ORAISON DOMINICALE
Explication du P. Lebrun.) $1. Ancien usage de dire celle oraisou pour se préparer à la communion.
Après les prières de la consécration, on ne trouve point d'autre préparation à la communion que l'oraison dominicale. Cette divine prière élait aussi la dernière instruction qu'on donnait aux catéchuménes pour les préparer à recevoir le baplême et l'eucharistie. Rien en effet ne peut mieux disposer les chrétiens à s'unir à Dieu et à recevoir ses grâces que celle prière, puisqu'elle ren-
(5) On le voit dans les Missels manuscrits et imprimés
de Lisieux et d'Esreux, de Verdun (Mss. « Dibiiuth. Beg , v. 3872, 4), de Poitiers (Mss. ibid., n. 4159).
ferme tout ce que nous pouvons lui demander, et tous les motifs de notre amour pour lui, pour nous-mêmes et pour le prochain.
L'ancienne Eglise sonbailait que, pour dire cette prière avec fruit à la mosse, on füt récuncilié avec Dieu et avec les hommes.
Optat de Milève {9 nous apprend qu'immédiatement après le canon l'évêque ou le prétre imposait les mains pour la rémission des péchés à ceux qui avaient besoin d'être réconciliés, et qu'ensuite il se touroait vers l'autel pour dire l'oraison dominicale, l'Eglise grecque l'a placée au même endroit que nous la disons, comme on le voit dans les liturgies de saint Cyrille (2) et des autres Pères, avec cette différence que, dans l'Eglise latine, elle est chantée ou récitée posément par le prétre, et que, dans l'Eglise grecque, elle est chantée par tous les a slants , ce qui s'observait de même autrefois dans les Gaules (3) ; mais elle s'est toujours dite à haute voix, et c’est la raison pour laquelle on mrobligenit pas ceux qui devaient recevoir le baptême de la réciter par cœur comme le symbole, parce qu'on süpposait qu'en entendant tous les jours cette prière à Ja messe ils Vopprendraient aisément.
L'Eglise la fait dire à la messe aprés une préface, pour imprimer à tous les fidéles les sontiments de respect avec lesquels ils doivent faire cette priére à Dieu, qu'ils n'oseraient appeler notre Pére, si Jésus-Christ ne le leur avait ordonné, $1I. Préface du Paler.
ar des Præceplis salut salutaires, bus moniti, et divina et suivant la forme institutione formati, d'institution divine audemus dicere.
qui nousaétédonnée, nous osons dire :
PRÆCEPTIS SALUTARIBUS. Les demandes du Pater sont des préceptes, parce que Jésus- Christ nous a ordonné de les faire : C'est ainsi que vous prierex ; el.ces préceptes sont appelés salutaires, parce qu'ils contiennent tout ce que nous devous demander pour obtenir le salut,
ET DivINA INSTITUTIONE FORMATI, el suivant la forme divine qui nous a été donnée. Jésus- Christ ne nous a pas seulement donné des règles pour prier, ll a bien voulu nous donner la formule méme de la priére.
AUDEMUS DICERE, nous osons dire. Cetle prière nous élève à un si grand honneur, et renferme pour nous ua avantage si considérable, en nous faisant appeler Dieu notre Père, que nous n'oserions le faire si Jésus- Christ ne nous en avait fait un précepte et ne nous en avait dicté les termes.
Cette préface est très-ancienne. Saint Jérôme j fait allusion, lorsqu'il dit que Jésus-
8 Ee sal le Pater la al le de lem.
€onsécration et ja communion, pie tare (3) Greg. Turoa. I. u de Mirae. sancti Martini. 44) Sie docuit apostolos suos, ut quotidie in co dias sacri eredentes audeant Loqui Paler nouer. Hier. "cont. Pel
Christ (&) a ainsi appris aux spires dein rong tous les jours, dansle sacrifice de on corps: Notre Père, qui étes aux tete est presque eu propres termes dans saisi Cyprien (5), qui remarque que Jésus-Christ parmi ses instructions salutaires el tes divis préceptes, nous a donné la forme de la prière, et nous a instroils de ce qu'il fallait demander. L'Eglise, ainsi animée par. Jésus-Chrit, dit Tcrtullien (6), s'éléve jusqu'à Dieule Père rière qu'elle fait est courte, mais ele contient en abrégé tout l'Evangile. Et sae Augustin admire que, dans sepl demandes, elle renferme tout ce qu'on peut demander.
Ce doit être une grande consolation pour ls fidèles que l'Eglise nous fasse faire ceu prière dans an temps où Jésus-Christ, qu en est l'auteur, est immolé sur l'autel pour nous obtenir de son Père toutes les demndes qu'elle contient.
SIIL. Explication da Pater.
NotrePére,quiétes Pater nosler,quies aux cicux, que votre in ecelis, sancifeter nomsoitsanctifió; que nomen tuom; she votre règne arrive; níat regmum uem;
ue votre volontésoit fiat voluntas im saite en la terrecom- eut incaloetialem; me au ciel; donnez- panem nostrum qwnous aujourd'hui no- lidianum da sobishe pain quotidien ;etre- die : et dimille aes meliez-nous nos det- debita nosira, siu tes comine nous les et nos dimillimes remettons à ceux qui bitoribus nostris; « nous doivent; et ne ne nos indes is nous induisez point tentationem, sel Len lentation, mais bera nos à mb délivrez-nous du mal. Amen.
Ainsi soit-il.
Paren. Ce mot de Père, qui marque lt oc tendresse, et qui est si glorieux a hommes, nous engage à prier avec cafiance (7). Dieu est le père des chrétien.
u'il les a adoptés en Jésus-Chrèt l eur a donné, dit saint Paul (8), l'esprit dr doption des Né 4s de Dieu, par lequel si crions : Mon Père, mon Père. Considér, & saint Paul (9), quel amour le Père nous s timoigné de vouloir bien que mous soyons egytdés, et que nous soyons en effet ses cfa.
Nous ne pouvons donc prononcer ce dont nom de Père sans exciter en nous des setiments d'amour et de reconnaissance, ets méme temps sans penser que les enfants & Dieu son! ceux qui ne vivent pas sil MT t qui sont conduits par #85 prit (10).
Nosren, notre. Ce terme nous avertit prmiérement que noas sommes tous les se bres d'un méme corps (11), les enfants dix méme famille, et que nous ne deross # pérer d'être exaucés que comme faisast pe
(6) Breviarium totius Evasgelii. Tertall. de Oca. (7) Aug. Lu de Serm. Dom. iu moute, c. à «$9 na]. 5s 8 i Comi.
(8) I Joxa. iu, 1.
ERAT et V Danses enim vos ana ends n Chro Jm Cds
tie de ce corps et de cette famille; secondewent, que nul n'alieu de se préférer aux autres, parce que nous devons uniquement estimer dans nous et dans les autres ce qui nous rend les vrais enfants de Dieu et les membres vivants du corps de Jésus-Christ ; troisièmement, que nous devons souhaiter les vrais biens pour nos frères comme pour nous; quatrièmement, que nous devons entrelenir avec eux une union de charilé, et par conséquent étouffer en nous toute semence de division et de discorde.
Ces deux mots, notre Pére, que nous venons d'expliquer, doivent lever d'abord une difficulté que plusieurs proposent : d'oà vient
ue nous ne faisons point mention de Jésus- Christ dans aucune des sept demandes du Pater, quoiqu'il nous ait expressément ordonné de ne rien demander qu'en son nom.
On doit rópondre que, quoique nous ne nommions pas Jésus-Christ, nous faisons nécessairement celle priéreen son nom, puisque c'est sa priére, et que d'ailleurs, quand nous disons : Notre Pére, nous ne pouvons user de ces termes qu'en marquant que nous avons l'honneur d'être les frères de Jésus-Christ, et que nous ne nous préscntons et nous ne prions qu'en celle qualité, suivant ce qu'il nous a dit (1) : Je monte «ers mon Père el votre Père, vers mon Dieu el «otre Dieu.
Qui gs ix. cogLis , qui éles dans les cieux.
Nous entendous par le ciel la demeure des bienheureux, où l'on possède Dieu sans craindre de le perdre.
Dieu remplit par son immensité la terre ct les cieux (2). Il est également partout; mais nous disons qu'il habite principalement dans les cieux, parce qu'il y communique pleinement ses biens el sa gloire aux esprits célestes.
Ces termes, Notre Père qui éles dans les cieux, sont trés-propres à nous porter à faire avec confiance les demandes suivantes. On dewande avec confiance quand on s'adresse a celui qui veut et qui peut nous faire du bien. Dieu est notre Père: il veut donc nous faire du bien; et il peut tout ce qu'il veut, puisqu'il est le Pére céleste.
Enfin ces mots, qui éles dans les cieuz, nous marquent quelles doivent être nos demandes.
Nous ne devons demander que ce qui peut nous mener au ciel, oü est l'héritage que notre Pére nous doit donner comme à ses enfants ; nos pensées, nos actions et nos es-
érances ne doivent donc tendre qu'à cet
éritage, afin que nous travaillions sans cesse à nous rendre dignes de l'obtenir.
$1V. Explication des trois premières demandes du Pater.
Wl est à propos de remarquer avec les Péres de l'Eglise que, des sept demandes du Pater, les trois premières ont rapport à ternité, et que les quatre dernières conviennent à l'état de cette vie.
(1) Ascendo ad Patrem.eheum et Patrem vestrum. Deum wem et Deam. 21
DicrioNNAIBE Ds Rurgs sacnís. 1].