Le jour et la nuit se partageai
bis en doure heures ou parties, qui Haient plus longues la nuit que le jo!
l'été plus Jongues le jour que la nui!
première de ces heures commençait toujours aussitôt qua le soleil était couché; et ainsi, à l'excepliou des deux équiuoxes, elle variait pour ainsi dire tous les jours. Il n'y avait de lie que la sixième heure, soit du jour, soit de la nuit. Le jour elle tombait toujours à nidi, et la nuit, toujours à minuit tij
L'Église suivait nait et jour ce partage des heures dans la célébration des divins offices; el ainsi les Lermes des nocturnes, de veilles du matin, de prime, elc., n'étaient pas pour le temps, conime ils ne sont que trop aujourd'hui, des noms sans réalité. Les nocturnes s disaient au milieu de la nuit et se partageaient même comme trois heures différenles dans les grandes solennités ; les laudes, quon nommail vigilie malulinæ, se récilaient un peu avant le commencement du jour. Elles étaient suivies de prime, qu'on thanlait vers le temps où le soleil paraît sur l'horizon, et par conséquent à la première heure du jour, selon ces paroles que nous disons encore : Jam lucis orto sidere.
, Cel ordre, qui se gardait jusque dans les
lises de campagne, où il n'y avait souvent qu'un prétre(2), paraltraitaujourd'hui unjoug intolérable. Nous ne pensons pas à lc rétablir ; maison ne peul nous défendre d'examiner Vil n'y a point de mal à s'en. écarter jusqu'à un cerlain point. Sur quoi nous croyons qu'on peut élablir les maximes suivantcs :
2. Règle I. Quelque lard qu'on dise l'office d'un jour, il ne paraît pas qu'on se rende œupable de péché morlel, pourvu que le méme jour on le finisse avant minuit. C'est la décision de saint Antonin (3), et clle a été suivie par Sylvestre Mozolin, par Navarre, par Pontas et plusieurs autres. La raison est ques ce cas on remplit toute la substance
précepte, el qu'on n'omel qu'une cirtOnslance que les docteurs ne croient pas assez considérable pour mener au péché mortel.
3. On aurait cependant tort d'inférer de t principe, comme l'ont fait quelques théo-
11) Voyez les Cunfér. de La Rochelle, $0, p. 140.
] Praxipimus. quod quilibet pon deba sus, xu capellanus io capella sua, dicat matutinas de nocte, et vases Lôras boris competentibus, et pulscL horis debitis 3d quamlibet boram, Petrus de Collemedio (de Colmieu param) eardinalis, Rothomsg. archiep. io statutis, ao.
Non videtur de se esse mortale, quai X tal tien officiam, dum non rati dien. qul quantum 3d hoc videtur terminari circa mediam noctem. S. Ántonin. part , Ut. 15, cap. 4, $ 4. Pontas, verb. Orriz, cas. 20.
Dicrioxxaine Des Rires sacrés. Il,
logiens, qu'un homme salisfait à la loi quoiqu'il ne finisse une bonne partie de l'office qu'aprés minuit, pourvu qu'il l'ait commencé auparavant : puisque, selon le sentiment de l'Eglise, dont l'unanimité morale des docteurs fait foi, tout l'office doit finir dans l'espace du jour pris mathématiquement et à la rigueur. Ainsi un ecclésiastique qui dit vépres et complies aprás minuit ne satisfait pas plus pour cette partie qu'il ne satisferait pour le tout s'il avait différé jusqu'alors. ll est bien vrai que si je me trouvais dans ce cus, je continuerais co qui me resterait à dire; mais ce serait ou à titre de pénitence, si mon délai était coupable, ou à titre d'une espéce de compensation, s'il était involontaire. Lorqu'un dimanche on a oublié quelqu'une de ses petites heures, on la dit fort bien le jour d'après: mais c'est pour s'averlir soi-même d'être plus attentif, et non pour remplir une obligation, qui d'elleméme passe avec le jour auquel elle est attachée. :
4. Règle lI. H y a péché véniel à s'écarter considérablement et sans aucune raison du temps que l'Eglise a prescrit pour les heures canoniales. Ainsi on ne peut excuser de faute, ni celui qui, dès le matin, dit sans nécessité vépres et complies, ni celui qui ne di! qu'aprés midi matiues et laudes. C'est la décision de Bellarmin et, selon lui, da gros des thévlogiens et des canonistes (4). C'en serait assez dans une affaire comme celle-ci, quand la chose ne parlerait pas d'elle-méme.
L'Eglise a tout réglé dans son culte, ct lo fond et la manière. On .ne peut donc manquer à l'un ou à l'autre sans lui désobéir : et toute désobéiasance est une faute. On ne peut nier, dit Pontas (5), que la négligence d'un homme qui différe souvent les malines du jour courant jusqu'à huit ou neuf heures du soir, ne soit fort condamnable, puisqu'il agit contre la coutume généralement observée dans l'Eglise, et contre l'esprit qui lui a fait établir cette coutume qui, comme nous l'avons déjà dit ailleurs, est de remettre en mémoire auz ecclésiastiques, par la récitation des heures canoniales, faite en différentes heures du jour, les différents mystéres de la passion du Sauveur.
5. J'ajoute que ce péché irait au mortel s'il y avail, ou mépris de la part de celui qui récilerait ainsi son Bréviaire, ou scandale dela partdeceuxquienseraient témoins. Quel malheur sí un prêtre avancé en âge apprenait par son exemple à une foule de jeunes ecclésiastiques que ces surtes d'infraclions ne lirent point à conséquence, qu'il n'y a que des esprits faibles et superficiels qui s'en formalisent, et qu'enfin l'ofüce, pourvu Navarrus, in Man. cap. 2, 5, n. 97.
, etiam venale, vitetur,
Blot alicia sing bum rim lla hora sien
acceperunt... autem um edlale e canonice empire in oflcio perolrendo recede re, communis est sentenus theologorum et canonistarum, quorum ingentem numerum citat Marcellus Francolimus, etc. Bellarmin. lib. 1 de bonis Operibus in partie. cap. 18, tom. mihi IV, pag. 1200.
(5) Pontas, uude supra, paq. 1586.
qu'il se oise, est toujours bien dit! ll n'y a
oint de désordres dont, en concluant de un à l'autre, ces téméraires maximes ne soient la source.
Cependant, comme mon dessein ne fut jamais d'outrer les choses, j'observerai encore avec le savant et respectable cardinal que j'ai déjà cité (1), qu'on n'est censé réciter hors du temps prescrit que lorsqu'on s'en éloigne considérablement, et qu'on ne s'en éloigne ainsi que lorsque la partie de l'office que l'on a différée ou anticipée n'a plus de rapport avec le temps dans lequel on s'en acquilte. On sent que Jam lucis orto sidere ne va pas bien deux ou trois heures avant l'aurore, et que Jam sol recedit igneus ne se dit d'une manière juste qu'après midi.
ll est vrai, et Bellarmin l'a reconnu, qu'il faut avoir égard à la coutume des lieux, quand la science et la piété l'autorisent, <omme elles font par rapport à matines; mais il est juste qu'on ne donne à ces adoucissements de la loi que le moins d'élendue “qu'il est possible. .
6. Il est méme constant, poursuit ce grand «homme, qu'on ne dit jamais l'office d'une manière plus parfaite, plus utile, plus aisée, que lorsqu'on dit chacune des heures qui le composent dans le temps qui lui est assigné.
"C'est que, par ce moyen, l'on suit l'intention 'de l’Egli: veut que ses ministres louent souvent Dieu et la nuit et lo jour; l'on a occasion de rentrer fréquemment en soi-méme et d'enlever son esprit à la dissipation que &usent le tumulte et les occupations extérieures ; et enfin la division du tout en tant de parties différentes en diminue le poids et le rend beaocoup plus supportable. À ces raisons, qui sont sensibles, ce picux écrivain ajoute la pratique des saints Péres, et indique en gros un exemple terrible de punition.rapporté par saint Pierre Damien, d'oà il conclut avec lui : Distinguenda sunt ergo per momenta (emporum ecclesiastice institutionis officia.
7. Règle Ill. I! n'y a point de péché à dire ses heures hors du temps qui leur est assigné, quand de justes raisons le permettent, ou que l'on y est autorisé par la coutume des gens de bien. Cette règle cst encore de Bellarmin, et elle est trés-équitable. L'Eglise veut le bien, mais elle ne peut le vouloir que d'une maniére digne d'elle, c'est-à-dire teujours sage, toujours éclairée. Or il n'y aurait ni prudence, ni lumiére à exiger que, pour faire chaque chose à point nommé, on manquát à la charité qu'on doit au prochain €u qu'on se doit à soi-même. 1l n'y en au-
(1) Intelligendum est autem tuac solum peccatum esse preces horarias non suo tempore celebrare, quando ct longe receditur a tempore canonico, et absque ulla causa rationabili id praesumitur ; nisi forte consuetudo jam mnltis. 11 locis recepta et a piis doctisque viris t3cxo quodam Punsensa approbata excuset. Ceosetur autem longe recepere a legitino tempore qui tunc Officium alicujus hore persolvit, cum verba quz Ícguatur aut canuntur, cum terapore nulia ratione couveoluul ; ut sí quis ante lucem dicat, Jam lucis orio sidere, ew. Bellarm. ibld.—Tempus liora- Completa, à meridie ud edm coccm S Li Era
, à me. a noctem S. Lig. Examen ordiusad. n. 74. Exe
DICTIONNAIRE DES CEREMONIES ET DES RITES SACRES. uu
rail pas non plus à taxer de prévaricalioe des personnes sages et verlueuses, qui ae font que suivre l'usage constant de leon Eglises.
De là il sait, 1° qu'un ecclésiastique peat dire vépres dés le matin, quand il prévoit, ou qu'un Tease tumultueux et néces«ai ou qu'un abíime d’affaires indispensables ne lui permettront pas de les dire comme il faut dans le cours de la journée. Les mêmes raisons lui suffisent. pour érer malises jusqu'au soir. Dans la nécessité d'opter entre lee délai et l'anticipation, saint Antonin et Pontas après lui (2) veulent qu'on s'en tienne à la dernière; parce que prevenire e t prori. dentia, tardare vero est megligentia. t Qe toute la matinée est en quelque sorte k temps des petites heures, et qu'on pew commencer vépres après midi, hors le lemps du Caréme. C'est ainsi que le pratiqueot em grand nombre de bons serviteurs de Dien.
y aurail néanmoins quelque cbose de chequant à dire none dès six heures, et vêpres immédiatement aprés midi, si l'ordre d'use maison ou les emplois dont on est charge permettaient de fai ieux. (3) Prime d lierce se disent fort bien vers les neuf kesres, sexte el none sur le midi; parce que chacune de ces heures en renferme en querque sorle trois autres. Prime va depnis sit jusqu'à neuf, tierce depuis veuf jusqu inidi, etc.