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jioquc où ils vivaient à des temps infiniment reculas , ccpendant lorsqu'on les Ht dégeler et ensuite dessc'cher ( car on conserve au muséum de Pétcrsbourg une tête de rhinocéros avec sa peau, envoyée par Pallas ) ; des chiens dévorèrent du cette chair, àgc'e peut-être de plus de cent siècles, et toutefois fraîche et encore sans odeur.
§. m. Résultats généraux du froid sur les corps oijfanisés , végétaui et animaux, quis'jr trouvent exposés. Les effets de la froidure sur l'organisme humain devant être décrits à la suite de cet article , il s'agira principalement ici de considérations zoologiques et botaniques.
Nous voyons que les productions auime'es de la nature sont distribuées sur le globe, en zones à peu près parallèles, selon le degré' de chaleur qu'elles demandent, ou de froidure qu'elle* peuvent supporter. Les singe , les perroquets, les reptiles de forte dimension, comme les crocodiles et caïmans , les grandes tortues marines , les boas , non plus que diverses familles de poissons telles que les chétodons ( ou bandoulières ) , les coryphones, les poissons volans , etc., enfin plusieurs coquillages et ihsectcs remarquables, ne sortent point des régions entre les tropiques ; le froid les fait périr dans nos climats , si l'on ne ■ les en garantit pas. Il en est de même des palmiers et d'une grande multitude d'autres végétaux naturels à la zouetorride.
D'une autre part , il existe une foule d'animaux et de plantes des climats froids qui ne pourraient pas subsister sous un ciel brûlant. Ni les sapins et les bouleaux du nord , ni le renne et l'élan , ni l'ours blanc arctique, ni plusieurs oiseaux d'eau no supportent les chaleurs et ne franchissent les régions tempérées où ceux-ci descendent et émigrent pendant l'hiver.
Les animaux et les végétaux naturels à ces régions tempérées ou intermédiaires sont plus propres à s'acclimater dans les contrées soit chaudes , soit froides , parce qu'ils ont moitié moins de difficulté, par leur organisation , à prendre de nouvelles habitudes. Aussi le chien , la chèvre , le bœuf, le cheval , la brebis , le cochon , la poule , le canard et d'autres espèces susceptibles de domesticité , nées sous des cieux tempérés au centre de la haute Asie , sont devenues presque cosmopolites avec l'homme , faculté refusée aux tigres , aux lions , aux vautours de la Torride. De même le blé , le seigle -, l'orge , l'avoine , le lin , le chanvre, la pomme de terre suivent partout le cultivateur , mais non pas le riz et la canne à sucre des pays chauds. La vigne s'arrête au 5o° de latitude, parce qu'elle est une plante méridionale.
L'homme cependant , jeté nu sur ce globe, et dont le premier berceau , selon les documens de son antique histoire et le témoignage toujours manifeste de sa nudité , de sa sensi-
bilité , dut être la zone chaude et fortnnée des tropiques : l'homme est devenu cosmopolite. Il règne aujourd'hui sur les tribus végétales et animales de toute Ta terre, de ce vaste jardin , devenu son inépuinablc domaine. L'océan s'est rendu même tributaire de ce maître du monde; et les baleines , les monstres affreux de ses abîmes ont succombe sous le harpon du hardi navigateur.
Comment cet être si délicat , si frêle , eût - il surmonté la rigueur des glaces polaires s'il n'eût pas reçu le secours de «ou génie, une main industrieuse, la puissance du feu , et Part de se couvrir de vêtemens , de se bâtir des habitation? chaudes et commodes ? Quelque flexibilité dont jouisse sou organisation , elle ne peut pas vaincre les extrêmes de la froidure et les extrêmes de la chaleur; la nature semble être venue elle-même au secours de la nudité de l'homme en noircissant sa peau et en lui rendant supportable le soleil de la 'forride.
Considérons en effet avec quel art merveilleux la nature approprie les êtres soit à la froidure des pôles , soit aux ardeurs équatoriales , pour qu'ils y puissent subsister. Dans les pays î froids, cl particulièrement aux approches de l'hiver, tous les quadrupèdes se revêtent d'une fourrure extraordinairement épaisse et chaude. C'est au nord qu'on va chercher l'cdredou des canards et l'hermine , les peaux de zibeline , d'ours , de . blaireau , de castor , de loutre , etc. , les mieux fournies et les plus précieuses ; le cochon même , au lieu de soies rares , le cheval , au lieu de poil court et raz s'y couvrent d'une sorte de laine frisée et serrée. Les gelinottes , les coqs de bruyère se vêtissent de plumes jusqu'aux extrémités des pattes, pour courir sur la neige. Nous voyons les plantos des Alpes , des heux froids et élevés, enveloppées d'un duvet épais et mollet qui les défend contre les vents piquans. En outre, les végétaux du nord se rapetissent , se resserrent en buissons , de même que, pour se garantir du froid , l'on voit les animaux se ramasser en boule. Lef mêmes arbres qui, sous des régions méridionales, épanouissent sans crainte leurs fleurs au printemps, ont datis le uord des bourgeons soigneusement emmaillottés d'écaillés, de petites feuilles bien enduites d'une résine, comme on l'observe sur les peupliers, lc*s marronniers d'Inde, etc. Ces précautions de la nature défeudent leurs fleurs en embryon contre les gelées du nord , et n'ont pas lieu au midi , où elles h 'étaient pas nécessaires.
De plus, la prévoyante nature nous montre d'autres moyens de se garantir du froid , en les employant pour les êtres organisés. Non- seulement les rrîousscs abondantes du nord recouvrent les troncs des arbres , ou leurs écorces sont denses et épaisses comme dans les bouleaux , mais aussi tous les arbres
verts de ces contrées sont résineux , et nous verrons comment les résines garantissent du froid. De même les animaux du nord deviennent très-gras en hiver. Les baleines et les phoques sont comme des outres pleines d'huile sous leur peau ; les oiseaux aquatiques sont très-imprégnés de graisse fluide, indépendamment de leur e'pais plumage lustre d'huile et impéuétraMe ainsi à l'humidité'.
Enfin ces quadrupèdes , ces oiseaux qui , pendant l'été , portaient des vêtemens de diverses couleurs et d'aufant plu» légers qu'il faisait plus chaud ( car les animaux des zones trèschaudes sont même à demi-nus, comme les singes , les éléphans et rhinocéros, les chiens, les vautours, Les autruches et casoars , etc. ) ; ces animaux des pôles deviennent tout blancs en hiver. Le froid et l'absence de la lumière blanchissent et étiolent les productions vivantes. Les fleurs alpines sont blanches, l'homme du nord est blond de cheveux et blanc de peau, tandis que les couleurs sont ou plus foncées ou plus rembrunies à mesure que le climat est plus ardent, plus lumineux. L'on observe , à la vérité, que le blanc, réfléchissant presque toute la lumière, absorbe très-peu de chaleur; aussi l'on s'hahille en blanc pendant l'été, et celte couleur passe chez les Arahes pour la plus fraîche d'après leur expérience , en même temps que pour la plus honorable à leurs cheiks , leurs prophètes , et la plus pure dans les vêtemens ( Arvieux , Me m . , , Fojr. , t. m , p. 595;. 11 semblerait donc que la nature aurait eu tort de blanchir en hiver les animaux des pays froids; mais ils ne reçoivent point alors de chaleur extérieurement, puisque la nuit et tes glaces couvrent ces contrées. L'on sait au contraire , par des expériences directes , qu'aucune couleur ne conserve plus longtemps son état soit de chaleur , soit de froid , que le blanc ( Rumford , Mëm. sur la chaleur , pag. 126) , tandis que le noir rend toute la chaleur aussi facilement qu'il l'a reçue. « 11 y a tout lieu de croire qu'en temps froid , les vêtemens blancs sont plus chauds que les autres : on les regarde partout comme les plus Irais qu'on puisse porter en été, surtout au soleil ; et s'ils sont propres à réfléchir les mvons calorifiques , ils ne doivent pas l'être moins à renvoyer les rayons frigorifiques qui glacent en hiver ( Rumford , Ibid. , pag. i?6). S'il est vrai que la chaleur et le froid sont excités par b s procédé^ indiques , et que le blanc est la couleur la plus favorable à la réflexion des rayons calorifiques et frigorifiques , le sceptique le plus déterminé ne pourra s'empêcher de reconnaître que ces animaux ( des, pays froids , dont la fourrure devient blanche en hîver) ont été bien fortunes en obtenant un vêtement si bien adapté à- leurs circonstances locales ( Rumford , pag. 177 )v n
Parla même raison, les Nègres soutiendront mieux la chaleur de la zone torride que les hommes blancs ; car si leur peau absorbe, par son tissu réliculaire noir, plus de rayons de chaleur , elle perd très-facilement aussi cette dernière à l'ombre. Les Nègres frissonneut plus vivement de froid dans nos hivers que nous , lors même qu'ils y sont acclimates dès leur naissance } et, tandis que nous étouffons de chaleur sous la torride, le Nègre accroupi sousun ajoupa de feuillage chante ses amours, ou se livre avec fureur à la danse au son du tamtam et du balafo , presque sans sueur , quoiqu'il transpire beaucoup.
Non - seulement la nature distribue de chaudes toisons aux animaux , des enveloppes ou des duvets aux plantes , sous les deux gtace's ; non - seulement elle leur attribue les couleurs les plus favorables pour couserver leur chaleur ; nou-seulement la respiration plus intense devient chez les animaux le foyer d'une plus ardente vitalité', mais encore nous allons voir
3u'elle entoure tous les êtres de matières isolantes de la froiure.
L'expérience prouve que rien ne défend plus efficacement la peau de l'impression du froid que les corps gras. L'on voit le Lapon et le Samoiède graissé d'huile ranec de poisson , se promener, la poitrine toute débraillée, dans les montagnes de glaces par des froids de 5o à 4o°* H- , sans danger. Les soldats russes, eu Sibérie, s'enveloppent les oreilles et le nez dans des papillottes de parchemin enduites de graisse d'oie qui reste fluide et ne se gerce pas comme le suif. En cet état , ils bravent les froids les plus violens. Déjà Xétiophon , dans la fameuse retraite des dix mille Grecs , avait recommandé aux soldats de se graisser toutes les parties exposées à l'air f Anabasis , lib. iv ) , et nos Français n'auraient pas si horriblement souffert du froid dans le fatal retour de Moscou , si tous avaient connu et pratiqué ce moyen. La nature garantit les animaux par le même procédé ; tous ceux du nord sont adipeux et huileux en hiver, comme nous l'avons dit j et, dès les premières gelées de nos automnes, nous voyons les petits oiseaux dodus comme des pelottes de graisse. Les quadrupèdes hjbernaus ou dormeurs en hiver, ont tous des épiploons graisseux surnuméraires.
Les personnes maigres souffrent bien plus du froid que les grasses , et les enfans , les femmes sont en général moins frileux à proportion que l'homme adulte, à cause de l'abondance de leur tissu graisseux.
De même les résines défendent très - bien du froid les arbres verts , tels que les sapins , les pins , * genévriers , ifs, mélèzes , etc. Nous avons vu que les écailles des bourgeons d'autres arbres sont enduites de résines. De même , les bourres,
les mousses , les lichens rameux pullulent abondamment dans les pays froids et forment une épaisse couverture aux arbres et aux jeunes. pousses qui sortent de terre. Toutes les plantes des régions glacées soit du nord , soit des Alpes, sont petites, pelotonées, très-rameuses et très-velues. Elles se conservent donc mieux contre les impressions du froid.
Il est remarquable que les corps qui garantissent le mieux du froid sont idioélcctriques , tels que les résines , les poils d'animaux , la soie , la laine , les graisses , les huiles , etc. Celle de baleine a moitié moins de calorique spécifique que l'eau. Le charbon , le bois sec qui sont isolans , le verre, etc. , sont ' rhnuds ou de mauvais conducteurs du calorique et de l'électricité. Au contraire, les métaux, les pierres , les oxîdes métalliques , l'eau et les liquides aqueux conduisent bien l'un et l'autre , aussi sont-ils très-refroidissans. Les corps les plus hydrogénés et azotés sont conservateurs de la chaleur, tandis que les corps oxigenés ou acides la perdent pour la plupart davantage ; le calorique spécifique des corps est dans le rapport de leur faculté conductrice.
Cette différence se manifeste surtout lorsqu'on hiver on touche du litige ou de la toile , comparativement avec des tissus de laine , ou de poils d'animaux, ou de soie. Les premiers paraissent beaucoup plus froids que les seconds. Des vêtemens d'étoffes purement végétales , tels que de colon , lin , chanvre, etc. , conservent bien moins la chaleur du corps que des tissus de substances purement animales , à quantité , poids et épaisseur égales. Aussi ces substances animales sont idioélcctriques , et presque toutes les fourrures des animaux du nord donnent par le frottement sur l'animal vivant des étincelles, comme font nos chats en hiver. L'on sait que le plumage des oiseaux est également idioélectriquc , et l'on en a vu des exemples même sur des perroquets kakatoès. Tous ces faits conduisent à la théorie des vêtemens qui doivent être de nature végétale en été et dans les pays chauds , et de tissus de matières animales en hiver ou sou* les climats froids. Ils scroi«£ amples et légers comme les dolimans , les turbans en Asie, détroits, serrés en Europe, comme les culottes , les justaucorps ou habits. Ils seront blancs pour les climats trèsexposés au soleil , afin de repousser les rayons de la chaleur , et de couleurs plus ou moins foncées eu d'autres pays, pour absorber ces rayous. Voy ez vêtement.
La nature a disposé pareillement les couvertures des animaux polaires , pour les isoler très- bien du froid. Les substaticesanimales , mauvaises conductrices de la chaleur , l'étant aussi de l'électricité, pour la plupart, cette chaleur et cette électricité sont au contraire aisément transmises et perdu.es par les tissus végétaux.
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Le froid vif est accompagne, d'ordinaire , d'électricité positive ou vitrëe , la chaleur d'électricité négative ou résilieuse. C'est peut-èlrc pour cela que le premier excite plus de vitalité' intérieure dans les corps organises et augmente ou lia t e le développement des poils , des villosite's plus abondamment à leur surface. La chaleur, au contraire, relâche, détend , abat d'autant plus les facultés vitales que l'électricité' est plus négative , ainsi qu'on l'observe dans les temps lourds et orageux de Pété. De là vient que les animaux , les végétaux qui vivent sous des climats chauds , entre des vallons humides et creux , ont très-peu de poils , de villosite's , sont lisses ou glabres, pesans, mous et paresseux j mais les mêmes êtres qui habitent les lieux élevés , froids , venteux et secs , acquièrent des qualités tout opposées , comme on le voit par la comparaison des montaguards avec les habitans des plaines.
§. iv. Du degré de froid que peuvent supporter les êtres organises , sans périr de ses effets. Il s'en faut beaucoup que le froid , en général , conserve la vie ; il la refoule à l'intérieur, ou c'est au contraire un principe d'extinction et de mort pour tous les êtres organisés , et principalement pour les animaux ; il éteint cucore plus leurs facultés nerveuses qu'il n'empêche la végétation des plantes. Cependant le froid violent seul e>t nuisible , car une température modérée , même as.se/. basse, peut devenir favorable a plusieurs êtres , puisque nombre d'entre eux recherche le froid vers les pôles, ou gravit sur les Alpes pour l'y trouver.
Par exemple, il est d'expérience que les peuples de la plus haute taille , de la plus belle carnation , du teint le plus fleuri cl le plus brillant de fraîcheur et de santé , que les hommes les plus musculeux et les plus robustes sont précisément ceux des pays assez froids, mais non pas d'une froidure excessive. Ainsi, depuis le détroit de Gibraltar jusque par-delà la Saxe , la Prusse , et même en Lithuanic et en Livonic , l'espèce humaine acquiert progressivement une taille plus élevée , un teint plus blanc . des cheveux plus blonds. Mais, en avançant davantage vers le I^ord , l'espèce se raccourcit , devient plus trapue ; elle conserve, comme les enfaus , une grosse tète et des formes arrondies , cmyiàtérs; enfin, sa peau crispée et comme grippée par la vive froidure, devient brunâtre. Les Lapons, les Samoièdes, les Jakutes , les Kamtschadales les Tsulchis , et dans le Nouveau-Monde, lèslisquimaux, lesGroënlandais, etc., , ont tous des cheveux et des yeux noirs , la peau brune , et à peine au-delà de quatre pieds de hauteur j ils forment une rjce particulière très-distincte. Au contraire , les tribus sauvages des Akan$as, des Minois et d'autres Canadiens , quoique p.'acécs dans des pays aussi froids que la Suède , sont d'une