‹ Dictionnaire alphabêtico-méthodique des cérémonies et des rites sacrésChapitre 479 sur 480 · FRE · texte numérisé non relu

FRE

qu'une peinture de même taille tiendrait lieu de statue. Benoît XIV semble s'en contenter : Dummodo tamen cruvifirus in majori.

tabula vel pictus, vel celalus, primum locum, obtineat pre celeris omnibus quæ eadem tabula imuntur. Ce sont ses termes.

15. On est plus partagé sur la troisième question. Merati, fondé sur un décret de la sacrée congrégation des Rites (1), soutient, contre Gavantus, qu'il faut une croix non-seulement sur l'autel où le saint sacrement repose dans le tabernacle, mais encore lorsqu'il est exposé. Pour appuyer ce sentiment, il cite quelques docleurs qui l'ont embrassé, et surtout Didaque Dias, qui, maître des cérémonies dans la métropole de Séville, les possédait en homme éclairé. Il y joint l'autorité de deux ordres célèbres (2), et il conclut qu'il faut s'en teuir au décrel de la sacrée congrégation décret conforme d'ailleurs à la rubrique, qui, voulant une eroix sans distinction quelconque, est censée la vouloir dans tous les temps.

Si on lui objecte que la figure est inutile en présence de la réalité, il réplique, 1° que si cette objection était solide, elle aurait fait impressiou sur les consulleurs romains, qui très-sûrement ne l'ont pas igndrée; 2° qu'en cas qu'elle eüt lieu, il ne faudrait point de croix à la messe, ou du moins pendant sa partie la plus considérable, puisque, depuis

Consécration jusqu'à la Communion, Jésus-Christ est très-présent sur l'autel; 3* que la présence sacramentelle n'est que pour les veux de la foi; quo l'Eglise veut et a raison de vouloir quelque chose qui, en frappant les yeux du corps, réveille cette méme foi qui s'endort aisément; que c'est pour cela que le pied du calice et le pain méme qui doit étre consacré portent l'empreinte de la croix. Il ajoute que, de l'aveu de Gavantus, les objels qui parlent aux yeux enchaisent plus puissamment l'imagination, toujours préte à s'envoler, et que c'est pour Celle raison qu'il exige une croix dans les aute's à tabernacle où repose le saint sacrement. Ces raisons m'avaient touché, et

.je connais des diocèses qui, pleins d'un juste

respect pour la sacrée congrógation, c'est-àdire pour un corps de savants très-versés en ces malières, et qui ne prennent leur parti qu'aprés de longues ct müres réflexions, avaient commencé à suivre sa décision. Mais notre saint-père le pape, dans son bref du 19 juillet 1756, nous apprend ce que Merati a sans doute ignoré, savoir, 1* que dans la congrégation du 14 mars 1707, les suffrages des consulteurs furent très-parlagés ; 2° qu'il fut résolu que son décret ne serail pas rendu pubiic; 3° qu'après uu uouvel examen fait

(1) Super altare in quo SS. sacramentum expositum est, crux de more collocari debel, cum imagine crucifixi anis. S. R. Congreg. t Marü 01, apud. Meraï in Indice decrelor. n. 604.

(2) Merati in avant, p. 1, UL. 20, n. 7.

m., quodiih. 9, à

65) S. Tho ih. 9,2, 5.

(3) Li 79.

5 6} sect. 5; Vasquez, disp. 233, cap.

uarti et Meraul, part. 1, tit, 30. Be-

5, ul.

PRE i502

au commencement de son pontifical, le2 sep lembre 1751, la même congrégation avait enfin réglé que chaque Eglise eüt à s'en tenir à ses anciens usages : Jta ut nihil immutetur in ea diecesi ubi cruz in altari constitui soleat, dum missa celebratur, etiamsi sa cra eucharistia publice prostet; teque nova disciplina excitetur in ea. diecesi ubi contra ría hujus rei consuetudo jampridem invalueris.

16. Pour ce qui est de Ja derniére question, quelques auteurs ont pensé qu'on ne peut, sans pécher morlellement, dire la messe à un autel où il n'y a point de croix y {ant parce que c'est aller contre la coutume universelle, qui a force de loi, que parce que la rubrique prescrit souvent au prétre de se tourner vers la croix, ce qui ne se peut faire lorsqu'il n'y en a point. D'autres, et un bien plus grand nombre, ont jugé que l'omission de celle cérémonie n'était toot au plus qu'une faute vénielle. La raison qu'ils en rendent est que, d'un côté, il ne faut pas mulliplier les lois qui aillent au mortel, sans en avoir de solides motifs, de peur de tendre mal à

ropos des piéges à la vertu (3), et que, de

'autre, il n'y a point de raison de porter si loin la nécessité d'une croix pendant le temps du sacrifice. Lo droit canonique n'en dit mot, et l'on ne peut prouver que la coutume qui l'autorise oblige sub gravi. C'est, il est vrai, un usage prescrit par la rubrique; mais elle prescrit aussi l'usage de deux cierges pendant la messe ci d'un troisième depuis. le Sanctus jusqu'à la Communion,.el cependant, dit le cardinal de Lugo, on n'est pas grièvement coupable pour y manquer (5).

e sentiment nous paralt sage et plausible.

‘Nous y adhérerons donc, ainsi que l'ont fait avant nous des docteurs d'un mérite distingué (5), avec lesquels il ne sera pas inutile de remarquer, 1* que, dans le cas de nécessité, on pourrait se passer de croix ; 2* qu'au jugement de la congrégation des Rites (6), il n'est pas nécessaire de bénir celles qu'on mel sur l'autel ou qu'on porle aux processions.

17. ll ne nous reste plus qu'à parler de la lumière qui doit servir au sacrifice.

Et d'abord on: convient qu'elle est si nécessaire qu'on ne peul, méme pour donner le viatique à un moribond, célébrer sans en avoir. Le suffrage unanime des théologiens, la coutume aussi étroite que consiante de l'Eglise, le foudroyant arrét du pape Honarius 11] contre un prêtre qui avait osé célébrer sans feu et sans eau (7), tout dé-

se en faveur de ce rigoureux sentiment.

"est pourquoi, si la lumière venait à s'éteindre avant la consécration, el qu'on ne püt en avoir d'autre, il faudrait, füt-ce un jour solennel, en rester là. Ce scrait autre choso

(6) Cruces altarium seu processionum non sont benedioendse de præceplo : tamen simplex sacerdos eas benedicere privatim , el uon solemniter (S. R. C. 12 Julii 1704). Pignatelli dit la même chose des images des saints que l'on met dans les églises.

(7) Iuvenisti quod presbyter (Sancte Brigida Brixiensis) sine igne sacrilicabat et aqua. igitur vel ex aperta malitia, vel nimia decipientia p probatur, niandamus quatenus. officio et. beneficio perpetuo ipsum priver. Honorius [ll ,-cap. 24, de Celebrat. missar. i

si la consécration d'ane des espèces était déjà faite. L'intégrité du sacrifice l'emporte sur toute loi de cette nature.

18. On convient encore qu'on ne doit se servir à l’antel que de cire. Les rubriques et la coutume appuient également cette opinion, et elle nous parall si sûre, que nous regarderions comme coupable d'une faute griéve quiconque s'en écarterail, hors le cas de nécessité (1). Dans ce cas, on pourrait se servir de suif ou d'huile, et cela non-seulement à raison du besoin de communier un malade ou de dire la messe à un peuple, qui aotrement ne pourra l'entendre, mais encore pour vaincre une tentalion qui fatiguc, ou méme, selon quelques-uns (2), pour se procurer un honoraire sans lequel on aurait peine à vivre. S'il ne s'agissait que de salisfaire sa dévotion particulière, je serais plus réservé. La vraie piété se sèvre elleméme en faveur de la régle ; elle a affaire à un maître qui sait bien la dédommager.

19. A l'égard du nombre des cierges , la rubrique en demande deux (3), et c'est la pratique de tous les gens de bien. Je ne sais comment l'usage contraire s'est introduit dans de grands diocèses. Si c'est la pauvreté, il faut gémir du malheur des temps; si c'est un vérnis d'avarice, il faut gémir encore dawantage. Et envers qui serons-nous riches.

si nous né le sommes pas à l'égard de Dieu?

20. Nous finissons par trois petites observations : la première, que quoiqu'il soit mieux d'allumer un (roisiéme cierge vers le temps de l'étévation, dans les églises qui font l'office romain, parce qu'il est toujours bon de se conformer aux rubriques, personne, que je sache, n'en fait une loi qui oblige sub gravi. On sail que cela n'est d'usage ni dans le diocèse de Paris ni en plusieurs autres du royaume. La seconde, qu'il y a au contraire une très-étroite obligation d'entretenir uuil et jour une lampe allumée devant l'autel où repose le saint sacrement : obligation si forte, qu'on juge coupables de péché mor- ‘el ou les supérieurs ou ceux sur lesquels ils se déchargent de ce soin, s'ils y manquent pendant un temps considérable, tel que serait celui d'un jour entier. Ce serait autre chose y élaient forcés par l'indigence et la misère des lieux. La troisième, que si dans le nombre des cierges qu'on allume

endant la célébration du sacrifice il faut Éviter la superstition (4), il faut éviter aussi un air de faste et de grandeur. La congrézation des Rites, à qui rien n'échappe, a décidé (5) qu'un vicaire général, füt-il pronotaire apostolique, n'a droit ni de se faire servir àl'autel par deux chapelains, oi d'avoir quatre cierges aux messes basses, si la solennité de la fête ne l'exige. Ce seront là , si

(1) La màtiére stéarique ‘dont on fait des bougies bien vropres n'a pas él approuvèe à Rome; on peut seulement croire que cel usage n'est pas une infraction grave à la

regle.

(Note de l'Editeur.) (3) Quarti, (3) Ca delabra salem duo cum candelis aecensis line "et inde | utroque ejus latere. Hub.ic. part. v, tit, 20, d.

'i supra.

on feut, des minulies, mais ces minutie:

quand on des néglige, enfantent le trou les murmures, produisent, quand on es!

à les suivre, la paix, l'ordre, l’aniformité. (Explication du. P. Lebrun.) I. Comment les fidèles doivent se prepara pour assister à la messe avec fruit.

Les livres sacrés nous recommandent de préparer noire dme avant la prière 6. Et comme il "n a point de plus excellente prière que celle qui doit rendre Jésas-Christ présent sur nos autels el qui nous fait partieiper à son adorable sacrifice, il n'y ena point aussi qui exige plus de préparatioa que le sacrifice de la messe.

La premiére et la meilleure préparation, c'est la bonne vie qui répond à l'état de chrétien : Vivez de telle manière, ont souvent dt les Pères , que vous puissies mériter chaque jour d'étre admis à la sainte table.

- En second lieu il faut se préparer par un ardent désir d'aller à la maison du Seigneu:

et de trouver au pied de l'autel toutes les tonsolations. Les vrais lsraélites se représentaient avec une trés-grande joie le bonheur d'aller aa saint temple, dont l'autl méritait principalement du respect, parce

qu'il était une figure du nôtre ; et quel snjet n'ont pas les chrétiens de soupirer après leurs églises, où est réel'ement Dieu leur

Rédempteur ] Dans quelque embarras q se trouvent, ils doivent se calmer cn disant avec Jonas au milieu des flots de la ier : Je reverrai votre saint temple (7). Leur foi devrau tenir leurs ámesattachées au sacrementde notre rédemption, ainsi quesaint Augustin le dit de sainte Monique, qui ne mangua aucun jour “d'assister à l'autel, d'où elle savait qu'on distribue la victime sainte (Confess. L. 1x, c. 13). Un troisième moyen do se préparer est de gémir de ses miséres, de concevoir quelleest sou indignité, d'entrer dans les sentiments du publicain qui n'osait presque lever les yeux en entrant au temple. Rien de plus resectable que la maison du Seigneur ; el si Dieu a dit du tabernacle de la loi : Trembles devant mon sanctuaire (Levit. xxvt, 2), quel respect ne doivent pas inspirer nos églises, où l'on offre le sacrifice du ciel ctde la terre, le sang d'un Dieu fait homme?Un diacre disait autrefois tout haut dans l'église ces paroles de saint Jean : Loin d'ici les chiens, les empoi neurs, les impudiques, et quiconque aime et [ait lemensonge(Apoc. xxii, 15). Chaque fidèle doit se le dire à soi-même, el entrer dans des see timents de componction qui produisent le recueillement, de peur d'entendre ce terrible reproche de l'Evangile : Mon ami, commet étes-vous entré dans ce lieu sans avoir la rele nuptiale (Matth. xxu, 12)? c'est-à-dire saasle

(4) « Quarumdam missarum et candelarum certem »- Terum, qui magis a supeniltioso cultu quam a vera re gione inventus ex, omniuo ab Ecclesia remoxe»ot er

i. » Trident. sess. 22, in Decreto de Ol , da FE) Die 7 Aogost 1637; spud Ovrontum.

(6) Ante orationem prapars aumád tos. Es av, $5.

4 ‘71 Verumiamen rursus vidubo tcmplum sasctem tese un. 11,

respect, la modestieetla pureté que celte robe Jésigne, et qui conviennent au lieu saint où l'on va prier et adorer l'Agneav saus tache.

Eufin, pour se préparer à tirer beaucoup Jde fruit du saint sacrifice où l'Eglise s'offre n voc Jésus-Christ, il faut se disposer à pouvoir s'y offrir soi-méme, el entrer dans l'esprit du sacrifice de Jésus-Christ e! de son Eglise. 11 faut que les fidèles demandent à Dieu que, semblables aux holocaustes que le feu purifiait et consurnait, le feu divin consuine ce qui est en eux de terrestre el de charnel, et qui ne peut étre offert avec Jésus- Christ (1). afin quenon-seulement leurs âmes soient purifiées par ce divin feu, mais encore leurs corps (Rom. xi, 1), qui doivent être offerts comme leurs âmes, et qu'ils puissent dire avec saint Paul : Puisque nous avons un grand pontife établi pour nous sur la maison de Dieu, approchons-nous de lui arec un cœur vraiment sincère, sans aucun déguisement, avec une pleine foi, pénétrés de tous nos devoirs à la vue de ces grands mystères que la foi nous fait apercevoir, ayant les cœurs purifiés par une aspersion intérieure, exempts de tout reproche de la conscience, et renouvelant en nos corps la pureté qu'ils ont eue par les eaux sulutaires du baptéme (Hebr. x. 91, seq.).

Mais quand nous ne nous trouverions pas dans ces saintes dispositions que les chrétiens doivent souhaiter, ne laissons pas d'espérer en la miséricorde de Dieu, et d'aller avec conflance au pied de l'autel qui est la source des grès. Le pontife que nous avons, dit saint

aul, n'est pas tel qu'il ne puisse compatir à nos faiblesses. Il a éprouré comme nous toutes sortes de tentations, hormis le péché. Allons donc nous présenter avec confiance devant le trône de la grâce, afin d'y recevoir miséricorde et d'y trouver le secours de la grdce dans nos besoins (Hebr. 1v, 15).

M. De la préparation particulière des prétres marquée dans les rubriques.

Explication du mot rubrique.

On a appelé rubriques des observations écritesen caractères rouges. Celteexpression vient de l'ancien droit romain, dont les titres et les maximes ou les décisions principales étaient écrites en rouge (2). Parcourez les lois rouges des anciens, dit Juvénal (3), c'està-dire les rubriques du droit , suivant la remarque de l'ancien Scoliaste. On a nommé de méme rubriques de la messe les règles qui prescrivent la maniére de la dire, parce qu'en effet on les a communément écrites en rouge pour les mieux faire distinguer. Anciennement ces règles ne s'écrivaient que dans des livres particuliers appelés Directoi-

11) August. in psal. x, n. 23.

8| Quiatillan. 1. xu, c. 5; Prudentius, contra Symmach.

AS) em Cawsas age, perlege rubras

Maj les (Sara.

43) ges la prête de Patricio, évêque au premier Poatiócal imprimé à Roue en 1485; son épliré 3 lucocent VIII, en 1488; et les préfaces du livre Sacerdolal et du Pontifical soos Léoo X.

45: Ordo missæ compositus per reverendum patrem Domino Joannem Hurcnardum, olim magistrum cæremonis rom S. R. . Urdo seryaodus per sacerdotes in

ThE 1306

res, Rituels, Cérémoniaux, Ordinaires. Les anciens Missels manuscrits, et même les premiers imprimés n'ont presque point de rubriques. Burchard (4), malire des cérémonies sous les papes Innocent VIII et Alexandre VI, sur la fiu du xv* siècle, est le premier qui ai au long l'erdre et les cérémonies de la messe, dans le Pontifical imprimé à ière fois en 1485, et dans

et réimprimé sous Léon X (5). On cérémonies à l'ordinaire de la messe dans quelques Missels, et le pape Pie V, en 1570, les a fait moltie dans l'ordre et sous les titres que nous les voyons aujourd'hui à la tête des Miss: Is. C'est là le Lrésor des rubriques. Nous les rapporterons exactement chacune en son raug, pour marquer le seus et en décuuvrir les origines à mesure que nous expliquerons les prières.

RUBRIQUE

| Le prétre qui se dispose à dire la messe après s'étre confessé sacramentellement, s'il en a eu besoin , el récité du moins matines el laudes, s'applique quelque temps à l'oraison, et dit selon sa commodité les prières marquées. Il prévoit dans le Missel ce qu'il doit lire, lave ses mains, et prépare le calice. Rubr. tit. 1, o. 1. REMARQUE.

1° Le prétre se confesse s'il en a besoin.

Cette règle est une suite du précepte de l'Atre, qui a dit : Quiconque mangera le pai de vie) ou boira le calice du Seigneur indignement, sera coupable (de la profanation) du corns et du sang de Jésus-Christ. Que l'homme donc s'éprouve soi-méme (1 Cor. x1, 27). Quel crime serait-ce, dit Firinilien dans sa lettre à saint Cyprien 6). d'oser comm:nier au corps et an sang de Jésus-Christ sans avoir exposé ses p4chés et les avoir lavés par les sacrements de l'Eglise, puisqu'il est écrit : Quiconque, ete. Ces maximes n'élaient pas négligées à Carthage, où saint Cyprien (De Lpsis) parle deces hommes pleins de foi et de charité qui, quoiw'ils n'eussent ni sacrifié aux idoles ni pris des biltets (pour n'être pas recherchés),parcequ'ils avaient eu seulement quelque pensée de le faire, allaient confeser avec douleur et avec simplicité aux prétres de Dieu cette pensée, leur déclaraient l'état de leur conscience, le poids de leur dme, et cherchaient pour les moindres plaies le remède salutaire. Le concile de Trente (Sess. 53, c. T) a marqué aux préires dislinclement, aussi bien qu'à tous les fidèles, ce qu'ils doivent observer touchant la confession pour participer aux saints mystères, el ces règles se trouvent dans plusieurs conciles parliculiers avant et après le concile de Trente (7). 2* Aprés avoir dit du moins matines et laucelebratione missze sine cantu et sine ministris, secandum rium $. R. Ecclesig. Surerdoiale pract. v, c. 8, p. 68. 46) Quale delictum est. ut non ablutis per Ecclesi lavacrum sordibus, nec peceatis expositis, ust communicatione contingant corpus et sanguinem Domi, cum CL : Quicunque ,, etc. Iuter © prian. 75. .

. Colon. an. 1280 ; an. 4404; Carnoa Ga uenit ger gelense, an 1682 c. 6: Remense, an: 1583, e. 4; Biurigens, aa. 1384, e. 89; Aqucuse, an. 1585, €. 7,

des. On a toujours fait de longues prières vocales avant le saint sacrifice, afin qu'elles pussent exeiter ces désirs qui, comme dit saint Augustin (1), produisent d'autant plus d'effet qu'ils s'animent davantage. Les veilles de la nuit et les priéres du point du jour, si anciennes parmi les chrétiens, étaient regardées comme une disposition à l'eucharislie.

Quand saint Athanase fut obligé de fuir, on célébrait actuellement les vigiles dans l'église, parce qu'on devait faire la synaxe, c'est-à-dire l'assemblée pour lo sacrilice (2). De là ces longues veilles ju samedi qu'on voit dans Cassien et celte prolongation de prières le di auquel les moines devaient assister à la messe el y communier.

ciles (8) ont réglé, de méme que la rubrique, qu'on ne dirait la messe qu'aprés avoir dit l'offico de la nui! et du malin, qui comprend matines et laudes. Quelques anciennes églises ont si fort retenu cette maxime, que l'office était une préparation au saint sacrifice, qu'à Saint-Etienne de Bourges Mgr l'archevéque ne peut pas officier à la messe aux jours qui lui sont destinés, s'il n'a assisté aux premières vépres, à matines et à laudes.

ll en est de méme à Boulogne. Et cela s'observe aussi à Notre-Dame de Paris, si des indispositions ou des affaires empéchent Mgr Y'archevéque d'aller à l'office de la nuit, aprés avoir officié à vépres. .

(1) Ideo per certa intervalla horarum et temporum etiam verhis rogamus Denm, ut. ad boc augendum nosl acrius excitemus.

nior enim sequetur effectus, quem caesus "Epist. 150, ad Proban!

. Vit. S. Germ. ; el. ui, carm. 10.

(4) Greg. list. |. ix, €. 6.

(5) Les coutumes. des charireux écrites par Guigues, cinquième prieur général, qui sont leurs premiers statuts ont appelé l'office de la nuit matines , apparemment parce qu'ils ont dit eu méne temps laudes; et les nouveaux Missels et Bréviaires de Paris le uowment nocturne, ponr parler comme l'antiquité.

(6) Cámusat, Promptuariin Trec.

(1) De Vitis Parum, c. 6.

(8) Synod. Paris., Odon. de Solisco, lanocent IV. w, Newaus. ‘an. 124; Conc. Lingub. au. 1444; Se-

La rubrique ajoule du moins, parce qu'il a élé souvent ordonné de dire prime (9). et méme tierce (10) avant la messe, cl qu'en effet on devrait réguliérement avoir dit les heures qui précédent le temps auquel on la dit, c'est-à-dire, prime el tierce, si on la dit vers les neuf heures, el même sexte, si on ne la dit que vers midi

3° Le prétre s'applique quelque peu de temps à l'oraison. La prière mentale doit toujours étre jointe à la vocale; c.lle-ci ne sert qu'autant qu'on est recuei le recurillement peut redoubler par une simple atten- "tion à sa propre indignité el à la grandeur des mystéres. De peur que le tumulte du monde ne mit un obstacle au recueillement, quelques églises cathédrales et collégiales ont voulu autrefois que le prétre qui devait officier pendant la semaine, la passát tout entière en retraite (11). Tout le chœur le conduisait en procession le samedi au soir ‘jusqu'à un appartement particulier d'où il ne sortait que pour la messe et les autres offices. Ou avait méme en quelques endroits engagé le diacre et le sous-diacre au méme recueillement. Deux savants ecclésiastiques qui, sous M. Fouquet, évêque d'Agde, avaient recherché les anciens usages de cette ég'ise, ont marqué que le diacre et le sous-diacre semainiers gardaient exactement la retraite pendant leur semaine, ct ne sorlaient pas de la maison capitulaire où ils avaient chacus un appartement particulier.

Mais il ne reste plus que quelques vestiges de ces pratiques A édifiantes. Actuellement, à l'abbaye de Saint-Claude, le semainier ne sort point du cloftre, et garde lui seul pendant la semaine l'abstinence de viande, que toute la communauté observait autrefois 12).

Les prêtres qui sont contraints de mencr une vie commune et de vaquer à beaucoup d'affaires, doivent gémir et demander à Dieu le recueillement convenable au saint sacrifice.

k° Il dit les prières marquées. L'ancien auteur qui a écrit sous le nom de saint Denys l'Aréopagite (13) parle des inspirations particulières que le saint évêque Éarpus recevait pendantlesprières préparatoires des saints mystères; eL saint Maxime(15)et Pachymére (13), qui ont commenté cct endroit, ne l'entendent que des prières que le prêtre fait en particu lier pour se disposer à approcher de l'autel avec pureté et avec ferveur. H y a huit ou neuf cents ans qu'on mel de ces sortes de

(8) Srnod. Colon. an. 1230; Synod. Exon. an. 1287, « 3; Syuodic. Paris. p. 7.

(10 Payez te Mire intitulé Pratiques de pid peur ho- 'e Itulé : es.

" Eau

(11) Voyez le li morer le saint sacrement, imprimé en 1955, pra. es dit que dans l'église cathédrale de Rouen les aacieas chanolues ont fait observer c tte céréwome, ceotre l'os Vrepriso des je (Page 86.)

112) Parmi les chartreux , où la clôture el l'abaincace sout loujonrs gar les, le semaiaier ajoute à ces pratiques celle de réciter la passion de Jésus-Curist el yo aol Jesi. Il le fait ea aube et en étole au pied de l'aotel, avaat que de commencer la messe, pour jorter à l'autel aa tout occupé des mystères du sscribce du Saüreus. Suetud. mss. ordin. Cartes, 7o (3) Eclst. 8, p. 190.

(10) In lions, p. 519.

(15) Poe £s

1200 PRE res à la tête des Sacramentaires ou lissels. Le Micrologue, vers l'an 1090, a marqué les quatre premiers psauines (1) de la préparation qu'on voit dans les Missels, daus les Bréviaires et dans toutes les sacrislies. Cent ans auparavant, le Sacramentaire de Trèves, écrit au x* siècle, ne marque que les trois premiers ; mais il les fait suivre de longues litauies des saints ; el ces lilanies ont élé dites par tout le chœur (2) aux grandes messes. Cela est encore observé aux cathédrales de Cambrai et d'Arras, où tout le chœur à genoux chante tous les jours les litanies avant la messe, et à Barcelone, où on les récite (3). On ne trouve pas tout à fait les mêmes psaumes et les mêmes prières dans tous les anciens livres; et l'Eglise laisse à la dévotion et au loisir du prétre de choisir les priéres qu'il jugera les plus propres pour nourrir sa foi et sa piété.

5° Il prévoit dans le Missel ce qu'il doit lire , atin qu'il l'entcnde et le dise mieux, et qu'il ne cause aucun ennui aux assistants en cherchant dans le livre.

6* Il lave ses mains. C'est une maxime de vous les temps et de tous les peuples de se laver les mains avant le sacrifice. L'ancienne loi l'ordonnait expressément (5), et les chrétiens n'ont jamais négligé cette pratique. Saint Cyrille de Jérusalem dit (5) qu'on sait bien que les ministres de l'autel ne s'en approchent pas sans s'être lavés auparavant.

Voudriez-vousvousapprocher dusacrificesans vous dire lavé les mains ? dit saint Chrysos— tome dans ses homélies au peuple d'Antioche (6); et saint Augustin (7) ou plutôt saint .Césaire (8) dit aussi que tous les hommes ont soin de se laver les mains pour recevoir l'eucharistie. Le seul respect inspire celte propreté ; mais l'Eglise a principalement en vue d'ins , par celle ablution extérieure, Ja pureté intérieure qu'elle fait demander par une oraison propre, en lavant les mains.

"I* Il prépare le calice lui-même, ou le fait préparer par une autre personne, comme la rubrique de Paris le remarque. JI sulfirait méme que tout ce qui est nécessaire pour V'oblation se trouvát sur l'autel à l'Offertoire, comme on le fait aux messes solennelles ; mais comme aux messes basses le prétre n'a iacre ni sous-diacre, et qu'il pourrait lui manquer quelque chose au temps de l'oblalion, il est plus à propos qu'avant de commencer la messe il porte à l'autel le calice tout préparé avec un pain sur la patène.

MI. De la préparation extérieure par les orne- . ments particuliers.

Les habits particuliers dont le prétre se

4D uam dlleca... Benedtziai… Incna. Credidi

3) Les chartreoi les disent ainsi aux jours fériaux.

(5) On a cessé de les chanter à Tournai depuis environ

"nle-six ans. À Noyoa, pendant la procession qui se fait

insnelie avant ls messe, les enfants de chœur chan litanies à l'aut

et cela semble avoir été ainsi

prés sexte, Tout le chœur à genoux les commence devant d'autel; elles se continuent pendant is procession, et s'achèvent dans l'église.

(4) &zod. 113, 18.

Page 1