de Abraham, cap
Ny arti potntencorequelque autreraison?
Saint Ambroise en ajoute encore une troisième ; disant que ce voile étendu sur les personnes mariées marque les soins el les embarras du mariage, qui comme une grosse el pesante nuée, viennent fondre et se décharger sur leurs téles. Nubes itaque sunt, et graves nubes quæ nupserint , namque a nubibus verbum nubentium tractum arbitror. Denique operiuntur et nubes cum acceperint nupturæ velamina ; et verc graves nubes , sustinent sarcinam matrimonii. Idem in exhort, ad Virgin.
Quelques-uns apportent encore une raison qui estque ce voile sinit la protection de la gráce divine, à l'ombre de laquelle les mariés seront préservés de tout ce qui pourrait préjudicier à la sainteté et posterité de leur alliance. :
Comment ce voileest-il cppelé chez les Pères?
uns le nomment velamen sacerdotale, d'autres velamen celeste, d'autres encore, flammeum nuptiale, ct le Manuel, velamen sacrum ; chez les Hébreux, tegumentum, umbella, c'est-à-dire une espèce de dais.
Pourquoi est-il appelé sacerdotale?
Parce qu'il se donne par le prêtre.
Pourquoi cæleste ?
Parce que, dit la Glose, il signifie quelque chose de céleste et de spiriluel , telle que la subjection de la femme au mari, qui est du droit divin;ou bien céleste, c'est.
clésiastique, dit le méme, à cause que ce voile est d'institution ecclésiastique.
D'où vient la première institution de ce voile?
Saint Ambroise l'a fait descendre de la loi de nature, où Rebecca, voyant Isaac, à qui elle était mariée, elle commença de secouvrir et voiler le visage, pour montrer, dit-il, que Ja pudeur doit toujours devancer le mariage.
Caput suum obnubere capit, docens verecundiam in nuptiis preire debere. Le même a encore été observé parmi les Genlils, où, comme marque Tertullien, les femmes étaient menées voilées à leurs maris. Etiam apud ÆEthnicos velatæ ad virum ducuntur. Lib. de
Vel. Virg., cap. 11.
Ce voile ne regarde donc précisément que la femme?
Non, à proprement parler; néanihoins on ne laisse pas de l'étendre aussi sur le mari pour montrer, 1°, comme dil saint Isidore, qu'il doit avoir grand égard à la pudeur de sa femme, et traiter son corps avec honneur et respect, suivant en cela le précepte de l'Apôtre; 2 qu'il prend part aux fardeaux du mariage.
Quelles priéres fait alors l'Eglise?
Élle en fait de générales pour les deux ensemble, et de particulières qui regardent seulement la femme.
& demande-t-elle pour les deux?
u'il plaise à Dieu, comme l'auteur et le sanctificateur du mariage, d'unir leurs cœurs et leurs esprits, et de leur donner une véritable et sincére affection l'un poar l'autre.
Et pour la femme ?
Que lejoug qu'elle s'impose par le mariage lui soit un joug d'amour et de paix, que ce soit en la vue de Jésus-Christ et selon ses desscins et ses intentions qu'elle sc marie; qu'elle imile en ses mœurs l'exemple des femmes saintes et verlueuses de l'Ancien Testament ; qu'elle soit agréable et aimable à son mari comme une Rachel; sage comme une Rébecca; fidéle comme Sara; que l'ange prévaricateur n'ait aucune part en ses actions; qu'elle demeure dans une observance continuelle des commandements de Dieu ; qu'elle fuie toutes sortes d'attouchements illicites ou dangereux; qu'elle soit recommandable par sa gravité, vénérable par sa pudeur, et ínstruite des choses divines; qu'elle soit heureuse dans sa postérité ; qu'elle ait une innocence et une chasteté à l'épreuve, et qu'elle puisse, par ces moyens, se rendre digne de la compaguie des saints dans le ciel.
Pourquoi est-ce que ce voile ne se déplie point sur les [rer veuves ni sur celles qu'on sait s'étre abandonnées à d'autre qu'à celui qu'elles épousent? .
Parce que, pour lors, les significations du voile n'ont point de lieu en ces personnes-là,
l'Eglise ne considérant que les vierges, c'està-dire celles qui ne se sont jamais mariées
dans cette cérémonie, à cause du rapport qu'elles ont avec l'union du Verbe incarné, gui n'a jamais eu et n'aura jamais qu'une pouse toute vierge.
Pourquoi, aprés cette bénédiction solennelle, porte-t-on la paiz auz nouveauz mariés?
1* On pourrait dire que, comme autrefois, ceux qui parlicipaient au sacrifice de la messe, recevaient auparavant le baiser de paix ; ainsi les nouveaux mariés étant obligés de communier à la messe, sinon réellement comme autrefois, au moins spirituellement, on leur donne pour cela le baiser de paix. 2* Ce baiser de paix se donne principalement pour marquer avec quel soin ils doivent entretenir l'union, la paix et la bonne intelligence dans leur mariage, laquelle, au dire du Saint-Esprit, est la chose la plus agréable à Dieu et aux hommes, qui se puisse imaginer , et sans quoi le mariage n'est qu'un enfer commencé. /n tribus placitum ext Spiritui meo, quæ sunt probata cofam Deo el hominibus, concordia fratrum, et amor proximorum, «4 vir et mulier sili consentientes.
Pourquoi reçoit-on la paix premierement du prétre?
Pour montrer qu’ils doivent attendre cette paix de Jésus-Christ, représenté par le prétre, et qu'ils ne peuvent jamais être unis entre eux s'ils ne le sont premièrement avec Dieu, qui est le vrai prince de paix, comme le diable est le prince du désordre.
Qui est-ce qui doit recevoir et. porter la paiz?
Les anciens Rituels ordonnent que ce soit le mari qui la reçoive du prétre, et la donne à son épouse : et que le clerc la prenne sem blablement du prêtre et la donne au peuple; mais d'autres, plus récents, ordonnent que ce soit le ministre qui la porte à tous les deux.
Pourquoi le mari doit-il aller prendre luiméme la paix pour la donner à son épouse?
C'est, 1° pour montrer que c'est à lui, comme le chef de la famille, à procurer et maintenir la paix par toutes les voies possibles ; 2* pour lui apprendre qu'il doit souffrir avec grande compassion les infirmités de la femme, la paix etla patience étant le plus souverain moyen d'y parvenir.
Y a-t-il encore quelque autre cérémonie?
Il reste la bénédiction particulière que leur donne le prêtre après Ite missa est, et auparavant que de donner la bénédiction ordinaire au peuple (ce qui pourtant n'est point en usage en tons les diocèses).
Que contient cette bénédiction?
Plusieurs beaux souhaits que l'Eglise fait alors pour les nouveaux mariés, savoi qu'il plaise à Dieu d'accomplir en eux sainte bénédiction, afin qu'ils voient croître multiplier leurs enfants jusqu'à la troi:
et quatrième énéralion, et qu'ils puissent aprés cela jouir de la gloire élernelle. .
Ne reste-t-il pas de la cérémonie à feire avant que de sortir de l'église?
ss MAR
Autrefois on bénissait après la messe du pain et du vin, que l'on distribuait aux nouveaux mariés, lesquels on faisait boire dans une même coupe; ce qui se fait encore on certains lieux.
D'où vient celte cérémonie?
Elle peut avoir pris son origine des Hébreux; car il est rapporté dans leur bréviaire, que : Qui praest benedictioni, sumit calicem vini, et his verbis benedicit : Benedielus es, Domine Deus noster, rez saculi, qui creas (ructum vilis; benedictus. es, Domine Deus noster, rez saculi, qui sanctos reddidisti sos preceptis (uis; et benedictus es, Domine, qui sanctum efficis Israelem per thalamum conjuyalem et consecrationes conjugales. Hoc recilalo gustat, deinde porrigit sponso et sponse.
lta servatur apud Anglos, sponsa enim postquam benedizerit sacerdos in templo ,incipit bibere,sponso et reliquis astantibus idem moz facientibus. Polyd. Virgil., lib. deInvent. rerom.
Que signifie cette cérémonie?
f L'union extrême qu'ils doivent avoir ene eux, représentée par l'union des divers grains de blé et de raisin, pour faire un méme pain ou méme breuvage; 2* la communaulé des biens temporels, figurée encore par le pain et le vin, qui sont les principaux soutiens de la vie ; 3° les plaisirs et les déplaitirs, les joies et les tristesses, les consola- “ons el les fácheries représentées par la coupe dans laquelle ils boivent ensemble, qui leur sont communes.
Reste-t-il encore quelque chose à faire dans T Eglise?
Jiy a certains lieux où , après toutes ces cérémonies, le prétre leur recommande de demeurer en chasteté ce jour-là , aux jours dejeüne et de fêtes principales, de se garder h fidélité l'un à l'autre, de s'entr'aimer chrétiennement et de vivre dans la crainte de Dieu; il ne faut jamais omettre ce dernier iris, soit qu'on fasse cetle pelite exhurla- Vos devant le mariage, à Fissue de la messe, 9 lout au moins, comme d'autres veulent, à la bénédiction du lit : après quoi, en certains jeux, les noureaux mariés vont baiser
autel,
Que signifie ce baiser d'autel?
Le consentement que donnent les mariés dot ce qui leur a été prescrit par le préje de la part de Jésus-Christ, représenté à
autel.
Quelle est la seconde chose qui se [cit aprés le mariage et aprés étre sorti de l'église?
"est le festin qui se fait entre les parents, es alliés et les voisins.
signifie ce festin plein de réjouissance? C'est une représentation de la joie spiri- "lle de tous ceux qui sont appelés aux ñoces de l'Agneau, c'est-à-dire de Jésus- Christ avec l'Église , desquelles il est parlé f saint Luc et dans l'Apocalypse; ce qui doit tt obliger ceux qui y assislent de se com- Prier en sorte que rien ne s^ passe qui Rime leur interdire l'entrée d ce festin *rael préparé aux élus. Homo quidam fecit
canam magnam et cocavit multos. Luc. xiv.
Simile est regnum calorum hoi regi, qui fecit nuptias filio suo, et misit. servos suos vocare invilatos ad nuptias. Matth. xxir.
Venerunt nuptic agni, et uxor ejus praparavit se : beati qu ad cœnam nupliarum Agm vocati sunt! ÀÁpoc. 1x.
Quelles doivent étre ces réjouissances aux noces des chrétiens? .
Pour correspondre au mystère qu'elles signiflent, elles doivent étre toutes saihtes, sans excès de bouche, sans paroles ou chansons déshonnéles, mais prises comme en la présence de Dieu, et en action de gráces de ce que les mariés ont été honorés de la réception d'un si grand et si saint sacrement que celui de mariage.
Depuis quel temps fait-on des réjouissances aux noces?
De tout temps, non-seulement parmi les chrétiens, mais même parmi les païens et chez les Juifs : ainsi, Jaeob épousant Rachel, vocatis multis amicorum turbis ad convivium fecit nuptias; ainsi Raguel, en mariant sa fille Sara au jeune Tobie, epulati sunt benedicentes Deum. Tob. vit.
Moribus ei legibus scitum. est ul nuptiis epulum fiat, tum nuptiales deos ut venerenfur, tum ut pro testimoniis id sit convivis quod nuptis placeant sue nupliæ. Athenœæus.
D'où vient donc que les saints Pères invectivent si fort contre les festins des noces?
Quand les Péres agissent contre les festins, ce n'est pas qu'ils en improuvent les réjouissances honnéles ; mais ils en condamnent seulement les abus el les suites funestes , qui d'ordinaire en arrivent : lesquelles, parce qu'il est trés-difüicile d'éviter, il vaudrait mieux souvent s'en priver tout à fait, ou du moins ne faire ces réjouissauces qu'eutre ceux de la famille et sans bruit.
De la bénédiction du lit.
Quelle est la troisième et dernière cérémonie aprés le mariage?
C'est la bénédiction du lit.
Pourquoi se fait cette bénédiction ?
1* Pour éloigner tous les esprits impurs, et munir les nouveaux mariés contre la malice deSatan, qui s'efforce, par tous les moyens, de troubler leur repos et leur salut, jusqu'à empécher quelquefois l'usage du mariage.
2 Pour réprimer l'ardeur de la concupiscence, afin que les mariés sc servant du mariage dans les termes d'une modestie vraiment chrétienne, el comme des enfants de saints, ils rendent leur couche sans tache, t l'Ecriture, el ne déshonorent jamais une conjonclion si sainte : Honorabile connubium in omnibus el thorus immacula- (us. Ad Hebræos, xui.
D'où apprenons-nous que l'esprit malin s'oppose quelquefois à l'accomplissement et à la chasteté du mariage?
Du livre de Tobie, oà nous voyons que le démon del'impudicité, nommé Asmodée, avait égorgé les sept premiers maris que Sara avait épousés ; lequel fut lié et garrotté par
l'ange Raphaël, et relégué au désert le jour qu'elle se maria avec Tobie.
Que signifie cette cérémonie ?
Que tout ainsi que la puissance du démon fut arrêtée par l'ange Raphaël, et par les oraisons de ces deux jeunes mariés, et qu'il n'eut plus de force de leur faire du mal : de méme par la bénédiction des prétres, qui sont les anges visibles, ainsi appelés dans V'Ecriture, et par les priéres des mariés, les efforts du malin esprit sont énervés ct rendus inutiles et sans effet.
D'où vient donc que Dieu permet quelque- [an méme après celle bénédiction, que sem-
able malheur arrive?
C'est en punition de leur infidélité ou de leurs incontinences passées, ou de l'affection brutale avec laquelle ils se sont approchés du mariage.
N'y a-t-il point d'autre raison de celte bénédiction?
On pourrait dire encore quelle se fait pour mettre par là les fondements d'une sainte amitié, et pour montrer que tout doil être plein de bénédiction chez les chrétiens, chambre, lit, meubles, enfants, etc., et que le diable n'y doit avoir aucune part.
En quel temps se doit faire cette bénédiction?
Le matin aprés la célébration du mariage, ou du moins l'aprés-midi avant lé souper, en présence seulement du père et de la mère, et de deux ou trois personnes d'honneur, et les plus sérieuses de la compagnie, sans y souffrir de jeunesse, remettant platôt de la faire, si l'on y prévoit qu'il en doive arriver du bruit ou du scandale.
ad doit-on observer en cette cérémonie
Après que les assistants ont été instruits de l'importance de cette bénédiction, le prêtre revêtu de surplis et d'étole blanche, accompagné d'un clerc, aprés avoir jeté de l'eau bénite aux nouvcaux mariés qui demeurent debout auprès du lit, il récite l'oraison Visita quesumus, puis le psaume lieoti omnes qui timent Dominum : Après quoi il prie Dieu de bénir ce lit, el verser ses grâces et faveurs particulièrement sur ceux qui sont présents, afin de pouvoir demeurer
lans une étroite observance de ses commandementis et de son saint amour, el par ce moyen arriver à une sainte ct heureuse vieillesse.
Pourquoi l'Eglise se sert-elle plutôt de ce psaume que d'un autre?
(1) Pie V, bulles Quod a nobis, du 9 juillet 1568, et Supremi omnipotentis Dei, du 5 avril 1571. ll se te ici une question très-importante : Peut-on obtenir les indulpenses sudites ea réclant l'office de la Vierge d'après un
quelconque ? D'abord il es clair par ce qui pré-
cède qu'il faut consulter les rubriques du bréviaire romain pour saroir à quels jours l'indulgence est de cent urs, et à quels jours elle est de cinquante. Mais ne fant-
ll pas aussi se servir d'un bréviaire approuvé par le saint sidge? Ii semble que la réponse ne saurait être donteuse
poor quiconque sait bien que le méme pape Pie V, dans la mêrne balle qui concède cette indulgence , abolit tons les bréviaires différents du romain, même ceux que les év8ques ont publiés dans leurs diocèses, excepté seulement ceux qui étslent approuvés ou en usage depuis plus de deux cents ans. Peut-on croire qu'il ait encouragé par des indulgences un usage qu'il réproure expressément ?
Parce que les biens et les obligations du mariage y sont plus nettement exprimés.
Car dans le premier verset, le prophète royal fait voir que le commencement de lont bien est la crainte de Dieu, et que quiconque reat bâtir sa famille sur des fondements solides, doit nécessairement commencer par là poor y réussir. Dans le second, il montre l'obligation qu'ont les hommes de trarailler e vivre de leur propre travail, s'ils veulent re heureux et que toute chose leur sucrède, Dans le troisième, décrivant ce bonbear en particulier, il leur promet une postérité nombreuse, insinuant en passant par ces paroles, in lateribus domus tue, obligation de la femme à demeurer dans la mais, pendant que le mari est occupé au dehors, et y travailler selon ses forces. Dans le quatrième, il fait voir que ce n'est point asser d'avoir des enfants, mais qu'il les faut élerer et cultiver avec un plus grand soin qu'on ae fait de ces jeunes plantes qui sont si belles et si agréables à la vue et dont on espère de beaux et bons fruils, enseignant au mari par ces paroles : In circuitu mensa (ue, que s'il veut jouir de la bénédiction du mariage, il doit éviter les tavernes et cabarets, le dépenses superflues et les prodigalités , les jeux et l'oisiveté, et partager avec sa femme et ses enfants, qu'il est obligé de nourrir, c qu'il peut avoir et acquérir de son travail.
Et enfin dans les trois derniers versets il confirme et répéte ce qu'il avait promis auparavant, ajoutant à ces bénédictions lemporelles les bénédictions spirituelles et &ernelles : Benedicat te Dominus ex Sion, # videas bona Jerusalem omnibus diebus vite tuæ. Et videas filios filiorum tuorum, pacem super Is:ael.