NEN
santé du corps dans plusieurs prières, et Jésus-Christ nous a appris qu'elle est uu bien dont il fallait rendre grâces à Dieu, puisque des dix lépreux qu'il guérit il loua celui qui vint rendre gráces, et bláma les neuf qui ne revinrent point (5).
TiBIQUE nEDDUNT VOTA SUA ÆTERNO Duo, VIYO ET YERO, qui vous rendent leurs vœux, à vous qui éles le Dieu éternel, vivant et céritable. Les fidèles, qui offrent le sacrifice par les mains du prêtre, rendent en même temps leurs vœux à Dieu, comme au seul auteur de lour vic et de leurs biens. Ils offrent leurs vœux en s'offrant eux-mêmes: car quels sont les premiers vœux que nous devons à Dieu? C'est nous-mêmes. Nous lui avons étó voués en devenant ses enfants au baptême, eL nous devons nous dévouer continuellement À lui par nos adorations et par notre amour.
L'Eglise regarde ici toutes les personnes qu'elle recommande comme des chréliens pleins de foi et de charité, soit par la libéralité avcc laquelle ils consacrent leurs biens service de Dieu, soit par leur désir d'étre recommandés à l'autel, soit enfin par l'empressement qu'ils ont eu d'y assister.
SIL. Memento pour les mins.
RUBRIQUE ET REMARQUE"
Lorsque le prétre dit, Memento etiam, Domine, etc., il élève et joint les mains étendues devant la poitrine, ou jusqu'au visage pour des raisons qu'on a vues au premier Memento; et comme Jésus-Christ est présent sur l'autel pendant ce second Memento, le prêtre ne baisse pas seulement les yeux
our se tenir dans le recueillement, mais il les baisse pour les tenir attachés sur le saint sacremen!, en priant menlalement pour les morts.
Sonvenez-vous aussi, Seigneur, de vos serviteurs et de vos servantes N. el N. qui nous ont précédés avec le signe de la foi,et qui dorment du sommeil de paix.
Ici le prétre prie pour ceux pour qui il a intention de prier.
Memento cliam (6), Domine , famulorum famularumque tuarum N. ct N. qui nos praecesserunt cum si-
no fidei, et dormiunt in somno pacis.
Nous vous supplions , Seigneur , qu'il vous plaise par votre miséricorde leur accorder, el à tous ceux qui reposent en Jésus-Christ,
spsis, Domine. ct omnibus in Christo quiescentibus locum refrigerii, lucis et pacis, ut indulgeas deprecainur ; Per eumdem Christum Domi-
nn livre séparé, qu'on ap!
lait les Dipiyques. C'est uoi ce Memento n'est pas
lans un Sacramentaire de Worms siècle. Il n'est écrit qu'à la marge dans un Sacrament de Trèves du dixième siècle. Et les Sacramentaires de saint Grégoire, donnés par Rocca et par Ménard, mettent pour litre a cette prière, super Diplycha; ce qui marque assez qu'elle se disait dans le livre mème qu'ou présentait au prêtre, et où étaient les noms des nes qui devaient tre recommandées à V'autel. Cependant Flore parle de ce Memento, conan étant conteuu dans lo canon. .
1e lieu du rafraîchis« num nostrum.
sement, de la lumière — Amen
et de la paix ; Par le
méme Jésus-Christ Notre-Scigneur. Amen.
EXPLICATION
MemgnrTo ETIAM, Douine, soucenes-vous aussi, Seigneur : s le langage de la religion , en Dieu ouvenir c'esl secourir, -comme on l'a dit sur le premier Memento.
Avant la consécration nous avons demandé le secours divin pour les personnes vivantes, parce qu'elles peuvent s'unir au prêtre pour offer avec lui el par lui la victime sainte du corps de Jésus-Christ, et se préparer par.sa grâce à y participer dans la sainte commu nios. Mais, à l'égard des morts qui ne sont plus dans le méme état, on n'implore le secours de Dieu qu'après la consécration ; il ne leur reste qu'à participer au fruit du sacrifice : ct c’est celle participation que nous demandons pour eux , lorsque Jésus-Christ est présent sur l'autel.
Errau (1), aussi. Toutes les prières précédentes, depuis le premi emento , sont pour les fidèles vivants, et il est hien naturel qu'en voulant ensuite prier pour les morts :
Souvenez-vous aussi de vos servileurs et de vos servantes, l'Eglise ne fasse mémoire que des personnes mortes daus l'amour de Dj qui méritent par là d'étre appelées ses ser leurs et ses scrvantes.
Jl y à des morts qui, sortant de ce monde, vont jouir de la gloire de Dieu : ce n'est plus pour eux que nous prions, Ils sont au terme ei dans le comble de leurs désirs. Nous demandons leur intercession et leurs prières,
Nous ne prions pas aussi pour ceux qui meurent sans la foi, qui opère par la charité, disent saint Augustin et Flore (2). En vain offrirait-on pour eux les œuvres de la religion, dont ils n'ont pas eu le gage étant dans ce monde, ou parce qu'ils n'ont. pas reçu la grâce des sacrcments, ou parce qu'ils l'ont reçue en vain, el qu'ils se sont amassé tn trésor de colère et non de miséricorde.
Ce-sont là ceux dont il est dit dans le texte sacré (3), qu'en quelque lieu qu'ils seront ton-bés ils y demeureront.
Mais toute l'antiquité a connu un état mi-
(1) Cette conjonetion a fait croire à diverses personnes, depals six ou sept cents ans, qu'immédiatement avant ce Memento il devait y en avoir un autre, outre le premier, qui est fort éloigné. Eu effet, le Memento des moris est récédé d'un Memento pour le próite dans plusieurs Sacra- Mentaires eL anciens Mi«sels On le lit en ces termes dans celui du trésor de Ssint-Denis, écrit vers l'an 1010, Memento mei, queso, Donine, el miserere, licet hæc sancta. die libi, sancte Pater omnipotens, æterne Deus, meis. manibus offerantur sacrificia, qui nec invocare sanctum ac venerabile nomen tuum diquus sum. Sed quoniamin honore, laude et memoria gloriosissimi atque dilectissimi Filii tul
" Jesu Chrisit offeruntur, sicut incensum in conspectu divinæ Majestatis tug. cum odore. suavitatis accendanlur ; L'er eumdem, etc.
Durand, au treizième siecle, avait vu un s-mblable Memento dans quelques anciens Missels; et il ajout ours, qui n'admeliaient pas ce Moiento, regarda particale efiam comme superflue. Mais ii ne [avt ni er ici on Memento partieulier, ni retrancher la conjonction Siam, qui marque une liaison, non-seulement avec le bromler Memento, mais avec la prière qui vrécbde lumédistemeot, c& le prêtre demande, pour les Hdèles vivants,
toyen composé de ceux qui, mourant dans la foi, dans l'amour de Dieu, dans la communion des saints , ne jouissent pas encore de la gloire, et ont besoin des prières do l'Eglise, ou parce qu'ils n'ont pas satisfait à toutes les peines lemporelles dues aux chés mortels, dont la peine éternelle leur a été remise dans le sacrement de la pénitence, ou parce qu'ils sont encore coupables d'autres fautes qui doivent être expiócs. C'est pour ces peines el pour ces fautes que les fidèles vivants doivent offrir à Dieu des prières el des sacrifices. « En un mot, dit Flore au neuvième siècle, nous ne pouvons prier que pour ceux qui meurent fidèles, el que nous considérons comme membres de Jésus- Christ; mais dont les œuvres ont besoin d'être purifiées avant que d'entrer dans la demeure éternelle, qui n'est onverle qu'à ceux qui sont entièrement purifiés de tous les restes du péché.
N. N. Ces lettres sont mises à la place des noms des» personnes qu'on écrivait autrefois dans les diptyques, ou tables pliées en deux, et qu'on récitait à la messe. On obserrait cel usage au neuvième siècle. Jci, dit Flore (&), selon l'ancien usage, on récile les noms écr dans les dip&yques ou tables. Mais présentement il suffit d'avoir dans sa mémoire ceux pour qui on veut prier, comme sainte Monique se contenta de demander (5) qu'on se souvint d'elle à l'autel (6).
Qui mos PRÆCESSERUNT CUM SIGNO FIDEI, qui nous ont précédés avec le signe de la foi
L'Eglise ne prie que pour ceux qui sont morts avec les marques de la foi; aprés avoir recu le baptême, qui est le sacrement de la foi ; aprés avoir pratiqué les actions de la ri et donné aux derniers momenis s marques d'une foi chrétienne, animée de la charité.
ET DORMIUNT IN SOMNO PACIS, qui dorment du sommeil de paix. La mort de ces personnes est nommée un sommeil, parce que ceux qui meurent de cette manière doivent ressusciter pour la vie éternelle. Leur mort est aussi appelée un sommeil de paix, à cause qu'ils meurent dans la communion de l'Eglise, qui a toujours été nommée la pair.
Selon l'ancien langage (7), mourir dans la
- im can. Miss.
(4) Ces lettres N. N. eire pas écrire = tous les Mises avenir
imprimés depuis 1615, ni dans los Missels 1702, e de Meaux, de 1709.
9 er le Manuel do ssint Augustin (Enchir. e. 1191. et la Cité de Dieu ( V. xxi, c. 24 ), où il ext parlé de ceux. pour qui l'Eglise prie, aussi bien que daas le ura pro morluis.
(6) Flor. in can. miss.
(7) Aug. conf. V. 1x, 10.
paix, c'est mourir avec les marques dc la communion ecclésiastique, dans l'unité et la société avec Jésus-Christ et son Eglise, sans en avoir été séparé par l'hérésie, par le
schisme, pardes péchés mortels, ou si on a eu
Je malheur d'y tomber, on sort de ce monde en paix, lorsqu'on en sort aprés avoir été réconcilié par le sacrement de la pénitence.
Irsis, Donne, d ceux-là, Seigneur; c'està-dire à ceux qui ont été désignés par les lettres N. N., et qui sont morts avec les sis gnes de la foi et de la paix.
Er OMNIBUS IN CHRISTO QUIESCENTIBUS , ei À tous ceux qui reposent en Tésus-Christ.
Espérant pour certaines personnes en par- "ticufier, l'Eglise veut aussi qu'on prie généralement pour tous les fidèles, afin, dit saint Augustin (1), que les devoirs auxquels. les eufents, les parents, les alliés, ou. les amis pourraient manquer, soient suppléés par notre mère commune, pleine de tendresse pour ses enfants.
Les siécles reculés nous font voir le soin qu'on a toujours eu de prier pour les morts, et d'offrir pour eux le sacrifice,
Dans l'armée de Judas Machabée, plusieurs juifs, qui détestaicnt les idoles. tentés V'avarice, enlevèrent des lemples de Jamnia des choses qui avaient été consacrées aux idoles, et les cachèrent sous leurs habits.
Tous ces soldats périrent dans le combat, et leur faute, qu'on regarda comme la cause de leor mort, fut découverte lorsqu'on voulut les enseve!ir. Judas était bien persuadé que des personnes qui avaient perdu la vie pour une cause aussi sainte qu'est la défense de la vraie religion, avaient mérité beaucoup aux yeux de Dieu. JI considérait, dit l'Ecriture (2), qu'une grande miséricorde était réserrée d ceux qui étaient morts dans la piété : il avait aussi lieu de croire, ou que les soldats n'étaient pas assez instruils de la loi pour comprendre la griéveté de cette transgression , ou qu'ils s'en élaienl repentis avant que d'exjirer, ct qu'ainsi ils n'étaient pas tombés dans les enfers avec les réprourés. Cependant Judas et tout le peuple juif reconnurent bien qu'ils avaient besoin de prières et de sacrifices (3) pour l'entière expialion de leur faute. C'est pourquoi, ayant recueilli d'une quéte qu'il ft faire, dit le texte sacré, douxe ( ) mille drachmes d'argent , il les envoya à Jérusalem , afe qu'on offrit un sacrifice pour les péchés de ces personnes qui
4) Sapplicationes… omnibus in christiana et caues tocletste defoncils, etiam tacitis nominibus eorura memoratione suscipit Ecclesia, ut quibus.
parentes, aul lilii, aut. quicumque cognati.
vel amiej, ad ana eis exbibeantar pia noire muni. Aug. tac. de Cura pro mortuis, cap. 8.
(3) Coosiderabat enim quod hi qui cum pietate dormi. tionen scceperinl , opüimom liaberent repositam grauia
Machab. xu. 45.
CY Atque. E] preces conversi rogaverunt, ut id quod factom era delictun, oblivioni traderetur. I1 Machab. xn,
(4) Wl doit s'être glissé anciennement quelque faute dans Jes chifres de cel endroit. Le grec ne marque que deux mille dracbmes. L'ancienne version syriaque on marque trois milhe.
(5) Caiech. e. 5s. u
16 Réfuat. Bibl. PP. Maz. Suppl. 1om. XXVII, et ap.
élaïent mortes pour la défense de la religion. L'Eglise a pn encóre plus solgneüse do prier pour les moris que ne l'avait été la synagogue. Elle a voulu qu'on priát pour eux (outes les fois qu'on offrirait lo saint sacrifice. Il n'y a jamais cu de liturgie où Yon ne voie celle prière ; et saint Cyrille du Jérusalem, au milieu du quatrième siècle, dans sa cinquième caléchèse, instruit les “nouveaux baptisés de Ja nécessité de prier -pour les moris dans la liturgie qu'il leur explique. « Nous prions, dit-il (5), pour tous ceux qui sont sortis de ce monde dans notre <ommunion, croyant que leurs âmes reçoivent un tràs-grand soulagement des prières qu'on offre pour eux dans le saint ei redoutable sacriiee de l'autel.» C nt docteur Ansiste beaucoup sur ce point, et Eustra- Vius (6), prêtre de Constantinople au sixième siècle, qui eite cette caléchèse, rapporte aussi lusieure autres anciens auteurs touchant "utilité des priéres et des sacrifices pour les moris.
Saint Chrysostome (7) et saint Augustin urent que cel. usage vient des apó- Toute l'Eglise observe, dit saint Augustin (8), que dans l'endroit du sacrifice où l'on fait mention des morts, on prie et l'on offre peur (ous ceux qui sent décédés dans
.la communion du corps de Jésus-Christ.» Et
voici ce qu'on demande pour eux :
LocuM nerriagair.. . .le lieu du rafratchissement, de la lumière et de la paix. On demande un lieu de rafralchissement QE parce qu'ils souffrent de très-grandes pelnes. Et quoiqu'ils ne perdent ni la foi, ni la confiance en Dico, le souvenir de leurs péchés, et tous les autres moyens dont il plait à Dieu de les éprouver, les mettent dans un état d'obscurité et de trouble, qui nous font aussi demander pour eux le lieu de la lumière ct de la paix. Quelque soutenus qs soient par l'espérance, ils se trouvent dans un accablement qui nous fait demander à Dieu de les lirer de cet état de souffrance, pour les faire passer dans le lieu du rafratchissement profnis aux justes (10), où il n'y aura plus ni larmes, ni cris, ni ufflictions (11) ; dans le séjour de la lumiére et de la paix, d'oà l'obscuritó et les troubles sont bannis.
Les auteurs ecclésiastiques nous ont souvent parlé de cet état de tristesse, de trouble, d'accablement, et d'une espèce d'abandonnement dans lequel se trouvent Jes ánics
Phot. cod. 171. .
(1) Hom. 5, in ep. ad Philipp. ; et hom. 69, al. pop. Ant. (8) Hoc enim a Patribus traditum universa observat Ecclesia, ut pro eis qui in corporis et sanguinis Christi communione defoncti Sunt, cam ad ipsum sacrilicium loco suo. commerporantur, oretür, ac pro illis quoque id offerri comwemorelur. Aug. serm. 173, al. 53 de Verb. Apest.
(9) Ce mot refrigerium, rafrslehissement, parat répondre aux ardeurs du feu, qui desséche et qui tourmente. Tertullien se sert de ce terme en disant qu'une fenume ehrétienne, qui a survécu à son mari, prie pour lui procurer du racimenent, et pfe reg La Je jour. des bi mort: Pro anima ejus (mariti) orat, et refrigerium interim ail. postulat ei, et Offi amis opua dorttumia ejus. Tertull. de Monogam. c. 19, p. 682. |
(10) J ,si morte præoceupatus fuerit, in refnigorie erit. Sap. ww, 1.
(11) Apoc. 11, 4.
i expient leurs fautes; et il n'y a lieu des dire étonné, quand on comsit làre que Jésus-Christ, l'innocence méme, dont la charité a toujours. été parfaite, à cause senlement qu'il avait la ressemblance du péché, a été saisi de frayeur (1), e pressé d'une exiréme affliction, jusqu à dire au Père éternel: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avezvous abandonné (2)? Ce divin Sauveur parut dans un tel combat et dans une (elle affliction d'esprit qu'un ange du ciel vinéle fortifier (3); comment serait-on donc surpris que les âmes des fidèles morts dans la charilé, mais qui expient leurs propres fautes, aient besoin que l'Eglise, par ses suffrages, leur obtienne de la consolation. :
Pen Cunisruu Dominum nosrauu. L'Eglise demande celle grâce par Jésus-Christ Noire- Seigneur, qui descendit aux enfers pour en tirer les âmes justes et les conduire au ciel.