que se trouvent les nations de la plus haute taille connue sur le globe. Par exemple, la Pologne, la Livonic , l'Ukraine , la partie méridionale de la Suède, du Danemark, la Prusse, la Saxe , les comtés du nord de l'Angleterre présentent en Europe des hommes d'uue haute et belle stature , laquelle diminue tres-sensiblement à mesure qu'où redescend vers les régions plus méridionales. Les anciens Germains et Gaulois étaient plus grands et plus blonds que les Italiens et les Romains, suivant le rapport de Tite-Live, Pline, Vitruve et autres auteurs , et aujourd'hui les troupes françaises n'offrent pas tant de soldats de haute taille que la plupart des troupes des peuples du Nord.
- En Asie , la loi d'accroissement est la même ; les auteurs chiuois et les voyageurs représentent les habitans de la Chine septentrionale plus grands et plus gros qu'au midi de cet empire. I . habitans des îles des Larrons sont , en général , hauts de plus de sept pieds anglais , au rapport "de Cowlcy {Voyage de Dampier, tom. i). Les Thibétains, les autres nations du plateau de la haute Asie , qui ne sont pas encore exposées au froid trop vif de la Sibérie , offrent des corps grands et robustes.
: 11 en est de même en Amérique septentrionale ; les tribns des Akonsas ; les peuplades de sauvages , appelées Grandcs-Téiesr
GËA 5fo sont de plus belle taille que tous les autres naturels de celte partie <Ju monde. Au temps de la guerre de l'indépendance des Etats- Unis, on envoya de Paris uue cargaison de chapeaux pour le» sauvages de ces contrées ; mais ces chapeaux , quoique assez larges pour des têtes parisiennes , se trouvèrent tous trop étroits pour les grosses tetes de ces sauvages , auxquels on a attribué jusqu'à six pieds dix pouces (anglais) de haut. ( Frank , Abhandl. lom n , pag. jo5).
Dans l'Amérique méridionale , qui s'avance vers le pôle austral , il se trouve , au Chili et en Patagonie, et vers la terre de Feu, un climat analogue à celui qui produit des hommes d'une haute stature : aussi les Chiliens et surtout les Pataçons
{fassent pour être les plus grands corps et les plus robustes de 'espèce humaine. Les premiers voyageurs depuis Magellan ont >rodigicuscmcnt exagéré la haute taille des Patagons. D'aileurs la férocité, le brigandage de ces robustes sauvages , sur une terre aride et désolée , les ayant rendus effirajanj aux
Îremiers marins qui les ont visités , on les a crus des géans. cls furent d'abord Pigafelta, Magellan, Loise, Snrmiento , Nodal , navigateurs espagnols; les Anglais Caudish , Ilawkins , Knivet; les Hollandais Sébald de Noort, Lemaire, Spiiberg; les équipages de nos vaiseaux marchands de Marseille et de Saint- Malo , au rapport de Frésier ( Voyag. part. ?.') , qui prit des informations au Chili sur ces Patagons. Cependant d'autres témoignages vinrent infirmer ces premières relations ; François Drakc soutint que ces peuples sont de moindre taille même que les Anglais , et ne fit pas mention d'une différence sensible. Wintcr, Narborough, Lhermite, amiral hollandais, prétendirent que les Espagnols avaient, à dessein , exagéré la taille des Patagons, pour détourner les autres peuples de visiter ces contrées {Voyez aussi Froger, Voyage de Ce/mes, pag. io5). Toutefois, en ï 764 , le commodore Bjron mesura plusieurs Patagons; il en vit d'environ sept pieds de hauteur (anglais), larges et robustes à proportion; les plus petits avaient au moins six pieds six pouces (anglais , ou un mètreqSi millimètres un tiers, ou six pieds français); les capitaines Wallis et Carlcret , en 1767, leur trouvèrent de cinq pieds dix pouces à six pieds ar.glais ( Debrosscs, Histoire des navigat. austral. , tom. 11 , liv. v , pag. ?.5o , sq.V Lagiraudais (suite du Voyage de Pcrnctty aux lies Malouincs , tom. 11 , pag. 12/, ) assure que le* moins grands n'avaient pas moins de cinq pieds sept pouces français , cl une carrure énorme , ce qui faisait paraître leur stature moins gigantesque. Tous ces Patagons avaient le ; teint tres-basané , les cheveux noirs , une large face et une grande bouche avec de belles dents ; ils vivent presque nus ou à demi- couverts de peaux de
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guanacos ( cameluS llacma , L. ; avec des bottines ou guêtres ; leurs femmes, moins basanées qu'eux, s'arrachent les sourcils j les hommes sont peu jaloui ; ces peuples mangent souvent de la chair crue.
A la terre de Van Die'men , située pareillement sous un parallèle austral modérémend froid, et à l'île Maria, les habitans ont la taille ordinaire des Européens avec une tête forte et volumineuse, mais à la Nouvelle Hollande, plus chaude » la taille se raccourcit déjà (Pérou , Voyage, t. i ).
Ainsi l'on doit établir en principe que depuis les lieux où le froid est assez modéré pour ne pas s'opposer à la libre croissance de l'homme, jusqu'aux climats les plus rapprochés de la ligne équa tonale , la stature humaine diminue sensiblement. On l'observe en descendant de la Suède au midi de l'Europe, ou au fond de l'Italie, et en traversant ensuite les îles de la Méditerranée, l'É^ypte , jusqu'en Nubie, en Abyssinie, etc., où les anciens avaient supposé leurs troglodytes , leurs pygmécs , petits hommes desséchés et racornis par les feux continuels du soleil dont ils abhorraient la splendeur. De même la conh'ur blonde des cheveux et la blancheur de la peau, la mollesse et l'humidité de la chair des peuples du Nord se brunirent , se dessèchent , se durcissent peu à peu chez l'espèce humaine, en descendant celle même échelle des climats de plus en plus méridionaux ( Voyez homme et notre Histoire naturelle du genre humain , tom. i ).
Mais celte loi de décaissement de taille suppose que les terrains habités par toutes ces nations , devienuetit progressivement plus secs et plus arides à mesure qu'ils reçoivent plus de chaleur. Celle loi est directement contrebalancée par une autre non moins puissante qui accroît la végétation , la taille des animaux et des plantes , à mesure qu'il y a plus de chaleur humide dans les climats.
En effet, parlons des steppes arides et sablonneuses de la froide Sibérie pour descendre dans les plus chaudes et les plus humides régions d'Asie ou de l'Inde méridionale, et nous verrons toutes les productions vivantes s'accroître , s'augmenter en taille, en volume, dans une progression manifeste; tout comme en descendant d'un sommet escarpé des montagnes, jusques dans des plaines fertiles, des vallons gras et plantureux*, les végétaux et les animaux acquièrent de plus amples dimensions en tout sens.
En Sibérie ou dans tout pays froid, élevé et sec, comme sur les Alpes et les crêles des montagnes , les plantes sont ou des mousses ou des herbes grêles, rabougries, velues; leur feuillage est mince et divisé ; leurs fleurs, petites, blanches , sont à peine développées; il n'y a guère d'animaux , ou ceux-
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«i sont également petits, comme diverses espèces de rats, de souris , de marmottes et hamsters , fouillant la terre pour s'y dérober aux rigueurs de ta froidure ; ou ce sont des chamois , des bouquetins , animaux secs, agiles et nerveux; l'homme des montagnes, les Barbets des Alpes, les Miquchts des Pyrénées, les Liguriens , les Marscs aes Apennins , les Tyroliens chasseurs, etc., sont de petits hommes secs , maigres, nerveux , agiles, tels que les basques et les Cantabres. Mais, lorsqu'on descend dans les plaiues basses et humides, on retrouve une nature toute diverse. Les mêmes herbes , si minces et si grêles sur la montagne, deviennent grandes , larges ; elles étendeut leurs pétales, leurs feuilles se remplissent de surs abondans. Les animaux, nourris dans des pâturages si plantureux, s'engraissent, se développent avec un embonpoint énorme. Ce ne sont plus ces sèches créatures agiles et sautillantes qui trouvaient à peine de quoi subsister parmi des rochers âpres et stériles; c'est le bœuf ou le bufle massif et lent qui ruminent lourdement au milieu des humides prairies. C'est au bord des fleuves et des marécages de ces plaines fertiles de l'Asie, où serpentent le Gange et l'Indus; c'est sur les rives souvent inondées du Zaïre , du Niger, du Sénégal et de la Gambie en Afrique, que se nourrissent et s'accroissent les hippopotames, les rhinocéros et les éléphans, ces colosses du règne animal ; c'est également dans les eaux que se développent avec tant de liberté, les énormes croupes des lamantins , des grands phoques et éléphans marins, enfin les cétacées , les cachalots , les baleines gigantesques. C'est aussi dans les terrains les plus humides cl les plus chauds de l'Afrique et de l'Asi*» que uail le baobab, arbre de dimensions immenses , à texture molle et presque cotonneuse (adansonia digitata , L.), le vaste ceiba , les figuiers d'Inde des Pagodes . dont les lourdes branches se recourbent, se repiquent en terre, et forment de grands berceaux naturels. Les moindres graminées se développent sous ces chaudes contrées , dans une bouc riche et féconde, comme une forêt, en une taille extraordinaire de quinze à vingt pieds , et les cannes des bambous deviennent des arbres ; les (lèches des palmiers s'élèvent à cent cinquante pieds , comme le pin araucaria , les casuariua , etc. , tant la végétation ou la force de croissance a d'énergie pour les animaux et les végétaux sous ces climats humides et chauds !
Quel sera donc l'homme des mêmes contrées ? Sans douta il se soustrait à leurs influences trop malfaisantes le plus qu'il peut, à cause des maladies qu'elles causent; nous voyons cependant partout les habitans des plaines basses , des vallons numides et fertiles acquérir un développement d'embonpoint et
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de taille très- remarquable. Sous le même parallèle , les vaches laitières des vallées suisses, celles de la Gueldre et de la Frise deviennent énormes au milieu de gras et humides pâturages , tandis que celles des montagnes voisines sont petites, maigres, ne donnent presque pas de lait, mais il est plus substantiel. De même, ces gros et puissans corps si flasques des hommes des vallons contrastent avec la maigreur, la vivacité des montagnards. Mais c'est surtout sous les climats chauds et humides que souvent un développement monstrueux a lien. J,a plus haute taille humaine connue est celle d'un nègre du Congo, de neuf pieds de longueur, vu par Vanderbroeck , forages f pag. 4>5. Lacaillc cite aussi dans son Journal historique y pag. 14^, un Hottcntot haut de six pieds sept pouces. Les habitans de Pile d'Otahili et des iles voisines , les mieux nourris, sont de haute et belle taille; ainsi l'on ne doit pas établir que tous les habitans des pays chauds sont petits, et tous ceux des pavs modérément froids sont grands , mais que l'humidité sous tous les climats favorise extrêmement l'accroissement pour la hauteur, comme pour les autres dimension*.
Si , comme on l'a remarqué , le mouvement de rolnûon diurne de la terre décrivant un plus grand cercle sous les régions équatoriales , diminue la pesanteur, ainri que le prouve Je ralentissement des oscillations du pendule en ces climats ; si la force centrifuge y devient plus considérable, ainsi que le portent à croire le renflement du globe terrestre vers l'équateur et son aplatissement vers les pôles; si les montagnes, sous la zone torride et les tropiques, sont plus élevées que celles des climats tempérés et polaires , comme les observations l'ont démontré , pourquoi la même force centrifuge , ou la diminution de la pesanteur , ne permettraient-elles pas aux végétaux de s'alongcr , de s'exhausser davantage ? Aussi, c'est sous les tropiques que croissent les arbres les plus élevés de de la terre ; c'est aussi là qu'on observe les animaux de plus
Suissante taille , la giraffe à col alongé, ayant dix-huit à vingteux pieds de haut , et pouvant , lorsqu'elle se dresse , paître les sommités du feuillage des forêts. De même l'homme , naturellement formé pour la station verticale , doit subir , comme toute la nature de ces climats cquatoriaux , Télougation qui résulte d'une moindre pesanteur, ou d'une plus grande force centrifuge , aidée de l'action de la chaleur qui élève aussi plus facilement la sève dans les tiges , et le sang vers le cerveau. C'est pourquoi l'on observe de grands corps chez les nègres des terrains humides de la chaude Afrique.
Comme les plantes qui végètent à l'ombre et dans une humidité tiède, s'alongrnt beaucoup, il en est à peu près de
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même de l'homme. Certainement nos campagnards desséchés à l'ardeur du soleil , dans leurs travaux rustiques , sont généralement de plus courte taille que les citadins , les bourgeois ou même les artisans casaniers du même pays, qui se tiennent dans l'ombre des maisons et à une molle température. L'on a remarque pareillement que 1rs habitans des pays boisés 9 ou couverts de forets, étaient plus grands , plus biaucs oo étiolés, que ceux des coutrées d'un semblable parallèle , mais nues , exposées à l'air et au soleil ; aussi les anciens peuples de la forêt Noire, ou Hcrcynie, étaient de longs corps blonds; caractères que Ton observe encore en quelques lieux ombragés de Souabe et de Franco me , comme dans les forêts de la Litbuanic.
Ces influences des climats cl des stations diverses ont pu e'tabiir , par la suite des âges , des races , soit d'hommes , soit d'animaux , et des variétés de végétaux , de différente taille , dans chaque espèce soumise à ces influences. ( l'oyez homme, i\ace, variété , etc.). Mais il est une autre cause non moins puissante que nous devons examiner.
§. m. De V influence des nourritures solides et liquides sur la grandeur de la taille. Il est évident , par ce que nous avons déjà dit, que les animaux et les plantes vivant dans les terrains humides , acquièrent, eu toutes leurs dimensions , une plus grande procérité ; c'est parce que toutes les mailles de leur tissu sont plus aisément distendues , à cause de leur mollesse , et par une plus abondante nourriture aqueuse qu'ils reçoivent ou prennent.
En effet , nourrissez un homme ou un animal avec parcimonie, d'alimens secs et durs, fumés , salés , épicés , ou bien astringens , toniques , resserrans ; ne lui permettez qu'une boisson peu abondante , et encore un vin âpre et acerbe , comme du gros vin rouge , tartarcux , et surtout des spiritueux , des âcres , qui racornissent et crispent les fibres j il est très-manifeste que cet individu deviendra maigre, court > compacte dans tous ses organes. Au contraire, prodiguez , dès l'enfance , des alimens très-humides, soumettez à l'usage du lait, de la bouillie et des paies, aux boissons mucilagiucuses de bière, d'hydromel, de petit-lait , de cUocolat oléagineux, de liquides chauds et délayans, un individu; bourrez-le, gonflez-le à volonté de tous les alimens propres à distendre et accroître son organisation , comme lorsqu'on veut engraisser les oies, les porcs, etc. , il pourra devenir colossal et gigantesque dans sa stature, relativement à un individu nourri d'après une méthode opposée. Watkinson ( Pftilosophical survey of Ireland , I,oud., i ry- , in- 8°. , p. 187 ), dit que le célèbre Ber- , évê jue de Cloync, voulut essayer sur un enfant orphelin , nommé Macgrath, si l'on pouvait faire parvenir un indi-
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vîdu à une taille aussi extraordinaire , qu'on assure qu'était celle de Goliath , de Og, roi de Basan , et d'autres géans cite's dans la Bible. A seize ans , cet enfant avait déjà sept pieds anglais de haut, et on le conduisit en divers lieux d'Europe pour le faire voir comme une merveille. Le London Chrontclc de 1760, p. 5o6 ,' lui donne sept pieds huit pouces anglais. Mais ses organes étaient si débiles et si disproportionnés , qu'à vingt ans , Macgrath mourut de vieillesse dans une imbécillité totale d'esprit et de corps. Or , quoiqu'on ne dise point quels procédés avait suivis l'éveque Berkeley , pour solliciter à ce degré la croissance de cet individu , il est certain que des boissons chaudes , humectantes , mucilagineuses facilitent l'aloogement , tout comme une plante bien arrosée croit rapidement. Au coutraire , les jeunes chiens roquets et carlins , de Bologne, devenaient de vrais nains, parce qu'on leur faisait boire de Peau-de-vie, et qu'on les lavait avec de l'esprit- de- vin , afin de raccourcir leurs fibres , de rappetisscr leur stature. Les habitans du nord de l'Europe prennent beaucoup de boissons, souvent chaudes, le thé, la bière, l'hydromel, le lait, ce qui facilite l'alongeraent de leurscorps mous et blonds , tandis que dans l'Europe australe , on fait usage ou de vins spiritueux , ou d'alimens très-épiecs et plus secs ; aussi les corps sont en général plus courts , mais aussi beaucoup plus vifs , plus bruns , plus impétueux que les premiers. Un Provençal , un Languedocien sont en effet, pour la plupart, bien autrement mobiles et minces que les Flamands.
Une remarque frappante, est de voir comment, sous les mêmes parallèles, les peuples œnopotes ou buveurs de vin, sont de plus courte taille et plus ardens que leurs voisins , accoutumés au laitage , à la bière , etc. Cette observation est facile à faire dans la haute Allemagne; lesSaxons, les habitans de la Frise, etc. , sont bien plus grands et plus blonds que les Autrichiens, que les riverains du Rhin, qui cultivent la vigne ( f^ojrez aussi Adrianus Turuebus , de vino Les Turcs , buveurs d'eau , sont généralement plus grands et plus robustes que les Grecs même les mieux nourris , qui boivent du vin. Est-ce à l'usage des spiritueux, et du vin surtout, qu'on doit attribuer raccourcissement de la taille de cesanriet s Francs, des Bourguignons , des Goths , des Lombards , qui jadis envahirent la France , l'Italie , l'Espagne , et qui aujourd'hui ne présentent plus généralemcntces grands corps blancs et blonds, aux yeux bleux , ayant , comme dit Sidoine Apollinaire , jusqu'à sept pieds de hauteur ?
JJie Fiurgundio sepliprs fréquenter f lexo poplite supplicat (juicte.
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Cette taille c'quïvaut à plus de six Je nos pieds ( Voyez Paucton , Mes. antiij.). Mais nous verrou* que d'autres causes ont dû pareillement concourir à celle diminution de la stalure de plusieurs anciens peuples.
Il psi tacite de comprendre comment des nourritures stimulautes et des boissons spiritucuses , excitant le système nerveux , la sensibilité' , avivant la circulation , bâtent le mouvement vital , et de'veloppenl le corps avec une pre'cocite' rapide; mais l'époque de la puberté' étant d'abord sollicitée, ainsi que l'acte de la génération , la croissance ou la végétation organique est bientôt détournée, arrêtée. On est pubère dans les villes de luxe et par des nourritures échauffantes , plus promptement que dans les campagnes , où l'on vit davantage de laitage et de végétaux. Mais l'usage du lait , des fruits et des herbages, donnant une nourriture plus rafraîchissante , plus humectante, ralentit les fonctions vitales ; les périodes de la durée étant plus longues , l'accroissement a tout le temps de s'opérer. C'est ainsi que les simples pasteurs, les peuples nomades , les Ethiopiens à si longue vie , ou Macrobies , dont parle Hérodote , présentaient , malgré leur climat brûlant , de grands et beaux corps ; ils subsistaient de lait et de fruits, comme ces anciens Germains dont les Romains admiraient les vertus, le courage, la majestueuse stature ; c'est ainsi qu'Homère nous dépeint ses énormes Cvclopes de la Sicile, et Polyphême , se contentant de laitage et de chair. Tels étaient aussi lesGuanches et ces anciens habitant des iles Fortunées ( Canaries) , ou ceux de la Taprobanc ( < vlan ) , qui ne vivaient pas moins d'un siècle , dit-on , avec ces alimens naturels et doux , si propres à. tempérer l'ardeur de la vie et le feu des passions. Les mêmes nourritures qui ralentissent nos mouvemens organiques, qui retardent l'époque de la puberté , alongent donc et la durée de la vie et la stature; nous voyons, en effet, les chevaux d'une haute taille , les plus gros chiens mâtins , moins précoces, mais plus vivacesque les petits bidets , les petits roquets. Plus on vit avec rapidité et intensité , moins on dure longuement , et moins on acquiert de vastes dimensions ; aussi les nains ont une existence brève la plupart , et les hommes d'une belle taille peuvent s'en promettre une plus longue. Si les géans ne par* viennent pas souvent à un âge très-avancé , c'est par des raisons que nous exposerons plus loin.
Il résulte de ces recherches que le genre de nourriture apporte des diversités considérables dans la taille des individus, soit par son abondance ou sa disette, soit par ses qualités excitantes ou relâchantes. On pourrait donc faciliter la croissance au point de produire des géans , si l'organisation s'y trouvait déjà disposée.
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Les peuples qui recherchent les pâtes, lesbouillics, lelaitage, les alimens raucilagiueux et fades, deviennent de grands corps simples et lourds, tels rjue les Suisses, les Hollandais, leshabitans du Bcr^amasc et du Mantouan , faisant usage de polenta, de maïs et de sorgho , comme aussi les Valaques et les Ileiducques , la plupart grands individus servant de gardes et de portiers cher les princes. De même , plusieurs peuplades nègres vivant de couz-couz , de mil (panicum) , ou de coracan (cynosurus , L. , eleusine , Wild.), ou de patates farineuses (convolvulus batatas , L. ), ou des feuilles mucilagincuses de gomho [hibiscus escuîentus , L. ) , présentent de longs corps mollasses et inertes que l'écourgéc du colon et du planteur a peiuc à faire mettre au travail , malgré l'abus de l'énergie sur la faiblesse morale, et la langueur organique.
§. ?v. De l'influence du genre de vie sur la taille de pèce humaine. Ce ne sont pas seulement des habitudes casanières ou sédentaires , au milieu des villes populeuses ; ce ne sont pas uniquement des habitations étroites , entassées , des chambres petites , obscures , des demeures souterraines, des alcôves resserrées , où l'on respire à peine un air méphitique , qui produisent aussi ces races dégénérées et rabougries , ces demi-hommes mal formés, rachiliques , dont pullulent nos cités ( Voyez exhalaison) : toutes ces causes, sans doute, y contribuent extrêmement avec les mauvais alimens , la misère, )es métiers malsains , plusieurs professions qui exigent des positions gênantes ou courbées, comme les tailleurs, etc. ; mais il faut s'élever à des considérations plus générales.
On a dit que la vie civilisée faisait dégénérer la taille et la force du corps, chez les nations les plus polies, tandis que l'état sauvage d'indépendance, au milieu des campagnes et des forêts , permettait mieux aux organes de se développer avec tonte leur vigueur primitive. De là viennent les séduisnns tableaux
Îu'on a tracés delà vie des Barbares, de leur stature gigantesque, u courage, de la santé, de la longue vie des peuples abandonnés aux simples lois de la nature.
N'exagérons rien, et suivons les observations les plus fidèles. Si l'on prétend , avec J. J. Rousseau et plusieurs philosophes, que toute existence sauvage de l'homme donne à ses membres plus de corpulenco , d'agilité, de vigueur , à sa taille plus de procérité, à sa vie plus de durée, etc. , nous prouverons aisément qu'il n'en peut être ainsi dans nn grand nombre de lieux et sous plusieurs climats , foute de nourriture suffisante , sur une terre inculte , ou parmi des forêts humides et sombres , crui ne présentent que tics fruits acerbes et rares , des racines peu substantielles. Au contraire , un Européen civilisé, nourri chaque jour pleinement de chairs succulentes bien préparées,
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de boisions fortifiante», est plus souvent malade de rf?plétion que de disette ; il surpassera sans peine , en force corporelle et en taille , les sauvages, quelque favorises qu'ils puissent être des avantages de la nature. C'est ce que de'monlreut les recherches de Pérou ( Voyage aux Terres austr. , 1. 1 ) , et les expe'riences faites avec le dynamomètre {Voyez ce mot). Outre les fajniues quVprouvent nécessairement plus ou moins les sauvages, dans leur imprévoyance et leur paresse, leur vie continuellement exposée soit à la froidure , soit à l'ardeur du soleil , soit à cette humidité' surtout préjudiciable à la santé', débilite leur organisation plus que ne le fait la vie civilisée , soustraite à toutes ces influences trop directes des élémens sur nos corps. Aussi , maigre la puissance de l'habitude, pour résister à ces nuisibles influences , on voit plusieurs peuplades sauvages éprouver des a II relions meurtrières j chez eux les seuls individus robustes résistent , surtout sous les cieux froids. Les animaux domestiques sont pareillement de plus belle taille et plus •prolifiques que les mêmes races sauvages, moins bien nourries.
A l'égard de l'énergie du caractère , et du courage invincible déployé par le sauvage , soit contre la douleur, soit pour se venger de ses cunemis , il peut surpasser l'homme civilisé, puisqu'une vie dure et impitoyable , l'exposant sans cesse aux périls , à la rage des animaux et de ses semblables , à tous les élémens conjurés , il doit devenir âpre, féroce , indomptable , pour se maintenir contre tant d'obstacles, et sa pénible situation lui fait presque un devoir de l'anthropophagie.
Mais si l'homme déjà sorti de cette extrême barbarie , sait se garanin de la disette en élevant des bestiaux , s'il vit heureux et nomade comme les anciens Scythes ou d'autres peuples pasteurs, il peut acquérir une riche stature dans l'innocence patriarchalc de ses mœurs et la simplicité de ses goûts.
Avant l'étal de civilisation actuelle de l'Europe , et la conquête des Romains, le Nord ou la Scandinavie, la Germanie et une partie des Gaules étaient couvertes de forêts antiques , et de marécages ou de terrains fangeux, par le débordement irrégulier des fleuves et des rivières; le ciel était froid et brumeux. Aussi , les naturels de cescontrées portaient l'empreinte de leur climat. C'étaient de grands corps blancs et humides , ayant des yeux bleus , une longue chevelure blonde ou rousse, un teint frais, mais l'air farouche, avec des habitudes simples et martiales. Tous ces anciens Cimbres et Teutons défaits par M n uis , toutes les nations germaniques conservaient à pert près les mêmes traits , parce qu'elles étaient constamment sous les mêmes influences du climat et d'un commun genre de vie , sans mélange avec des étrangers.
Qui leur donnait cette stature gigantesque , dont l'aspect
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effraya d'abord la valeur des Romains? Nous le verrons dans - Tacite et les autres historiens. D'abord ces contrées humides et couvertes de bois attribuaient nécessairement aux corps une texture molle , un teint blanc et presque étiole'. De là cet accroissement facile, et ce qui le favorisait surtout, c'était cette vie inculte et ignorante des l'enfance , cette * x>slence insouciante , adonnée à la bonne chère , aux abondantes boissons de bière , d'hydromel , de laitage , et au sommeil , près du foyer paternel , sous le même toit rustique qui renfermait les bestiaux ; dans cette négligence et cette nudité indolente , dit Tacite , les Germains s'accroissent en ces vastes membres que dous admirons. Ils ne se tiennent point comme nous dans des villes , mais chacun élève sa maison solitaire à son gré , dans la campagne qui lui plait. Tout le jour ils s'étendeut près du foyer , se vêtissent à peine de quelques habits ou peaux de bêtes sauvages. Chaque malin il se laveut , le plus souvent à l'eau chaude en hiver , ensuite se mettent à table; ce n'est point un vice de passer le jour et la nuit à boire, et à s'enivrer de leur bière d'orge ou de froment , leurs alimens ordinaires sont de la chair fraîche , avec du fromage et des fruits agrestes.
Mais rien n'est plus sévère et plus pur que leurs mœurs. Les jeunes gens ne se livrent à l'amour qu'a un âge bien formé j il serait honteux, dit César, à un Germain d'approcher des femmes avaut vingt ans ( l'oyez éphèbe ). Nous devons croire d'ailleurs, que la puberté était tardive en ces grands corps mous, et que la croissance avait tout le temps de se parachever ; de là leur jeunesse n'était jamais énervée; tous grands et forts , ils s'unissaient en un mariage austère ; là , l'on ne plaisantait pas sur le; vices , et la corruption ne passait pas pour les gentillesses du siècle. Dans celte chaste uniou, la mère allaitait longtemps son fils , de sou propre sein. Les bonnes mœurs avaient chez eux plus d'empire que n'en out ailleurs de bonnes lois.
Leurs exercices étaient lâchasse, le maniement des armes, la natation et l'accoutumance à supporter nu la froidure de l'air et la faim. Mais ces peuples, ajoute Tacite, quoique violens au premier effort , ne soutiennent nullement la chaleur et la soif, ni le long trarail. Au reste, braves et simples, ils ont plus de franchise et de naïveté que de finesse, et ils aimeut le jeu , jusqu'à vendre leur liberté, leur personne même.
On ne doit donc point s'étonner que tous les auteurs latins s'émerveillent des immenses proportions de ces Germains (Pomponius Mêla , De situ orbis , 1. m , c. 5 ; Caesar , BeU. Gall , 1. iv ; Columclle, /. 3., c. 8.; Végèce, Re milii.; Vitruv. , Architect. ; Quiuctilianus, Declam. 5; aussi Josephe, Bell, judatc, l. u , c. 16 ; Juvcnal , SaL y, etc. ). Les
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Gaulois étaient moins grands , et les Romains plus petits encore que les Gaulois. Enfin , plus on s'avançait vers le Nord
Ï>lus les peuples semblaient devenir gigantesques et farouches; es Calédoniens ou Ecossais étaient de plus liante taille aussi que les Bretons ou les Anglais ( Tacit. , in Agricola ) ; et les premiers historiens du Danemarck et de l'Islande , ont cru f d'après d'anciens monumens , que la Scandinavie avait e'té jadis peuplée degéans(Sa\o grammatic., hist. Dan.; proem. Arngrim Jonas, Jsland. Descript. c. 4-T-
Or, quoiqu'aujourd'hui 1rs Allemands , les Prussiens , les Danois , les Polonais et les Russes offent de plus longs corps et des complcxions plus blondes et plus molles que celles des Français , des Italiens et des Espagnols , on ne peut néanmoins les comparer à la haute stature attribuée à leurs ancêtres. Sans doute, les émigrations et les conquêtes des peuples du Nord , depuis le troisième siècle jusqu'au sixième, et plus tard, les invasions des Normands; sans doute l'établissement de l'empire de Charlemagne et tous les remuemens des )euples depuis tant de siècles , ont mélangé les races , altéré es tailles nationales, ainsi que les habitudes et les moeurs dans toute l'Europe. Le sang des Sarrazins ou des Maures s'est mêlé à celui des lioths , sur le sol de Plbéric ; les Vandales , après avoir traversé l'Europe , se sont précipités sur l'Afrique; nos croisades ont reporté dans l'Orient les successeurs dcsGalates, qui s'y étaient jadis fixés. Tons les peuples sont aujourd'hui composés plus ou moins. Qui débrouillera la généalogie , non-seulement des Cimbrcs, des Teutons, des races gothiques sorties de la Scandinavie ou Chcrsonnèse cimbrique vers la mer Baltique, mais des Gètes, des Gépides, des Hérules, des Lombards , entraînés par la fureur guerrière des Genseric et des Attila ; mais encore de ces Huns , ces Vandales , ces Alains , ces Sarraatcs , Qnadcs et Marcomans , Croates , Avares, etc. 9 vomispar les autres du Caucase pour dévorer l'empire romain ? {Voyez Joh. Christ, de Jordan , De originibus slavicis> Vienn. , 17^,5 , in-fol., 1 vol.). Quoique ces peuples septentrionaux , de belles proportions la plupart , aient dû rehausser la stature des Européens plus méridionaux , comme les Francs qui étaient plus robustes que les Gaulois ; quoique le sang uormand se reconnaisse encore en France par un teint vif et des cheve'ux blonds, tout fait présumer que la taille a pu diminuer par l'effet de la civilisation et d'un genre de vie différent des anciens {Voyez Hermanni Conringii , De Gernianicorum corpo mm habitûs antiqui ac novi , cousis , dissertatio , édit. 2, Helmstad , i65a , in-.,0. ; et Burggrav. , De habilu German. tjusque caus. , p. 8 , sq. , etc. ) Eu effet , comme Tobscrye Hufeland , toute poire civilisa-
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lion actuelle tend à nous rendre éminemment nerveux , à solliciter avec précocité l'organisation et le développement de nos facultés ; de là viennent ces affections spasmodiques nerveuses et catarrhales, si multipliées aujourd'hui , à cause de nos habitudes molles et efféminées. A peine un enfant est né qu'on lui donne d'abord du vin , en plusieurs pays , sous prétexte de le fortifier , ce qui crispe son petit et faible estomac ; ensuite on l'abandonne à des nourrices étrangères, qui 'fournissent rarement un lait bien approprié à son âge , au tempérament qu'il a reçu. Heureux si l'on ne le comprime pas encore dans d'étroits maillots , qui retardent ou déforment sa croissance ! On le sèvre souvent trop tôt , tandis que tous les peuples simples allaitent leurs enfans au moins un an, et IcsMahométans, suivant le conseil du Coran , vont jusqu'à deux ans ; aussi la plupart des Turcs sont robustes. Les enfans marchent à peine, qu'aussitôt arrive la triste cohorte des pédans , puis les livres , les études ariJes et épiueuscs des grammaires , puis les puni* lions de toute espèce, les continuelles réprimande* , la vie sédentaire , appliquée. Cela, sans doute, est nécessaire pour notre existence civilisée , mais rien ne diminue , n'affaiblit davantage la croissance , le développement des organes ; aussi le système nerveux acquiert une activité prépondérante , au détriment des autres systèmes; nous devenons plus ingénieux , mais moins forls, et les enfans rachitiques ont surtout d'autant plus d'intelligence qu'ils sont plus délicats Voyez esprit.
L'époque de la puberté est bientôt avancée par la précocité du moral , par de pernicieux plaisirs solitaires qui , sollicitant prématurément les organes sexuels, énervent la jeunesse. Dès-lors , la nutrition , détournée eu grande partie par l'excrétion du sperme , arrête l'accroissement , les individus restent courts de taille. Les mariages , ou du moins les fréquentes unions sexuelles , dans les grandes villes et parmi les classes riches , où l'excès do la civilisation produit la corruption des mœurs et la promiscuité des individus, tout épuise de bonne heure l'énergie vitale j rien n'est plus capable de détériorer l'espèce , de faire dégénérer radicalement les familles qui nagent dans les délices que procure l'opulence. Les animaux domestiques même , dont on hâte la fécondité et qui engendrent trop jeunes , ne produisent-ils pas des embryons imparfaits ; et n'est - ce pas de cette sorte qu'on obtient des races de chiens nains et rabougris ?•
D'ailleurs , nos alimens d'aujourd'hui sont bien éloignés de la simplicité , de la fadeur des anciens mets. Ces épices de l'Orient et de l'Inde, ces boissons spiritueuses, ce café , ces aromates , ces échauffans prodigués a notre organisation , accélèrent la circulation du sang, précipitent les périodes vitales,
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communiquent une active intensité' aux fonctions nerveuses , agacent la sensibilité' , nous mettent , pour ainsi dire, en feu : niais en consumant plus rapidement notre existence , nous u'avons plus le temps d'acquérir toutes nos dimensions.
En outre , dans les villes , on se soustrait mieux aux influences de l'air , au froid , à l'humidité' , qui retarderaient , alanguiraient le mouvement de la vie, tempéreraient cette ardente sensibilité , ou plutôt éteindraient l'extrême irritation du système nerveux; et, en effet , à la libre campague , dans l'innocence des promenades et le «aime moral d'une vie agreste , les passions ne sont point allumées , comme parmi les villes à l'aspect de l'opulence, du luxe insolent des uns, de la désastreuse infortune des autres ; on n'y voit pas ces grands renverseroens qui tantôt précipitent ceux-ci du faîte pour, élever ceux-là ; jeux perpétuels du sort : Aiiscens ima summis. De Jà l'ambihon , les jalousies atroces , l'envie dévorante , et tant de sentimetis rongeurs dans les replis les plus inaccessibles des cœurs, minent sourdement les forces de la vie. Ainsi l'accroissement sera donc entravé, détourné, par l'effet de cette agitation continuelle du moral.
Si nous voulions ajouter le f*rand nombre de maladies héréditaires , de virus plus ou moins pernicieux qui se répaudent parmi les peuples les plus policés, le vice scrophuleuxet cancéreux, le virus syphilitique, le scorbut , la phtbisie , le rachitisme , diverses affections cutanées ou du système lymphatique , nous montrerions , sans peine , combien l'espèce humaine doit s'abâtardir et diminuer de taille , de force , d'énergie physique et morale , par les résultats de cette extrême civilisation , et du genre de vie actuel en Europe. Nous y pourrions ajouter encore tant de professions pénibles, non. seulement dans les mines , mais dans ces fabnques où tant d'artisans s'entassent , où tant de corps restent courbés , appliqués à des travaux qui déforment , qui rabougrissent , renaenl bossus, tortus et cagneux les individus , et ceux-ci perpétuent plus ou moins ensuite ces conformations dégénérées dans leurs familles.
Ç. v. Si le genre humain avait jadis une plus haute taille qu aujourd'hui , et s'il a pu, ou s il peut exister des races de geans. Puisqu'on ne saurait nier que parmi les nations les plus civilisées et dans les villes populeuses , l'espèce humaine ne dégénère, n'en peut-on pas conclure , avec plusieurs philosophes , que nous allons toujours en déclinant , et que tout diminue et se rappetisse sur la terre ? Cette question vaut bien la peine d'être examinée ici.
Si l'on s'en rapportait aux témoignages historiques , sacrés «t profanes , rien ne serait mieux prouvé que l'existence des J7- 56
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géans dans l'antiquité la plus reculée. La Genèse, c. VI, 4> représente les premiers humains comme étant de taille gigantesque elplus'vivaces que ceux d'aujourd'hui. Des anciens pères de l'Eglise ( Lactance , I. n , c. 14 ; Athénagoras , Apologet'; Clément d'Alexandrie , Stromat. , I. m et v , et Pœdag. ,' I. 11 ; Tertullicn , De Idolat. , c. ix ; S. Cvprien, De discipl. et hab. virg. ; S. Ambroise , De Noë et arcâ% c. iv ) , ont regardé les ge'ans comme produits par l'union des auges avec les filles des hommes {Voyez aussi Philon , De gigant. ; Josephe , Antiq. jud.t I. 1, c. 4 ; Origène, Ap. Gennad. ; Eusèbe , Prœp evang. ; S. Chrysostôme , Caten. ; S. Cyrille d'Alexandrie, I. ix , etc.)j toutes choses exposées dans les écrits de Goropius Becanus , Jlicron. Magius , Temporarins , dom Calmet , etc.
II y avait plusieurs peuples de taille gigantesque : les Réphaïms , Cananéens cruels ; les Emims , anciens Moabites ; les géans d'Enac ou Enacims , étaient si grands , que les autres hommes ne paraissaient devant eux que comme des sauterelles {Nombr. xui , 5"j). Og,roi de Basai) , avait un lit de neuf coudées de long , ou de plus de quinze pieds (Deute'ronom. ym ,2). Goliath était haut de six coudées et une palme {Rois , 1, c. 17, v. 4) : c'est environ dix pieds et demi.
Mais sans rappeler encore les histoires fabuleuses des Titans , ou des fils de la Terre , chantés par Hésiode et les autres poètes de l'antiquité; ou le squelette d'Anthée , vu par Sertorius vers Tanger, et qui avait soixante coudées, selon Plutarque ; ou le squelette d'Orion , de quarante-six coudées , trouvé en Candie , au rapport de Pline ; ou seulement celui d'Oreste, haut de sept coudées ou douze pieds trois pouces; celui du prétendu roi Teutobochus , décrit en if>i5 par Nicolas Habirot , et qui devait avoir vingt-cinq pieds de haut ; on le géant Ferragut , haut de douze coudées , plus robuste que quarante Espagnols , et qui fut tué , suivant nos chroniques , par le fameux Roland , neveu de Cbarlemagne; nous rangerons tous ces contes avec ceux de Gargantua et de Pantagruel.
Venons à des faits plus positifs , puisau'aussi bien la varsiou de la Bible , par les Septante , traduit les mots nopkel et giboor (au pluriel , nephilim et gibborim) , par des hommes violens , cruels et scélérats , tels que Nemrod , au lieû de traduire par le terme de géans. S. Chrysostôme , Théodoret , etc. , suivent aussi celte opinion; et lorsque Dieu menace Israël des peuples du septentrion , c'est plutôt d'hommes barbares , belliqueux et impitoyables'que de vrais géans (Sapient. ir, et Isaïe, c. xiv , 4 1 « ,9; Jérémie , c. xxxiv , 6 , i5 , i5 , etc. ; Ezéchiel t vm , 48 ; Daniel., xi ; Zacharie, 11 , etc. ).
Pline cite le géant Gabbarc , vu à Rome, sous l'empereur Claude , et qui avait neuf pieds neuf pouces de haut. Mai un
géa m
Delrio vit à Rouen , l'année 1672 , un Piémontais , haut de plus de neuf pieds. Jul. Scaliger observa, a Milan, un gé;mt couche' en deux lits placés bout à bout. La Gazette de France rapporte qu'un squelette humain , de neuf pieds qualre pouces, fut trouve' près de Salisbury f ann. 1719, du 21 septembre f art. Londr. ). Gasp. Bauhin ( De Hennaphrod. , p. 78), rite un Suisse haut de huit pieds ; un Frisou avait aussi celle taille (Van der Linden , Physiol. re'form. , pag. 242 ). Uu Suédois , garde-du-corps du roi de Prusse, Guillaume , avait huit
Îieds et demi (Stoller, J'Vachsthum des Menschen , pag; rî5 )* liemerbroek cite un homme de pareille taille , eu sou analu-* mie, p. 2; et Uflfenbach a vu Je squelette d'une fille d'aussi haute stature (//mer., tom. m , p. 64*)).
Indépendamment de ces faits particuliers et de beaucoup d'autres, cite's par Haller (Dt'ss. de çiganiib., an. 1^7 ) et par divers auteurs , l'on demandera s'il est impossible qu'il ait existe' jadis des races d'hommes gigantesques. La terre , autrefois plus fertile et plus jtMiue , disent les défenseurs de relie opinion , tels que Torrubia , Lccat , t te , portait des animaux plus puissans , des espèces plus colossales que celles d'aujourd'hui. Les glossopètres fossiles , qui sont des dents de poissons squales , ont trois à quatre fois plus de grandeur que les mèmc9 dents de nos plus forts requins actuels , comme le remarque Fabius Colurana ( De glossopetris , dt'ss.) , et les ossemens fos-» siles de megatherium , de palaeotherium , décrits par M. Cuvîer , ceux de la plupart des éléphans trouvés enfouis en divers climats , ne montrent- ils pas des individus prodigieux en comparaison des plus grands d'aujourd'hui? Voyons-nous encore des baleines franches , longues de cent cinquante p.'cds , comme il est avéré qu'on en trouvait jadis ? Il faut donc convenir que ces races colossales ont diminué dans leur stature , comme dans le nombre des individus , et même elles peuvent s'éteindre et disparaître à jamais de la terre. Virgile a pu dire que l'agriculteur admirerait un jour les grands ossemens des premiers humains enfouis sous ses guérels :
Grandiaquc ejffossis mirabitur ossa sepullis.
TIRgil., Georg. t.
Ce n'est point d'aujourd'hui que Ton se plaint du décroissement deshommes et de toutes les productions du globe. Selon les Epicuriens , la terre est vieillie et cesse d'enfauter de puis* sans animaux.
Jamque adeh fracta est a; tas , ejfaetaque tel/us , Pix animalia parva créât , qme cum ta creavit Stecla t dedilque ferarum ingenùa cnrnnra partu.
lwcret. , Rer nat. , J. n.
Tout dégénère , tout s'écoule vers la destruction générale et l'anéantissement :
Sic omnia Jatu In pejus ruere , ac rétro êublapsa referri.
vircil. , Georg. i.
Les stoïciens attribuent cette diminution continuelle de la stature et de la force de toutes les créatures au dessèchement successif du globe et de ses mers, à sa marche progressive vers l'ccpyrose, ou la conflagration générale par le feu qui doit renouveler un jour l'univers. ,
Parmi les raisons apportées par Halier , contre 1 existence des géans de l'antiquité, il dit que des hommes de quinze à vingt pieds de haut ne seraient plus en rapport avec le blé . les fruits qui nous substantent , le cheval qui uous porte : les arbres seraient trop petits pour nos édifices , etc. Mais ces inductions ne sont pas de grande valeur , puisque de vastes animaux peuvent bien subsister ; et d'ailleurs elles ne prouveraient point que les autres créatures organisées n étaient pas jadis également gigantesques à proportion de l'homme. Nous ne voyons pas d'impossibilité physique à l'existence des géans , ou de races d'hommes de sept à huit pieds , ou peul-être plus , quoique cela soit douteux aujourd'hui. Voici cependant un fait récent et remarquable.
A la terre d'Edels , vers la rivière des Cygnes , M. Louis Freyciuet {Vqyag. de découv. aux terres australes ; Paris, i8i5 , m-4°- , p.'»78) a trouvé des traces de pied humain , étonnantes par leur graudeur. Vlaroing , cent cinq ans avant nous , dit-il , avait fait une observation semblable : «Aon* remarqudmes au rivage voisin plusieurs pas de personnes d'une grandeur extraordinaire. » On a vu d'autres pas , ou traces . de pied énorme , dans le hàvre de Henri Freycinet , et à la rivière des Cygnes (/M. , p. 204 ) , et même on a aperçu de loin des géans *ur la presqu'île Péron , à la terre d'Eodracht (lb Voyez aussi Péron, Forage aux terres australes, tom. 11 , p. lOt ,**?.)- A. la vérité , M. Freycinet, qui a bien voulu nous communiquer des détails à ce sujet , admet uuc ces hommes n'ont été aperçus de loin , d'une si grande taille , que par une illusion d'optique causée par le mirage , ou qu'à traversées vapeurs aqueuses, surtout «ous les tropiques, qui agrandissent énormément tons le* objets
Si Ton n'observe plus aujourd'hui des animaux et des végétaux d'une taille aussi gigantesque qu'autrefois, et que leurs ossemens ou leurs débris l'annoncent , ne serait-ce point à cause de la guerre et de la destruction que l'homme leur fait subir de plus en plus en se répandant par tonte la terre ? Les baleines, qui se jouaient •utrefois dans le golfe de Gascogne,
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ont été poursuivies jusque sous les glaces polaires par les Basques et d'autres hardis pêcheurs. Ou ne voit plus d'hippopotamesdans le Nil, en Egypte; et les étéphans sont confinés de jour en jour dans les solitudes , ainsi que le» rhinocéros. Les grands arbres des plus antiques forêts sont recherchés partout pour la marine et les constructions. L'homme s'attache a détruire tout ce qu'il y a de plus colossal parmi ces vieux en fans de la terre.
Il est facile de prouver en outre que le genre humain , s'il a pu décroître en quelques âges et sous certains climats , ou par une civilisation , une corruption de mœurs trop grandes , n'a pas sensiblement dégénéré depuis environ quarante siècles. Norden {Itin. AEgypt.y p. y5 , 60) , observe que les sarcophages des anciens Egyptiens , dans la plus haute des pyramides , n'annoncent nullement une taille plus élevée que la nôtre. 11 en est de même des momies mesurées dans les catacombes et les hypogées d'Egypte. Il est permis aux poètes de feindre que les anciens héros étaieut des hommes gigantesques et robustes, comme Homère nous représente l'impétueux Diomède, fils de Tydée , ou le bouillant Ajax , ou Hector lançant un quartier de roche sur les ennemis,: c'est ainsi que Turnus lance à Enéeune pierre que douze hommes d'aujourd'hui ne pourraient ébranler , selon Virgile^. Les vieillards qui vantent sans cesse le passé , se sentant aflaiblis par l'âge , soutiennent qu'on était plus vigoureux autrefois „ comme le dit Juvénal :
Namgenuê hoc, vhn jam decretcebat Homem :
Cependant Homère, parlant de la taille d'un bel homme bien proportionné, ne lui donne que quatre coudées de haut et une de large : or , la coudée grecque et latine était d'un pied et demi. Vitruve établit que la stature ordinaire de l'homme est de six pieds romains (ou cinci pieds six pouces au plus de France) ; de là vient qu'Aristote donne pour proportion aux lits six pieds de longueur , et que la hauteur des portes des anciens édifices n'est pas plus grande qu'aujourd'hui; enfin, il nous reste des anneaux et diverses armures des anciens qui prouvent que leur taille ne différait pas de la nôtre (Gorlaeus, DaclyUotlxeca ; Montfaucon , Aniiq. explic. , etc.). Riolan prouve aussi que les doses des purgatifs , comme de l'ellébore noir donné dans le vin par Hippocrate , n'étaient que pour un homme d'une force commune aujourd'hui , savoir cinq oboles , équivalant à une dragme. Voyez sa Gigantomachie , etc.
On se plaît à présenter les conquérans , les puissans princes comme d'une haute taille , parce que la flatterie les nomme grands. Cependant magnus Alexander corpore paryus erat ,
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ei Charles Magne n'avait qu'une stature ordinaire, d'après le témoignage de son secrétaire Eginhard. Si l'on a rencontre' quelquefois dés crânes humains de vaste proportion, ils ont pu apport' nir à des en fans hydrocéphales et rachitiques plutôt qu'à des gratis \Voyez Journal de médec. , décembre 1757). Srlieuch/eï, qui croyait avoir observe* , dans les carrières d'OKningefi , le squelette pétrifié d'un homme du temps du déluge , komo diluvii testis , ne lui reconnut qu'une taille as-. 7. courte ; rn;ii> M. (Envier a cru trouver dans cette pétrification «ne grand*- espère de salamandre inconnue: ainsi Ton n'a point vu d'anihrnpohte «l'une date ancienne. Le squelette rencontré depuis peu à la GuadHonpc , e'tait enfoui dans un terrain calcaire de formation assez récente ,^t n'avait pas une taille audes^ns du commun.
On peut conclure de ces faits, que l'espace humaine n'a pas sensiblement dégénère, au total, depuis quatre mille ans; que J'rtf \e\)cr Je races de géans est au moins problématique; mais ipiM h pu exister des nations d'une taille assez élevée , comme on voit encore de temps à antre de grands individus ; enfin que la stature de 'a majorité du genre 'humain et la plus convenable, est entre cinq y six de# nos pieds , excepté près des pôles , où cPe u'esi que de quatre à cinq.
vi. Des causa q ni j 'induisent Ve'longation gigantesque , et tin caractère moral des gc'ans. Nous avons déjà reconnu qu'une constitution humide et molle, blanche et blonde, des noi rn«ure> humectantes eu abondance, une chaleur moite ou une froidure modérée, les bains, les boissons mucilagij.enses, fave irisaient l'accroissement en longueur. Nous avons dit aussi que la simplicité de la vie champêtre, mais ombragée et non laborieuse, les mœurs chastes, une puberté tardive, ljf»norî»tiev , l'absence des violentes prissions, permettaient aux corp> de détendre librenrn ut en toutes ses dimensions; mais la torocérité qui en resuite r.V-st pas pour cela gigautesque. Celleci dépend plutôt d un effort de croissance , au détriment de quelque* autres fonctions , du système musculaire par exemple. Aussi ce grand accroissement a lieu surtout dans la situation borizoutale ou couchée. 11 est manifeste que le matin Ton est de plus haute taille que le soir, puisque les cartilages intervertébraux étant moins comprimés par la position horizontale dans le lit que par la station verticale pendant le jour, s'étendent parleur propre élasticité. C'est aussi en restant longtemps couché que s opère l'alongemeut gigantesque ; et la plupart des gc'ans aiment demeuicr au lit, comme celui dout parle Senliger : delà vient que les muscles et les os restent faibles chez res grands corps ; les membres sont souvent mal proportionnés cl les jambes gicles, faute d'exercice ; eufiu plusieurs
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os longs se courbent ou se déjettent par une nutrition imparfaite relativement à l'accroissement.
Des eufans, au sortir d'une maladie telle que la variole , s'alongeut presque tout-à-coup aussi en peu de semaines, des extrémités plutôt que du tronc. Une fièvre peut exciter un accroissement rapide et extraordinaire (Bufïbn , Mist natur. dé l'homme , in-40. , t 11 ) , en augmentant la circulation du sang. ' On cite une jeune fille qui , perdant ses menstrues par 4^ie fièvre qui lui survint , acquit une taille gigantesque (Wierns, Observ. , p. 40). On sait que la perte de la faculté prolifique ; la castration, laissant le corps dans un élat de mollesse et de laxité, permet aux individus de prendre plus de procérité et d'embonpoint que les individus a fibre tendue , très-mâles ou virils. Voyez eunuque.
Si le sexe féminin est généralement de plus courte taille que le masculin , quoique de texture plus molle et extensible , c'est parce qu'il est plus tôt pubère ou parvenu à sa perfection , et parce qu'il a moins d'énergie vitale.
L'accroissement extraordinaire en longueur a lieu souvent aux dépens de la faculté génératrice. La plupart des gcatis sont froids , ou même impuissans , et le coït les casse bientôt. Ils sont , à proportion , beaucoup plus débiles et plus lents que de petits individus , pour tous les exercices possibles du corps et de l'esprit. Si les hommes de haute stature sont préférés , pour leur belle apparence , dans la garde des princes où le service des personnages éminens , ils ne se montrent certainement pas les plus robustes ni les plus actifs ; mais ils sont simples , dociles, candides et naïfs , peu capables de conspirer le mal , et constaus aux plus mauvais maîtres Lorsque Chéréas tua le tyran Caligula , les grands Allemands de sa garde furent les seuls fidèles à venger la mort de ce monstre. Dans la guerre, ils sont plus propres à la défense qu'à l'attaque , tandis que l'actiou impétueuse et brusque convient plus aux hommes courts et vifs, comme aux Français et aux anciens Grecs ou aux Romains.
La circulation est languissante chez les géans ; ils n'ont 0 guère que cinquante-cinq à soixante pulsations par minute ; leurs fonctions s'opèrent aussi toutes avec inertie , et leur estomac digère lentement. Us ont rarement de l'esprit : la plupart sont même très-sots , ou du moins fades , insipides , comme des végétaux trop aqueux ; de sorte qu'on n'a jamais vu un homme très-grand devenir un grand homme ( Voyez esprit , génie). Aussi les peuples méridionaux de l'Europe ont toujours eu l'avantage intellectuel sur la simplicité bonace des septentrionaux : la plupart des hommes bruns , petits et maigres montrent bien plus de feu et de pénétration , ont des qualités plus solides et plus fortes que les grands blonds , gras et
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phlegmaliques. César redoutait davantage Brutus et CassiuS qu'Antoine et Dolabella. L'on n souvent remarqué de même que les petits hommes manifestaient un caractère plus ferme et plus prononcé que ces hauts corps flexibles et mous que Ton mène plus aisément que tout autre, au moral comme au physique.
Mais si ces grands individus sont dociles serviteurs et maîtres * fafijes , ils sont lents et bientôt fatigués , on plutôt leur défaut d'euergie empêche d'en tirer beaucoup d'utilité. Ils ont peu de prévoyance , et on Us trompe sans peine ; leur sincérité ne peut comprendre la fmesse et la ruse , et la méchanceté' entre rarement dans leur ame. Ils possèdent des vertus débonnaires d'humanité, de franchise , de confiance, mais presque jamais celles de force, de prudence et d'activité. Leurs goûts tendent plutôt vers la paresse et la modération , qu'au travail et à l'ambition : ayant trop d'indolence pour concevoir de la colère et de profonds resseutimens de vengeance , ils sont incapables de grands crimes comme de hautes vertus. Leurs amours offreut plutôt un attachement de confiance que l'ardeur et la jalousie ; ils consentent à croire le bien plutôt que d'avoir sans cesse à redouter le mal; ils préfèrent une liberté pauvre à l'esclavage opulent , et les plaisirs de la bonne chère cl de l'oisiveté à ceux de la gloire ou de l'étude.
On couçoitque dans de tels corps les maladies seront en général chrouiques ou langoureuses ; elles abattront aisément les forces vitales ; de là naissent des syncopes et l'atonie. La médecine stimulante et tonique deviendra donc indispensable pour eux. 11 n'est pas surprenant aussi que le système de Brown ait taut de partisans en Allemagne , pour traiter ces vaslcs corps blonds , lymphatiques et humides des pays s eptentriouaux.
Si la taille n'est pas trop élancée ou disproportionnée, comme elle a coutume de l'être dans la plupart des géans , un homme de belle stature , quoique mince , peut subsister longuement , parce qu'il jouit d'une vie d'ordinaire tempérée , et que ses périodes sont lentes; mais il n'en est pas de même chez les individus trop longs et déhanchés , parce que les forces vitales ne peuvent agir avec ensemble et unité ; les extrémités sont froides ; les fluide s y séjournent ; touty languit : aussi la plupart des géans deviennent bientôt vieux , cassés , et meurent avant l'époque ordinaire de la caducité. Voyez hain.
(viut)
GELATINE, s. f. , gelatina , de gelu , gelée. La gélatine est un des principes immédiats des substances animales. FJ le entre pour une proportion considérable dans la composition des os et des parties blanches des animaux , comme les tendons, 1 es aponc%
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vroses, lés cartilages , les ligamens, les membranes, etc. Elle existe aussi dans le sang , dans le lait , et dans les autres liquides animaux (Thomson). Elle est presque pure dans les os cartilagineux des poissons chondroplérigieus.
La gélatine est une substance inodore, insipide, incolore , plus pesante que l'eau , sans action sur la teinture de tournesol et sur le sirop de violette. Elle est très-soluble dans l'eau bouillante et très-peu dans l'eau froide. Ceut parties d'eau «bouil* lante et deux parties et demie de gélatine forment un liquide ; mais, en se refroidissant, en perdant son calorique, ce compose'donne une masse homogène, consistante, tremblante, en un mot, une gelée. Combinée à l'eau, la gélatine devient très-altérable. Elle s'aigrit d'abord, se liquéfie, et éprouve bientôt tous les effets de la décomposition putride.
L'acide muria tique oxigéné est le seul des acides qui sépare la gélatine de sa dissolution. L'alcool , en enlevant l'eau a cette substance animale , donne lieu à un précipité blanc très-abondant. Mais l'agent dont l'action sur la gélatine doit surtout être notée, c'est le tannin. Ce principe contracte avec la gélatine une union intime ; il se précipite avec elle des dissolutions aqueuses, et forme une masse collante! élastique , qui , exposée à l'air, devient sèche et friable. Ce composé particulier de tannin et de gélatine est imputrescible ; c'est lui qui produit le changement que l'on remarque dans les peaux d'animaux que l'on soumet à l'opération du tannage.
La colle-forte du commerce n'est que de la gélatine que l'on a concentrée fortement à l'aide de la chaleur, et que Ion a versée , ainsi épaissie , dans des moules où , en se refroidissant, elle est devenue solide, et en même temps inaltérable à l'air.
On se sert, pour préparer la colle-forte, des débris d'animaux , qui deviennent inutiles dans nos boucheries. On prend les sabots, les oreilles, les rognures de peau , etc. , des bœufs , des moutons , des veaux ; on les fait bouillir dans l'eau peudaitt longtemps ; on dépure la liqueur en enlevant les écumes à mesure qu'elles se forment ; ou passe la colatnre à travers un filtre ; puis on la laisse déposer. Ou sépare de nouveau la liqueur gélatineuse des impuretés qui ont formé un dépôt; on ta met sur le feu, on évapore le liquide, et on amène peu à peu la gélatine au degré de consistance que l'on désire. >
On savait que les os contenaient beaucoup de gélatine ; il suffisait de les broyer et de les faire bouillir quelque temps dans l'eau pour obtenir une grande quantité de ce principe. Déjà , dans les établissemens de charité, on avait cherché à tirer parti de la grande quantité d'os que l'on recevait avec la viande > et
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que Ton avait coutume de rejeter : on amassait ces os , et on en faisait un bouillon à part que l'on mélangeait avec le bouillon du lendemain pour le rendre plus substantiel j par ce moyen, on ne perdait plus la partie nourricière contenue si abondamment dans les os. M. Darcct vient de proposer un procédé bien
5 lus simple pour obtenir toute la gélatine des parties osseuses es animaux. Au lieu de chercher à s'emparer d'abord de la gélatine des os, il s'occupe à dépouiller ces derniers de la partie calcaire qui entre dans leur composition ; ainsi, à l'aide de l'acide muriatique étendu, il enlève le phosphate de chaux , et il obtient un corps solide qui conserve encore la forme de l'os, et qui n'est presque qu'une gélatine durcie. Il met ces os gélatineux daus des paniers d'osier, qu'il plonge, à plusieurs reprises , dans l'eau, pour le» dépouiller des molécules acides qu'iks peuvent contenir; il les dépouille des parties graisseuses qui y adhèrent, et, en même temps, il donne de la blancheur à la gélatine.
Ainsi préparée, cette substance se dissout facilement dans l'eau bouillante. Elle se prend en gelée, si on ne lui laisse qu'une faible proportion d'eau; elle devient colle-forte, si on la prive davantage de ce liquide , si on la concentre beaucoup : d'après des expériences répétées avec soin , cette colle-forte vaut mieux que celle du commerce pour les usages auxquels on fait servir cette dernière dans les arts.
La gélatine demande du médecin deux sortes d'examen. Ce principe animal est a la fois, i°. un corps susceptible de nous nourrir ; i°. un agent médicinal doué d'une vertu émollientc.
Sous le rapport alimentaire, la gélatine est une substance très-nourrissante. Sous un petit volume , elle contient une graude somme d'élémens réparateurs. Mais seule et rapprochée en gelée , cette matière wiest pas d'une digestion facile. Dans les expériences que l'on a tentées pour constater la vertu fébrifuge que l'on avait attribuée à la gélatine prise à haute dose avant l'accès d'une fièvre intermittente, on a souvent eu l'occasion de remarquer que cette substauce se digérait difficilement. Elle faisait éprouver, deux heures après l'avoir prise, de la cardialgie , des borborygmes , des coliques , des évacuations alvincs, quelquefois des vomissemens; et le lendemain , on ressentait du dégoût pour les alimens , etc. Il est des moyens assez simples de faciliter la digestion de la gélatine; c'est de la donner toujours dissoute dans une certaine quantité d'eau , ou bien de la mêler avec une substance tonique ou excitante qui , développant les forces gastriques , soutenant l'action de l'estomac, assure l'élaboration, l'anîmalisation de cette substance.
Quoi qu'il en soit, la qualité nourrissante de la gélatine doane
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l'espoir d'en tirer un parti avantageux dans beaucoup d'occasions. On sait que , quand elle est desséchée, elle peut se transporter au loin , et se conserver longtemps sans éprouver d'altération. Or, en l'assaisonnant avec des aromates stomachiques, on peut la convertir en tablettes, avec lesquelles on ferait des soupes très-salubres et très-nourrissantes, qui seront une ressource précieuse dans les voyages de long cours , dans les villes assiégées , même dans des momens de disette. M. Darcet, qui a cherché à rendre utiles à la classe malheureuse ses recherches sur la gélatine des os, a proposé de la faire servir à la composition des bouillons dans les hôpitaux, dans les hospices de vieillards , dans les établissemens de charité. Comme ces bouillons de gélatine sont fades et qu'ils se digèrent péniblement f M. Darcet veut que l'on y ajoute des légumes aromatiques, comme le céleri, la carotte, le panais, etc.; et que de plus on continue à employer dans leur confection la quatrième partic de la quantité de bœuf dont on avait coutume de se servir, afin que la matière exlractivc ou l'osmazome de la chair de bœuf, se répande dans toute la masse , et lui communique de la couleur , de la saveur , de l'odeur, les qualités enfin que nous recherchons dans le bon bouillon.
Cette méthode procure l'économie de trois-quarts de la viande que l'on consommait journellement. Or, M. Darcet pro-
Î>ose de faire rôtir cette viande , et de la donner , sous cette orme , aux convalescens et aux malades auxquels on peut accorder cette nourriture substantielle. On conçoit assez par là combien serait amélioré le sort des indigens dans tous les lieux où la charité publique vient à leur secours. L'expérience a déjà prouvé le» bons effets de ce régime. Pendant trois mois , on a préparé, à l'hospice de clinique interne de la Faculté de médecine de Paris, le bouillon avec de la gélatine et un quart seulement de la viande que l'on employait. On aromatisait ce bouillon avec des légumes ; les trois autres quarts de viande étaient donnés en rôti. Quarante personnes ont usé de ce régime alimentaire, et n'out rien éprouvé de remarquable. Les malades, les convalescens, même les gens de service n'ont pas aperçu de différence entre le bouillon ainsi préparé et celui qu'on leur donnait auparavant. On a de plus constaté que les maladies avaicut suivi leur marche ordinaire , et que les convalescences n'avaient pas été plus longues que dans d'autres circonstances.
La gélatine exerce aussi sur les individus qui en font usage une action médicinale dont il nous importe ici de signaler le caractère. Le bouillon de veau , de poulet, de grenouille, si souvent conseillé dans le traitement des maladies, n'est qu'une eau de gélatine, dans laquelle nous ne découvrons aucun prin-
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cipe extraetif, âcre ou aromatique. Ce compose est adoucissant et relâchant. Son influence devient surtout marquée quand on la suit sur des tissus où les propriété'* vitales sont actuellement exaltées Dans les phlegmasies , dans les maladies fébriles avec chaleur, agitation , dans les éruptions cutanées, etc. etc., l'eau chargée aune gélatine douce et légère cause une détente favorable; cette boisson diminue l'ardeur générale ,» fait couler les urines , donne à la peau plus de mollesse, en uu mat, procure des effets auxquels on reconnaît l'exercice d'une propriété émolliente. V oyez ce mot.
Sydenham , par la simple observation clinique, avait reconnu qu'il y avait uue différence très - grande entre le bouillon de bœuf et le bouillon de veau ou de poulet. Donnait-il le premier dans une phlegmasie , dans une fièvre aiguë, dans une éruption, aussitôt il remarquait une exaspération dans tous les accule us fébriles; au contraire, le bouillon de veau ou de poulet exerçait une influence tempérante ou adoucissante, qui se montrait daus celte circonstance très-favorable. Or, la cause de ces effets opposés a été dévoilée par les chimistes : ils ont trouvé dans le bouillon de bœuf une matière extractive, l'osmazome, douée d'une saveur et d'une odeur particulières et d'une vertu stimulante. C'est à l'impression qu'exerce ce principe sur tous les tissus vivans , et particulièrement sur les canaux artériels , qu'il faut rapporter les accidens qu'observait Sydenham ; accidens qui n'ont point lieu après l'usage du bouilloudeveau ou de poulet, dans lesquels l'osmazoue n'existe pas.
Dirons-nous aussi que l'on avoit cru trouver dans la gélatine un remède assuré contre les fièvres intermittentes^ On faisait prendre cette substance à haute dose , après l'avoir mêlée avec une certaine proportion de sucre ; on l'administrait quelques heures avant le moment où l'on attendait l'accès : et souvent il arrivait que la fièvre perdait de sou intensité , de sa longueur, ou même qu'elle ne paraissait pas. Doit-on, pour cela, supposer dans la gélatine une vertu particulière dont l'exercice produirait ces avantages ? non , sans doute. Il est certain que cette matière unie au sucre doit être considérée comme un extrait éminemment nutritif , et que c'est de sa qualité alimentaire que procède sa propriété fébrifuge. La gélatine ne devient utile , dans ce cas , que quand elle est bien digérée. Alors elle porte dans tout le système animal une surabondance d'é- Jémens nourriciers : leur assimilatiou à tous les tissus vivans produit d'une mauière soudaine un surcroît d'énergie qui se manifeste au momeut même où l'accès doit avoir lieu. Cette corroboration i subite nous explique bien pourquoi la fièvre cesse. Rappelons-nous que de tous les remèdes prônés contee
Ves maladies qui nous occupent, il n'y a que les agens fortifions qui aient conservé quelque réputation.
Nous citerons seulement les principaux usages de la gélatine ou de la colle dans les arts. Les menuisiers, les ébéuistes s'en servent pour tenir rapprochées les pièces de bois ; les fabricans de papier en fout une grnnde consommation; il en est de même des peintres. On emploie la gélatine pour préparer le fil dé coton avant d'eu former des tissus. C'est avec cette substance que l'on prépare le taffetas d'Angleterre. Enfin, elle peut remplacer la colle de poisson et servir à faire des gelées , à coller des vins blancs , à clarifier le café, etc. , etc.
(barrîer)
GÉLATINEUX , adj. , gelatinosus. On emploie cette expression en parlant de divers composes , lorsqu'ils offrent quelque ressemblance avec la gélatine, ou lorsqu'ils contiennent une grande proportion de ce principe. Ainsi on nomme gélatineuses les parties bbinches des jeunes animaux , parce qu'elles donnent une grande abondauce du principe animal dont nous parlons. (barbier)
GELEE , s. f. , gelu. Ou donne ce nom au froid , quand il devient assez fort pour faire perdre à l'eau sa liquidité, et la convertir en un corps solide. On a aussi employé ce mot pour désigner des préparations faites avec des substances végétales nuauimales, qui restent liquides tant qu'elles recèlent beaucoup de calorique , mais qui prennent, en se refroidissant, de la consistance , et offrent à l'œil une masse épaisse , homogène, tremblante. On a du. trouver de l'analogie entre cet effet, et celui que le froid produit sur les liquides; de là l'origine du nom qu'on a imposé aux composés dont nous voulons parler.
Nous ne nous occuperons ici que des préparations que l'on désigne sous le titre de gelées ; et nous en distinguerons deux classes , des gelées végétales et des gelées animales. Toutes contiennent une proportion assez forte de sucre, parce que ces sortes de composés doivent être, autant qu'il est possible, agréables au goût : c'est un caractère qui leur parait essentiel.
On fait des gelées végétales avec la groseille , les pommes , les coings, les abricots, etc. On exprime le suc de ces fruits , on le passe à travers une toile; on y ajoute une quantité donnée de sucre, on le fait fondre , et bientôt le mélange se prend en une masse épaisse et tremblante qui devieut une gelée. Souvent on se sert du feu dans cette opération ; il accélère le mélange parfait du suc des fruits et du sucre que l'on y mêle. Il sort de plus à rapprocher le liquide, à évaporer uue partie de l'humidité, à donner à la gelée plus de consistance; mais le feu a l'inconvénieut d'altérer la couleur propre au suc des fruits; il