‹ Dictionnaire alphabêtico-méthodique des cérémonies et des rites sacrésChapitre 116 sur 480 · a-(-il encore queque autre raison · texte numérisé non relu

a-(-il encore queque autre raison

Oui, et qui se pent prendre méme de l'Ecrilure sainte : Car si saint Paul demande ienne du devo

l'Eglise de défendre les solennités du mariage en ce temps-là, qui se peuvent faire aussi commodé: Len tout autre temps, el qui n'est pas si nécessaire ? Voilà pourquoi certains conciles ayant égard à ces excès et aux profanations qui se font d'ordinaire aux mariages, ont défendu de célébrer aucun

"7 mariage les dimanches; de peor que M sainteté du jour n'y soil profanée, que les fidèles à celle occasion ne soient divertis de leur messe paroissiale et de la fréquentation des divins offices, et que plusieurs, comme il arrive sonvent, des domestiques ou autres qui travaillent au festia, ne soient privés d'entendre la messe.

$ V. De la cérémonie actae'le du marlage.

Qu'y a-t il à observer dans la cérémonie actuelle du mariage?

Le prêtre revêtu de surplis et d'étole blaache, ou, s'il doit dire la messe incontinent après, revétu d'aube et d'étole croisée par devant , va trouver l'assemblée à la nef ou à la porte de l'église, selon les différc ns usag^s des diocéses, aecompagné d'un clerc qui porte de l'eau hénite dans un vase, avec l’aspersoir et le Manuel. Y étant arrivé, après avoir fait quelque prière à laquelle il doit convier les assislan's, comme il a élé dit aux fiançailles, il prend garde si les parents et les témoins sont présents pour les placer les uns da côté du garcon, les autres du côté de la file, il voit si chacun est dans la modes lie; puis ayant donné de l'eau bénite aux personnes qui se présentent, comme il se pratique en quelque lieu, il peut leur dire un mol de la dignité du sacrement de mariage; s'il se réserve cela aprés la publicalion qu'il va faire, ou après la bénédiction de l'anneau, comme il est en usage en d'autres lieux; et du reste pour les promesses des mariés, et .es oraisons qui sont à dire, oules autres choses qui sont à faire, il observe exactement, pour le temps ct le lieu, ce qui lui est marqué dans son Manuel.

Comment faut-il faire pour bénir l'anneav et l'argent qu'on présent: ?

faut se pourvoir d'un bassin dans lequel on les puisse mellre, pour faire plus aisément Ja bénédiction : car de les meitrz sur le Rituel, il semble y avoir quelque inconrénient, si principalement le prêtre ne sait point la benédiclion par cœur, ou si le livre étant ouvert, on vient jeter de l'eau bénite dessus.

$ VI. Des registres des maridges, et des attestatioas qui

faut donner en ces occaslons.

Qu'ya-t-il à observer touchant le témoignage

ue doit donner le curé des proclamations par ui faites des bans de quelqu'un de ses paroissiens, qui va se marier en quelque autre lieu?

1* Il faut que celui à qui on donne le témoignage, ail résidé deux mois de bonne foi surla paroisse, sicen'cst qu'il eüt aussi demeuré moins de deux mois sur fa paroisse nrécélente ; 9* qu'il ail élé à coufesse à quelque prêtre de la paroisee, afin d en pouvoir faire mention dans le témoignage qu'on lui donne; 3* que le second ban soit au moins pubiié, ct que vingt-quatre heures se soient encore écoulées depuis celte seconde publication, dans les diocèses où il est expressément défendu d'accorder aucune attestalion avant ce temps-là, sous quelque pre texte que ce puisse étre; k° que les jours

et MAR

auxquels ont été faites les publicalions soient spécifiés, el comme il n'y a point d'empéchement, à peu près comme il s'ensuit.

Formula littere testimonialis super trina bannorum proclamatione.

Ego N. Pastor ecclesie S. N. de £xli loco, notum facio, me unum, aut duo aut tria, ut loquuntur, banna, scu proclamationes ferisse. Primam scilicet die N. secundam...

Tertiam die... hujus mensis... inter nobilem (seu honestum virum) N. parochiæ nosire, tel parochiæ S. N. de tali loco, et nobilem (seu honestam feminam) N. parochiæ nostrae, vel parochiæ S. N. Ex quibus (cel ex qoa) nullum nobis innotuit impedimentum quominus pessint sacramenti matrimonii viaculo copulari. Testamurque (exprimendum nomen illius qui, vel que est ez parochia sua) peccata sua prius confessum , vel confessam fuisse, et sacra synaxi refectum, vel refectam fuisse ; si id præstiterit ut debet. ln cujus rei fidem præsentes manu mea subsignavi dic... mensis... anno Domini millesimo, elc.

Quelle est la manière d'enregistrer les ma

de l'année

jour du mois. de.....

après les fiançailles et la publica—

lion faite des bans de mariage entre N. de et N. de telle

telle qualité. de la paroisse de.

qualité, de celle de.

Il faut en faire mention dans le registre en celte forme :

1 après les fiançailles et la pubication d'un ou de deux bans de mariage entre tcl et telle; monscigneur ou monsieur N. grand vicaire les ayant dispensés du :econd ou du frois'ème, jc soussigné, elc.

(De méme en faut-il faire des rescrits de Rome).

S'il donne dt:pense de tous les t ois?

M faat mettre :

Le. joër, etc. Vu la dispense de trois bans de mariage entre tel et telle, de telle paroisse, qu'ils ont oblenue de monsei-

ueur, ou de monsieur le vicaire général, laquelle j'ai entre nies. mains; je soussi- £56, etc.

Si l'évêque ou le cu-é donnent permission à wn autre prétre de [ ire ou plutôt d'assister ewmariage pour la validité?

. Ledit curé en doit tenir registre en même livre, et enregistrer ladite licence. Et le prêtre qui a été présent à la célébration dulit mariage avec les solennités requises, re- Vendra celte licence par devers sui, ct metlra dans ledit livre l'acte de la célébration ^n la forme susdite, sauf qu'au lieu du nom de curé, il mettra; jo soussigné, prêtre do telle paroisse, avec la permission de mon-

uan E]

seigneur l'évêque, ou du curé, ctc. Ou bien le curé lui-même pourrail enregistrer le mariage, comme s'en suit : N. prêtre, elc., par ma licence, ou en vertu du .pouvoir à fui donné par, elc., demeuré entre mes mains, a conjoint en mariage tel et telle, etc. Et mot N. curé de N. ai souscrit et attesté que la chose s'est ainsi passée. Aprés quoi il ne faut jamais omettre de faire signer les témoins, ou du moins déclarer qu'ils ne peuvent signer.

, Nefuut-il pas aussi enregistrer les fiangailles?

Il y a certains Manuels, comme ceux do Boulogne, Meaux, et autres qui le commandent ; parce que, faute de cela, il arrive quanlité' d'inconvénients. Or la manière de les enregistrer est celle-ci :

L'an. le... jour du inois de... ont éte fiancés en cette église N. et N. de telle et telle paroisse en pré:ence de N. el N. parents, de N. et N. témoins, par moi curé (ow vicaire) après la publication d'un ban (ou de deux, ou de trois) faite (lel jour ou tels jours) au prône, auquel (ou auxquels) il n'y a cu aucun empéchement.

$ VII. Ex, Leation des cér monies du mariage.

Quelles sont les cérémonies qui se pratiquent dans l'administration du sacrement de mariage?

M y en a qui précédent, les autres l'accompagnent, et les autres le suivent.

Cérémonies qui précèdent le mariage.

Quelles sont celles qui devancent le mariage?

Elles sont de deux sortes : les unes éloignées, comme les flançailles et la pablication des bans, dont il a été parlé au $9; les autres prochaines, comme de venir à Yéglise de la paroisse en la compagnie des parents et autres personnes intéressées au mariage; ct se présenter à son propre pasteur pour recevoir de lui la bénédiction pupliale.

Comment faut-il se présenter à l'Eglise pour y recevoir ce sacrement?

Al faut : 1* venir bon en ordre, c'est-à-dire avec modestie, tant de la part des fiancés, que de la part des assistants; 2° s'y comporler avec grande révérence, sans s'y entre tenir, deviser ou faire choses semblables.

Est-ild propos d'étre lestement vétu?

Non, les saints Pères défendent toute sort« de mondanité en ces oecasions : 1* pour honorer le sacrement ; 2* pour en recevoir les effets avec plus d'avantage. Ut item die matrimonii celebrationis et benedictionis ad Ecclesiam accedant omni vestium moderatione, dé gnague sanctitate Christiane religionis, ita ut quanto generis claritate illustriores sut. tanto studiosius in wee omnium splendescant virtute pracellenti, que Christiane nobiiitatis pro-

ia, in abjiciendo saculi (uzu fugiendisque Erbaris vestitus sumplibus maxime elucet. B. Carol. ubi sup. do Sacram. Matrim. Vide 8. Chrysost. homil. 56 in Genes.

Pourquoi les parents doivent-ils y assister?

Pour montrer que le mariage est légitime et qu'il se fait de leur bon gré.

Que signifie cet appareil de la parenté rangé avec tant de modestie?

11 marque la paix, l'union et la concorde, qui se doivent rencontrer entre les personnes mariées.

Pur qui doivent étre présentés aux prétres les fiancés ?

M est bien à propos, comme l'Eglise le désire, que ce soient les parents ou autres personnes priées pour cela. À parentibus vel garanymphis. Concil. Carthag. iv, c. 14.

Que signifie cette couronne de roses, ou ce chapeau de fleurs, que l'épouse porte sur la tete

Cette couronne est une marque de la virginité qu'elle doit avoir conservée cl des victoires qu'elle a remportées sur la cl Idcirco corone imponuntur capiti, ui vi riæ signa. sint, quod. scilicet antea libidini impenetrabiles, ita demum cubiculum ingrediantur, quiu scilicel. voluptate superati non sunt. S. Chrysost. hom. 9 in ! Cor. ut. 1dco cliam coroua isia olim benedicebatur, sic enim in veteribus Lilurgiis legitur : Benedic, Dominr, annulum istum, el coronam istam, ul sicut annulus. circumdat digitum hominis, et corona caput : ita gratia Spiritus sancti circumdet sponsum el sponsam, ut videant filios et [n usque ad. tertiazn. generationem, qui collaudent nomen cicentis et regncntis in secula seculorum. Amen.

Cérémonies qui accompagnent le mariage

Quelles sont les cérémonies qui accompagnent le mariage?

La bénédiction de l'anneau et de la pièce de monnaie, appelée en quelques licux lo treizain (si déjà l'anneau n'est bénit), les promesses muluelles des deux parties qui se donneït la main l'une à l'autre, cl la bénédiclion solennel!e que leur donne le prétre, leur souhaitant au nom de la sainte Eglise une heureuse issue ou succès favorable dans leur mariage,

Pourquoi est-ce que le prétre bénit cet anneau, et le donne premièrement à l'époux.

Pour lui témoigner que l'Eglise, comme parlent les Pères, scelle el cachette son cœur par ce sacrement afin que jamais plus le nom ni l'amour d'aucune autre femme nc puisse y entrer, tandis que celle-là vivra, laquelle lui a été donnéc. D'où vient qu'anciennement les cachets étaient gravés du nom et de l'image des personnes qui se mariaient. Unde sufficiant ad enarrandam felicitatem hujus conjugii, quod Ecclesia conciliat, confirmat oblatio, et obsignatum angeli renuntiant, pater ratumhabet? Tertullian. lib. a ad Uxor., cap. 9.

., Pourquoi l'époux incontinent oprés reinelil l'anneau en la main de son épouse?

Alin que réciproquement elle sache que son cœur ne doil jamais recevoir d'affection pour aucun autre homme, (andis que celui que Notre-Seigneur vient de lui donner vivra en terre. Quod annulus a sponse sponsa datur, ft hoc, vel propter mutue dilectionis signum, vel propter id magis, ut. eodem pignore eorum corda juncantur. Unde et

su

quarto annulus diyito inseritur, ideo, quia in eo cena quedam, ut fertur, sanguinis ad eor usque perveniai (ce que les médecins pourtant disent étre faux). Ibid. lib. u de div.

Officio.

Que signifie donc proprement cet anneau?

Il signifie l'amour el la fidélité inviolable que se doivent le mari et la femme l'un à l'autre, et on n'en donne qu'un, pour moutrer que la polygamie est défendue. Antiquis mon amplius una dabatur, me pluralitalis amorem unicus caperet. S. lsidor

Pourquoi se met-il à la main?

Afin que les personnes mariées l'ayant continuellement devant les yeux puissent 16 souvenir de la promesse qu'ils se sont donnée, ct comme ressusciter autant de fois qu'ils le verront, la grâce qu'ils on reçue au sacrement de mariage.

L'usage des anneaux est-il fort ancien au mariage?

Oui : nous en. voyons des exemp'es, non seulement parmi les pafens, mais même eu l'Ancien Testament parui les Juifs, eL auparavant, méme dans la loi de nature; ainsi voilon encore à présent l'anneau de la sainte Vierge à Pérouse en Italie, celui de sainte Anne à Apte, de sainte Ursule à Cologne, et quantité d'autres. Patiar quod vis (disait Thamar à Judas) si dederis mihi urrhabonem.

Ait Judas ; quid pro arrhubone tis tibi dari. Respondit : Annulun fuum. Genes. XX1vin.

Vide Exod. xxxv, Isa. 1. .

Quelle prière fait l'Eglise à Dieu bénissant cet anneau?

Qu'il lui plaise d'accorder la grâce de sos Saint-Esprit, afin que la personne qui le do1 porter, fortifiée à la vue de cel anneau, comme d'une arme puissante, puisse résister à toutes les tentations de l'ennemi el le considérer comme un gage de la vic éternelte rl de l'amour de Jésus-Christ, aussi bien que l'amour de son mari. pourquoi les eufants bien nés ct affectionnés à la mémoire de leur mère ont coutume de garder après sa mort l'anneau qu'elle a porté pendant sa vie comme un gage de sa fidé:ité, et pour la révérence de la bénédiction, ne le mélant pas avec des choses profanes. Emilie Spiritum sanctum paraclitum super liunc anna lum, ut que illum gestaverit, sit armcta tute. celestis defensionis, et. proficiat illi ad eternam salutein.

De quoi doit étre fait cet anneau?

Tl fat d'abord de fer et sans pierre; mais depuis il fut d'or,au rapport de Tertullien, el intenant quelques Manuels demandent qu'il soit seulement d'argeut, sans aucune pierre précieuse ni gravure. Sit. unicus, dl celui de Paris, argenteus, simplex, absqué celatura, gemmis, aut litteris inscriptus.

Prisca videlicet secula, c& antiqui. eictut parcimomiam ac frugales mores desigaant Alex. lib. it Genial. dier. c. 5. .

Aurum, de matribus nulla norat, ler in wnico digito, quem spomsus oj asset pronubo annulo? Tertul. in Abo c. 6. Vile Plin. Hist. Nat. lib. xsv

E] Wan

Que signifie celle pièce de monnate, ou treisain que le mari donne d son épouse?

fCest une marque du douaire dont les parties sont convenucs, que les lois appellent pretium virginitatis; 2* c'est pour montrer qu'ils entrent en communauté réciproque de biens.

Pourquoi bénit-on cette pièce de monnaie ?

1° Pour prier Diva qu'il lui plaise donner la bénédiction au travail des mariés : et lcur. donner suffsance des choses lemporelles, d'où vient qu'en certains lieux le prêtre, en mellant celte pièce de monnaie dans la main du mari, leur dit : Labores manuum vestrarem manducabitis , beati eritis, et bene vobis erit. 2* Pour apprendre à ceux qui se marient, qu'ils doivent faire un saint usage de leurs biens, el ne se servir que des voies justes et légitimes pour en acquérir.

Pourquoi treize pièces ou treizain?

En l'honneur de Jésus-Christ, sanctificaleur du sacrement, dit le Manuel d'Arras, et de ses douze apôtres.

Que signifie cette cérémonie de se présenter la main l'un d l'autre?

Pour témoigner par là, comme par un serment de fidélité inviolable, l'amitié qu'ils se vont jurer l'un à l'autre.

Pourquoi présente-t-on la main droite?

Parce qu'elle est plus forte et plus ferme V'ordinaire que la gauche, et quo deux mains droites, joinles ensemble, ont été chez toutes les nations, le symbole et le hiéroglyphe de la délité; d’où vient que les anciens nouseulement se portaient honneur el se saluaient par la droite, mais avaient coutume de jurer per dexteram, comme le siége de la Sdlité el de la vertu.

Pourquoi le mari met-il la main sur celle de son épouse ?

Pour montrer : 1* qu'il est le chef de la feume, comme parle l'Ecrituré, el qu'elle lui doit être sujette ; 2* qu'il doit être le promier à garder cette fidélité, el en montrer l'exemple. Avec quel front, dit saint Grégoire de Nazianze, voulez-vous exiger la pudicité de vos femmes, si vus méines vivez en l'impudicitél comment leur demandez-vous re que vous ne leur donnez pas? Voulez-vous qu'elles soient chastes, comportez-vous chaslement envers elles. Et, comme dit saint Paul, dus chacun sache posséder son vaisseau tsascliGcation ; que si, au contraire, vousmêmes leur apportez des friponneries, quelle merveille que vous ayez du déshonneur en

ur perte.

D'où cient cette cérémonie?

On peut dire qu'elle est aussi ancienne que le monde, puisque dans la loi méme do

Milure nous voyons que Raguel mariant sa fille Sara avec le jeune Tobie, chap. vit,

Kriture marque qu'il prit la main droite de sa lille et la présenta à Tobi; d'où nous Pourons croire que celle cérémonie est dé- Tite, et passée au christianisme.

Que font les époux en se tenant ainsi la vaux l'un d l'autre? :

lis fout les promesses solennelles de leur mariage ct s'administrent le sacrement l'un

à l'autre, selon l'opinion commune, par la donation el l'acceptation mutuelle qu'ils so font de leurs corps en présence du curé et des témoins. C'est pourquoi il est bon que le prétre donne avis que c'esLen ce moment que Dieu répand la g'âce du sacrement dans leurs âmes s'ils sont bien disposés, et que s'ils sentent en eux quelque chose qui puisso y faire obstacle, ils táchent au moins de faire un acte de contrilion avant que de prononcer les paroles.

À quoi obligent ces promesses ?

Ces promesses obligent à quatre choses principales. La première est la. fidélité; la seconde l'amour réciproque; la troisième la cbasteté conjugale; la qualriàme l'éducation des enfants dans le christianisme, sous lesquelles sont comprises la communauté des biens, le secours et les as; nces mutuelles; ces promesses étaient signifiées par une cérémonie que l'époux faisait anciennement, d'étendre son manleau sur son épouse, comme il se volt au livre de Ruth, chap. m.

Pourquoi l'Eglise oblige-t-elle de répondre expressément oui d la demande que fuit le prétre aux parties, s'ils ne reconnaissent , confessent. et jurent par-devant. Dieu et en face de l'Eglise de prendre un tel ou une telle pour époux ou pour épouse?

Parce que le mariage, pour étre légitime, doit étre libre, volontaire et sans aucune contrainte, et le consentement si exprès, qu'il n'en puisse rester aucun doule, d'où vient qu'il est appelé dans les saints canons : Voluntatis Sacramentum, nisi enim voluntas

ropria su[fragaverit, et vota succurrerint, legitima non possunt esse conjugia. Evaristus

apa.

P Due signifie celle cérémonie qui se pratique en certains lieux de lier les mains des parties ainsi jointes avec l'étole ?

C'est pour exprimer encore davantage comme le lien de mariage est indissoluble; car comme co sacrement est une figure do l'union de la nature humaine avec la personne du Verbe, et que l'éto'e représente cette humanité, laquelle ayant une fois priso il ne quittera jamais, cette liaison des maius qui se fait avec l'étole marque à ceux qui se marient qu'ils ne peuvent non plus so séparer aprés avoir uno fois consenti au mariage, que l'humanité de Jésus-Christ no sera jamais séparée de la personne du Verbe, depuis qu'une fois il s'en cst revêtu; car qui a fait l'une de ces deux unions, a fait pareillement l'autre. Quemadmodum enim dicitur de prima quod semel assumpsit nunquam dimisit; ila de secunda dicitur: Quod Deus conjunzit, homo non separet.

Qu'opére (e consentement des parties en celle parole, oui?

Le méme effet que l'eau et les paroles au bapiéme ; car c'est en ce temps que se pro duit le lien sacré et inséparable, une augmentation de la grâce sanclifiaute, la grâce conjugale ou sacramentale, les vertus, ler dons du Saint-Esprit et les bénédic!

sentielles du mariage.

Quelle est la drrnière cérémonie qui accompogne la célébration du mariage ?

C'est la bénédiction solenneile que donna le prêtre au nom de l'Eglise par ces paroles : Ege conjungo vos in matrimonium, in nomtne Patris 4, et Filii et Spiritus sancti. Amen.

Pourquoi le prétre dit-il ces paroles, puis-

ue le satrement est déjà fait el le lien conjugal produit par le consentement mutuel des parties?

Pour montrer, disent les Pères, que ce qui vient d'être fait en terre es ratifié au ciel, et que c'est Dieu qui a formé ce nœud indissoluble. C'est pourquoi en certains lieux le prêtre comme ministre el ambassadeur de Jésus-Christ use encore de ces termes dé l'institution : Quod Deus conjunzit,homo non separet, Et de là vient qu'on appelle, matrimonium ratum. Obsignatum angeli renuntiant (a est sacerdotcs), pater ratum habet. Tertull.

ib. 11 ad Uxor. cap.9:Quod in ipsa conjunctione connubii benedicuntur, hoc esta Deo in. ipsa prima hominis conjunctione factum, sic enim scriptum est fecit Deus, etc., et benedixit eos. [Iac ergo similitudine fit nunc in Ecclesia uod factum est in paradiso. Lib. de divin.

ff. cap. 9.

Que signifie celle bénédiction qu'ajoute le prétre à ces paroles?

Que la vie conjugale étant institaée de Dieu, est aussi bénie de lui : Z{la benedictio quam nupture sacerdos imponit, apud fideles cujusdam sacrilegii instar est, si ulla transgressione violetur. Siricius papa epist. 1,

àn. 580.

D'où cette bénédiction prend-elle son oriine ?

7? De celle, dit saint Augustin, que Dieu donna au commencement du monde à Adam el à Eve quand il leur dit: Crescite et multiplicamini. Ce qui a dà depuis toujours étre praliqué comme nous voyons dans la Genése, qu'Isaac donna sa bénédiction, à Jacob qui S'en allait pour épouser unc femme, et dans

le livre de Tobie, que Raguel bénit Tobie son gendre et sa fille Sara, qu'il lui donnait en mariage.

De quelle bénédiction parle l'Eglise quand elle prie Dieu qu'il accomplisse sa sainte bénédiction sur ceux qui sont présents ?

Elle entend parler de toute sorte de biens temporels et corporels, spirituels et éternels. Deus Abraham, et Deus Isaac, et Deus Jacob, ipse vos conjungat, impleatque benedictionem suam in colis, el ego, etc. Respice, Domine, super hos famulos tuos , ut in tua voluniate. permaneant, senescant, et multiplicentur in longitudinem dierum.

Qu'entendez-vous par ces biens temporels ?

C'est une sainte et heureuse postérité, une paix et tranquillité, non-ses#lement dans la famille, mais dans la ville et dans le royaume où l'on demeure, les commodités nécessaires à la vie, et enfin une bonne et heureuse vieillesse, qui sont tous compris dans le psaume crvit : Beati omnes, qui se récite à la bénédictiou du lit où il est dit : Uxor tua sicut. vitis abundans in lateribus domus tug. Filii tui sieut novelle oliva-

E] rum, ctc. Benedicat tibi Dominus ez Sion ut videas bon Jerusalem omnilus dicbus vita tue : et videas. filios filiorum tuorum pacem. super Israel.

Qu'entendez-vous par ces biens spirituels?

Les grâces pour pouvoir s'entr'aimer mulucllement pour nourrir et élever leurs enfants selon Dieu, pour supporter tous les travaux et les peines du mariage; et enin parce moyen pouvoir arriver à la gloire étcruelle.

Cérémonies qui suivent le mariage

Quelles sont les cérémonies qui suitent le mariage?

Il y en a trois principales : 1* la célébralion de la messe où se fait l'offrande, où se donne le voile et la paix ; 2° le festin ; 3 la bénédiction du lit.

Est-il commandé d'entendre la messe aprà avoir regu le sacrement de mariage?

Q'a été de tout temps la pratique de l'Eglise, que le pape Evariste entr'autres dans le premier siècle, et Tertullien dans le second, sem blent insinuer assez clairement dans leurs écrits, dont le premier méme assure que celle coutume descend de la tradition des apôtres, et Tertullien aussi. Aliter enim legitimum non fit conjugium nisi ab his qui super ipsam feminam dominationem hubere cidentuf, et a quibus custoditur, uxor petatur , et a po rentibus, ct a propinquioribus sponsetur , el legibus dicetur el suo tempore sacerdotaliter, wf mos est, una cum pfecibus et oblationibus a sacerdote benedicatur , etc. EL paulo pos:

Aliter enim, ut a. Patribus accepimus, el a sanctisapostoliseorum successoribus traditun invenimus, non fit matrimonium

En quelle posture les mariés doient-ils entendre la messe?

A deux genoux, hors de l'enclos de l'autel, et pendanticelle tenir l'unet l'autre une chandelle ardente en la main.

ue signifie ce cierge allumé ?

* La marque d'inuvcence et de la virginité cunsertée depuis le baptême, ou au moins réparée par la pénitence. 2* Il les avertit de se tenir prétsd'allerau-devantdel'époux,comme dit l'Évangile, et de conserver la mémoire de la mort dans la cérémonie qui semble en être la plus éloignée, afin de pouvoir pratiquer

ar ce moyen ce précepte de l'Erangik, 'empus breve est , reliquum est «it qui Mbent uzxores tanquam non habentes sint ^ !

D'où cette cérémonie prend-elle son ori-

ine?

7 Nous en voyons la pratique parmi les païens , qui faisaient porter des flambeau allumés devant les mariés, qu'ils app:laiesl tede jugales , et peut-être que les chrétiess ont changé celte coutume — superstitieuse.

comme plusieurs autres, en une cérémonie sainte et religicuse.

Pourquoi célèbre-t-on le saint sacrifice dt la messe aprés le mariage ?

1° Pour confirmation, dit Tertullien , et vénération plus grande de ce sacrement ; t pour rendre par ce moyen les promesses qui y ont été faites, | lus saintes ct inviolabien

élant comme scellées du sang da Fils do Dieu; 3 pour couronner et accomplir la râce du mariage, par la parlicipalion à ce divin sacrement (qui pour ce sujel est appelé toleizis, id est. con:ummatio omnis gratie) sinon réelle et effective, comme il se faisait autrefois, au moins spirituelle.

N'y a-t-il point encore quelque autre raison?

Oui, et plus considérable que les autres, ce qui est principalement pour faire connaltre que le mariagc des chrétiens est à bon droit nommé par l'apótre un grand sacrement en Jésus-Christ et en l'Eglise.

Comment es:-ce que le sacrifice de la messe wous fait entrer en connaissance de la sainteté el l'excellence du mariage?

En ce que la messe est une représentation très-naïve du sacrifice de la croix, où Notre- Seignear a consommé trés-parfaitement l'alliance trés-étroite el toute mystérieuse qu'il était venu contracler avec l'Eglise, laqueile ilavait commencée dès son entrée au monde, quand il épousa la nature humaine dans le sein virginal de Marie; il eu sortit eusuite : ' am sponsus de thalamo suo, il se renle, et conversa parmi les hommes.

Voilà pourquoi saint Jean dit : Sciens Jesus quoniam omnia consummata sunt , el cum cecrpisset. acetum, — dizit ; consummatum est, scilicet. matrimonium meum cum Ec-

hi7 signifie l'offrande que font les nouveaux mariés?

1° Que l'état du mariage n'a pas seulement été béni et approuvé de Dieu, mais de plus, que c'est une hostie agréable et de bonne odeur aux yeux de la divine majesté, si on en use comme il faut. 2° Qu'ils reconnaissent que tout le succès et le bonheur de leur mariage, soit pour les devoirs de l'un envers l'autre, soit pour la prospérité dans les biens lemporels, vient delui, comme élant la source de tous les biens.

Cette cérémonie est-elle fort ancienne?

Oui : car Le pape Nicolas, qui vivait, il y a buit cents ans, en fait mention comme d'une chose pratiquée de tout temps dans l'Eglise.

Nostrates tam mares quam. femina non lifowram auream vel argehteam , aut ez quo-

ibef metallo compositam , quando nuplialia federa contrahunt, in capitibus deferant, sed post sponsalitia federa que futurarum sunt nuptiarum promissio, federa quoque consensu.

torum qui hec contrahant et horum in quorum potestate sunt celebrantur : et postquam arrhis sponsam sibi sponsus per digitum fidei ennulo dnsignitum desponderit, dotemque utri-

ue placitam sponsus ejus scripto , pactum Toc continente, coram invilatis ab utraque parte tradiderit , aut moz , aut aplo tempore ad nuptialia federa perducuntur, et primum in ecclesiam Domini cum oblationibus quas offerre debent Deo per sacerdotis manum slatuuntur , sicque demum benedictionem et velamen cæleste suscipiunt.

Que signifie le voile qu'on étend sur la téle des mariés, pendant la messe, à ces mots de canon, Nobis quoque peccatoribus, ou comme

DicrioNNAIRE DES Rires sacnés. 1],

il se fait en d'autres diocèses apres l'oraison dominicale, devant que le prétre ait dit, Amen libera nos, ou, selon d'autres encore, immédiatement devant la postcommunion.

Il signifie deux choses principales: 1° Selon Tertullien , S. Isidore, et quantité d'autres, expliquant S. Paul, la soumission de la femme à son mari; 2° selon S. Ambroise, que.les compagnes du mariage, et les plus précieux ornements d'une femme, sont la

udeur el la modestie. Velamen feminarum jugum est : huc spectavit Apostolus cum dicit: Debet mulier habere potestatem super caput (sel ut alii legunt velamen, licet meliores codices legant potestatem). Potestas autem hic significat imperium et auctoritatem non mulieris , sed ipsius viri in mulierem. Tertull. lib. de Velaud. Virgin., cap. 17. Quod eedem femine dum maritando velantur, scilicet ut fioterint per hac se viris suis esse subjectas et humiles, unde ipsum velamen vulgo mavortem vocant , id est, Martem, quia signum martialis dignitatis est in eo. Caput enim mulieris vir est. Licet proinde velentur dum nubunt ut verecundiam mulieris agnoscant, quia jam sequitur inde quod pudeat. Unde Tobecra Cum ad sponsum duceretur, ut eum ipsa conspezit, salutationem vel oscula non sustinuit , se statim sentiens quid esset futura, pallio caput. velavit. Hinc et nupta dicte, eo quod vultus suos. velent : obnubere enim operire dicitur, unde et nubes dicte, eo quod ethera obtegant. S. Isidor. 1. deEccles.off., cap. 9. Nubentium capita velari consuevisse nonnulli scribunt, ut se maritis obnozias perpetuo futuras intelligerent, ac proinde humilitatem praestarent, Cælius lect. Antiq., lib. xxvi, cap. 15. Cum veniret. Rebecca, vidit 1saac deambulantem, cui duceretur uxor, et caput obnubere suum capit, docens verecundiam in nuptiis preii debere. Inde enim et nuptie dicte quod pudoris gratia puelle caput obnuberent. S. Ambr.

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