‹ Dictionnaire alphabêtico-méthodique des cérémonies et des rites sacrésChapitre 383 sur 480 · Le pain, matière de la consécration du · texte numérisé non relu

Le pain, matière de la consécration du

fausse pièce, qu'on ne trouve noint avant le x* s'èele; car clle u'est point dans le corps des autres fausses uécrétales.

(1) Eulogias post missas in diebus festis .ebi distribuite. Leo 1V, hom. de Cura past.

) Qnod aceipiuut, etam est lamen, saucius quam cibi quibus mism secramenium es. Aug. de Pecc. mer.

lm, e. 35.

(8) Aecepit Jesus panem, benedixit, fregit, deditque la suis, dicens : Accipite, hoc csl corpus mew.

Marc. xi, eic.

Pal Um

corps. — 2. Tout pain n'y esl phs propre.

9. Peut-on se servir du pain de seigle duns le cas de nécessité? — &. Usage des Grecs différent de celui des Latins. Suites de ce principe. —5. Le pain qui commence à se gdter peut-il servir à l'autel? — 6. Règles marquées par la rubrique sur ce point. — 7. Que faire quand on ne peut remédier au défaut de la matière? — 8. Suffit-il d'offrir mentalement celle qu'on lui substitue? — 9. Est-ce assez dans ce cas de recommencer à Qui pridie, etc. — 10. Que doit faire le célébrant, d'une formule viciée?—11.Faut.il consacrer de nouveau le pain et le vin, quand on ne s'aperçoit du vice de l'hostie, Th avoir pris le précieuz sang ? —

2. Quid, si l'on ne découvre le défaut de la malière, que quelque temps après la communion? — 13. Conduite à garder dans le doute :— 14. Et dans le cas où l'hos disparait naturellement ou par miracle.

1. Tout le monde convient que le pain est la matière de laquelle le corps de l'Homme:

Dieu doil être produit sur nos autels. Ce point de notre foi est si clairement établi dans l'Ecrilure (6), si constamment enseigné dans la tradition (7), si affermi par la pratique de toutes les Eglises du monde, qu'il u'y a pas d'apparence qu'il soit désormais coubattu (8;. .

2. Mais tout pain peut-il être la matière de la consécration? C'est la première difficulté qui se présente ici.

Et d'abord il n'y a personne qui ne donne l'exclusion au qui se fait ou de légumes, comme de pois et de fèves; ou de fruits, comme de noix et de châtaignes; ou de racines, comme de celle qu'on nomme cassave dans l'Amérique.

li n'y a donc que ce qui crolt en épis, qu'on puisse avec quelque sorle de vraisem« blance prendre pour la malière de l'eucha+ ristie : mais il faut encore en relrancher l'orge, l'avoine et tout co qui peut se rapporler à l'un ou à l’autre. Aiasi, il n'y a guère que le froment el le scigle dont on puisse dispuler

Que le pain de froment suffise pour la consécralion, c'est une vérité que personne ne conteste : mais qu'il en soit la matière nécessaire, en sorte que le pain de seigle n'y puisse suppléer, c'est de quoi on ne convient pas. Saint Thomas, dont lo seul nom fai} un argument, met cn ce geure le seigle an niveau du froment (9). Sa raison cst aue le

ran. tw, cap. Firmite:

(8) l'a. été par catsphryges, vers 21 S. Augustin, bieres.

(9) Non ita est de sil Uilico on wmalis terris.

esse materia eucharisi rapport du théologien Sœuler, il y » dans certaines cou iêes du Nord une espèce de froment appelée en français ou épémure, dont où fait d'excelleut pain servi sur les wcilloures tables; cet auteur Juge que c'est une mae

anostiques, vers l'an 215, par lei

ete. Voyez S. Epiplaue, bres. 2,

premier nalt du second dans les mauvaises terres, et qu'ainsi ontl'un et l'autre de la méme espèce. M. d'Argentré (1) pense et parle comme le saint docteur, et le savant Tournely se range du méme côté. .

Nous croyons néanmoins, avec plusieurs célèbres thoinistes (2), que le sentiment contraire est le seul qu'on puisse suivre dans la pratique: Nos motifs sont que la matière de l'eucharistie est du pain simplement dit ; or, cette dénomination dafis l'usage commun ne marque que le pain de froment. Tout pain d'un ordre inférieur s'exprime avec une addition qui caractérise son espèce. C'est, dit-on, du pain d'orge, du pain de scigle.

Comme donc, lorsqu'on dit simplement que l'huile cst la matière de la confirmation, on entend par là l'huile d'olives, à l'exclusion de toute autre : ainsi, quand l'Ecriture et la tradition assignent le pain pour la matière de l'eucharistie , on ne doit entendre l'un et l'autre que du pain de froment.

I y a plus: c'est que pour lever l'équivoque, qui n'était pas bien à craindre, l'Eglise, quand l'occasion s'en est pré-entée, a spécifié le pain dont elle veut qu'on se serve pour la consécration. On le voit dans ses conciles, dans ses rubriques, dans ses catéchismes (3). Qui peut sans danger tenir ferme contre de si respectables autorités ?

J'ajoute que la raison sur laquelle se fonde saint Thomas n'est rien moins que concluante, puisque bien des gens souliennent que le froment dans les mauvais fonds dégénére en ivraie ct en ine, graines dont le saint docteur n'aurait pas voulu faire la matière de l'eucharistie. Les nouveaux naturalistes n'admetlent aucune conversion d'une semence en l'autre, et par là ils ótent toute probabilité à l'opinion de saint Thomas. Ainsi la bonne physique sert quelquefois à la théologie.

Le pain fait avec du froment qui n'est pas bien pur, mais où il n'y a que peu de grains de seigle, d'orge ou autres semblables, ne laisse pas d'être propre à la consécration. Il est toujours réputé pain : comme le vin mêlé de quelques gouttes d'eau est toujours réputé vin. Cepeudant le respect infini qui est dà au sacrement exige qu'on n'emploie pour sa malière que ce qu'il y a de plus pur et de plus blanc. On peut voir, dans lcs Coutumes de Cluny, avec quel soin on préparait dans

tière suffisante pour l'eucharistie, et dit qu'on l'emploio en effet pour cela, surtout en Suède et dans l'Urivétie, au vu et au su des évêques, el même des uonces aposto" diques. Mais il v'approuve pas qu'on s’en serve, non plus que du seigle, dans les lieux où ces gralus ue tont pas réputés du froment, el ne formeut pas le par usuel des bounes tables, Eprr.

(1) D'Argentré, Ezplication des sept sacrements, tom. I, 9- 206; Tourncly, pag. 361.

(2) Auetor operin de Re sacramenlaria, edit. Venet. 1151, lom. 1, pag. 356, et Catechism. Mom., infra.

(5) De pane, ive azymus, vive fermeutatus fuerit, Græ- €i, uou curant, dummodo ex tritico coustct. Conc. Floreut, sets. ult. (Labb. tom. XIII.) Tertium est eucharistiæ satrseutum, cu;us materia est pani iceus, et viogm de

, ibid., in Decreto. Salvatoris vorb3 usteg»

celle illustre et sainte abbaye les pai devaient servir à l'autel (8). ye tes paies qui

8.11 suit du principe que nous venom d'établir qu'il ne serait permis de consacrer du paiu de seigle, ni pour procurer le viatique à un malade, ui pour faire entendre la messe à une paroisse, qui la perdra un jour.

de fête ou de dimanche. C'est qu'il n'est jamais permis de se servir d'une matière i douteuse hors le cas de la derniére nécessité, et qu'il n'y en a aucune d'entendre la messe ou de communier à l'article de la mort, quand on ne peut ni l'un ni l'autre sans exposer un sacrement au danger de nullité.

Dans ce cas la loi de Dieu et celle de l'Eglise cessent également. On peut méme dire qu'il en faut beaucoup moins pour arréter l'obiigalion qu'elles imposent. Cela est évident en France, oü l'on refuse le viatique à ceux qui sont condamnés au dernier supplice (5.

Comine le pain, pour étre de vrai pain, doit être pétri avec de l'eau naturelle, e cuit au feu d'une certaine manière, toul ce quise fait sans l'un ou sans l'autre ne peot servir à l'autel. De l'eau de la mer suffirait au défaut d'autre, de l'eau de ros» ne ferait qu'une malière doutense (6). Le lait et le miel feraient une matière absolument nulle.

Mais que le pain soil cuit au four, suus la cendre ou entre des fers chauds, c:la et indifférent pour la substance du sacrifice.

Jo dis, pour la substance: car pour la wanière chacun doit s'en tenir à l'usage de sos Eglise.

^. Les Grecs 8e servent de pain levé pour

l'eucharistie, les Latins de in azyme og sans levain. Ce n'est pus ici le lieu d'examiver laquelle de ces deux pratiques l'emporte ser l'autre, Si, comme nous le croyons, Jé.a-

Christ n'a inslitué l'eucharistie qu'après la cène pascale, c'est-à-dire dans un lemps où il était défendu sous peine de mort de uas- E ou méme d'avoir à la maison du pais eve, l'Eglise latine a l'avantage de suivre le plus ancien et le plus parfait modèle d:

consécration qu'on puisse imaginer. Mais, après tout, l'une ct l'autre forme suffit à l'essence du sacrifice. Nous ne faisons poial de procès aux Orientaux sur leur usage.

el ce n'est que depuis quo le démos da schisme et de l'erreur s'est emparé d'eex qu'ils ont tâché de répandre des doutes sur le nôtre. Les calvinistes semblent s'étre uni

dunt panem encharisiicam ex lritico conBel operire : commuui enim loquendi consuetudine, cum pan.s rats dicitur, panem ex tritico intlligi satis cnostaL Calechem. concil. Trid., part. n, de Kuchar. u. 13. Le Cotécidee de concile de Trente est en grande partie l'ouvrage de 1h sieurs savauts dominicaius. ll à 6.6 approuvé par Pe per Grégoire MIL, pur salut Charles, ar le des #

Trance assemblóe a. Melun, etc. y ai qui À laiéte du livre, art. 2et 5. nn

(4) Voyez le P. Longueval, tom. VIII, £iek

sicuti, toa, I. nent ind

(5) Le nouveau Ritnel de Psris le permet, Lea ution ne doit pas avoir lieu daus là muême motiade. Ext

(6) SÍ panis sit confocius de aqua rosaces vel short disiülstiopis, dubiuu est. au couticetur Sacram. he bric. port. ui, tit. 3, 0. d "

Pal s les luthériens nous ont veu-

IL faut cependant observer qu'on Latin qui chez les Latins consacrerait avec du pain levé, et un Grec qui chez les Grecs consacrerail avec des azymes, feraient, chacun de son côté, une faute considérable : parce

ju'aucun particulier n'a droit de s'écarler l'un rite important, et moins encore quand cela lui est défendu par une autorité légitime, comme il arrive ici (3).

Si un Latin devenait membre d'une Eglise recque, ou un Grec d'une Eglise latine, arii prétend que ni l'un ni l'autre ne urraient sans dispense du pape retenir leur ancien usage, el qu'ainsi lo Grec serait tenu de célébrer avec du pain azyme, et le Latin avec du pain levé. Merati (4) est d'un autre avis, el fonde sur l'usage où sont les Grecs domiciliés à Rome de célébrer à la grecque, même dans les églises des Latins.

ais ne pourrait-on pas dire qu'il y a dans ce cas, ou une dispense du supérieur, ou une coutume qui dûment approuvéc équivaut à la dispense (5)?

Mais un prêtre du rite latin ne peut-il en aucun cas célébrer avec du pain mun, quand il se trouve tout à coup dans l'impuissauce d'en avoir d'autre? ll s'agira par exemple de dire la messe, ou pour un peuple nombreux qui ne l'entendra pas dans une grande solennilé, ou pour cominunierun malade qui s'en vaà grands pas, ou pour achever la messe que n'a pu (inir un prêtre quia prononcé les paroles de la consécration sur une formule corrompue, ou sur une autre qui a disparu. On n'a que du pain lévé, quid juris?

Nous estimons qu'on ne peut dans les deux premiers cas se servir de pain levé, comme on ne pourrait dans le méme cas célébrer

Il résulte de tout ceci qu'un séculier du rite latin no peut communier qu'avec du paie aryme, el un Grec qu'avec du pain levé, et que par conséquent l'un et l’autre ne doivent s'approcher de la sainte table que

1) Wendelin, Chrigianæ Theologi? lib. 1, c. 25, thes. (o mhi 501

45, pog. .

D Fridem. Bechmunni Theologia polemica, loco 14, de sucra Cama, controv. 4. An placentæ oibiculares, quee vul- 9o hostiae vel oblutæ dicuntur ,et in sacra cœna aulibentur , Rires r Ae S ecles sive Occidentali

"i jus is suse, sive lentalis, sive Unete m cpasietudincm. consecrel. Concil. Floreut., in. Literis unionis.

(4) Merau, part. m, tlt. S, ad numerum $ Gavantt.

(5) Beni YIV üéoud absolument sux Lrêires grecs et

lus de célébrer autrement que seloa leur rite. (Consti. Ebi pa-orelis.) Ew.

461 Si panis cœperil eorrumpi, sed non sil corruptus, shuilier, si uou sii azyious morem Ecclesia La-

PAL "m

dans les Eglises qui suivent l'usage de leur nation, quand il y en a de» deux :o.tes daas le lieu où ils se trouvent.

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