DIFFICULTÉ SUR LES ORNEMENTS SACERDO- TAUX
(Traité des SS. Mystères, de Collet.)
1. Nécessité des ornements pour le sacrifice.— 2. Nature du péché de eelui qui célèbre sans welques- ums d'eux.—3. Cas de nécessité.—
t J'udicieuse règle des bons théologiens.
- B. Les ornements doivent étre Lénits.
6. Prières à réciter par le ministre qui s'en revét. — 7. Quand les ornements perdent leur bénédiction. — 8. Suite de la méme matière.—9. Un habit sacré peut-il devenir profane? un habit profane peut-il devenir sacré ? — 10. Que penser des ornements timbrés d'armoiries ? Sage décision de M.de la Paluelle. — 1f. Chasuble de saint Charles armoiriée au séminaire de Saint-Firmin.— 12.€- ouleur des ornements.—13. Tout prétre peut-il prendre ses ornements sur l'autel ?
Les ornements que prend un prêtre pour célébrer les divins mystères sont l'amict, l'aube, la ceinture, le manipule, l'étole et la chasuble. H n'est pas de notre plan de prouver eontre les novalears du xvi* siècle que l'Eglise, en établissant des habits extraordinaires et majestucux pour le sacrifice, n'a rien fait qui ne lát digne de sa profonde sagesse. Le concert du inonde entier, dès le temps el avant k lemps de Constantin, la venge suffisamment : el quelque idé nous ayons de la prudence de C; Luther (1), vous ne pouvons la Contrepeser dans la balance do tous les siècles, saus la trouver de moindre poids. Entrons donc dans le détail des d.ffieultés qui peuvent arréter sur la miliére des ornements, cl saivons aolre méthode ordinaire : si elle ennuie par la répétilion, du moins éclaire-t-elle par L'ordre el par la liaison des parties.
gie. Crux qui sont vêtus à l'autel comine Église romaine,
solvent la. liturgie an, Ye prêtres de l'aise à
1.Je dis donc d'abord qu'il y a péché mortel à cé'ébrer sans les principaux orne.
ments dont nous venons de parler : el cela quand méme on ne les omettrait qu'à raison d'une grande nécessité. Trois raisons courtes, mais péremptoires, appuient cette décision :
le consentement unanime des mallres, consentemenl qui ne peut être que d'un très
and poids ; la pratique constante de toutes es Eglises, sans en exc«pler celles que le schisme a séparées de nous; et enfin d'anciens canons qui n'ont pu nous transmelire que ce qu'ils avaient recu, et à la substance
lesquels nous n'avons rien ajouté (2).
2. J'ai dit sans les principaux ornements, tels que sont l'aube, la chasuble, et quoi qu'en pense Suarez, l'élole. si sévèrement prescrite par d'anciens conciles (3). On w'est point d'accord sur la na'ure du péché dont $e rendrait coupable un prêtre qui célébrerait sans manipule, ou sans ceinture, Quarti croit qu'il ne serait que véniel. Suarez, Lédesma, Sylvius (&) et plusieurs autres prétendent qu'il irait au delà. On peut faire, selon l'avis de saint Antonin (5), une étoe d'un long manipule ou un manipule d'une étole un peu courte , parce qu'il n'y a qu'uae méme bénédiction pour ces deux ornements.
Par la méme raison on peut, selon le saint docteur, se servir d'étole au lieu de ceisture. Vasquez, Layman, Azor sont du méme sentiment; el Sylvius, qui le rapporte sansse déclarer contre, paraît l'approuver.
9. J'ai ajouté qu'on ne pouvait célébrer sans ces ornements, méme dans le cas d'usa très-grande nécessité, tel que serail celuide donner, un jour de lête, là messe à un peuple qui ne l'entendra pas , ou de procurer à un moribond la gráce du saint viatique.
C'est que les lois d'entendre la messe ou de communier à la mort n'obligent que lorsqu'on peut célébrer selon les règles les plus importantes , et qu'on est estimé ne le pouvoir quand on manque d'aube, d'étole ou de chasuble. C'est par celte raison que des cas d'une semblable nécessité n'aulorisest point un prétre latin à consacrer avec du pain levé, et qu'il ne peut célébrer ni sans awlel, ni dans un lieu profane, ni à une heore absolument indue, comme apré: souper.
Je dirai plus, c'est que, quoique de très habiles gens croient, avec Sylvius, que pou éviter la mort intentée par un caprice qui n'aurait point pour objet le mépris de la religion, on peut célébrer dans ses habits ordinaires; j'aurais, ce me semble , de la ».
à m'y déterminer. H y aurait lant de scaedale à le faire, et le scandale mis à part, il y a lant. d'irrévérence, qu'il semble que l1 inort serait un moindre mal. C'est le jogement qu'en porte Merati; j'y »ouseris bien volontiers.
A. A l'égard des ormemenis de muinére
(3) Fide cap. 42, et alibi pessim, diat. 1, de Coma.
(3) Qua ergo rauone teinpore sacrificii nue asumir rium? etc. Concil. Bracar. wt, can.
(4) Suar. z, disp. 82, sect.
dis. vius, q. 85, art. 6.
[] (onin, m p., tit. dà.
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importance, comme sont l'amicl, Ja celnture et le manipule, les bons théologiens donnent une règle qui nous parall extrénement sage:
c'est de meltre en parallèle l'indécenco ct la nécessité, et de donner la préférence à celle des deux qui l'emportera sur l'autre. Je voudrais bien dire la messe un jour ouvrier pour faire plaisir à une pieuse famille qui sera trós-affligée de ne la pas entendre; mais je n'ai point de manipule : jo ne la dirai point, parce qu'il y a plus d'indécence que de nécessité. Je n'ai point de ceinture un jour de dimanche, et si je ne célèbre je ferai jeter les hauts cris à un peuple intraitable : je la célébrerai avec une ceinture non bénite ou quelque chose d'équivalent, parce qu'alors il y a plus de nécessilé que d'indécence. Au resle, quand on omet par inadverlance quelques-uns des vélements dont nous parlons, il y a plus ou moins de péché, selon le degré de la négligence. qui est le principe de l'omission. Si ce n'est qu'un oubii involontaire in se e£ in causd, il n'y ena point du tout.
5. Je dis en second lieu, qu’il y a de soi (1) péché mortel à se servir pour la messe d'ornements qui ne soient pas bénits. La pratique de l'Église et le consentement des docteurs en sont une preuve suffisante. Il est vrai que quelques-uns le nient de laceinture, parce que, disent-ils, c'est moins un véritable habit qu'un lien qui tient les habits en état. Mais la plupart des autres s'élèvent contre cette restriclion, eL il faut les suivre dans la pratique, tant parce que la ceinture vét à sa maniére, que parce qu'elle a sa signification mystérieuse, et que d'ailleurs le Missel et le Pontifical veulent qu'elle soit bénite.
Cette bénédiction se fait par l'évéque ou par on prétre à qui il en donne la commission. Les religieux peuvent aussi la faire, mais seulement pour leurs églises, ainsi que l'a décidé la congrégation des Rites (2). C'est donc sans raison que quelques réguliers s'ingérent de Uénir les ornements pour le service d'autres églises que des leurs. Si les évéques cn avaient connaissance, ils leur en feraient défenses sous les peines de droit. Ce sont les propres termes de l'auteur des Conférences d'Angers (3).
6. Je dis 3° que quoiqu'il ne paraisse pas que les prières : [jnpone, Domine, capiti meo galeam sulutis, et autres marquées dans la rubrique pour les ministres qui se revétent des ornements sacrés , soient de préceple rigoureux, lant parce que celle rubrique u'est que directive, que parce que les saints canons n'en disent rien, on ne peut cependant y mauquer sans quelque péché de négligence ou de paresse spirituelle. Le savant Navarre a cru que ee péché allait au mortel » mais il n’a pas été suivi en ce point; ei méme quand on se sert de ces sortes d'ornemenis pour vépres ou pour le salut, il
(1) V faut expliquer ce mot par ce que je viens de dire : si on peut quelquefois célébrer sans manipule, ou le peut. sans manipule hénit.
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n'est marqué muile partqu'on doive réciterces! oraisons. Néanmoins il est toujours mieux
de le faire; les bons ecclésiastiques le font
alors comme avant lu messe.
7. Je dis en quatrième lieu que les habits sacerdotaux perdent leur bénédiction lorsqu'ils perdent la forme sous laquelle ils l'ont recue ; ou, ce qui revient au méme, lorsqu'on ne peut plus s'en servir décemment pour les fonctions du saint ininistàre.
De là il suit, 1* qu'une aube cesse d'être bénite si une des manches vient à être sé parée du corps, soil par violence, soit par vétusté. Ce serait autrechose si elle n'y était atlachée qu'avec un lacet; car alors il en serait d'elle comme d'un calice à vis qui se démonte sans devenir profane. Si on recousait une manche avant qu'elle füt séparée du tout, ce tout garderait toujours sa bénédiclion, quand méme on y mettrait une pièce yieille ou neuve, parce que l'accessoire suit la condition du principal. Mais comment le corps d'une aube qui te entier avec l'antre manche ne bénit-il pas celle qu'on y joint?
vu surtout que les murailles d'une église servent bien à consacrer la voûte et le reste qu'on y ajoute? c'est, je l'avoue, ce que je no saurais bien expliquer. Mais je puis encore moins disputer contre l'usage et le sentiment commun
Du méme principe il suit encore, au moins est-ce l'opinion la plus suivie, que la ceinture perd sa bénédiction quand elle est rompue de manière qu'aucun de ses deux bouts n'est propre à ceindre le ministre de l'autel. Si l'un ou l'autre restait de longueur à pouvoir ceindre, on pourrait continuer à s'en servir; on pourrait méme, pour'plus grande commodité, y joindre la partie détachée. Si, lorsqu'une ceinture est prés de se rompre, on la répare avec du fil ou on la fortifie d'un nœud, elle reste toujours bénite,
arce qu'elle forine toujours un tout dont es parlies n'ont point été séparées.
Enfin il suit encore. de notre premier principe que l'étole et la chasuble perdent leur bénédiction lorsque, pour les réparer, on y mel tant de nouvelles pièces que le neuf l'emporte sur le vieux. H n'en serait pas ainsi si on ne les raccommodail que peu à peu: les premières parties feraient sur les dernières ce que fait de l'eau bénite sur celle qu'on y ajoute en moindre quantité.
Si le méme ornemeut était double, c'est- &dire blanc en dessus el rouge en dedans, comme le sont assez souvent crux des éséques, on pourrail détacher l'un de l'autre, sans préjudice de la bénédiction, parce que chacun d'eux garde toute sa forme et qu'il a élé bénit des deux côtés. Quand il n'y a que la doublure déchirée, on peut n'y avoir point d'égards; mais si elle était bonne, el que le dessus fût enlevé ou en lambeaux, je ne croirais pas qu'on pôt s'en servir. ll y a duns Habert quelque chose à ce sujel que:
3) S. R. Congregatio, die 24 Aug. an. 1609.
Gi le Sacrifice, p. 153.
(4) Navatte, Manual. cap. 23, n. 25.
aus
je n'enlends pas bien. Peut-être est-ce ma ute.
8. Mais que dire sl d'une étole on faisait un manipule, ou d'un manipule une étole?
Nous pensons d'abord que si en pliant ane étole, sans y rien changer aulrement, on en fait un manipule, il n'y a rien à craindre
our sa bénédiclion, parce que celle-ci étant la même pour tous les ornements sacerdotaux, ils ne la perdent que quand ils perdent essentiellement leur forme : ce qui n'arrive point dans le cas présent. ll en serait de méme si d'un long manipule on pouvait faire une étole. Mais sí, en retranchant une trésgrande partie d'une étole. on en faisait un manipule, je n'oserais, quoi qu'en pensent Azor et quelques autres avec lui, m'en servir à cel uszge sans le faire préalablement bénir, parce qu'il passe pour coi nt en ces matières que la bénédiction disparall avec la forme. ll faudrait raisonner de la méme façon si pour faire une étole d'un manipule on y ajoutait plusieurs morceaux, bénits ou non bénits, qui l'emporlassent notablement sur la substance primitive de ce manipule.
Autrement une ceinture faile de plusieurs morceaux d'autres ceintures bénites, et dont chacun en particulier ne suffirait pas pour faire le tour du corps, n'aurait pas besoin de bénédiction : ce qui ne s'accorde ni avec le sentiment des docteurs, ni avec la pralique de l'Eglise.
9. On a coutume d'examiner ici ce qu'on doit faire des ornements de l'Eglise lorsqu'ils sont usés à ne pouvoir plus y servir. Un ancien canon (1) ordonne que tout ce quia servi dans le temple du Seigneur soit consumé par le feu, et que les cendres en soient jetées dans le baptistére ou autre lieu qui ne soit pas foulé aux pieds par les passants. Linges d'autel, chaire, chandeliers, rien n'est exceplé. L'usage a dérogé à celle loi quant aux ustensiles de métal. Le feu qui les met en fusion les change tellement, qu'ils ne sont plus réputés les mêmes. Pour ce qui est des ornements ct des linges d'église, on ne pourrait, sans une très-grande indécence, s’en servir à des usages profanes.
Mais ce qui a servi à des usages protanes ne peut-il pas se converlir en ornements sacrés? ]l faut que quelques personnes s'en soient fait autrefois du scrupule, puisque les fréres mineurs oblinrent 1 cet effet un privilége de Sixte IV. C'était une gráce de surérogalion. La pratique, soit des fidèles, qui dounent volontiers les étoffes précieuses
lont ils se sont servis pendant un temps, suit des églises qui les reçoivent avec actions de grâces, suffit pour lever les scrupules qu'on pourrait se faire là-dessus. Dieu ngréa dans l'ancienne loi les bracelets, les pendants d'oreille, le hyacinthe, le pourpre, que les hommes et les femmes offrirent à l'envi pour la décoration de sou tabernacle et les habits sucrés de ses lévites (2) ; pourquoi n'agrée-
(1) Altaris palla, cathedra, candelabrum et velum, st
«riu velustate consumpta, incendio dentur... Cineres
woque corum in baptisterium inferatur, ubi nullus tran-
Lutb Uibcat; aut an pariote, aut in fossis pavimentorum
rait-il pas aujourd'hui de riches étoffes dont Ja vanité lui fait le sacrifice? Aussi le pape Marcel consacra-t-il à Dieu un temple de Lucine, et Boniface 1V le célèbre Pauthéos.
Un habit n'est pas plus impur que des lieux où un encens abominable a mille fois fume devant les démons.
10. C'est une question de savoir si vn curé ou toute autre personne en place peut recevoir des ornements ou des calices sur lesquels le donateur ait fait mettre ses armes. Le P. Alexandre (3) et l'auteur des Obligations ecclésiastiques le nient. Quelques autres l'ont fail avant et après eux , et ils'en est trouvé d'un zèle plus ardent qui ontdt sans détour que les armoiries d'un scigneur vont bien sur la housse d'un mulet et tràmal sur la chasuble d'un prêtre. ll y a entout cela plus de feu que de raison. Ecoutons ca qu'en dit un homme qui fut à la fois trèspieux et trés-eclairé. « Je conviens (ce son! ses termes que je ne ferai que transcrir<). j: conviens de trois choses, que le P. Alezaodrea fort bien remarquées. La premièr, que ceux qui font sans éclat et en secr.!
les libéralités aux églises par un véritable esprit d'humilité, en recevront de grande:
récompenses devant Dieu: ct c'est à quoi l'Ecrilure nous exhorle quand elle nous dit de cacher notre aumóne dans le seio du pauvre : Conclude eleemosynam in sinu pau peris. Eccli. xxix, 16. La seconde, que ceux qui par vanité font mettre leurs armes sur les ornements qu'ils offrent à Dieu sont des inituteurs de Caïn, et qu'on peut dire d'eux ce que saint Ambroise a dit de lui, et ce que le P. Alexandre leur a appliqué : ene otulerunt, sed male diviserunt ; et en ce casil est vrai, selon l'oracte prononcé par Jésus- Christ, qu'ils ont recu leur récompense : ceperunt. mercedem suam. EnGu je convieus qu'il y a plusieurs personnes qui font mettre leurs armes dans les églises, sur les vases sacrés, sur les ornements, d'une manière ridicule et indécente; el c'est pourquoi il et juste de s'y opposer, comme je le dirai dau a suite.
« Mais, comme le méme Evangile qui nous défend de faire le bien par osteutaliou el par vanité, nous exhorte aussi de faire éclair notre justice devant les hommes, afia que Dieu soit glorifié et que notre exemple etcite les autres à nous imiter, j'estime qu'en donateur peut avoir de très-bons moli pour faire mettre ses armes sur les ornemeuls qu'il donne à l'église, et qu'on ne peut san témérilé condamner cette action, puisqu' peut étre bonne ou mauvaise, selon les dif reutes intentions qu'on se propose.
« On ne saurait trop biámer le zèle outre de certains ecclésiastiques qui arracbent les armoi des ornemenis qui ont été douses à l'église. Car les prélats les plus aérro ont permis par leurs statuts l'usage des 20 ciens ornements timbrés des armes des dur Jactentur, ne iutrocurtium pedibus Inquinemar. Oe 7 dist. de Consecr.
(3) Exod. xxxv.
(5) Nat, Alexander, lib, u de Euch. cao. 3, 3,8 $
"7 onN
» S'ils étaient pour ce sujet; comme il fut jugé contre le sieur de ille, seigneur en partie dela paroisse n-Denis en France, par nt de Paris du 20 mars r, ayant óté par ence les armoiries qui étaient sur une bannière que M. Husi, secrélaire du roi, avait donnée à cette église, fut condamné par corps à la resti en l'état où clle était lorsqu'elle dounéc.
« Je connais une famille où il y a plus de deux cents ans que l'on s'est fait uunc loi d'entretenir d'ornements une église paroissiale. Les enfants de cette maison, voyant les rmes de leurs ancétres sur les ornements et rs d'argent qui sont dans cette église, so disent les uns aux autres :
Voilà ce que notre bisaïeul, ce que notre aïeul et ce que notre père ont donné à Dieu; suivons leur exemple et iuspirons les mêmes sentiments à nos enfants.
«Pour moi, comme je ne pénètre point dans le secret des cœurs, je crois que les seigneurs de cette famille ont fait mettre leurs armes sur les ornements qu'ils ont donnés à cette église, comme une marque de la protestation intérieure qu'ils ont faite en les donnant, que leur famille, leur noblesse, leurs biens el leur autorité viennent de Dieu, »
Quoiqu'on ne se lasse point d'entendre un écrivain si sage, si judicieux, nous dirons, pour abréger, qu'après avoir soliden:ent répondu aux objections, il fait quelques remarques qui méritent de trouver place ici. La première, que devant Dieu il n’y a point de différence entre les armes d'un prince et celles d'un simple gentilhomme; d'où il laisse à conclure qu'on ne voit pas pourquoi le Catéchisme de Montpellier, en perme t les unes, a défendu les aut La seconde, qu'il y a beaucoup d'armoiries iudécentes qu'on aurai honte de voir sur «les ornéments sacrés, telles que sont celles d'une femme échevelée, d'un Bacchus nu, d'un pourceau, d'unechauve-souris. La troisième, qu'il y a des scigneurs qui p:acent leurs armes dans des lieux où l'on a horreur de les voir, par exemple, au-dessus du tabernacle el des images des saints. «Elles doivent (dit tre auteur) être placées d'une manière imple et modeste uu bas des chasubles el des autres ornements, et sous les pieds des saintes images. On ne doit point les mettre sur les pieds des calices par dessus, parce qu'il ne doil y avoir rien de gravé dessus qu'une croix ; au lieu de laquelle, dit Tertullien, on voyait autrefois l'image du bon
(1) Résolutions de plusieurs cas de conscience, par messire Roger André de la Paluclle, ctc., part. n, lettre 6. (2) Jean-Casimir, carduzl Deubol, évque de Céséus
dans la Romazue, mort en 1 is e ministrorum debent.
esse colori officio et missæ diel, etc, Rubrica, pari. wi, tit. 19. Vide Quarti ct Merati in hunc titulum, -— Sercetür sirictim rubriea quoad colorem parsmentoras .. Misse concordare debet cum officio quod qni«que re-
Tasteur porlant mme brebis sar ses épaules (1). »
11. De tout cela il suit deux choses, l’une, st plus louable à un seigneur de s'abstemir de metiro ses armes sur les ornements qu'il donne à l'église, que de les y mettre ; l'autre, qu'un curé peut absolument recevoir des ornements limbrés d'armoiries, lorsqu'elles n'ont rien d'indécent, et que les staluts du diocèse ne le défendent pas; l'auteur que nous ayous suivi jusqu'ici le prouve par le fait d'un bon nombre d'évéques d'un mérite iirgue Al n'eüt pas manqué d'ajouter, s'il l'eüt su, que dans le séminaire de aint-Firmin, oü j'écris, il y a, gráce à la pieuse libéralité de l'illustre et respectable cardinal Denhoff (2), une chasuble de saint Charles Borromée, sur le bas de Jaquello sont ses armes. Et quel homme sut jamais mieux les bonnes régles, el aima moins à
‘s'en écarter? Je prie qu'on me pardonne
cene espéce de digression : je reviens à mon sujet.
12. Lo prétre qui se dispose à célébrer, doit porter les marques de son état, ainsi que nous l'avons dit ailleurs. Il doit aussi prendre des ornements d'une couleur qui convienne à l'office, du rouge pour un mar- Ur, du blanc pour un conlesseur, etc. (3).
Si cependant un prétre, par négligence ou par quelque autre semblable motif, prenait une couleur pour l'autre daus sa propre église, il pécherait véniellement, parce que la négligence dans ce qui regarde le culte de Dieu est toujours une faute. Il est méme sür que sa faute irait au mortel si, à raison des circonstances, il en résultait un graud scandale. Verrait-on, sans être justement. indigné, un prétre se servir, le jour de Páques, des ornements qui no sont en usago que pour les morts?
Un simple prétre doit prendre les ornements à la sacristie ; il n'appartient qu'aux cardinaux et aux évéques de les prendre sur l'autel, ainsi que l'a slatué, le 7 juillet 1612, la congrégation des Rites, par un décret qu'Urbain VII (it metre à Ja tête du Missel qu'il publia. Toutefois, sauf le mépris ou le scandale, il n'y aurait pas un péché grief à violer cette loi. Il n'y en a méme point du tout quand on célèbre dans un lieu où il n'y a ni sacristie ni crédence. Mais alors il faut les prendre, non au m s au coin de l'aute!, du côté de l'Evan comme l'ou!
remarqué Gavantus et Quarti (4). Les prélatis inférieurs aux évêques peuvent, lorsqu'ils doivent officier pontificalement, les prendre comme eux au milieu de l'autel , mais non dans un autre temps. Ainsi le décida, en 1695, la méme congrégation des hites (5).
dummodo cum colore ecclesim io qua celebrat . C. 1851. Eur. antus, part. u, tit. 1, b. 2. Quart, part, n, tit. 3,
dub. 4.
45) Prælmi episcopis inferlores sacras vestes ex alan sumere non posuni, nisl pontifkaliter di-inis vacaturl. S. R. C. coram Alezañdro FIIT, 21 sept. 1603, apud Me» rai, in ludice, u. 547.
t PAIN. Quant à ce qui concerne Ie pain eucharistique, Foy. EucBanrsTiE, Sacmirice, et l'art. PAIN EUCHANISTIQUE, ci-après,