‹ Dictionnaire alphabêtico-méthodique des cérémonies et des rites sacrésChapitre 299 sur 480 · Celui de Cajetan est mieux appuyé; il · texte numérisé non relu

Celui de Cajetan est mieux appuyé; il

ditipeüs, iu soli, sive &oclati cum aliis. Concil. Basileense, sess. 21, $2.

( Morale de Grenoble, tom. M, traité 1, cap. 10 q 26.

a des preuves capables de faire impression.

On dil en sa faveur : 1° que les conciles , et nommément celui de Bâle , ne se contentent pas que l'on récite gutture vel inter dentes ; et cependant celte manière de réciter serait vocale, et il ne lui manquerail à la rigueur que de pouvoir être entendue; 2° que l'Eglise en ordonnant la récitation vocale a eu intention d'élever l'homme à Dieu par le moyen des signes extérieurs. Or les signes w'opérent que par l'impression qu'ils font sur les sens: et quelle impression peut faire un son qu'on. n'entend pasou plutót qui n'existe point? 3* que lorsqu'on n'articule pas jusqu'à se pouvoir entendre soiméme dans le temps du plus grand silence, il est à craindre qu'on ne prenne pour prière vocale ce langage intérieur qu'accompagne Je mouvement des lévres, el qui ne peut s'appeler une vraie parole. Bartbélemi de Baint-Fauste se déclare pour ce senliment , et il cite pour lui Valentia, Tolet, Navarre et quelques autres théolugiens (1).

algré cela, il se trouve beaucoup de docteurs qui pensent comme Sylvius (2). Ils disent pour leurs raisons que l'Eglise veut bien qu'un homme récite extérieurement, mais qu'elle n'a jamais exigé qu'il s'entendit lui-même; qu'il est possible de prier vocalement sans s'entendre, puisque la prière vocale ne demande qu'une cerlaine impulsion de l'air vers les parlies extérieures dé Ja bouche; el qu'enfin les plus pieux ecclésiastiques s'efforcent bien de réciter distinctement et avec attention, mais qu'ils ne s'a- 3nusent point à examiner s'ils s'entendent ou s'ilsnes'entendent point. Pontas, qui rapporte celleopinion, ne lacondamne point (3). Jenele ferai pas non plus; mais je crois que les motifs du sentiment de Cajetan valent bien la peine qu'on y pense. Pourquoi se livrer au doute et à l'inquiétude, lorsqu'on peut à si peu de frais prendre un bon parti ? Il faut presque de l'étude pour parler distinctement sans sé pouvoir entendre. ll faut de plus s'aimer caucoup pour se ménager si excessivement.

Laissons celle délicatesse aux femmes :

comptons méme que les plus sages en auraient honte.

5. Si un bénéficier, ou tout autre obligé au Bréviaire, avait perdu l'usage de la parole, Suarés (&) et la plupart des théolugiens croient qu'il ne serail pas lenu de le réciter mentalement. Je n'oserais ni condamner tant d'habiles gens, ni les suivre.

Lorsqu'on ne peut faire ce qu'on voudrait, il faut au moins faire ce qu'on peut. L'Eglise, dit-on, n'a point fait de loi là-dessus. Je le crois fort : sa maxime, comme celle du droit civil, est que pro raro contingentibus non

" 8 Barthol. a S. Fausto, q. 159, pag. 505.

(2) Sylvius, Resolut. var. verb. Hous camaxica , n. 5. & Pontas, verb. Omnice, cas. 26.

4) Suares., lib. iv, cap. 38, n. 11, pag. 281. I1 cite pour ce sentiment Panorme, Navarre, et Paludanus. Barth. de San Fauste, q. 241, cite ce dernier pour l'opinion con-

(5) Bruno Neusser, cordelier allemand , écrit après Roderique, que Léon X 3 permis aux religieux de son ordre de dire l'oflicc mentalement ; ct cela, sans qu'il füt auus-

constituuntur leges. Mais le droit nalore n'a-t-il point suppléé à la loi humaine? Et ue demande-t-il pas le fond, quand on ne peut lui donner l'accessoire? Vous convenez lous que c'est principalement l'esprit que Dieu cherche dans la prière vocale. di donuez-le lui donc , quand il vous dispense du reste. L'office prononcé au fond du cœur lui sera sans doute très-agréable. L'Eglise refusera-t-elle de l'accepler, lorsqu'on ne pourra lui en donner un autre? Ajouter, comme fait Neusser, que ceux qui auraient un privilége pour réciler mentalement, re seraient pas alors obligés de s'en servir, c'est une nouvelle absurdité (5).

Il y a un peu plus de difficultés sor l'iatégrité de l'office; nous allons parcourir celles que l'on a coutume de proposer sur celle matiére.

On demande en premier lieu si l'omission de toute partie du Bréviaire, quand elle n'est fondée sur aucun motif raisonnable, est un péché grief.

6. I faut d'abord répondre avec Suarès 6) que l'omission de chacune des sept heure qui composent l'office est un péché mortel, parce que chacune des sept heures est dass l'estime commune une partie considérable du Bréviaire. Marchini ayant avancé le costraire, la congrégation de l'Indez le fit effacer de son livre (7).

Par la même raison, un ecclésiastique qui, en récilant seul ou avec un autre, omeltral volontairement ou de dire ou d'entenire tant de versets, qu'il en résulterait ane owis sion équivalente à celle d'une petite heore, serait aussi criminel que s'il l'avait omise es entier. Il est vrai que depuis que la liberié de tout Poser et de tout écrire s'est introduite. dans l'Ecole,il s'est trouvédes gens quioulcra qu'il ne pouvait y avoir dépéchégriefà omelire une petite heure ou quelque chose de sembble, parceque cela ne fait jamais une huitième parlie; el que ce qui est au-dessous d'une matière si peu considérab'e ne peut faire un péché qui damne. Par bonheur ce maurais sentiment a été étouffé presque dans sa missance. Diana lui-méme a fort bien remarqué qu'à ce compte, un homme qui sor mille écus n'en prendrait que cent, ne ferait pas un péché mortel; et qu'il n'y en aurail pis non plus à couper le doigt ou la main d quelqu'un, parce que dans l'un et l'autre c:s on ne ferait pas tort d'un huiliéme. ll sot de là qu'un religieux qui a encore le temps de réparer la faute qu'il a faite, soit es omettant, soit en récitant mal tme seplitot partie de son Bréviaire, doit la réparer avant minuit : el alors je crois qu'il évitera le p ché mortel, parce que ce péché n'est, €

tion ni d'infirmes, ni de scrupuleux. Je crois que cet PP. ont toujours été trop. sages pour demander wet de pense ausa singulière, et Léon X trop judicieax pour la Corder. Au reste le même auteur avoue qu'on ae s'en 9t point servi dans son ordre; et que par conséquent Pe ue ce n'était qu'un oracle de vive voix, oo we (ourá

s'en servir. Neosser, disp. 9, q. 7, n. 34 ei seq

(6) Suares.. ibid. 'eap. 25.

(1) Voyce Neusser, pag. 187

Li] OFF

semble, consommé que lorsque le temps de remplir le préceple est passé; et qu'un homme, s'il ne prend une résolution formelle du contraire, est censé avoir unc intention générale de répéter son office, lorsqu'il s'apercevra de l'avoir mal dit.

7. ll faut, en second licu, dire avec Van- Roy, Pontas (1j etles plus exacts théologiens que, quoi qu'en aient pensé saint Antonin et Navarre, on ne peut dire en général que l'omission de la troisiéme parlie, ni méme de la moitié de chacune des scpt heures, soit toujours un péché qui aille au morlel. En effet, quoique la moiié ou méme la troisième partie d'une pelite heure sit toujours quelque chose de consid ‘rable par rappert à elle, il se peut faire que ce soil peu de chose, lant en soi-même que par rapport à la totalité de l'office. Ainsi la règle la plus sage qu'on puisse suivre dans telle matière esl de considérer la parlie non comme partie, mais selon sa quautité absolue. Or, de ce principe, qui est de Suarés, il sera aisé de conclure qu'en ne regardant, selon la coutume, matines et laudes que comme une seule heure, l'omission d'un noclurne, qui en est à peine la quatriéime parlie, sera une faule mortelle; et qu'au contraire, l'omission des vépres du samcdi saint, quoiqu'elle retranche une heure enlière, pourra n'étre qu'un péché véniel (2).

Mais à Dieu ne plaise qu'un ecclésiastique laisse jamais la moindre partie de son Brériaire, sous prétexte qu'il le peut faire, sans lomber dans la disgráce de son Mallre.

Celui qui craint Dieu ne néglige rien, dit Y'Ecritare (3) ; et il néglige bien moins encore ce qu'il ne peut omettre sans se rendre toupable.

l'ajoote, avec un théologien de Paris (4), que ces sortes d'omissions iraient plus aisément au mortel, si on les faisait dans le chœur, que si elles n'arrivaient qu'en particulier. La difformité et le scandale ne blessol jamais plus que dans le sanctuu

8. Quelques docteurs examinent ici s'il y aurait du inal à supprimer dans l'office pullic la lecture du Martyrologe. Les plus rechés, en avouant qu'il y aurait un péché Yéniel, craignent qu'il n'y eüt quelque chosc de plus : 1* parce que la coutume de le lire ‘sl lrès-ancienne dans l'Eglise, comme on le il dans Gavantus et dans le P. Mabillon fontre M. de Valois (5); 2 parce que rien V'es plus propre à porler à la piété qu'une volice, quoique courte, de ce qu'ont fait et souffert pour Dieu les vierges, les martyrs, les confesseurs qu'il a donnés à son Eglise dans tous les temps. Et c'est pour cela que Grégoire XHL souhaitait que ceux mêmes qui récitent en particulier n'omissenl jamais le Martyrologe. On ne peut donc, dit Neus-

(1) Pontas, verb. Orriz, cas. 5.

13) Je dis, pourra n'être. ll y a des théologiens d'ailleurs peu exacts, qui prétendent que l'omission des vépres du Mwedi saint serait mortelle ; quia licet ille vesperæ in se, Road quantüatem, non sinl magni, attamen sunl (ales rafeme qualitatis, et quatenus sunl. hora ob certum myMerium Kt lem;ore'preseripta, lia theologi .communaer , dht

(cuser daus son traité. de Ho: i$ Canonicis, disp. 8, 4 1

ser, excuser de péché véniel ceux qui n'y donnent point ou presque point d'attention.

9. On demande en second lieu si l'on eut, «ans faire tort à l'intégrité de l'office, le réciter avec un autre.

Il n'y a qu'une voix sur ce point : tout le monde convient que la récitation alternative n’a rien de mauvais; qu'elle l'emporte même sur celle qui se fait en particulier, parce qu'elle imite de plus près celle qui se fait au chœur.

Mais il y a ici quelques abus à éviter, C'en serait un de s'arranger de manière, qu'un des deux qui récitent ensemble, dit le premier psaume, l'autre le second, el ainsi du reste. Il est vrai que cela se peut faire par rapport, aux leçons, et méme qu'un seul peut les dire toutes en présence de son compagnon. Mais, puisque l'Eglise ne le permct que dans cette circonstance, il serait contre l'ordre de franchir les bornes qu'ellea posées. Par la méme raison il ne serait pas permis à un nombre de jeunes ecclésiastiques qui se trouveraient ensemble. de faire trois ou quatre chœurs, dont l'un dit le premier verset, le second celui d'après, et ainsi du reste. 1l est vrai que cela pourrait avancer l'ouvrage, mais on le fait bien mal quand on le fait contre les ràgles.

Quoiqu'il soit assez d'usage, lorsqu'on a récilé les psaumes à l'allernalive, de dira les antiennes en commun, je crois avec Suarés qu'il serait pour le moins aussi bon de les faire rouler comme si c'étaient des verses. En ce cas, fûl-on dix, on n'en perd jamais aucun, parce qu'il suffit de prêter l'oreille. Si on le fait bien pour les capitules et les oraisons, on peut bien le faire pour les antiennes.

10. C'est unc question de savoir si un homme qui a fail vœu de réciter l'office de la Vierge, ou à qui sou confesseur a donné pour pénitence les sep! psaumes, pourrait les dire tour à tóur avec un autre.

Navarre, Suarés, Azor et plusieurs autres le pensent ainsi (6), surtout par rapport à l'office de la Vierge; parce que, de quelque manière qu'il soit imposé, il doit, ce semble, suivre la condition de l'office en gónéral, à moins qu'on ne se la soit interdite.

J'aimerais mieux dire le contraire avec l'onlas, au moins sur le fait dela pénitence ; tant parce qu'en récitant avec un autre, on s'épargne une partie de la peine, que parco que le pénitent doit se regarder comme un coupable qui, uniquement chargé de prier pour soi, n'arien de commun' avec un homme qui prie pour l'Eglise et en son nom.

le dirais à plus forte raison la méme chose des sept psaumes : ils ne s'imposent que comme une picuse et sainte lecture. Or, chargé par mon confesseur d'un chapitre

. 11, pag. 188.

PSI Qul timet D: um, nihil negllzit. Eccles. wu, 19

(4) Martin Grandin , hie, pag. 215. E (5) Mabillon, preefat. 2 in sæeul. wv, cap. 6, n. 174, où ü

eite le concile de Cliffe vu Cloveshaw en Angleterre, de

(6) Vide Barth. a S. Fausto, q. 170, pog. 514. Porus vetb. Pésimo, cas. 5.

da Nouveau Testament ou de l'Imilation , je n'oserais en dire les versets ou les nombres tour à loar avec un autre. Si la chose en valait la peine, il faudrait consulter son directeur. Est lui qui fait la loi, c'est à lui à l'interpréter.

11. Pour dire valablement son Bréviaire, il n'est pas nécessaire que celui avec qui on le dit, y soit obligé. Ainsi l'on peut prendre un écolier, un domestique, pourvu qu'ils prononcent bien et qu'on évile l'indécence et le scandale. Qu'ils aient de l'attention ou qu'ils n’en aient pas, c'est la méme chose par rapport à vous. Vous satisfailes en enlendaut, et vous pouvez écouter avec beaucoup de religion ce qu'un autre dit trés- mal. Mais cet autre qu'on suppo:e n'étre point obligé à l'office, ne se rend-il point coupable s'il le dil avec vous sans piété et sans allention? Lessius (1), Emmanuel Sa, Regipald, Filiucius, etc., prétendent que non; parce qu'un homme s'engage bien alors à réciter, mais non pas à prier; que l'Eglise ne lui en fait pas unc loi; et qu'on serait à plaindre si, pour faire plaisir à un ami, on s'exposait à offenser Dieu. Quand je pense que l'office divin n'est qu'un tissu de l'Ecriture ct des saints Pères qui l'expliquent, et que la parole de Dieu demande un profond respect lors méme: qu'on la u qu'on l'entend sans y être obligé, j'ai peine à concevoir qu'on puisse la trailer avec si peu de précaution. Je concois qu'un bénéficier et un sous-diacre doivent plus qu'un homme qui "est ni l'un ni l'autre; mais que celui-ci ne doive rien, et qu'il puisse réciter les sacrés Cantiques de David, à peu près comme les Odes d'Anacréon, c'est, mon sens, cequ'un

grain de foi ne peut digérer. Pour moi merais mieux dire mon Bréviaire avec peine, que me faire aider par une personne qui le dirait si mal; el si j'avais sa confiance, ja rescrirais ou de changer, ou de ne pàs conlinuer. Sancta sancte : c'est une règle qui peut avoir des nuances, mais qu'il no faut jamais réduire à rien.

SIL. Il faut dire l'office avec plété.

1. Idée de la dévotion, ses espèces. — 2. La récitation de l'office demande la dévotion extérieure, Preuves et remarques. — 3. Cette dévotion exclut certaines actions qui ne s'allient pas bien avec elle. — &. Celles de marcher ou de se promener sont-elles de ce nombre? —5. Quelleposture convient mieux à un homme qui son Bréviaire? — 6. Quand on le dit en particulier, faut-il dire à genoux les prières fériales? — "1. Nécessité de la dévotion intérieure. — 8. Elle demande une préparation d'esprit et de cœur. — 9. Manière et conditions de cette Préparation. — 10. Tristes et terribles conséquences de ce principe. — 11. Un homme qui a le malheur d'étre dans l'habitude du Péché peut-il satisfaire à son obligation ?

Sentiments de quelques docteurs. — 19. La (1) Lessius, lib. n, cap. 57, dub. 9,

Warth. a S. Fausto, q. ue st" 9, 9 54, et all spud (3) Cogltemus nos sub eonspectu Dei stare : placendum

DICTIONNAIRE LES CEREMUNIES. ET DES RITES SACRES, «t

dévotion est-elle nécessaire à celui qui n'a qu'une pension, comme à celui qui a ual.

néfce ? — 13. Un homme qui n'a ni pension ni bénéfice doit un certain dédommagement - à l'Eglise quand il a mal récité son office.

1. La dévotion prise en général est, selo> saint Thomas, une affection intérieure par laquelle l’homme se consacre, se livre, $e dévoue en quelque sorte au service de Dieu. On la prend ici pour eette ferveur qui fait qu'un chrétien se porte avec joie, ave une sainte impétuosité, vers une des plus considérables parlies du culte divin:

Devotio est promptitudo voluntatis, et fervor affectus ad ea qu& sunt cultus divini.

La dévotion cst ou intérieure, et clle coosisto dans un pieux mouvement qui nou; fait tendre à Dieu ; ou extérieure, et elle cossiste dans uu maintien modeste, respectueur, bien composé; ou mixte, el celle-ci renfcrme les deux autres.. Il n'y a méme guhe que l'hypocrisie qui ait le talent de séparer les deux premières. Il cst rare qu'un bomue qui devant Dieu se tient dans celte allitude de respect et de frayeur où l'Ecriture nos représente les séraphins, ne commence ao moins à l'honorer intéricurement; et il est encore plus rare qu'un homme qui voit l'lo-visible comme s'il était présent à ses yeor, ne se tienne devant lui dans la posture où le Père des croyants était devant sop mzllre: Et de là, grand Dieu! quelle foule de coméquences; ct qu'elles sont capables d'bumi.icrl

2. Pour les développer avec plus d'étendue, disons d'abord que, pour se biea acquilter de la récilalion du saint offe, il faut pour le moins une dévotion extériegre.

La raison en cst toute simple. L'office v'eit qu'un tissu de prières que l'on fait à Dies, et de louanges qu'on le cuujure de receroir, comme il recoit celles des esprits bienbetreux. Or une posture aisée, libre, indécealt, sied-elle bien à un homme qui prie et qui ne demande pas moins que le prix du sàsg de Jésus-Christ? Est-ce avec un air sec el dissipé qu'un faible mortel osera chanter l justice et la miséricorde de celui deraat lequel les chérubins se voilent la face, el dont ils ne louent la saintelé qu'en tremblast?

C'est la grande leçon que l'Eglise, qui s'es jamais qu'avec une noble et majestuess

l'une et à l'autre: Majestatem (uam li i, adorant dominationes , tremunt ptcum quibus et nostras voces ui aljubeas deprecamur. Pensons done, dit un Père, que nous sommes sous les yest de Dieu : efforcons-nous de lui plaire, et pir la bienséance extérieure du corps, et par b manière dont nous lui parlerons (2). Saist Germain, évêque de Paris, était si persuade de ces grandes maximes, qu'il ne réciuit ji mais son office que dans une silualion ptest divinis oculis, et habitu corporis, et modo vocis. S C prian, lib. de Orat. Domin.

ses OFF

nible. Dans s's voyages, lorsqu'il priait Dieu, il avait toujours la téte nue; cl il n'y avait, dit Fortunal, ni neige, ni froid qui pàt l'en dispenser (4).

| y aurait assurément beaucoup et de bien (ristes réflexions à faire sur ce sojet et pour en trouver la matière, il suffrait d'entrer le matin, et pas trop matin, dans l'appartement d'un jeune abbé qui se détermine enfin à dire son office, d'étudier sa

pellent. Sans lui demander puisse servir deux mallres, déméler celui auquel ila voué sés hommages.

Nous sommes bien éloignés de croire que les res dangereux emplois n'offrent que de pareils exemples. ll sen trouve à la cour qui donneraient de l'émulation aux anges de Scété. Dans tous les états il y a sept mille jestes qui ne fléchirent jamais le genou devant l'idole de la mauvaise coutume. Jdeo ipsi judices vestri erunt. Malih. xii, 27.

3. Si la dévotion extérieure doit bannir certaines altitudes du corps, certaines commodités peu convenables à l'état d'un misistre qui demande grâce pour lui el pour ses frères, elle doit à plus forte raison exclure toute action étrangère qui marqueit moins de respect dans celui qui prie.

quis inter recitationem officii confabuletur, pingat, coquinam faciat, dil à peu près saint Antonin, videtur mortale.

Il est vrai qu'il y a des aclions extérienres avec lesquelles la prière n'est pas inalliable; et c'est pour cela que le prêtre récite quelques oraisons lorsqu'il prend ses ornements, ou méme qu'il lave ses mains avant le redoutable sacrifice. Mais en général, à moins qu'on ne soit pressé, il faut faire chaque those en son temps. C'est le ménager mal que de le ménager au préjudice du respect qui est dà à Dieu, et surtout dans une affaire qni n'est point de surérogation.

4. Il y a même des personnes qui prétendent qu'il n'est pas permis de dire l'oífice en se promenant. Il est sûr qu'un concile de

ves l'a défendu en 1559, que saint Charles ne le voulait pas i2 et qu'Alain de Sulmisiac, rigide et inflexible observateur do la discipline, menaça d’interdit un prêtre qu'il apercut le disant ainsi. Il est sûr encore qu'il vaudrait bien mieux s'associer en esprit au poblicain de l'Evangile, el former comme lui au bas du temple ces vœux qui y troucursum, id es! Horas, nudo capite dicevd biens aut Dix urgeret. Portunat. io Vita sancti &ermsai Paris.

(3) Admonemus omnes ct singulos nostra dioxesis et erbis Mediclanensis ecclesiasticos homines, ut cum pre-

casosicarom oflicium privatim præslant, ne deambu-,

cm laodo, aliudve agendo, id muneris explesnt. In Eoclesiam, si ei domus ait coojuncus aut saltei domi in locom, quoad leri potest, precalloni aptiorem se recipiant; ut animo qui deambalationtbus et aliaruu reram actionibos distrahi.

solet, se colligentes ac pletats stndio accensi, ren wiritu, orent variler et meute. Synod. iv. Mediol.

OFF iv

vent un Dieu do près 6} et qui sont plus favorablement exaucés. Enfin il est sûr que cette conduite serait trés-propre à édifier les peuples, el qu'on ne peut voir sans émotion qu'un Dieu qui pour notre amoar réside jour et nuit daus son tabernacle, n'y soit guère n visité de ses ministres que des séculiers.

ais en proposant cette pratique comme la meilleure en tout sens, nous n'en ferons pas un précepte. Nous dirons avec le saint archevéque de Milan, Admonemus, mais nous nous en tiendrons là. Si nous ne croyons pas qu'on doive dire son Bréviaire dans un Chemin tumullueux où chaque pas enfanterait des distraclions, nous nous dounerons bien de garde de condamner le pieux pasteur qui en revenant de chez un malade, ou do conférer avec son voisin, donne à la prière, quelle qu'elle soil, un lemps dont il n'est avare que pour en consacrer tous les moments à Dieu. Il en sera de même de l'homme d'étude qui, pour respirer une ou deux fois par jour daus un lieu solitaire et chamhêtre, s'y fera un pieux délassement de son office. Condamner sans miséricorde ceux qui le font , ce serait quelquefois, sous prétexte d'en vouioir à la tiédeur, condamner la nalion sainte des enfants de Dieu (4). Bientôt, disait quelqu'un, on trouverail mauvais qu'un grand chantre et des chapiers se pronent dans le chœur ou qu'on chante dans processions,

5. On peut résoudre sur les mêmes principes une question que se propose l'auteur des Conférences de la Rochelle (5). Il demande quelle posture est la plus convenable pour réciter l'ofüce divin. Après avoir sagc- Ment observé que le maintien d'un ecclésiaslique qui parle à Dieu dans la prière n'est pas une chose indifférente; qu'étant un aveu de notre soumission et une marque de la frayeur dont nous sommes s. en la présence d'une si haute maje: il fait une grande partie du respect extérieur que nous sommes obligés de lui rendre; el qu'enfin les diverses situations où se met un homme qui prie, soit en se tenant debout, soit en fléchissant les genoux , soit en élevani les mains , soil en se prosternaut contre terre, contribuont à augmenter l'bumilité et la ferveur de sa prière (6): aprés tous ces

rincipes qu'on ne peut contester , ce théo-

ogien vient au fait et décide qu'il vaut

mieux se tenir debout pendant l'office que de le réciter à genoux. 1l avoue bien quo celle dernière position est pleine de respect et d'humilité, mais il prétend qu'elle a toujours été regardée dans l'Eglise comme une marque d'humiliation; que dans les premiers p. n, decret. 21. M

(5) Je ne fais qu'une allusion à ces paroles de Jérémie, xxus, 25. « Putasne Deus e vicino ego sum? »

(4) Si dicebam, Narrabo sic; ecce nationem filiorum eorum reprobavi. Psalm. xxxn, 15.

(5) Contér. de Ls Rochelle, $ 34, psg. 428. .

(6) Nescio quomodo, cum ‘hi mous corporis Seri, nid motu animi precedente, non possint, eisdem rursus exte rius visibiliter factis, ille Interior iovisibilis qui eos fecit, augeler ; sc per boc cordis affecius, qui, ut flereut isa, priecessit, quia faeta sual, crescit. August. lib. de Cura pro tuoriuis, cap. S.

vs}

kiècles élle était comme le caractère de la pénitence publique; que dès lors elle convient moius aux psaumes, qui n'étant, à proprement parler; qu'une louange continuelle de Dieu, doivent être dits ou chantés àvec joie, ef par conséquent arec unc élévation d'ephit et de corps vers Dieu.

JM ajoute, et il prouve fort au long, que cette discipline fut suivie dans les temps les plus reculés ; que saint Benoft et Chrode:

HUS évêque de Metz, réglérent que l'office, à l'exception des leçons el des répons, se dirait debout; qu'un concile d’Aixila-Chapelle tenu sous l'empereur Louis le Débonnaire eu fit une loi pour la France et pour l'Allemagne (1); que saint François d'Assise y était si soumis que, malgré scs fréquentes infirmités, il demcurait toujours debout et découvert pendant l'office divin, sans sa puyer méme contre la muraille ; et qu'enfin c'est encore l'usage des cathédrales, des collégiales et de la plupart des ordres religieux, de n'étre assis, pendant lechant des psaumes, que sur cet appui qui est at haut des siéges du chœur quand ils sont levés: car n'être assis que de cetle facon, c'est en quelque sorte €ire debout. Et méme cet appui s'appelle encore en beaucoup d'églises, indulgence ou

. miséricorde, parce qu'il n'a élé introduit que pour soulager Ja faiblesse de ceux qui ne peuvent pas demeurer entièrement debout pendaut tout l'office. Preuve que l'esprit de l'Eglise est toujours qu'on soit debout peudant la psalmodie.

Ainsi raisonne cet écrivain. L'auteur des Conférences de Luçon et le P. Juenin, dans sa Théorie et pratique des sucrements, peusent comme lui (2), à cela près que le dernier ajoute que, lorsqu'on dil l'office en particulier, on peut réciter les psaumes assis, ou debout, ou à genouz; mais que pour les cantiques, les capitules et les versets, il convient d'étre toujours debout. l1 n'y a là rien d'outré, tout y est conforme à ces judicieuses paroles de saint Augustin (3) : Non est præscriptum duomodo corpus constituatur ad orandum, dummodo animus Deo presens peragat intentionem suam. Nam et stantes oramus, sicul scriptum est : Publicanus de longe stabat; et flexis genibus, sicut in. Actibus apostolorum ; et sedentes, sicut. David et Elias. Je remarque cependant que la plupart des saints des derniers siècles out toujours dit leur Bréviaire à genoux. Comme celle situation est pleine d'humitité, qu'eile coûte à la nature, que d'ai.leurs les psauenes

ient bien autant qu'ils louent, je penche-

rais beaucoup à lui donner la préférence.

(1) Omnes ab otiosis serinocinationibus auditum pariter

casigent et linguam : in Ecclesia eum tumore et veneralione srawres, aut orent, 3ut cautent, aut audiaut. Coacil.

Aquisgran. an. 816, cep. 191.

13) Conte. de Lagon, tom. 1I, sar la Prière, pag. 129.

est, nisi ex- Y . Alque cum wedestia và buiniitate adwrantes, uagis commendabi.

Mais enfin, puisque ce n'esl que par in.

dulgence qu'on peut dire le Brériaire étant assis ; que les sainis.n'en ont presque jmais profité, et que l'austére Tertullien condamnait hautement cette posture (5) , au moins faut-il avoir soin de ne pas prendro alors ses conmmiodités et ses aises, comme on le ferait pendant une lecture profane.

1! faut encore moins, dans les plus rigooreuses saisons el sous prétexte de quelque petite infirmité, dire dans son lit quelque partie des divins offices. Ce n'est qu'a peine qu'on entre dans un détail sl bas; mais des docteurs éclairés, des saints méme, y sont entrés avant nous; et le B. Pierre Damien, cité par le P. Alexandre , racoute que le démon insulla un prieur d'ailleurs plein de vertu, parce qu'élant si décharné, si accablé de langueur, qu'il pouvait à peine se soutenir, il avait cru pouvoir se permettre ce genre d'adoucissement (5).

6. Enfin il est bon, pour les prières fériales, preces flebiles, que l'on récite à la fn de laudes, de prime, etc., de se conformer au chœur, et par conséquent de les dire à genoux pendant le Caréme, otc. C'est l'avis qu donnent les conférences de la Rochelle, ei convient de le suivre quand on le peut un modément. La partie fait toujours bien quand elle se modàle sur le tout (6).

J'avertirai, si l'on veut, avec Gavantus, qu'un homme qui récile seul doit dire Mistreatur nostri, et Dominus vobiscum; que lorsque deux personnes récitent ensemble, celui qui fait l'office d'hebdomadaire doit dire et vobis fratres; que, selon un décra donné en 1629 par la congrégatior des Riles, les religieuses ne doivent pas changer le mot de pater en celui de mater, ni eelui de fratres en celui de sorores. Mais cs rubriques ne s'observent à Paris ni dans le premier, ni dans le dernier cas. Le piert et savant Père Thomassin (D ne croyait pas qu'un ecclésiastique qui récile en parliculier dût substituer au Dominus eobucum le Domine, exaudi orationem man:

et saint Pierre Damien a fait un traité erprés pour s'y opposer (8). Quand on iutreduit de nouveaux riles, il faut y penter aàrement; quaud une fois ils sont établis, cc n'est pas aux particuliers à les changer. Li liturgie orientale est fort différente de ck des Latins: chaque nation doit suivre u sienne.

7. La dévolion inlérieure est d'une mel autre néressilé que celle dont nous aree parlé jusqu'ici. Sans elle les plus beaox cit tiques de Sion ne sont qu'un corps sans me:

auus Deo preces oosras, ete, Tertull là. de Onit a ali

(5) Tune, (ait exorcisalus demon a priore errai Fes: Avellani), ille es qui sub cottoquotidie compleloriem asr- Surt3s, él inodO ine qui sanclus cjcere, el jew me vasculum de meo vis dominio liberare? Peirus Daum opusc. 24, cap 6, apud Nat. Alexand. wbi sap. reg. 5.

(6) Un admet counnunément que la met si galolre que «ans lo chœur. Veg, S. de gom.

7) Thomass. Discip. Eccles. part. wv, lib. t, cse. &&

6) $; Pierre Damien Fu fan cardinal ct érépe dUEx eu 105

de feu dont ils sont pleins n'est tout au plus qu'une mèche qui fume encore, linum fumigans. Telle était la pharisaïque dévotion de ceux dont le Fils de Dieu disait : Ce peupla m'honore des lèvres; mais son cœur est loin demoi(1) -

8. Or cette dévotion si importante, si essentielle à la prière, demande avant toutes choses une préparation d'esprit et de cœur:

Quoique la chose parle d'ellc-méme, l’Esprit- Saint a daigné nous en avertir : Ante oratione æpara animam tuam, nous dit-il dans l'Ecclésiastique (2), et noli esse quasi homo qui tentat Deum. C'est en effet tenter Dieu que d'entreprendre, sans sa parlicipalion et comme à son insu, une affaire qui le regarde directement et qui ne peut réussir.

qu'autant qu'il veut bien en étre le premier mobile. La prière est son don, son ouvrage et son grand ouvrage, opus Dei. Or c'est d’un édifice de celle nature qu'il esl vrai de dire, comme le roi-prophéte : Si le Seigneur ne met [a main à l’œuvre, ceux qui veulent lui bdtir un temple font de vains et inutiles efforts (3).

Page 1