Il poursuit secrétement : UT MEUM ac
(10) Non est masculus neque femina : omnes enim vos unum estis in Christo Jesu. Galat. ui, 28.
(11) Orate pro me peccatore, fralres et sorores. Miss. Tulyric. Miss. Ultraj. mss. H
19) On lit : Orale pro me, fratres et sorores, ut meum,
eic., dans le Missel de Cologne de l'an 1155, aussi bien
je dans Albert le Grand, de Sacri miss. tract. 5, c. 2.
e mot sorores n'est point dans le Traitó du pope Innocent III, ni dans Beleth, ni daus Remi d'Auxerre, ni daus le faux Alcuin.
(13) Chrysost. in Matth. v, 38
YESTRUM, eic. Anciennement le prétro ne disait que Priez (1), ou Priez pour moi (2), ou Priexz pour moi pécheur (3). On ne voit dans les us de Citeaux que ces mots : Priez pour moi, mes frères (s) ; el les charlreux ne disent encore que ceux-ci (5) : Priez, mes frères, pour moi pécheur, le Seigneur notre Dieu. Les paroles suivantes n'ont été d'abord mis ue pour faire entendre ce que le
rétre doit avoir en yue en invitant les fitàles à prier. Remi d'Auxerre, vers l'an 880, est le premier qui nous les a données comme une explication : Priez, mes fréres, dit-il (6), c'est-à-dire Priez que mon sacrifice, qui est aussi le vôtre, soit agréable au Seigneur. Comme ce n'était donc là qu'une explication, dont on a cru que les assistants étaient instruits, le prétre, ou ne l'a point dite, ou l'a dite en silence, comme le marquent le faux Alcuin, vers l'an 1000, et le Missel romain d'à présent, presque dans les mêmes termes.
5. Le prétre se tourne entièrement et revient au milieu de l'autel par le côté de l'Evangile, parce que c'est de ce côté-là qu'est le Missel (7), dans lequel il doit lire les oraisons qu'on appelle secrètes
4 II. Motifs de l'invitation à prier, et réponse du peuple.
Le plus ancien motif de la nouvelle invitation à prier est venu de l'offrande du peuple, qui durait longtemps et qui pouvait causer des distractions. Mais le principal motif qu'on aura toujours, quoiqu'il n'y ait pas d'offrande, c'est que plus le moment du sacrifice approche, plus aussi la priére et le recueillement sont nécessaires. Lo prétre se dispose à entrer dans le saint des saints, et il prend pour ainsi dire congé des fidèles, qu'il ne verra plus jusqu'à ce qu'il ait consommé le sacrifice. Durant tout ce temps il ne se tournera point vers le peuple, non pas
(1) Orat. Ord. rom. 2, n. 9.
(2) Orate pro me. Ord. 6, n. 10.
[3) Orate pro me peccatore. Sacram. mss. Trev.
4) Orate, fratres, pro me. Us. Cisterc. c. 55.
5) Orate, fratres, pro me peccatore ad Dominum Deum Cartas. c. 26, n. 21.
(6) Orate, fratres : id est, ut meum el. vestrum. pariter sacrificium acce, it Domino, Expos. miss.
(7) Autrefois le Missel était pa un peu plus loin du milieu de l'autel ga présent. D'où vient que, selon d'an-ciens ordinaires, le prêtre devait faire le tour entier pour se tronver au livre, et s'approcher ensuite du milieu de Yautel, après avoir lu les secrètes : Conversus ad chorum. dicat ; Orate, fratres... Dum aulem ad altare vlium reduz rit, non ez ea parte qua se ad chorum convertis, sed et ad librum im sinistra parte accedens... Ut autem sacerdos secretas. finierit, retrahat se contra medium allaris. Ordiu. Præmnonstr. iu Bibl., p. 894.
(8) Pour aider le prêtre à entrer dans ce recucillement, n LI qu'on écartàt les laïques, et surtout les femmes, qui viennent se placer jusqu'au pied de l'autel, et qu'on renouvelàt les lois qui jusqu'au commencement. du xv* siècle défendalent cet usage détesiable, comme parle Grunez, qui vivait en ce temps-là. Decretum statuit, dit-il, quod mulli laicorwm liceat in eo assistere loco ubi missa celebralwr, ut sacerdos. absque impedimento el sine distraction. celebrationis officium expedial. Unde quod mune fi, scilicet quod viri ri mulicres in faciem prospiciunt sacerdoiis, ef stant. contra ejus faciem, multum delesiabila. est. et divine justiiæ contrarium. De Oflicio Missæ.
(9) Audivi dicere quod plebs eadem bora tres versiculos cantet pro sacerdote : Mitiat tibi Dominus auzilium de san. Civ. el duos sequentes. Amal. de Eccles. Oflic. lib. m,
méme lorsqu'il dira Dominus vobiscum, quoi.
que ce soit une salutation qui se fait (onjours en regardant les personnes qu'on slue. Mais dans cette conjoncture, tont occopé du grand mystère qui va s'opérer, il demeure tourné vers l'autel ; el comme s'il élait renfermé dans le saint des saints, bien éloigoé du peuple (8), il ne terminera ses prières secréles qu'en criant fort haut, pourerhorter les fidèles à tenir leur âme élerée à ieu.
Quand il se tourne vers eux à présent, en leur disant ; Orate, fratres, c'est comme sil leur disait: Je vais entrer dans un plasgrand recueillement, pour faire seul les prières secrèles; mais de votre côté priez aussi, demandez à Dieu d'agróer le sacrifice que nous offrons ensemble.
On voit, depuis hait ou neuf cents ass, dans beaucoup d'anciens livres, que les assistants faisaient à celle exhortalion diverses réponses vives et tendres. Amalaire nous apprend qu'on disait en quelques églises (9): Que Dieu vous envoie son secours de so»
sancluaire, et son assistance de Sion; qu'il se souvienne de voire sacrifice, et qu'il rende
arnit votre holocauste. C est le souhait que les [sraélites faisaient à David lorsqu'il ot frait des sacrifices. Les carmes disent encore ce verset: Que le Seigneur se souvienne, el le suivant. On disait en d'autres églises : Le Saint-Esprit viendra sur vous, et la vertu du Trés-Haut vous couvrira de son ombre (10), ou d'autres prières plus longues, que Remi d'Auxerre rapporle (11); ot l'on pouvait aussi se contenter de prier en silence (12). On ne répond rien chez les chartreux, ni chez les jacobins (3 Selon Durand, au treizième siicle (15), les assistants devaient dire secrètement quelques-unes de ces formules : Memor sit, où Suscipiat, ou Spiritus samcius, ou Mitiat tibi, ou Immola Deo. L'Eglise de
eap. 39.
(10) Dans la litot le de saint Cirqaodome diseró ve disent hotoellemen
plusieurs sutres manuscrits. Voici celles qui se irouvrot dans les Heures de Charles le Chauve, écrites vers l'æ 870 : Quid orandum sit ad pro sacerdete,
petii pro se orare : Spiritus sancius suyerveniat ia Le, & virtu Altissimi obumbret Le. Memor sit sacrifcii tei, # holocaustum tuum pingue fiat. Tribuat tihi socendes où tuum, et omnem petitionem taam confemet. Da, 2 pro stri peccalls seceptabile e suscepubile or mat
cium in conspectu tuo.
(12) Selon les us de Cheaux et l'ordinaire des gullemiles, tout le chœur se tournait vers l'autel, et prix es silence l'espace d'un Pater.
(13) On n'a marqué aucune réponse dans les Wiseels de Paris jusqu'en 1615, ni dans ceux de Meaut jusqu'en 16. Ji n'y en a point dans le Sacramentaire d'Albi du sr siède, ni dans le Missel de Cologne de 1153, ni dans cea: 4e l'ordre de Malte de 1555, de Vienne 1519, de Cebrx 4527, de Liège 1515, 1527, 1542, de Mourges 14964 4522, de Châlons-sur-Marne 1513.
(14) Lib. av, c. 53, n. 3.
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Rome a fait répondre depuis ce temps-là le Suscipiat en ces termes *
Que le Seigneur regoive de vos mains le sacrifice à l'honneur et à la gloire de son nom, pour notre ulilité et pour celle de nostram , totiusque toute sasainteEglise. Ecclesi suæ sanciæ.
EXPLICATION
Susciprar ... Que le Seigneur regoive de vos mains le sacrifice. C'est un prêtre établi de Dieu et de l'Eglise qui doit offrir le sacrifice. Il offre sans restriction, parce que c'est lesacrifice de toute l'Eglise, le méme qui a été et qui sera toujours offert dans tout le monde : c'est pourquoi on dit le sacrifice, el non pas ce sacrifice. Les ordinaires de la messe, qu'on imprime trop souvent sans l'ordre des évêques, mettent à présent mal à Tropos hoc sacrificium, quoique la parlicule
oc n'ait jamais été dans le Missel romain.
AD LAUDEM ... à l'honneur et à la gloire de son nom. La gloire de Dieu est la principale fin du sacrifice, qui doil Loujours être offert pour. reconnaitre son souverain domaine sur lcs créatures.
AD UTILITATEM. .. pour notre utilité. Les trois autres fins du sacrifice sont de remercier Dieu des bienfaits recus, d'obtenir le pardon de nos péchés et toutes les gráces qui nous sont nécessaires. Ces trois dernières fins sont renfermées dans ces mots : pour notre utilité; car, qu'y a-t-il de plus avantageux pour nous que de rendre à Dieu nos actions de grâces (1), d'espérer le pardon de nos péchés et tous les nouveaux secours dont nous aurons besoin? Ainsi, quand on dit le Suscipiat, on peut avoir eu vue les quatre fins du sacrifice.
Toriusque EccLgsi& ... el pour celle de toute sa sainte Eglise. Quoiqu'on puisse prier spécialement pour quelques personnes au Memento, le sacrifice néanmoins est pour toute l'Eglise; il ne saurait étre restreint au seul bien d'un particulier. C'est ce que plusieurs anciens martyrs faisaient comprendre à ceux qui leur demandaient des prières, en leur répondant, selon l'esprit de l'Eglise, qu'ils priaient pour tous les fidèles