‹ Dictionnaire alphabêtico-méthodique des cérémonies et des rites sacrésChapitre 316 sur 480 · OFFRANDE · texte numérisé non relu

OFFRANDE

C'est au célébrant à recevoir les offrandeg à la messe ou immédiatement après la mes; Dans d'autres circonstances , c'est au plus digne del'église, qui est présent (S. C.96 jan. 1658). Voy. MESSE SOLENNELLE.

DE L'OFFRANDE DU PEUPLE, ET DE L'ENDROIT DE LA MESSE OU ELLE À ÉTÉ PLACÉE.

(Explication du P. Lebrun.)

On voit dans saint Justin (1), dans saint Irénée (2) et dans saint Cyprien (3), que les fidéles ont toujours compris qu'ils devaient offrir à l'église ce qui est nécessaire pour le service divin, et surtout le pain et le vin, qui sont la matiére du sacrifice déterminée dans l'Evangile. « Le prêtre reçoit de vous, dit saint Augustin (5), ce qu'il offre pour vous, quand vous voulez vous rendre Dieu propice pour vos péchés. » Les anciennes oraisons qu'on fait encore sur l'oblation (5), aussi bien que celle du canon (6), supposent cet usage; et les Pères (7) ont souvent repris ceux qui manquaient à ce devoir. Le second concile de Mácon, en 585, apprit avec indignation (8) « que plusieurs fidèles, n'offrant aucune hostie à l'autel, ne contribuaient point au service de Dieu. C'est pourquoi il ordonna sous

eine d'anathéme que tous les dimanches lcs Fommes et les femmes offriraient du pain et du vin à l'autel, afin que par ces oblations ils pussent expier leurs péchés, ct mériter les récompenses qu'ont eues Abel et les autres justes, qui ont fait à Dieu leurs offraudes. » L'oblation s'est faite assez communément jusqu'au neuvième siècle de la manière que l'Ordre romain le décrit en ces termes (9): « Pendant que le chœur chante l'offertoire avec ses versets, les fidèles, premièrement lès. hummes et ensuite les femmes, font leurs offrandes de pain et de vin sur des nappes blanches. L'évéque, recevant les oblations qui sont mises par un sous-diacre dans uno nappe tenue par deux acolytes, l'archidiacre reçoit les buretles, amulas, en verse le vin dans un grand calice tenu par un sous-diacre, qui, dàs qu'il est plein, le verse dans un vase porté par un acolyte. L'oblation du peuple finie, l'évêque va s'asseoir à sa chaire, s'y lave les mains, va à l'autel, le baise, y fait une prière, recoit en pain seulemen blation des prêtres et des diacres, qui seuls

Appeod. S. Aug. serm, 265.

(8) ovimus quosdam Christianos... ita ut nullus eorum legitimo obsecundationis parere velit oficio Deitatis, dui sacris altaribus nullam shnovent hostiam, propterea decernimus ut omnibus dominicis diebus altaris oblatio ab omnibus viris et mulieribus offeratar, tam panis quam vii, ete, Conc. Matisc. u, e. 4.

(9) Ord. u, n. 9.

peuvent approcher de l'autel. L'archidiacre prend du sous-diacre oblationnaire deux obiations, c'est-à-dire deux pains, et les pré-

, sente à l’évêque, qui les met lui-même sur l'autel. Le méme archidiacre reçoit une burette de vin, umulam, qu'il verse au travers d'un couloir dans le calice; un autre sousdiacre va recevoir du premier chantre la burette à l'eau, fontem, vient la présenter à l'archidiacre, qui en verse en forme de croix dans le calice, lé place sur l'autel devant le pontife auprés des oblations à droite. » C'est en abrégé ce qui est contenu dans le second Ordre romain, qui paralt avoir été en usage au 1x* siècle dans les Eglises de France.

Aprés l'an 1000 ce bel ordre de l'offrande va insensiblement disparaître; et, avant qu'il nous. échappe, il est bon de remarquer, 1* que le peuple offrait du pain et du vin ; 2* que le clergé n'offrait que du pain ; 3° qu'on coulait le vin, de peur qu'il n'y eût quelque ordure : ce qui marque qu'on se servait du vin offert par le peuple pour consacrer ; &* qu'il paraîl qu'on préférait pour la consécration le pain offert par le clergé : mais afin que ce pain fût aussi bien l'offrande du peuple que celle du clergé, les fidèles donnaient de la farine. Honorius d'Autun, qui écrivait au xu‘siècle, nous apprend (1) qu'on se souvenait encore de cel usage ; et selon Maldonat (2), qui écrivait en 1569, cela se faisait alors en Espagne.

Il ne reste plus que quelques vestiges précieuxde ces anciens usages. À Lyon, aux féries de Caréme, depuis le lendemain du premier dimanche, dans l'église primatiale, les deux "premiers pré(res, uu de chaque côté du chœur, offrent le pain ct le vin dont on se sert pour la consécration. A la célébre abbaye de Saint- - Vaast d'Arras, le supérieur, au nom de la communauté, porte tous les jours à l'offrande de la messe conveutuclle le pain et le vin qui y doivent étre consacrés. Ce qui se fait ainsi : vers la fiu de l'Evangile ou du Credo, si on le dit, le supérieur présidant au chœur, averti par le sacristain, va prendre derriére l'autel un calice avec du vin, et une paténe dans laquelle est le pain. Il vient ensuite à l'autel au côté de l'Evangile, où il se tient tourné vers le chœur, aussi bien que le sousdiacre qui lient le calice et la paténe vides, qui doivent servir à la messe. Le célébrant, après avoir dit Oremus, présente à baiser la croix du manipule en disant: Paz fccum, reverende pater. Le supérieur répond : Et cum spiritu (uo, ct met le pain sur la patène, et le vin dans le calice, qui sont entre les mains du sous-diacre. S'il y a deux messes sotennelles, ce qui arrive souvent, le sacristain, ou en sou abseuce l'aumônier, offre à la pre-

(1) Fertar quod olim sacerdotes e singu'i domibus vel familiis farinam accipiebant. Quod adhuc Græci servant. Gemm. anim. l. 1, c. 66.

(3) Tract. ms. de Cerem, Eccl.

(3) Olfero Deo atque dedico omnes res quz bac in charad serviendum ex his Deo iu sa-

tula tenentur insert.

iis

rificiis missarum sol

miére le pain et le vin au nom de ceux qu l'ont fondée, de même que le supérieur, àv nom du couvent, offre à la messe coarestuelle. À Saint-Martin des Champs, les rebgieux T doivent communier et qui seals vont à l'offrande, présentent au prêtre ve hostie qu'ils mettent sur la palène, el exsuite le chantre présente et met le via dass le calice, qui est tenu par le diacre. A Asgers, le chantre, suivant l'ancien Ordre romain, présente l'eau qui doit être mise dans le calice.

On ne connaît plus d'église où le pespe offre à la messe le pain et le vin de la cosécralion. La raison du changement vient de ce que les prêtres ont cru devoir offrir à l'autel des pains préparés avec plus de soin que ceux qui étaient offerts communéaest par le peuple, et de ce que les fidèles oat aii des dons considérables à l'Eglise ei geant les clercs de tout ce qui est nécessaire au service divin. Les capitulares des rois d: France au 1x* siècle (3) autorisaient les donations qu'on venait apporter à l'aulel scu cette formule : « Je donne et j'offre à Dia tout ce qui est écrit dans ce papier, por servir au saint sacrifice, à la solenni da messes, au luminaire, à l'entretien des res et des pauvres. » Ainsi, quoique le pai tiné à être la matière du sacrifice n'ait pl été offert par le peuple, il peut étre losjours regardé comme l'offrande des fidèles, parce qu'il vient de leurs fondations ou de leun bienfaits.

Les auteurs qui ont écrit depuis l'a 1000 (&) ont parlé des offrandes du peupl:

en argent et eu autres choses uliles à l'eglise ; el comme ce qu'on offrait ne serai pas actuellement pour la consécration, os 1 sur l'endroit de la messe auquel e»

devait faire l'offrande. Le Missel romais 51 jamais marqué l'offrande du peuple qu'avast l'oblation du prétre (5) ; et le refroilisement des peuples cst sans doulc cause q& depuis le saint pape Pie V il n'y est plus Gui mention d'offrande. Le Sacerdotal imprimé 1 Venise en 1603 marque néanmoins encec que, si quelqu'un veut offrir, on recevra sos offrande avant l'oblation ; et Gavantus dil.

dans son Commentaire sur les rubriques e»

1627 (6), que l'offrande du peuple doit se [aire avant l'oblation de 'hostie. Sur quoi il dk les actes de Milan sous saint Charles.

L'usage des Eglises de France a éé m peu différent. Selon les capitalaires ( d'Hiacmar ) rapportés par Reginon (7), les cierges et tout ce que le peuple voulait deaae i l'autel devaient être offerts avant la mess, ou du moins avant l'Evangile ; el depuis k xr' siècle l'uffrande du peuple a êlé placit

Durand, cte. On ea a parlé sur les mots da caaos PR quibus iibi oferinus, art. Mauro.

(5) Voyez les derniers Ordres romains imprimés à ont en 1594, 1:9; à Venise, 1551, ete.

(6) P. w. it. 7, n. 5. :

(7) Si offerentes instruat ( ), vt. candelas, (€ quidquid aliud sd altare deferre. placuerit, aee meus vel gntequsm Kvangeliom legatur oferant. Regis. L (& Eccles. Discipl., p. 21.

es ORA

pres l'oblation du prêtre, avant qu'il se Taät les mains. Cela est évident dans Hildc- »ert du Mans, qui écrivait vers l'an 1090 (1), ‘ans Etienne d'Antun (2), dans un trés-grand ombre de Missels de diverses Eglises (3) ct lans tous ceux de Paris, manuscrits et imrimés, jusqu'au xvu* siècle. C'est ce qui so »ratique encore à Notre-Dame el dans presque tout cediocése, quoique depuis l'an 165% es Missels parisiens marquent l'offrande du »euple avant l'oblation de l'hostie et du caice. Depuis peu quelques paroisses de Paris la font conformément à la rubrique des noureaux Missels et aux plus anciens usages.

Et véritablement il paraît à propos que lcs vffrandes soient recues et que le pain qu'ou présente soit bénit dès le commencement de l'offertoire, afin que le prêtre ne soit pas vbligé d'interrompre l'oblation et de se distraire aprés l'avoir commencée, * ORAISON.

(Cérémonial des évêques, 1. 1, €. 7.)

Wi faut savoir qu'il y a deux tons pour les oraisons, l'un. solennel ou festival, l'autre simple ou férial ; on se sert du premier aux fêtes doubles et semi-doubles, et du second aux féries, aux fétes simples, Xx oifices des morts et autres qui sont distingués de matines, de la messe el des vépres, quoiqu'on les célèbre à des jours solennels, tels que sont les auires heures cauoniales, les bénédictions des cierges, des rameaux ct autres semblables. La différence entre le ton solennel et le ton simple, c'est que, suivant l'ancien usage, qui se pratique dans la chapelle du pape, le ton solennel a deux varialions, et que la première se fait régulièrement eo descendant d'une tierce et en remontant au méme ton, fa, mi, re, fa, comme on le voit lom. I, col. 567. C'est aprés la premiére partie de l'oraison qui reuferme un sens, ordinairement terminée pardeux points, comme on le voit dans l'exemple noté : Deus, qui inter catera, etc. (Ibid.).

La seconde variation se fait en descendant d'une note à la fin de la seconde partie qui est marquée par deux points ou par point et virgule : fa, mi quia, col. 5C8.).

Ensuite on termine l'oraison d'un ton uuiforme sans inflexion de voix comme Ut qui, elc. (Ibid.).

Les conclusions des oraisons sur le ton solennel varient suivant les paroles qui les composent. En premier lieu, s'il y a Per Do:

man nosirum, eic., l'inflexion n'est que d'une note au premier repos : fa, mi (Ibid.).

Aprés le second repos, l'inflexion est de deux notes, savoir : fa, mi, re, fa (Ibid.).

A la fin de la conclusion, il n'y a poiut de variation,comme on l'a dit de l'oraison (/bid.)

En.second lieu quand on dit : Qui vivis ei regnas, elc., la conclusion n'a quo deux parlies; alors, au preinier repos, on descend de deux notes : fa, mi, re, fa (Ibid., 569).

Lafiodela conclusion n’a pointde variation.

(1) Post haec offert sacranda minister dona : aehiuc po-

ulus quod sibi lege licet. Hikteb de Sacrificio. (2) De Sacram. bar. c. 12.

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